Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

06 juillet 2018

Le Nain de l'ombre - David Madsen

 

9782752905468FSQuatrième de couverture :

"Léon est un homme de grande taille, au teint bistré, un peu gras (bouffi, disent les mauvaises langues). Il marche en se dandinant et monte à cheval en amazone à cause des ulcères de son cul". C'est ainsi que Peppe, nain bossu et chambellan de Sa Majesté, présente dans ses mémoires sulfureux son maître bien-aimé, le pape Léon X. Ce prince de l'église, qui protégea Raphaël et Michel-Ange mais condamna Luther, courait aussi les ruelles pour lever des michetons.

Autant dire que les hommages rendus n'obéissaient pas, loin s'en faut, à ce que l'histoire officielle vanta de la Renaissance italienne. Léon était certes un ami des arts, mais aussi un être de chair ( et de quelle trempe ! - dont le désir, dans sa grande sagesse, n'était autre, en attendant mieux, que d'atteindre le ciel sur la terre.

 

Editions : Phébus - ISBN : 9 782752 905468 - Poche 377 pages - Prix : 10 euros

Mon avis : Volodia

A travers les mémoires de Giuseppe Amadonelli dit pepe, nous découvrons toute une période de la Renaissance Italienne, dans tout ce qu’elle a d’exubérant, de décadant et de violent.

Nain contrefait et difforme, né en 1478, dans le quartier du Transtévère, quartier populeux, malfamé et miséreux de Rome, il nous raconte sa vie : Né d’un viol, détesté et maltraité par sa mère alcoolique et incestueuse, illettré et souffrant mille maux en raison de son infirmité, sa vie n’est qu’un nœud de douleurs et son avenir ne s’annonce guère brillant.

Sa rencontre avec une jeune fille qui l’initiera à la Gnose, doctrine religieuse par laquelle l’homme appréhende le divin, lui permettra de s‘élever intellectuellement, et d'arriver par son intelligence jusqu’au plus hautes fonctions en devenant le Chambellan et confident du Pape Léon X.

Nous suivons histoire et son ascension auprès de Léon X, au goût prononcé pour les jeunes gens bien pourvus par la nature et dont les assauts ne sont pas sans conséquence pour son postérieur. Il nous le dépeint comme un amoureux des arts et des lettres, avec toutefois des choix artistiques tributaires de son penchant particulier.

C’est avec une grande intelligence qui n’a d’égale que sa sensibilité, que Pépé nous relate sa rencontre avec Raphaël qui ne peut faire son portrait car il ne peut peindre que la beauté et c’est dans un langage coloré et cru que Pépé nous narre les colères de Léon X aux provocations de Luther, ses démêlés avec tous les Grands de cette époque : Alexandre Borgia, Jules II, Louix XII, François 1er, Henri VIII, Maximilien 1er, Charles Quint.

David Madsenn, nous livre un récit haut en couleur et d’une grande érudition. Son roman mélange allégrement, histoire d’amour, faits historiques, intrigues, lucidité et humanisme. 

A propos de l'auteur :

Derrière le pseudonyme de David Madsen se cache un philosophe de langue anglaise, féru de théologie, qui vit à Copenhague et qui pour l'intant refuse de tomber le masque.

Le Nain de l'ombre qui est son premier roman a été couronné livre de l'année 1995 par le très remuant Gay Times. Ce livre a fait scandale en Grande-Bretagne, où la vision érudite et provocante qu'il donne de la Renaissance lienne en a choqué plus d'un.

 

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22 avril 2018

Jacques D'adelsward-Fersen - L'insoumis de Capri - Viveka Adelsward et Jacques Perot

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Quatrième de couverture :

Certains en ont fait un oisif, un décadent, un "Eros aptère", comme l'écrivit Jean Cocteau. Jacques d'Adelswärd-Fersen  (1880-1923) a sans conteste  sa légende noire : Les goûts hétérodoxes d'un jeune aristocrate trop riche. Une oeuvre littéraire au parfum de scandale.

Une affaire de moeurs impliquant des adolescents, qui le jette sur les routes de l'exil. Capri, le port d'attache où il finit par trouver refuge et se fait bâtir une demeure somptueuse, la Villa Lysis. Une jeunesse consumée dans le tourbillon des fêtes des années 1900. Sa passion de ving ans pour Nico Cesarini. La création d'Akademos, première revue française à aborder ouvertement l'homosexualité, où écrivirent Colette, Maxim Gorki, Georges Eckhoud, Anatole France...

Le culte de l'opium immense", auquel il sacrifiera sa vie. Enfin, à quarante-trois ans à peine, le suicide... puis la résurrection dans l'Exilé de Capri, le roman que lui consacre en 1959, Roger Peyrefitte. Mais pour comprendre Jacques d'Adelswaed-Fersen, il faut conjurer les mythes.

A travers photographies, lettres, et archives familiales inédites, les auteurs de cet ouvrage reviennent sur la vie de celui qui fut avant tout un homme de lettres, et occupa une place singulière dans l'effervescence du Paris et du Capri de la Belle Epoque.

Tous deux cousins du poète, Viveka Adelswärd, professeur émérite à l'Université de Linköping (Suède), et Jacques Perot, historien et conservateur portent ici un regard libre et précis sur la vie et l'oeuvre  de cet écrivain controversé.

