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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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6 juillet 2011

The complete kake comic - TOM FINLAND (I)

 

42395594_pAttention : Livre interdit au moins de 18 ans et à ne mettre dans les mains que de personnes très averties.

Tom Finland de son vrai nom Touko Laaksonen est né en 1920 en Finlande. Très tôt, il a pris conscience de son attirance pour les hommes.

Obligé de dissimuler car à l'époque l'homosexualité était passible d'emprisonnement, Il trouva dans le dessin une échappatoire capitale.

Il réalisait des bandes dessinées qui exprimaient ses goûts personnels, phantasmes d'une sexualité virile entre hommes représentant de solides gaillards avec une préférence certaines pour des idéaux masculins : Ouvriers du bâtiment, bucherons, policiers, marins, motards avec une certaine fascination pour les blousons, les jodhpurs et les bottes de cuir.

Editions : Taschen - ISBN 978 3 8365 0290 0 - Broché - Prix : 19,90 eruros

Mon avis : Volodia

Cet artiste représentait ce que l'on pourrait appeler les canons de la beauté gay, en fait : des hommes caricaturés et bodybuildés, au sexe hypertrophié et mettant en scène des situations qui dans la vrai vie pourraient être dramatiques et qui dans ce livre sont traitées de façon comique.

Les dessins sont superbes et pour pornographiques qu'ils soient on ne peut s'en choquer tellement ils sont beaux et qu'une invitation aux plaisirs de la chair et de la vie sont présents dans chacune de ces pages.

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8 novembre 2011

Les Ondes de la Tourmente - Marc Devirnoy

Préambule : Le 16 octobre nous avons reçu un mail de Mr Philippe R..... de Mémoire Collective attirant notre attention sur la parution du livre écrit par Marc Devirnoy intitulé : Les Ondes de la Tourmente. Dans ce mail, fort aimable au demeurant, Mr Philippe Revost nous remerciait du relais que nous voudrions bien donner à cet ouvrage sur notre site et nous indiquait les adresses ou les lecteurs pourraient se procurer ce livre. Aussi et compte tenu de la grande courtoisie formulée dans ce mail, nous ne pouvions qu'accéder à cette demande :

. mémoire_collective@orange.fr

. Site Internet du livre : http://ondesdelatourmente.free.fr

En vente : à la Librairie les Mots à la Bouche  : 6 rue Ste Croix de la Bretonnerie 75004 Paris,

les_ondes_de_la_tourmente_262525_250_400Le livre :

Quatrième de couverture :

Ce roman historique observe la montée du nazisme dans les années 30 à travers la vie d'un jeune Lorrain. Ernest Klein. Passionné par l'écoute des grandes radios internationales qui commencent à émettre en Europe. Il va avoir la chance de faire partie de l'équipe fondatrice de Radio Strasbourg. En 1930, le gouvernement français décide de lancer cette grande station régionale pour couvrir toute l'actualité artistique d'Alsace et de Lorraine mais surtout pour être la vitrine de la culture française en Allemagne et devenir un outils de réconciliation entre les deux pays.

Malheureusement, les bruits de bottes venus d'Allemagne vont, peu à peu, transformer la station en radio de propagande. L'Alsace et la Lorraine, avec leur double culture, deviennent le réceptacle mais aussi le miroir grossissant des tensions entre la France et l'Allemagne. Ernest Klein va être au premier rang pour observer une Europe à la dérive où chacun va devoir choisir son combat et comprendre que la neutralité est un exercice impossible.

Si le tourbillon des ondes de la tourmente va peu à peu emporter Ernest Klein sans qu'il puisse le maîtriser, il va néanmoins se battre pour préserver sa vie intime et sentimentale. Et à cette époque, tomber amoureux d'un garçon de son âge n'est pas sans poser de problèmes de conscience mais aussi d'insertion sociale.

Si les religions dominantes condamnent l'homosexualité, la science la considère comme une maladie mentale et la société comme un fléau social, voire un comportement criminel. Ernest et son ami Paul vont tenter de garder leur secret. Ensemble, ils vont partir à la découverte d'une Lorraine et d'une Alsace secrètes où leurs semblables ont réussi à tisser une toile fragile pour survivre dans un environnement hostile. Toujours partagés entre leur double culure franco-germanique, ils vont également s'imerger dans un Berlin ou un Paris interlopes, om intellectuels et artistes homosexuels commencent peu à peu à imposer leur différence créative. Mais dans ce milieu aussi, la montée du nazisme n'est pas sans susciter les interrogations.

Avec la guerre, l'occupation de la France, l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, la vie de Ernest et de Paul va être bouleversée. Mais parviendront-ils à préserver leur amour ?

