14 août 2010

La mauvaise vie - Frédéric Mitterrand

lamauvaisevieMot de l'auteur  :

"Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d'une mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété. Autrefois on aurait dit qu'il s'agissait de la divulgation de sa part d'ombre : aujourd'hui on parlerait de "coming out". Il ne se reconnnait pas dans ce genre de définitions. La mauvaise vie qu'il décrit est la seule qu'il a connue. Il l'a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l'a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu'il était content de son existence puisqu'il parvenait à évoquer la nostalgie du bonneur. Mais les instants de joie, de succès, les rencontres n'ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée. Mainenant cet homme est fatigué et il pense qu'il ne doit plus se mentir à lui-même".

Frédéric Mitterrand.

 

Mon avis : Volodia

J'ai adoré ce livre. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il a été sujet à une telle polémique allant jusqu'à faire passer l'auteur pour un pervers pédophile.

J'y ai découvert un homme tourmenté par ce qu'il est. bien loin de ce que j'imaginais d'un homme avec une telle notoriété. Un homme d'une grande sensibilité et d'une délicatesse non moins grande, arrivé à un âge ou l'on fait fi de ce que peuvent penser "les autres" et ou on se remémore tout ce qui a été sa vie avec ses émotions, ses  joies, mais surtout ses déceptions.

Cet homme évoque dans cette autobiographie l'inavouable pour un homme de gouvernement. Il le fait, avec intelligence, lucidité, sans faux semblant, pudique même dans l'impudeur.  Sa relation tarifée avec un jeune prostitué Thaïlandais, son angoisse de ne pouvoir "aller jusqu'au bout", et son respect pour ce jeune homme l'empêchant "d'abuser" de lui comme il aurait pu le faire puisque compris dans la prestation, le considant comme un être humain qui a ses propres sentiments et émotions, un être humain et non "une poupée" dont on peu user et abuser.

C'est un très beau livre qui donne envie de lire d'autres écrits du même auteur.

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21 juin 2010

City Boy - Edmund White

9782259211383

Quatrième de couverture :

Les années 70 : au seuil de la banqueroute, en plein chaos urbain, jamais New york n'a abrité plus de dangers, d'audaces et de talents. En pleine ébullition intellectuelle et artistique, la ville de Susan Sontag, Truman Capote et Jasper John voit défiler les scandales et éclore les génies.

C'est là que le jeune Edmund White fait ses débuts d'écrivain, là qu'il croise William Burroughs ou Vladimir Nabokov, là que s'insinuent en lui cet esprit à la fois transgressif et désinvolte, cette mondaine subtilité et ce charme ambigu. Là encore que s'expriment tous ses appétits, ceux d'un lecteur boulimique, d'un curieux jamais rassasié, d'un sensuel en quête d'hommes, sans fard ni fausse pudeur, d'errances érotiques en interdits assouvis.

Parcours itiniatique traversé d'icônes et de passions, ce texte brosse le portrait d'une époque et d'une ville mythiques, sous la plume sulfureuse d'un écrivain en devenir, porte-drapeau d'une génération d'artistes gays.

Editions : Plon - ISBN : 978-2259211383 - Broché : 336 pages - Prix : 31 €

 

Mon avis : Volodia

J'aime particulièrement Edmund White. Ses récits s'entrecroisent  avec d'autres de ses oeuvres, ce qui en fait un livre autobiographique. Riche descriptif d'une époque ou foisonnait écrivains et artistes cherchant à devenir célèbres, commençant à le devenir ou l'étant déja.

Il décrit New York telle qu'elle était à l'époque, pauvre, salle, bruyante et surtout "noire" la population aisée blanche s'exilant en banlieue ou ailleurs, mais où l'on pouvait vivre avec peu d'argent et ou tout rêve était encore possible et accessible.

Cette époque a vu l'éclosion d'une liberté sexuelle ou les gays apprirent à ne plus avoir honte, osèrent s'exprimer et s'afficher. Faire l'amour dans d'autres endroits que les chiottes publiques, les camions et les docks. Ils rénovèrent des quartiers entiers, ouvrirent des bars, des boîtes, ou l'on pouvait consommer de tout et tous (poppers et mecs). Assouvirent tous les fantasmes longtemps réprimés par la création de backroom et de sling, sans se rendre compte qu'ils s'enchainaient eux-mêmes dans un ghetto ou ils finiraient par se décimer.

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La mort du moine - Alon Hilu

9782020829878Damas 1840. Un jeune homme juif, Aslan Farhi, homosexuel, fils d'un notable de la communauté déclenche malgré lui une série de malheur qui sera connue dans l'histoire sous le nom de "l'affaire de Damas". Les juifs du monde entier se mobiliseront pour prendre la défense de leurs frères persécutés.

Mêlant fiction et documents, plongeant tour à tour dans les méandres de la personnalité tourmentée d'Aslan et dans ceux, sensuels et mystérieux, de Damas, restituant avec verve la vie quotidienne des juifs sous l'Empire Ottoman, Alon Jilu conduit ses lecteurs d'une main sûre, dans une langue baroque et souple, qui joue avec un égal brio du registre émotionnel et poétique jusqu'au final poignant.