Editions : Seguiers - ISBN : 978 2 84049 705 9 - Broché : 294 pages - Prix : 21 €

 

Mon avis : Volodia

C'est en lisant "Les amitiés particulières" de Peyrefitte, puis "Les garçons" de Montherlant que j'ai pour la première fois entendu parler de Fersen les allusions portaient sur ses poèmes aux textes ambiguës. Un autre livre de Roger Peyrefitte : l'Exilé de Capri se voulait être une biographie plus ou moins réaliste de la vie de Fersen - (Il faut dire qu'en prenant de l'âge, l'érudition de cet auteur, avait tendance à céder le pas à des commérages pour ne pas dire radotages, celui-ci devenant en vieillissant une insupportable commère).

Aussi, ais-je apprécié de lire une biographie sans frioriture, nette et précise sur un personnage peu connu ou seulement de quelques initiés, et dont les oeuvres poétiques et, les écrits sont à ce jour introuvables et non réédités. Ce livre a pour objet de faire connaître l'homme, pas seulement en tant que dandy, sensible à l'amour et à l'esthétisme grec, mais également en qualité de poète et d'écrivain, même si cette dernière a parfois été occultée par une réputation sulfureuse.

La première partie du livre, toute de rigueur, nous présente les membres qui composent cette prestigieuse famille d'aristocrates et de grands industriels dans ses différentes branches Suédoise et, Française. Puis, nous éclaire sur l'enfance, l'adolescence ainsi que la vie de jeune adulte de Jacques d'Adelswärd-Fersen, jeune homme immensément riche, plus ou moins oisif  qui cherche sa voie.

Le seconde partie fait état du scandale qui éclate en 1903, suite à la découverte de supposés "ballets bleus" - entendez la mise en scène dans son appartement, de tableaux vivants inspirés de l'antiquité et interprétés par des adolescents recrutés à la sortie des écoles - et le met au ban de la société lui fermant ainsi la possibilité de trouver une épouse de son rang mais également de faire une carrière d'écrivain.

A sa libération de prison et pour éviter un plus grand déshonneur à sa famille, il décide, après plusieurs voyages autour du monde, de s'installer à Capri, île qu'il connait et apprécie pour sa beauté, son climat et sa tolérance. Il y retrouve d'autres personnalités intellectuelles avec lesquelles il nouera des liens de sympathies sinon d'amitiés. 

Il s'y fait construire une fabuleuse villa où sont données des fêtes somptueuses et/ou certains (aines)  invités (ées) déclamaient des poèmes et interprétaient des scènes de la mythologie, mais pendant lesquelles circulaient également, proposés généreusement par leur hôte, des pipes d'opium et de la cocaine, drogue qui aurait fini par le tuer s'il ne s'était pas suicidé.

Sa revue mensuelle Akadémos publiait des poèmes, des articles sur l'art, des critiques diverses et variées et, bien que bénéficiant d'un nombre suffisant d'abonnés, elle ne paraîtra que durant une année en raison de son coût.  

Ce qui ne laisse pas de m'étonner c'est qu'à l'époque, en 1900, Paris faisait la part belle à des artistes et écrivaines dont le lesbianisme n'était plus un secret : Colette, Nathalie Clifford-barney, Romaine Brooks, Djuna Barnes, Mathilde de Morny, etc... Et, il semble que seule l'homosexualité masculine ait été sujet à l'horreur, à l'intolérance et à la répression, à moins qu'il y ait eu amalgame entre pédophilie et homosexualité. Mais peut être me fais-je des idées...

 

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06 avril 2018

L'effraction - Omar Benlaala

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Quatrième de couverture :

"Hédi et moi, j'ai bien vu qu'on était pas pareils. Pourquoi le nier, Jean-François ? Tout est fait pour pas se rencontrer."

Omar Benlaala déplace les personnages qu'Edouard Louis a mis en scène dans son Histoire de la Violence.

Un autre regard, Un regard, une autre voix : ceux d'un jeune Parisien d'origine kabyle. Ce dernier se livre au sociologue qui l'interroge après les évènements de Cologne, dans le cadre d'une enquête sur la sexualité des Français "issus de l'immigration". De confidence en confidence, il dévoile à cet homme ses frustrations, ses rêves, ses souvenirs, son secret - Une histoire que l'Histoire a trouée : celles des fils et petits-fils d'une société déchirée par son passé colonnial. La littérature se transforme ici en arme politique. Edifiant.

Editions : L'aube - ISBN : 9 782815 919616 - Broché : 82 pages - Prix : 12 €

Mon avis : Volodia

Ce livre se veut une réponse à la violence subie par Edouard Louis une nuit d'hiver et qui a débouché sur "Histoire de la Violence" avec pour conséquence une plainte pour viol contre Reda le jeune homme qui l'avait dragué et avec qui il avait passé la nuit.

Dans ce récit Réda est plongeur dans un restaurant en attendant mieux, ce qui lui permet de subsister, et de garder la tête hors de l'eau. Dans l'espoir d'améliorer sa condition, il prend des cours de théâtre le dimanche, son seul jour de congé, avec une jeune fille qui lui donne la réplique et dont le père est sociologue. Celui-ci tient, dans ce récit le rôle de psychologue, confesseur, qui par ses questionnements fait prendre à l'intéressé, de conscience, non de l'injustice sociale, ça il l'a connait déjà, mais réfléchir au pourquoi son comportement, aux causes réelles de ses accès de violence.

La nuit de Noël, Reda se fait aborder par Edouard Louis. Tout d'abord étonné, ayant plus l'habitude de se faire interpeller par la police que par un "ange tout blond qui sentait le printemps", celui que sa mère ramène de la Mecque. Afin de jouir encore de son odeur, il décide de le laisser approcher. Au fil de leur marche commune et de leur conversation, son intérêt pour la Kabylie, plus le parfum, l'incite à prolonger ce moment en l'invitant chez lui dans le 11ème arrondissement.

