Albert Nobbs - George Moore
Quatrième de couverture :
Quel singulier destin que celui d'Albnert Nobbs ! Majordome à l'hôtel Morrison, il y est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Mais pour pouvoir travailler, Albert doit dissimuler un singulier secret. Sous ses vêtements masculins se cache depuis trente ans une femme travestie en homme.
Alors qu'un ouvrier découvre l'imposture, Albert choisit pour la première fois de sa vie de réaliser un de ses rêves...
Confusion de sentiments et questionnement sur l'identité, l'histoire d'Albert Nobbs dans le Dublin de la fin du XIXème siècle se révêle d'un étonnante modernité.
Mon avis : en préparation
Je sors ce soir - Guillaume Dustan
J'avais pris du bide. Maigri - Relâchement abdominal m'a dit le kiné que je suis allé voir au bout d'un an de mal au dos. J'ai fait des séances de rééducation. J'ai repris la gym. Quand je suis revenu en France, j'avais commencé à me récupérer. Mais je pensais toujours que j'étais vieux. Moche. Fini.
J'ai squatté à Paris. Je suis retourné dans les bars et dans les boîtes. La nuit tout est simple. La nuit est libre. on ne sait jamais ce qui va se passer. Mais il arrive toujours quelque chose.
Il suffit de tenir le coup.
Editions : P.O.L. - ISBN : 2 86744 579 5 07 2001 - Broché 130 pages - Prix : 13 euros
Mon avis : Volodia
Dans ce roman, Dustan nous parle d'un lieu qui n'existe plus, mais qui fût pendant des années le lieu préféré des fêtes gays. "Le palace", cette discothèque a été le premier grand rendez-vous de la population gay dans les années 80. Le palace était une boîte à la mode dans les années 70 où se mélangeait une population interlopes (gays, hétéros, lesbiennes, punks). Mais très vite le Palace attire tellement de monde que la majorité des gays décident de trouver un autre lieu.
Dustan nous plonge dans ce monde qui n'est plu, où les survivants se font rares et sont souvent considérés comme rescapés d'un holocauste. Le roman nous entraîne dans un premier temps dans la rue du Fbg Montmartre qui en semaine ressemble au Sentier, mais qui le dimanche devient un nouveau Marais en minuscule.
Le Palace est sur 3 niveaux et ressemble à un ancien théâtre avec un immense couloir qui sert de lieu de drague lorsqu'on s'arrête pour fumer une clope ou boire sa consommation. Dustan revient dans ce lieu de la même façon qu'un travelling avant au cinéma. Il nous parle d'une fête qui a plus l'allure d'un grand enterrement.
Une sélection avait lieu à l'entrée, thee-shirt moulant pour faire ressortir les muscles, le 501, les docs étaient de rigueur si on voulait se faire remarquer sur la piste de danse. Le beau mâle exhibant toute sa virilité ne doit pas danser en remuant trop le bassin, ce qui pourrait faire croire aux autres qu'il s'agit en réalité d'une "folle". - C'était l'époque ou tous gays qui se respectent avaient adopté la mode venue de Los Angelès muscles, tee-shirt moulant souvent blanc, jean 501, rangers et surtout moustache pour ne pas être confondu avec les efféminés -.
Les mecs se saluent d'un sourire ou tout simplement d'un bonjour, sans trop s'arrêter sur un garçon. Ce n'est plus le temps du sexe dans les wc ou des glory hole. Ce n'est plus le temps de l'amour et du sexe le sida est passé par là. Pendant tout le roman, l'auteur se lasse rapidement de ces hommes et de ces corps qu'il adore et qu'il vénère. Le Palace devient une batisse de la mort où personne n'attends plus rien de la vie. L'auteur s'accroche à une musique inconnue ou bien au regard du barman qui sert l'alcool et va attendre la fin de la soirée pour rentrer seul chez lui, guetter sa propre fin et continuer ce début d'agonie de fête seul en se masturbant. Seul plaisir que les hommes peuvent pratiquer sans avoir aucune peur. Même si elle peut être considérée comme un artifice du plaisir, la masturbation devient sans nul doute le seul élément de fête qui reste come segment à tous un groupe qui a vécu la plénitude de la fête. Aujourd'hui ce même groupe a disparu. Le deuil devient une cérémonie pour se souvenir d'un passé qui n'est plus.
