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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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Archives
12 septembre 2009

Les derniers eunuques de Zia Jaffrey

 

9782228898027_1_75Quatrième de couverture :

En Inde avec les hijras

C'est à l'occasion d'un mariage à New Delhi que Zia Jaffrey, Américaine d'origine indienne, fait la connaissance des hijras.Elle se lance alors à la recherche de mes mystérieux personnages dont le non signifie "ni homme ni femme".


La plupart sont d'authentiques eunuques qui, répartis dans toutes les grandes villes de l'Inde, se comptent encore par centaines de milliers. Ils occupent dans la société des castes une position ambiguîe qui les fait tout à la fois craindre et mépriser : s'ils portent chance aux nouveaux-né et aux jeunes mariés, on raconte aussi qu'ils volent et se prostituent, voire qu'ils kidnappent des adolescents afin de leur infliger la castration.


Zia Jaffray devra mener une longue enquête pour explorer autant de sujets tabous et s'introduire auprès des hijras

 

Mon avis : Volodia

C'est mon compagnon qui m'a fait découvrir ce qu'était les hijras/aravanis. Comme beaucoup je n'en avais jamais entendu parler et lorsque qu'on en a parlé j'ai cru moi aussi que c'était des homosexuels et/ou des transexuelles, comme on pouvait en voir partout. J'avais juste oublié qu'en Inde la moindre des choses a toujours un double sens.

Ce livre passionnant nous fait pénétrer un peu dans ce monde en dehors du temps. Il raconte leur histoire passée et présente, décrit leur organisation sociale, leur difficulté d'être dans une Inde en pleine évolution mais toujours attachée à sa religion et ses traditions, leur rôle dans société. Il nous fait bien comprendre qu'ils ne sont ni homosexuels, ni transexuelles, ni de simples eunuques, mais bien du troisième genre avec un statut religieux et social. 

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21 février 2010

Le Mausolée des amants (journal de 1976 à 1991) - Hervé Guibert

9782070427574Le personnage principal a 22 et 35 ans. Il est journaliste, il aspire à l'écriture, il n'en finit pas de mettre en forme un roman raté avec un personnage à la troisième personne. Le roman s'appelle "Le récit de la mesquinerie" il ne voit pas le jour. Et il glisse : il devient un récit d'amour.

On repère, dans la trame de ce livre, plusieurs livres en un, et aussi plusieurs refus de livres : un livre qui s'appelerait Roman posthume, un autre qui s'appellerait  Mes parents, encore un autre qui s'appellerait Autobus et métro, une suite des Aventures Singulières, un "Journal de travail, mais c'est le Récit d'amour qui l'emporte : bâti comme un amusolée pour les corps des amants.

Apparaît alors, pardessus-tout, le refus de ficeler un roman pour en livrer la matière brute, la vie continuité de la vie, des rêves, des rencontres, des aventures.

11 novembre 2009

La maudite de Guy Des Cars

 

La maudite

Quatrième de couverture :

L'héroïne Claude de Varèze cache un terrible secret : son enfance a été marquée par une transformation physique inquiétante. Devenue adulte, Claude cherche à oublier cette malédiction au cours d'escapades équestres sur les terres de son château. Sa vie sera perturbée par une rencontre : elle fait la connaissance de Florence, une femme mariée. Les sentiments naissants à l'égard de cette dernière vont révéler à la jeune femme sa véritable nature..

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Mon avis : ChezVolodia

Ce roman se lit comme un suspens policier, dans la mesure ou au départ rien ne laisse supposer cette étonnante découverte et ou il y a une ténébreuse histoire de chantage doublée d'un meurtre.

L'incompréhension et les angoisses de "la maudite" quant à une situation qu'elle n'a pas voulu sonnent vrai. Ce livre vous fait pénétrer discrètement mais avec force dans le monde des intersexués.

 

20 novembre 2009

Souvenirs indiscrets - Natalie Clifford Barney

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Quatrième de couverture :

Dans le premier et le plus important des textes qui composent ces souvenirs indiscrets, Natalie Clifford Barney retrace l'histoire de l'amitié passionnée qui, autour des années 1900, la lia à la poétesse Renée Vivien avec qui elle envisagea d'aller fonder, dans l'Ile de Lesbos, une colonie poétique. L'oeuvre et la personnalité de Renée Vivien ont intrigué de nombreux critiques, à commencer par Charles Maurras qui, dans L'avenir de l'intelligence, lui consacra un important essai. Mais jamais sa figure n'avait été restituée avec une vie et une vérité comparables à celles qui caractérisent les pages émouvantes que Natalie Barney lui consacre ici.

La longue existence de Natalie Barney lui a permis d'évoquer en nous parlant d'écrivains qu'elle connut intimement, comme Remy de Gourmont (qui lui adressa ses fameuses lettres à l'Amazone), Colette, les ardrus, le climat littéraire et mondain de la fin du XIXè siècle et du début du XXè. Tous ces écrivains sont peints par elle d'un trait sûr et le plus souvent avec une ferveur admirative qui n'exclut ni la lucidité ni l'ironie.

Un essai sur L'amour défendu et un florilège de pensées d'une rare élégance de forme terminent ce précieux recueil, miroir d'une époque que sa singularité, un recl de quelques lustres t le talent de Natalie Barney revêtent à nos yeux d'un charme tout-puissant.

 

Mon avis : ChezVolodia

Amateurs de secrets croustillants, n'achetez pas ce livre vous seriez déçus. Pour les autres, c'est un beau livre, plein de délicatesse et de sous entendus. C'est là qu'on fait réellement la différence entre l'amour lesbien et l'amour gay. Les femmes sont plus discrètes, plus raffinées dans leur propos, du moins à mon sens.

Ce livre nous donne une idée de la véritable lesbienne au 19ème et début du 20ème siècle, fière d'être une femme rejetant toute idée de masculinité et qui malgré les "restrictions" dues à son sexe a su s'affirmer en ce faisant un nom par elle-même, sans peur du quand dira-t-on.