Toutefois, il y a maldonne, un énorme malentendu. Réda invite Edouard qu'il rebaptise Hédi, afin qu'il l'instruise, qu'il lui parle de la Kabylie, de la guerre d'Algérie qui a rendu son oncle, hospitalisé depuis de nombreuses années en psychiatrie. Or, à peine Edouard/Hédi est-il entré  dans l'appartement, qu'il se sent piégé, et pressent qu'Edouard-Hédi attend autre chose, tout en n'arrivant pas à définir quoi.  Celui-ci étant poli et respectueux, il est partagé entre l'envie de le mettre dehors tout en souhaitant voir comment la situation va évoluer. Un regard d'Edouard sur des photos de Reda et de ses cousins au bled et en maillots de bain, suffit à le classer parmi les pervers et générer un mouvement de colère.

L'histoire continue scindée en deux par les questionnements et échanges entre le sociologue et Reda ce qui permet à l'auteur de faire des digressions, religieuses, politique, sous couvert du pseudo Reda. Partagé entre deux cultures, le "cul entre deux chaises", qui aimerait tout en ne le voulant pas avoir une liberté de disposer de sa vie, de sa sexualité, sans toutes les contraintes et tabous dont il a été nourri par des parents immigrés de la première génération.

Et là ça ne fonctionne pas !. La transposition est erronnée, on a bien compris que pour l'auteur l'homosexualité de Reda pose un problème. Mais elle est bien là, inutile de tourner autour du pot et d'inventer un motif à la mord moi le noeud pour justifier que Reda ait abordé, et accepté l'invitation d'Edouard. Ce qui est arrivé ensuite entre les deux hommes ne regardent qu'eux étant l'un et l'autre consentant.

Je réfute ce plaidoyer larmoyant pour justifier tout acte délictueux, toute violence quelle qu'elle soit. Je ne peux malheureusement que constater que ce sont toujours les mêmes qui sollicitent la compréhension, l'indulgence quand ce n'est pas le pardon à défaut d'oubli pour des actes répréhensibles commis en raison d'une culture différente. Ce que certains ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c'est que l'on juge un peuple sur la conduite de ses ressortissants.

Ces justifications contestables qu'il met dans la bouche de Réda sont en fait les siennes. Car si l'on prend ses remarques sur la guerre d'Algérie, son héros s'il a même âge qu'Edouard n'est pas la première génération d'émigrée mais plutôt la troisième vu, la démographie "galopante", alors que lui Omar Ben Laala....

D'autres peuples (ex-colonies) de notre pays et autres sont confrontés aux mêmes problématiques, qu'elles soient religieuses, économiques et sociales, parfois pire lorsqu'il faut rajouter des séquelles psychologique et physique de guerre , la barrière linguistique, etc... et qui ne deviennent pas pour autant des délinquants et des criminels...!!! Heureusement car il y aurait de quoi désespérer  !

 

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15 mars 2018

Deux garçons sans histoire - Marc Desaubliaux

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Quatrième de couverture :

Une petite ville de province dans les années 1970. 

Une famille de notables faussement aristocrates. 

Des parents chez qui le jeu des apparences permet de cacher bien des drames, père indifférent à ses enfants tant qu'ils ne créent pas de scandale, mère qui après l'échec de son mariage, à rejeté toute son affection sur son cadet, Sébastien, 15 ans, qui fréquente le meilleur collège catholique de garçons de la ville.

Tout est en ordre donc, jusqu'à cette messe de rentrée scolaire du collège de Sébastien à la cathédrale. 

Ce jour-là, sa vie bascule.

Ce jour-là, il rencontrera l'amour...

Mais pas celui pour lequel on le prédestinait. 

 

Que feriez-vous si l'on vous interdisait d'aimer ? 

 

Mot de l'auteur : 

"C'est ce drame que je me décide enfin à raconter, plus de quarante ans après les faits. Une tragédie à laquelle je n'ai été que le témoin souvent impuissant, parfois lâche, moi qui étais pourtant l'ami de toujours, celui qui a servi de modèle à Sébastien. Je m'étais juré de rendre hommage à sa mémoire et à celle du vrai Jean-Denis tous deux sacrifiés sur l'auteur des apparences sauves. Voilà qui est fait".   

                                                                                                                              Marc Desaubliaux

 

Editions : Des auteurs, des livres - ISBN : 978 2 36497 040 3 - Broché :: 296 pages - Prix : 19 euros.

 

Mon avis : Volodia

L'auteur nous précise qu'il sagit d'une histoire vraie... Je ne peux toutefois m'empêcher de relever certaines similitudes avec un autre livre très célèbre : Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, écrit bien avant celui de Mr Desaubliaux, notamment  : que cette histoire se passe dans une école religieuse de garçons, que l'émoi provoqué par un garçon ait eu lieu au cours d'une cérémonie religieuse, que l'un des deux garçons en l'occurrence le plus âgé soit de petite noblesse (même si elle est contestable), que cette histoire se termine en tragédie pour l'un deux.

Mais la comparaison la ressemblance s'arrête ici, car dans le livre de Desaubliaux, le jeune Jean-Denis a le langage châtié des gamins de son temps, celui des années 70, et qu'il n'a pas l'innocence d'Alexandre jeune héros du livre de Peyrefitte, ni celui d'André Dalio, surnommé affectueusement Dédé, héros, lui, du livre d'Achille Essebac. La poésie, la délicatesse du récit s'en ressentent. Il le rend plus actuel, moins émouvant, enfin à mon sens.