Au sujet du deuil Dustan écrit :
"Je sors ce soir est déjà un livre sur le deuil. C'est le deuil d'une époque et c'est un livre sur le deuil de moi-même, comme si j'étais mort. Je veux dire que j'aurais pu mourir et puis non. Mais ce n'est pas un livre sur la maladie. j'ai la chance de ne pas être malade à part quelques épisodes qui font que je ne me sens pas trop gêné vis à vis des autres...."
Le sujet de la fête est un prétexte pour raconter la fin d'une époque et d'une génération qui se croyait invulnérable et immortelle tout comme les soirées du Palace.
Les romans "Dans ma chambre" et "Je sors ce soir" nous présente la vie de Guillaume Dustan au milieu des années 80 - 90 dans le ghetto parisien. Terme employé par Dustan pour définir les lieux gays de Paris.
Dams ma chambre - Guillaume Dustan
Il s'agit du premier roman de Guillaume Dustan. Essentiellement autobiographique qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie de l'auteur. Ses journées entières à pianoter sur minitel, pour rencontrer des "coups d'un soir". Des soirées et des nuits à se droguer, à s'envoyer en l'air avec des types qu'on drague et qu'on ramène chez soi comme des courses du supermarché.
C'est un livre cru, certains d'iront érotiques, d'autres dont je fais parti le jugeront pornographique, mais avec quelque chose d'autre que du cul et des performances sexuels, autre chose que la trivialité de l'auteur. Il est le reflet d'une époque en pleine période sida, une époque ou dans le milieu gay, tout le monde couche avec tout le monde, ou l'on ne s'étonne plus d'être séropositi et ou c'est la minorité qui est séronégatif. Une époque ou l'on commente la mort d'un tel avec une certaine indifférence. Une époque ou après l'étonnement, la peur et l'hécatombe des premiers cas de sida, un traitement vient de faire son apparition et l'on se reprend à espérer avoir encore quelques années à vivre, à profiter de tout ce qu'elle nous offre y compris ses excès. Car malgré la maladie, personne ne songe à changer ses habitudes, et l'on continue à draguer, à se shooter, à "coucher" avec ou sans capotes, fréquenter les back rom du "Transfert" et du "Qg".
Dustan, nous dévoile ses goûts à la limite de la violence dans le fantasme, les codes sado-maso et cette quête effrénée de mecs, de culs, de sperme et de drogues, toutes les drogues (popers, extasy, acide, cocaîne) qui circulent semble-t-il librement et que l'on offre ou s'offre comme on le ferait d'un verre.
Les descriptions torrides de scènes d'amour entre deux hommes, la description du "matériel" contenu dans ses placards, les initiations éprouvantes d'un partenaire. Nous assistons à une quête sans fin dans lequel Dustan semble se perdre à la recherche d'un amour impossible ?
Ce livre n'a pas les qualités littéraires que l'on s'attendrait à trouver chez n'importe quel auteur. Il n'a pas de style, pas de ponctuations, les phrases sont décousues, parfois incompréhensibles. Mais c'est un livre fort. Dustan a ce don de nous prendre aux tripes, de nous faire partager sa vie au point de s'oublier soi-même ce pour moi est assez est rare et, j'ai aimé !
Editions : P.O.L. - ISBN : 9 782867 445255 - Broché 155 pages - Prix 14 euros
Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès est né en 1965 à Paris. Il y est décédé en 2005 après avoir avalé par accident une surdose médicamenteuse (version officielle). Il a exercé la profession de Magistrat avant de se tourner vers l'écriture puis l'édition.
