Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

22 mai 2019

Le Colis - Anosh Irani

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Quatrième de couverture :

Madhu est une hijra : né dans un corps d'homme, amputée de ses attributs sexuels masculins, elle est une sorte de troisième sexe, ni homme, ni femme. La quarantaine passée, après des années de prostitution, Madhu doit mendier pour vitre et rester auprès de sa gurumai, sa guide. 

Par l'entremise de cette dernière, Madame Padma, tenancière redoutée, lui confie une mission qu'elle ne peut refuser : s'occuper d'un colis. Les colis, ce sont ces fillettes vendues par leurs familles pour devenir des esclaves sexuelles, à qui il faut faire comprendre que leur sort est scellé, qu'elles ne pourrons jamais s'échapper de Kamathipura, le quartier rouge de Bombay.

Beuacoup de souvenirs remontent à l'esprit de Madhu : son enfance engoncée dans un corps qui n'était pas le sien, sa rencontre avec celle qui fera d'elle une hijras, le rejet de sa faimille, ses années fastes, puis les regrets, la nostalgie, les remords aussi. Malmenée par la vie, éminemment lucide, Madhu raconte la noirceur du monde dans lequel elle vit. Pour autant, une petite lueur continue à lui dire qu'une rédemption est possible - si ce n'est pour elle, peut être pour les autres.

"On me rabaisse et on me vénère, on me croit bénie, ou maudite, détentrice de pouvoirs sacrés. Pour les parents je suis une voleuse d'enfants, Pour les commercants, un porte bonheur et pour les couples mariés une sorte d'experts en fertilité. Pour les passagers de taxi, je ne suis rien de plus qu'une nuisance. On me chasse comme un vulgaire corbeau. Chacun a sa propre version de ce que je suis. Ou de ce qu'il veut que je sois".

Editions : Philippe Rey - ISBN : 9 782848 - Broché 332 pages, prix : 21 €

 Mon avis : Indiangay 

Madhu hijra vieillissant se voit confier par son guru, une mission qu’il n’a plus effectué depuis longtemps : « Eduquer » une jeune fille, pratiquement une enfant à devenir une prostituée docile à sa maîtresse et soumise aux désirs de ses futurs clients. Pour ce faire, elle doit oublier son propre nom et jusqu’à son passé, à accepter sans résistance l’avenir qui va devenir le sien sans espoir de retour à une vie normale. Pour cela, il faut préparer « le colis » enfermée dans une cage au troisième étage d’une maison close à être ouvert ». Bien que récalcitrant à effectuer cette mission, il/elle ne peut la refuser devinant que celle-ci, bien qu’ayant été demandée par son guru, émane d’une personne puissante de Kamathipura. 

Se faisant, Madhu se remémore sa propre vie. Jeune garçon, mal dans sa peau, méprisé par son père pour des raisons qui à l’époque lui sont obscures, et négligé par sa mère au profit de son jeune frère. Moqué à l’école pour ses gestes et ses manières peu masculines, il traîne son mal être dans les rues populaires de Bombay ou le hasard lui fait rencontrer un groupe de hijras. Fasciné, il s’évertuera à provoquer d’autres rencontres jusqu’au jour où le guru du groupe l’invitera dans leur communauté, lui accordant une importance et une gentillesse qu’il ne trouve pas chez lui. Au bout de quelques mois, le Guru lui signifiera que pour rester il doit subir l’initiation. Ne sachant pas de quoi il retourne il l’a subit de force. Cette intervention le fera renier par ses parents qui croyant qu’il avait été enlevé le faisait rechercher par la police. 

Devenu un (une) hijras à part entière, il/elle aura besoin de vêtements, de bijoux, de maquillage. Tous ces frais annexes ainsi que ceux de son entretien sont pris en charge par le Guru, mais il se doit de le rembourser, car dans la vie tout se paye. Initier par lui, il/elle sera danseur, puis se livrera à la prostitution, avant d’être réduit au statut de mendiant en raison de son âge. 

Les années passant, et après une rencontre avec sa mère qui ne le reconnaîtra pas, mais fera l’aumône à une « pauvre hijra » il/elle se rendra compte que sa vie aurait pu être tout autre. Que son guru n’est en réalité qu’un imposteur, un proxénète qui a assis son pouvoir sur une communauté d’exclus qui voyait en lui, protection, sécurité même si pour cela ils devaient se perdre eux-mêmes. 

Aussi décide-t-il/elle de sauver « le colis » Pour cela, rien de tel qu’Agni, le feu, qui sauve et purifie tout ce qu’il touche…. 

Digressions : 

Sur les hijras/aravanis : 

Les occidentaux occultent systématiquement, par méconnaissance essentiellement, la dimension religieuse de la communauté des hijras pour se concentrer sur une homosexualité vraie ou supposée, et trouver une justification à un état qui les dépasse. 

Sur Kamathipura à Bombay : 

Le quartier de kamathipura est l’ancienne « zone de réconfort » créée lors de l’occupation de l’Inde par les britanniques, ou les femmes étaient concentrées et destinées à leur soldatesque. L’histoire se passe donc essentiellement à Kamathipura. 

Cette histoire peut paraître sordide et irréelle, mais non ce quartier rouge comme tant d’autres dans chaque magalopole d’Inde existe toujours. Il est l’objet de convoitise et de surenchère de la part de promoteurs, qui veulent le détruire pour y bâtir des bureaux des immeubles d’habitations de luxe, car situé au cœur de Bombay. 