Ce récit trouve un second souffle lorsque l'auteur nous raconte ce qu'il est advint du survivant plusieurs années après le drame : Devenu psychanalyste, faisant partie à son tour des notables de la même petite ville de province, marié, deux filles. Il doit s'accommoder de sa vie et composer avec son passé soigneusement dissimulé.  Arrivé à un certain âge, les réminiscences de celui-ci se font plus fortes au point qu'il n'est plus en mesure de jouer son rôle d'époux et de père.

La maison familiale de son ancien condisciple et ami étant à vendre, après plusieurs années d'abandon, il finira par l'acquérir et y vivra seul, seul avec ses souvenirs qu'il finira par apprivoiser, et lorsque ceux-ci se révèleront trop forts, il les tiendra à distance à coup d'antidépresseurs. La mort seule pouvant le délivrer du poids du passé et de son secret. 

J'ai pris plaisir à lire ce livre, mais ne pense pas à ce jour le relire, ayant été quelque peu déçu par les rapprochements effectués avec les deux livres précités.

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09 février 2018

Paname Underground - Zarca

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Quatrième de couverture :

Où s'arrête le réel, où commence la fiction ? Zarca raconte les coulisses du guide des bas-fonds parisiens qu'il rédige depuis 2016. Love  Hotel de la rue Saint Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, La Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à Porte d'Aubervilliers...

Alors que l'auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d'une tentative de meurtre. La virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

 

Repéré grâce à son blog Le Mec de l'Underground, Zarca publie aux Editions Don Quichotte ses deux premiers romans : Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015). En 2017 est paru P'tit Monstre aux Editions Le Tango. L'auteur expérimente une littérature radicale, marquée par un style oral.

 

Editions : Goutte d'Or - ISBN : 979 10 96906 04 8 - Broché : 247 pages - Prix 17 €

Mon avis : Volodia

Décidément je ne comprends pas le choix du Jury qui s'est porté sur ce livre, qu'on ne peut considérer raisonnablement comme de la littérature, même de la mauvaise. L'auteur le dit lui-même, il a écrit ce texte dans l'espoir que les ventes lui permettront de, je cite : tenir deux ans à Paname et dix à Pattaya. "j'ai de quoi pondre une pure dinguerie et me faire des burnes en platine" Faut croire qu'il avait raison puisqu'il a réussi à décrocher un prix et que des curieux et ou des voyeurs dont je fais partie on eu envie de lire de quoi il retournait.

Seigneur, qu'elle déception. Les trafics pseudos dévoilés, les quartiers évoqués dans ce guide et ce qui s'y passe sont connus par la grande majorité des "vrais parisiens". Malheureusement, comme beaucoup de banlieusards bien nés (car c'est le cas de l'auteur, si on lit un peu sa biographie) qui veulent nous faire croire et ou qui s'imaginent nous faire découvrir un Paris parallèle composé de paumés, racaille, drogués et rebuts de la société cela ne peut fonctionner qu'auprès de provinciaux, de banlieusards de la zone Sud et de faux parisiens issus de milieux aisés qui ne quittent pas leurs quartiers de prédilection et, franchissent encore moins le  périphérique de peur d'être agressés. 

Loin de rivaliser avec le langage argotique fleuri employé par Carco, d'Audiard, Chabrol et bien d'autres. Le texte nous est balancé en verlant, en gloubiglouba racailles de banlieues nord et language à la mord moi le noeud inventé par l'auteur. Fastidieux à lire, inintéressant sauf pour nous conforter qu'il existe bien un Paris parallèle, un Paris subversif grand mot à la mode depuis quelques temps, un Paris en marge de la Société bien pensante et bien séante ou on passe son temps à "trafiquer", s'en mettre plein le nez, se bastonner  pour une raison ou pour une autre. Bref ne rien faire de sa vie sinon la détruire d'une façon ou d'une autre.

Quant à à la chute du livre, elle s'inspire d'un mauvais polar noyée dans des flots d'hémoglobine, dans lequel Zarca boosté par toutes les substances qu'il sniff se prend pour un justicier invincible et met à mal tous ceux qui ont participé au décès de sa "rousse". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une imagination plus que féconde, je dirais même débordante....! 

Ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction est écrit pour faire frissonner ceux qui ne sortent jamais de leur zone de confort, qui ne voient, n'entendent et ne comprennent rien ! Il aurait eu quelque intérêt s'il avait été écrit par un véritable marginal et non par un fils de de bonne famille jouant, lui, au marginal. C'est curieux cette manie des fils de la bourgeoisie actuelle de vouloir écrire,  frayer voire se faire passer pour ceux qu'ils ne sont pas et  ne seront jamais ! une nouvelle mode peut être ?

Il est rare que je regrette l'achat d'un livre, mais là...!

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06 janvier 2018

Les clés du Paradise - Michel Tremblay

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Le Paradise est ce club de Red Light de Montréal qui en 1930, accueille les « vieux garçons » dans un espace nommé le ringside. C’est là qu’Edouard Tremblay aimerait bien faire son entrée dans le « grand monde », peu après son embauche comme vendeur de chaussures sur l’avenue du mont-Royal. Car c’est à presque dix huit ans il est déjà emporté par le double qui l’habite, cette duchesse de Lnageais qui deviendra son personnage de folle des nuits de la métropole.