Il cré au Editions Balland, le Rayon Gay, qui deviendra par la suite "le Rayon" qui sera la première collection entièrement LGBT éditée en France. Une cinquantaine de titres y seront publiés avant sa fermeture en 2003.
En 1999 il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Page". Sa renommée s'est accru en raison de sa position sur le barebacking, littérallement "monter à cru" ce qui lui vaudra les foudres de Didier Lestrade de l'association de lutte contre le sida Act Up.
Guillaume Dustan - Frédéric Huet
"A l'appartement qu'un ami bijoutier lui avait prêté, le sujet de la sodomie s'est insinué entre nous. Il était en train de boire un verrre de rouge assis contre la gazinière dans la cuisine et revenait sans cesse à l'attaque aec son désir de me prendre.
Je lui ai alors déclaré que j'étais comme Jane Birkin dans le film Je t'aime moi non plus, que la sodomie c'était impossible pour moi. Il m'a répondu que tout était dans la tête. Bien sûr, j'ai pensé, il dit ça pour mieux arriver à ses fins. Je suis resté dubitatif. Il est allé se douche. Je l'ai rejoint dans la salle de bain. Derrière le rideau, je lui ai demandé ce qu'il pensait de moi, si j'étais ce qu'on appelle un "écrivain" c'est-à-dire quelqu'un essayant d'exprimer un monde à sa façon. Il a dit oui. Cela m'a rassuré, m'a fait plaisir. C'est à ce moment que nous avons parlé de sa mort. Je lui ai dit que j'écrirais un livre sur lui un jour. L'idée d'écrire sur lui, ça lui a plu.
Dans la chambre qui donnait sur le square du Temple, nous nous sommes ensuite embrassés, je lui ai mi un préservatif et il m'a pénétré. Il était arrivé à ses fins. Nous nous sommes endormis main dans la main".7
Editions : Les EDITIONS du Nouveau Livre - ISBN : 9 782919 000555 - 70 pages - Prix : 14 euros
Mon avis ; Volodia
Tout d'abord j'ai trouvé douteuse la mise en page par l'Editeur et/ou l'auteur du texte de quatrième de couverture. En effet, celui donne une piètre idée du contenu de l'oeuvre et laisse planer le doute de la pornographie. Ce qui peut laisser dubitatif ou au contraire favoriser l'achat.
Ceci dit, j'ai trouvé ce livre intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parcequ'il a été écrit par l'auteur qui a été le compagnon, temporaire certe, de l'écrivain et qu'il a partagé son intimité enfin celle qu'il a accepté de lui dévoiler et que le public n'est pas sensée connaître.
Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte son approche de l'écrivain, en premier lieu par ses oeuvres, puis par l'envoi d'un manuscrit à sa maison d'édition ou là tout s'enchaine. Il en ressort qu'il a d'abord aimé les oeuvres avant de désirer l'homme. Toutefois, sa relation était elle dictée plus par l'admiration du statut d'écrivain que par l'amour de l'homme ? Car à le lire, on voit qu'il agit et supporte les extravagances de caractère de Dustan, plus comme une groupie que comme un compagnon ou un ami.
Frédéric Huet ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il nous présente le portrait de Dustan. Drogué, séropositif, barbackeur sans complexe n'hésitant pas à le solliciter de façon insistante pour des rapports non protégés. Il laisse également planer en substance des problèmes psychiques justifiant ainsi les sautes d'humeur et expressions de violence de Dustan. Quant à sa pseudo jalousie lorsque leurs oeuvres sont mises en concurrence, hum, je veux bien y croire, les écrivains étant susceptibles et souvent imbus d'eux-même et de leurs oeuvres qu'ils considérèrent comme "géniales".