Editions : Mémoire Collective - ISBN : 978-2-9540127-0-4 - Broché 187 pages - Prix : 16,95 euros.

 

Mon avis : Volodia

J'ai toujours eu une certaine réticence à lire et à donner mon avis sur le rôle des homosexuels durant l'occupation et sur le sort qui leur était réservé. Car, la plupart des livres évoquant ce sujet sont présentés par des mouvements militants, des magazines et/ou sites militants bien souvent partials. Toutefois, je dois reconnaître que j'ai apprécié ce livre, qu'il m'a touché à plus d'un titre : 1) en qualité de juif - 2) en tant qu'homosexuel, ce que je suis et que j'assume en totalité, sans gloriole ni honte. 

Ma première surprise a été de constater que ce livre fait moins de 200 pages, ce qui pour le sujet évoqué mérite d'être souligné et implique un récit concis. La présentation en est soignée et agréable, malgré une ou deux coquilles relevées ça et là.  Chaque période importante fait l'objet d'une nouvelle page à l'intérieur de laquelle chaque évènement fait l'objet d'un paragraphe. Ce qui donne une bonne aération du texte, en rend la lecture aisée et donne plus de force au récit.

Le style est net et précis, sans disgression, mais très instructif : Les différences culturelles et le parler entre Lorrains, Messins et Strasbourgeois. Idem quant à la naissance et le pourquoi d'une radio spécifique dans l'Est de la France. Car, oui c'est là que l'intérêt réside en grande partie. Si l'on connaît plus ou moins le rôle des intellectuels en cette époque troublée, on fait surtout allusion aux rôles des journalistes et des écrivains. Là Marc Devirnoy nous fait entrer dans un monde pas très connu celui des radios et de ceux qui les animent.

J'ai trouvé moins d'intérêt en milieu de livre puisque faisant état d'évènements plus généraux relatés sous diverses formes dans de nombreux livres traitant de ce thème. Il n'empêche que j'ai trouvé émouvant l'ardeur que met l'auteur à défendre sa région, à protéger son amour puis, à essayer de le retrouver envers et contre tout et tous.  Je ne connaissais pas le paragraphe 334 des Lois de Vichy et si je trouve injuste le fait que les homosexuels déportés n'aient pas eu droit à la carte de déporté qui leur aurait permis de bénéficier de quelques aides à leur retour des camps,  je peux comprendre le rejet des autres déportés lorsque les triangles rose ont voulu participer eux-aussi aux cérémonies commémorative, en raison du rôle que certains ont tenu que ce soit à l'extérieur, comme à l'intérieur des camps.(Cf: article que je vais rédiger sur mon blog principal). 

Je me permets de vous recommander la lecture de cet ouvrage au combien intéressant, qui relate des faits dramatiques mais  n'en fait par pour autant un récit larmoyant. 

11 juin 2012

Elle ou lui ? - Une histoire des transsexuels en France - Maxime Foerster

9782842714000L'histoire des transsexuels en France est à la croisée de plusieurs chemins.

Celui, tout d'abord, d'hommes et de femmes ne se reconnaissant pas dans leur sexe de naissance et qui, grâce à l'activisme de certains chirurgiens et aux progrès de la médecine, purent choisir le corps qui correspondait à leur véritable identité. Celui aussi de personnalités issues de la société civile ou du monde de la nuit, ainsi que des politiques et des religieux qui, chacun à leur manière, ont contribué à sortir la transsexualité de la marginalité et à exiger son respect.

Tout au long du 20ème siècle, la question transsexuelle n'aura eu de cesse d'occuper l'espace public, remettant en cause la conception même de genre. Ce livre raconte le parcours des pionnières (Michel-Marie Poulain, Marie-André Schwidenhammer), la naissance d'une culture cabaret transgenre, sous l'égide de Coccinelle , et les débus du militantisme. L'auteur nous fait entendre la voix de celles et ceux qui sont allés au bout de leurs questionnements identitaires et ont offert un visage et une légitimité à leur cause.

Au-delà de son intérêt historique, ce texte, illustré de nombreux documents, permet de comprendre les enjeux du transsexualisme et de la lutte contre la transphobie.

Editions : La Musardine - ISBN : 978 2 842271 400 0 - 215 pages - Prix : 16 euros.

 Mon avis : Indiangay

Cette histoire de la transsexualité est complexe, car souvent confondue avec le travestissement et l’homosexualité et donc réprimée comme tels par la police, les politiques et le médical, qui ne voyant souvent là qu’un désordre psychologique.

Ce qui est intéressant à découvrir, pour ceux qui ne connaissent pas ce milieu, se sont les rapports productifs, mais parfois souvent conflictuels entre les gays, lesbiennes et les transsexuels (lles).

