16 mars 2016

La vie privée - Olivier Steiner

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Stristement réservé aux lecteurs avertis et aux plus de 18 ans

Quatrième de couverture :

Huis clos dans une maison du bord de mer. Tandis que la dépouille d’Emile repose dans une chambre à l’étage, le narrateur attend le dominateur. Une voiture se gare, c’est lui, le voilà dans l’embrasure de la porte, pile à l’heure, et sa ponctualité est déjà une forme de sévérité. Se joue alors la scène primitive, danse d’Eros et Thanatos, entre ombres et lumières « sexe et effroi ». Poussés aux derniers retranchements de la chair et de l’esprit, les corps exultent, souffrent et jouissent, livrent leur essence même.

Avec « la vie privée », Olivier Steiner signe une voyage sans retour, magnifique oraison funèbre, expérience de lecture rare où se dévoile notre humanité dans ce qu’elle a de plus noir et de plus cru.

Editions : L’Arpenteur  - ISBN : 9 782070 144860 – Broché : 145 pages – Prix : 13 €

Mon avis : Volodia


Emile vient de mourir, l’occasion pour Olivier de se pencher sur son passé et ce qui l’a amené à rencontrer ce vieil homme aussi solitaire que lui, son installation chez lui sans réelle invitation ni acceptation, avec en contrepartie des menus travaux à effectuer, puis les années venant à se dévouer à lui, à corps défendant.

Emile ne parle presque plus, Olivier fait les courses, le regarde « s’assoupir », le nourrit, le lave, le change, l’interroge, fait les réponses à ses propres questions. Il se regarde vivre, accomplir les gestes du commun, avec en filigranes des réminiscences de son passé.

Seule l’arrivée du Dominateur ( rencontré sur un site spécialisé) interrompt ses pensées qu’il troque contre d’autres plus émotionnelles, plus brutales, plus crues, conjuguées à la douleur physique et aux humiliations souhaitées, désirées, et encouragées.

Ce livre parle de corps, et de sensations abstraites. J’y ai oscillé entre fascination et dégoût. Car si l’ode offerte aux souvenirs d’Emile est superbe, le récit de ses plans culs et turpitudes avec le Dominateur m’a quelque peu révulsé.

Pour finir, je n’ai pas aimé ce livre malgré quelques beaux passages. Je n’arriverai jamais à comprendre ce qui pousse certaine personne à conjuguer amour avec domination, violence, humiliation tant verbales que physiques…. !

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20 septembre 2015

Dans ma chambre - Guillaume Dustan

1497671_4622848Il s'agit du premier roman de Guillaume Dustan. Essentiellement autobiographique qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie de l'auteur. Ses journées entières à pianoter sur minitel, pour rencontrer des "coups d'un soir". Des soirées et des nuits à se droguer, à s'envoyer en l'air avec des types qu'on drague et qu'on ramène chez soi comme des courses du supermarché.

C'est un livre cru, certains diront érotiques, d'autres dont je fais parti le jugeront pornographique, mais avec quelque chose d'autre que du cul et des performances sexuels, autre chose que la trivialité de l'auteur. Il est le reflet d'une époque en pleine période sida, une époque ou dans le milieu gay, tout le monde couche avec tout le monde, ou l'on ne s'étonne plus d'être séropositif et ou c'est la minorité qui est séronégatif. Une époque ou l'on commente la mort d'un tel avec une certaine indifférence. Une époque ou après l'étonnement, la peur et l'hécatombe des premiers cas de sida, un traitement vient de faire son apparition et l'on se reprend à espérer avoir encore quelques années à vivre, à profiter de tout ce qu'elle nous offre y compris ses excès. Car malgré la maladie, personne ne songe à changer ses habitudes, et l'on continue à draguer, à se shooter,  à "coucher" avec ou sans capotes, fréquenter les back rom du "Transfert" et du "Qg".  

Dustan, nous dévoile ses goûts à la limite de la violence dans le fantasme, les codes sado-maso et cette quête effrénée de mecs, de culs, de sperme et de drogues, toutes les drogues (popers, extasy, acide, cocaîne) qui circulent semble-t-il librement et que l'on offre ou s'offre comme on le ferait d'un verre.

