Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

15 février 2017

Arrête avec tes mensonges - Philippe Besson

 

9782260029885

Quatrième de couverture :

Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répêter : "Arrête avec tes mensonges." J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier ; je suis devenu romancier.

Aujourd'hui, voil) que j'obéis enfin à ma mre : je dis la vérité, pour la première fois. Dans ce livre.

Autant prévenir demblée : pas de règlement de compte, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret. Qui a fini par me rattraper. 

Editions :  Julliard - ISBN : 9 782260 029885 - Broché : 194 pages - Prix : 18 €

 

Mon avis : Indiangay 

Dans ce livre Philippe Besson revient sur ses jeunes années, celles des premières émotions, de la découverte de sa différence, de ses premiers émois et de sa première relation amoureuse. L’art de la dissimulation, et l’apprentissage du mensonge, l’acceptation, voire  la résignation. 

Philippe Besson se revoit  en 1984 dans le corps d’un banal jeune homme de 17ans, à la tête bien pleine : Mathieu, lycéen de terminal dans un lycée de province. Souvent moqués par ses condisciples pour une homosexualité supposée en raison de ses gestes et attitudes efféminées, il assume tout en faisant mine d’ignorer pour ne pas confirmer leur doute. 

Dans la cour du lycée il remarque Thomas élève de terminal d’une autre section. C’est le coup de foudre, qu’il croit sans espoir, celui-ci n’ayant pas les mêmes attirances pense-t-il, et bourreau des cœurs de surcroît.

Bien que pour beaucoup les années 1980 soient synonymes de libération sexuelle (à Paris) ; reste qu’en province il n’en est pas tout à fait de même surtout parmi les adolescents. Thomas refuse son homosexualité. Il n’accepte pas ce qu’il ressent, ses émotions. Pour lui, l’apparence est tout.  C’est sous le couvert du secret, qu’il fera le premier pas vers Mathieu, qu'il l’initiera au plaisir de la chair, mais qu’il ne s’autorisera pas à regarder en public, ni à lui faire aucun signe amical, exigeant de celui-ci le silence absolu, sous peine d'une rupture de leur relation. 

Les rapports entre les jeunes gens sont inégaux, l’un ayant déjà connu d’autres hommes mais refusant d’accepter et/ou que ne soit dévoiler cette facette de sa personnalité. Pour le second, s’agissant d’un premier amour, il est prêt à tout accepter pour que celui-ci perdure dans le temps, y compris l’humiliation d’être invisible aux yeux de l’autre à l’intérieur d’un groupe afin de continuer à être aimé, ainsi que son bon vouloir pour une éventuelle nouvelle rencontre. Thomas est lucide, il sait que Mathieu fils d’instituteur poursuivra ses études « ailleurs », alors que lui fils d’agriculteur, restera à la ferme, se conformera aux convenances car c’est son devoir. Les années passant, les jeunes se perdent de vue l’un monte à Paris et devient écrivain, l’autre reste reprenant les terres familiales et assurant sa descendance. 

Les liens distendus mais restés très fort se renoueront à distance par l’intermédiaire du fils de Thomas rencontré par hasard dans un hôtel, lors d’une interview donné par l’écrivain la sortie de son dernier livre, et c’est par lui que nous saurons ce qu’il est advenu de son père, et comment il a mis fin à cette dualité qui était sienne. 

Il fallait toute la sensibilité et la délicatesse de Philippe Besson pour oser avec ce souvenir se mettre à  nu.

 

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14 février 2017

Celui qui est digne d'être aimé - Abdellah Taïa

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Quatrième de couverture :

Ahmed, 40ans est marocain. Il vit à Paris.

Il écrit à sa mère, morte cinq ans auparavant, pour régler ses comptes avec elle et lui raconter enfin sa vie d'homosexuel.

- Il envoie une lettre de rupture à Emmanuel, l'homme qu'il a aimé passionnément et qui a changé son existence, pour le meilleur et pour le pire, en le ramenant en France.

Par ailleurs, Ahmed reçoit des lettres de Vincent et de Lahbib.

Un roman épistolaire pour remonter le temps jusqu'aux origines du mal. Un livre sur le colonialisme français qui perdure dans la vie amoureuse d'un jeune marocain homosexuel.