Comment un militantisme assez minoritaire a su et pu imposer ses revendications aux mouvements gays et lesbiens, et à présent, directement eux-mêmes ?

Par ailleurs, les parcours individuels de ceux et celles qui ont marqué la voie sont émouvants, et à bien des titres exceptionnels, par le courage tant psychologique que physique qu’ils/elles ont montré envers une société qui ne les comprenait pas et donc niait leur existence. 

moi_couv1A propos de l'auteur :

Maxime Foerster, docteur es lettres, est l'auteur de la Différence des sexes à l'épreuve de la République, Penser le désir. A propos de ené Schérer et l'Art d'être odieux nouveaux essais sur le dandysme (Vous pourrez retrouver les référence et notre avis sur ce dernier ouvrage sur notre blog littérature générale Adygha .http://adighee.canalblog.com/archives/2011/07/14/21605381.html

30 avril 2012

Albert Nobbs - George Moore

Albert Nobbs

Quatrième de couverture :

Quel singulier destin que celui d'Albnert Nobbs ! Majordome à l'hôtel Morrison, il y est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Mais pour pouvoir travailler, Albert doit dissimuler un singulier secret. Sous ses vêtements masculins se cache depuis trente ans une femme travestie en homme.

Alors qu'un ouvrier  découvre l'imposture, Albert choisit pour la première fois de sa vie de réaliser un de ses rêves...

Confusion de sentiments et questionnement sur l'identité, l'histoire d'Albert Nobbs dans le Dublin de la fin du XIXème siècle se révêle d'un étonnante modernité.

 Editions : Pocket - ISBN : 978 - 2 -266 - 22780 3 - Poche 93 pages - Prix 1,50 euros

 Mon avis :  Volodia

Il s’agit de l’histoire d’une femme, qui à la fin du XIXème siècle en Irlande (Dublin), revêt le costume de majordome depuis trente ans afin de gagner sa vie dans un hôtel.

J’ai entrepris la lecture de ce livre suite à la conséquente publicité relayée par les médias gays et lesbiens qui en faisait des gorges chaudes. Ne connaissant pas cette nouvelle, j’ai décidé de voir par moi-même ce qu’il en était.

Déjà, J’ai moyennement aimé ce livre dont l’histoire si intéressante soit elle ne fait que confirmer ce qui n’est plus à démontrer : à savoir les difficultés des femmes de cette époque à accéder à plus de liberté et à un salaire sinon équivalent, du moins décent, avec les hommes pour un travail égal. De plus, le thème du travestissement féminin pour accéder à plus de droits et de libertés à déjà été évoqué dans divers livres tels : yentl ou Barbara Streisand se travestissait en jeune homme pour intégrer une yeshiwa et acquérir le droit à l’éducation et au savoir. Dans Victor et Victoria le travestissement avait pour objet un emploi de chanteuse dans un cabaret, en pleine crise économique.. Mais il est vrai que cette nouvelle est parue en parue en 1918 et ce thème était, je le suppose pour l’époque, résolument nouveau et sulfureux.

Ce qui l’est, à mon sens, c’est qu’une fois son identité féminine malencontreusement découverte lorsque Nobbs se voit contraint par sa patronne de partager, pour une nuit, sa chambre, avec le peintre qui fait des travaux régulièrement dans l’hôtel, et qui contre toute attente, se révèle aussi être une femme qui plus est mariée à une autre femme ; C’est l’émergence de l’idée pour Albert, d’épouser lui aussi une femme, pour mettre fin à cette solitude qui l’étreint, et réaliser enfin ce rêve qui lui tient à cœur : ouvrir un commerce avec partie tabac qui serait tenue par lui et partie mercerie qui serait tenue par sa future épouse. Ses interrogations sur ce que pourrait être la vie sexuelle de deux femmes et comment y faire face sont survolées.

Albert finit par jeter son dévolu sur une servante de l’hôtel, elle-même en couple avec un homme intéressé par les revenus d’Albert et qui la pousse dans les bras du majordome, de cet homme qui ne «tente rien», ne «l’embrasse pas, comme l’aurait fait n’importe quel homme au bout de quelques sorties». Cette servante, totalement rouée, sous l‘emprise de son amant lui fera dépenser un maximun d’argent et finira par couper les ponts avec Nobbs qui ne peut rien lui apporter sexuellement, pour retourner avec son amant de qui elle aura un enfant hors mariage, et qui sera destiné à lui être retiré.

La nouvelle s’achève sur le décès, on ne sait trop pourquoi - lassitude ? Épuisement physique - de Nobbs. Après son décès quelques remarques des personnes qui l’ont connu avant de retomber dans l’anonymat et dans l’oubli. Un majordome est une personne que l’on ne voit pas, qui n’existe pas pour toute une catégorie de la société.