Quant aux femmes qui y vivent, ce sont les filles de paysans déclassées pour la plupart venant de Népal. Elles ont été vendues pour la plupart également par un membre de leur famille et/ou parcce que la dote n’a pas été payée ou bien pour ne pas la payer. La police a du mal à faire quelque chose, essentiellement en raison de la corruption qui mine notre pays. 


27 novembre 2018

Une folle à sa fenêtre - Michel Cressole

Une folle à sa fenetre

Quatrième de couverture : 

Pour sa nouvelle formule de l’Autre Journal, Michel Butel invitait Michel Cressole, journaliste à Libération et militant homosexuel, à alimenter librement une chronique. 

Ce sera la naissance d’ « Une Folle à sa fenêtre ». Elle « apparaîtra » régulièrement du premier numéro de mai 1990 à celui de Janvier 1992, pour apporter, à un moment  où le mot gay commençait à devenir prononçable, un regard « folle » (ou camp) sur les actualités. 

Depuis la parution de ces chroniques, bien des choses ont changé : Michel aurait pu être sauvé par les nouveaux antirétroviraux ; il aurait pu se marier avec des étrangers. Mais faudrait-il reconstituer le monde autour de son Hibernatus qu’on retrouverait les mêmes assassinats politiques, les mêmes homophobes impudiques, la même méfiance envers les minorisés, les mêmes violences policières, les mêmes violations de sépultures. 

Cette nouvelle édition des chroniques de Michel Cressole devenait donc une évidence. Elle a été enrichie des contributions d’Hélène Hazera, sa collègue et amie ainsi que de Tom de Pékin (couverture) 

Comme l’écrivait Butel, fin 2012, pour le premier numéro de L’impossible, forcément sous-titré L’Autre Journal : « Nous avons inventé ce petit objet pour les nuits blanches et pour les jours sans fête… Lisez-le, donnez-le, dispersez-le, faites de la politique ! » 

Editions : Bibliothèque GayKitchCamp – ISBN : 978 2 908050 00 6 – Broché : 76 pages – Prix : 12 € 

Mon avis : ChezVolodia 

Il est toujours intéressant tout autant qu’agréable de lire les écrits d’un des moteurs de la libération homosexuelle. 

Je ne connaissais l’auteur que de nom et de réputation et je dois avouer que ses chroniques sont savoureuses, et citronnées à souhaits. Michel Cressole tape ou ça fait mal. Lucide, provocateur et irrévérencieux pour l’ordre établi, il défend les folles, flamboyantes, incontrôlables qui se moquent éperdument d’une quelconque reconnaissance sociale et qui renvoie l’homosexuel basique à une forme de subversité abandonnée pour rentrer dans le « moule » d’une gaypédétude acceptable par le commun des mortels, à savoir sans vague, plate et fade. Vives les Folles crient de concert Michel Cressole et Patrick Cardon ! 

Si ces deux personnes parlent des folles avec nostalgie et vouent aux gémonies les homosexuels ou gais actuels, il faut reconnaître que tous ne peuvent se permettre le luxe de la transgression. De plus, l’avancé des droits des LGBT (grâce aux leaders de la première heure, je le reconnais bien volontiers) ont progressé et de fait, certains gays souhaitent vivre tranquillement, leur homosexualité. 

Où est-il écrit qu’être homosexuel devait se vivre comme le parcours du combattant, entre rébellion, provocation, militantisme à tous crins ? Comme dans le monde hétérosexuel, il existe plusieurs représentations de la communauté homosexuelle. On ne peut revendiquer et se battre pour l’égalité des droits, ne plus accepter d’être assimilés à des malades mentaux, être intégrés dans la société, tout en voulant par ailleurs s’en différencier par des outrances ! A un moment donné, il faut faire des choix ! Rentrer dans le système ou rester en dehors avec tout ce que cela implique. 

Au risque d’être vilipendé, je fais partie de ces gays intégrationnistes (et non ce n’est pas une grossièreté). Ce qui ne m’empêche pas lorsqu’il le faut, de manifester pour soutenir une cause ou revendiquer l’obtention de nouveaux droits permettant une égalité citoyenne avec nos chers hétéros. Mais, parallèlement à cela,  je souhaite vivre paisiblement ma différence, avec mon compagnon. Exercer ma profession n’ayant pas la possibilité sinon le luxe de l’abandonner. Et si je ne suis pas « dans le placard », je ne vois pas l’utilité d’asséner à qui veut l’entendre ce que je suis et avec qui je m’envoie en l’air ! Contrairement à certains homosexuels/gays, surtout pour les plus âgés, je n’ai pas construit ma vie sur ou autour de mon orientation sexuelle, qui elle est accessoire et relève, de l'intime. De même, à contrario des années 80/90, il ne me viendrait pas à l'idée d'employer le féminin pour parler à des ou/d'hommes gays, amis ou non !

Dans ce livre, nous avons également quelques belles pages de souvenirs égrenés par Hélène Hazera, grande amie de l’auteur et militante de la première heure. Ce livre fort plaisant recense, bien qu’avec peu de pages, les principaux évènements d’une époque.

