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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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5 octobre 2015

La Nuit des Princes Charmants - Michel Tremblay

 

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Quatrième de couverture :

Une soirée d’opéra - au programme, Roméo et Juliette - qui se transforme en odyssée nocurne au cœur de Montréal, et voilà Jean-Marc, le narrateur de cette histoire, cynique Candida, courant à la perte de sa virginité.

Du café El Cortijo au cabaret des Quatre Coins du Monde, Michel Tremblay nous propose le parcours initiatique d’un jeune « beatnik » qui découvre un monde burlesque, de folie et de transgression, où les passions se déchaînent, où partout éclatent le mensonge et la vérité dans l’urgence du désir.

Editions : Babel - ISBN : 9 782742 726196 - Poche 242 pages - Prix : 7,70 €

Mon avis : Volodia

Jean-Marc 18 ans est amateur d’opéra. Bien que fréquentant les parcs publics pour des rencontres furtives, il est toujours le seul homosexuel de « sa gang » et surtout puceau. Toutefois, timide, il ne sait pas comment en rencontrer d’autres. C’est à l’occasion d’une sortie à l’Opéra, sans ses parents qu’il décide de jeter sa gourme. Issu d’une famille pauvre de Montréalais francophones, il lui faut d’abord obtenir l’argent de sa mère pour réserver sa place à l’unique représentation de « Roméo et Juliette de Gounod » chantée par la grande vedette Pierrette Alarie, voire repérer les éventuels princes charmants possibles. 

Le grand soir arrive et Jean-Marc après « s’être fait beau » avec son « petit pantalon serré » et son « os de veau » en pendentif, s’y rend plein d’espoir, persuadé d’être « fun ». Après un spectacle catastrophique tant par la mise en scène, les décors que le jeu des acteurs (ce qui nous vaudra un récit de critiques citronnées de sa part, d’autant qu’il se sent en décalage avec les m’as-tu vu assistant au spectacle). Il rencontrera François Villeneuve, un jeune acteur amateur et chansonnier de talent en qui il voit déjà l’élu. Mais, il est attiré également par Alan Montréalais Anglophone, qu’il n’a pu draguer à l’opéra en raison de la présence de sa mère, et qui fait l’effort de parler français. François ou Alan, son cœur balance… 

S’ensuit un inénarrable périple effectué clopin-clopant (Jean-Marc s’est cassé la figure sur la glace, en courant après François) à travers Montréal : de l’opéra, à un cabaret de chansonniers, d’un bar gays, à un cabaret de travesties. Le tout raconté dans le phrasé si particulier et jouissif des Canadiens francophones, Jean-Marc qui n’a pas la langue dans sa poche, enchaine les réparties et les commentaires qu’il se fait à lui-même sur ce qu’il voit, ce qu’il ressent, quant à son attitude, au fil des évènements. La sexualité y est exprimée sans fard, sans toutefois verser dans la pornographie. 

Le retour à la maison après cette nuit de folie (malgré les innombrables atermoiements et excuses envisagées) pose également problème pour Jean-Marc qui n’a jamais découché et a peur d’affronter sa mère, maîtresse femme, qui le considère encore comme « son petit garçon. 

Ce roman sous le ton de l’humour, nous dévoile également que l’homosexualité peut ne pas se vivre cachée, sans honte, car François dans ses chansons, n’hésite pas à exprimer son orientation sexuelle ce que ses amis hétéros acceptent. Il nous dévoile également les rivalités linguistique et sociale entre Canadiens francophones et les Canadiens anglophones, les premiers ne souhaitant pas utiliser l’anglais pour se faire comprendre et les seconds s’estimant « supérieurs », avec un niveau de vie semble-t-il plus aisé. 

A lire impérativement, peut être un des meilleurs romans de Michel Tremblay. 

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10 novembre 2013

Les larmes de Machiavel - Raphaël Cardetti

 

9782714439673

Quatrième de couverture :

En ce début d'année 1498, les brumes hivernales pèsent plus que de raison sur le gigantesque dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore, plongeant Florence dans l'humidité glaciale. Mais, pour l'heure, les habitants ont d'autres préoccupations : depuis la chute des Médicis, la vindicte populaire gronde, avivée par les sermons du charismatique moine Savonarole, et la découverte de cadavres atrocement mutilés échauffe davantage encore les esprits.

Témoin d'un des meurtres, Niccolô Machiavel, jeune secrétaire de la chancellerie, met à profit sa connaissance des rouages politiques pour mener son enquête et se trouver bientôt plonté au coeur du plus grand scandale de l'époque. Sous nos yeux se dessine alors une comédie macabre qui pourrait bien réduire en cendres la fragile paix d'une ville où les hommes sont tour à tout pions, fous ou cavaliers.

 

Editions : Belfond - ISBN : 978 2 714 43967 3 - Broché (existe en poche)  297 pages - Prix 21 €

 

 Mon avis : Volodia

J'ai aimé ce livre, même si j'en ai été un peu déçu par ailleurs. En effet, je m'attendais à une page d'histoire, bien que ce livre soit positionné dans la catégorie roman, relatant un épisode historique dans l'Italie de la Renaissance, que ce soit par rapport aux arts ou à la politique. Or, il s'agit en réalité d'une intrigue policière, très bonne du reste, dont l'auteur joue de façon ambigûe avec le nom de Machiavel.

Le climat de l'époque est assez bien rendu. Les Français aux portes de l'Italie, Pise révoltée contre la mainmise de Florence avec les autres villes prêtent à se soulever également contre l'allégeance due à la toute puissance Florence. Elle-même épuisée par 10 ans de guerre, et devant se garder des agitateurs publics comme le Cardinal de Saint Malo, représentant du Pape venu proposer au Gonfalonier Soderini une alliance avec la France contre monnaire sonnante et trébuchante, un moine dominicain en rupture de ban avec Romme à qui il reproche la corruption et une dégradation des moeurs et entraînant par la flamme de ses sermons toute une foule de petites gens et en particulier une jeunesse toujours prompte à balayer l'ancien régime pour en adopter un nouveau plus conforme à ses aspirations.

Les premières pages de ce récit commencent par un enlèvement et une description de scènes de torture difficilement soutenable. Bien que sachant l'époque cruelle, je ne vois pas vraiment l'utilité de détailler les sévices suvis par les supliciés et c'est ainsi tout le long du livre. A croire que l'auteur s'en délecte, ce qui met à mon sens un peu en retrait l'intrigue du livre. Ceci dit, j'ai été également un peu frustré de ne pas avoir plus de détails sur les fastes de cette époque, l'action décrite se passant principalement dans un grenier contenant des archives, un atelier crasseux, des tavernes et des maisons closes, des caves et des souterrains sordides.

Ceci mis à part, l'histoire est passionnante et vous tient en haleine du début à la fin et si vers la fin du livre j'ai cru entrevoir la machination et reconnaître le ou les coupables, reste que le dénouement m'a laissé pantois.

De fait, j'ai passé un très bon moment avec ce livre à partir de l'instant ou j'ai cessé de le voir comme un livre historique et que je l'ai lu comme un polar.

J'ai mis ce livre dans ce log littérature lgbt, au motif que le personnage de Soderini avait une préférence pour la "plastique" masculine et "... que rien ne lui plaisait temps que de tenir dans les bras, le corps délicat d'un  damoiseau tout juste sorti de l'adolescence ou celui, plus solidement charpenté d'un homme déjà mûr". Mais la description des préférences et des moeurs du Gonfalonier Soderini s'arrête là. De fait, je vais également parler de ce livre en littérature générale.

 

Raphaël Cardetti

A propos de l'auteur :

Raphaël Cardetti est né en 1973. Spécialiste de la Renaissance florentine, il vit à Paris et enseigne la littérature italienne à l'université.

"Les Larmes de Machiavel" est son premier roman.

 

 

 

10 juin 2015

Le chant d'Achille - Madeline Miller

978_2_91954_726_51_270x395Quatrième de couverture :

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu'Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l'amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible.

Quand à l'appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l'un et la colère de l'autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre... Au risque de faire mentir l'Olympe et ses oracles.

Editions : Pocket - ISBN : 978 2 266 25243 0 - Poches 480 pages - Prix : 7,90 euros.

 

Mon ressenti : Indiangay

L'Illiade, qui ne connaît cette merveilleuse épopée d'Homère dans laquelle s'affrontent/et ou s'allient selon les circonstances, les hommes, les Dieux et  demi-Dieux ; Mais qui connaît l'histoire plus personnelle des héros un peu en retrait de la guerre de Troie ?

C'est au travers des yeux de Patrocle que l'auteure nous conte  une version romancée de la destinée d'Achille et Patrocle unit depuis l'enfance par une amitié plus que fraternelle, dans une Grèce  où les hommes  étaient férus  de combats, de gloire et fiers, à la limite de l'arrogance, de leur naissance.