Toutefois, malgré le fait du travestissement féminin et de couples de femmes, ce livre ne peut me semble-t-il être vu comme lesbien, les questionnements identitaires et la sexualité lesbienne ayant été éludées, refoulées, au profit d’une critique des rapports sociaux et de leurs imbrications. Je copie donc les éléments de ce livre notre blog littérature générale.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est l’audace, pour l’auteur d’avoir écrit et fait publier une telle nouvelle en 1918, ainsi que sa vision réaliste de la société (bourgeoisie/petit peuple-homme/femme) qu’il dépeint sans concession.

Ce que j’ai moins aimé, le refoulement des questions identitaires et de la sexualité lesbienne qui pouvaient en découler et qu'il aurait été intéressant d'explorer, la fin du livre qui m'a laissé sur" ma faim".

19 janvier 2012

Abécédaire Malveillant - Tony Duvert

9782707313164Ecrivain à la courte carrière. Tony Duvert marque les années 1970 par ses écrits polémiques, bousculant le politiquement correct, il évoque dans ses romans la sexualité enfantine et la pédophilie.Il se revendique lui-même comme homosexuel et pédophile. Ayant fait de la pédophilie un prosélythisme acharné, celle-ci constitue la composante de ses oeuvres. Ces livres ayant fait régulièrement l'objet d'une censure virulante, il figure en bonne place parmi les écrivains sulfureux.

Très virulent vis à vis de l'ordre moral qui ruine selon lui la créativité. Il publie cet abécadaire malveillant dans lequel il s'attaque à l'église, à la famille, à la condition féminine, aux philosophes. Il nous livre ainsi un recueil de petites opinions, de remarques, d'idées tout un catalogue de généralisations abusives. Bien sûr, tout ce qu'on peut dire de général est faux : mais excitant comme une médisance. Une revanche.

Le genre d'écrits que j'adore au même titre que les injures littéraires.

Ecrivains

Fléau : les tantes pisseuses de livres. Serviles, frauduleuses, bien-pensantes, arrogantes, accablantes, funéraires. Une danse macabre où la pète-sec le dispute au tapet foireux.

L'inverti gribouilleur a la morosité verbeuse, les sincérités affectées d'une ménauposée tragique, telle une Phèdre onaniste aux longs ongles en deuil.

Ce lettré est unique : non seulement il n'écrit rien, mais il ne le fait pas éditer... 

Ignorance :

Douter est atroce, savoir est affreux. La seule voie du repos : ignorer. Chacun s'y exerce avec rage.

 Coquettes :

Certaines femmes aiment la compagnie des efféminés parce qu'elles oublient avec eux ce qui les abaisse devant un mâle : laideurs visibles, anatomie rafistolée, vulve difforme, cervelle d'épingle?. on baigne alors dans les futilités que partagent ces vilaines coquettes des deux sexes l cheveux, chiffons, potins, bouquins, parfums, parures.

 Editions : Les Editions de Minuit - ISBN : 9 782707 313164 - Prix 8,50 euros

 A propos de l'auteur :

tony dvertTony Duvert est un écrivain français né en 1945 et décédé en 2008. Ses premiers romans sont remarqués aussi bien pour leur style (paysage de fantaisie reçoit le Prix Médicis en 1973) que pour leurs thématique (pédophilie homosexuelle, critique de la famille, etc..) Il devient un écrivain d’une certaine renommée dans les année 1970.

Après 1980, l'audience de Tony Duvert diminue. Vivant en reclus dans Loir et Cher Il s’installe avec sa mère à la fin des années 1980, et publie un dernier essai en 1989 avant d'être presque totalement oublié. Après la mort de sa mère, il passe seul les douze dernières années de sa vie. Il a essentiellement été publié par les Editions de Minuit.

 

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27 décembre 2011

Erotikos - Plutarque

arton414Dans ce Dialogue sur l'Amour, Plutarque examine sans pudibonderie les préférences qu'il s'agit d'établir entre amour et plaisir, compare les mérites et inconvénients de l'amour des garçons opposé à celui des femmes, s'interroge sur l'institution et la perennité du mariage.

Autant de questions que notre époque n'a pas résolues et, dont il n'est pas sûr qu'elle sache débattre avec la même finesse. Quant à la liberté du ton et du verbe, celle de Plutarque n'a pas grand-chose à envier à la nôtre.

Editions Arléa - ISBN : 9 782869 - poche 91 pages - Prix 7 euros.

 

Mon avis : Volodia

Que dire de ce fascicule, sinon qu'il est divin. Que je ne puis qu'approuver ce qui suit,  je cite  :

"... Il faut proscrire  à tout prix les amours déliquescentes et casanières qui se prélassent sur les couches molles des femmes, se cachent dans les plis de leur robe, en quête, toujours,  de plaisirs  indignes d'un homme, sans amitié, sans enthousiasme.