 

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20 novembre 2018

Dustan Superstar - Raffaël Enault

Dustan

Quatrième de couverture : 

Guillaume Dustan, l'écrivain français le plus marginal et sulfureux de ce début de siècle, fut à sa manière une superstar de la littérature dont la notoriété dépassait le seul milieu des lettres. 

Écrivain transgressif, homosexuel radical, énarque, magistrat, éditeur, il ne cessa de se démultiplier et de brouiller les pistes sans jamais rien perdre de sa singularité. Avant Guillaume Dustan, il y eut William Baranès - son vrai nom. 

Un jeune homme qui se destinait à une carrière exemplaire de haut fonctionnaire tout en rêvant de consacrer son existence à l'écriture. Mais sa vie bascule lorsqu'il se découvre, à vingt-cinq ans, infecté par le VIH. Il se pense alors condamné à mort, du moins en sursis, et rompt progressivement avec tout désir de normalité. Multipliant les rencontres et les expériences, adepte des pratiques les plus hard, il fait de sa vie la matière première et la trame essentielle de son oeuvre. Plus encore que ses écrits, c'est son personnage qui fait sensation. 

Dès son premier livre, Dans ma chambre, paru en 1996 chez POL, Guillaume Dustan devient une sorte d'icône médiatique. Il se présente à la télévision affublé d'une perruque pailletée et tient un discours libertaire tout aussi provocateur. Dustan fait d'autant plus parler de lui qu'il s'érige en défenseur du bareback face à l'association Act Up et à son fondateur Didier Lestrade, devenant objet de controverses et de réprobation jusqu'au sein de la communauté homosexuelle. 

De plus en plus discuté et de moins en moins audible à force de prises de position jugées scandaleuses, Dustan s'isole et sombre dans le désespoir. Considéré comme fou, il fait un séjour en hôpital psychiatrique avant de mourir à quarante ans, en octobre 2005, seul, victime d'une probable intoxication médicamenteuse. 

EDITIONS : Robert Laffont – ISBN : 2221193377 – Pages  314  - Prix : 21 €

Mon avis : ChezVolodia 

Dustan fait partie de la cohorte de ces écrivains maudits qui au contraire d’autres ne seront jamais réhabilités après leur mort.  Ses textes crus, parfois violents, ses prises de position vis-à-vis du bareback et son goût pour la mise en scène avec ces apparitions flamboyantes chez Thierry Ardisson sont loin de l’avoir réconcilié avec les médias et le commun des mortels. De fait, Dustan sent toujours le souffre. 

Dans les année 1980, Dustan eu pourtant son heure de gloire jusqu’à être considéré comme un écrivain majeur de la communauté homosexuelle. Il ne sera pas seulement représentatif d’une époque, ni  ne se réduira à une revendication (le bareback entre séropos). Il initiera chez « Balland » la première collection de livres gays.  Il inventera une écriture, nerveuse, d’où était absente toute afféterie littéraire, qui lui conférera son caractère unique. 

Dans ce livre, il est avant tout question de faire connaître le parcours d’un surdoué, aujourd’hui oublié et/ou réduit à une caricature médiatique plus qu’une biographie. 

Le récit nous dévoile le parcours de William  Baranès,  jeune garçon bien sous tous rapports, lauréat de plusieurs concours généraux, qui après avoir fait Siences-Po puis, l’Ena a occupé les fonctions de Juge Administratif. 

Sa contamination par le virus du Sida change la donne, il « jette aux orties » sa vie toute tracée pour assumer pleinement son homosexualité et vivre intensément les années qu’il lui reste (à l’époque les traitements contre le hiv en était à ses balbutiements. 

En à peine dix ans, l’auteur de « Dans ma chambre » publié chez POL, connaîtra une relative lumière, puis une ombre aux plus vastes contours. Ses excès effraient et ses propos scandalisent. L’écrivain s’enfonce dans un rôle de trublion en même temps que ses publications s’enchainent. Son livre « Nicolas Pages », fut du reste récompensé par le Prix de Flore. 

Pendant sa période d’ombre, il s’exile à Douai, bien loin du Paris littéraire, redevenant Juge Administratif. Dépressif, il s’isole et ses deux derniers textes publiés chez Flammarion sont purement et simplement ignorés des médias. Il s’éteint par intoxication médicamenteuse accidentelle… ? la question reste en suspend !

J’ai senti dans le livre de Enault un admirateur, sans faille, qui tenait à réhabiliter un Dustan, méconnu, pudique dans ses émotions, timide, qui s’était fait une carapace de son image sulfureuse, et en jouait pour éviter d’avoir à se dévoiler. L’auteur, nous livre un récit émaillé de textes de Dustan, de références culturelles, de lettres et d’histoires qui étaient confidentielles jusqu’alors.

J'ai apprécié ce livre que j'ai trouvé intéressant et très bien documenté pour moi qui n'ai connu Dustan qu'au travers de quelques uns de ses livres et  par les "on dit", cette biographie a été la bienvenue pour me permettre de me faire ma propre idée.  

 

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12 novembre 2018

Retour à Duvert - Gilles Sebhan

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Pas de quatrième de couverture.