 

28 juin 2009

Présentation

10Le but de cette partie du blog est de vous faire découvrir ou redécouvrir la littérature gay, lesbienne et trans, ainsi que ses auteurs, à travers des biographies, des romans, des histoires policières, des bandes dessinées, éventuellement et bien que ce ne soit pas notre tasse de thé.

Nous sommes (mon compagnon et moi-même) des amoureux de lecture, qu'ellesoit classique, comtemporaine ou comme celle-ci spécifique d'ou nous semble-t-il l'intérêt dudit blog. Beaucoup de personnes vivent leur homosexualité de façon cachée pour diverses raisons, sont éloignées des librairies parlant de ces sujets ou tout simplement n'osent pas y entrer par peur d'être "cataloguées".

57157977_pNous n'avons pas répertorié ce bloc dans "Pour Adultes", car tous les livres mentionnés ont été lus par nous-mêmes et nous  les classons par catégories tout en donnant des précisions supplémentaires s'ils sont particulièrement scabreux.          

Nos avis sont écrits en italiques. Les prix des livres sont indiqués à titre purement indicatif, ceux-ci étant variables d'une librairie à une autre suivant l'année de parution du bouquin. Idem quant aux adresses ou les trouver. Notre but n'est pas lucratif et si nous faisons un peu de pub pour les livres et/ou les auteurs c'est parce que nous les aimons.

Si vous avez  un auteur ou un livre à nous recommander, n'hésitez pas à nous en faire part. Nous le lirons et s'il nous interpelle, nous en relayerons l'information, en même temps que notre avis sur ce blog.  

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4 octobre 2009

Henri III - Jean Solnon

Henri_IIIDans l'histoire de France, jamais roi n'a été autant calomnié qu'Henri III (1551-1589). Ses adversaires l'ont accusé de tous les maux.  L'histoire n'a retenu que l'homme futile et efféminé, peu préoccupé de régner, aux amitiés masculines ambiguës.

Loin des clichés, ce livre raconte un règne de quinze ans dans une France déchirée par la guerre civile. Henri a gouverné, réformé et légiféré. La défense de l'autorité royale a été son souci constant. Pour elle, il a fait exécuter le duc de Guise à Blois. Pour elle, il s'est allié à Henri de Navarre, le future Henri IV. A cause d'elle, il a été assassiné par un moine fanatique à l'âge de 38 ans.

24 octobre 2009

Oscar Wilde et le Jeu de la Mort - Gyles Brandreth

 

oscar wilde le jeu de la mort

Facétieux Oscar Wilde !

Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L'Eventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort.

Chacun inscrit  sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l'ordre exact où elles ont été tirées. Le drame succède à la comédie.

Flanqué de son fidèle ami Robert Shérard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l'enquèt avec plus du zèle que jamais. Car son son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre...

 

Mon avis :  Volodia

Si vous êtes des inconditionnels de Sherlock Holmes, ce livre ne peut que vous séduire, l'ambiance Londonienne du 19ème y est parfaitement reconstituée, l'intigue toujours intéressante, mais j'ai été un peu déçu car moins ténébreuse et surprenante que le précédent livre : Meurtre aux Chandelles" du même auteur.

29 août 2022

L'immoraliste - André Gide

L'immoraliste

 

Quatrième de couverture :

 

"Un matin, j'eus une curieuse révélalion sur moi-même : Moktir, le seul des protégés de ma femme qui ne m'irritât point, était seul avec moi dans ma chambre. Je me tenais debout auprès du feu, les deux coudes sur la cheminée, devant un livre, et je paraissais absorbé, mais pouvais voir se refléter dans la glace les mouvements de l'enfant à qui je tournais le dos. Une curiosité que je ne m'expliquais pas bien me faisait surveiller ses gestes. Moktir ne se savait pas observé et me croyait plongé dans la lecture. Je le vis s'approcher sans bruit d'une table où Marceline avait posé, près d'un ouvrage, une paire de petits ciseaux, s'en emparer furtivement, et d'un coup les engouffrer dans son burnous."

 

Edition : Gallimard - collection Folio - ISBN : 2070362299 -EAN : 978 2070362 295 - Poche : 192 pages - Publication : Octobre 1972 : Prix : 6, 60 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Gide était connu pour aimer les jeunes garçons, son voyage au Maroc lui ayant permis d'assouvir sa pédophilie sans avoir à subir les foudres et représailles d'une société moralisatrice.

 

L'immoraliste fait le récit de la tentative d'un jeune Parisien de triompher de la conformité sociale et sexuelle.  

 

Michel, jeune érudit puritain, s'est marié dans le seul but de satisfaire son père mourant. Il tombe malade pendant sa lune de miel en Afrique du Nord et en meurt presque.  Cette proximité de la mort fait naître en lui un désir de vivre dévorant, et sa convalescence lui procure la force d'un renouveau religieux. Vivant les choses avec une conscience accrue, il est sexuellement attiré par les jeunes garçons arabes dont il s'entoure. Ses sens en émoi, il réalise que la moralité sociale conventionnelle et les pièges de la civilisation bourgeoise - éducation, Eglise et culture - ont aliéné son vrai moi. Mais la poursuite égoïste dans laquelle il s'engage, à la recherche de l'authenticité et du plaisir lui font négliger sa femme ainsi que des considérations pratiques. Lorsqu'elle tombe malade, il la persuade de partir dans le Sud et ce, seulement afin de satisfaire ses propres désirs auxquels il ne peut résister.

 

Sa liberté autrefois radicale, s'est transformée en esclavage indigne. Sa tentative d'accéder à une vérité plus profonde en rejetant la culture, la décence et la morale, provoque confusion et perte. En étant vraiment lui, Michel a blessé les autres par un comportement fourvoyé.

