11 décembre 2016

Un garçon d'Italie - Philippe Besson

Un garçon d'italie

Quatrième de couverture  :

"L'été finit à Florence, ville des princes et des énigmes. Mon histoire, elle, commence.

Je m'appelle Luca et j'ai disparu. Deux êtres sont à ma recherche : Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder aux abords de la gare.

Que je vous dise : Je suis mort. Pourtant c'est bien moi qui parle."

Editions :  10-18 - ISBN : 978 2 264 051042 - Poche 221 pages - Prix : 7,10 euros

 Mon avis : Volodia

Ce livre est écrit à trois voix, celle du mort : Luca, celle de sa compagne Anna et celle de Leo. 

Le corps de Luca est retrouvé dans l'Arno, la police enquête. Suicide, meurtre, accident ? pour ce faire elle interroge ses proches : ses parents, sa petite amie et au fil de l'enquête en vient à s'intéresser à Léo. Léo prostitué de la gare, qui vend ses charmes aux hommes d'un certain âge, honteux, pressés, mais ne pouvant résister à leurs pulsions.

Dans ce ménage à trois bien compartimentés, Luca aimait Anna et Léo. Anna aimait Luca sans avoir connaissance de l'existence de Leo. Léo aimait Luca et acceptait l'amour qu'il portait à Anna. 

Anna ne cesse de s'interroger sur la mort de son compagnon, ainsi que sur le lien qui les unissait. S'agissait-il réellement d'amour ? ils ne vivaient pas ensemble, il ne lui avait jamais dit je t'aime, il acceptait toutes les marques d'affection mais n'en rendait aucune. Qui était ce mystérieux Léo, comment s'était-il connu ? quel était ses rapports avec lui ? Qui était en réalité Luca ? 

Pour Léo, qui de par son métier à toujours refusé de s'attacher à quelqu'un et n'avait connu que des rencontres fugaces, des amitiés jamais abouties, des liens noués que par intérêt. Qui ne s'était contenté que d'oeillades fuyantes et d'étreintes mécaniques, sans châleur. L'indifférence de Léo, sa décontraction, son aisance on fait la différence. Ils s'étaient trouvés, cétait une évidence !

Luca, celui par qui tout ce désastre arrive. Luca qui a toujours aimé les hommes, sans pour autant renoncer aux femmes, raconte "l'après" sa mort, sa décomposition. Se désole de la découverte de sa double vie, tout en justifiant ses choix. 

Au fil du récit on sent que la mort de Luca est relégué au second plan et sert de catalyseur à une introspection de l'âme de chacun des protagonistes.  

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10 novembre 2013

Les larmes de Machiavel - Raphaël Cardetti

 

9782714439673

Quatrième de couverture :

En ce début d'année 1498, les brumes hivernales pèsent plus que de raison sur le gigantesque dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore, plongeant Florence dans l'humidité glaciale. Mais, pour l'heure, les habitants ont d'autres préoccupations : depuis la chute des Médicis, la vindicte populaire gronde, avivée par les sermons du charismatique moine Savonarole, et la découverte de cadavres atrocement mutilés échauffe davantage encore les esprits.

Témoin d'un des meurtres, Niccolô Machiavel, jeune secrétaire de la chancellerie, met à profit sa connaissance des rouages politiques pour mener son enquête et se trouver bientôt plonté au coeur du plus grand scandale de l'époque. Sous nos yeux se dessine alors une comédie macabre qui pourrait bien réduire en cendres la fragile paix d'une ville où les hommes sont tour à tout pions, fous ou cavaliers.

 

Editions : Belfond - ISBN : 978 2 714 43967 3 - Broché (existe en poche)  297 pages - Prix 21 €

 

 Mon avis : Volodia

J'ai aimé ce livre, même si j'en ai été un peu déçu par ailleurs. En effet, je m'attendais à une page d'histoire, bien que ce livre soit positionné dans la catégorie roman, relatant un épisode historique dans l'Italie de la Renaissance, que ce soit par rapport aux arts ou à la politique. Or, il s'agit en réalité d'une intrigue policière, très bonne du reste, dont l'auteur joue de façon ambigûe avec le nom de Machiavel.

Le climat de l'époque est assez bien rendu. Les Français aux portes de l'Italie, Pise révoltée contre la mainmise de Florence avec les autres villes prêtent à se soulever également contre l'allégeance due à la toute puissance Florence. Elle-même épuisée par 10 ans de guerre, et devant se garder des agitateurs publics comme le Cardinal de Saint Malo, représentant du Pape venu proposer au Gonfalonier Soderini une alliance avec la France contre monnaire sonnante et trébuchante, un moine dominicain en rupture de ban avec Romme à qui il reproche la corruption et une dégradation des moeurs et entraînant par la flamme de ses sermons toute une foule de petites gens et en particulier une jeunesse toujours prompte à balayer l'ancien régime pour en adopter un nouveau plus conforme à ses aspirations.

Les premières pages de ce récit commencent par un enlèvement et une description de scènes de torture difficilement soutenable. Bien que sachant l'époque cruelle, je ne vois pas vraiment l'utilité de détailler les sévices suvis par les supliciés et c'est ainsi tout le long du livre. A croire que l'auteur s'en délecte, ce qui met à mon sens un peu en retrait l'intrigue du livre. Ceci dit, j'ai été également un peu frustré de ne pas avoir plus de détails sur les fastes de cette époque, l'action décrite se passant principalement dans un grenier contenant des archives, un atelier crasseux, des tavernes et des maisons closes, des caves et des souterrains sordides.

Ceci mis à part, l'histoire est passionnante et vous tient en haleine du début à la fin et si vers la fin du livre j'ai cru entrevoir la machination et reconnaître le ou les coupables, reste que le dénouement m'a laissé pantois.

De fait, j'ai passé un très bon moment avec ce livre à partir de l'instant ou j'ai cessé de le voir comme un livre historique et que je l'ai lu comme un polar.

J'ai mis ce livre dans ce log littérature lgbt, au motif que le personnage de Soderini avait une préférence pour la "plastique" masculine et "... que rien ne lui plaisait temps que de tenir dans les bras, le corps délicat d'un  damoiseau tout juste sorti de l'adolescence ou celui, plus solidement charpenté d'un homme déjà mûr". Mais la description des préférences et des moeurs du Gonfalonier Soderini s'arrête là. De fait, je vais également parler de ce livre en littérature générale.

 

Raphaël Cardetti

A propos de l'auteur :

Raphaël Cardetti est né en 1973. Spécialiste de la Renaissance florentine, il vit à Paris et enseigne la littérature italienne à l'université.

"Les Larmes de Machiavel" est son premier roman.

 

 

 

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