Kannnibal - Erik Rémès
J'ai commencé par les animaux. Eventrer - étrper - dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cette continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsqu'arrive la puberté, vers l'âge de 12 ans, pervers, un nouvel élément vient s'insinuer dans mon fantasme et l'idée de manger mon prochan finit par s'ajouter tout naturellement à mon rituel.
Le 10 mars 2011, l'Allemagne découvre, effarée, le plus atroce fait divers depuis l'après-guerre. Ralf M., un homme de 41 ans a émasculé, égorgé, dépecé et dévoré un ingenieur berlinois de 43 ans, Karl-Einz B. avec son consentement, à la suite d'une annonce passée sur internet.
C'est à ce faits divers hors norme que s'est intéressé Erik Rémès, remontant dans le passé du cannibale élevé par une mère castratrice, enn proie aux risées des enfants de son âge. S'immergeant dans son personnage, il nous en montre tous les contours pour tenter de comprendre ce qui pousse un homme à dépasser les bornes de l'horreur. Grâce aux éléments de l'enquête et à divers témoignages, Erik Rémès a reconstitué le drame et les semaines les précédant.
D'une écriture précise et envoutante, Erik Rémès nous fait vivre ces instants de folie où victime comme bourreau communient avec l'horreur.
Abécédaire Malveillant - Tony Duvert
Ecrivain à la courte carrière. Tony Duvert marque les années 1970 par ses écrits polémiques, bousculant le politiquement correct, il évoque dans ses romans la sexualité enfantine et la pédophilie.Il se revendique lui-même comme homosexuel et pédophile. Ayant fait de la pédophilie un prosélythisme acharné, celle-ci constitue la composante de ses oeuvres. Ces livres ayant fait régulièrement l'objet d'une censure virulante, il figure en bonne place parmi les écrivains sulfureux.
Très virulent vis à vis de l'ordre moral qui ruine selon lui la créativité. Il publie cet abécadaire malveillant dans lequel il s'attaque à l'église, à la famille, à la condition féminine, aux philosophes. Il nous livre ainsi un recueil de petites opinions, de remarques, d'idées tout un catalogue de généralisations abusives. Bien sûr, tout ce qu'on peut dire de général est faux : mais excitant comme une médisance. Une revanche.
Le genre d'écrits que j'adore au même titre que les injures littéraires.
Ecrivains :
Fléau : les tantes pisseuses de livres. Serviles, frauduleuses, bien-pensantes, arrogantes, accablantes, funéraires. Une danse macabre où la pète-sec le dispute au tapet foireux.
L'inverti gribouilleur a la morosité verbeuse, les sincérités affectées d'une ménauposée tragique, telle une Phèdre onaniste aux longs ongles en deuil.
Ce lettré est unique : non seulement il n'écrit rien, mais il ne le fait pas éditer...
Ignorance :
Douter est atroce, savoir est affreux. La seule voie du repos : ignorer. Chacun s'y exerce avec rage.
Coquettes :
Certaines femmes aiment la compagnie des efféminés parce qu'elles oublient avec eux ce qui les abaisse devant un mâle : laideurs visibles, anatomie rafistolée, vulve difforme, cervelle d'épingle?. on baigne alors dans les futilités que partagent ces vilaines coquettes des deux sexes l cheveux, chiffons, potins, bouquins, parfums, parures.
Editions : Les Editions de Minuit - ISBN : 9 782707 313164 - Prix 8,50 euros
A propos de l'auteur :
Tony Duvert est un écrivain français né en 1945 et décédé en 2008. Ses premiers romans sont remarqués aussi bien pour leur style (paysage de fantaisie reçoit le Prix Médicis en 1973) que pour leurs thématique (pédophilie homosexuelle, critique de la famille, etc..) Il devient un écrivain d’une certaine renommée dans les année 1970.
Après 1980, l'audience de Tony Duvert diminue. Vivant en reclus dans Loir et Cher Il s’installe avec sa mère à la fin des années 1980, et publie un dernier essai en 1989 avant d'être presque totalement oublié. Après la mort de sa mère, il passe seul les douze dernières années de sa vie. Il a essentiellement été publié par les Editions de Minuit.
