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Le Paradise est ce club de Red Light de Montréal qui en 1930, accueille les « vieux garçons » dans un espace nommé le ringside. C’est là qu’Edouard Tremblay aimerait bien faire son entrée dans le « grand monde », peu après son embauche comme vendeur de chaussures sur l’avenue du mont-Royal. Car c’est à presque dix huit ans il est déjà emporté par le double qui l’habite, cette duchesse de Lnageais qui deviendra son personnage de folle des nuits de la métropole.

Et c’est aussi au Paradise que travaille la mère de Nana, Maria Desrosiers, toujours aux prises avec « cette boule dans la gorge, ce poids sur son cœur ». Autour d’elles s’agitent les membres de deux familles, à la merci de ce « maudit destin qui ne mène jamais où on veut aller » : Ti-Lou et Maurice, Victoire et Télesphore, Albertine et Madeleine, Teena, et l’inconsolable Josaphat-le-Violon qui se réfugie  à l’asile Saint-Jean-de-Dieu. 

Editions : Actes Sud – ISBN : 9 782330 028459 – Broché : 254 pages – Prix : 20 euros. 

Mon avis : Volodia

Les œuvres de Michel Tremblay ne se lisent pas, elles se savourent au même titre qu'un met rare et délicieux. Sa description des personnes de langue française vivant dans ce quartier modeste voire pauvre de Montréal marqué par la crise économique incite à l’empathie plutôt qu'à la pitié.

Edouard, gros garçon de 17ans, au physique malgracieux et au franc parler qui se cherche, se doute qu’il n’est pas tout à fait comme les autres, mais n’arrive pas à comprendre ce qui le différencie - on ne peut que l’aimer et suivre avec un plaisir non dissimulé ses atermoiements –qui traîne son ennui et son mal être vient de décrocher, sur les recommandations de sa tante,  un emploi de vendeur de chaussures, histoire de gagner un peu d’indépendance et d’aider sa famille qui en a bien besoin.

Après une altercation mémorable le 1er jour de son travail, avec un client « très élégant », qui le jauge de haut et se permet des réflexions désagréables à son égard, auprès de la gérante, alors qu’il fait fi de la présence d’Edouard, met le feu aux poudres. Notre client, pseudo élégant, n’en revient de la répartie dudit Edouard tout en le reconnaissant de la catégorie des « vieux garçons ». De fait, il l’invite au Club Paradise, afin qu’il rencontre quelques « amis » qui s’y retrouvent. Souci, Edouard bien que n’étant pas majeur (- 21ans) décide de s’y rendre par curiosité, surtout ne sachant pas ce qu’il en est de cet endroit, mais espérant y trouver des réponses à ses interrogations.

Dans ce livre, il est évidemment question d’Edouard, mais également de tout le petit monde qui compose sa famille et qui gravite autour de lui, et qui eux non aucun doute quant à son « orientation ». Tout le récit nous est conté, de la façon dont il aurait été parlé avec cet accent canadien populaire et particulièrement vivant que l’auteur arrive à retranscrire et à nous faire partager pour notre plus grand bonheur. Encore un sans faute de Michel Tremblay qui nous décrit le Québec des années 1930 très marquée par pression de la religion catholique dans la vie quotidienne des familles surtout sur celle des femmes.