Et c’est aussi au Paradise que travaille la mère de Nana, Maria Desrosiers, toujours aux prises avec « cette boule dans la gorge, ce poids sur son cœur ». Autour d’elles s’agitent les membres de deux familles, à la merci de ce « maudit destin qui ne mène jamais où on veut aller » : Ti-Lou et Maurice, Victoire et Télesphore, Albertine et Madeleine, Teena, et l’inconsolable Josaphat-le-Violon qui se réfugie  à l’asile Saint-Jean-de-Dieu. 

Editions : Actes Sud – ISBN : 9 782330 028459 – Broché : 254 pages – Prix : 20 euros. 

Mon avis : Volodia

Les œuvres de Michel Tremblay ne se lisent pas, elles se savourent au même titre qu'un met rare et délicieux. Sa description des personnes de langue française vivant dans ce quartier modeste voire pauvre de Montréal marqué par la crise économique incite à l’empathie plutôt qu'à la pitié.

Edouard, gros garçon de 17ans, au physique malgracieux et au franc parler qui se cherche, se doute qu’il n’est pas tout à fait comme les autres, mais n’arrive pas à comprendre ce qui le différencie - on ne peut que l’aimer et suivre avec un plaisir non dissimulé ses atermoiements –qui traîne son ennui et son mal être vient de décrocher, sur les recommandations de sa tante,  un emploi de vendeur de chaussures, histoire de gagner un peu d’indépendance et d’aider sa famille qui en a bien besoin.

Après une altercation mémorable le 1er jour de son travail, avec un client « très élégant », qui le jauge de haut et se permet des réflexions désagréables à son égard, auprès de la gérante, alors qu’il fait fi de la présence d’Edouard, met le feu aux poudres. Notre client, pseudo élégant, n’en revient de la répartie dudit Edouard tout en le reconnaissant de la catégorie des « vieux garçons ». De fait, il l’invite au Club Paradise, afin qu’il rencontre quelques « amis » qui s’y retrouvent. Souci, Edouard bien que n’étant pas majeur (- 21ans) décide de s’y rendre par curiosité, surtout ne sachant pas ce qu’il en est de cet endroit, mais espérant y trouver des réponses à ses interrogations.

Dans ce livre, il est évidemment question d’Edouard, mais également de tout le petit monde qui compose sa famille et qui gravite autour de lui, et qui eux non aucun doute quant à son « orientation ». Tout le récit nous est conté, de la façon dont il aurait été parlé avec cet accent canadien populaire et particulièrement vivant que l’auteur arrive à retranscrire et à nous faire partager pour notre plus grand bonheur. Encore un sans faute de Michel Tremblay qui nous décrit le Québec des années 1930 très marquée par pression de la religion catholique dans la vie quotidienne des familles surtout sur celle des femmes.

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09 novembre 2017

Je suis en vie et tu ne m'entends pas - Daniel Arsand

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Quatrième de couverture :

Quand l'Allemand  Klaus Hirschkush débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c'est une ville détruite qu'il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu'il est homosexuel. A bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n'a pas fini d'expier.

Un garçon ordinaire, une différence ordinaire, une simple vie, un trajet : Klaus s'exile en France et y traverse une moitié de siècle - le travail, l'amitié, l'amour, l'espoir et les déceptions, les chagrins et les joies - pour s'entendre chasser, à l'aube des années 1990, d'une cérémonie du souvenir dans la province française aux cris de "les pédés aux fours" !.

Survivre : un miracle et une responsabilité dont la réalisation n'a pas à être spectaculaire mais qui relève d'un combat intime, tenace, insurmontable parfois, solitaire souvent, et toujours sans répit.

Le roman de Daniel Arsand invente la langue digne de ce combat à poursuivre, mélange rigoureux et explosif de sècheresse, de rage et de lumière. Je suis en vie et tu ne m'entends pas est un texte crucial, qu'on voudrait confier personnellement à chacun de ses lecteurs, comme un viatique, un talisman, à la fois miracle et responsabilité.

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2 330 06042 8 - Broché : 266 pages - Prix : 20 €

Mon avis : Volodia

Je n'ai pas su apprécier ce livre, qui comporte trop de clichés véhiculés sur la déportation des homosexuels. Daniel Arsand avait des choses à dire, je l'ai bien compris. Son livre s'est voulu militant, mais à mon sens il est passé à côté par trop d'incohérences dans son récit , mais surtout d'histoires de vie racontés dans d'autres livres par d'anciens prisonniers au triangle rose.

Lorsqu'il est libéré du camp et marche dans les rues de Leipzig, il a 23ans et a supporté 4 années de camp. Déporté à l'âge de 19 ans (précision donnée page9), Heinz son compagnon a préféré se jeter par la fenêtre à l'arrivée des soldats plutôt que de tomber entre leurs mains. C'est seul qu'il a du affronter la torture, le mépris, les insultes de ces compatriotes, mais également des autres déportés, eux pour autres motifs.

Mon souci vient de ce que l'auteur, veut tellement insister sur le martyr subit par Klaus, qu'il met en scène des viols commis à son encontre non seulement par les soldats, des kapos, mais également par les autres déportés eux-mêmes...

Ce qu'il faut savoir c'est que pour les Kapos à Buchenwal comme dans bien d'autres camps, la pédophilie régnait en maître et que les traffics d'enfants faisaient parti du quotidien. Dès l'arrivés des convois, les kapos choisissaient leur pilpul pour la plupart âgés de 12 ou 13ans. Dans la soupe des déportés était versé du bromure quand ce n'était pas les affres de la faim qui étaient suffisants pour calmer toutes les éventuelles ardeurs sexuelles de ceux-ci. Et, la moyenne de vie dans les camps étaient d'environ 1 an à 2 ans compte tenu des conditions de détention.