Quant à Frédéric Huet, son désir de devenir un écrivain reconnu, lui fait douter parfois de son amour pour Dustan, l'aime-t-il pour son statut d'écrivain et sa renommée, ou pour lui-même. Supporte-il certaines humiliations, d'être considéré comme un intermédiaire voire parfois comme quantité négligeable, parcequ'il est l'ami de Dustan écrivain reconnu ? ou parcequ'il aime vraiment ?
Toujours est-il que ce livre nous en apprend beaucoup, à savoir l'origine du Pseudo de Dustan, Son caractère torturé, ses origines juives, un peu trop mis en avant à mon goût ..., mais est-ce que parce que la particularité de caractère et de vie de Dustan est rare pour cette communauté ?
J'ai aimé ce livre et me permets de le recommander à tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur une grand figure du milieu gay des années 80 et du barebacking. Car même si l'auteur se donne un rôle compréhensif voire passif, en nous présentant une figure rien de moins que sympathique, il en résulte un livre agréable à lire d'une traite.
Frédéric Huet est né enn 1973. Il a publié papa à tort chez Balland en 1999 (Collection de Guillaume Dustan), puis à, Ma vie ratée d'Amélie Nothomb (en 2009) chez Anabet. Il habite Nantes et vit de petits boulots. LC publie son dernier roman Guillaume Dustan.
Le Ramier - André Gide
Le 28 juillet 1907, André Gide, qui s'éjournait dans la propriété de son ami Eugène Rouart à Bagnols-de Grenade, non loin de Toulouse, fait la rencontre d'un jeune homme, Ferdinand, fils d'un valet de ferme.
Avec celui qu'il surnommera le "ramier", en raison d'une sorte de roucoulement qu'il produisait en faisant l'amour, l'écrivain presque quadragénaire va vivre une nuit d'extase dont il sortira "plus jeune de dix ans". A chaud, il écrira le récit lyrique et minutieux de cet épisode, et le fera lire à quelques proches, dont Jacques Copeau. Plusieurs fois, Gide reviendra à Bagnols, et se préoccupera du sort du jeune Ferdinand, qui mourra en 1910. Mais son Ramie, il ne le publiera jamais.
Près d'un siècle après qu'il a été écrit, voici donc, retrouvé récemment par Catherine Gide dans les dossiers de son père, ce Ramier totalement inédit que les lecteurs de l'écrivain découvriront avec bonheur : rarement Gide se sera montré aussi libre, aussi spontané.
Une étude sur Le Ramier, enrichie d'extraits inédits de la correspondance Gide-Rouard, complète ce volume.
Editions : nrf Gallimard - ISBN : 2 07 076691 8 - Broché 70 pages - Prix : 9 euros
Mon avis : Volodia
Ce livre n'a pas de qualité littéraire particulière, hormis qu'il n'avait pas vocation à être publié. Il s'agit d'une nouvelle érotique et autobiographique toute en élégance et en retenue" comme Gide sait le faire si naturellement. Son titre en est, s'il le fallait, la preuve : Le Ramier nom que Gide donne à son amant qui roucoule comme tel au moment de l'étreinte. Par ailleurs, ce qui pouvait passer pour une révélation sulfureuse pour l'époque, est pour la nôtre bien "sage".
Ceci dit, j'ai été beaucoup plus intéressé par la façon dont ont été découverts les feuillets narrant cette aventure, ainsi que par les relations Gide-Rouart. Les précautions d'usage, les codes de reconnaissance employés avant la revélation à l'un comme à l'autre de ce qu'ils sont et de ce et ceux qu'ils osent aimer...
Je note également, la complaisance des épouses, filles de l'époque qui n'avait aucune illusion sur les goûts de leur époux, de leur père et qui si elles en avaient savaient fermer les yeux avec complaisance.
Kannnibal - Erik Rémès
J'ai commencé par les animaux. Eventrer - étrper - dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cette continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsqu'arrive la puberté, vers l'âge de 12 ans, pervers, un nouvel élément vient s'insinuer dans mon fantasme et l'idée de manger mon prochan finit par s'ajouter tout naturellement à mon rituel.