Solon pensait la même chose. Aux esclaves , il avait proscrit la pédérastie, l'entrée des gymnases, mais il ne les empêchait nullement de s'unir aux femmes.

" Car l'amitié est noble, c'est un sentiment élevé, tandis que les plaisirs du corps, eux,  ne sont que vulgaires et indignes d'un homme libre,  et il n'est pas concevable qu'un esclave puisse aimer de jeunes garçons puisqu'il ne les recherche que pour le sexe, tout comme on recherche les femmes...".

  

30 octobre 2011

Le monde des Eunuques - Olivier de Marliave

La castration à travers les âges

Le_monde_des_eunuquesQuatrième de couverture :

Castration, émasculation, éviration, les mots ne manquent pas pour désigner une opération universellement attestée et encore pratiquée de nos jours. De la Chine à la Russie, de la Turquie à l'Inde, de l'Italie à l'Egypte, puissants ou serviteurs, les eunuques sont présents depuis des siècles.

Agissant dans l'ombre ou brillant à la cou, ils jouèrent très souvent une rôle primordial dans la conduite desempires, prenant même parfois la tête des armées. Mais tenus pour être des domestiques idéals en raison de leur "innocence", ils furent particulièrement recherchés par les marchands d'esclaves qui tiraient de bien meilleurs profits dans le trafic de ces hommes "doux et serviles".

Aujourd'hui - depuis 1923 seulement -, les castrats de la chorale de la Chapelle Sixtine, de la Cité Interdite ou des palais ottomans ont disparu. Pourtant, on trouve encore des eunuques en Inde, appelés Hijras - communauté estimée à près de quatre millions de personnes, qui vit de mendicité ou de prostitution et à laquelle on attribue des pouvoirs sacrés - et jusque très récemment en Russie, avec la secte des dernier Skoptzy, qui espéraient "acheter le ciel" en s'automutilant.

Dans cette passionnante enquête, Olivier de Marliave nous dévoile l'histoire tragique de ce "troisième genre" qui, selon les époques et les lieux, fut - est - méprisé, craint ou vénéré.

 Editions : Imago - ISBN 9 782849 521243 - Broché 223 page - Prix : 20 €

 

Mon avis  : Indiangay

C'est avec une  attention particulière que j'ai lu ce livre, qui marquait l'intérêt d'un européen pour des coutûmes qualifiées souvent d'un autre âge mais, qui à l'époque trouvait leur utilité.

L'auteur met en évidence ces mutilations sur le compte essentiellement de la religion. Que cette mutilation ait été faite pour motif religieux et de plein gré pour les hijras/aravani, et la secte chrétienne des Kopotzy. Il n'en est guère de même avec les Castrats, qui subissaient cet acte, encore enfants, aux fins de garder la pureté de leur timbre de voix. Quant en Orient et au Moyen Orient, les mobiles en étaient plus utilitaires et mercantiles. Et s'ils étaient dociles envers leur maitre, ils se montraient intraitables avec les femmes dont ils avaient la garde n'hésitant pas à appliquer les punitions quelles qu'elles fussent avec la plus grande sévérité pour ne pas parler de cruauté. Ce qui faisaient de ces êtres mutilés et incomplets des êtres craints, moqués, méprisés non seulement dans les harems mais également, dans les rues et ce malgré la puissance qu'ils pouvaient acquérir s'ils se montraient habiles à servir leur maître.

Ce livre m'a fait découvrir l'histoire des castras de l'église, à la recherche du fameux contre-ut mais également les raisons qui ont poussé des gens d'églises à transformer de jeunes garçons en eunuchs puisqu'il était interdit aux femmes de se produire sur des scène de spectacles.

160px_SkoptzyPour ce qui est de la secte chrétienne des Koptzy, en Russie, je n'en avais jamais entendu parlé et de ce fait, je suis fort content d'en connaître un peu plus à leur sujet et surtout sur leurs motivations à la castration. Je tiens tout de même à préciser que les Kopotzy sont eux aussi émasculés en totalité et que comme les Hijras/Aravanis, ils n'entreprennent aucune intervention chirurgicale pour une reconstruction génitale ou vaginale. En raison les motifs religieux de cette mutilation (Les Koptzy pensent atteindre par ce moyen la perfection et par là-même Dieu. Les Hijras/Aravanis commémorent le sacrifice d'Aravan en prenant la forme féminine de Krishna).