Ce qui est réaliste c'est le mépris envers les homosexuels par tous (soldats, kapos, déportés) et parfois à juste raison malheureusement. Car certains homosexuels ont été déportés après avoir été "amis" avec d'importants membres du Parti, et que lesdits amis tués (lors des purges dudit parti) ou voulant s'en débarrasser, les ont envoyés dans les camps. Pour d'autres, ce n'étaient pas le premier internement, déjà en 1933 ils avaient fait connaissance avec cette répression. Mais malgré cet avertissement et l'espionnage dont ils faisaient l'objet, ils avaient continué leurs pratiques ... 

Autres sujets de méfiance et de rancoeur des autres déportés, beaucoup d'homosexuels réussissaient à trouver à s'occuper dans des baraquements, alors que les autres déportés travaillaient à l'extérieur sous toutes les intempéries. Certains se pavanaient dans des blouses d'assistants auprès de médecins tortionnaires. D'autres ont réussi à devenir kapo et donc droit de vie et de mort sur les autres détenus. 

Bien évidemment, ce ne sont pas des généralités, mais des vérités suffisamment courantes pour qu'elles soient dénoncées et pour que les survivants (quelques qu'ils soient : Politiques, religieux, racial) refusent de les accueillir dans les cérémonies de commémoration. De là à crier "les PD au four" je n'y crois pas, surtout venant de rescapés. Par contre, d'autres participants et de manière très isolée, c'est possible !

Incohérent aussi, l'acceptation de Klaus par la société française - surtout après 4 ans d'occupation, de terreur, de prise d'otages, et d'horreurs commises lors de l'évacuation des villes occupées par l'armée allemande - j'en doute.... les Français avaient trop souffert pour être ouverts à l'intégration d'un Allemand, même si c'était un ancien déporté et encore plus homosexuel. 

Ce livre n'est pas mauvais, mais à vouloir chacun son martyr on finit par ne plus être objectif !

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04 novembre 2017

Les lunettes d'or - Giorgio Bassani

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Quatrième de couverture :

Dans Ferrare silencieuse et endormie, le bruit court que le docteur Fadigati, praticien respectable et aisé, estimé des "gens bien", est homosexuel. Rien de précis ne semble tout d'abord accréditer cette rumeur, et la "bonne société", reconnaissant à Fadigati une conduite irréprochable en apparence, ferme les yeux.  Mais, un jour d'été, le scandale éclate : l'honorable médecin est surpris en pleine idylle avec un jeune étudiant de la ville....

Editions : Folio - ISBN : 978 2 07 042829 8 - Poche : 332 pages - Prix : 11 €

Mon avis : Volodia

La première partie du livre campe le décor : Ferrare, ville de province italienne, à l'avènement du facisme. Le Docteur Fadigati, praticien renommé, discret, apprécié de tous, généreux, entre-deux âges n'est toujours pas marié. Sa vie est rythmée entre ses aller-retour à l'hôpital et sa clinique privée en ville. Ses soirées sont toujours les mêmes bien qu'un peu mystérieuse. On peut l'apercevoir sortir de chez lui aux environ de 8h, 8h30 et se promener parmi la foule des rues commerçantes et bondées de la ville. Toujours seul, il fait une apparition au cinéma à 10h du soir et se mèle au "petit peuple" du parterre au lieu de réserver une place au balcon comme le voudrait son statut de notable.

Son célibat étonne la bonne bourgeoisie de la ville, d'autant qu'il est déjà âgé d'une quarantaire d'année, et qu'il a une situation financière plus que confortable. Comment se fait-il qu'il ne songe pas à fonder un foyer, et chacun d'y aller de ses suppositions allant jusqu'à le suspecter d'avoir une liaison inavouable avec une femme de condition sociale inférieure. Il n'en faut pas plus pour que les Ferrarais se mettent en chasse d'une fille susceptible de lui convenir.

Puis, un jour, on ne sait d'où vint la rumeur, des bruits commencèrent à courir comme quoi le Docteur n'aimait pas les femmes. Les Ferrarais sont surpris mais satisfait d'avoir découvert le secret de Fadigati. On s'étonne, car depuis 10 ans qu'il exerce dans la ville, on ne s'est aperçu de rien. On lui pardonne, en raison de sa réserve, de son style. Toutefois, on finit par se comporter différemment lui : On le salue brièvement le jour, et on fait semblant de ne pas le reconnaître la nuit. Car ce n'était pas un secret que l'on avait surpris, mais un terrible vice. On le disait en "affaire", avec un agent de police, un huissier de mairie marié, un ancien footballeur, rapports soigneusement clandestins. De fait, le secret de Fadigati commence à ne pas plaire du tout.

Au fur et à mesure du récit interviennent d'autres personnage dont le narrateur - on ne sais pas bien qui il est, ni son nom, hormis qu'il est juif ce qui dans l'Italie faciste aura des répercussions - qui fait partie d'un groupe d'étudiants faisant chaque jour le trajet de Ferrare à Bologne et que le Docteur Fadigati ne tardera pas à rejoindre dans leur wagon de 3ème classe. On fait leur connaissance, notamment celle d'un certain Deliliers qui le qualifie de "vieille tante". Le Docteur essaye d'entrer dans leur groupe et se montre bienveillant envers eux, sauf Deliliers  qui se montre agressif et grossier alors que les autres étudiants nouent avec lui une relation amicale. Puis, avec le temps, le groupe commençe à lui manquer de respect. Tension et disputes éclatent.