Editions : Seuil - ISBN : 978 2 02 134307 6 - broché : 136 pages - Prix : 15 €

 

Mon ressenti : Indiangay

Abdellah Taïa n’en finit pas de ressasser son passé d’enfant pauvre dans un quartier populaire de Salé. De son homosexualité en marge dans un pays ou la religion est au cœur de la Société et la dirige, ou le seul espoir de d’améliorer sa vie est de s’exiler, en Europe !  

Dans ce livre nous découvrons la vie d’Ahmed au travers de quatre lettes s’échelonnant dans le temps : 

Une écrite à sa mère avec qui il règle les comptes douloureux du passé, Une seconde de Vincent, un homme qu’il a dragué au point de le rendre fou amoureux de lui et, qui l’a attendu en vain durant toute une journée dans un café de Belleville, une troisième, mais celle-ci  de rupture,  à Emmanuel l’homme qu’il a aimé ? et qui a changé son existence en le ramenant en France, une dernière que lui adresse son ami d’enfance, son presque frère Lahib, juste avant de se suicider.  

J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je n’y ai pas forcément vu les mêmes choses que l’auteur quand il reproche à sa mère, sa dureté, sa mise à l’écart du père et sa prise de pouvoir à sa mort.  

Mais, n’est-ce pas une revanche sur une vie imposée par la société ou la religion est très présente, ou les lois sont faites par les hommes, pour les hommes ? Son seul pouvoir pour exister se situait dans la chambre à coucher conjugale, elle l’a utilisé dès que cela lui a été possible ! Quant à sa dureté, sans doute provenait-elle d’une vie qu’elle n’avait pas choisie : Un époux porté sur le sexe (c’est Ahmed qui le dit) qui lui fait neuf enfants, l’a fait vivre dans la pauvreté, dans un minuscule appartement d’un quartier populaire de Salé quel espoir avait-elle ? Comment ne pas être aigrie de tant d’injustices ? 

Quant à lui, Ahmed, avant dernier fils non désiré d’une fratrie donc seul l’ainé est choyé, homosexuel de surcroit, conscient avec toute sa sensibilité propre qu’il lui faut s’en sortir pour ne pas « mourir » et qui pour cela, est prêt à tout ! Son innocence il y a longtemps qu’il l’a perdu et lorsqu’un qu’un européen lui demande son chemin sous un prétexte fallacieux, il comprend. Il comprend et saisi sa chance pour sortir de cette pauvreté qui lui colle à la peau. Nulle tromperie d’un côté ou de l’autre. L’Européen voulait un jeune homme pour satisfaire ses appétits, le jeune homme voulait l’Européen pour exister, fuir cette misère sociale. Chacun, un temps, y a trouvé son compte.  

Ahmed plus jeune a suivi les conseils d’un homme, plus mûr, pour évoluer dans la Société. Il s’est construit à son contact au point d’avoir à se renier. L’homme a fait ce qui fallait pour lui tant que leur histoire à durée, tant qu’Ahmed avait la jeunesse puis, l’un et l’autre se sont éloignés. Ahmed parce qu’il avait perdu son identité, l’homme parce qu’il avait déjà remplacé Ahmed en pensée par un autre marocain plus jeune.  

Quant à la rencontre de Ahmed avec Vincent, et ce qui en a suivi, je l’ai pris pour une revanche, la vengeance d’un humilié, envers un innocent qui avait pour seul tort d’être européen.  Symbole d’un pays colonisateur avec sa force économique et intellectuelle envers un pays qui a été colonisé et qui peine à panser ses plaies, et revanche de celui-ci qui a la jeunesse et la sensualité qui manque à l’autre. 

La relation d’Ahmed avec Lahib et sans doute la plus sincère, il est son ami, son frère, à qui il dit tout, avec qui il peut tout partager sans honte, celui qui lui raconte sa vie avec Gérard. Le pourquoi il ne pouvait revenir en arrière, le poids trop fort des traditions, cette misère qui colle à la peau et le fait surtout d’avoir été pris et jeté comme on le ferait d’un objet trop usé et abusé. 