27 juin 2021

L'amant fantasmatique - Guy Bordin

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Quatrième de couverture :

 

Les Esquimaux croient en l'existence d'amants fantasmatiques, le narrateur l'apprend de son cousin historien du Canada, dont il est discrètement épris, quelques temps après leur arrivée dans une maison isolée entre lande et forêt bretonnes, où tous deux se sont retirés pour travailler.

 

Mais le séjour prend bientôt une tournure inattendue, avec d'hallucinantes flambées de désir, entre Finistère et étendues Arctiques.

 

Editions : Maïa - ISBN : 978 2 37916 326 5 - Broché : 117 pages - Parution 09/2020 - Prix : 19 €

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Tout d'abord je précise que ce livre m'a été adressé gracieusement par son auteur en vu d'obtenir mon avis, quel qu'il soit. Et c'est avec énormément de retard que j'écris mon ressenti à sa lecture, ce dont je m'en excuse auprès de lui.

 

Je dois avouer que c'est avec beaucoup de difficultés que j'ai terminé ce livre. En effet, lorsque je lis un livre, j'aime entrer dans le récit, voire m'y fondre. Or, là je suis resté à la porte tellement il est étrange et en rapport avec une culture qui m'est totalement étrangère.

 

Ce livre est présenté sous forme de journal intime tenu au jour le jour par le narrateur. Etudiant en histoire, il accompagne son cousin canadien Jean, historien, pour l'aider à mettre en ordre de nombreuses notes prises en vue d'écrire un livre sur les  usages et coutumes des esquimaux.

 

Les jeunes gens profitent des deux mois d'été pour venir travailler au calme dans une petit maison isolée au coeur d'une forêt bretonne. Et là le narrateur nous embarque dans ses fantasmes sexuels tout d'abord vis à vis de son cousin. Ledit cousin étant à mille lieux des obsession de l'intéressé, celui-ci trouve dans la forêt un exutoire à ses pulsions ou fébrile il se "soulage" vite fait bien fait.  Par la suite, il s'enflammera pour un serveur de restaurant, puis pour un gendarme et un prêtre entrés dans le récit par un crime commis à l'encontre d'un chef scout, ce qui occasionnera une enquête.

 

Ce livre interroge sur le fait que les habitants du Grand Nord pouvaient dans certaines circonstances avoir une vie sexuelle avec des partenaires virtuels ou fantasmatiques. A savoir que lorsqu'une personne s'entiche d'une autre personne et y pense trop, qu'il la convoite avec  ardeur, en est obsédée, il peut arriver que l'être secrètement aimé se révèle à celui qui le désire sous une forme fantasmatique. Les rencontres intimes survenant uniquement quand celui qui désire est seul, et/ou dans le sommeil ou l'être virtuel surgit dans un rêve.

 

L'auteur se base sur cette légende pour donner corps à ses fantasmes qu'il émaille de descriptions plus pornographiques qu'érotiques employant un vocabulaire que ne renierait pas un charretier, ce qui tranche avec le reste du récit qui est plutôt bien écrit avec un langage choisi. En lisant ses écrits J'ai eu l'impression d'avoir à faire à un obsédé sexuel continuellement en rut se complaisant dans des descriptions salaces dont il aurait pu se passer ou les sous entendre, ce qui n'aurait sans aucun doute pas eu la même force mais qui aurait, à mon sens, ajouté un plus à l'écriture.

 

Ce livre oscille entre rêve et réalité et la fin de celui-ci  bien qu'intéressante puisque qu'elle nous révèle dans un premier temps le meurtrier du jeune chef scout, dans un second temps m'a laissé perplexe dans la mesure ou je n'ai pu déterminer s'il s'agissait d'une manifestation de la réalité ou s'il s'agissait du rêve qui continuait.

 

Je n'ai pas su apprécier ce livre. L'auteur nous raconte ses désirs de manière répétitives au point d'en être lassant. Ce qui me fait m'interroger sur sa vie dans la réalité . . ?  Ses expériences restent-elles de l'ordre du fantasme ou bien existent-elles dans la réalité ???

 

3 août 2023

Akademos - Première revue homosexuelle française 1909 - Jacques d'Adelswärd-Fersen -

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Akamedos est son nom, sa philosophie et son programme : contribuer à établir un monde où "l'autre amour", dans toute sa diversité aurait sa place.

 

Elle est l'ultime réponse à un procès de moeurs intenté en 1903 au Baron Jacques d'Adelswârd-Fersen, son directeur - une première fut la parution, en 1905 de sa parodie romanesque, Lord Lyllian, Messes noires, où l'on retrouve les principales figures homosexuelles du temps. Akadémos nous fait découvrir un monde amoureux de la littérature et des arts, loin du "préjugé contre les moeurs", un monde d'auteurs dont beaucoup sombreront dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, mais aussi de célébrités qui apparaissent ici singulièrement "gay-friendly" : Colette Willy, Henry Gauthier-Villars (Willy), Laurent Tailhade, Joséphin Péladan, Marcel Boulestin, Jane Catulle-Mendès, Maxime Gorki, Georges Eekhoud, Claude Farrère, Robert d'Humières, Filippo Tommaso Marinetti, Henri Barbusse, Jean Moréas, Annie de Pène, Valentine de Saint-Point, Robert Scheffer, Arthur Symons, Léon Tolstoî, Renée Vivien, et bien sûr Fersen lui-même.

 

Une douzaine de chercheurs et spécialistes, réunis par Nicole G.Albert et Patrick Cardon ont tenté de ressusciter ce mensuel qui aura marqué l'année 1909. Ils y ont réussi. Ils ont pour la plupart annoté les douze numéros de la revue et apporté leur contribution au présent volume en ouvrant ainsi un vaste chantier qui n'est pas prêt de s'achever.

 

Par les questions qu'elle soulève, les sujets qu'elle aborde, les sensibilités qu'elle révèle. Akademos jette les bases d'un imaginaire queer en gestation dont nous sommes les héritiers et héritières.

