Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

20 janvier 2021

Plus vivant que jamais ! - Jean-Luc Romero-Michel

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Quatrième de couverture :

Le 29 mai 2018, Jean-Luc Romero-Michel, alors en déplacement est alerté par un ami : son mari Christophe, a disparu. Attendu au matin sur un salon dans le cadre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité dont il est le secrétaire-général, il ne s'est pas présenté et ne répond pas au téléphone. Ce n'est que quelques heures plus tard que, convoqué au commissariat, Jean-Luc apprendra sa mort.

Passé la brutalité et le choc inouïs de la nouvelle, il lui sera révélé les circonstances de son décès, survenu lors d'un eprise mortelle de drogues de synthèse. Pour Jean-Luc, c'est la stupeur, mêlée à un chagrin et une douleur sans nom.

Comment accepter et survivre à l'inacceptable ?

Adressé à Christophe, cette lettre rédigée sous forme de journal est d'abord une histoire d'amour - un amours non conventionnel, qui s'impose peu à peu comme une évidenc. Un amour fait de voyages, de passions, de combats communs et d'un mariage le 27 septembre 2013. Mais c'est aussi une histoire de deuil, de douleur et de résilience : l'histoire d'un homme confronté à l'horreur et à l'indignité, qui pousse un cri d'alerte face au mutisme des pouvoirs publics sur l'explosion de ces drogues qui causent des ravages parmi les jeunes et dans le milieu de la nuit.

Editions : Michalon/Massot éditions - ISBN : 9 782841 869466 - Broché : 292 pages - Publication : Juin 2020 - Prix : 19 €

Mon avis : ChezVolodia

Tout d’abord, je dois avouer avoir lu ce livre par curiosité, une curiosité malsaine de voyeur. Je ne connais pas personnellement Mr Jean-Luc Romero, sinon au travers de son combat pour le droit de mourir dans la dignité et dans sa lutte contre le sida. Je dirais même plus, honte à moi, d’en avoir entendu parler seulement depuis quelques années - alors qu’il est adjoint au maire du XIIème arrdt de Paris - et  m’y suis intéressé pour les raisons ci-dessus évoquées.

Ce livre est à la fois un journal intime, une lettre d’amour et un hommage à son défunt mari. J’ai eu quelques difficultés à y « entrer », justement, en raison de l’intimité de ces confidences, mais également en cause, une suite d’énumérations de réunions, de déplacements professionnels, de résidences hôtelières dans des pays dits paradisiaques dont j’ai eu du mal à comprendre l’utilité dans le récit. Mais en y réfléchissant, il s’avère qu’ils ont toutes les raisons d’y figurer, Christophe son époux étant lui-même un fervent militant, très actif dans les partis représentés par Mr Romero. Et puis, c’est bien cette activité de militant qui les a rapproché. Donc même si j’ai trouvé un peu fastidieux, et lu en diagonale cette suite d’énumérations je les ai comprises.

Mr Roméro est un homme gentil, profondément gentil, au point qu’il en dégouline de gentillesse par tous les pores de la peau et au fil de sa plume. Il est incapable, à moins qu’on ne lui montre preuve à l’appui (actes et lettres homophobes) la noirceur d’âme de certains. Son amour pour son époux a été et est toujours inconditionnel quels que soient les évènements qui aurait plus lui faire douter de la réciprocité.

En effet, après les circonstances sordides de son décès, on aurait pu croire qu’après la sidération, l’anéantissement, surviennent la colère et la rancœur pour un amour, pour une partie de jambes en l’air. Mais non, malgré ce coup du sort terrible, aucun reproche, juste l’incompréhension et ça « chapeau », j’admire !

Un reproche peut être, il aura fallu ce malheur touchant au plus profond de l’être pour qu’un homme politique ose parler en public de ces morts anonymes du Chemsex. Car si depuis un certain temps maintenant de grandes voix de la communauté gay, et de certains addictologues s’élèvent contre cette pratique du sexe sous drogues, on a l’impression qu’elles prêchent dans le désert. Jean-Luc Romero, nous explique en quelques pages seulement les dangers de ces drogues de synthèse tout en nous expliquant les difficultés à les faire disparaître, ce qui est bien, mais j’aurais préféré qu’il envisage une action plus « poussée » plus ouverte, plus politique pour lutter contre ce fléau qui décime pour la plupart du temps toute une jeunesse.

Le deuil peut se faire en retournant dans les endroits que l’on a parcouru à deux, en se remémorant les jours heureux, mais il peut également accroître le sentiment de solitude, chacun le fait de la façon dont il le ressent. Jean-Luc Romero a choisi d’atténuer sa douleur en gardant son époux à l’esprit et en le faisant revivre dans celui des autres.

J’ai trouvé que ce livre était un très bel hommage malgré des pages que pour ma part j’ai trouvé un peu ennuyeuses à lire (réunions, déplacements, etc…) hum oui, je ne suis pas militant donc...

 

Mon ressenti : Indiangay

Comme mon compagnon, ce qui m’a fait lire ce livre est qu’il a été écrit par un homme politique. Mais pas n’importe lequel, un qui ose dévoiler son homosexualité, sa séroposivité, sa prise de position et son militantisme pour une cause encore tabou en France,le mourir dans la dignité - en rejetant tout acharnement thérapeutique et en choisissant le moment de quand « partir » -, son amour pour un jeune homme de plus de la moitié de son âge et qui en plus à l’impertinence d’épouser. Cet homme peu banal a de quoi intéresser.

Je suis d’accord avec mon compagnon lorsqu’il dit que Jean-Luc Romero-Michel est gentil, c’est vrai et ça se vérifie tout au long de son livre, aucun mot de haine envers ceux qui se permettent des réflexions déplacées, aucune aigreur et/ou rancœur envers son compagnon qui le laisse dans l’incompréhension et le désarroi le plus total. Au contraire, il fait de son amour un autel ou il peut se recueillir à loisir, il continue seul, tout en étant deux, à se rendre dans les pays ou ils ont été heureux accomplissant ainsi un pèlerinage qui se veut tout sauf morbide.