Le 10 mars 2011, l'Allemagne découvre, effarée, le plus atroce fait divers depuis l'après-guerre. Ralf M., un homme de 41 ans a émasculé, égorgé, dépecé et dévoré un ingenieur berlinois de 43 ans, Karl-Einz B. avec son consentement, à la suite d'une annonce passée sur internet.
C'est à ce faits divers hors norme que s'est intéressé Erik Rémès, remontant dans le passé du cannibale élevé par une mère castratrice, enn proie aux risées des enfants de son âge. S'immergeant dans son personnage, il nous en montre tous les contours pour tenter de comprendre ce qui pousse un homme à dépasser les bornes de l'horreur. Grâce aux éléments de l'enquête et à divers témoignages, Erik Rémès a reconstitué le drame et les semaines les précédant.
D'une écriture précise et envoutante, Erik Rémès nous fait vivre ces instants de folie où victime comme bourreau communient avec l'horreur.
Editions : Editions Blanche - ISBN : 9 782846 281751 - Broché 205 pages - Prix : 17 euros.
Mon avis : Volodia
Je ne sais quoi penser et du livre et de son auteur. Ce livre est une monstruosité, de par les faits qui se sont déroulés et de la façon dont-ils sont relatés par Erik Rémès. Malgré que je ne sois pas parvenu à "entrer à l’intérieur" de l’histoire en me mettant dans la peau de l‘un ou de l‘autre des protagonistes, j’en ai ressenti les effets, malsains, dévastateurs. Je l’ai lu en 'spectateur" ce qui n’est déjà pas si mal ; Et nombre de fois le dégoût m’est venu aux lèvres au point d’avoir été dans l’obligation de faire des pauses, en fermant le livre, que j’ai réussi à fini par "épisodes".
Ce récit est, nous dit son auteur, un fait divers réel, largement interprété (là il s’est défoulé dans le nauséabond, dans tous les sens du terme) et la description de ce qui je suppose a été portée à la connaissance du public m’a remplit d’effroi. De même, j’ai du mal à saisir comment Erik Rémès a pu écrire un tel livre. Dans quel état d’esprit était-il, car il semble mettre une certaine complaisance à décrire et à faire des redites sur les perversités de Ralf,l’auteur des faits et les supplices endurés par sa victime, consentante peut être à mourir, mais certainement pas à être suppliciée d’une telle façon, faisant preuve parfois d’un humour noir plus que douteux dans les dialogues qu’il leur fait tenir ou qu’il leur impute. Et je ne parle pas des recettes de cuisine développées dans le livre à base des chairs et des abats du malheureux Karl-Heinz.
Ralf (l’auteur des faits comme l’auteur du livre Erik Rémès, insistent sur cette mise à mort désirée, voulue, et donnée par amour. Hum, alors si c’était le cas, comment interpréter ses phases de lucidité dans lesquelles il reconnaît et dit la "puanteur" de telle partie du corps de son amant, les mots orduriers qu’ils lui lancent à la figure alors qu’il est en train d’agoniser..
Erik Rémès relate les faits en se plaçant parfois en spectateur, puis en se mettant en scène dans la peau du supplicié, le faisant parler, en lui prêtant des propos sortis tout droit de son imagination. Puis, il se place dans la tête du bourreau et essaye de nous entraîner dans son univers de perversion et de folie meurtrière.
C’est sans doute ce qu’il voulait démontrer en nous relatant cette sordide histoire. C’est un livre choquant par la cruauté des faits, mais également par la délectation que prend l’auteur à vouloir nous faire pénétrer le sens d’une folie meurtrière et dans sa description. Son parcours intellectuel et professionnel y sont certainement pour quelque chose.
Journaliste d'expérieuce, Erik Rémès est titulaire de maîtrises de psychologie clinique et de philosophie. Il a longuement enquêté sur ce qu'il qualifie "d'histoire d'amour hallucinée et psychotique".