Nouvelle Maison d'Edition
Une fois n'est pas coutume, Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur une Maison D'éditions . En effet celle-ci à pris l'initiative peu courante et totalement désintéressée de publier à compte d'éditeur, des romans écrits par des auteurs homosexuels, malheureusement décédés et n'ayant pu être édités de leur vivant.
LES ÉDITIONS DU FRIGO publient, en partenariat avec BoD (Books on Demand), un prestataire de services d'auto-édition on-line,
des textes grinçants, frais, nécessaires, lumineux, d'auteurs calorifugés, vivants (emprisonnés, anonymes portant un nom de plume) ou décédés (les manuscrits étant confiés en leurs mémoires par les ayants droit - famille ou amis).
Tout sur www.editionsdufrigo.com
Un tel altruisme est si rare, surtout dans le milieu de l'édition, que je vous invite fortement à vous rendre sur le site de cette Maison d'Editions où vous aurez un aperçu des oeuvres proposées, ainsi que les explications et modalités pour les acquérir si vous êtes intéressés.
A noter que l'objectif n'est pas d'attirer la pitié sur ces auteurs, mais de susciter l'attention sur leur travail, et peut être, la reconnaissance sur la qualité et la valeur de leurs oeuvres. Les chemins empruntés ne sont pas les circuits habituels, et c'est tout l'intérêt de cette maison d'éditions que de nous faire connaître des auteurs qui ne bénéficient pas ou n'ont pas bénéficié d'une couverture médiatique.
A ce jour, nous ne pouvons encore parler des livres proposés puisque les tirages se font à la demande et peuvent varier de 3 jours à 2 semaines.
ChezVolodia
Erotikos - Plutarque
Dans ce Dialogue sur l'Amour, Plutarque examine sans pudibonderie les préférences qu'il s'agit d'établir entre amour et plaisir, compare les mérites et inconvénients de l'amour des garçons opposé à celui des femmes, s'interroge sur l'institution et la perennité du mariage.
Autant de questions que notre époque n'a pas résolues et, dont il n'est pas sûr qu'elle sache débattre avec la même finesse. Quant à la liberté du ton et du verbe, celle de Plutarque n'a pas grand-chose à envier à la nôtre.
Editions Arléa - ISBN : 9 782869 - poche 91 pages - Prix 7 euros.
Mon avis : Volodia
Que dire de ce fascicule, sinon qu'il est divin. Que je ne puis qu'approuver ce qui suit, je cite :
"... Il faut proscrire à tout prix les amours déliquescentes et casanières qui se prélassent sur les couches molles des femmes, se cachent dans les plis de leur robe, en quête, toujours, de plaisirs indignes d'un homme, sans amitié, sans enthousiasme.
Solon pensait la même chose. Aux esclaves , il avait proscrit la pédérastie, l'entrée des gymnases, mais il ne les empêchait nullement de s'unir aux femmes.
" Car l'amitié est noble, c'est un sentiment élevé, tandis que les plaisirs du corps, eux, ne sont que vulgaires et indignes d'un homme libre, et il n'est pas concevable qu'un esclave puisse aimer de jeunes garçons puisqu'il ne les recherche que pour le sexe, tout comme on recherche les femmes...".
Journal d'un travesti - Edi Oliveira
Un jeune Brésilien arrive en Europe, la vingtaine, hétéro et naïf. Il veut juste échapper à la misère de son pays, travailler pour aider sa famille. Entraîné dans la prostitution, il finit par trouver son indépendance dans le milieu et devenir un professionnel expérimenté.
Il nous dit tout sur les très nombreux clients rencontrés, les pratiques, les amours. Il donne réponse aux questions que l'on peut se poser sur un offre sexuelle très répandue, sans éluder les dangers d'agression et la perversité de certains adeptes, ni les plans sordides et les déceptions sentimentales. Tout ce qui a fait de lui une autre personne.
Un récit cru et tendre à la fois, qui touche par sa candeur, constrastant avec l'univers parfois brutal du désir. Une plongée au coeur de l'intimité humaine et du fantasme.