 

Lancée en janvier 1909 par le baron Jacques d'Adelswârd-Fersen (1880-1923), écrivain esthète et homosexuel flamboyant qui défraie la chronique, la revue Akademos connaît une brève existence qui s'achève en décembre de la même année.

 

Akademos 4 livres

La présente réédition annotée permet enfin de découvrir, dans toute sa nouveauté et sa complexité, une revue mythique mais devenue introuvable. Les quatre trimestres proposés en coffret ou séparément sont accompagnés d'un ouvrage critique : Akademos, mode d'emploi, abondamment illustrées, disponible également aux éditions : QuestionDeGenre/GKC

 

Akademos mode d'emploi

Editions : QuestionDeGenre/GKC - Prix du coffret : brochés 149 euros. Cartonnée : 249 euros. dans le coffret le mode d'emploi est compris.

 

Possibilité d'acquérir volume par volume et le mode d'emploi pour : 39 euros chaque exemplaire.

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Nous avons reçu ce coffret en cadeau et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par la qualité non seulement des textes, mais de la présentation des livres. Les annotations permettent de découvrir dans toute sa nouveauté et sa complexité, cette revue mythique qui était devenue introuvable sans cette réédition.

 

A travers cette revue nous avons une idée plus précise de l'homosexualité dans tout ce qu'elle comprend de variée dans les êtres mais également dans leurs oeuvres et comment elle était perçue par la société de l'époque. Cette revue était un vent de liberté.

 

En complément, si cela peut vous intéresser,  je mets ci-dessous un lien sur un livre relatif à Jacques d'Adelswärd-Fersen que j'ai eu le plaisir de lire et chroniquer :

 

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2018/04/22/36342655.html

 

20 novembre 2014

Mémoire Trahie - François-Xavier DAVID

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Extrait :

"Quelque part, j'ai envie de me souvenir rapidement, je sens que je vais en apprendre plus avec Gwendal qu'avec Ethan. Par moments, je me demande pourquoi Gwendal s'est rapproché autant de moi en si peu de temps. Y a-t-il un intérêt derrière tout ça ? Dois-je me méfier de lui ? Dois-je me méfier d'Ethan ? Ne suis pas en train de devenir un peu paranoïaque ?"

Le corps meurtri, la mémoire envolée: le réveil est pour le moins brutal pour Erwan. De son passé ne lui sont données que de maigres pièces: un frère jumeau, une femme qui le laisse indifférent, une ancienne connaissance qui se montre bienveillante... Quelques fils ténus pour découvrir qui il est, coïncider de nouveau avec lui-même. Toutefois, l'amnésie est-elle seule responsable de cette dépossession de soi ?

Roman aux accents de thriller psychologiques, aux saveurs de vieux film noir, "Mémoire trahie" compose, sur les thèmes de l'identité et des faux-semblants, une intrigue aussi machiavélique que captivante.

 

Editions : Publibook - ISBN : 9782342030556 -

-http://www.societedesecrivains.com/

Prix : PDF 11.97 € - Livre papier broché disponible au prix de : 22,76 €

 

Mon avis : Volodia

Ce livre vient de paraître et je ne l'ai pas encore lu, donc il vous faudra attendre un peu.

Par contre, il me reste en mémoire le premier livre de cet auteur qui, à mon sens, à beaucoup de talent, et qui s'appelait "Nous irons ensemble". Ce livre qui était édité par la Société des Ecrivains etait non seulement très "prenant" mais également de toute beauté.

Je le présente du reste sur ce blog avec mon ressenti.

 

16 février 2010

Le poulet tueur et la folle honteuse - Tennessee Williams

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Les nouvelles de Tennessee William sont ses vraies mémoires. Tout ce qui lui est arrivé dans sa vie, réelle ou fantasmée, lui a servi pour les écrire. C'est particulièrement vrai pour celles que l'on a réunies ici et qui datent des années 1970. On s'en convaincra aisément en lisant "Le poulet et la folle honteuse", histoire d'une initiation gays d'un comique assez irrésistible. Ou encore, au rayon des fantasmes affectueusement misogynes "Miss Coynte de Greene" et Das Wasser ist kalt", délicieuses histoires de femmes attirées par le sexe mâle.

Pour Tennessee William, le désir est au coeur de nos existences. Bien plus important et fondamental qu'on ne se plaît à le reconnaitre. Malgré l'alcool, la maladie, les médicaments et le reste, l'auteur d'Un tramway nommé désir nous a libré dans ses dernières nouvelles un feu d'artifice tout à tout drôle, émouvant et qui - au-delà des excès de ses personnages - touche juste.

12 décembre 2009

L'homosexualité de Platon à Foucault

de Daniel Borillo et Dominique Colas

Anthologie critique :

2259197655"Vice", "péché", "crime", "maladie", "fléau social", : l'homosexualité - le mot est né au XIXè siècle - a toujours été stigmatisée et souvent persécutée. Cependant des thèses se sont affrontées, avec une intensité qui révèle l'importance des enjeux de la sexualité, de la normalité et de l'altérité : Platon parle sans la critiquer de la relation entre Alcibiade et Socrate, mais Aristote la juge "contre nature" .

Reprise par Saint Thomas et toujours défendue par l'Eglise de Benoît XVI, cette opinion se retrouve chez Kant, au siècle des Lumières. Une époque où; dénoncée par Voltaire , l'homosexualité, acceptée par les libertins comme Mirabeau, est valorisée par Sade.

Rompant avec les discours médicaux du XIXè siècle qui rangent "l'inversion" parmi les "dégénérescences", Freud , tout en classant l'homosexualité dans les "perversions", développe l'idée d'une bisexualité humaine. Une théorie adoptée par Lacan au XXè siècle, alors que Simone de Beauvoir ou Foucault contribuent à un profond changement des représentations et légitiment la revendication de leurs droits par les homosexuels.