Roman historique, histoire d'amour, conte cruel, La Mort du Moine met en scène des personnages hauts en couleur : le père Tommaso, vieux moine débauché, Raphaël Farhi, le père brutal, Jacob Antebi, le Grand Rabbin de Damas, doux et héroïque, Oum-Dijan la chanteuse des bas-fonds. Mahmoud Altali, le bel enquêteur chrétien aux yeux bleus. Ensemble, ils forment une fresque humaine qui donne à ce livre son rythme trépidant et sa vitalité.

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16 mai 2010

"Lèvres Pêches" - Cui Zi'en

9782070128525Suite de monologues intérieurs, ce roman raconte la terrible histoire d'un père qui après avoir découvert l'homosexualité de son fils le châtre de sang-froid au bistouri.

Quand on sait que l'homosexualité en Chine est encore punie de 5 ans de prison, on a peu de peine à imaginer que ce livre n'a jamais été publié dans son pays. Texte sensible et puissant, entre conte initiatique et philosophique, un nouveau Pasolini à la mode orientale est né.

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21 février 2010

Le protocole compassionnel - Hervé Guibert

753191_2879525"C'est tout bonnement la suite de A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie : exactement ce que j'avais dit que je ne ferais jamais".

Un an et demi a séparé ces deux livres. Le temps de la renonciation à l'écriture, celui de l'expérience. On retrouve les mêmes personnages : Hervé Guibert, écrivain malade du sida, ses proches, la communauté des malades et de leurs soignants. Claudette Dumouchel, un jeune médecin de vingt huit ans, entre en Scène. Une étrange relation va s'inventer à chaque examen entre cette femme très belle et le narrateur. Une relation peut être proche de l'amour, on ne sait Jamais.

Un nouveau médicament, aussi, est apparu, très difficile à obtenir et incertain, encore au stade de l'expérimentation, le DDI. Aux Etats-Unis, il a déjà tué tois cents personnes qui se l'étaient procuré au marché noir et l'avaient utilisé sans connaître les doses, sans surveillance médicale, aveuglément, désespérément. En France, pour l'instant, on le délivre aux malades qui sont à la dernière extrémité, dans un protocole qualifié de "compassionnel" par les médecins.

"C'est ce nouveau médicament qui m'a permis de surmonter mon épuisement, et d'écrire". Si A un ami qui ne m'a pas sauvé la vie raconte l'étonnement et la douleur, la rage et la tristesse d'une homme de trente-cinq ans dans lequel s'est greffé le corps d'une vieillard. Mais le bonheur d'une rémission fait une incursion dans le malheur.

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Le Mausolée des amants (journal de 1976 à 1991) - Hervé Guibert

9782070427574Le personnage principal a 22 et 35 ans. Il est journaliste, il aspire à l'écriture, il n'en finit pas de mettre en forme un roman raté avec un personnage à la troisième personne. Le roman s'appelle "Le récit de la mesquinerie" il ne voit pas le jour. Et il glisse : il devient un récit d'amour.

On repère, dans la trame de ce livre, plusieurs livres en un, et aussi plusieurs refus de livres : un livre qui s'appelerait Roman posthume, un autre qui s'appellerait  Mes parents, encore un autre qui s'appellerait Autobus et métro, une suite des Aventures Singulières, un "Journal de travail, mais c'est le Récit d'amour qui l'emporte : bâti comme un amusolée pour les corps des amants.

Apparaît alors, pardessus-tout, le refus de ficeler un roman pour en livrer la matière brute, la vie continuité de la vie, des rêves, des rencontres, des aventures.

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16 février 2010

Le poulet tueur et la folle honteuse - Tennessee Williams

9782221109663

Les nouvelles de Tennessee William sont ses vraies mémoires. Tout ce qui lui est arrivé dans sa vie, réelle ou fantasmée, lui a servi pour les écrire. C'est particulièrement vrai pour celles que l'on a réunies ici et qui datent des années 1970. On s'en convaincra aisément en lisant "Le poulet et la folle honteuse", histoire d'une initiation gays d'un comique assez irrésistible. Ou encore, au rayon des fantasmes affectueusement misogynes "Miss Coynte de Greene" et Das Wasser ist kalt", délicieuses histoires de femmes attirées par le sexe mâle.

Pour Tennessee William, le désir est au coeur de nos existences. Bien plus important et fondamental qu'on ne se plaît à le reconnaitre. Malgré l'alcool, la maladie, les médicaments et le reste, l'auteur d'Un tramway nommé désir nous a libré dans ses dernières nouvelles un feu d'artifice tout à tout drôle, émouvant et qui - au-delà des excès de ses personnages - touche juste.

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08 février 2010

Un amour sans résistance - Gilles Rozier

51D7GJP0T3L__SL500_AA240_Quelque part en France, pendant la seconde guerre mondiale, un professeur d’allemand, amoureux de la langue de Heinrich Heine, cache dans sa cave les livres interdits par le régie nazi. Il n’est pas résistant, et accepte de traduire certains documents pour la Gestapo parce que sa sœur est maîtresse d’un SS.