Editions : Le Dilettante - ISBN : 978 2 84263 833 7 - Broché : 286 pages - Prix : 21 €

Mon Avis : Volodia

En août 2008, l'écrivain français Tony Duvert, auteur subversif dont les essais pédophiles lui vaudront de rejoindre l'enfer des bibliothèques, était retrouvé mort dans une maison de Thoré-La- Rochette en Touraine, 

Le moins que l'on puisse dire c'est que Gilles Sheban n'a pas choisi la facilité en décidant de publier non seulement une, mais deux biographies : La première en 2010 s'intitulait : Tony Duvert l'enfant silencieux, un récit évoquant sa vie à partir de quelques témoignages.

Après la sortie de son livre de nombreuses personnes se sont manifestées. Des proches, dont son frère ont accepté de témoigner. Des correspondances et des nombreux clichés qu'il a reçu et la conscience qu'il s'était peut être censuré l'ont poussé à rouvrir le dossier de cet auteur sulfureux.

L'homme, sulfureux et maudit, peu sympathique au demeurant, mais talentueux, et qui pour ma part ne m'inspire aucune empathie pour la mort sordide qu'il a eue - il vivait dans une quasi réclusion et était mort depuis plusieurs semaines lorsque la police l'a découvert. Personne dans le village ne s'était inquiété de ne plus le voir -.

Arrogant, provocateur, sûr de lui, belliqueux, ayant les femmes en détestation, pédophile et fier de l'être, défrayant la chronique, provocant scandale et bagarres, crééant des polémiques à la moindre occasion. Il a fini par se fâcher avec tout le monde y compris avec ses meilleurs amis.Toujours fauché et comptant sans retenue sur ses amis, sa famille pour subvenir à ses besoins tout en étant jamais satisfait. 

Pédophile et fier de l'être, il n'hésitait pas, dans ses livres, à afficher ses goûts et à les mettre en scène. Prix Médicis en 1973 pour "Paysage de Fantaisie", il a publié entre autres : l'Ile Atlantique, Un anneau d'argent à l'oreille, l'enfant au masculin, et bien d'autres encore tous tournant autour de la pédophilie.

Gilles Sheban tout en prenant de la distance, et en maintenant une certaine réserve dans ce livre est allé au bout des secrets entourant la vie et la mort de cet auteur.

 

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16 juillet 2018

Play boy - Constance Debré

 

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Quatrième de couverture :

 

"J'ai même pas osé mettre la langue la première fois que j'ai embrassé une fille. C'était après Laurent. Avant je savais mais c'était théorique. J'ai fait un effort pour la deuxième. Je lui ai roulé une vraie pelle. Ca m'avait flattée comme un mec qu'elle soit mannequin. On progressait. J'avais toujours peur, mais moins. Sauf qu'à chaque fois on en était restées là.  Ou plutôt elles en étaient restées là avec moi. Des hétéros qui se posaient vaguement la question et qui avaient calés. Des filles plus jeunes que moi, mais des filles comme moi".

 

Editions : Stock - ISBN : 978 2 234 98429 2 - Broché : 188 pages - Prix : 18 €

 

Mon avis : Volodia

Ce qui m'a attiré en premier lieu, c'est la photo : une femme garçonne puis, le nom de l'auteur. Malgré le quatrième de couverture qui se veut acrocheur et provocateur à l‘envi, j‘ai décidé de passer outre et d’assumer mon côté voyeur histoire de pouvoir me faire mon propre jugement. C’est donc l’esprit libre et ouvert à toutes émotions que je l’ai lu.

Ma curiosité a été quelque peu déçue par le style. Phrases courtes, volontairement crues,  le ton est donné. Ce livre n’a pas d’histoire ou plutôt si, celle d’un changement de vie, celui de l’auteur, avocate, descendante d’une  famille de grands bourgeois, comptant dans ses rangs d’anciens membres de la 5ème République et avec qui elle semble vouloir régler ses comptes. 

Constance Debré, se livre avec un détachement peu commun, sur sa vie de femme, et surtout sur sa décision d’assumer ce qu’elle a toujours su : être une lesbienne, qui par convention s’est mariée, a fait carrière, a eu un enfant, et qui fait tout voler en éclats par ennui ? Ras-le--bol ?  

Consciente d’être née dans une famille riche, elle reste lucide sur les failles de celle-ci : père dogué, mère évanescente, mais également sur les privilèges et arrogance que procurent l’argent. 

Mais abordons l’autre sujet du livre : les conquêtes féminines de l’auteur, qu‘elle nous relate froidement, sans réelle émotion, pour ces femmes qui attendent qu’elle se conduise en don juan, et qu’elle m'éprise, ne voyant que leurs défauts qu’ils soient morales ou physiques.  Constance Debré se conduit en « goujat », et non en play boy, et adopte tous les codes du « faux mec » en cumulant vulgarité, langage obscène, tatouages à profusion, attitudes et vestiaire masculin.  

Je n’ai pas apprécié ce livre. En fait, je n’aime pas les femmes qui se croient obligées d'avoir des comportements masculins, surtout les mauvais, pour exister...!

 

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06 juillet 2018

Le Nain de l'ombre - David Madsen

 

9782752905468FSQuatrième de couverture :

"Léon est un homme de grande taille, au teint bistré, un peu gras (bouffi, disent les mauvaises langues). Il marche en se dandinant et monte à cheval en amazone à cause des ulcères de son cul". C'est ainsi que Peppe, nain bossu et chambellan de Sa Majesté, présente dans ses mémoires sulfureux son maître bien-aimé, le pape Léon X. Ce prince de l'église, qui protégea Raphaël et Michel-Ange mais condamna Luther, courait aussi les ruelles pour lever des michetons.