Accompagnés d'une introduction et de notices, les textes de cet ouvrage sont signés e plus de cinquante auteurs. Ils relèvent de la philosophie (Christine de Pisan, Montaigne, Rousseau, Sartre), du droit (Bentham), de la théologie (Saint Augustin), des sciences sociales (Malinowski, Krafft-Ebing, Dolto).

Cette anthologie sans équivalent est un apport à la réflexion sur les libertés individuelles.

Daniel Borillo, juriste, maître de conférences à l'université de Paris X-Nanterre,  rattaché au Cersa-CNRS. Il a publié l'homophobie (PUFn 2001) et codirigé plusieurs ouvrages.

Dominique Colas est professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris, rattaché au Ceri (FNSP-CNRS). Il a publié plus de dix livres, dont Races et Racismes de Platon à Derrida (Plon, 2004).

 

Mon avis : par Volodia

J'ai été agréablement surpris en lisant ce livre qu'au départ, je lisais plus par obligation que par réel plaisir, et que je considérais comme un "pavé" monstrueux et passablement ennuyeux évoquant pour la énième fois les pseudos causes et les éternelles justifications de l'homosexualité et de ses plaisirs, "tare", entre toute de la société, quelle que soit les époques.

 

 

19 septembre 2010

Les chiens - Hervé Guibert

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Ce livre est exclusivement réservé aux + 18 ans et aux personnes très très averties

 

Il s'agit d'un court récit avec une composante de fiction sado-masochiste...

 

Extrait :

« Le maître nous a détachés, et il nous a jeté la viande. Nous avons couru pour l’attraper et nous nous sommes pris les pieds dans nos liens. Il riait. Nous avions faim. Le morceau était magnifique : rouge, gonflé de sang, en longues fibres fuselées, il dégouttait, et il fumait aussi, il était encore tout chaud, fraîchement taillé. Il y en avait bien pour deux mais l’autre, plus rapide, moins entravé, l’a saisi au vol avant moi, et l’a bloqué entre ses pattes, s’est mis à le lécher, sans l’entamer, tout au long, en suivant le sens de la fibre, et en jappant. »

 

Mon avis : Volodia

En lisant ce livre, j'ai ressenti un profond malaise, voire du dégoût à cause du caractère explicitement érotique non ! pornographique des rapports masculins et le contexte dans lesquels ils étaient mis en scène. Le plaisir sexuel est d'ailleurs évoqué avec une telle complaisance que plaisir sexuel et texte narratif sont indifférenciables.

 

 

11 avril 2017

La maladie – Emilio Sciarrino

 

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Quatrième de couverture :  

« Il est des moments particuliers dans la transition entre deux saisons où le temps semble procéder à l’envers : ainsi, en automne, le ciel, au lieu de virer vers le gris blanc inexpressif de l’hiver, se teinte trompeusement d’un bleu d’été. Le matin brumeux annonce la pluie, puis laisse pace à un ciel clair, déchiré par la grêle, nappé par des bancs de nuages pâles. Le soir apporte de nouveau une douceur surprenante, et c’est la nuit, comme un goût d’hiver déjà ».  

Editions : Christophe Lucquin – ISBN : 978 2 36626 042 7 – Broché : 103 pages – Prix : 16 euros. 

Mon avis : Volodia 

Le contexte : un huit clos, 2 hommes, amis-amants, ne vivant pas ensemble. Un des deux, le plus jeune qui est étudiant, tombe malade. Le second, professeur d’université, l’installe chez lui aux Portes de Paris (Gentilly) pour plus de confort et devient son garde malade.   

Ce livre n’est pas un récit sur la fin de vie, non, c’est le récit d’une maladie et de ce qu’elle engendre comme questionnement dans un couple, le dévouement de l’un, l’acceptation de ce dévouement par l’autre (jusqu’à un certain point) et les traces qu’elle laisse !

___________

Dans un premier temps, une simple fatigue qui perdure puis, sournoisement, le mal arrive et le cloue au lit l’empêchant de faire tout effort. Après les premières interrogations, puis l’avis du médecin déclarant qu’il n’y a pas de traitement, qu’il guérira sur plusieurs mois, survient la dégradation du corps et l’angoisse d’une mort prochaine qui bien qu’éloignée peut quand même survenir. Le couple s’isole. Son compagnon le veille, fait les course  en fonction des maigres repas qu’il peut avaler.   

La maladie est rythmée par le fil des saisons qui passent. Le narrateur, obligé de sortir pour son activité professionnel, a l’esprit obsédé par le lit ou repose son compagnon, ce lit qui devait être celui du sommeil, celui de l’amour, dans lequel repose son ami fatigué, amaigrit, souvent fiévreux. Au dehors la vie continue, banale, pour  les autres, avec une sympathie de surface de ses collègues, et en mouvement de fond les bouleversements de la Société en l’occurrence le mariage homosexuel et son cortège de violence et de haine, qui fait qu’il se sent scruté, épié, jugé, ne cessant de surprendre des conversation hostiles. La maladie qui finit par guérir, reste son souvenir qui empêche l’oubli et la reprise de la vie d’ « avant ».

J'ai aimé ce livre car bien qu'il n'existe aucun suspens, aucun rebondissement, c'est un livre bien écrit, plein d'émotions et de sensations, qui se lit sans pathos !

 

 

14 août 2010

La mauvaise vie - Frédéric Mitterrand

lamauvaisevieMot de l'auteur  :

"Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d'une mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété. Autrefois on aurait dit qu'il s'agissait de la divulgation de sa part d'ombre : aujourd'hui on parlerait de "coming out". Il ne se reconnnait pas dans ce genre de définitions. La mauvaise vie qu'il décrit est la seule qu'il a connue. Il l'a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l'a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu'il était content de son existence puisqu'il parvenait à évoquer la nostalgie du bonneur. Mais les instants de joie, de succès, les rencontres n'ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée. Mainenant cet homme est fatigué et il pense qu'il ne doit plus se mentir à lui-même".