 A la faveur d’une visite hebdomadaire à l’officine nazie, il aperçoit dans un couloir, au milieu d’un groupe de prisonniers, un jeune juif polonais dont il tombe immédiatement amoureux à cause de ses yeux couleur turquoise. Comme par enchantement, il le soustrait  aux griffes de ses futurs tortionnaires et le cache dans les ténèbres de sa bibliothèque clandestine. Chaque jour, il descend à la cave pour s’entretenir avec Hermann, son protégé, dont le corps l’obsède. Il découvre ainsi que l’amour physique, la langue allemande et la langue yiddish ont  chacun leur charme. Le professeur d’allemand, qui par ailleurs est marié, extorque, on l’a compris, le don de son corps au jeune juif en échange de la vie sauve.

 

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12 décembre 2009

L'homosexualité de Platon à Foucault

de Daniel Borillo et Dominique Colas

Anthologie critique :

2259197655"Vice", "péché", "crime", "maladie", "fléau social", : l'homosexualité - le mot est né au XIXè siècle - a toujours été stigmatisée et souvent persécutée. Cependant des thèses se sont affrontées, avec une intensité qui révèle l'importance des enjeux de la sexualité, de la normalité et de l'altérité : Platon parle sans la critiquer de la relation entre Alcibiade et Socrate, mais Aristote la juge "contre nature" .

Reprise par Saint Thomas et toujours défendue par l'Eglise de Benoît XVI, cette opinion se retrouve chez Kant, au siècle des Lumières. Une époque où; dénoncée par Voltaire , l'homosexualité, acceptée par les libertins comme Mirabeau, est valorisée par Sade.

Rompant avec les discours médicaux du XIXè siècle qui rangent "l'inversion" parmi les "dégénérescences", Freud , tout en classant l'homosexualité dans les "perversions", développe l'idée d'une bisexualité humaine. Une théorie adoptée par Lacan au XXè siècle, alors que Simone de Beauvoir ou Foucault contribuent à un profond changement des représentations et légitiment la revendication de leurs droits par les homosexuels.

Accompagnés d'une introduction et de notices, les textes de cet ouvrage sont signés e plus de cinquante auteurs. Ils relèvent de la philosophie (Christine de Pisan, Montaigne, Rousseau, Sartre), du droit (Bentham), de la théologie (Saint Augustin), des sciences sociales (Malinowski, Krafft-Ebing, Dolto).

Cette anthologie sans équivalent est un apport à la réflexion sur les libertés individuelles.

Daniel Borillo, juriste, maître de conférences à l'université de Paris X-Nanterre,  rattaché au Cersa-CNRS. Il a publié l'homophobie (PUFn 2001) et codirigé plusieurs ouvrages.

Dominique Colas est professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris, rattaché au Ceri (FNSP-CNRS). Il a publié plus de dix livres, dont Races et Racismes de Platon à Derrida (Plon, 2004).

 

Mon avis : par Volodia

J'ai été agréablement surpris en lisant ce livre qu'au départ, je lisais plus par obligation que par réel plaisir, et que je considérais comme un "pavé" monstrueux et passablement ennuyeux évoquant pour la énième fois les pseudos causes et les éternelles justifications de l'homosexualité et de ses plaisirs, "tare", entre toute de la société, quelle que soit les époques.

 

 

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06 décembre 2009

Oscar Wilde - Frédéric Ferney

Oscar_wilde"Nul ne fut, en son temps, plus admiré et plus dénigré que lui. Oscar Wilde appartient à la race malheureuse des sceptiques des fainéants, des esthètes. Mais ce n'est ni un cynique ni un fripon. Oscar le pitre ou Wilde le martyr ?

Toujours tenté par la dernière extrémité, imbu et un peu las de soi sans être dégoûté du monde, le trublion de l'Angleterre victorienne a été grisé par sa suprématie, foudroyé par le succès, puis il a connu l'opprobre, le déshonneur, la chute.

De l'épreuve subie et obscurément désirée - le procès -, la prison, l'exil -, qui anéantit le poète, l'homme sortira modifié, "auréolé", plus larde de gront et d'épaules devant ses juges. Mais nul n'a été plus lucide ni plus aveugle, sans jamais se renier."

Tout entier sous le charme de cet écrivain cabotin et agaçant, Frédéric Ferney en offre au lecteur un portrait passionnait. S'il avoue s'être demandé parfois "avec la naïveté du biographe attendri" qu'il n'est pas, s'il aurait pu être l'ami d'Oscar Wilde, il nous prouve avec brio et générosité, d'une plume trempée d'humour, qu'il lui est indéfectiblement attaché.

Romancier, critique dramatique, journaliste et animateur de l'émission littéraire Le Bateau Livre sur France 5, Frédéric Ferney est l'auteur de nombreux ouvrages dont La comédie Littéraire, Eloge de la France Immobile, et Le dernier amour de monsieur M.

 

 

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