Autant dire que les hommages rendus n'obéissaient pas, loin s'en faut, à ce que l'histoire officielle vanta de la Renaissance italienne. Léon était certes un ami des arts, mais aussi un être de chair ( et de quelle trempe ! - dont le désir, dans sa grande sagesse, n'était autre, en attendant mieux, que d'atteindre le ciel sur la terre.

 

Editions : Phébus - ISBN : 9 782752 905468 - Poche 377 pages - Prix : 10 euros

Mon avis : Volodia

A travers les mémoires de Giuseppe Amadonelli dit pepe, nous découvrons toute une période de la Renaissance Italienne, dans tout ce qu’elle a d’exubérant, de décadant et de violent.

Nain contrefait et difforme, né en 1478, dans le quartier du Transtévère, quartier populeux, malfamé et miséreux de Rome, il nous raconte sa vie : Né d’un viol, détesté et maltraité par sa mère alcoolique et incestueuse, illettré et souffrant mille maux en raison de son infirmité, sa vie n’est qu’un nœud de douleurs et son avenir ne s’annonce guère brillant.

Sa rencontre avec une jeune fille qui l’initiera à la Gnose, doctrine religieuse par laquelle l’homme appréhende le divin, lui permettra de s‘élever intellectuellement, et d'arriver par son intelligence jusqu’au plus hautes fonctions en devenant le Chambellan et confident du Pape Léon X.

Nous suivons histoire et son ascension auprès de Léon X, au goût prononcé pour les jeunes gens bien pourvus par la nature et dont les assauts ne sont pas sans conséquence pour son postérieur. Il nous le dépeint comme un amoureux des arts et des lettres, avec toutefois des choix artistiques tributaires de son penchant particulier.

C’est avec une grande intelligence qui n’a d’égale que sa sensibilité, que Pépé nous relate sa rencontre avec Raphaël qui ne peut faire son portrait car il ne peut peindre que la beauté et c’est dans un langage coloré et cru que Pépé nous narre les colères de Léon X aux provocations de Luther, ses démêlés avec tous les Grands de cette époque : Alexandre Borgia, Jules II, Louix XII, François 1er, Henri VIII, Maximilien 1er, Charles Quint.

David Madsenn, nous livre un récit haut en couleur et d’une grande érudition. Son roman mélange allégrement, histoire d’amour, faits historiques, intrigues, lucidité et humanisme. 

A propos de l'auteur :

Derrière le pseudonyme de David Madsen se cache un philosophe de langue anglaise, féru de théologie, qui vit à Copenhague et qui pour l'intant refuse de tomber le masque.

Le Nain de l'ombre qui est son premier roman a été couronné livre de l'année 1995 par le très remuant Gay Times. Ce livre a fait scandale en Grande-Bretagne, où la vision érudite et provocante qu'il donne de la Renaissance lienne en a choqué plus d'un.

 

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22 avril 2018

Jacques D'adelsward-Fersen - L'insoumis de Capri - Viveka Adelsward et Jacques Perot

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Quatrième de couverture :

Certains en ont fait un oisif, un décadent, un "Eros aptère", comme l'écrivit Jean Cocteau. Jacques d'Adelswärd-Fersen  (1880-1923) a sans conteste  sa légende noire : Les goûts hétérodoxes d'un jeune aristocrate trop riche. Une oeuvre littéraire au parfum de scandale.

Une affaire de moeurs impliquant des adolescents, qui le jette sur les routes de l'exil. Capri, le port d'attache où il finit par trouver refuge et se fait bâtir une demeure somptueuse, la Villa Lysis. Une jeunesse consumée dans le tourbillon des fêtes des années 1900. Sa passion de ving ans pour Nico Cesarini. La création d'Akademos, première revue française à aborder ouvertement l'homosexualité, où écrivirent Colette, Maxim Gorki, Georges Eckhoud, Anatole France...

Le culte de l'opium immense", auquel il sacrifiera sa vie. Enfin, à quarante-trois ans à peine, le suicide... puis la résurrection dans l'Exilé de Capri, le roman que lui consacre en 1959, Roger Peyrefitte. Mais pour comprendre Jacques d'Adelswaed-Fersen, il faut conjurer les mythes.

A travers photographies, lettres, et archives familiales inédites, les auteurs de cet ouvrage reviennent sur la vie de celui qui fut avant tout un homme de lettres, et occupa une place singulière dans l'effervescence du Paris et du Capri de la Belle Epoque.

Tous deux cousins du poète, Viveka Adelswärd, professeur émérite à l'Université de Linköping (Suède), et Jacques Perot, historien et conservateur portent ici un regard libre et précis sur la vie et l'oeuvre  de cet écrivain controversé.

Editions : Seguiers - ISBN : 978 2 84049 705 9 - Broché : 294 pages - Prix : 21 €

 

Mon avis : Volodia

C'est en lisant "Les amitiés particulières" de Peyrefitte, puis "Les garçons" de Montherlant que j'ai pour la première fois entendu parler de Fersen les allusions portaient sur ses poèmes aux textes ambiguës. Un autre livre de Roger Peyrefitte : l'Exilé de Capri se voulait être une biographie plus ou moins réaliste de la vie de Fersen - (Il faut dire qu'en prenant de l'âge, l'érudition de cet auteur, avait tendance à céder le pas à des commérages pour ne pas dire radotages, celui-ci devenant en vieillissant une insupportable commère).