Frédéric Mitterrand.

 

Mon avis : Volodia

J'ai adoré ce livre. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il a été sujet à une telle polémique allant jusqu'à faire passer l'auteur pour un pervers pédophile.

J'y ai découvert un homme tourmenté par ce qu'il est. bien loin de ce que j'imaginais d'un homme avec une telle notoriété. Un homme d'une grande sensibilité et d'une délicatesse non moins grande, arrivé à un âge ou l'on fait fi de ce que peuvent penser "les autres" et ou on se remémore tout ce qui a été sa vie avec ses émotions, ses  joies, mais surtout ses déceptions.

Cet homme évoque dans cette autobiographie l'inavouable pour un homme de gouvernement. Il le fait, avec intelligence, lucidité, sans faux semblant, pudique même dans l'impudeur.  Sa relation tarifée avec un jeune prostitué Thaïlandais, son angoisse de ne pouvoir "aller jusqu'au bout", et son respect pour ce jeune homme l'empêchant "d'abuser" de lui comme il aurait pu le faire puisque compris dans la prestation, le considant comme un être humain qui a ses propres sentiments et émotions, un être humain et non "une poupée" dont on peu user et abuser.

C'est un très beau livre qui donne envie de lire d'autres écrits du même auteur.

16 mai 2010

La Princesse - Emmanuelle Bayamack-Tam

livre_la_princesse_deHéroïnomane, ex-anorexique, fétichiste, princesse de nuit... à 25 ans, Daniel a déjà une sérieuse propension aux "vices" en tout genre. Et daniel a beau être un homme, il est femme depuis toujours.

Emmanuelle Bayamack-Tam esquisse ici, le portrait d'un jeune homme conscient de son inaptitude à vivre comme tout le monde et fatigué de jouer au jeu de la duplicité, surtout face à une mère pour laquelle il voue une adoration sans borne.

D'une somme de clichés, l'auteure donne corps au mtf (male-to-female) le plus authentique qui soit. L'âpreté de sa plume, la brutalité des mots et le réalisme des descriptions font de ce roman un récit quelque peu incisif, mais dans lequel le trivialité ambiante donne naissance à une déconcernante poésie.

11 novembre 2009

Ni homme - Ni femme - Julien Picquart

Enquête sur l'intersexuation : Un travail d'enquête capital sur les "ambiguîté génitales". J'ai classé ce livre dans 3ème sexe - transexuelle car il existe très peu de livre sur ce sujet. De plus, les personnes atteintes de cette anomalie sont souvent obligés à l'âge adulte d'entreprendre une réassignation d'identité donc...

Ni_homme_ni_femmeNi homme ni femme est le premier livre, en français et destiné au grand public, à faire dle point sur une question quasiment taboue et presque inconnue de la plupart d'entre-nous : Comment vit-on avec des organes génitaux atypiques ? Pour y répondre, Julien Picquart a rassemblé des témoignages inédits sur le sujet.

Quinze personnes racontent leur quotidien, leurs parcours, leur vie sentimentale et sexuelle, les traitements homonaux et chirurgicaux. Les parents témoignent aussi et reviennent sur leurs réactions quand ils ont découvert que leur enfant n'était pas comme les autres. Pour la première fois également, des médecins parlent de leurs certitudes et de leurs doutes.

Toutes ces personnes nous confrontent à leurs interrogations : faut-il ou non opérer ? N'y a-t-il vraiement que deux sexes ? Quelle importance doit-on accorder aux organes génitaux ? Jusqu'où peut aller notre tolérance ? Un ouvrage accessible et profondément humain, qui bouleverse nos certitudes.

 

JULIEN PICART est journaliste indépendant, spécialisé dans les questions liées à la sexualité. Il a déjà publié Pour en finir avec l'homophobie (Editions Léo Scheer), le Droit d'aimer (Syros) et l'oeil et le sexe. Sur l'exhibitionnisme (La Musardine).

7 avril 2016

Un tango au bord de la mer - Philippe Besson

Un tango en bord de mer

Quatrième de couverture : 

« On a été heureux ensemble…

- Toi et ta nostalgie…

- Et puis, un jour, ç’a été terminé…

- C’est comme ça. On n’y peut rien.

Peut-être qu’on n’a pas assez essayé.

Peut-être qu’on n’y a pas assez cru.

- Je croyais que tu détestais les couples.

La durée. Ces choses-là. Bourgeoises. » 

Lui est un écrivain célèbre, la quarantaine. L’autre est un jeune homme qui cherche encore sa voie. Quelques années auparavant, ils se sont follement aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d’un grand hôtel en bord de mer. Une atmosphère irréelle, propice au souvenir et à la confidence…

Mais la magie d’un décor peut-elle suffire à faire renaître la vérité des êtres et des sentiments ?

 

Edition : Julliard – isbn / 9 782260 022015 – Poche : 76 pages – Prix : 9 euros 

 

Mon ressenti : Indiangay 

Cette pièce est l’autopsie d’une rupture, ses causes et les stigmates qui en résultent. Il met exergue les intermittences du cœur, la difficulté d’aimer. 

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, qui est en réalité une pièce de théâtre. Dans le livre, les personnes sont nommés : Lui pour Stéphane, l’autre pour Vincent, ce qui oblige dans les premières pages à un fréquent retour à la préface pour se rappeler qui est qui. 

Bien que son utilité soit nécessaire aux acteurs, je pense qu’une pièce de théâtre n’est pas faite pour être destinée à des lecteurs. Elle prend toute sa dimension à être jouée sur scène. Ce qui donne plus de force au texte. Permets aux acteurs le jeu des questions-réponses et une gestuelle, des attitudes, des expressions de visages montrant l’intensité de leurs sentiments.

15 février 2017

Arrête avec tes mensonges - Philippe Besson

 

9782260029885

Quatrième de couverture :

Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répêter : "Arrête avec tes mensonges." J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier ; je suis devenu romancier.