En substance comment se construire sans se déconstruire question ouverte ! L’homosexualité ne suffit pas pour faire de nous des égaux et ce quel que soit le pays d’où nous venons… 

 

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11 décembre 2016

Un garçon d'Italie - Philippe Besson

Un garçon d'italie

Quatrième de couverture  :

"L'été finit à Florence, ville des princes et des énigmes. Mon histoire, elle, commence.

Je m'appelle Luca et j'ai disparu. Deux êtres sont à ma recherche : Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder aux abords de la gare.

Que je vous dise : Je suis mort. Pourtant c'est bien moi qui parle."

Editions :  10-18 - ISBN : 978 2 264 051042 - Poche 221 pages - Prix : 7,10 euros

 Mon avis : Volodia

Ce livre est écrit à trois voix, celle du mort : Luca, celle de sa compagne Anna et celle de Leo. 

Le corps de Luca est retrouvé dans l'Arno, la police enquête. Suicide, meurtre, accident ? pour ce faire elle interroge ses proches : ses parents, sa petite amie et au fil de l'enquête en vient à s'intéresser à Léo. Léo prostitué de la gare, qui vend ses charmes aux hommes d'un certain âge, honteux, pressés, mais ne pouvant résister à leurs pulsions.

Dans ce ménage à trois bien compartimentés, Luca aimait Anna et Léo. Anna aimait Luca sans avoir connaissance de l'existence de Leo. Léo aimait Luca et acceptait l'amour qu'il portait à Anna. 

Anna ne cesse de s'interroger sur la mort de son compagnon, ainsi que sur le lien qui les unissait. S'agissait-il réellement d'amour ? ils ne vivaient pas ensemble, il ne lui avait jamais dit je t'aime, il acceptait toutes les marques d'affection mais n'en rendait aucune. Qui était ce mystérieux Léo, comment s'était-il connu ? quel était ses rapports avec lui ? Qui était en réalité Luca ? 

Pour Léo, qui de par son métier à toujours refusé de s'attacher à quelqu'un et n'avait connu que des rencontres fugaces, des amitiés jamais abouties, des liens noués que par intérêt. Qui ne s'était contenté que d'oeillades fuyantes et d'étreintes mécaniques, sans châleur. L'indifférence de Léo, sa décontraction, son aisance on fait la différence. Ils s'étaient trouvés, cétait une évidence !

Luca, celui par qui tout ce désastre arrive. Luca qui a toujours aimé les hommes, sans pour autant renoncer aux femmes, raconte "l'après" sa mort, sa décomposition. Se désole de la découverte de sa double vie, tout en justifiant ses choix. 

Au fil du récit on sent que la mort de Luca est relégué au second plan et sert de catalyseur à une introspection de l'âme de chacun des protagonistes.  

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17 octobre 2016

Le Tombeau des Amants - Lang Xyang - Conte chinois des la fin des Ming

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Quatrième de couverture :

Contrairement à ce que l'on aurait tendance à croire, le thème de l'homosexualité n'est pas rare dans la littérature chinoise, notamment à la fin de la dynastie Ming (1368-1644), mais ce motif particulier reste invariablement traité, à cette époque, au sein d'un genre érotique qui laisse peu de place à l'expression  de sentiments véritables et profonds.

Le Tombeau des Amants, composé quant à lui vers 1635 par un auteur qui ne nous est connu qu'à travers le pseudonyme de Langxian, est le seul à évoquer une belle - quoique tragique - romance, entre deux jeunes étudiants, et ce sans jamais sacrifier à la crudité et à la facilité de scènes lestes 

La traduction de ce conte chinois inédit en français s'est attaché à restituer dans son intégralité la remaquable qualité littéraire de ce texte unique en son genre qui ravira tous les amateurs d'histoires d'amour, quels que soient leurs modes et leurs lieux d'expression.

Editions : Cartouche : ISBN : 9 782915 842920 - Broché : 63 pages - Prix : 12 euros

 

Mon avis : Volodia

Dans ce récit, toutes les étapes de l'intrigue amoureuse traditionnelle sont réunies. 

L'attirance de deux étudiants, due au hasard d'une rencontre, dans ce qui serait de nos jours, l'équivalent d'une classe préparatoire, relative à une entrée sélective dans la bureaucratie impériale, pour une foultitude de candidats.