D'autre part, le fait d'être castrés, émasculés pour certains, ne veut pas dire obligatoirement homosexualité. Nombre d'Euneuchs eurent des harems, des épouses et adoptèrent des enfants, que ce soit en Europe, Au moyen-Orien et en Orient et en Asie (chine). Le continent indien y a malheureusement fait exception, puisque depuis la fermeture des zénanas (appartements des femmes), l'accent est mis sur l'aspect  religieux, le magique et la supertition. Leur reste, pour survivre, dans un monde  révolu mais qui résiste malgré tout à toute évolution, des moyens aussi peu nobles que respectables.

 olivier_de_marliave_prix_guide_pyreneenA propos de l'auteur :

Ecrivain voyageur, Olivier de Marliave a publié de nombreux ouvrages consacrés à la mythologie populaire et aux enquêtes ethnologiques.

 

 

16 mai 2010

"Les Condamnés" - Philippe Castetbon

9782845472099"Les condamnés : dans mon pays ma sexualité est un crime".

"Condamnés à la terreur, condamnés au mensonge et à l'humiliation, condamnés à l'exclusion, condamnés à la prison et aux violences, condamnés à la fuite ou à la mort". Recueil de portraits d'hommes obtenu uniquement par le biais d'internet, accompagnés de courts témoignages et de lois en vigueur dans un peu plus de 80 pays qui condamnent l'homosexualité.

Cet ouvrage est un vibrant hommage à toutes les personnes qui vivent leur sexualité dans la peur et la souffrance.

11 décembre 2016

Un garçon d'Italie - Philippe Besson

Un garçon d'italie

Quatrième de couverture  :

"L'été finit à Florence, ville des princes et des énigmes. Mon histoire, elle, commence.

Je m'appelle Luca et j'ai disparu. Deux êtres sont à ma recherche : Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder aux abords de la gare.

Que je vous dise : Je suis mort. Pourtant c'est bien moi qui parle."

Editions :  10-18 - ISBN : 978 2 264 051042 - Poche 221 pages - Prix : 7,10 euros

 Mon avis : Volodia

Ce livre est écrit à trois voix, celle du mort : Luca, celle de sa compagne Anna et celle de Leo. 

Le corps de Luca est retrouvé dans l'Arno, la police enquête. Suicide, meurtre, accident ? pour ce faire elle interroge ses proches : ses parents, sa petite amie et au fil de l'enquête en vient à s'intéresser à Léo. Léo prostitué de la gare, qui vend ses charmes aux hommes d'un certain âge, honteux, pressés, mais ne pouvant résister à leurs pulsions.

Dans ce ménage à trois bien compartimentés, Luca aimait Anna et Léo. Anna aimait Luca sans avoir connaissance de l'existence de Leo. Léo aimait Luca et acceptait l'amour qu'il portait à Anna. 

Anna ne cesse de s'interroger sur la mort de son compagnon, ainsi que sur le lien qui les unissait. S'agissait-il réellement d'amour ? ils ne vivaient pas ensemble, il ne lui avait jamais dit je t'aime, il acceptait toutes les marques d'affection mais n'en rendait aucune. Qui était ce mystérieux Léo, comment s'était-il connu ? quel était ses rapports avec lui ? Qui était en réalité Luca ? 

Pour Léo, qui de par son métier à toujours refusé de s'attacher à quelqu'un et n'avait connu que des rencontres fugaces, des amitiés jamais abouties, des liens noués que par intérêt. Qui ne s'était contenté que d'oeillades fuyantes et d'étreintes mécaniques, sans châleur. L'indifférence de Léo, sa décontraction, son aisance on fait la différence. Ils s'étaient trouvés, cétait une évidence !

Luca, celui par qui tout ce désastre arrive. Luca qui a toujours aimé les hommes, sans pour autant renoncer aux femmes, raconte "l'après" sa mort, sa décomposition. Se désole de la découverte de sa double vie, tout en justifiant ses choix. 

Au fil du récit on sent que la mort de Luca est relégué au second plan et sert de catalyseur à une introspection de l'âme de chacun des protagonistes.  

13 juillet 2012

Tricks - Renaud Camus

9782867441332

Quatrième de couverture :

Ceci n'est pas un livre pornographique. Ni exploitation commerciale du sexe, ni tentative de titillation du lecteur : ratages et demi-fiascos, contingences et ridicules sont relatés au même titre que les plaisirs les plus heureusement partagés. Nulle prouesse.

Ceci n'est pas un livre érotique. L'art du narrateur, si art il y a, ne consiste pas en un effort pour rendre plus poétique le récit, plus culturel, plus relevé ni, partant, plus acceptable socialement. Pas d'esthétisme.

Ceci n'est pas un livre scientifique, certes, pas même un document sociologique. Les épisodes rapportés ne doivent leur agencement qu'au hasard, ou aux déterminations les plus subjectives.