Mot de l'auteur :
"C'est une histoire vraie, sans enjolivures. C'est mon histoire de travesti et d'escort. Comment je le suis devenu, pourquoi je le suis resté, qu'elle vie j'ai menée, qui sont les clients et comment ils agissent. Ce livre est mon bilan après sept années dans le métier, pour que les gens sachent ce qu'il y a comme risues, comme hontes, mais aussi comme fiertés et comme plaisirs. Car ce témoignage n'est pas amer : j'ai vécu des choses difficiles mais j'ai aussi aimé cette vie. C'est peut être là qu'est la véritable provocation, pas dans les descriptions."
Editions : Favre - ISBN : 9 782828 912413 - Broché 125 pages - Prix : 15 euros
Mon avis : Volodia
(en préparation)
Escaladeuses de braguettes - Agnès Pierron
Pour tout savoir sur le lexique foisonnant de la prostitution.
Ce petit livre exquis nous fait découvrir une centaine d'expressions, de noms et autres trouvailles de ces travailleuses(eurs) du sexe (femmes et/ou hommes). L'auteure dévoile avec un plaisir évident l'univers des maisons closes, des femmes galantes, des demi-mondaines, et des prostituées (és) d'aujourd'huis à travers leur argot du trottoir.
Si vous êtes curieuse (ieux) de savoir d'où viennent ces expressions si couramment usité et si elles le sont à bon escient, ce livre est fait pour vous. Une langue crue, provocante, pittoresque et poétique, si si !
L'appel du large : façon de désigner un client, de la part d'une (un) prostitué, qui a le goût de la sodomisation profonde à l'aide d'un "ustensile" de gros calibre.
Se faire faire l'arrière boutique : pour une (un) prostitué, accepter de se faire sodomiser (XIXème siècle)
Paillasson : (Glisser sous le paillasson) : Pour une prostituée, devenir lesbienne. Glisser sous entend se laisser aller. La plupart des prostituées trouvent dans les moeurs saphiques, la douceur, un semblant d'amour, qui manqueent aux rapports rapides et parfois brutaux des clients. Ce n'est pas pour autant qu'elles "virent leur cuti" et passent à d'autres pratiques. Mais l'exclusivité n'est pas le fort de la prostituée.
Et ainsi de suite....
Editions : Les Dicos d'Agnès Balland - ISBN : 978 2 35315 - 100 4 - Poche 127 pages - Prix : 8,90 euros
Agnès Pierron, linguiste et historienne du théâtre, est l'auteure de plusieurs ouvrages de référence dont Le Dictionnaire de la langue du théâtre (Le Robert. 2002) qui lui a valu le prix de la critique. Le Grand Guignol. Le Théâtre des peurs de la Belle Epoque (Robbert Lafont. "Bouquins" 1995) et Le Dictionnaire des mots du sexe (Balland 2010).
Les Ondes de la Tourmente - Marc Devirnoy
Préambule : Le 16 octobre nous avons reçu un mail de Mr Philippe R..... de Mémoire Collective attirant notre attention sur la parution du livre écrit par Marc Devirnoy intitulé : Les Ondes de la Tourmente. Dans ce mail, fort aimable au demeurant, Mr Philippe Revost nous remerciait du relais que nous voudrions bien donner à cet ouvrage sur notre site et nous indiquait les adresses ou les lecteurs pourraient se procurer ce livre. Aussi et compte tenu de la grande courtoisie formulée dans ce mail, nous ne pouvions qu'accéder à cette demande :
. mémoire_collective@orange.fr
. Site Internet du livre : http://ondesdelatourmente.free.fr
En vente : à la Librairie les Mots à la Bouche : 6 rue Ste Croix de la Bretonnerie 75004 Paris,
Quatrième de couverture :
Ce roman historique observe la montée du nazisme dans les années 30 à travers la vie d'un jeune Lorrain. Ernest Klein. Passionné par l'écoute des grandes radios internationales qui commencent à émettre en Europe. Il va avoir la chance de faire partie de l'équipe fondatrice de Radio Strasbourg. En 1930, le gouvernement français décide de lancer cette grande station régionale pour couvrir toute l'actualité artistique d'Alsace et de Lorraine mais surtou pour être la vitrine de la culture française en Allemagne et devenir un outils de réconciliation entre les deux pays.