La naissance d'une passion, non partagée dans un premier temps, puis devenant vite exclusive. Sa montée en puissance avec sa compréhension par le commerce de la chair. Viendra ensuite la découverte de l'idylle par des jaloux moqueurs, qui composent une aussi piquante que cruelle ritournelle accusatrice, cause d'une fuite, ultime solution pour des multi-criminels.

N'ont-ils pas fauté contre toutes les règles de conduite inculquées par une éducation reposant sur la piété filiale ? et enfi, la mort qui ne tardera pas, aussi implacable qu'inexpliquée, laquelle scelle leur union.

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13 juillet 2016

Contes d'amour des samouraï - Saïkakou Ebara

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Quatrième de couverture :

Ces contes d'amour rédigés par le grand écrivain Saîkakou Ebara sont la peinture des moeurs de ces chevaliers féodaux, prompts à s'aimer entre eux afin de ne pas tomber dans les rets d'amours féminines jalonnées d'artifices. Car la relation avec une femme passait, dans le milieu des guerriers, pour rendre un homme faible, lâche et.... efféminé.

pourtant, la voie de l'amour mâle n'épargne pas ses adeptes, même lorsqu'ils sont d'insignes combattants. Les affres de passions parfois douloureuses - au point qu'un certain nombre d'entre-elles se soldent par le suicide.

A travers ces treize récits, c'est toute la beauté et la complexité du Japon du XVIIème siècle qui prend corps sous la plume libertine et chevaleresque de Saïkakou.

Editions : Cartouches - ISBN : 9 782915 842951 - Broché 125 pages - Prix : 10,20 euros.

 Mon avis : Volodia

Ce livre est un petit bijou. Il dépeint les moeurs féodales chez les samouraï ou semble-t-il la pédérastie (et non pédophilie je le précise) était chose tout à faire courante et normale vu leur haute opinion des femmes. Celles-ci n'étant considérées que pour leur rôle de reproductrice.

C'est beau, doux, délicat, raffiné, poétique. Sans phrase indécente et/ou obscène.  L'adulte y tenant le rôle d'initiateur, de maître de la connaissance comme aux temps des grecs et des romains, alors que les pages (apprentis et/ou jeunes samouraïs) y faisaient office d'élèves, le favori étant élevé au rang d'amant.

Dans ce livre, il est question d'amour sincère (du samouraï) envers le page (favori) qui l'accepte et lui rend au centuple, de traitrises (par un serviteur ou un autre page jaloux), de bravoure face à l'adversité et surtout d'honneur porté jusqu'au boutisme (donc la mort par hara-kiri). Quelques femmes y font leur apparition, réduites à l'état d'empêcheuses de tourner en rond, souvent haïes quand elles ne sont pas tout simplement ignorées.

Un livre à offrir sans modération à votre aimé...

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Martyre précédé de Ken - Yukio Mishima

Martyre

Quatrième de couverture :

Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire.

L'équipe de Kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entre les membres de l'équipe s'exacerbent...

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 314553 - Poche 123 pages - Prix : 2 euros.

 

Mon avis : Volodia

Les récits de Mishima sont toujours très particuliers, ils évoluent entre étude psychologique, culture et valeurs traditionnelles japonaises avec au premier plan : honneur, pureté, courage, sacrifice, mais également avec des sentiments propres à l'auteur : tels qu'homosexualité refoulée, désir, une certaine forme de sadisme. Ce livre n'y fait pas exception. 

Ken se déroule dans un club de Kendo. Le jeune Mibu admire le capitaine de l'équipe Jirô pour sa maîtrise du sabre, son tempérament et sa force qui en font un adversaire hors du commun. 

Les autres membres de l'équipe profite d'un stage effectué au bord de la mer, pour remettre en cause l'autorité  de leur capitaine qu'ils jalousent. Tiraillé entre son admiration pour Jirô qui représente la perfection qu'il ne pourra jamais atteindre, et sa volonté de ne pas vouloir s'exclure de l'équipe, Mibu hésite,  

L'intérêt de ce récit résulte en la description précise de l'univers typiquement japonais des clubs de kendo, de leur discipline, de leur valeur et de la manière dont les élèves se doivent de les respecter. En plus d'une étude psychologique montrant comment par son talent Jirô cristallise peu à peu la jalousie et la rancoeur des autres kendokas.