Dans la seconde partie du livre : on retrouve la famille du narrateur qui passe ses vacances à Riccione sur la côte de l'Adriatique et ce, comme tous les étés précédents. Station balnéaire fréquentée par la haute bourgeoisie Ferraraise. A peine arrivé, il entend parler de l'amitié scandaleuse que le Docteur Fadigati entretien avec Deliliers - Le couple improbable. On ne sait pas vraiment ce qui les unit et/oui ce qui les a rapprochés - qui s'affiche d'hôtel en hôtel sur la côte. Deliliers se pavane dans une voiture de sport rouge offerte par Fadigati, qui n'est plus le Docteur  Fadigati, ni même Fadigati, ni même Docteur, mais un amoureux transi, un simple pantin qu'on peut humilier à volonté. Le soir, il passe ses soirées à boire pendant que Deliliers s'affiche avec les jeunes filles, les femmes les plus élégantes et les plus en vue, les faisant danser et les raccompagnant au volant de la voiture rouge.

Le scandale finit par éclater, lors d'un dîner dans la salle du restaurant de l'hôtel, alors que Fadigati reprochait à son jeune ami sa conduite, celui-ci lui assèna son poing en pleine figure pour finir par partir avec l'argent et divers biens du docteur, en quête d'une autre vieille femme ou homme à plumer.

Parallèlement à ces évènements d'autres tous aussi tragiques se jouent. Mussolini calquant sa politique raciale sur celle d'Hitler fait promulguer ses premières lois raciales sous l'indifférence de la haute bourgeoisie et des juifs de la bonne société tous adhérants de la première heure au parti et qui croient que cela n'ira pas plus loin... 

A la fin de l'été, au retour à Ferrare le narrateur comme Fadigati se retrouve dans un destin commun, fait de relégation, d'humiliation, d'opprobre, de dégoût et de solitude. Ils se revoient un soir, par hasard, il apprend que le poste que le docteur occupait à l'hôpital lui a été retiré. Il lui propose de partir, mais Fadigatti répond qu'il ne sert à rien de fuir. Les deux hommes se retrouvent en quelque sorte dans la même situation. L'un homosexuel avec le risque d'être déporté, l'autre juif avec le même avenir. Tout deux dénigrés. Fadigatti désabusé et épuisé trouvera une porte de sortie....

J'ai bien aimé ce livre, malgré que la première moitié soit assez lente, beaucoup de descriptions pas vraiment nécessaires,  ce livre n'étant pas historique, mais un roman qui se déroule à une période donnée de l'histoire, celle-ci, en étant la toile de fond. La seconde moitié du livre était plus captivante, plus dynamique, dans le sens ou on entrait dans le vif du sujet. 

 

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20 août 2017

Histoire de la violence - Edouard Louis

Histoire de la violence

Quatrième de couverture :

J'ai rencontré Reda un soir de Noêl. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter chez moi. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble on discutait, on riait.

Vers six heures, il a sorti un révilver et il a dit qu'il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Editions : Points - ISBN : 9 9782757 864814 - Poche 225 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

J’ai attendu que le battage médiatique fait à la parution de ce livre et le procès qui s’en est suivi s’estompent avant de le lire, ne voulant pas avoir l’esprit parasité par les avis des uns et des autres qu’ils soient bons et/ou mauvais.

Lorsque j’ai eu ce livre en main et l’ai compulsé pour la première fois, je dois avouer l’avoir reposé direct tellement j’ai été dérouté par le style et le langage employé, le tout me semblait au premier abord tellement désagréable et ardu à déchiffrer.

Comme il fallait s’y attendre, mon métier et surtout ma curiosité m’ont fait dépasser cette barrière et bien m’en a pris, car même si j’y ai pris un plaisir mitigé, il en ressort un traumatisme important pour l’auteur  qu’il lui fallait exorciser et qu'il nous relate sans fausse pudeur.

Ce livre c’est l’histoire d’un viol, celui qu’a subi Edouard Louis, que nous apprenons à travers le récit que fait par téléphone, sa sœur à son mari, alors que l’auteur est caché derrière un rideau, et se fait fort d’apporter des précisions ou de rectifier les dire de sa sœur à l’attention du lecteur qui tient lui le rôle de « voyeur » ( et, qu'il suppose sans doute, n’aurait peut être pas compris le contexte dans lequel il s’est déroulé ou celui dans lequel sa famille évolue et la place qu’il occupe dans celle-ci)….

C’est en cela que le récit est dérangeant, je ne vois pas l’intérêt de faire jouer le rôle de « rapporteur » à sa sœur, à moins que ce ne soit plus facile pour lui de raconter cette histoire par l’intermédiaire d’un tiers et de se distancier ainsi des évènements traumatiques qui se sont produits et dont il a été la malheureuse victime.

Ce qui me chagrine également c’est de mettre, dans la bouche de sa soeur, un langage très populaire au risque de la faire passer pour « analphabète ». On sait, il nous l’a suffisamment répété qu’il vient d’un milieu modeste de Picardie. Une région minée par le chômage, dont les natifs du cru ont un quotient intellectuel "assez médiocre", et au parlé franc, accompagné d’un accent à couper au couteau. On a compris que lui s’était sorti de cette crasse ignorance, en faisant des études et en reniant son milieu social d’origine. Mais là, c’est trop, ça sonne comme une marque de fabrique, comme la stigmatisation d’une région et de ses habitants dont il a exagéré les particularités  à dessein, et sur lesquelles il a fabriqué sa renommée. Je trouve ça moche, de se servir des défauts vrais ou présumés de quelques uns pour faire rire et/ou pitié au détriment de ceux-ci, afin de s’assurer un certain type de lecteurs voire de s’assurer du succès.

