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Nouveautés : 

- Les professionnels qui avaient le salon pour eux le lundi (ce qui arrangeait tout le monde, vu que les commerces sont souvent fermés le lundi) ont vu leur matinée réservée, décalée au jeudi matin. 

- La nocturne habituelle du vendredi soir, elle aussi a été décalée au jeudi soir, les 3 autres jours ayant vu leur fermeture à 20 h au lieu de 19h.

 Tarifs : 

- Accréditations et Invitations pour les non professionnels difficiles à obtenir.

- Prix 12 euros – Gratuit moins de 18 ans – 6 euros pour les moins de 26 ans et les personnes à partir de 60 ans.

- Plus de tarifs forfaitaires pour les 3 jours

- Plus de réduction pour les demandeurs d’emploi. 

En qualité de libraire, je n’ai pas à me plaindre puisque j’ai bénéficié d’invitations (moins nombreuses que les autres années). Sauf que j’ai dû prendre ma matinée du jeudi alors que je suis fermé le lundi (heureusement que babouchka a pu me remplacer).

Par contre, j’ai trouvé le prix d’entrée pour le commun des mortels assez conséquent, attendu que ce salon n’est qu’une immense librairie ou les visiteurs viennent « consommer », dépenser leur argent sans aucune contrepartie : à savoir aucune réduction (5%) que la loi autorise. De plus, pour les personnes amenant un livre personnel à dédicacer par un auteur, il leur en coûte 2 euros de plus par livre. Ce qui ramène leur prix  d’entrée à 14 euros. Hum, il n’y a pas de petit profit d’accord, mais là je trouve que c’est un manque d’élégance des organisateurs, des éditeurs ? des auteurs ?

D’un autre côté, il faut savoir qu’obtenir un stand même tout petit coûte une véritable fortune, frais de dossier, installation de stand (possible clés en mains), location environ  + de 1000 euros/jour minimum il y a déjà quelques années, sans compter les autres frais en amont : publicité, flyers, déplacement de livres, etc…. Un petit éditeur ou diffuseur peut-il se permettre une telle folie ? Pour ma part, j’y ai renoncé eu égard au peu de profits engrangés et n’ayant pas les reins suffisamment solides. Mais, en tout état de cause, je trouve malvenu de répercuter une partie desdites dépenses sur le visiteur… 

Je me mets à la place du visiteur lambda qui vient de payer son entrée : 12 euros, d’acquérir le livre convoité (moyenne 20 euros), qui pour couronner le tout, doit jouer des coudes, pour apercevoir son auteur favori, faire la queue debout en pleine chaleur, et/ou se doit de régler 2 euros  s’il a amené son livre, afin que ce grand seigneur qu’est l’auteur condescende à apposer son paraphe  avec un petit mot tout à fait banal et convenu. Lamentable ! Mesquin et sordide ! D’autant que les auteurs peut-être pas tous, mais bon nombre, s’ils ne sont pas rémunérés lors de ces séances d’autographes, sont défrayés de leur repas et de leur hébergement. 

Et l’industrie du livre se plaint ? Rien n’est fait pour faciliter l’accès à la lecture. Il y a quelques temps, la polémique faisait rage pour un retour de ce salon au Grand Palais, avec moins de superficie 12 000 m2, mais un public plus élitiste soi-disant (surtout plus snob et m’as-tu-vu). A contrario, il est vrai qu’à la Porte de Versailles nous sommes dans un hangar de 40 000 m2, avec une population de tous horizons se rassemblant autour des livres, tous types de livres. On ne peut même plus, par ailleurs, parler de concurrence avec l’ebook, car les livres vendus par cet intermédiaire sont souvent aussi onéreux que les livres imprimés, avec impossibilité de les prêter, et de plus, soumis au bon vouloir de l’éditeur qui du jour au lendemain peut le supprimer de son catalogue donc vous aurez payé un livre qui ne sera plus accessible avec votre liseuse… 