Aussi, ais-je apprécié de lire une biographie sans frioriture, nette et précise sur un personnage peu connu ou seulement de quelques initiés, et dont les oeuvres poétiques et, les écrits sont à ce jour introuvables et non réédités (ou mal réédités dans leur présentation exemple Gaykitchcamp...). Ce livre a pour objet de faire connaître l'homme, pas seulement en tant que dandy, sensible à l'amour et à l'esthétisme grec, mais également en qualité de poète et d'écrivain, même si cette dernière a parfois été occultée par une réputation sulfureuse.

La première partie du livre, toute de rigueur, nous présente les membres qui composent cette prestigieuse famille d'aristocrates et de grands industriels dans ses différentes branches Suédoise et, Française. Puis, nous éclaire sur l'enfance, l'adolescence ainsi que la vie de jeune adulte de Jacques d'Adelswärd-Fersen, jeune homme immensément riche, plus ou moins oisif  qui cherche sa voie.

Le seconde partie fait état du scandale qui éclate en 1903, suite à la découverte de supposés "ballets bleus" - entendez la mise en scène dans son appartement, de tableaux vivants inspirés de l'antiquité et interprétés par des adolescents recrutés à la sortie des écoles - et le met au ban de la société lui fermant ainsi la possibilité de trouver une épouse de son rang mais également de faire une carrière d'écrivain.

A sa libération de prison et pour éviter un plus grand déshonneur à sa famille, il décide, après plusieurs voyages autour du monde, de s'installer à Capri, île qu'il connait et apprécie pour sa beauté, son climat et sa tolérance. Il y retrouve d'autres personnalités intellectuelles avec lesquelles il nouera des liens de sympathies sinon d'amitiés. 

Il s'y fait construire une fabuleuse villa où sont données des fêtes somptueuses et/ou certains (aines)  invités (ées) déclamaient des poèmes et interprétaient des scènes de la mythologie, mais pendant lesquelles circulaient également, proposés généreusement par leur hôte, des pipes d'opium et de la cocaine, drogue qui aurait fini par le tuer s'il ne s'était pas suicidé.

Sa revue mensuelle Akadémos publiait des poèmes, des articles sur l'art, des critiques diverses et variées et, bien que bénéficiant d'un nombre suffisant d'abonnés, elle ne paraîtra que durant une année en raison de son coût.  

Ce qui ne laisse pas de m'étonner c'est qu'à l'époque, en 1900, Paris faisait la part belle à des artistes et écrivaines dont le lesbianisme n'était plus un secret : Colette, Nathalie Clifford-barney, Romaine Brooks, Djuna Barnes, Mathilde de Morny, etc... Et, il semble que seule l'homosexualité masculine ait été sujet à l'horreur, à l'intolérance et à la répression, à moins qu'il y ait eu amalgame entre pédophilie et homosexualité. Mais peut être me fais-je des idées...

 

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06 avril 2018

L'effraction - Omar Benlaala

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Quatrième de couverture :

"Hédi et moi, j'ai bien vu qu'on était pas pareils. Pourquoi le nier, Jean-François ? Tout est fait pour pas se rencontrer."

Omar Benlaala déplace les personnages qu'Edouard Louis a mis en scène dans son Histoire de la Violence.

Un autre regard, Un regard, une autre voix : ceux d'un jeune Parisien d'origine kabyle. Ce dernier se livre au sociologue qui l'interroge après les évènements de Cologne, dans le cadre d'une enquête sur la sexualité des Français "issus de l'immigration". De confidence en confidence, il dévoile à cet homme ses frustrations, ses rêves, ses souvenirs, son secret - Une histoire que l'Histoire a trouée : celles des fils et petits-fils d'une société déchirée par son passé colonial. La littérature se transforme ici en arme politique. Edifiant.

Editions : L'aube - ISBN : 9 782815 919616 - Broché : 82 pages - Prix : 12 €

Mon avis : Volodia

Ce livre se veut une réponse à la violence subie par Edouard Louis une nuit d'hiver et qui a débouché sur "Histoire de la Violence" avec pour conséquence une plainte pour viol contre Reda le jeune homme qui l'avait dragué et avec qui il avait passé la nuit.

Dans ce récit Réda est plongeur dans un restaurant en attendant mieux, ce qui lui permet de subsister, et de garder la tête hors de l'eau. Dans l'espoir d'améliorer sa condition, il prend des cours de théâtre le dimanche, son seul jour de congé, avec une jeune fille qui lui donne la réplique et dont le père est sociologue. Celui-ci tient, dans ce récit le rôle de psychologue, confesseur, qui par ses questionnements fait prendre à l'intéressé, conscience, non de l'injustice sociale, ça il l'a connait déjà, mais à réfléchir au pourquoi de son comportement, aux causes réelles de ses accès de violence.