Je ne parlerai pas de son militantisme qui était sans aucun doute sans faille et qui leurs ont occasionné de nombreux déplacements à travers toute la France pour ne pas dire le monde, mais que je ne connaissais que par oui dire, n’étant militant pour aucune cause hormis la cause tamile.

Ce qui m’a par contre gêné ce sont ces confessions intimes sur son couple. En Inde et dans notre famille, il est malséant de montrer ses émotions et d’autant plus se répandre au dehors. Mais il semble qu’en Occident cela ne choque personne donc je suppose qu’il s’agit de cette fameuse différence culturelle.

D’autre part, bien que marié il s’accordait l’un et l’autre une vie intime en dehors du mariage et là, ça coince réellement. Pourquoi se marier si chacun fait sa vie de son côté ou accepte que le conjoint fasse ainsi ??? Quant à cette tragédie due à du sexe sous drogues, il m’est impossible de comprendre que l’on puisse se droguer pour honorer son partenaire ou devrais je dire ses partenaires. Cette course du plaisir, de l’endurance et de la performance ne rime à rien sinon à s’enfoncer dans le glauque, le sordide.

Mais bon ce je n’ai pas à juger, simplement à  constater que malgré ce coup du sort qui l’a laissé anéanti, Jean-Luc Romero a su relever la tête en dévoilant l’innommable et ça pour un homme politique c'est fort courageux, surtout lorsque l’on sait les critiques et autres que ce choix de vie induit.

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14 janvier 2021

Un dîner à Montréal - Philippe Besson

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Quatrième de couverture :

Ils se sont aimés, à l'âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication.

Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Que sont-ils devenus ? Qu'ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd'hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?

Le temps d'un dîner de retrouvailles - à quatre - chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l'espérance et les fantômes du désir.

A leurs risques et périls.

 

Editions : Julliard - ISBN : 9 782260 053170 - Broché : 191 pages - Publication : Juillet 2019 - Prix : 19 €

 

Mon avis : ChezVolodia 

Philippe Besson a élevé en art, sa faculté de décrypter les pensées, les émotions et les sentiments de ses semblables, de même qu'un autre auteur qui m'est cher : René de Ceccatty, et ces auteurs sont suffisamment rares pour que je me permette de les nommer.

Dans ce huit clos étouffant par les non-dits, les questions qui étaient restées sans réponse, les ressentiments plus ou moins exprimés et/ou actés, les interrogations voilées ou non sont d'un silence assourdissant pour finir murmurés dans d'éventuels regrets réprimés par la raison.

L'incompréhension à peine voilée pour la jeunesse du nouveau venu  - considéré par Paul un peu comme un intrus, dans l'évocation d'un passé ou il n'a pas sa place - envers un quadragénaire qui n'est plus coté sur le marché de la gaypédétude. Serait-il attiré par la réussite de l'auteur, sa renommée, son aisance matérielle ? Mais ce dernier n'est guère dupe, il connait les humiliations que peuvent engendrer sa situation et est préparé à y faire face. L'inquiétude exprimée quant à l'hécatombe due à l'épidémie de sida en 1990 et dont le visage de leur ami se juxtaposait en raison de sa sexualité.

L'humiliation de l'épouse bafouée, sa revanche et la peur d'un éventuel retour de situation envers un ancien amant qu'elle ne peut combattre à armes égales, même si son mari a fini par la choisir, elle ! Quant à cet époux, versatile dans ses choix mais ne voulant pas céder à sa véritable nature, il a choisi la raison plutôt que l'amour n'ayant pas le goût ou le courage d'assumer une vie sans une reconnaissance morale de la société et, sans descendance.

Il aura la franchise d'avouer que s'il s'agissait pour lui d'une manipulation, au début de leur relation, il a fini par succomber à l'amour vrai et rassurera son ancien amant en lui faisant comprendre qu'il n'a jamais joué le rôle de la "maitresse", mais celui d'un "ami". 

J'ai beaucoup aimé ce livre qui explore "l'âme" humaine. 

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31 décembre 2020

Love Me Tender - Constance Debré

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Quatrième de couverture :

Je ne vois pas pourquoi l'amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s'aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'en foutre, une fois pour toutes, de l'amou"

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l'identité se pose la question de l'autre et de l'amour sous toutes ses formes, de l'amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu'à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

 

Editions : Flammarion : ISBN : 9 782081 471733 - Broché : 188 pages  -  Parution - Janvier 2020 - Prix : 18 €

 

Mon avis : ChezVolodia

Hum, rien à faire, j'ai toujours des difficultés avec l'écriture de cette auteure. Non seulement par son style, mais par le langage employé qui je subodore n'est pas le sien habituellement. Les phrases sont courtes, directes dans leur expression, limitées en vocabulaire. la plupart du temps. Il semble que ce soit une marque de fabrique. Quelques expressions en anglais, par imitation de Didier Lestrade, grossières par mimétisme avec Dustan ? bref pas ma tasse de thé.

Dans ce livre que je trouve un peu meilleur quoi que tout juste avec le précédent (Play Boy), Constance Debré revient sur son choix de changer de vie, ce qui pour elle implique de tout plaquer : carrière, époux, aisance matérielle afin de coller à la réalité du personnage qu'elle se veut donner : une lesbienne jouant sur le terrain des hommes, avec une mentalité de pseudos gays (oui enfin ce qu'elle croit) libérés tant sexuellement qu'émotionnellement. Une "gouinasse" tatouée, à la mode des faux mecs, squattant à droite à gauche aux hasards des disponibilités d'amies ou d'amantes, se vautrant dans le lit de femmes qu'elle méprise et utilise selon ses envies et son bon vouloir. Nous abreuvant de ses conquêtes et de séances de "baise" (dénominatif dont elle use et abuse) sans vergogne.