Abécédaire Malveillant - Tony Duvert
Ecrivain à la courte carrière. Tony Duvert marque les années 1970 par ses écrits polémiques, bousculant le politiquement correct, il évoque dans ses romans la sexualité enfantine et la pédophilie.Il se revendique lui-même comme homosexuel et pédophile. Ayant fait de la pédophilie un prosélythisme acharné, celle-ci constitue la composante de ses oeuvres. Ces livres ayant fait régulièrement l'objet d'une censure virulante, il figure en bonne place parmi les écrivains sulfureux.
Très virulent vis à vis de l'ordre moral qui ruine selon lui la créativité. Il publie cet abécadaire malveillant dans lequel il s'attaque à l'église, à la famille, à la condition féminine, aux philosophes. Il nous livre ainsi un recueil de petites opinions, de remarques, d'idées tout un catalogue de généralisations abusives. Bien sûr, tout ce qu'on peut dire de général est faux : mais excitant comme une médisance. Une revanche.
Le genre d'écrits que j'adore au même titre que les injures littéraires.
Ecrivains :
Fléau : les tantes pisseuses de livres. Serviles, frauduleuses, bien-pensantes, arrogantes, accablantes, funéraires. Une danse macabre où la pète-sec le dispute au tapet foireux.
L'inverti gribouilleur a la morosité verbeuse, les sincérités affectées d'une ménauposée tragique, telle une Phèdre onaniste aux longs ongles en deuil.
Ce lettré est unique : non seulement il n'écrit rien, mais il ne le fait pas éditer...
Ignorance :
Douter est atroce, savoir est affreux. La seule voie du repos : ignorer. Chacun s'y exerce avec rage.
Coquettes :
Certaines femmes aiment la compagnie des efféminés parce qu'elles oublient avec eux ce qui les abaisse devant un mâle : laideurs visibles, anatomie rafistolée, vulve difforme, cervelle d'épingle?. on baigne alors dans les futilités que partagent ces vilaines coquettes des deux sexes l cheveux, chiffons, potins, bouquins, parfums, parures.
Editions : Les Editions de Minuit - ISBN : 9 782707 313164 - Prix 8,50 euros
A propos de l'auteur :
Tony Duvert est un écrivain français né en 1945 et décédé en 2008. Ses premiers romans sont remarqués aussi bien pour leur style (paysage de fantaisie reçoit le Prix Médicis en 1973) que pour leurs thématique (pédophilie homosexuelle, critique de la famille, etc..) Il devient un écrivain d’une certaine renommée dans les année 1970.
Après 1980, l'audience de Tony Duvert diminue. Vivant en reclus dans Loir et Cher Il s’installe avec sa mère à la fin des années 1980, et publie un dernier essai en 1989 avant d'être presque totalement oublié. Après la mort de sa mère, il passe seul les douze dernières années de sa vie. Il a essentiellement été publié par les Editions de Minuit.
Nouvelle Maison d'Edition
Une fois n'est pas coutume, Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur une Maison D'éditions . En effet celle-ci à pris l'initiative peu courante et totalement désintéressée de publier à compte d'éditeur, des romans écrits par des auteurs homosexuels, malheureusement décédés et n'ayant pu être édités de leur vivant.
LES ÉDITIONS DU FRIGO publient, en partenariat avec BoD (Books on Demand), un prestataire de services d'auto-édition on-line,
des textes grinçants, frais, nécessaires, lumineux, d'auteurs calorifugés, vivants (emprisonnés, anonymes portant un nom de plume) ou décédés (les manuscrits étant confiés en leurs mémoires par les ayants droit - famille ou amis).
Tout sur www.editionsdufrigo.com
Un tel altruisme est si rare, surtout dans le milieu de l'édition, que je vous invite fortement à vous rendre sur le site de cette Maison d'Editions où vous aurez un aperçu des oeuvres proposées, ainsi que les explications et modalités pour les acquérir si vous êtes intéressés.