Malheureusement, les bruits de bottes venus d'Allemagne vont, peu à peu, transformer la station en radio de propagande. L'Alsace et la Lorraine, avec leur double culture, deviennent le réceptacle mais aussi le miroir grossissant des tensions entre la France et l'Allemagne. Ernest Klein va être au premier rang pour observer une Europe à la dérive où chacun va devoir choisir son combat et comprendre que la neutralité est un exercice impossible.
Si le tourbillon des ondes de la tourmente va peu à peu emporter Ernest Klein sans qu'il puisse le maîtriser, il va néanmoins se battre pour préserver sa vie intime et sentimentale. Et à cette époque, tomber amoureux d'un garçon de son âge n'est pas sans poser de problèmes de conscience mais aussi d'insertion sociale.
Si les religions dominantes condamnent l'homosexualité, la science la considère comme une maladie mentale et la société comme un fléau social, voire un comportement criminel. Ernest et son ami Paul vont tenter de garder leur secret. Ensemble, ils vont partir à la découverte d'une Lorraine et d'une Alsace secrètes où leurs semblables ont réussi à tisser une toile fragile pour survivre dans un environnement hostile. Toujours partagés entre leur double culure franco-germanique, ils vont également s'imerger dans un Berlin ou un Paris interlopes, om intellectuels et artistes homosexuels commencent peu à peu à imposer leur différence créative. Mais dans ce milieu aussi, la montée du nazisme n'est pas sans susciter les interrogations.
Avec la guerre, l'occupation de la France, l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, la vie de Ernest et de Paul va être bouleversée. Mais parviendront-ils à préserver leur amour ?
Editions : Mémoire Collective - ISBN : 978-2-9540127-0-4 - Broché 187 pages - Prix : 16,95 euros.
Mon avis : Volodia
J'ai toujours eu une certaine réticence à lire et à donner mon avis sur le rôle des homosexuels durant l'occupation et sur le sort qui leur était réservé. Car, la plupart des livres évoquant ce sujet sont présentés par des mouvements militants, des magazines et/ou sites militants bien souvent partials. Toutefois, je dois reconnaitre que j'ai apprécié ce livre, qu'il m'a touché à plus d'un titre : 1) en qualité de juif (même si je ne le suis qu'à demi - 2) en tant qu'homosexuel, ce que je suis et que j'assume en totalité, sans gloriole ni honte.
Ma première surprise a été de constater que ce livre fait moins de 200 pages, ce qui pour le sujet évoqué mérite d'être souligné et implique un récit concis. La présentation en est soignée et agréable, malgré une ou deux coquilles relevées ça et là. Chaque période importante fait l'objet d'une nouvelle page à l'intérieur de laquelle chaque évènement fait l'objet d'un paragraphe. Ce qui donne une bonne aération du texte, en rend la lecture aisée et donne plus de force au récit.
Le style est net et précis, sans disgression, mais très instructif : Les différences culturelles et le parler entre Lorrains, Messins et Strasbourgeois. Idem quant à la naissance et le pourquoi d'une radio spécifique dans l'Est de la France. Car, oui c'est là que l'intérêt réside en grande partie. Si l'on connaît plus ou moins le rôle des intellectuels en cette époque troublée, on fait surtout allusion aux rôles des journalistes et des écrivains. Là Marc Devirnoy nous fait entrer dans un monde pas très connu celui des radios et de ceux qui les animent.
J'ai trouvé moins d'intérêt en milieu de livre puisque faisant état d'évènements plus généraux relatés sous diverses formes dans de nombreux livres traitant de ce thème. Il n'empêche que j'ai trouvé émouvant l'ardeur que met l'auteur à défendre sa région, à protéger son amour puis, à essayer de le retrouver envers et contre tout et tous. Je ne connaissais pas le paragraphe 334 des Lois de Vichy et si je trouve injuste le fait que les homosexuels déportés n'aient pas eu droit à la carte de déporté qui leur aurait permis de bénéficier de quelques aides à leur retour des camps, je peux comprendre le rejet des autres déportés lorsque les triangles rose ont voulu participer eux-aussi aux cérémonies commémoratives...(Cf: article que je vais rédiger sur mon blog principal).