Bien que son amour de mère pour son fils Paul soit indéniable, elle l'a en partie perdu pendant deux ans, puis définitivement par la violence de ses choix. Quant à son époux, bien qu'il soit particulièrement difficile et délicat d'essayer de comprendre ce qui se passe dans un couple, nous n'avons que sa version des faits et les mesures de rétortions employées pour se venger d'une épouse qui l'a abandonnée tout en revendiquant une identité et une liberté sexuelle que peu d'hommes seraient enclins à supporter à défaut d'accepter, sont non seulement cruelles et mesquines.

Je confirme donc par ce dernier livre lu, que je n'apprécie pas cette auteure, que ce soit dans ce qu'elle revendique et dans sa manière de l'exprimer.

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12 novembre 2020

Coming-out en deux mouvements - Cordelia

 

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Mot de l'auteure sur l'histoire du livre :

Au programme : patinage artistique, coming-out dans le sport et relation amoureuse.

Galahad pratique le patinage artistique à haut niveau. Son petit-ami Min-Jae l’accompagne parfois dans ses déplacements, mais il lui interdit de montrer publiquement leur relation. Min-Jae souhaiterait que Galahad fasse son coming-out. Malheureusement être un sportif bisexuel, en couple avec un homme, n’est pas toujours bien vu.

Cette histoire se déroule dans le même univers que Tant Qu’il Le Faudra, mais reste indépendante (et il n’est pas nécessaire de lire Tant Qu’il Le Faudra pour comprendre). 

Livre broché - ISBN : 978 2 377709 001 3 - 90 pages, épuisés pas de réimpression prévue à ce jour. Possibilité de téléchargement sur le site de Cordelia, dont lien ci-après : http://mademoisellecordelia.fr/coming-out-en-2-mouvements/

Mon avis : Volodia

Cette histoire se situe à la fin du livre Tant qu'Il le Faudra, mais comme le dit l'auteure peut être lue indépendamment d'autant qu'elle revient en flash back sur le passé des deux héros.

"Avec un verre de vin rouge" qui est le prélude de "Tant qu'Il le Faudra", nous suivons Galahad et Min-jae dans la constitution de leur vie de couple. 

Galahad Etudiant à Centrale, et parallèlement patineur artistique professionnel, est toujours dans le "placard". Son compagnon Min-jae est étudiant lui aussi dans le même établissement. Il milite activement au sein d'une association lgbt et à de plus en plus de difficultés à rester dans l'ombre, à  être celui dont on ne peut se passer, mais qu'il ne faut surtout pas montrer. Il trouve le temps long et se demande ce que sera son avenir si Galahad ne se décide pas à dire et/ou montrer ce qu'il est réellement.

Sept ans qu'ils sont ensemble, Leur amitié remonte à leur rencontre au lycée Henri IV, en classe préparatoire, puis suite à un malentendu s'en est suivi une rupture  douloureuse de deux ans. Il se sont retrouvés à l'Ecole Centrale alors que rien ne les y préparait. Galahad a fait les premier pas envers Min-Jae et le couple s'est rapproché. Au début pour les devoirs, pour le sexe et l'amour ensuite. 

Min-Jae accompagne de temps à autre Galahad lors de ses tournées à l'étranger, et c'est au cours d'une compétition internationale au Canada, que se pose pour Galahad d'affirmer aux yeux de tous son amour pour Min-jae et de faire son coming out avec tout ce que cela implique tant psychologiquement que financièrement. Tout d'abord par rapport à sa famille, de grands bourgeois, avec des principes et des idées arrêtées, et avec qui  il entretien des rapports  compliqués depuis un certain nombre d'années. puis face aux journalistes, aux sponsors, au monde enfin. Oser dire ce qu'il est et qui il aime.

J'ai préféré ce livre à la nouvelle. Les atermoiements de l'un et de l'autre quant à assumer un amour qui une fois dévoilé changera leur vie de manière significative très réaliste. Le vocabulaire utilisé dans ce livre s'est amélioré, bien que parfois certains propos soient un peu mièvres. Mais, la mièvrerie n'est-elle pas le propre de la romance ? On sent également que l'auteure est sensible à la cause lgbt.

Mon ressenti : Indiangay

J'ai trouvé ce livre plaisant à lire. Les personnages sont attachants.

Cordelia contrairement à sa nouvelle "Avec un verre de vin rouge", fait parler ses deux héros et nous fait partager leurs doutes et sentiments de frustrations qui sont légitimes tant pour l'un que pour l'autre.  Le coming out réalisé non par des mots mais par une demande en mariage après une victoire et en pleine lumière fait un peu cliché et déjà vu, mais bon on lui pardonne volontiers. Idem quant à certains diagogues un peu niais qu'ont le couple entre eux. Mais tous les petits mots qui font un couple font rire ceux qui y sont étrangers sauf les principaux intéressés.

Petite réserve quand elle définit, par l'intermédiaire de Min-Jae,  les parents de Galahad, comme bourgeois, blancs, riches, homophobes, etc... Là je ne suis pas forcément d'accord avec elle. Bien sûr qu'il existe des gens ayant cette mentatlité étriquée. Mais le problème avec le militantisme lgbt c'est que : tu es avec moi ou contre moi et ça c'est de l'intolérance. Chacun a le droit d'avoir des réserves sur telle ou telle chose, même si elles vont à l'encontre de ce que l'on prône..Le respect des réticences, des opinions de l'autre c'est important aussi...

 

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11 novembre 2020

Avec un verre de rouge - Cordelia

Avec un verre de rouge

Cette nouvelle est un prélude au livre "Tant qu'il le faudra" écrit par la même auteure, toutefois, celle-ci nous précise qu'elle peut être lue sans avoir nécessairement lu ledit livre et serait totalement indépendante .Donc, inutile de se justifier, il s'agit simplement de nous raconter une "histoire de cul" entre mecs, hum, bien bien bien....