Jirô qui porte au plus haut les valeurs de la cuture traditionnelle fussent-elles surannées

ne peut supporter que celles-ci soient bafouées et remise en cause. Aussi, préfère-t-il mettre fin à ses jours dans une ultime et vaine protestation.

 

Martyre  est le récit de deux jeunes gens : Watari et Hatakeyama, vivant dans un pensionnant et entretenant des rapports ambigus, entremêlés de haine, et de désir qui vont pousser Hatakeyama à tenter de tuer Watari.

Dans cette nouvelle Mishima dépeint des sentiments troubles qui évoluent entre désir et lutte pour dominer l'autre, sans possibilité pour le lecteur de n'être jamais fixé sur la vérité des relations qui unient ces deux enfants.

Ces deux récits portent sans équivoque l'empreinte de Mishima, mais ce ne sont pas ceux que je préfère car ils m'ont un peu laissé sur ma faim...! 

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19 juin 2016

Les dandys de Manningham - (Le siècle des grandes aventures 2) - Jan Guillou

9782330027483

Quatrième de couverture :

A l'issue de ses études en génie civil à Drestde, Sverre, le frère d'Oscar et de Lauritz - dont on suivait les aventures dans les ingénieurs du bout du monde -, s'enfuit à Londres avec son jeune amant, Albert.

Ce dernier vient d'hériter du titre de Comte de Manningham et doit désormais veiller au bon fonctionnement de son grand domaine dans le Wiltshire. Au lendemain des oursuites à l'encontre d'Oscar Wilde, l'heure n'est pas à l'acceptation de l'homosexualité et les deux amoureux sont contraints de trompter les apparences au sein de l'aristocratie anglaise.

Heureusement pour échapper aux règles strictes de la bienséance, il y a les artistes libertins du Bloomsbury Group et la joyeuse effervescence intellecturelle et artistique qui les accompagne. Et si les nuages menaçant de la Grande Guerre obscurcissent déjà l'horizon, personne ne semble encore s'en soucier...

Le deuxième volet de la passionnante saga de Jan guillou sur l'histoire du XXème siècle, revisitée à travers le destin de personnages tous plus attachants et inoubliables les un que les autres.

 

Editions : Babel - ISBN : 9 782330 053260 - Poche : 411 pages - Prix ; 9,70 euros

 

Mon ressenti : Indiangay

Bien qu'il existe un tome 1 et qu'il existera vraisemblablement un tome 3, ce volume peut être lu avec toute la compréhension souhaitable, puisqu'il fait état d'une partie, d'une étape, dans la vie de Sverre, un des trois frères vikings norvégiens.

Dans ce volume : Après avoir été diplômé Ingénieur des chemins de fer, frais émoulus de Dresde (Allemagne), Sverre au lieu de rembourser comme, il s'y était engagé avec ses deux frères, la société de bienfaisance "La Bonne Intention" de Bergen (Norvège) qui leur avait à tous trois payée les études, décide de s'enfuir en Angleterre avec son ami Lord Albert Manningham, surnommé Albie, diplômé lui aussi de la même université.

Les deux hommes ont de grands projets pour améliorer le confort des passager des chemins de fer tant niveau moteur, poussière, suspension des locomotives et des wagons. Toutefois, après quelques mois, il s'avère qu'ils sont l'un et l'autre plus passionnés d'art que de techniques. De part ses obligations de Lord implicant la gestion d'un domaine, Albie continue à s'investir dans son métier alors que Sverre se tourne de plus en plus vers la peinture. 

Au fur et à mesure du déroulement de leur vie, nous suivons non seulement les progrès techniques  du début du 20ème siècle, mais également le carcan qui régit les règles de cette fin du 19ème siècle, avec ces apparences qu'il convient de sauver à tout prix alors que personne n'est dupe. Ces dames, qui bien qu'éduquées selon l'étiquette, jouent les "cache-tapettes'" ou trouvent des moyens d'émancipation avec l'approbation de leur "mari de complaisance".