Il va s’en dire également que je ne doute absolument pas de la véracité de son récit quant aux évènements qui ont eu lieu, son ressenti, ses craintes, ses réactions la plupart légitimes bien que certaines, à mon sens, soient sujettes à caution. En effet, que ce soient ses amis à qui il a raconté l’affaire qui l’ont poussé à porter plainte, les excuses qu’il se trouve et accorde à son agresseur en raison de ses origines, ses atermoiements une fois la plainte déposée tout cela donne, à mon sens, une certaine discordance au récit eu égard à la gravité des faits.   

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06 août 2017

Pride Chroniques de la révolution gay - Erik Rémès

 

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Quatrième de couverture :

Il restait à écrire une histoire ordinaire de l'homosexualité, qui rend compte des réalités que taisent les livres d'histoire et les films documentaires. Erik Rémès le fait brillamment en livrant un témoignage exceptionnel sur la vie des homosexuels français dans les dernières années du XXème siècle. Après la dépénalisation en 1982, il décrit entre humour et gravité des années pleine de contrastes : années de la fête malgré la stigmatisation, affirmation de la fierté dans les affres du sida, progression des droits sur fond d'homophobie.

Pride, chroniques de la révolution gay est un recueil d'articles, éditoriaux, billets d'humeurs, coups de gueule, et témoignages, dans leurs versions intégrales non censurées, parus entre 1992 et 2005 dans la presse gay et généraliste : Libération,Nova magazine, Gai Pied Hebdo, Illico, etc... En douze chapitres : Visibilité, Mariae, Homoparentalité, Homophobie, Hétérophobie, Politique, Homonormativité, Subversion, Voyage, Drogues, Sexualité, Prévention, Années sida. 

Editions : La Musardine - ISBN : 9 78242717766 - Broché : 368 pages - Prix 18 euros 

Mon avis : Volodia

Comme certainement beaucoup, à l'annonce d'un nouvel écrit d'Erik Rémès, je trépigne d'impatience jusqu'à sa parution et, dès l'ouvrage entre mes mains, je le compulse de manière fébrile et frénétique, ne doutant pas que celui-ci va provoquer en moi nombre de réactions, bonnes et/ou mauvaises. Et là, je ne suis pas déçu par ce livre qui regroupe diverses chroniques relatives aux débats et avancées de la cause homosexuelle dans la Société. Celles-ci ne sont pas classées par date mais par thème et ont été publiées dans la presse généraliste et LGBT.

Je tiens dans un premier temps à remercier l'auteur d'avoir récapitulé pour nous, nés en 1980 et après, l'histoire et les évènements qui ont marqué l'avancée de nos droits en France et ce, avec une précision toute journalistique. Ce livre est une mine d'informations que nous n'arrivions pas à obtenir en totalité, la plupart nous arrivant tronquées et/ou déformées pour diverses raisons, voulues ou pas ? la question reste ouverte.

Il fallait s'y attendre, Erik Rémès en bon provocateur aborde des sujets qui fâchent, voire trash. Mais on ne peut lui en vouloir, car c'est sa marque de fabrique, le grain de sable dans la mécanique bien huilée et lisse voulue par la communauté homosexuelle. Peu lui chaut de donner une mauvaise image de la communauté gay, qu'il connaît mieux que tout autre - traînant ses guêtres là ou le commun des mortels n'a pas forcément ses entrées, ni l'envie de s'y rendre lorsque par hasard il en a entendu parler, à moins de faire preuve d'une curiosité à toute épreuve - Erik Rémès est un révèlateur de conscience et peu importe si ladite communauté est égratignée; Il nous rapporte des comportements, des situations complexes, voire choquantes, mais sans jamais s'ériger en juge sur ce qu'il voit et/ou sur ces auteurs. Il nous explique les différents moyens, de s'exprimer, d'aimer, de sociabilité, d'exister enfin des divers groupes gays auxquels il s'est "frotté".

Il ose tout et peut se le permettre, rien ne le retient. Lorsqu'il ouvre la bouche ou laisse courir sa plume ce n'est pas pour débiter des fadaises en voulant nous faire croire qu'elles sont d'importances comme certains le baille. Il a des choses à dire et fait mouche à tous les coups, c'est ce qui fait l'intérêt de ses livres. Il écrit bien, même si ce n'est pas de la littérature à proprement parler ! 

Il existe aussi, des pages ou le masque du provocateur tombe pour laisser place à un homme extrémement humain dans ses réactions, ses coups de gueule, mais également dans sa sensibilité et qui, quoi que l'on puisse en penser, laisse paraître son respect de l'autre, de l'amant du moment.

Les dernières pages de Pride qui regroupent les pensées, les réflexions de l'auteur, ses questionnements, sont particulièrement belles et bouleversantes de sincérité et de profondeur. Elles nous sont balancées avec humour et citronnées en diable, mais au travers de celles-ci on sent  que l'intéressé a pour objectif de vivre avec intensité et s'est fait un compagnon de son virus. Ce virus qui a détruit une partie de sa vie, mais qui lui a permis de vivre l'autre en transformant sa personnalité, de devenir "quelqu'un", un écrivain du sida ! Virus mortel à l'origine et qui s'est transformé en maladie chronique. Le sida générateur de célébrité et source de revenus, qui l'aurait cru, il y a quelques années !

Reste que si j'ai aimé ce livre, cela ne m'empêchera pas de publier un droit de réponse sur certains points évoqués par Erik Rémès qui ont provoqué mon ire et ne l'ont pas fait retomber.......

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