L'auteure prend quand même soin de nous restituer le contexte : L'un des protagoniste Min-jae a intégré Homag, association  parisienne d'un journal LGBT, en début d'année scolaire (non définie dans le temps). Il y fait la connaissance de David bénévole et membre du conseil d'administration de l'association. Ils se "tournent autour " depuis plusieur mois. Parallement Min-jae entretien une relation régulière et sexuelle avec Galahad son ex. L'histoire commence après que David ait accepté un plan à trois avec Min-Jae et son amant.

L'auteure nous rappelle que cette nouvelle érotique est interdite au moins de 18 ans et qu'elle appelle un chat un chat et donc une bite une bite....  Hum, je lui laisse le choix des termes...

Ceci dit, nous entrons dans le vif du sujet, la fameuse nouvelle, qui démarre par David, qui se retrouve en bas de l'immeuble de Min-jae et Galahad et qui ne sait sur quel pied danser. Très emballé par cette histoire de plan cul à 3, il a accepté, mais, à présent son assurance s'étiole et se pose la question : ira, ira pas. Pour finir, il se décide à sonner et se retrouve dans un appartement luxueux  ce qui ne laisse pas de l'étonner vu l'âge de ses habitants.

La mise à l'aise et en condition se fait par l'intermédiaire d'un verrre de vin rouge puis l'énoncé des pratiques sexuelles acceptables par les hôtes et ce qui doit l'être par David au niveau de la protection santé. David ayant  acquiescé à tout, le jeu peu commencer. Et là, on peut raisonnablement dire que Cordélia s'est lâchée dans les clichés de l'amour gay, les fantasmes des trois protagonistes ou les siens ? cela va du plug au savonnement sous la douche, en passant par le léchage de cul et du reste..."la baise à quatre pattes", pour finir par des orgasmes qui se veulent démentiels. A noter que dans cette nouvelle, l'auteure se concentre surtout sur les émotions et le ressenti de David envers ce qui se passe autour de lui, sur Min-jae qu'il désire éperduement et qui se dérobe par jeu, pour se faire désirer au sens littéral du terme. Bref, ce n'est plus de l'érotisme mais de la pornographie, même sans les images (quoi que certains/nes) peuvent les reconstituer dans leur tête. 

A mon sens, L'érotisme par un texte, joue le symbolismes des situations et vise en premier l'excitation sexuelle, La pornographie quant à elle vise une jouissance sexuelle, par une exposition au premier degré de la sexualité c'est pourquoi je me sens en droit de qualifié cette nouvelle de pornographique...Après chacun prend son plaisir ou il le trouve et le qualifie selon son bon vouloir. 

J'ai trouvé cette nouvelle ni bonne ni mauvaise, ce n'est juste pas ma tasse de thé. Tout n'est pas à jeter, il y a des messages intéressants et importants sur le consentement mutuel des partenaires avant chaque acte, sur la protection nécessaire afin d'éviter de mettre sa santé en danger, mais également un autre plus gênant mais réel, qui est celui du  : après tout je n'ai pas de protection adéquate pour cette partie de mon corps mais tant pis, j'ai tellement envie qu'il me fasse telle ou telle chose, mon plaisir passe avant...ce qui malheuseusement peut arriver dans le feu de l'action. 

Pour ma part, ce qui m'a réellement gêné dans cette nouvelle, ce n'est pas la pornographie du récit, ni que cela se passe entre trois hommes, mais les mots employés. D'accord on peut appeler un chat un chat, mais ce n'est pas une raison pour banaliser et ou se vautrer dans la vulgarité la plus sordide. Ce nouveau langage est à la mode, mais le récit y aurait gagné si les mots utilisés avaient été moins crus, plus choisis. Autre point d'achoppement : que cette nouvelle ait été écrite par une femme. Bien évidemment des femmes ont déjà écrit des nouvelles/romans érotiques mais il s'agit surtout d'histoires entre hommes et femmes, ou bien de raconter une histoire personnelle (telle Christine Angot). Qu'une femme se lance dans la description de scènes amoureuses homosexuelles c'est plutôt rare (enfin je crois) surtout de cette manière. Il est vrai que les femmes ont toujours été intriguées, voire friandes de connaître ce qui se passe dans le lit des gays ceci expliquant cela ? Je me demande ce qui nourrit leur imagination, entre les films pornos, fantasmes, lecture de livres porno écrits par des gays pour des gays ? Cette nouvelle s'adresse plus à un public de jeunes adultes qu'à des adultes eux-mêmes.

Toujours est il que si vous souhaitez vous procurer cette nouvelle pour vous faire votre propre avis, sachez qu'il n'est pas en vente en librairie. Vous pouvez le télécharger sur le site de Cordélia dont je vous mets le lien ci-dessous au prix minimum de 1 euro, après vous pouvez donner plus évidemment.

http://mademoisellecordelia.fr/mes-publications/

 

Mon ressenti : Indiangay

Suite à l'avis de ChezVolodia et après avoir lu cette nouvelle, je le rejoins sur beaucoup de points. Cette nouvelle est destinée aux très jeunes adultes et non aux adolescents, en raison des scènes de sexe crûment décrites.

Le vocabulaire utilisé est celui que l'on peu entendre dans la rue, lire dans des magazines très "bof" et réduit cette relation sexuelle à ce qu'elle est réellement, une histoire de culs dans laquelle, malgré ce que l'auteure veut faire passer, les émotions autres que le plaisir physique non pas leur place. J'ai bien entendu l'importance de la demande de consentement des partenaires avant chaque acte, idem quant à la réduction des risques par une protection appropriée. Mais cette nouvelle renvoie également au fait que  seuls les gays peuvent "baiser" sans pudeur et sans amour, uniquement pour le cul et ce sous entendu me gêne énormément. D'un autre côté, c'est le but d'un plan cul qu'il soit à deux ou à trois !