J'ai particulièrement aimé la façon dont s'incèrent dans le roman les évènements historiques, les raisons qui ont poussé des hommes d'un bout du monde à l'autre, à s'affronter sous prétexte d'apporter la civilisation en Afrique, en prétextant que c'était bien pour eux, que c'est ce que les africains voulaient, puis les répressions disproportionnées pour leur soulèvement et qui n'ont profité qu'aux propriétaires d'exploitations de caoutchouc, de minerai et autres...

La description des critiques sur les premières expositions des peintres impressionnistes français au travers des journaux britanniques de l'époque est effroyable, aussi bien par la virulence de leur propos, que par la violence antifrançaise qui s'y dégage, et le nationalisme triomphant d'un peuple replié sur lui-même, presque maître du monde par ses colonies, mais tellement imbu de sa supériorité et de son bon droit. 

Le scandale des premières suffragettes. Le profilage au loin de cette guerre avec l'Allemagne, dont les anglais estimait qu'elle ne pouvait avoir lieu, tellement ces deux nations étaient amies, se complètaient, et dont personne ne voulait sauf la France pour récupérer des territoires perdues par la guerre de 1870. Les sentiments nationalistes exacerbés lorsque celle-ci éclate, la chasse aux hommes en âge d'être sous les drapeaux, et qui pour une raison ou une autre ne le sont pas, avec en toile de fond la lâcheté pour les homosexuels, la traitrise pour les pacifistes, avec passage à tabac sous les yeux d'une foule déchainée et de policiers complices, avec pour parfaire cette mise en scène la remise d'une plume blanche symbole par excellence de couardise...

Ce livre à tout pour plaire, une histoire de progrès technologique, une histoire d'amour, des évènements historiques et une fin intéressante. Je me permets de le recommander à la lecture.

 

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A propos de l'Auteur :

Né en 1944 d'un père français et d'une mère norvégienne, Jan Oscar Sverre Guillou est l'un des plus célèbres écrivains et journaliste suédois. Ses oeuvres se sont vendues à plus de dix millions d'exemplaires en Suède et son traduits en une vingtaine de langues.

 

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02 mai 2016

Un homme Accidentel - Philippe Besson

9782264048516

Quatrième de couverture : 

Deux êtres que tout sépare se trouve brutalement réunis par la mort d’un inconnu. 

Aussitôt entre ces deux-là, surgit, sans qu’ils s’y attendent et sans qu’ils puissent s’y opposer un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge. 

A Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse. 

 

Editions : 10/18 – ISBN 9 78 2264 04851 6 – Poche : 256 pages – Prix : 7,50 euros

 

Mon avis : Volodia

Ce livre commence par une intrigue policière, mais au fil des pages se déroule l’histoire d’une passion. Une passion incongrue, dévorante, scandaleuse. 

Le héros un peu désabusé,  à la carrière toute tracée est policier à Beverly Hill,  la découverte d’un jeune homme assassiné,  dans ce quartier hautement surveillé par toute une batterie de caméra et d’agents de sécurité d’étonne.  Désigné pour mener l’enquête, il découvre que le jeune homme était prostitué et petit trafiquant de drogues à ces heures.  Dans les poches du garçon se trouvait un carnet avec une liste de noms dans laquelle figure …. star de cinéma au passé trouble…. 

J’ai eu l’impression en lisant ce récit que l’intrigue policière n’est que le moyen de mettre en scène une histoire d’hommes.  Car c’est plus de cela qu’il s’agit  - l’intrigue étant peu consistante, le meurtrier ayant  avoué rapidement. – Cette rencontre est celle de  deux hommes que tout sépare et qui se prennent de passion l’un pour l’autre,  une histoire d’amour, virile, ardente et insensée au cours de laquelle, le policier n’hésite  pas longtemps entre une vie rangée avec une épouse qui porte leur enfant, et l’opprobre de la société envers une relation contre nature,  criminelle, faisant voler en éclat ses certitudes. Pour elle, il perdra sa famille, sa réputation, et son honneur … ! 