A l'époque ces amitiés particulières étaient courantes, mais ne perduraient pas au-delà de l'adolescence, au risque de voir ses protagonistes moqués et méprisés. L'amour que porte Achille à Patrocle et vice versa, va défier le temps, les hommes et les Dieux, sans pour autant porter atteinte à leur virilité, leur honneur, et sera respecté par leur entourage au grand dam de Thétis, néréide et mère d'Achille qui estime que Patrocle n'est pas "à la hauteur" de son fils, et qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour les séparer.

Pour un premier roman, Madeline a "tapé fort". Elle a su nous raconter l'amour puissant qui unit nos deux héros, la guerre de Troie venant en arrière plan, sans mièvrerie, avec beaucoup de finesse et de pudeur, tout en préservant leurs qualités virils et leur sens du devoir.

J'ai beaucoup aimé et dévoré ce livre qui m'a fait me replonger dans la Mythologie Grecque et, retrouver les récits et personnages qui ont enchanté mon enfance et mon adolescence. C'est beau, bien écrit et tout et tout. Ne surtout pas y voir un éloge à l'homosexualité ou une quelconque revendication militante lgbt !

 

27 avril 2015

Queer - William Burroughs

 

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Quatrième de couverture :

"J'avais écrit Junkie dans une intention évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue.

Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexe et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer. J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive..."

Editions : Christian Bourgeois - ISBN : 978 2 267 02118 9 - Poche  202 pages - Prix 7,10 €.

Mon avis : Volodia

Je me suis ennuyé dans ce livre, déjà lors de l'introduction assez conséquente (une cinquantaine de pages) destinée à nous présenter l'oeuvre et dans quelle contexte elle avait été écrite, puis dans les nombreuses digressions faites par le personnage principal.

L'histoire se passe au Mexique. Bill Lee, Américain quarantenaire oisif erre sans but dans le pays, de bar gay en bar gay, sans en apprécier ni l'ambiance ni la clientèle trop efféminée à son goût. Drogué jusqu'à la moelle et homosexuel à tendance pédéraste, il jette son dévolu sur Allerton, jeune homme dont il s'éprend de manière obsessionnelle, qui dans un premier temps repousse ses avances, pour finir par y céder, selon son humeur du jour.

Lee ayant essayé nombre de drogues entend parler du yage, plante aux vertus hallucinogènes qui prodiguerait à ses consommateurs des dons de télépathie, que les soviétiques et les américains utiliseraient aux fins de recherches scientifiques.

Il propose donc à Allerton d'aller, tous frais payés et sous conditions que celui-ci accepte ses ardeurs deux nuits par semaine, à la recherche de ladite drogue. S'ensuivent des pérégrinations dans toute l'Amérique du Sud, l'Equateur avec pour paysage, les mêmes villes crasseuses peuplées de populations laides et pauvres. La brousse, la jungle, la chaleur moite, les bouges à putes et des gamins "roués" s'ébattant au bord du fleuve jaune, où sont amarrés pirogues, bateaux rouillés et parfois quelques voiliers luxueux. Après quelques jours de recherches infructueuses, les populations locales se montrant méfiantes, ils reviendront au Mexique et se sépareront.

Ce livre est triste, sans réel intérêt, nous dépeignant un pays ou allait se perdre tous ceux qui avaient maille à partir avec la justice dans leur pays d'origine, ou tout se vendait et pouvait s'acquérir (y compris les services de l'Etat) à partir du moment ou on y mettait le prix. C'est une mise en scène du désir inassouvi, du rejet - Allerton étant un amant peu enthousiaste - et de la dépendance à la drogue. On sent qu'il a été écrit par un auteur d'un certain âge. Par ailleurs, ce récit n'aurait pas eu lieu, me semble-t-il, si l'auteur n'avait pas fait de la prison aux USA pour avoir accidentellement tué son épouse. C'est à sa sortie qu'il choisit  d'oublier et de se faire oublier en partant au Mexique,

 

25 octobre 2012

Serial Fucker journal d'un barebacker - Erik Remès

Serial fuckerErik Rémès n'imaginait pas que la publication de Serial Fucker, journal d'un barebacker, déclencherait d'aussi violentes réactions au sein de la communauté gay. C'est ainsi que les bureaux de son éditeur furent dévastés et que Thierry Ardisson fut violemment pris à parti car il avait "osé"  inviter Erik Remès.

Mais quel crime avait donc commis Erik Rémès ?

Pour la première fois dans un roman underground, il avait révélé une pratique courante du monde gay, mais méconnue, "le barebacking" qui désigne les rapports non protégés entre séropositifs. Il inclut également le culte du sperme et les rapports sexuels impersonnels avec des partenaires multiples.

Pour les barebackers, les capotes empêcheraient de bander. Elles seraient un indice de honte de soi et de haine du sexe. Ce mouvement correspondrait également au "ras-le-bol" du "safe-sex" après vingt ans d'épidémie du sida.

En faisant de cette pratique à risque le centre de son roman, Erik Rémès brise, selon ses ennemis, la vitrine de respectabilité et d'honorabilité que s'efforcent de donner les représentants de la communauté. Mais taire ou feindre d'ignorer le barebacking n'évitera pas la réalité de cette pratique qui se développe.

Serial fucker est un livre obsédant, fort et dérangeant qui interroge. Que sont la vie, l'amour, la mort et le respectde l'autre dans une société individualiste enquête, au mieux d'une nouvelle éthique, au pire, du néant ?

 

Editions : Blanche - ISBN : 2 84628 111 4 - Poche 310 pages - Prix : 10 €

Lien de la vidéo de Erik Rmès chez Ardisson :  http://www.youtube.com/watch?v=9NA_Ky35NVM

Pour personnes très très averties - Absolument interdit aux mineurs


 

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18 juillet 2012

Bougres et Tribades - L'homosexualité au XVIIIème siècle - Nicole Masson - Patrick Cardon

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Quatrième de couverture :

Au XVIIIème siècle, les homosexuels, hommes et femmes, vivent des expériences pour le moins contrastées. "Vice à la mode" à la cour et dans l'aristrocratie, orientation sexuelle liée à la débauche la plus infâme dans l'opinion commune, crime social puni de mort, il est bien difficile aujourd'hui d'imaginer la vie des bougres (homosexuels) et des tribades (homosexuelles).

Bougres et tribades mêle tous les genres que se disputaient les libertins pour évoquer le règne du "péché philisophique", comme l'appelle Voltaire. On trouve ici parfois des propos grossiers et insidieux que l'on qualifierait aujourd'hui d'homophobes, mais qui démontrent l'intensité de la vie homosexuelle avec ses lieux, ses modes de vie, ses expressions et l'on peut lire de véritables manifestes en faveur de lajouissance, sous toutes ses formes. Les problèmes sont déjà posés d'une manière très moderne : affirmation de soi face à un discours moral, judiciaire, religieux ou médical, souffle de liberté revendiquée, enjeux politiques.

Editions : Au Chêne - ISBN : 978 2 81230 588 7 - Prix : 15,50 euros.

 

Mon avis : Volodia

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Ce livre est non seulement instructif mais également très plaisant et distrayant à lire. Il se présente comme un "écrin", en format "missel" que l'on peut glisser très aisément dans une poche, son édition en est soignée et de qualité (papier, tranches des feuilles dorées, gravures).

Les textes répertoriés sont des extraits de procès judiciaires, de journaux, de lettres personnelles, voire de traité et d'encyclopédie, et sont assez "croustillants" non pas leur érotisme, mais dans la façon de l'exprimer : P1100304

"un garçon, il faut qu'il soit bien nu,

 Souvent on trouve, c'est connu,

 Superbe tête et vilain cul !"

Et on y constate que l'homosexualité pourtant si fortement décriée et cruellement punie, était somme toute chose assez commune. On y parle aussi d'hermaphrodisme mais non en tant qu'individu, qui plus est souffrant, mais plutôt en terme de curiosité, les ramenant tout simplement à des "cas".Nous y découvrons également, l'origine, non dénuée d'intérêt, du nom de "bougres". 

NICOLE MASSON

A propos des auteurs :

Nicole Masson, spécialiste du XVIIIème siècle et  professeur d'Université à la faculté des Lettres et Langues de Poitiers et membre de l'équipe FoReLL (EA 3816).

Spécialiste de Voltaire, d'histoire du livre et de poésie au XVIIIe siècle, elle est l'auteur, notamment, de La Poésie fugitive au XVIIIe s., Champion, 2002 et elle préside la Société Rétif de La Bretonne

 

Patrick Cardon

Patrick Cardon est titulaire d'un diplôme de sciences politiques et d'un doctorat de lettres. Militant de la cause homosexuelle il est éditeur chez Gaykitchcamp de textes aujourd'hui introuvables.

Nicole Masson et Patrick Cardon ont coopéré pour choisir des déclarations époustouflantes, des anecdotes cocasses, mais aussi des récits touchants, troublants et étonnants.