Aujourd'hui, voil) que j'obéis enfin à ma mre : je dis la vérité, pour la première fois. Dans ce livre.

Autant prévenir demblée : pas de règlement de compte, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret. Qui a fini par me rattraper. 

Editions :  Julliard - ISBN : 9 782260 029885 - Broché : 194 pages - Prix : 18 €

 

Mon avis : Indiangay 

Dans ce livre Philippe Besson revient sur ses jeunes années, celles des premières émotions, de la découverte de sa différence, de ses premiers émois et de sa première relation amoureuse. L’art de la dissimulation, et l’apprentissage du mensonge, l’acceptation, voire  la résignation. 

Philippe Besson se revoit  en 1984 dans le corps d’un banal jeune homme de 17ans, à la tête bien pleine : Mathieu, lycéen de terminal dans un lycée de province. Souvent moqués par ses condisciples pour une homosexualité supposée en raison de ses gestes et attitudes efféminées, il assume tout en faisant mine d’ignorer pour ne pas confirmer leur doute. 

Dans la cour du lycée il remarque Thomas élève de terminal d’une autre section. C’est le coup de foudre, qu’il croit sans espoir, celui-ci n’ayant pas les mêmes attirances pense-t-il, et bourreau des cœurs de surcroît.

Bien que pour beaucoup les années 1980 soient synonymes de libération sexuelle (à Paris) ; reste qu’en province il n’en est pas tout à fait de même surtout parmi les adolescents. Thomas refuse son homosexualité. Il n’accepte pas ce qu’il ressent, ses émotions. Pour lui, l’apparence est tout.  C’est sous le couvert du secret, qu’il fera le premier pas vers Mathieu, qu'il l’initiera au plaisir de la chair, mais qu’il ne s’autorisera pas à regarder en public, ni à lui faire aucun signe amical, exigeant de celui-ci le silence absolu, sous peine d'une rupture de leur relation. 

Les rapports entre les jeunes gens sont inégaux, l’un ayant déjà connu d’autres hommes mais refusant d’accepter et/ou que ne soit dévoiler cette facette de sa personnalité. Pour le second, s’agissant d’un premier amour, il est prêt à tout accepter pour que celui-ci perdure dans le temps, y compris l’humiliation d’être invisible aux yeux de l’autre à l’intérieur d’un groupe afin de continuer à être aimé, ainsi que son bon vouloir pour une éventuelle nouvelle rencontre. Thomas est lucide, il sait que Mathieu fils d’instituteur poursuivra ses études « ailleurs », alors que lui fils d’agriculteur, restera à la ferme, se conformera aux convenances car c’est son devoir. Les années passant, les jeunes se perdent de vue l’un monte à Paris et devient écrivain, l’autre reste reprenant les terres familiales et assurant sa descendance. 

Les liens distendus mais restés très fort se renoueront à distance par l’intermédiaire du fils de Thomas rencontré par hasard dans un hôtel, lors d’une interview donné par l’écrivain pour la sortie de son dernier livre, et c’est par lui que nous saurons ce qu’il est advenu de son père, et comment il a mis fin à cette dualité qui était sienne. 

Il fallait toute la sensibilité et la délicatesse de Philippe Besson pour oser avec ce souvenir se mettre à  nu.

 

22 juin 2014

Deux garçons - Philippe Mezescaze

94148443

Quatrième de couverture :

Le narrateur a dix-sept ans et vit à la Rochelle chez sa grand-mère lorsqu’il croise le jeune Hervé Guibert, quatorze ans, un cours de théâre. L’attirance est immédiate et réciproque. Dans une scène de Caligula toute en intensité et en fureur, leur entourage subjugué découvre l’évidence en même temps queux : la rage et la passion dépassent largement la scène. Les deux garçons viennent de se reconnaître, comme si leur rencontre était programmée de toute éternité.

Dans ce récit au jour le jour d’un premier amour, Philippe Mezescaze évoque avec beaucoup de sincérité la passion naissante entre deux adolescents qui ne doutent jamais de leurs désirs.

Editions : Mercure de France - ISBN : 9 782715 234802 - Broché 119 pages - Prix : 13,80 euros

Mon avis : Volodia

Je n’ai pas aimé ce livre dans lequel Philippe Mezescaze, n’est pas très honnête en racontant cet épisode de sa vie, et se donne le beau rôle en faisant passer Hervé Guibert pour un gamin capricieux, tyrannique.

En effet, s’il est vrai que le coup de foudre a été réciproque, il reste que l’auteur plus âgé au moment de la rencontre a profité de l’amour inconditionnel de son jeune ami tant physiquement que moralement.

Je suis certainement partial, mais il me reste en mémoire le livre d’Hervé Guibert intitulé : Mes Parents, dans lequel il raconte ses premiers émois avec Philippe Mezescaze et les souvenirs qu’il lui en reste ne sont guère à l’honneur de celui-ci, qui se montre parfois cruel sans raison, en lui disant qu‘il a brûlé ses lettres, qu‘il a connu un jeune garçon à Fez au Maroc et le rabrouant méchamment parce que sexuellement il ne sait rien faire. Mais Guibert a pour excuse son jeune âge, et la nature n’est pas impartiale lorsque elle accorde ses faveurs. Il aurait fallu à Mezescaze un peu de patience, ce dont il manquait visiblement.

Ci-dessous le lien sur le livre "Mes parents" de Hervé Guibert

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2010/02/21/16988638.html

 

16 janvier 2013

La Ligne de Beauté - Alan Hollinghurst

La ligne de beauteQuatrième de couverture :

Nick Guest, fils d'un petit antiquaire de province et brillant boursier d'Oxford, s'intalle à Londres pour mener à bien sa thèse de littérature. Il loue une chambre dans l'hôtel particulier des parents de son ami Toby Fedden et entre dans l'intimité de la famille : Gérard le père, un ambitieux député Tony, Rachel la mère, soeur d'un baron fortuné, et Catherine leur fille maniaco-dépressive.