A noter que l'objectif n'est pas d'attirer la pitié sur ces auteurs, mais de susciter l'attention sur leur travail, et peut être, la reconnaissance sur la qualité et la valeur de leurs oeuvres. Les chemins empruntés ne sont pas les circuits habituels, et c'est tout l'intérêt de cette maison d'éditions que de nous faire connaître des auteurs qui ne bénéficient pas ou n'ont pas bénéficié d'une couverture médiatique.
A ce jour, nous ne pouvons encore parler des livres proposés puisque les tirages se font à la demande et peuvent varier de 3 jours à 2 semaines.
ChezVolodia
Erotikos - Plutarque
Dans ce Dialogue sur l'Amour, Plutarque examine sans pudibonderie les préférences qu'il s'agit d'établir entre amour et plaisir, compare les mérites et inconvénients de l'amour des garçons opposé à celui des femmes, s'interroge sur l'institution et la perennité du mariage.
Autant de questions que notre époque n'a pas résolues et, dont il n'est pas sûr qu'elle sache débattre avec la même finesse. Quant à la liberté du ton et du verbe, celle de Plutarque n'a pas grand-chose à envier à la nôtre.
Editions Arléa - ISBN : 9 782869 - poche 91 pages - Prix 7 euros.
Mon avis : Volodia
Que dire de ce fascicule, sinon qu'il est divin. Que je ne puis qu'approuver ce qui suit, je cite :
"... Il faut proscrire à tout prix les amours déliquescentes et casanières qui se prélassent sur les couches molles des femmes, se cachent dans les plis de leur robe, en quête, toujours, de plaisirs indignes d'un homme, sans amitié, sans enthousiasme.
Solon pensait la même chose. Aux esclaves , il avait proscrit la pédérastie, l'entrée des gymnases, mais il ne les empêchait nullement de s'unir aux femmes.
" Car l'amitié est noble, c'est un sentiment élevé, tandis que les plaisirs du corps, eux, ne sont que vulgaires et indignes d'un homme libre, et il n'est pas concevable qu'un esclave puisse aimer de jeunes garçons puisqu'il ne les recherche que pour le sexe, tout comme on recherche les femmes...".
Journal d'un travesti - Edi Oliveira
Un jeune Brésilien arrive en Europe, la vingtaine, hétéro et naïf. Il veut juste échapper à la misère de son pays, travailler pour aider sa famille. Entraîné dans la prostitution, il finit par trouver son indépendance dans le milieu et devenir un professionnel expérimenté.
Il nous dit tout sur les très nombreux clients rencontrés, les pratiques, les amours. Il donne réponse aux questions que l'on peut se poser sur un offre sexuelle très répandue, sans éluder les dangers d'agression et la perversité de certains adeptes, ni les plans sordides et les déceptions sentimentales. Tout ce qui a fait de lui une autre personne.
Un récit cru et tendre à la fois, qui touche par sa candeur, constrastant avec l'univers parfois brutal du désir. Une plongée au coeur de l'intimité humaine et du fantasme.
Mot de l'auteur :
"C'est une histoire vraie, sans enjolivures. C'est mon histoire de travesti et d'escort. Comment je le suis devenu, pourquoi je le suis resté, qu'elle vie j'ai menée, qui sont les clients et comment ils agissent. Ce livre est mon bilan après sept années dans le métier, pour que les gens sachent ce qu'il y a comme risues, comme hontes, mais aussi comme fiertés et comme plaisirs. Car ce témoignage n'est pas amer : j'ai vécu des choses difficiles mais j'ai aussi aimé cette vie. C'est peut être là qu'est la véritable provocation, pas dans les descriptions."
Editions : Favre - ISBN : 9 782828 912413 - Broché 125 pages - Prix : 15 euros
Mon avis : Volodia
(en préparation)