 

13 mars 2011

Drôle de garçon - Shyam Selvadurai

63485444_pArjje est le deuxième fils d'une famille de bourgeois tamouls installée à Colombo. Peu à peu, alors que s'accentuent les tensions politiques et raciales qui divisent la société Sri-Lankaise, Arjje passe de la transparence candeur de l'enfance aux clairvoyances de l'adolescence. Parce qu'il est différent des autres - trop délicat, il ne se plaît que dans la compagnie de ses petites cousines, de sa mère et de ses tantes -, Arjee est le confident des adultes.

Peu à peu, alors que tombant amoureux d'un garçon de son âge, il se réconcilie avec sa véritable nature, il découvre les compromissions, les injustices et les haines qui précipiteront son pays dans la guerre civile.

Un premier roman d'initiation délicat dans lequel les aspirations du coeur viennent buter sur la réalité  la plus violente.

 Editions : Pavillons chez Robert Laffont - ISBN : 9 782221 084038 - Broché 293 pages - Prix ; 22,71 €

Mon avis : Indiangay

Je n'ai su ce que je devais faire quand mon compagnon m'a offert ce livre, j'ai hésité entre le bénir ou le honnir. Ce livre je l'ai lu en plusieurs fois tellement il me bouleversait en tant que Tamoul et gay, élevé par des femmes. ... 

 

A propos de l'auteur :

Jeune auteur sri-lankais de langue anglaise, né en 1965 à Colombo, émigré avec toute sa famille au Canada après 1983, Shyam Selvadurai, licencié ès lettre, a écrit pour la télévision et a publié des nouvelles dans diverses revues. Drôle de garçon est son premier Roman.

 

 

12 septembre 2009

Querelle de Brest de Jean Genet

 

268378Le héros du livre, Georges Querelle a déjà tué plusieurs fois sans être inquiété. Matelot ("mataf" comme il le dit lui-même), il provoque par sa beauté virile le désir des hommes qu'il rencontre.


Le lieutenant Seblon, dont il est l'ordonnance, l'aime en secret. Le "Vengeur", son bateau, est à quai à Brest, "ville dure, solide". Il y rencontre Robert, son frère, qui est l'amant de Madame Lysiane, la patronne de "La Féria", bordel brestois célèbre à travers le monde. Il se donne à Norbert, le tenancier, à Mario, inspecteur de police, et se prend d'une amitié amoureuse pour Gil, un jeune meurtrier aux abois.

« Toute sa jeunesse il avait fréquenté les dockers et les marins de la marine marchande. Il était à son aise dans leur jeu. »

Pouvoir de sa sensualité qu'il sait mettre au profit de ses intérêts. Georges Querelle, violence et tendresse intimement liées, attire vers lui ces hommes que l'homosexualité horrifie. Au-delà des étiquettes que la société impose à la sexualité, il investit la pureté dans ses rapports avec ces hommes rudes mais fragiles, et jusque dans le meurtre, rituel artistique et cynique.

« Ce regard sévère parfois presque soupçonneux, de justicier même, que le pédéraste attarde sur un beau jeune homme qu'il rencontre, c'est une brève mais intense méditation sur sa propre solitude ».

Jeu qu'il assume avec nonchalance mais non sans gravité, le rapport sexuel (d'où tout sentiment est banni) est pour Georges Querelle le moyen de s'élever à une noblesse intime. Personnage solitaire comparable à l'ange de l'Apocalypse dont les pieds reposent sur la mer, il atteint à une beauté secrète, qui fait fi du jugement commun.

Avec lyrisme, Jean Genet développe, dans Querelle de Brest (publié pour la première fois en 1947), un thème majeur de son œuvre : la dialectique, sinon la poétique, du péché et de la grâce. Il le fait ici, dans cet univers viril des marins qui lui est familier - l'idée de meurtre évoque souvent l'idée de mer, de marins -, avec une force et un talent transfigurés par la beauté de son écriture.

21 février 2010

Le protocole compassionnel - Hervé Guibert

753191_2879525"C'est tout bonnement la suite de A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie : exactement ce que j'avais dit que je ne ferais jamais".

Un an et demi a séparé ces deux livres. Le temps de la renonciation à l'écriture, celui de l'expérience. On retrouve les mêmes personnages : Hervé Guibert, écrivain malade du sida, ses proches, la communauté des malades et de leurs soignants. Claudette Dumouchel, un jeune médecin de vingt huit ans, entre en Scène. Une étrange relation va s'inventer à chaque examen entre cette femme très belle et le narrateur. Une relation peut être proche de l'amour, on ne sait Jamais.

Un nouveau médicament, aussi, est apparu, très difficile à obtenir et incertain, encore au stade de l'expérimentation, le DDI. Aux Etats-Unis, il a déjà tué tois cents personnes qui se l'étaient procuré au marché noir et l'avaient utilisé sans connaître les doses, sans surveillance médicale, aveuglément, désespérément. En France, pour l'instant, on le délivre aux malades qui sont à la dernière extrémité, dans un protocole qualifié de "compassionnel" par les médecins.

"C'est ce nouveau médicament qui m'a permis de surmonter mon épuisement, et d'écrire". Si A un ami qui ne m'a pas sauvé la vie raconte l'étonnement et la douleur, la rage et la tristesse d'une homme de trente-cinq ans dans lequel s'est greffé le corps d'une vieillard. Mais le bonheur d'une rémission fait une incursion dans le malheur.

30 novembre 2015

Ce sont amis que vent emporte - Yves Navarre

21270379_1406150Quatrième de couverture :

"Ce n'est pas ici l'histoire d'une mort mais celle de notre vie, une histoire comme toutes les autres histoires, jamais la même, toujours la même histoire d'amour et de son cours, flux et flonflons.Il y avait du régal dans mon regard et dans le sien, également, à égalité, quand agrippé à la rampe il a difficilement emprunté l'escalier.

Autrefois il aurait dit, en arrivant en bas, comme une meneuse de revue couverte de strass, "l'ai-je bien descendu ?" Là, il vient de plonger dans mes bras, étais-ce un cri ou un rire, que voulait-il dire ?, un mot s'était bloqué dans sa gorge. Il a répété, "ça va, laisse-moi". Petit à petit il s'est détaché de moi, assurant chacun de ses pas, levant douloureusement les bras pour l'équilibre du funambule. Ma musique le tenait debout".

S'il est question de perte, de maladie et de mort, Ce sont amis que vent emporte ne peut être réduit à cette seule dimension, tant la force de l'amour et le pouvoir de l'art y occupent aussi une place de choix. Ce clair-obscur inattndu dans un texte consacré à la mort fait de de ce roman l'un des plus beaux et certainement l'un des plus émouvants qu'yves Navarre ait écrits. 

Editions : H&O - ISBN : 978 2 84547 191 7 - Poche - Prix 6,90 EUROS. 

Mon avis : Volodia

Dans ce livre Yves Navarre restitue avec toute la délicatesse et la sensibilité qui étaient siennes une histoire d’amour de 20 ans, interrompue par la maladie puis, par la mort.

 Il met en scène deux hommes, un couple homosexuel, dont l’un Roch est sculpteur, l’autre David est danseur. Tous les deux sont malades, le nom de la maladie n’est jamais nommée, c'est au fil des des pages qu'on devine de laquelle il s’agit.

Les deux hommes vivent cloîtrés dans leur appartement. Depuis que David est entré en phase terminale. Ils se sont isolés de leurs collègues, relations, amis et familles et ce, bien que ceux-ci se soient montrés compréhensifs. Ils ont décidé d’arrêter les traitements médicaux et dans ce huit clos Roch va se consacrer totalement à David. Pendant les sept jours qui vont précéder sa mort, Roch décrira dans son journal, la longue agonie de son ami. Il le lave, le couche, l’enlace, lui brosse les dent, met en place un ingénieux système pour lui éviter de tomber dans les toilettes et lui épargner  l’humiliation de la déchéance physique.

 Les deux hommes ne travaillant plus, s’ajoute à la difficulté de leur existence, les soucis financiers. Tout ce qui est bien, va à David, lui il se débrouillera. Roch meurt 3 mois après David et c’est son médecin qui reprendra son journal.

La maladie vient à sublimer l’amour que se porte ces deux hommes.  Une magnifique ode à l’amour et à la vie. Je recommande ce livre à tous ceux pour qui l'amour entre deux hommes ne se résume pas qu'à une histoire de culs et contrairement à ce que l'on pourrait penser au regard du récit, ce n'est pas un livre triste. 

 

YVES NAVARRE

A propos de l'auteur :

Yves Navarre est né à Condom  dans le Gers, en 1940. Il est mort à Paris le 24.01.1994.

Ecrivain et homosexuel il s'est toujours défendu d'être d'abord écrivain et ensuite homosexuel et non pas un écrivain homosexuel.

On lui doit de nombreux romans et pièces de théâtre, dont le petit galopin de nos corps, le jardin d'acclimatation (Prix Goncourt 1980) ou Kurwenal ou la part des êtres, tous trois récemment réédités par H&0. 