Ce livre essaie de dire la sexualité, en l'occurrence l'homosexualité comme si ce combat-là était déjà gagné, et résolu les problèmes que pose un tel projet : tranquillement.

Editions : P.O.L. - ISBN : 2 86744 133 1 - Broché 474 pages - Prix : 140 Frs (à l'époque).

 

15 septembre 2015

21e SEX - Erik Rémès

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Quatrième de couverture :

Le 21e Sex est un roman porno-philosophique, un ouvrage politique qui tache bien les draps, parce qu'à travers la sexualité, et notamment une homosexualité dépravée, toxicomane et juteuse, ce sont tous les rapports de pouvoir qui se mettent en branle dans nos sociétés dépressives et anxiogènes sur le déclin.

Le 21e Sex est tout à la fois un roman gay, une histoire d'amour passionnelle et poétique sur fonds de drogues et d'orgies, ainsi qu'un pamphlet sur l'homosexualité et la place qu'elle tient dans la société.

 

Editeurs : Textes Gays - ISBN : 9 79102940073 - Broché : 192 pages - Prix 14 €.

 

Mon avis : Volodia 

C’est un livre trash, un dégueuloir jeté à la face des bien-pensants, éructé avec force, rage et colère mais également émaillé d’un humour acide, de celui qu’on redoute, mais qui a les accents de la vérité.

Que l’on aime ou pas Erik Rémès on n’en attendait pas moins de lui. Fidèle à son image d’auteur sulfureux qui n’hésite pas à mettre le doigt là où ça fait mal, sans souci du politiquement correct. Il en aurait été autrement, nous aurions été déçus. Mais force est de convenir qu’il a raison sur bien des points. Pas sur tout bien sûr, mais sur une grande partie de ce qu’il énonce dans son livre, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il connait parfaitement son sujet et le milieu homosexuel, ses pratiques y compris les plus inavouables.

 Toutefois, comme toutes ces grandes figures de la scène homosexuelle qui ont connu la répression, qui ont milité pour la libération sexuelle, pour enfin de nos jours accéder à une reconnaissance, sinon à une acceptation (loin d’être totale, mais du moins partielle) d’une sexualité que l’on dit particulière, il  n’exprime par sa voix que les résultats d’une analyse de la société vue que par une certaine communauté d’homosexuels. Erik Rémès est resté bloqué dans les années 80. 

Je lui reproche un peu d’avoir une opinion toute faite et méprisante sur une partie de la communauté homosexuelle, celle qu’il qualifie d’intégrationniste, qui se suffit des droits obtenus et n’aspire qu’à vivre comme les hétéros, des petits bourgeois. Le monde évolue, les gays aussi, et le fait de vouloir se fondre dans la société fait partie de cette évolution, et puis tous les gays ne pense pas cul. Tous les gays ne fréquentent pas le milieu, spécial et assez glauque, il faut bien l’avouer, des hardeurs, des slameurs. Tous ne pratiquent pas le sexe pour le sexe. Tous n’ont pas l'ambition d’être des performers, des bêtes de sexe (pour ma part, je préfère jouer les jardiniers que les maquignons), de se droguer au risque de friser la folie pour atteindre une extase sexuelle ou plus simplement pour oublier leur solitude. Et enfin, ce n’est pas parce qu’on est homosexuel qu’on doit pratiquer la sodomie. A y est le mot est lâché ! Hum oui d’après Erik Rémès un hétérosexuel est un gay qui ne pratique pas la pénétration ??? Ah bon ! Faut-il entendre qu’un homosexuel qui ne la pratique pas est hétéro ? Je le rassure, on peut aimer son compagnon, se donner, être à lui  corps et âme sans cette pratique, si si puisque je vous le dis ! Hum on peut être sexologue et n'avoir pas toutes les réponses, l'amour est complexe .... 

Dans ce livre, Erik Rémès aborde tous les sujets de ce qu’on pourrait appeler la culture LGBT, y compris le plus important à mon sens, la santé.  Quand on parle santé on parle prévention et là les sujets qui fâchent ne manquent pas. Des campagnes de prévention inadaptées aux nouvelles pratiques, et à la recrudescence des maladies qu’on croyait disparues telles la syphilis, l’hépatite C, et autres maladies vénériennes. Le bareback abordé de façon ligth où j’ai bien compris qu’il s’agissait de donner au partenaire le libre choix de mettre ou non une capote, et surtout ne pas le déresponsabiliser quant au choix qu’il fera. Alors là même si je comprends sa pensée, je n’approuve pas. Beaucoup sont inconscients, pour diverses raisons : alcool, drogues, amour, confiance. Il faut le reconnaître car malheureusement, ça existe, des salopes qui ont attrapé une cochonnerie  et se fichent de la refiler si ne n’est par égoïsme de leur propre plaisir, par inconscience ou bien par vengeance. Donc là contrairement à Erik Rémès je suis pour traîner ces personnes en justice. Quand aux nouveaux traitements permettant à un séropositif de ne plus être contaminant petit bémol, ils ne préservent pas des autres maladies vénériennes donc… ! 