J'ai été par ailleurs assez "choqué" qu'une femme puisse écrire ce genre de texte. Je l'ai ressenti comme un viol émotionnel dans la mesure ou elle décrit des scènes qui ne regarde que l'intimité d'hommes. Les femmes n'y ont pas leur place que ce soit en tant qu'auteure, voyeur, sympathisante ou participante. 

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08 octobre 2020

Qui sont ces femmes hétérosexuelles qui écrivent de la FanFiction de romance gay ?

 

OIP

Depuis quelques années maintenant ont émergé, en premier lieu sur la toile, des histoires d’amour écrites par des femmes ce qui en soit n'a rien de nouveau. Ce qui l’est par contre, c’est que ces histoires sont des romances gays imaginées par des femmes hétérosexuelles où les descriptions érotiques sont légion et assez "poussées".

Qu’elle n’a été ma surprise ! Mon interrogation sur ce qui pousse ces femmes à écrire de telles histoires ?  Les gays et surtout leur sexualité, ce n’est pas un secret, ont toujours intrigué, voire fasciné  les hétéros (hommes et/ou femmes) mais est ce suffisant pour vouloir écrire sur le sujet ? Qu’est-ce qui les motive. Un désir de s’évader d’un quotidien un peu banal ? Vouloir s’affranchir de certains interdits ? Pimenter  leur propre sexualité ?  Car bien évidemment on ne se lance pas comme ça dans ce genre de littérature.  D’accord, ce n’est pas du Baudelaire, mais plutôt du style Arlequin.  C’est distrayant, ça se lit sans prise de tête et permet de voyager dans un monde imaginaire par rapport à leur propre vie, mais touchant quant même à une certaine réalité. Ces romans sont écrits en sagas, en feuilletons, dévorés aux kilomètres et rencontrent beaucoup de succès  auprès d’un public majoritairement féminin avec une moyenne d’âge comprise entre 17/18 et 30 ans. Dans ces romances, on retrouve certains des stéréotypes collant à la gent féminine et appliqués à la gent masculine, tels un dominant et un dominé, forme de soumission du plus fragile, plus sensible,  plus délicat tant niveau physique qu’émotionnel envers celui qui est le plus entreprenant, le plus sûr de lui, le plus fort physiquement et de caractère.

Les auteures sont des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales. Au départ, elles mettaient en ligne leurs romances (écrites sur Wattpad) pour des amateurs du genre,  puis des maisons d’édition s’y sont intéressées et se sont même spécialisées dans ce genre de catégories :  FanFiction, romances FM, romances MM et/ou FF.  Certaines de ces auteures prolifiques sont  connues et suivies par des dizaines fans (sinon plus) qui attendent  avec impatience les nouvelles sorties.

Leurs livres sont semblent-ils assez bien construits et les histoires souvent crédibles..  Les jaquettes de présentation sont attrayantes avec des photos ou des dessins équivoques,  un peu mièvres, mais  jolis et ça « fait mouche ».  Qu’est ce qui nourrit leur imagination ? Pendant un temps, j’ai pensé que les Hentaï en étaient la cause, mais je ne vois guère une femme regarder ce genre de dessin animé. A moins que ce soit les Yaoï, dans le même genre que les Hentaï mais version papier, donc plus visualisables ?

Pourquoi n’écrivent-elles pas des histoires d’amour de femme entre femme, ou plus conventionnelles de femme avec homme ? Cela ne laisse pas de m’intriguer. Est-ce un moyen pour elles  de  s’extirper de leur propre genre et de leur sexualité pour s’en approprier une plus conforme à leur attente et/ou désirée et/ou fantasmée ? ou peut être certaines se sentent-elles concernées par les discriminations que rencontrent la communauté LGBT, à moins qu’elles aient dans leur propre famille une personne ayant cette sensibilité et dont elles sont proches ? où tout simplement, il y avait un nouveau créneau à exploiter et pourquoi ne pas s’y engouffrer ?

Il y existe bien sûr des hommes et des femmes qui  écrivent de l’homo-romance, mais ils sont gays et/ou lesbiennes et il est tout à fait logique qu’ils ou elles écrivent des émotions, des sensations partagées pour leur communauté respectives à même d’apprécier leurs ressentis. Mais les femmes hétéros ?

Je reste avec mes questions. Si une auteure d’homo-romance lit cet article, j’aimerai bien qu’elle m’explique, ce qui la motive. Je suis curieux et c’est en toute bienveillance que je lirai ces commentaires.

Il semble que mon voeu ait été exaucé. Christ Verhoest auteure d'homoromance a bien voulu me donner des précisions sur ses motivation.

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Tout d'abord qui est Christ Verohest. Une jeune femme, mariée mère de 2 enfants. Titulaire d'une licence de lettres modernes et d'un CAPES qui lui a permis d'exercer en qualité de Professeur de Français, avant de se consacréer à la littérature, et qui l'a certainement beaucoup aidé dans sa nouvelle carrière d'écrivain,    Elle a à son actif une cinquantaine  de livres sur une période de 10 ans, ce qui est conséquent et ses livres sont toujours attendus avec impatience et enthousiasme par une communauté de lecteurs toujours plus nombreuse. Pour plus de facilité je vous mets le lien Amazon et de la llibrairie "Les mots à la Bouche" ou vous pourrez retrouver tous ses titres qu'ils soient en livres papier ou ebook :

https://www.amazon.fr/kindle-dbs/entity/author/B004N474L2?_encoding=UTF8&node=301061&offset=0&pageSize=1

https://motsbouche.com/recherche?controller=search&s=christ+verhoest

Les motivations de cette auteure à écrire de l'homoromance sont multiples et complexes, car bien que mariée elle ne se définit pas comme hétérosexuelle. Mais laissons la parler avec  ses mots :

"J'ai toujours senti que j'étais différente. Je ne pensais pas comme mes camarades, j'étais désolée quand on m'habillait en fille, mais aussi quand on m'habillait en garçon avec des vêtements trop moches, et avec des cheveux courts.