Nick devient le spectateur fasciné d'une société où les héritiers des grandes familles, les ladies désoeuvrées et les conservateurs règnent en maître. La Ligne de Beauté est une fresque flamboyante du Londres des années Thatcher, quand ascension sociale rimait avec hédonisme.

Editions : Fayard - ISBN 978 2213625867 - Prix : 19,29 euros

 

Mon avis : Volodia

L'auteur nous raconte la vie londonnienne des années 1980 vu par les yeux de Nick Guest, un jeune homme séduit, par la découverte de l'homosexualité et par le luxe de la vie de la haute société anglaise sous Margaret Thatcher.

Installé chez un politicien Nick mène une vie de parasite. Il est l'amant du fils d'un magnat libanais, plein au as, drogué à la cocaîne. Il a une vie facile. Tous les "coups" du milieu homosexuel sont décrits sans fausse pudeur.

Le sida jette une note sombre vers la fin du récit, avec son lot de souffrances et de trahisons qui gagne le devant de la scène, tandis que le piège de l'intrigue est mis en place.

19 avril 2020

Un certain Paul Darrigrand - Philippe Besson

 

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Un certain Paul Darrigrand

Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.

D’un côté, le plaisir et l’insouciance : de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.

Après, Arrête avec tes mensonges, Philipe Bessons poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

Editions : Julliard – ISBN : 9 782260 052845 – Broché : 211 pages – Prix 19 euros.

Mon avis : Volodia

L’histoire nous est racontée  à la première personne du présent, ce qui à mon sens, donne plus de force au récit et met l’auteur dans une situation de confidence, même si celle-ci est publique. 

Une photo retrouvée, fait ressurgir le passé. Une période déterminée dans l’existence, ou deux jeunes gens à l’occasion d’une rentrée universitaire se rencontre fortuitement. L’un des deux, assez réservé et voulant s’intégrer au mieux avec ses condisciples. Le second plus hardi, faisant des avances au premier, ébloui par l’audace dont fait preuve son camarade. 

Une amitié s’installe avec une sorte d’admiration du premier pour le second qui fait preuve d’une certaine autorité dans leur rendez-vous pour quelques sorties que ce soit.  Le premier tombe rapidement sous le charme du second et l’espoir d’une relation plus intime s’insinue dans son esprit. 

La douche froide intervient lorsque ce dernier lui précise être marié, et alors qu’il s’interroge sur ce qu’on attend de lui, le second lui fait l’aveu, dans un souffle se « sentir bien avec lui ». Leur relation évolue et lorsqu’il lui propose de rencontrer son épouse, c’est avec perplexité et fatalisme qu’il accepte. Un ménage à trois, voit le jour, le maître de ballet étant le second, l’épouse la dupe, et le premier, l’amant secret que l’on cache à l’épouse et au monde, le résigné….. 

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui en toile de fond d’une histoire sentimentale nous restitue les actualités de l’époque (1988), attentats, émergence du sida. Philippe Besson, je l’ai déjà dit est comme René de Ceccatti, à l’écoute de son moi intime, il est également le vecteur des sentiments des autres, de ceux que l’on garde enfouit au plus profond de soi. Dans ce livre, il y excelle. Il émerge une sensibilité exacerbée et un don total don de soi, lorsqu’il est amoureux (je l’avais déjà remarqué dans ses œuvres précédentes). 

8 septembre 2013

Le Con d'Irène - Aragon

Le Con d'irèneQuatrième de couverture :

Qui pouvait lire vraiment "Le Con d'Irène" jusqu'à une époque récente ? Qui aurait osé penser que Sade serait un jour imprimé sur papier bible ? Il n'y a plus de livre sous le manteau, plus d'Enfer.

Aragon, dans les années 20 du vingtième siècle, brûle ses vaisseaux. Pas de retour possile en b ourgeoisie, pas de compréhension de la part de ses amis surréalistes. Il va rentrer dans l'ordre "prolétarien", c'est-à-dire là où on ne se doute de rien.

Le camarade Aragon serait l'auteur du "Con d'Irène" ? Vous voulez rire, c'est une provocation. Et pourtant, la planète de la censure tourne, la défense de l'infini nous montre que rien n'était fatal dans la régression "poétique" ou "réaliste" qui a suivi.

Cela gêne beaucoup de monde ? Trop.

Pour l'instant restons avec Irène : "Il flotte autour d'elle un grand parfum de brunen de brune heureuse, où l'idée d'autruit se dissout".

Editions : Mercure de France - ISBN : 978 2 7152 2139 0 - Poche : 93 pages - 93 - Prix : 4euros

 

Mon avis : Volodia

En préparation. Abandonné depuis X années

11 novembre 2012

Mon maître, mon amour - Hoda Barakat

Mon maitre mon amourQuatrième de couverture :

Un homme, Wadî', a aimé un autre homme, et c'est  sa femme, Samia, qui lui a désigné la nature de son attachement, elle qui lui en a révèlé la force. Se remémorant les premiers instants de sa rencontre avec Tarîq, Wadï' se trouve bientôt replongé  dans une enfance douloureuse , puis une adolescence haïe, au coeur du Liban en proe aux factions.

Quand son récit s'interrompt, Samia prend le relais, pour évoquer la disparition inexpliqué de son mari...

De son écriture sensuelle, Hoda Barakat  alterne souvenirs et monologues pour retracer l'histoire d'une passion, et tenter de retracer l'histoire d'une passion, et tenter de recomposer l'envoûtant puzzle du délire amoureux.

 

Editions : Babel - ISBN : 9 782330 010713 - Poche 172 pages - Prix 7,70 euros

 

 

Hoda BarakatA propos de l'auteur :

Née à Beyrouth, HodaBarakat, qui vit à Paris depuis 1989, est notamment l'auteur de cinq romans traduits aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, tous publiés en France par Actes Sud.

 

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