19 septembre 2009

Dorian de Wil Self

 

 

 



Histoire :

Henry Wotton est un dandy qui use et abuse de tous les plaisirs illicites : sexe, drogue, alcool, et bons mots. Dans le studio de son ami (et ex-amant) Basil Hallward, vidéaste très en vogue, il rencontre Dorian Gray, un jeune homme d'une grande beauté. Il se propose de l'initier à toute une vie de débauche...
Dorian se laisse tenter, tout en faisant le voeu de garder la fraîcheur et l'innocence de la jeunesse. Mais il y a le sida et ses ravages...

Dorian est le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde transposé une siècle plus tard. Wil racontait la déchéance du XIX siècle finissant, Will Self, lui, raconte la lente dérive du Londres décadent des années 80 et 90. Dans ces variations sur un mythe, il dépeint, avec le cynisme et l'humour qu'on lui connaît, une fin de siècle désormais révolue.

Mon Avis :

C'est bien particulier, mais c'est un très bon livre. Pour les personnes qui ne connaissent pas le milieu gay et en particulier cuir et autres, hum ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Mais il reflète bien une époque pas si lointaine et qui refait surface. Car les drogues sont devenues plus courantes, moins chères, certains sont avides de nouvelles sensations et prêts à toutes les folies d'autant que de nouveaux traitements contre le VIH ont vu le jour avec un certain succès.

Pour ce qui est des boites cuirs et des backs room, la France à ce qu'il faut même si en 80 certaines boites ont été fermées pour diverses causes : drogues, mineurs, débauches en tout genre. Exemple les boites de la rue Saint Anne dont la plupart appartenaient à Roger Peyrefitte, oui oui celui-là même, l'écrivain. D'autres comme La Mendigotte ou il y a eu des accidents décès par overdoses ...

Ce genre de boites est très particulier ainsi que ceux qui les fréquentent. Beaucoup prennent sciemment le risque de ne pas porter de préservatif, ça fait partie du risque lié à chaque rencontre, ça lui rajoute du piment. A l'inverse de la femme, l'homme peut avoir du sexe pour du sexe, sans avoir besoin d'aimer la personne.

Ce livre est intéressant car il met en scène une fiction avec des éléments d'histoires réelles.

 

 

27 juin 2021

Le Temple - Stephen Spender

LE TEMPLE DE STEPHEN SPENDER

 

Quatrième de couverture :

 

Après plus d'un demi-siècle, un manuscrit refait surface, rendant à son auteur l'écho de ses vingt ans. C'est l'Université du Texas qui conservait "Le Temple" de Stephen Spender, roman écrit en 1929 et que les éditeurs refusèrent à l'époque pour cause de pornographie. Certes, l'ouvrage crie très haut la joie de vivre et la difficulté d'être durant l'entre-deux guerres, ce long été de la Saint martin où somnolait la République de Weimar. Mais l'adolescent anglais qui découvrait Hambourg pressentait la venue de l'orage.

 

Raison de plus pour mettre les bouchées doubles, avec ses amis : W.H. Auden,  Christopher Isherwood (qui tirera de son  apprentissage  allemand l'Adieu à Berlin dont sortira l'illustre "Cabaret".

 

Ayant relu, corrigé, complété son tout premier livre, Spender lui permet  d'enfin voir le jour.  Et le lecteur s'émerveille d'entendre une voix si fraîche et si grave célébrer le bonheur fragile d'un monde qui court à sa perte.

 

Editions : Christian Bourgois - ISBN : 9 782267 007244 - Broché : 314 pages - Prix : 19,82 €

 

Mon Avis : ChezVolodia

 

Le Temple dont il est question c'est celui que les Allemands des années 20 consacrent au corps et à la gymnastique.

 

Ce livre est autobiographique, écrit par l'auteur après qu'il ait passé ses vacances d'été en Allemagne en 1929. Il y raconte ses expériences vécues là-bas. Poète et écrivain anglais, il était inséparable de Christopher Isherwood lorsqu'ils vivaient tous les deux à Berlin.

 

Spender aime les garçons et veut écrire librement. A l'époque, l'Angleterre puritaine interdisait l'homosexualité et poursuivait les livres licencieux. Aussi, Spender comme Isherwood va t- il séjourner en Allemagne, pour s'affranchir des contraintes de la censure qui régnait à Londres. 

 

En premier lieu : Hambourg puis Berlin. Pendant cet été 1929, Spender rencontre des jeunes gens de tous milieux et notamment des prolétaires désoeuvrés prêt à toutes les compromissions pour quelques marks. Car si pendant cette période l'insouciance prévaut chez beaucoup de ces jeunes gens, pour d'autres la crise économique commence à montrer son visage avec son cortège de chômeurs. La montée du nationalisme concrétisée par des camps de tirs dans les forêts, occupés par d'anciens militaires revenus à la vie civile mais qui ne rêvent que de revanche n'ayant jamais accepté la défaite de 14-18.

 

Entre les deux guerres, l'Allemagne vivait ses derniers jours de liberté, d'insouciance, de drague à tout va. Au lointain commençait à poindre la dictature, les nouvelles lois raciales, le bruit des bottes. 

8 juillet 2021

La vie Lente - Abdellah Taïa

La vie lente

 

Quatrième de couverture :

 

Dans la France d'après les attentats de 2015, Mounir, parisien homosexuel de 40 ans d'origine marocaine, vit dans une situation précaire. Il vient d'emménager rue de Turenne. Madame Marty, une vieille dame de 80, survit difficilement au-dessus de chez lui dans un minuscule studio.

 

L'amitié entre ces deux exclus de la République s'intensifie jusqu'au jour où elle vire au cauchemar. Les affrontements et les déchirements s'enchaînent. Excédée, madame Marty appelle la police. 

 

Antoine, le commissaire qui interroge Mounir, le soupçonne de liens avec les djihadistes. Mais Antoine existe-il vraiment ? Où passe la frontière entre le vrai et l'imaginaire ?

 

Un roman de rupture.

 

Editions : Seuil - ISBN : 978 2 02 142 183 5 - Broché : 267 pages - parution mars 2019 - Prix : 18 €

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Tout commence par une banale histoire de nuisances sonores occasionnées par sa voisine du dessus, une vieille dame de 80ans, recluse dans son studio de 14m2. Dans un premier temps, il essaye de s'entendre avec Mme Marty sa bruyante voisine. Il lui explique les conséquences néfastes que ce bruit à sur sa santé. Madame Marty tout en s’excusant et en promettant de faire attention, lui fait comprendre que ce sont les bruits de la vie, de sa vie qu’il entend et qu’elle ne peut s’empêcher de vivre.

 

Malheureusement, au fil du temps, ces bruits récurrents finissent par faire perdre patience et la raison à Mounir. Il en vient à proférer des propos d’une grande violence envers Madame Marty qui prend peur et fait intervenir la police. Les relations avec les autres habitants de l’immeuble ne sont guère meilleures. Ceux-ci souhaitant le voir expulser car fauteur de troubles, et faisant tache dans cet immeuble bourgeois ou il est le seul Marocain. Il leur répond par message écrit ,d’une grande ambiguité, affiché dans le hall d’entrée.

 

L’auteur situe cette histoire dans l’année 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo. Le climat de défiance engendré a durement été ressenti par Mounir, en tant que musulman.  Les hurlements adressés à Mme Marty, n’ont pour lui aucune valeur de menaces, ce sont simplement les mots d’une personne excédée par le manque de sommeil, et moyen d’expression ordinaire utilisé dans son pays d ’origine. Ils ne portent pas à conséquence.

A l‘arrivée de la police, après une perquistion et un interrogatoire en règle, ou il est considéré comme un éventuel terroriste, une éventuelle menace pour la sûreté de l’Etat, il est relâché faute de preuves. Cette expérience lui fait prendre conscience que malgré ses études supérieures, son doctorat, son aisance financière, il reste pour la majorité de la population autochtone, l’étranger, celui qu’on peut humilier, mépriser, soupçonner, qui doit sans arrêt s’excuser pour tout et rien, qui ne peut se rebeller sous peine d’offusquer et/ou de passer pour mal éduqué. Lui l’émigré, qui ne peut et n’a le droit de ne rien dire. surtout s’il vient d’un pays considéré comme inférieur économiquement. Le dernier à compter à côté d’une native du pays dans lequel il a émigré.

 

Alors pour se retouver, il part en banlieue, La Défense, puis Nanterre et, la Cité Picasso, là ou il est susceptible de rencontrer des émigrés, des gens comme lui, qui ont une vie, un franc parler, des sentiments qu’ils peuvent exprimer naturellement, sans risque d’être jugés. Des personnes qu’il a lui-même regardé sans les voir.

 

Lors de ses pérégrinations il rencontre Antoine, Policier, Marié, 3 enfants, qui n’assume pas son homosexualité, avec qui il aura une liaison sur 3 mois avant que celui- ci ne retourne à son épouse. Fiction ou réalité ? l’auteur nous laisse libre de l’imaginer.