Les descriptions torrides de scènes d'amour entre deux hommes, la description du "matériel" contenu dans ses placards, les initiations éprouvantes d'un partenaire. Nous assistons à une quête sans fin dans lequel Dustan semble se perdre à la recherche d'un amour impossible ?

Ce livre n'a pas les qualités littéraires que l'on s'attendrait à trouver chez n'importe quel auteur. Il n'a pas de style, pas de ponctuations, les phrases sont décousues, parfois incompréhensibles. Mais c'est un livre fort. Dustan a ce don de nous prendre aux tripes, de nous faire partager sa vie au point de s'oublier soi-même ce qui pour moi est assez est rare et,  j'ai aimé !

Editions : P.O.L. - ISBN : 9 782867 445255 - Broché 155 pages - Prix 14 euros

 

277192_192628567426080_4258714_nA propos de l'auteur:

Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès est né en 1965 à Paris. Il y est décédé en 2005 après avoir avalé par accident une surdose médicamenteuse (version officielle). Il a exercé la profession de Magistrat avant de se tourner vers l'écriture puis l'édition.

Il cré au Editions Balland, le Rayon Gay, qui deviendra par la suite "le Rayon" qui sera la première collection entièrement  LGBT éditée en France. Une cinquantaine de titres y seront publiés avant sa fermeture en 2003.

En 1999 il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Page". Sa renommée s'est accru en raison de sa position sur le barebacking, littérallement "monter à cru" ce qui lui vaudra les foudres de Didier Lestrade de l'association de lutte contre le sida Act Up.

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12 décembre 2009

Paradis de Tristesse - Olivier Py

9782742739226Cherchant l'absolu dans la pénombre rougeoyante du Trap, le narrateur s'est voué à la beauté de Pascua, l'ancien Skin à la cruauté si parfaite. Il est entré à jamais dans la dépendance de cet homme qui impose ses lois, en roi des cérémonies de la soumission amoureuse.

Au Trap, on croise aussi Alcandre, le vieux poète autrefois dandy au panache insolent , qui voudrait atteindre, par-delà l'humiliation du corps, la vérité de sa vie et la clarté des signes. Au Trap encore, il y a Grégoire ,titubant entre ce théâtre d'abjection et ses fiévreuses retraites chez les moines. Et il y a Ellert, le jeune père à la patiente douceur de victime...

 Méditation sur la condition humaine, sur l'art et la transcendance, Paradis de Tristesse met en scène des personages bouleversants, avides ou désespérés, qui cherchent, au-delà du désir, un chemin vers la joie, l'inspiration, la grâce.

Auteur, metteur en scène et comédien, Olivier Py est le directeur du Centre dramatique national d'Orléans. Il a publié de nombreuses pièces de théâtre chez Actes Sud-Papiers.  Paradis de Tristesse est son premier roman.

Mon avis : indiangay.

Je n'ai pas du tout aimé ce livre en raison de l'atmosphère plus que glauque que s'en dégage. J'ai trouvé ce livre grossier, ordurier et malsain. Les amateurs du genre sauront sans doute l'apprécier mieux que moi. Je n'ai en tout cas pas du tout envie de lire ou d'aller voir une autre oeuvre de cet auteur.

Mon avis : Volodia

Pour les amateurs de sado-maso....

 

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19 septembre 2009

Les mauvais anges de Eric Jourdan

 

 



Publié en 1955, interdit très vite, les Mauvais Anges traîneront pendant de longues années (30ans !), la malédiction d'une décision prise à l'époque par la fameuse Commission du Livre, entraînée par l'abbé Pihan, naturellement très averti, sans doute, de ces "amours particulières".

Ce que nous soulignerons surtout, c'est à quel point ce court roman de la folle passion de deux très jeunes hommes garde, aujourd'hui que la "littérature homosexuelle" se perd dans le réalisme le plus plat, le plus répétitif, le plus gratuit, une aura de trouble infini qui va droit au coeur, même de ceux qui sont le plus étrangers à cet entraînement amoureux.

 

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