La relation Alix Enak dans la DB éponyme m'a troublée très jeune... Ma nature me porte vers les hommes, les femmes. Vers les personnes trans. Je suis mariée avec un homme suite à un coup de foudre, mais j'ai eu avant deux petites amies à l'université.

En 2014 on m'a diagnostiqué une dysphorie de genre. J'ai des côtés masculins, d'autres féminins, et j'aurais vraiment aimé naître homme... Tous en ayant goût pour des choses féminines. Si je devais me donner une étiquette je dirais pansexuelle gender fluide. Trans est un mot qui me gêne pour me qualifier, car j'ai des jours ultramasculins et d'autres ultraféminins.

Alors pourquoi écrire des romans gays ?

Parce que je me reconnais dans la façon de penser d'un homme. Parce qu'il y a une égalité qu'on n'a pas dans un couple hétéro. Ne nous voilons pas la face. Je me fais insulter et bousculer dans les magasin. Pas mon mari. Les femmes sont frappées, moins payées... Il y a beaucoup de sexisme en France et l'homme hétéro a tendance à s'ériger comme supérieur, protecteur, dirigiste, même en croyant bien faire. J'ai vécu cela chez moi, bien que venant d'une famille bourgeoise.

Enfin je trouve qu'il y a plus de messages dans une romance gay qu'hétéro, pleins de sujets. Le VIH pourtant indétectable mais toujours sujets à préjugés. Le fait qu'un surfeur doit être blond séducteur de fille. 

En fait la l'homoromance permet à Christ de faire passer des messages sur les différentes formes d'intolérance que l'on peut rencontrer dans la vie courante et exprimer ainsi son ressenti face à ces injustices. Ses romans les plus représentatifs de la communauté LGBT sont :

Tu a brûlé mon coeur, avec un personnage gender fluid

. Le choix que je n'ai pas eu, avec atavisme et homophobie familiale, et aussi des flash backs sur la guerre du Vietnam pour montrer ce que pouvait faire un soldat en aimant un autre...

Wish, sur le rejet lié au VIH,

Les étoiles brillent si tu leur demandes, avec un surfeur gay et paraplégique,

Attrape la bonne vague, dont l'histoire se passe en France, dans un endroit ou je vais en vacances depuis 20ans.

Toutefois, l'homoromance n'est pas qu'une question d'écriture, elle met en relation d'autres intervenants : relecteur pour corriger les coquilles et assurer une mise en page professionnelle, graphiste qui retravaille les photos (que Christ réalise elle  même) pour la couverture de ses livres, Editeurs et Service de Presse donc toute une catégorie de professionnels pour en assurer la diffusion au même titre que de la littérature classique.

Vous l'aurez compris, Christ est une auteure engagée qui n'hésite pas à exprimer ses idées et ses émotions au travers de ses livres. Pour information, elle fait partie des auteurs (es) cités (es) avec une partie de leurs oeuvres dans le livre de Thierry Goguel d'Allondans et Michaël Choffat : Une bibliothèque gay idéale (Page 960 - 2430 à 2430-3).

Je remercie Beaucoup Christ d'avoir répondu à mes interrogations. Car je l'ai constaté en diverses occasion, il est très difficile d'amener les gens à se dévoiler, surtout sur des sujets sensibles comme la romance qu'elle soit gay ou non et autres..., si on ne fait pas partie d'une cause militante, si on n'est pas reconnu soi-même comme écrivain, si on n'a pas "pignon sur rue" et ou sans contre-partie. C'est pourquoi j'apprécie particulièrement la simplicité et la gentillesse de cette uteure.

 

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21 août 2020

Une bibliothèque gay idéale - Thierry Goguel d'Allondans et Michaêl Choffat

Une bibliothèque gay idéale

Quatrième de couverture :

Pour tous publics, plusieurs amoureux des belles lettres ont, en près de deux années de 2017 à 2019, construit ce Dictionnaire critique et quasi exhaustif de la littérature gay disponible en langue française, titré : une bibliothèque gay idéale. Ce titre - clin d'oeil à la Bibliothèque Idéale présentée par Bernard Pivot - indique déjà un objectif : permettre à chaque lectrice ou chaque lecteur de se constituer, à partir de ses goûts personnels et de sa sensibilité, non pas "la" mais bien plutôt "une" bibliothèque gay idéale, la sienne.

La littérature gay englobe, ici, tout écrit évoquant, de manière non secondaire ou non anecdotique, les amours masculines, quels que soient l'âge ou l'origine socioculturelle des protagonistes, quelles qu'en soient les formes ou les manifestations (imaginaires, sublimées, philosophiques, politiques, romantiques, poêtiques, érotiques, pornographiques, etc...).

Il s'agit bien, en premier lieu, d'un dictionnaire avec, loi du genre oblige, un classement par ordre alphabétique des 2564 auteurs recensés, des débuts de l'écriture à nos jours. Tous ont fait l'objet, à minima, d'une note biographique succincte et de résumés indicatifs de leurs ouvrages. Mais près de 260 ont eu droit à une biographie plus détaillée, voire commentée, et/ou des recensions critiques d'un ou plusieurs de leurs ouvrages.

Genre par genre, non seulement les auteurs incontournables, les plus lus, les plus remarqués, les plus cités, sont, ici, présents et présentés, mais de nombreux auteurs plus méconnus, moins médiatiques, moins visibles sur les étals des libraires, se trouvent sortis de l'oubli. Le spectre très élargi de ce travail dessine donc un paysage assez complet de la littérature à thématique gay de 2 000 ans avant Jésus-Christ (avec le ou les poètes anonymes relatant les amours de Gilgamesh et Enkidu) à notre XXIème siècle débutant et déjà prolifique en littérature gay.