Je suis retourné au Salon avec Subramaniam, et l’avantage de nous y être rendus vendredi après-midi c’est qu’il y avait peu de monde. Nous avons pu flâner à notre gré le long des allées. Nos pas nous ont menés vers nos éditeurs préférés : Babel - Acte-Sud, toujours très bien placé à l’entrée du salon avec un étalage et un choix de titres et d’auteurs à faire pâlir d’envie les plus grandes maisons. Il faut dire que nous n’avons jamais été déçus à la lecture d’un de leur livre. Le comité de sélection est vraiment très bon. La littérature israélienne, toujours très discrète, était également représentée comme l’année passée. Nous y avons du reste fait quelques folies, idem au stand de la Russie, l’intérêt étant que les ouvrages présentés qu’ils soient littéraires ou politiques sont édités en français, mais surtout en russe ! A signaler également : la librairie des femmes, sise à paris 6ème, qui regroupe les œuvres et récits écrits par des auteures et écrivaines histoire de mettre plus en avant leurs récits et leur talent pour contrebalancer le sexisme existant, même, dans l’édition. 

Dans les allées principales et en gros pour ne pas les manquer sont regroupés, les plus prestigieuses ou du moins les plus célèbres maisons, pour n’en citer que quelques une : Gallimard, Laffont, Grasset, Albin Michel, le Seuil, les Editions Zuma, Lattès, Folio. Le Point, J’ai lu, etc…Pour notre part, des éditeurs plus modestes et que nous aimons ont retenu notre attention tels : Acte Sud, Babel, Payot Rivages, l’Olivier, P.O.L. , Bouquins, les Editions de Minuit, H& O grand absent de ce salon, etc… 

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Cette année l’honneur était donné à la Corée du Sud, le Continent Africain avec  Brazzaville et Pointe Noire, et Constantine en Algérie. L’invitée principale étant la Corée du Sud. Ce qui était une bonne idée car si les œuvres chinoises et japonaises ainsi que leurs auteurs sont assez connues du public, celles de la Corée du Sud passent plus inaperçues, souvent intégrées dans la rubrique « Japon » des librairies.

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Les choses avaient été bien faites, un petit fascicule avec le nom des auteurs invités et leurs œuvres, ainsi qu’un autre avec leur biographie étaient mis à disposition des visiteurs, pour faciliter une approche intéressante. Un podium de discussion était ouvert aux diverses questions des uns et des autres, avec une traductrice bien évidemment, les auteurs ne parlant pas le français. 

Idem pour l’Afrique francophone, dont j’avoue ne pas connaître les auteurs ni les œuvres proposées à la lecture et qui honte à moi ne m’intéressent pas ! Le monde arabe était bien représenté, mais trop peu de livres accessibles en français, et peu variés…. ! Egalement de nombreux forums de discussion, dont les animateurs et interviewés peinaient à remplir les sièges présents, ce qui n’était sans doute pas de leur fait vu l’heure et le brouhaha alentours. 

Comme tous les ans, nous avons été impressionnés par les proportions que prennent les romans de genre « fantasy » et les bandes dessinées. Nous nous sommes un peu attardés sur ces livres, et  reconnaissons que certains n’ont plus rien à voir avec les BD que nous connaissions. Là, le trait est superbe et relève d’un véritable graphisme, ainsi que les couleurs, et il y existe tous types d’histoires. Moyenne d’âge des visiteurs : de 17à 30 ans.

 A l’heure où nous traînions nos guêtres, la plupart des exposants cassaient la croûte et les auteurs et écrivains (sauf aux BD) n’étaient pas arrivés. A la place qui leur était destinée, s’offrait à notre vue : les chevalets portant leurs noms et la mention « ne pas s’asseoir ». Ces messieurs et dames sont arrivés vers 16h30 pour les moins connus. 

Le problème dans ce genre de salon, est que les visiteurs viennent en majorité pour voir des célébrités, et ce sont de ces personnes que les visiteurs veulent obtenir un autographe ou avec elles, qu’ils souhaitent faire un selfie. Aussi, j’essaye de me mettre à la place du jeune auteur, avec sa pile de livres qui se retrouve installé en face d’un Musso, ou d’une Amélie Nothomb entouré (ée) de fans, d’appareils photos et de journalistes, il y a de quoi déprimer. 

Pour notre part, nous aimons les livres pour leur contenu et nous apprécions certains auteurs, mais pas au point de jouer les groupies. Donc, comme nous étions épuisés, et par la chaleur et d’avoir piétiné (3h), nous sommes rentrés chez nous. Nous nous étions fixés un budget livres, mais hum, nous l’avons un peu dépassé, ce qui est normal et habituel chez nous.