 

J’ai beaucoup aimé ce livre. Il souligne les frustrations et le sans-gêne pour ceux qui en sont victimes, et d’incompréhension, voire le je m’enfoutisme par ceux qui en sont la cause, et finissent par dégénérer en violences verbales et/ou physiques et se terminer par une haine réciproque.

 

II reflète bien, également, l’ambiance, le climat de suspicion envers les personnes émigrées, mais pas seulement musulmanes, certaines situations reflètent les conditions de vie et d’acceptation de celles-ci par les étrangers et souvent imposées et/ou sous entendues par les autochtones.

 

Mon ressenti : Indiangay

 

Abdellah Taïa est un auteur qui écrit bien, avec intelligence mais également avec son coeur. Ses livres sont souvent le reflet de l'actualité présente ou passé. A travers ses livres se révèle une sensibilité que l'on pourrait qualifier d'exacerbée. Il me fait penser à d'autres auteurs qui ont le don de mettre les émotions de l'âme humaine en exergue, tels : René de Ceccatty, Philippe Besson. Même si les thèmes exploités sont différents, ils se rejoignent sur ce point.

 

Pour le bruit, je rejoins Volodia, c'est insupportable lorsqu'il se reproduit jour après jour et sans discontinuer. Lorsque vous avez épuisé toute votre énergie à le combattre à l'amiable ; il arrive un moment ou excédé par le manque de sommeil, le sans gêne de ceux qui en sont la cause, vous fait "péter un plomb", et envisager un moyen de rétorsion peu importe qui en sera la victime.

 

Quant au fait d'être considéré comme citoyen de seconde zone, c'est bien réel. Que vous soyez un français par delà les mers (Antilles, anciennes colonies, comptoirs) reste que vous n'êtes pas né là ou vous vivez, et que vous le payez chaque jour que Dieu fait par toutes sortes de mesquineries. A vous d'avoir la force de les supporter si vous ne pouvez les oublier.

9 octobre 2013

L'accompagnement - René de Ceccatty

41FF7A53PKLQuatrième de couverture :

"Dans les derniers jours, il m'a dit, lui qui était écrivain, qu'il n'avais pas eu la force de décrire ce qu'il vivait et que personne encore n'avait pu décrire cette lutte contre la mort à l'hôpital. Il m'a dit qu'un autre ami écrivain - lui aussi très présent à ses côtés pendant toute la maladie - et moi, nous en savions désormais assez pour décrire ce que nous avions vu. C'était un appel".

 

Editions : Folio - ISBN 2 97 0400092 1 - Poche : 153 pages - Prix  6 euros.

 

Mon avis Volodia

Le récit est  discret, délicat, plein de pudeur mais fort. La maladie nous est dévoilée  au fil des pages, pas de titre à sensation. Le malade lui-même ne veut pas dramatiser sa situation et n’informe ses amis qu’au compte goutte de son état. Lorsque celui-ci s’aggrave, et le rend de plus en plus faible, son caractère d’un naturel déjà difficile, devient despotique, que ce soit envers ses amis ou le personnel soignant, parce que la maladie l‘emporte sur tout, sensible à chaque bruit, chaque respiration.

L’auteur supportera tout, avec abnégation, considérant qu’être près de son ami est normal, important pour son moral. Il le soutiendra, dans ses moments d’angoisse, le soulageant du mieux qu’il peut, par sa présence, attentif et obéissant au moindre de ses désirs.

L’auteur, se fait voyeur puis rapporteur, de l’état physique et des émotions de son ami, mais également du personnel hospitalier, les médecins et les infirmières qui ne jugent pas, qui essayent par leurs qualités humaines et leur empathie, ainsi  qu’avec leurs pauvres moyens de rendre sa vie, puis sa fin de vie la moins pénible possible.  - le médecin attentif,  et les femmes, ces infirmières qui se dévouent pour tous ces hommes qui n’ont aimés que des hommes mais, qui aux derniers instants de leur vie recherchent ou acceptent leur présence - Mais également d’autres membres du personnel soignant et femmes de service qui s’en moquent, imperméables à toute souffrance et qui n’hésitent pas à lui faire comprendre que s’il est là, c’est bien de sa faute et qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.  Déjà bien beau qu’on s’occupe de lui…

Il est le témoin presque muet de la déchéance physique de son ami, un corps qui pourrit, les odeurs, sa cécité, son angoisse de se souiller au point de lui demander d’acheter des couches qu’il demandera à la pharmacienne totalement indifférente, de mettre dans un second sac par discrétion et pour éviter au malade,  son ami une humiliation de plus. Les sanglots et les larmes de celui qui à la fin de sa vie ne supporte plus la mesquinerie des uns et des autres, qui se tord de douleur, les côtes brisées par le kiné tellement ses os sont devenus friables.

Ce livre est très beau et je l’ai beaucoup aimé. Là on parle du sida, mais ce qui est décrit dans ce livre peut être le récit de toute personne en fin de vie, après une longue et douloureuse maladie.


René de CeccattyA propos de l'auteur :

René de Ceccatty est né le 01/01/2952 à Tunis. Romancier, traducteur, critique littéraire et éditeur. Il a fait des études de philosophie. A vécu au Japon et en Angleterre. Il collabore régulièrement au "Monde des Livres" et fait partie du Comité de Lecture des Editions du Seuil.

Il collabore également à de nombreuses revues telles : la NRF, la Quinzaine Littéraire, le Magazine Littéraire, Europe, Nuovi Argomenti, II Messaggeroe, etc...Il est critique littéraire au journal "Le Monde" depuis décembre 1988.

 

9 juin 2021

La recrue : Baie sanglante - Christ Verhoest

 

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Quatrième de couverture :

Alec tint "Douceur Café" avec sa soeur jumelle Alice Ikel est policier municipal. Il n'y a rien en apparence poiuvant rapprocher ces deux hommes qui viennent d’arriver à St Marzin, petite station balnéaire tranquille. Sauf que le bar est situé juste à côté du poste de police.

Quand un jeune homme est tué puis déposé près d’une chapelle, Ikel est bouleversé par cette découverte. Il n’avait pourtant pas intégré la criminelle ! Il s’offre un remontant à « Douceur Café » et se confie au beau gérant roux. Un second jeune homme est bientôt retrouvé mort à l’école de voile. Même posture, même blessure. Quel but poursuit l’assassin ?

Mêlé à l’enquête, le flic aux mèches rebelles se rapproche aussi d’Alec. Ils sont encouragés par Alice mais n’osent d’abord pas se dévoiler. Le passé est vivace, la ville est petite. Soudain, l’affaire du « tueur de St Marzin » prend une tournure différente pour Ikel, qui entraîne Alec dans son sillage et dans un jeu de cache-cache avec un meurtrier aussi déterminé qu’effrayant.

Edition : Kindle - Nombre de pages edition imprimée 144 -

Mon avis : Indiangay 

Il s'agit d'une intrigue policière parallèllement à une histoire d'amour. N'ayant pas l'habitude de lire de l'homoromance je n'en connais pas les codes d'écriture donc, je demande l'indulgence des personnes qui liront mon ressenti et trouveront peut être que j'ai la dent dure.

Je suis resté dubitatif quant à certains éléments du livre. Notamment au fait qu'Ikel se répande sur l'enquête et son supérieur auprès d'un tiers (en l'occurrence Alec). Quant est-il du devoir de discrétion ? D'autant qu'il ne connaît son interlocuteur que depuis 2 jours.

Par ailleurs, sans savoir si Ikel fait preuve de la "même sensibilité" que lui, Alice, joue les entremetteuses en précipitant son frère dans les bras de celui-ci. Qu'en est-il de la réciprocité ? Quant à Ikel, au premier regard, il est déjà en rut et se transforme "en sexe sur pattes".

Et tout le long du livre est à l'avenant. Ikel continue à dévoiler des éléments de l'enquête, en prenant Alec comme confident de ses pensées et le laisse même lui suggérer des pistes . Il continue à dénigrer son supérieur en se mettant lui en avant et lorsque qu'un supérieur arrive de Brest pour l'aider dans l'enquête, il estime être sous estimé,  valoir mieux que celui-ci, en avançant plus vite, et regrette d'être laissé au rang de gratte papier.

Alec quant à lui est une jeune homme timide n'ayant jamais eu de rapprochement intime avec ses semblables, les plus semblables possible. Il vit son histoire avec Ikel comme la vivrait un tout jeune homme sans expérience. D'autant qu'Ikel le pare de toutes les qualités et grâces possible. C'est beau, chaud et romantique à souhait.

L'intrigue du livre on la découvre assez facilement, et assez rapidement à mon goût, (malgré quelques rebondissements), ainsi que le mobile et le coupable même si on ne connaît pas son nom. L'histoire est plaisante à lire, malgré certaines incohérences, et on se laisse volontiers emporter par celle-ci.

L'auteure fait passer un message dans chacun de ses livres, dans celui-ci il est question de respect animal, d'homophobie, de pollution et de gaspillage écologique. Il est également à prendre en considération que ce livre est un des premier écrit par cette auteure et que depuis, elle s'est grandement améliorée.