Editions : L'Harmattan - ISBN : 978 2 343 20050 7 - Broché : 1043 pages - Prix : 39 €

A propos des Auteurs :

Thierry Goguel d'Allondans : éducateur spécialisé et anthropologue. Il est chargé de recherche et responsable de formations à l'Ecole supérieure européenne de l'intervention sociale (ESEIS, Strasbourg) et professeur associé à l'Institue national supérieur du professorat et d l'éducation (INSPE, Université de Strasbourg). Docteur en sciences sociales, il est également chercheur associé au laboratoire Dynamiques européennes (UMR 7367, CNRS, UDS) et a été, de 2007 à 2017, rédacteur en chef de la revue Cultures et Sociétés, Sciences de l'Homme.

Michaël Choffat : Technicien en gestion administrative à l'Université de Strasbourg et étudiant en psychologie. Il est un ancien administrateur de la Station (Centre LGBTI de Strasbourg)

Mon avis : ChezVolodia

Je trouve très bonne cette idée de constituer un dictionnaire de littérature gay. En effet, jusqu'ici nous n'avions la possibilité de constituer notre bibliothèque qu'en fonction des oeuvres que nous connaissions ou dont nous avions entendu parler. En premier lieu, les classiques de l'antiquité, puis ceux du XVIIIIème siècles pour finir par les contemporains et ce, au petit bonheur la chance puisqu'il n'existait pas de listes exhaustives de ces écrivains et/ou auteurs. 

Ce qui est également intéressant c'est que les auteurs de ce livre ne se sont pas contentés de recenser les écrivains et/ou auteurs spécifiquement gays, ils y ont aussi intégrés ceux et celles qui ne le sont pas, mais ont écrit de manière suivie sur le thème de l'homosexualité (féminine ou masculine) dans n'importe quelles catégories : poésie, romance, policier, philosophie, biographie, fantaisie, etc....

Toutefois, en compulsant ledit livre, je constate que des écrivains et non des moindres manquent à l'appel, tels :

. Natalie Clifford Barney (américaine) - femme de lettres et poêtesse du XVIIIIème siècle,

. Djuna Barnes (américaine) - Romancière du XVIIIIème siècle

. François Xavier David Fourrage  (Français) - Romancier contemporain, auteur d'une dizaine de livres.

Peut être constaterai-je d'autres absents au fur et à mesure de ma lecture, mais je dois avouer que l'oubli de ces écrivains et auteurs de talent, alors qu'un Jérémy Gisclon est cité me laisse perplexe et surtout pantois, mais bon, j'espère qu'un additif ou une mise à jour se fera dans les années à venir !

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29 juin 2020

Boy Erased - Garrard Conley

boy erased

Quatrième de couverture :

Arkansas 2004, Garrard a dix neuf ans lorsque ses parents apprennent son homosexualité. Pour ces baptistes conservateurs, la chose est inconcevable : leur fils doit être "guéri". Garrard  est alors conduit dans un centre de conversion, où tout est mis en oeuvre  pour le forcer à changer. Où la bible fait loi. Où Harry Potter est un livre pernicieux, où écouter Beethoven est interdit. Où on lui inflige une véritable torture mentale pour corriger sa prétendue déviance. Mais comment cesser d'être soi-même ?

Boy Erased est une immersion glaçante dans l'intégrisme religieux, le portrait d'un jeune gay en plein doute, mais aussi un message d'espoir et d'affirmation de soi.

 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 9 782290 206416 - Poche : 411 pages - Prix : 8,50 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Danc ce live autobiographique, Garrad Conley revient sur une période de sa vie d'adolescent et/ou de jeune adulte de 19ans.

Issu d'une famille Baptiste intégriste très conservatrice d'une petite ville du Sud des Etats Unis, Garrad est un jeune homme semble-t-il sans problème. Il aime et est aimé tendrement par ses parents, ainsi que par sa communauté auxquels il s'efforce de faire honneur. Depuis son enfance, il fréquente une jeune fille Chloé que tout le monde considère comme sa petite amie.  Et son père, prédicateur évangeliste est en passe de devenir le pasteur de leur congrégation.

Au cours de sa première année d'université, un de ses condisciples le viole. Pour se dédouaner et éviter les conséquence de son acte ignoble, il téléphone aux parents de Garrard leur révélant l'homosexualité de leur fils. Inacceptable pour cette famille pieuse à la limite de la bigoterie. La menace est claire, soit leur fils change, soit il quitte leur domicile et renonce à l'avenir professionnel ambitionné, le père refusant de payer ses études.

Bon gré, malgré, Garrad accepte de suivre une thérapie devant le remettre dans le "droit chemin". Pour ce faire, il doit passer deux semaines, en journée,  dans un centre privé spécialisé dans les addictions, quelles qu'elles soient. L'homosexualité menant à la pédophilie, la zoophilie, l'alcoolisme, la drogue et pour finir le sida, les méthodes employées pour "guérir" les patients, sont : l'humiliation, la haine et le dégoût de soi, pouvant aller jusqu'au suicide. Le tout mené tambour battant par des pseudos thérapeutes/coachs - sans diplôme de médecine, ni de psychiatrie - leur passé d'ex quelque chose faisant office de références.

La discipline, ajoutée à la crainte de perdre l'amour de leurs parents et de celui de Dieu, sont telles qu'elles poussent les patients à s'autoflageller, remontant dans l'arbre généalogique de leur famille pour trouver les causes de cette homosexualité, s'inventant des péchés, lorsqu'ils n'ont plus rien à avouer sous l'insistance  disons le perverse desdits coachs, constituent une pression psychologique mortifère. Considérant que l'homosexualité est acquise et non innée, la véhémence de leurs propos l'isole, le font douter de sa santé mentale.

Au fil du récit, on ressent parfaitement le désarroi de Garrard, ses doutes, sa culpabilité, sa détresse et son désir de devenir "normal" afin de retrouver la fierté de ses parents, sa place dans la communauté. Mais également, son désir et son besoin d'affirmation de soi.