La nuit de Noël, Reda se fait aborder par Edouard Louis. Tout d'abord étonné, ayant plus l'habitude de se faire interpeller par la police que par un "ange tout blond qui sentait le printemps", celui que sa mère ramène de la Mecque. Afin de jouir encore de son odeur, il décide de le laisser approcher. Au fil de leur marche commune et de leur conversation, son intérêt pour la Kabylie, plus le parfum, l'incite à prolonger ce moment en l'invitant chez lui dans le 11ème arrondissement.

Toutefois, il y a maldonne, un énorme malentendu. Réda invite Edouard qu'il rebaptise Hédi, afin qu'il l'instruise, qu'il lui parle de la Kabylie, de la guerre d'Algérie qui a rendu son oncle, hospitalisé depuis de nombreuses années en psychiatrie. Or, à peine Edouard/Hédi est-il entré  dans l'appartement, qu'il se sent piégé, et pressent qu'Edouard-Hédi attend autre chose, tout en n'arrivant pas à définir quoi.  Celui-ci étant poli et respectueux, il est partagé entre l'envie de le mettre dehors tout en souhaitant voir comment la situation va évoluer. Un regard d'Edouard sur des photos de Reda et de ses cousins au bled et en maillots de bain, suffit à le classer parmi les pervers et générer un mouvement de colère.

L'histoire continue scindée en deux par les questionnements et échanges entre le sociologue et Reda ce qui permet à l'auteur de faire des digressions, religieuses, politique, sous couvert du pseudo Reda. Partagé entre deux cultures, le "cul entre deux chaises", qui aimerait tout en ne le voulant pas avoir une liberté de disposer de sa vie, de sa sexualité, sans toutes les contraintes et tabous dont il a été nourri par des parents immigrés de la première génération.

Et là ça ne fonctionne pas !. La transposition est erronée, on a bien compris que pour l'auteur l'homosexualité de Reda pose un problème. Mais elle est bien là, inutile de tourner autour du pot et d'inventer un motif à la mord moi le noeud pour justifier que Reda ait abordé, et accepté l'invitation d'Edouard. Ce qui est arrivé ensuite entre les deux hommes ne regardent qu'eux étant l'un et l'autre consentant.

Je réfute ce plaidoyer larmoyant pour justifier tout acte délictueux, toute violence quelle qu'elle soit. Je ne peux malheureusement que constater que ce sont toujours les mêmes qui sollicitent la compréhension, l'indulgence quand ce n'est pas le pardon à défaut d'oubli pour des actes répréhensibles commis en raison d'une culture différente. Ce que certains ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c'est que l'on juge un peuple sur la conduite de ses ressortissants.

Ces justifications contestables qu'il met dans la bouche de Réda sont en fait les siennes. Car si l'on prend ses remarques sur la guerre d'Algérie, son héros s'il a même âge qu'Edouard n'est pas la première génération d'émigrée mais plutôt la troisième vu, la démographie "galopante", alors que lui Omar Ben Laala....

D'autres peuples (ex-colonies) de notre pays et autres sont confrontés aux mêmes problématiques, qu'elles soient religieuses, économiques et sociales, parfois pire lorsqu'il faut rajouter des séquelles psychologique et physique de guerre , la barrière linguistique, etc... et qui ne deviennent pas pour autant des délinquants et des criminels...!!! Heureusement car il y aurait de quoi désespérer  !

 

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15 mars 2018

Deux garçons sans histoire - Marc Desaubliaux

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Quatrième de couverture :

Une petite ville de province dans les années 1970. 

Une famille de notables faussement aristocrates. 

Des parents chez qui le jeu des apparences permet de cacher bien des drames, père indifférent à ses enfants tant qu'ils ne créent pas de scandale, mère qui après l'échec de son mariage, à rejeté toute son affection sur son cadet, Sébastien, 15 ans, qui fréquente le meilleur collège catholique de garçons de la ville.

Tout est en ordre donc, jusqu'à cette messe de rentrée scolaire du collège de Sébastien à la cathédrale. 

Ce jour-là, sa vie bascule.

Ce jour-là, il rencontrera l'amour...

Mais pas celui pour lequel on le prédestinait. 

 

Que feriez-vous si l'on vous interdisait d'aimer ? 

 

Mot de l'auteur : 

"C'est ce drame que je me décide enfin à raconter, plus de quarante ans après les faits. Une tragédie à laquelle je n'ai été que le témoin souvent impuissant, parfois lâche, moi qui étais pourtant l'ami de toujours, celui qui a servi de modèle à Sébastien. Je m'étais juré de rendre hommage à sa mémoire et à celle du vrai Jean-Denis tous deux sacrifiés sur l'auteur des apparences sauves. Voilà qui est fait".   

                                                                                                                              Marc Desaubliaux

 

Editions : Des auteurs, des livres - ISBN : 978 2 36497 040 3 - Broché :: 296 pages - Prix : 19 euros.

 

Mon avis : Volodia

L'auteur nous précise qu'il sagit d'une histoire vraie... Je ne peux toutefois m'empêcher de relever certaines similitudes avec un autre livre très célèbre : Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, écrit bien avant celui de Mr Desaubliaux, notamment  : que cette histoire se passe dans une école religieuse de garçons, que l'émoi provoqué par un garçon ait eu lieu au cours d'une cérémonie religieuse, que l'un des deux garçons en l'occurrence le plus âgé soit de petite noblesse (même si elle est contestable), que cette histoire se termine en tragédie pour l'un deux.