Je recommande (sans influence ni autorité, aucunes) la lecture de cet ouvrage au combien intéressant, qui relate des faits dramatiques mais n'en fait par pour autant un récit larmoyant.
Le Cheval bleu de ma folie - Ian Gibson
Federico Garcia Lorca et le monde homosexuel
La quête obsessive et le plus souvent frustrée, de l'amour est le thème fondamentale de toute l'oeuvre de Federico Garcia Lorca, depuis la prose et les poêmes de l'adolescence jusqu'à la maison de Bernarda Alba, sa dernière oeuvre. Mais ce n'est qu'aujourd'hui, après des décennies de silence, d'occultations et de pudibonderies qu'il est possible d'analyser cette oeuvre à la lumière de l'homosexualité du poète, difficile à assumer dans une Espagne intolérante et machiste.
Dans ce livre passionnant et passionné, le grand hispaniste Ian Gibson annalyse minutieusement les écrits intimes du jeune Lorca, imprégnés d'angoisse sexuelle, et jette une lumière neuve sur l'oeuvre du poète, déchiré entre le chrétien et le dionysiaque, entre la chair et l'esprit, et qui, en dépit de tous les obstacles, a tenté de vivre et d'écrire sans jamais se trahir.
Ce livre constitue un apport essentiel et bouleversant à l'oeuvre de Federico Garcia Lorca et s'adresse à tous ceux qui aiment sa poésie, qu'ils en soient des spécialistes ou non.
Editions : Seuil - ISBN : 9 782021 011227 - Broché 362 pages - Prix : 24,50 €.
Le monde des Eunuques - Olivier de Marliave
La castration à travers les âges
Castration, émasculation, éviration, les mots ne manquent pas pour désigner une opération universellement attestée et encore pratiquée de nos jours. De la Chine à la Russie, de la Turquie à l'Inde, de l'Italie à l'Egypte, puissants ou serviteurs, les eunuques sont présents depuis des siècles.
Agissant dans l'ombre ou brillant à la cou, ils jouèrent très souvent une rôle primordial dans la conduite desempires, prenant même parfois la tête des armées. Mais tenus pour être des domestiques idéals en raison de leur "innocence", ils furent particulièrement recherchés par les marchands d'esclaves qui tiraient de bien meilleurs profits dans le trafic de ces hommes "doux et serviles".
Aujourd'hui - depuis 1923 seulement -, les castrats de la chorale de la Chapelle Sixtine, de la Cité Interdite ou des palais ottomans ont disparu. Pourtant, on trouve encore des eunuques en Inde, appelés Hijras - communauté estimmée à près de quatre millions de prsonnes, qui vit de mendicité ou de prostitution et à laquelle on attribue des pouvoirs sacrés - et jusque très récemment en Russie, avec la secte des dernier Skoptzy, qui espéraient "acheter le ciel" en s'automutilant.
Dans cette passionnante enquête, Olivier de Marliave nous dévoile l'histoire tragique de ce "troisième genre" qui, selon les époques et les lieux, fut - est - méprisé, craint ou vénéré.
Editions : Imago - ISBN 9 782849 521243 - Broché 223 page - Prix : 20 €
Mon avis : Indiangay
C'est avec une attention particulière que j'ai lu ce livre, qui marquait l'intérêt d'un européen pour des coutûmes qualifiées souvent d'un autre âge mais, qui à l'époque trouvait leur utilité.