 

17 juin 2014

Aimer - René de Ceccatty

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Quatrième de couverture :

"Que reste-t-il d'un amour, en dehors du temps qui passe au moment où il passe, une fois que l'on a esquivé l'affrontement des amants, une fois que s'est dissipé le trouble de sa présence, la terreur de perdre l'autre ?

Maintenant que je sais que j'ai perdu Hervé, maintenant que je vois écrite la rupture et que rien ne peut renverser l'ordre du temps, je ne crains plus qu'un mot dangereux ne l'éloigne de moi. Je n'ai plus peur. Cela me donne une grande force. Je peux écrire au présent. J'ai perdu toute nostalgie parce que l'avenir m'a définitivement échappé".

 

Editions : Folio - ISBN : 2 07 040448 X - Poche 260 pages - Prix : 7,70 euros.

 

Mon avis : Volodia

Suite au décès d'une amie, écrivain britannique, Harriet Norman, qui a fait de lui son exécuteur littéraire, l'auteur se rend en Angleterre.

Dans le train qui l'emmène dans le Devon, l'auteur fait la connaissance de Ishmaël, qui intrigué par sa lecture du roman de Harriet Norman, engage la conversation. Marié, hétérosexuel, il s'avère qu'il est aussi l'avocat d'Harriet, qu'il se rend au même endroit que lui et lui propose donc de le déposer chez le notaire s'occupant de la succession de la romancière.

Toutefois, le manuscrit posthume que celle-ci souhaitait voir publier, s'il le jugeait nécessaire, était inspiré d'une période douloureuse de sa vie qu'il avait eu la faiblesse de lui confier à travers de nombreuses lettres.

A la lecture de celles-ci des réminiscences de sa liaison avec Hervé, médecin homosexuel refoulé, ayant un besoin maladif d'être aimé mais incapable de donner en retour, obnubilé par le paraître et dans un déni perpétuel, qui lui envoyait des lettres enflammées dès qu'il faisait mine de s'éloigner et l'humiliait en se refusant à lui et en le "cachant" à ses connaissances ; Il décide de brûler le manuscrit tout en éprouvant la nécessité de donner à l'histoire qu'il a vécu ses propres mots et son vrai sens. Il l'a raconte donc à Ishmaël.

Y a-t-il douleur amoureuse plus profonde et plus radicale que celle de vouloir s'obstiner à être aimé par quelqu'un qui vit cet amour comme une aliénation, un malheur ?

J'admire l'auteur pour l'instrospection de ses sentiments ; D'avoir eu assez de finesse pour analyser également ceux de son compagnon : Pour son courage à mettre fin à une liaison qui s'étiolait dans une longue litanie de récriminations et de rancoeurs de sa part et qui n'était qu'une succession d'humiliations ; De son effacement en faisant croire à "l'autre" qu'il avait cessé de l'aimer, et ce afin de le dédouaner d'une quelconque culpabilité. 

18 mars 2014

En l'absence des hommes - Philippe Besson

En l'absence des hommesQuatrième de couverture :

Eté 1916, Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain Marcel Poust.

Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.

 

Editions  : 10/18 - ISBN : 978 2 264 05685 6 - Poche : 215 pages - Prix 7,10 euros.

 

Mon ressenti : Volodia

Cette histoire nous est contée par le biais d'un journal tenu par le jeune intéressé et des lettres qu'ils adressent et lui sont adressées par ses ami et amant.

Né au début du siècle,  Vincent de l'Etoile à 16 ans lors de la grande guerre. Trop jeune pour être appelé sous les drapeaux, ce jeune homme de 16 ans, aux yeux vert, aux cheveux noirs et au teint de fille, rencontre dans un salon, un écrivain célèbre dont il suscite l'attention, sans avoir rien fait. Une amitié se noue, non charnelle, simplement parce que le grand écrivain subodore en Vincent un jeune homme exceptionnel. Ils se comprennent au travers des silences de Vincent.

Parallèlement, Vincent fait la connaissance d'Arthur, le fils de la bonne. Ce jeune homme a qui il n'a jamais adressé la parole, âgé de 20 ans est engagé dans la guerre et amoureux depuis de nombreuses années du jeune homme. C'est au cours d'une permission de sept jours qu'il osera avouer son amour. Celui-ci trouvera une réciprocité dans les bras de Vincent, mais avec toujours en filigrane : la guerre, les tranchées, les gaz, la boue et la mort mettant fin à cette boucherie inutile et absurde.

Vincent tient secrètes ses amitiés tant envers l'un qu'envers l'autre. Ce n'est qu'au moment ou se raréfient les lettres venant du front, et ou son inquiétude est à son comble,   qu'il dévoilera à Marcel son amitié intime pour Arthur, et à Arthur le réconfort moral que lui procure l'amitié platonique et affectueuse sinon amoureuse de Marcel.

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui est admirablement bien écrit, avec une certaine forme de sensualité, plein de pudeur, de délicatesse. Son originalité, d'imaginer une rencontre entre Marcel Proust, écrivain reconnu et vieillissant de 45 ans avec un jeune homme doté d'un nom à particule et âgé de 16 ans. Considéré comme suffisamment jeune pour échapper à la guerre, mais déjà adulte pour assumer ses choix, sans s'occuper, des autres, ni de leur morale.

La fin du livre est inattendue, à rebondissements ....A lire impérativement !

6 mars 2017

Son frère - Philippe Besson

9782264049469

Quatrième de couverture :

Ils sont deux frères, jeunes encore, réunis une dernière fois face à la mer, face à la mort. Thomas est malade. Lucas l'accompagne pour une ultime escapade à l'Ile de Ré, sur les terres de leur enfance.Un banc au soleil. Entre retrouvailles et chant du départ, chaque minute, désormais, mérite d'être vécue jusqu'au bout.

Editions : 10/18 - ISBN 8 782264 649489 - Poche : 152 pages - Prix : 6,60 euros.

Mon avis : Volodia

C'est l'histoire d'amour entre deux frères, presque semblables, dont le plus jeune Thomas 28 ans va mourir d'une maladie  terrible et incurable dont la cause restera inconnue, et de l'autre Lucas l'ainé qui accepte de l'accompagner jusqu'à la fin. Témoin muet mais lucide de la dégradation du corps puis de l'agonie de son frère, essayant au travers de l'écriture de faire face au chaos  de la future disparition de celui-ci.

Le récit se déroule de mars à septembre, entre l'Ile de Ré et de multiples hospitalisations, sans ordre chronologique, simplement au gré des souvenirs de celui qui reste, comme un mémoire.

A l'annonce de sa maladie dont on se doute qu'elle nécessitera des soins longs sans certitude de guérison, Claire, l'amie de Thomas "s'en va" n'ayant pas la force de supporter cette épreuve. Les parents sont effondrés et pour éviter qu'ils ne s'écroulent tout à fait, les deux frères décident de les épargner le plus possible en passant sous silence les diverses étapes de la maladie et des traitements.

Thomas souhaite se rendre  sur l'Ile de Ré, là où la famille possède une maison de vacances qu'ils occupaient tous les été durant leur enfance et où les réminiscences du passé sont plus présentes, plus vives. Il n'a aucune illusion et sait qu'il n'y a qu'une issue à sa maladie. Aussi met-il en scène sa mort. Déclarant vouloir un bel enterrement, pas une incinération, mais un enterrement avec des couronnes de fleurs, de la grande musique, que sur sa tombe soit indiquées sa date de naissance et celle de sa mort pour permettre à sa famille de se recueillir, de ne pas l'oublier, mais également afin de faire partie de ce siècle, d'une époque déterminée.

Lucas par amour pour son frère, et bien que ne voulant rien savoir des interrogations, et des confidences des uns et des autres, se met en retrait, mais les accepte toutefois, sachant que qu'ils ne sont pas suffisamment fort pour garder leurs inquiétudes et leurs angoisses pour eux. Les mots sont précis, secs. Ils décrivent la déliquescence du corps, ses souffrances.

Je ne me lasse pas de m'émerveiller de la justesse des mots et de la délicatesse de Philippe Besson quand il s'agit de décrire, des émotions, la fraternité presque gémellaire, faite de rivalité mais également d'une intimité unique qui sera perdue à jamais. Sa description du milieu hospitalier, avec un médecin pétri de son importance, condescendant et sibyllin dans ses propos, des infirmirmières dévouées mais débordées affichant une carapace entre elle et la douleur du patient, ainsi que de l'entourage dépassé par les évènements, dont les visites s'espacent peu à peu. La colère du malade devant la dépossession de soi, l'insuccès des traitements, jusqu'à sa résignation mue par la lassitude, qui refuse l'acharnement thérapeutiqe dont il fait l'objet et accepte de mourir. Tout sonne juste, l'auteur ose faire parler ses sentiments  et si par certains côtés son récit peut paraître impudique, il est aussi d'une grande retenue. La maladie tient les deux frères prisonniers dans une relation moribonde et le dernier geste de Thomas libèrera son frère.