Mais la comparaison la ressemblance s'arrête ici, car dans le livre de Desaubliaux, le jeune Jean-Denis a le langage châtié des gamins de son temps, celui des années 70, et qu'il n'a pas l'innocence d'Alexandre jeune héros du livre de Peyrefitte, ni celui d'André Dalio, surnommé affectueusement Dédé, héros, lui, du livre d'Achille Essebac. La poésie, la délicatesse du récit s'en ressentent. Il le rend plus actuel, moins émouvant, enfin à mon sens.

Ce récit trouve un second souffle lorsque l'auteur nous raconte ce qu'il est advint du survivant plusieurs années après le drame : Devenu psychanalyste, faisant partie à son tour des notables de la même petite ville de province, marié, deux filles. Il doit s'accommoder de sa vie et composer avec son passé soigneusement dissimulé.  Arrivé à un certain âge, les réminiscences de celui-ci se font plus fortes au point qu'il n'est plus en mesure de jouer son rôle d'époux et de père.

La maison familiale de son ancien condisciple et ami étant à vendre, après plusieurs années d'abandon, il finira par l'acquérir et y vivra seul, seul avec ses souvenirs qu'il finira par apprivoiser, et lorsque ceux-ci se révèleront trop forts, il les tiendra à distance à coup d'antidépresseurs. La mort seule pouvant le délivrer du poids du passé et de son secret. 

J'ai pris plaisir à lire ce livre, mais ne pense pas à ce jour le relire, ayant été quelque peu déçu par les rapprochements effectués avec les deux livres précités.

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09 février 2018

Paname Underground - Zarca

Paname-underground

Quatrième de couverture :

Où s'arrête le réel, où commence la fiction ? Zarca raconte les coulisses du guide des bas-fonds parisiens qu'il rédige depuis 2016. Love  Hotel de la rue Saint Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, La Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à Porte d'Aubervilliers...

Alors que l'auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d'une tentative de meurtre. La virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

 

Repéré grâce à son blog Le Mec de l'Underground, Zarca publie aux Editions Don Quichotte ses deux premiers romans : Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015). En 2017 est paru P'tit Monstre aux Editions Le Tango. L'auteur expérimente une littérature radicale, marquée par un style oral.

 

Editions : Goutte d'Or - ISBN : 979 10 96906 04 8 - Broché : 247 pages - Prix 17 €

Mon avis : Volodia

Décidément je ne comprends pas le choix du Jury qui s'est porté sur ce livre, qu'on ne peut considérer raisonnablement comme de la littérature, même de la mauvaise. L'auteur le dit lui-même, il a écrit ce texte dans l'espoir que les ventes lui permettront de, je cite : tenir deux ans à Paname et dix à Pattaya. "j'ai de quoi pondre une pure dinguerie et me faire des burnes en platine" Faut croire qu'il avait raison puisqu'il a réussi à décrocher un prix et que des curieux et ou des voyeurs dont je fais partie on eu envie de lire de quoi il retournait.

Seigneur, qu'elle déception. Les trafics pseudos dévoilés, les quartiers évoqués dans ce guide et ce qui s'y passe sont connus par la grande majorité des "vrais parisiens". Malheureusement, comme beaucoup de banlieusards bien nés (car c'est le cas de l'auteur, si on lit un peu sa biographie) qui veulent nous faire croire et ou qui s'imaginent nous faire découvrir un Paris parallèle composé de paumés, racaille, drogués et rebuts de la société cela ne peut fonctionner qu'auprès de provinciaux, de banlieusards de la zone Sud et de faux parisiens issus de milieux aisés qui ne quittent pas leurs quartiers de prédilection et, franchissent encore moins le  périphérique de peur d'être agressés. 

Loin de rivaliser avec le langage argotique fleuri employé par Carco, d'Audiard, Chabrol et bien d'autres. Le texte nous est balancé en verlant, en gloubiglouba racailles de banlieues nord et language à la mord moi le noeud inventé par l'auteur. Fastidieux à lire, inintéressant sauf pour nous conforter qu'il existe bien un Paris parallèle, un Paris subversif grand mot à la mode depuis quelques temps, un Paris en marge de la Société bien pensante et bienséante ou on passe son temps à "trafiquer", s'en mettre plein le nez, se bastonner  pour une raison ou pour une autre. Bref ne rien faire de sa vie sinon la détruire d'une façon ou d'une autre.

Quant à à la chute du livre, elle s'inspire d'un mauvais polar noyée dans des flots d'hémoglobine, dans lequel Zarca boosté par toutes les substances qu'il sniff se prend pour un justicier invincible et met à mal tous ceux qui ont participé au décès de sa "rousse". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une imagination plus que féconde, je dirais même débordante....! 

Ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction est écrit pour faire frissonner ceux qui ne sortent jamais de leur zone de confort, qui ne voient, n'entendent et ne comprennent rien ! Il aurait eu quelque intérêt s'il avait été écrit par un véritable marginal et non par un fils de de bonne famille jouant, lui, au marginal. C'est curieux cette manie des fils de la bourgeoisie actuelle de vouloir écrire,  frayer voire se faire passer pour ceux qu'ils ne sont pas et  ne seront jamais ! une nouvelle mode peut être ?

Il est rare que je regrette l'achat d'un livre, mais là...!

Posté par chezVolodia à 10:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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