J’ai bien aimé ce livre, non par l’histoire proprement dite, car non seulement l'intrigue est inexistante, mais également parce que j’ai toujours du mal à croire, qu’un homme hétéro puisse s’enflammer pour un homme, avoir des relations intimes avec lui, et « tout quitter du jour au lendemain », ce qui est un tort, car la situation existe bien ! Non, ce qui m’a énormément  plu, c’est l’introspection que fait le policier (qui est aussi le narrateur) de sa situation, de ses sentiments. Ses atermoiements, son angoisse, son désarroi, puis son désespoir et  son mal être suite à l’absence de celui qu’il a aimé plus que tout.  Par ailleurs, les « obligations et contraintes » d’une star de cinéma face à son public, l’opiniatreté et les « coups bas » des journalistes prêt à tout pour vendre quelques photos et ainsi devenir célèbre en disent long sur cette profession (la race après de serpent ….) et sont intéressantes à plus d'un titre. 

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08 avril 2016

Salon de beauté - Mario Bellatin

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Quatrième de couverture : 

« Il y a quelques années, mon intérêt pour les aquariums me conduisit à décorer mon salon de beauté avec des poissons de différentes couleurs. Maintenant que le salon est converti en un mouroir où vont terminer leurs jours ceux qui n’ont aucun autre endroit pour le faire, il m’est très difficile de constater que les poissons ont peu à peu disparu ». 

Editions : Christophe Lucquin – ISBN : 9 782366 260 700 – Broché 76 pages – Prix 12 euros. 

Mon avis : Volodia 

Je, est celui qui raconte son histoire. Il n’a pas de nom, il est seulement Je,  un travesti,  coiffeur et propriétaire d’un salon de coiffure. Bien que celui-ci soit mixte, ce sont essentiellement des femmes qui viennent s’y faire coiffer, car elles semblent « indifférentes au fait d’être soignées par des stylistes portant presque toujours des vêtements féminins ». 

Pour se démarquer des autres salons du quartier, et lui donner un peu de luxe, Je, a choisi de l’équiper d’aquariums ou évolueront des poissons. Différentes sortes de poissons, non fragiles ne nécessitant pas de soins particuliers, dont la vue et les circonvolutions détendront ses clientes, « qu’elles aient pendant leurs soins l’impression d’être immergées dans une eau cristalline avant de réapparaître à la surface, belles et rajeunies ». 

Je, nous détaille ses choix sur les futurs occupants des aquariums, les soins prodigués, mais également leur mort somme toute assez tragique. Parallèlement, il se laisse aller à  des confidences sur son passé,  sa vie, et ses frasques avec les 3 autres coiffeurs. Sur le changement qui s’est opéré sur le salon et la tâche qu’il s’est donnée d’accomplir. 

Ce salon initialement destiné à la beauté, s’est transformé, un peu par hasard, en mouroir, non pas en un hôpital ou une clinique, mais seulement  en mouroir – le premier pensionnaire qu’il a accepté, l’a été à la demande d’un des compagnons qui travaillait avec lui. Le jeune homme avait été abandonné par son ami dès que celui-ci avait appris sa maladie, aucun hôpital,  ni sa famille ne voulaient l’accueil ni le prendre en charge. Privé de ressources, il ne lui restait qu’à mourir dans la rue -.

Les règles  sont très strictes. N’y sont admis que les malades en phase terminale, les dons d’argent en espèces, les confiseries, et le linge de lit. Pour faire face à cette nouvelle étape du salon, tout le matériel professionnel a été vendu, pour acheter, des lits métalliques, des matelas de paille, des ustensiles. Les miroirs ont été retirés pour éviter la vue de la multiplication de l’agonie des occupants. 

Je, s’active seul - Surtout pas d’associations, ni de sœurs de la charité, qui viendrait prier pour les malades, pas de femmes, aucun médicament.  - auprès de ses pensionnaires, ceux-ci ne manquent de rien. Il va jusqu’à affronter les habitants du quartier qui veulent faire brûler le mouroir mais qui s’arrêtent à la porte, rebutés par l’odeur qui y règne. Un jour, Je se sens plus faible. Il découvre des taches sur sa peau, et  comprend alors que son tour est venu, mais que lui sera seul, ses compagnons étant déjà morts. Il s’inquiète alors du devenir de son salon lorsqu’il sera trop faible pour se lever.  Je, pense qu’il fermera toutes les ouvertures, n’ouvrira à personne. Et peut -être que les institutions pour qui aider est une forme de vie, défonceront la porte.  On comptera parmi elles, « les Sœurs de la Charité » et les associations à but non lucratif.  Mais le plus probable est que quelques jours plus tard, ils défonceront la porte et « me trouveront mort, mais entouré de la splendeur d’autrefois ». 