L'auteur met en évidence ces mutilations sur le compte essentiellement de la religion. Que cette mutilation ait été faite pour motif religieux et de plein gré pour les hijras/aravani, et la secte chrétienne des Kopotzy. Il n'en est guère de même avec les Castrats, qui subissaient cet acte, encore enfants, aux fins de garder la pureté de leur timbre de voix. Quant en Orient et au Moyen Orient, les mobiles en étaient plus utilitaires et mercantiles. Et s'ils étaient dociles envers leur maitre, ils se montraient intraitables avec les femmes dont ils avaient la garde n'hésitant pas à appliquer les punitions quelles qu'elles fussent avec la plus grande sévérité pour ne pas parler de cruauté. Ce qui faisaient de ces êtres mutilés et incomplets des êtres craints, moqués, méprisés non seulement dans les harems mais également, dans les rues et ce malgré la puissance qu'ils pouvaient acquérir s'ils se montraient habiles à servir leur maître.
Ce livre m'a fait découvrir l'histoire des castras de l'église, à la recherche du fameux contre-ut mais également les raisons qui ont poussé des gens d'églises à transformer de jeunes garçons en eunuchs puisqu'il était interdit aux femmes de se produire sur des scène de spectacles.
Pour ce qui est de la secte chrétienne des Koptzy, en Russie, je n'en avais jamais entendu parlé et de ce fait, je suis fort content d'en connaître un peu plus à leur sujet et surtout sur leurs motivations à la castration. Je tiens tout de même à préciser que les Kopotzy sont eux aussi émasculés en totalité et que comme les Hijras/Aravanis, ils n'entreprennent aucune intervention chirurgicale pour une reconstruction génitale ou vaginale. En raison les motifs religieux de cette mutilation (Les Koptzy pensent atteindre par ce moyen la perfection et par là-même Dieu. Les Hijras/Aravanis commémorent le sacrifice d'Aravan en prenant la forme féminine de Khrishna).
D'autre part, le fait d'être castrés, émasculés pour certains, ne veut pas dire obligatoirement homosexualité. Nombre d'Euneuchs eurent des harems, des épouses et adoptèrent des enfants, que ce soit en Europe, Au moyen-Orien et en Orient et en Asie (chine). Le continent indien y a malheureusement fait exception, puisque depuis la fermeture des zénanas (appartements des femmes), l'accent est mis sur l'aspect religieux, le magique et la supertition. Leur reste, pour survivre, dans un monde révolu mais qui résiste malgré tout à toute évolution, des moyens aussi peu nobles que respectables.
Ecrivain voyageur, Olivier de Marliave a publié de nombreux ouvrages consacrés à la mythologie populaire et aux enquêtes ethnologiques.
Khâtem une enfant d'Arabie
Ayant perdu dans les guerres et les épidémies toute sa descendance masculine, le cheikh Nassib, à la tête d'une famille patricienne de La Mecque, finit par adopter le fils d'une servante afin de pouvoir à travers lui perpétuer son nom Prestigieux. Et voilà que sa femme donne le jour à une sixième fille, qu'ils prénomment Khâtem (en arabe, "sceau" ou "ultime").
La vie de Khâtem est environnée de mystère. Elle est venue au monde sans l'intervention d'une sage-femme et, avec son corps trop mince et son visage trop pâle, elle a les allures d'un garçon manqué. Peu à peu, à travers des scènes de la vie quotidienne, on commence à percer son secret, mais c'est seulement lors de sa rencontre inopinée avec une musicienne venue de Syrie qu'elle découvre elle-même, avec le plaisir, sa propre ambiguité sexuelle d'hermaphrodite. Elle doit enfin, lors d'un conflit violent qui agite la ville, quitter l'appartement des femmes où elle a vécu, et meurt en homme.
L'écriture maitrisée de Raja Alem, d'une élégance classique, lui permet de conduire son récit comme la révélation progressive d'une énigme. Avec son constant souci de précision dans la description des êtres et des choses. Elle fait admirablement revivre la société mecquoise traditionnelle du début du XXè siècle.
Editions : Actes Sud - ISBN : 9 782330 00076 9 - Broché 207 pages - Prix : 20 €.
Raja Alem est née à la Mecque en 1970. Elle a fait des études de langue et de littérature anglaises avant de publier uen douzaine d'ouvrages : romans, recueil de nouvelles, pièces de théâtre, Khâtem a été traduit en espagnol et a obtenu, en mars 2011, le prestigieux Prix international du roman arabe.