Je n'ai par contre par vraiment vu l'utilité de l'évocation par un vieil homme énigmatique , venant régulièrement leur raconter une histoire ancienne et mystérieuse, concernant Thomas dont on apprend le dénouement à la fin du roman. Hum en effet, celui-ci se suffisait à lui seul et ce dernier élément peut sembler en surplus. 

Ce livre m'a fait penser à un autre également très beau : l'Accompagnement de René de Ceccatti :

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2013/10/09/28178150.html

16 mars 2016

La vie privée - Olivier Steiner

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Stristement réservé aux lecteurs avertis et aux plus de 18 ans

Quatrième de couverture :

Huis clos dans une maison du bord de mer. Tandis que la dépouille d’Emile repose dans une chambre à l’étage, le narrateur attend le dominateur. Une voiture se gare, c’est lui, le voilà dans l’embrasure de la porte, pile à l’heure, et sa ponctualité est déjà une forme de sévérité. Se joue alors la scène primitive, danse d’Eros et Thanatos, entre ombres et lumières « sexe et effroi ». Poussés aux derniers retranchements de la chair et de l’esprit, les corps exultent, souffrent et jouissent, livrent leur essence même.

Avec « la vie privée », Olivier Steiner signe une voyage sans retour, magnifique oraison funèbre, expérience de lecture rare où se dévoile notre humanité dans ce qu’elle a de plus noir et de plus cru.

Editions : L’Arpenteur  - ISBN : 9 782070 144860 – Broché : 145 pages – Prix : 13 €

Mon avis : Volodia


Emile vient de mourir, l’occasion pour Olivier de se pencher sur son passé et ce qui l’a amené à rencontrer ce vieil homme aussi solitaire que lui, son installation chez lui sans réelle invitation ni acceptation, avec en contrepartie des menus travaux à effectuer, puis les années venant à se dévouer à lui, à corps défendant.

Emile ne parle presque plus, Olivier fait les courses, le regarde « s’assoupir », le nourrit, le lave, le change, l’interroge, fait les réponses à ses propres questions. Il se regarde vivre, accomplir les gestes du commun, avec en filigranes des réminiscences de son passé.

Seule l’arrivée du Dominateur (rencontré sur un site spécialisé) interrompt ses pensées qu’il troque contre d’autres plus émotionnelles, plus brutales, plus crues, conjuguées à la douleur physique et aux humiliations souhaitées, désirées, et encouragées.

Ce livre parle de corps, et de sensations abstraites. J’y ai oscillé entre fascination et dégoût. Car si l’ode offerte aux souvenirs d’Emile est superbe, le récit de ses plans culs et turpitudes avec le Dominateur m’a quelque peu révulsé.

Pour finir, je n’ai pas aimé ce livre malgré quelques beaux passages. Je n’arriverai jamais à comprendre ce qui pousse certaine personne à conjuguer amour avec domination, violence, humiliation tant verbales que physiques…. !

3 octobre 2009

Gay Vinci Code de Pascal Fioretto

Gay_vinci_codeQui a tué le conservateur du musée des Arts et Traditions Homosexuels ? Quel terrible secret cachait-il ? Et pour qui travaille la drag queen tueuse qui terrorise les saunas, les bars à moustache et le KFC des Halles ?

Charlus Glandon, spécialiste mondial des icônes gay, et son neveu Cédric, jeune journaliste à Tutêt, se retrouvent au coeur d'une palpitante enquête à la recherche d'un des plus grands mystères de tous les temps. Et si Léonard n'avait pas tout dit aux Américains ? Le plus grand secret de l'humanité serait-il caché dans une chanson de Dalida ?

Avis des uns et des autres

"si vous avez lu Da Vinci code, voici le pastiche le plus drôle, le plus réjouissant, le plus étonnant :toutes les ficelles, astuces et mécanismes de Don Brown sont démontées..." S.H. Cosmopolitan

"....(...) une parodie désopilante (...) F.-G.Lorrain - Le Point.

 

Mon avis : volodia

Je n'ai pas su apprécier ce livre. Certaines allusions étaient bien trouvées et très drôles, mais l'histoire par elle-même, l'intrigue était nulle.  Pour moi ce livre n'était intéressant que par la trouvaille des jeux de mots...Je m'y suis ennuyé, souvent.

9 novembre 2017

Je suis en vie et tu ne m'entends pas - Daniel Arsand

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Quatrième de couverture :

Quand l'Allemand  Klaus Hirschkush débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c'est une ville détruite qu'il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu'il est homosexuel. A bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n'a pas fini d'expier.

Un garçon ordinaire, une différence ordinaire, une simple vie, un trajet : Klaus s'exile en France et y traverse une moitié de siècle - le travail, l'amitié, l'amour, l'espoir et les déceptions, les chagrins et les joies - pour s'entendre chasser, à l'aube des années 1990, d'une cérémonie du souvenir dans la province française aux cris de "les pédés aux fours" !.

Survivre : un miracle et une responsabilité dont la réalisation n'a pas à être spectaculaire mais qui relève d'un combat intime, tenace, insurmontable parfois, solitaire souvent, et toujours sans répit.

Le roman de Daniel Arsand invente la langue digne de ce combat à poursuivre, mélange rigoureux et explosif de sècheresse, de rage et de lumière. Je suis en vie et tu ne m'entends pas est un texte crucial, qu'on voudrait confier personnellement à chacun de ses lecteurs, comme un viatique, un talisman, à la fois miracle et responsabilité.

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2 330 06042 8 - Broché : 266 pages - Prix : 20 €

Mon avis : Volodia

Je n'ai pas su apprécier ce livre, qui comporte trop de clichés véhiculés sur la déportation des homosexuels. Daniel Arsand avait des choses à dire, je l'ai bien compris. Son livre s'est voulu militant, mais à mon sens il est passé à côté par trop d'incohérences dans son récit , mais surtout d'histoires de vie racontées dans d'autres livres par d'anciens prisonniers au triangle rose.

Lorsqu'il est libéré du camp et marche dans les rues de Leipzig, il a 23ans et a supporté 4 années de camp. Déporté à l'âge de 19 ans (précision donnée page9), Heinz son compagnon a préféré se jeter par la fenêtre à l'arrivée des soldats plutôt que de tomber entre leurs mains. C'est seul qu'il a du affronter la torture, le mépris, les insultes de ces compatriotes, mais également des autres déportés, eux pour autres motifs.

Mon souci vient de ce que l'auteur, veut tellement insister sur le martyr subit par Klaus, qu'il met en scène des viols commis à son encontre non seulement par les soldats, des kapos, mais également par les autres déportés eux-mêmes...

Ce qu'il faut savoir c'est que pour les Kapos à Buchenwal comme dans bien d'autres camps, la pédophilie régnait en maître et que les traffics d'enfants faisaient partis du quotidien. Dès l'arrivés des convois, les kapos choisissaient leur pilpul pour la plupart âgés de 12 ou 13ans. Dans la soupe des déportés était versé du bromure quand ce n'était pas les affres de la faim qui étaient suffisants pour calmer toutes les éventuelles ardeurs sexuelles de ceux-ci. Et, la moyenne de vie dans les camps étaient d'environ 1 an à 2 ans compte tenu des conditions de détention.

Ce qui est réaliste c'est le mépris envers les homosexuels par tous (soldats, kapos, déportés) et parfois à juste raison malheureusement. Car certains homosexuels ont été déportés après avoir été "amis" avec d'importants membres du Parti, et que lesdits amis tués (lors des purges dudit parti) ou voulant s'en débarrasser, les ont envoyés dans les camps. Pour d'autres, ce n'étaient pas le premier internement, déjà en 1933 ils avaient fait connaissance avec cette répression. Mais malgré cet avertissement et l'espionnage dont ils faisaient l'objet, ils avaient continué leurs pratiques ... 

Autres sujets de méfiance et de rancoeur des autres déportés, beaucoup d'homosexuels réussissaient à trouver à s'occuper dans des baraquements, alors que les autres déportés travaillaient à l'extérieur sous toutes les intempéries. Certains se pavanaient dans des blouses d'assistants auprès de médecins tortionnaires. D'autres ont réussi à devenir kapo et donc droit de vie et de mort sur les autres détenus. 

Bien évidemment, ce ne sont pas des généralités, mais des vérités suffisamment courantes pour qu'elles soient dénoncées et pour que les survivants (quelques qu'ils soient : Politiques, religieux, racial) refusent de les accueillir dans les cérémonies de commémoration. De là à crier "les PD au four" je n'y crois pas, surtout venant de rescapés. Par contre, d'autres participants et de manière très isolée, c'est possible !

Incohérent aussi, l'acceptation de Klaus par la société française - surtout après 4 ans d'occupation, de terreur, de prise d'otages, et d'horreurs commises lors de l'évacuation des villes occupées par l'armée allemande - j'en doute.... les Français avaient trop souffert pour être ouverts à l'intégration d'un Allemand, même si c'était un ancien déporté et encore plus homosexuel. 