Ce  n’est pas un livre larmoyant, ni même triste. L’auteur maintient une distance entre l’écriture et le tragique de la situation. Son personnage semble indifférent et résigné à l’inéluctable. C’est beau, c’est fort, ça vous prend au creux de l’estomac. J’ai adoré ce récit, bien qu'il m'ait bouleversé ! 

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A propos de l’auteur :

Fils de parents péruviens, Mario Bellatin est né à Mexico. Il est né sans bras droit. Sa famille part pour le Pérou lorsqu’il a quatre ans. Il étudie la théologie pendant deux ans au séminaire Santo Toribio de Mogrovejo, puis les sciences de la communication à l’Université de Lima. C’est à Lima qu’il publie son premier livre en 1986 : Mujeres de sal.

En 1987, il part pour Cuba afin d’étudier le scénario de film à la Escuela Internacional de Cine y Televisión à San Antonio de los Baños. De retour au Pérou, il continue à y publier ses œuvres jusqu’en 1995 - date à laquelle il regagne le Mexique.

Bellatin a été directeur du Département de Lettres et Sciences Humaines de l'Université du Cloître de Sor Juana et membre du Système national des créateurs du Mexique de 1999 à 2005. Il est directeur de l’École dynamique des écrivains à Mexico, créée en 2001, qui propose des méthodes alternatives de création littéraire.

L’écriture de Bellatin est fortement influencée par sa formation académique, d’une part, mais aussi d’autre part par son expérience du cinéma. Il propose une réalité fragmentée dans le temps, non linéaire, et cherche à créer des sensations fortes, troublantes, déstabilisantes, chez le lecteur. Son œuvre, fortement expérimentale, est un jeu permanent entre réalité et fiction, entre récits apocryphes et biographies, qui crée des situations improbables, étranges et parfois drôles." 

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07 avril 2016

Un tango au bord de la mer - Philippe Besson

Un tango en bord de mer

Quatrième de couverture : 

« On a été heureux ensemble…

- Toi et ta nostalgie…

- Et puis, un jour, ç’a été terminé…

- C’est comme ça. On n’y peut rien.

Peut-être qu’on n’a pas assez essayé.

Peut-être qu’on n’y a pas assez cru.

- Je croyais que tu détestais les couples.

La durée. Ces choses-là. Bourgeoises. » 

Lui est un écrivain célèbre, la quarantaine. L’autre est un jeune homme qui cherche encore sa voie. Quelques années auparavant, ils se sont follement aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d’un grand hôtel en bord de mer. Une atmosphère irréelle, propice au souvenir et à la confidence…

Mais la magie d’un décor peut-elle suffire à faire renaître la vérité des êtres et des sentiments ?

 

Edition : Julliard – isbn / 9 782260 022015 – Poche : 76 pages – Prix : 9 euros 

 

Mon ressenti : Indiangay 

Cette pièce est l’autopsie d’une rupture, ses causes et les stigmates qui en résultent. Il met exergue les intermittences du cœur, la difficulté d’aimer. 

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, qui est en réalité une pièce de théâtre. Dans le livre, les personnes sont nommés : Lui pour Stéphane, l’autre pour Vincent, ce qui oblige dans les premières pages à un fréquent retour à la préface pour se rappeler qui est qui. 

Bien que son utilité soit nécessaire aux acteurs, je pense qu’une pièce de théâtre n’est pas faite pour être destinée à des lecteurs. Elle prend toute sa dimension à être jouer sur scène. Ce qui donne une plus de force au texte. Permets aux acteurs le jeu des questions-réponses et une gestuelle, des attitudes, des expressions de visages montrant l’intensité de leurs sentiments.

Posté par Indiangay à 19:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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