J'ai beaucoup aimé ce livre, et j'admire l'auteur de m'avoir tenu en haleine pendant toute sa lecture. Moi qui ne suis pas religieux ce n'était pas gagné, car tout le récit tourne autour de la foi, du péché. J'ai ressenti, cependant un décalage entre l'année ou se passe ces évènements 2004, et les images que je voyais défilés en lisant ce livre. En effet, j'avais l'impression que l'histoire se passait en 1950 tellement cette communauté me paraîssait arriérée.... 

Fille à pédés - Lola Mieseroff

Filles à pédés

Quatrième de couverture :

"Il y a des filles à matelots, il y a des filles à soldats, toi ma chérie tu es une fille à pédés !" Lola Miesseroff n'avait que 18 ans e, 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint rapidement une évidence : elle aimait se lier d'amitier avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien.

Une enfance "dégenrée", une éducation naturiste et libertaire, et un milieu familial socialement en marge où la liberté - y compris celle de l'amour et du sexe - était une valeur clé l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier.

Dès années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage et au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (FHAR) c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homos, hétéros et bisexuels, folles, garçonnes, travestis et transgenres.

Pour l'autrice, en lutte depuis sa jeunesse contre "le vieux monde", l'amour et l'exultation des sens sont aussi des armes de combat. Un combat qui ne vaut que s'il est vécu dans la dérision et la fantaisie, ce qu'avaient déjà pu constater les lectrices et lecteurs de son "Voyage en outre gauche" (Libertalia 2018).

Postface de Hélène Hazera.

Editions : Libertalia - ISBN : 9 782377 291144 - Poche : 145 pages - Prix : 10 euros.

Mon avis : ChezVolodia

Intéressante biographie de l'autrice sur sa jeunesse essentiellement en province, dans une famille ou la fantaisie et la débrouillardise faisaient loi, le travail lui n'étant qu'accessoire et pratiqué qu'avec la plus stricte modération.

De son enfance il ressort, que Lola a été élevée dans un mépris total des barrières sociales, mais dans le respect de l'identité humaine. Elle rencontre des hommes et des femmes, avec qui elle fera un bout de chemin, sans porter de jugement sur ce qu'ils/elles sont, mais dans le respect de ce qu'ils/elles sont. Elle traverse la vie avec le culot et l'arrogance de ceux qui n'ont rien à perdre, car ils n'ont rien. 

Electron libre à une époque encore marquée par les différences sociales et les traditions, mais où couve Mai 68, ou  une certaine jeunesse revendique un changement en profondeur, de tout ce qui faisait l'ancien monde, Elle est de toutes les causes, de tous les combats à partir du moment ou elle pense qu'ils vont changer, sinon le monde, la société. Il faut bien reconnaître que sans ces pionniers/pionnières de luttes revendicatives pour l'égalité des sexes et l'abolition de sanctions pénales pour l'homosexualité, nous n'en serions pas là de nos jours. 

Toutefois, ce qui me gêne dans cette vie racontée avec  une certaine nostalgie, c'est que la "valeur du travail" s'est perdue au profit de "débrouillardises"  - en réalité de minables petites rapines - pour continuer à vivre plus ou moins agréablement sans travailler beaucoup, faire la fête et semer le chaos envers une société exécrée. Qu'on "gueule fort", qu'on manifeste pour plus d'égalités, pour des opinions politiques ou non auxquelles on croit pourquoi pas, mais on ne peut exiger d'une société plus que ce qu'on lui donne ...! 

Livre plaisant à lire, mais que je ne relirais certainement pas.

 

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19 avril 2020

Un certain Paul Darrigrand - Philippe Besson

 

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Un certain Paul Darrigrand

Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.

D’un côté, le plaisir et l’insouciance : de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.

Après, Arrête avec tes mensonges, Philipe Bessons poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

Editions : Julliard – ISBN : 9 782260 052845 – Broché : 211 pages – Prix 19 euros.

Mon avis : Volodia

L’histoire nous est racontée  à la première personne du présent, ce qui à mon sens, donne plus de force au récit et met l’auteur dans une situation de confidence, même si celle-ci est publique. 

Une photo retrouvée, fait ressurgir le passé. Une période déterminée dans l’existence, ou deux jeunes gens à l’occasion d’une rentrée universitaire se rencontre fortuitement. L’un des deux, assez réservé et voulant s’intégrer au mieux avec ses condisciples. Le second plus hardi, faisant des avances au premier, ébloui par l’audace dont fait preuve son camarade. 

Une amitié s’installe avec une sorte d’admiration du premier pour le second qui fait preuve d’une certaine autorité dans leur rendez-vous pour quelques sorties que ce soit.  Le premier tombe rapidement sous le charme du second et l’espoir d’une relation plus intime s’insinue dans son esprit. 

La douche froide intervient lorsque ce dernier lui précise être marié, et alors qu’il s’interroge sur ce qu’on attend de lui, le second lui fait l’aveu, dans un souffle se « sentir bien avec lui ». Leur relation évolue et lorsqu’il lui propose de rencontrer son épouse, c’est avec perplexité et fatalisme qu’il accepte. Un ménage à trois, voit le jour, le maître de ballet étant le second, l’épouse la dupe, et le premier, l’amant secret que l’on cache à l’épouse et au monde, le résigné….. 

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui en toile de fond d’une histoire sentimentale nous restitue les actualités de l’époque (1988), attentats, émergence du sida. Philippe Besson, je l’ai déjà dit est comme René de Ceccatti, à l’écoute de son moi intime, il est également le vecteur des sentiments des autres, de ceux que l’on garde enfouit au plus profond de soi. Dans ce livre, il y excelle. Il émerge une sensibilité exacerbée et un don total don de soi, lorsqu’il est amoureux (je l’avais déjà remarqué dans ses œuvres précédentes). 

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