Ce livre n'est pas mauvais, mais à vouloir chacun son martyr on finit par ne plus être objectif !

2 février 2013

La femme et le Travesti - Chantal Aubry

La femme et le travestiQuatrième de couverture :

L'acteur travesti vient du fonds des âges. Il apparaît très tôt, dans toutes les cultures. Parce que l'homme a interdit l'espace public à la femme, il a été amené historiquement, en Occident comme en Orient, à prendre sa place.

Chantal Aubry puise à des exemples particulièrement représentatifs au fil des siècles et des continents pour interroger les mécanismes de cette éviction et de ctte sublimation, jusqu'à son renversement par une revendication transgenre généralisée dont le monde du spectacle vivant est, avec celui de la mode, l'une des pointes avancées.

Du travesti contraint au travesti émancipateur, sur une riche iconographie rassemblée par Eve Zheim, c'est la condition des femmes dans des sociétés d'hommes faites pour les hommes qui est ici en question.

 

Editions : du ROUERGUE - ISBN : 978 2 8126 0405 8 - Broché 191 pages - Prix : 39,90 €

 

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre dont la facture est de qualité, tant au niveau de la jaquette, que des photos et bien entendu, le plus important, les articles très complets.

Chantal Aubry, met en évidence les éléments conduisant les différents pays à utiliser des hommes plutôt que des femmes sur la scène publique. Que ce soit pour des questions religieuses, de société ou par tradition. Mais également comment c'est fait le renversement des rôles, et comment la femme a gagné son émancipation en prenant sa place sur la scène vers le milieu du XVIème siècle pour ne plus la quitter.

Ce livre est pour tous publics et à offrir sans modération.

 

A propos de l'auteur:

aubryJournaliste et écrivain, Chantal Aubry a exercé plusieurs fonctions dans l'édition et dans la presse. Responsable d'un service culturel puis grand reporter dans un quotidien national, elle a mené parallèlement une activité de critique de danse de 1981 à 2001, ce qui l'a amené à publier dans divers supports (Libération, l'Evènement du jeudi) ainsi que dans la presse spécialisée (Pour la danse), diverses revues d'art, et plus récemment dans Danser et dans UBU.  

Parmi ses publications, Dominique Bagouet, une biographie (éd. Bernard Coutaz, 1989) et Yano, un artiste japonais à Paris (Centre Nationale de la Danse, 2008).

 

17 mars 2014

Rachid O

plusieurs vies RACHID OQuatrième de couverture :

"L'été 1990, je suis allé Suisse chez Vincent dont j'étais tombé amoureux. C'était la première fois que je prenais l'avion. J'étais fou de joie, d'une part de prendre un avion, et d'autre part parce que pour la première fois je sortais du Maroc pour aller en Europe.

Je ne connaissais pas très bien Vincent, je l'avais connu pendant quatre heures à peine, marchant sur la plage à Rabat. C'était au mois de mai, nous étions tous les deux à marcher sur la plage. Il visitait le Maroc avec des amis à lui. La seule chose qu'il faisait tout seul et qui lui faisait plaisir, c'était de se balader sur cette place, il en avait assez de tout faire avec eux.

On avait parlé pendant très longtemps sur cette plage, trois heures, et ensuite on était allé prendre un verre et je l'avais trouvé très agréable. Il avait des dents très belles qui m'avaient frappé. Je lui avais dit, d'ailleurs. Il m'avait répondu qu'il était dentiste. Je trouvais qu'il n'y avait pas de raison d'avoir de belles dents parce qu'on était dentiste, et le lui ai dit : "Elles sont fausses alors ?" Ca l'avait fait rire.

 

Editions : Folio -  ISBN : 9 782070 404537 - Poche :  152 pages - Prix 5,50 euros.

 

Mon avis : Indiangay

C'est le deuxième livre biographique de l'auteur, mais bon, il aurait pu s'abstenir. Il aime les hommes on le sait et n'est guère farouche.

Dans ce livre, il nous fait part de sa rencontre avec divers hommes qui l'ont emmené en Europe en l'occurence en Suisse, mais qui nous dit-il n'éprouvait rien pour lui ??? aussi a-t-il choisi de partir à l'aventure. Au gré de ses rencontres, nous avons une vision de ce que peut être l'homosexualité pour un jeune marocain, décomplexé et n'ayant aucun crainte de son avenir, ni même à vivre son homosexualité dans son pays ou ailleurs du reste.

Je l'ai terminé difficilement, et m'y suis ennuyé profondément. Mais peut être ne l'ais-je pas compris !

 

8 décembre 2011

Escaladeuses de braguettes - Agnès Pierron

9782353151004Pour tout savoir sur le lexique foisonnant de la prostitution.

Ce petit livre exquis nous fait découvrir une centaine d'expressions, de noms et autres trouvailles de ces travailleuses(eurs) du sexe (femmes et/ou hommes). L'auteure dévoile avec un plaisir évident l'univers des maisons closes, des femmes galantes, des demi-mondaines, et des prostituées (és) d'aujourd'huis à travers leur argot du trottoir.

Si vous êtes curieuse (ieux) de savoir d'où viennent ces expressions si couramment usités et si elles le sont à bon escient, ce livre est fait pour vous. Une langue crue, provocante, pittoresque et poétique, si si !

L'appel du large : façon de désigner un client, de la part d'une (un) prostitué, qui a le goût de la sodomisation profonde à l'aide d'un "ustensile" de gros calibre.

Se faire faire l'arrière boutique : pour une (un) prostitué, accepter de se faire sodomiser (XIXème siècle)

Paillasson : (Glisser sous le paillasson) : Pour une prostituée, devenir lesbienne. Glisser sous entend se laisser aller. La plupart des prostituées trouvent dans les moeurs saphiques, la douceur, un semblant d'amour, qui manquent aux rapports rapides et parfois brutaux des clients. Ce n'est pas pour autant qu'elles "virent leur cuti" et passent à d'autres pratiques. Mais l'exclusivité n'est pas le fort de la prostituée.

Et ainsi de suite....

Editions : Les Dicos d'Agnès Balland - ISBN : 978 2 35315 - 100 4 - Poche 127 pages - Prix : 8,90 euros

Agn_s_pierronA propos de l'Auteure :

Agnès Pierron, linguiste et historienne du théâtre, est l'auteure de plusieurs ouvrages de référence dont Le Dictionnaire de la langue du théâtre (Le Robert. 2002) qui lui a valu le prix de la critique. Le Grand Guignol. Le Théâtre des peurs de la Belle Epoque (Robbert Lafont. "Bouquins" 1995) et Le Dictionnaire des mots du sexe (Balland 2010).

 

24 juin 2021

City Boy - Edmund White

9782259211383

Quatrième de couverture :

Les années 70 : au seuil de la banqueroute, en plein chaos urbain, jamais New york n'a abrité plus de dangers, d'audaces et de talents. En pleine ébullition intellectuelle et artistique, la ville de Susan Sontag, Truman Capote et Jasper John voit défiler les scandales et éclore les génies.

C'est là que le jeune Edmund White fait ses débuts d'écrivain, là qu'il croise William Burroughs ou Vladimir Nabokov, là que s'insinuent en lui cet esprit à la fois transgressif et désinvolte, cette mondaine subtilité et ce charme ambigu. Là encore que s'expriment tous ses appétits, ceux d'un lecteur boulimique, d'un curieux jamais rassasié, d'un sensuel en quête d'hommes, sans fard ni fausse pudeur, d'errances érotiques en interdits assouvis.

Parcours itiniatique traversé d'icônes et de passions, ce texte brosse le portrait d'une époque et d'une ville mythiques, sous la plume sulfureuse d'un écrivain en devenir, porte-drapeau d'une génération d'artistes gays.

Editions : Plon - ISBN : 978-2259211383 - Broché : 336 pages - Prix : 31 €

 

Mon avis : Volodia

J'aime particulièrement Edmund White. Ses récits s'entrecroisent  avec d'autres de ses oeuvres, ce qui en fait un livre autobiographique. Riche descriptif d'une époque ou foisonnait écrivains et artistes cherchant à devenir célèbres, commençant à le devenir ou l'étant déja.

Il décrit New York telle qu'elle était à l'époque, pauvre, salle, bruyante et surtout "noire" la population aisée blanche s'exilant en banlieue ou ailleurs, mais où l'on pouvait vivre avec peu d'argent et ou tout rêve était encore possible et accessible.

Cette époque a vu l'éclosion d'une liberté sexuelle ou les gays apprirent à ne plus avoir honte, osèrent s'exprimer et s'afficher. Faire l'amour dans d'autres endroits que les chiottes publiques, les camions et les docks. Ils rénovèrent des quartiers entiers, ouvrirent des bars, des boîtes, ou l'on pouvait consommer de tout et tous (poppers et mecs). Assouvirent tous les fantasmes longtemps réprimés par la création de backroom et de sling, sans se rendre compte qu'ils s'enchainaient eux-mêmes dans un ghetto ou ils finiraient par se décimer.

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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
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