Ce livre est intitulé roman, j’ai toutefois la nette impression que la fiction et la réalité s’entrecroisent voire se confondent, car on ne peut nier la réalité des évènements historiques et manquer de faire des rapprochements, que l’auteur laisse échapper intentionnellement ? 

Certains passages sont non seulement difficiles à lire, mais à comprendre, notamment l’intimité de son couple dévoilée, ses violences dues à la consommation de drogues, ses plans culs, d’autant que l’auteur est titulaire d’une maitrise de psychologie…Mais j’ai aimé ce livre, malgré son manque de style, ses redites, ses outrances, sa violence, sa part d’exhibitionnisme, son indécence, mais également et surtout pour sa sincérité. 

1 août 2023

Etre en couple gay - Jerôme Courduriès

Etre-en-couple-gay

Quatrième de couverture :

 

Préface d'Agnès Fine, directrice d'études à l'EHESS.

Souvent évoqués dans les médias, la vie des gays et les enjeux de la visibilité comme de la réalité au quotidien des couples de même sexe méritaient une étude scientifique sérieuse. C'est chose faite avec le travail de Jérôme Courduriès qui ouvre une voie prometteuse. Si l'auteur ,'enquête que sur les couples masculins et s'en tient à un échantillonnage limité (il s'agit d'un éventail des possibles, à travers la diversité des situations et des personnes), la méthode qu'il a su mettre en place pour atteindre l'intime, si délicat à dévoiler, le recours aux réseaux de chat sur internet et l'usage du courriel qui renouvelle le rapport d'enquêteur/enquêté en usage en ethnographie, font de cette recherche un moment fort pour l'étude des conjugalités quelle que soit la composition sexuée des couples.

 

Edition : Presses Universitaires de Lyon - ISBN : 978 2 7297 0844 3 - Broché : 443 pages - Parution 2011 - Prix : 18 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Tout d'abord il faut préciser que ce livre a été réalisé suite à une enquête effectuée, sur un très très petit échantillonnage de couples - (une cinquantaine) avec également pour la plupart et en majorité, une courte expérience de la vie à deux,  au tout début du pacs, le mariage n'étant pas encore à l'ordre du jour, ce qui fait que l'étude bien que presque complète dans ces questionnements, ne peut être considérée comme applicable à la majorité de la communauté gays masculine.

 

Je dis presque complète dans la mesure ou ne sont pas évoqués dans cette étude les couples mixte, soit qu'ils soient bi nationaux, soient de culture et de religion différentes ce qui  lorsque l'étude a été réalisée '2010/2011) était encore "minoritaire" mais qui de nos jours est suffisamment courant pour que certaines questions se posent.

 

Par ailleurs si je me suis étonné au départ de voir que seuls les couples masculins étaient questionnés, en y réfléchissant je me suis rendu compte que pour les femmes compte tenu de leur éducation certains choses sont naturelles, voire non concernées. (tâches ménagères, sexualisation, prise en charge des enfants, etc...).

 

Dans cette étude tous les aspects de la vie en commun du couple sont abordés : De la rencontre à la vie à deux, le ravissement amoureux, de la vie sous le même toit, des relations familiales, se pacser ou non, la solidarité financière : compte commun ou séparés, les représentations traditionnelles, la sexualité : pénétration et masculinité...,les tâches ménagères, la fidélité et l'extraconjugalité.

 

Toutes ces choses qui coulent plus ou moins de sources dans une relation hétérosexuelle mais qui peuvent poser problèmes dans une relation homosexuelle (je ne parle pas de lesbienne) dans la mesure ou la société fait que les garçons sont élevés d'une façon et les filles d'une autre. 

 

A cela s'ajoute les différences culturelles de l'autre. Si votre conjoint est d'une religion différente comment faire pour respecter la religion de chacun dans le respect de l'autre et de ses tabous ? Exemple : Je ne mange pas de porc, mon conjoint ne mange pas de boeuf et par extension de veau, vache, ceux ci étant sacrés. Pas question pour moi de me goberger de steack devant lui au risque de leur heurter dans ses croyances bien qu'il ne m'ait strictement rien dit comprenant que dans ma propre religion ce n'est pas un interdit. (en revanche lorsque je vais seul au restaurant, je me fais plaisir en  commandant l'objet du "délit".  Et cela n'est qu'une chose mineure.... Il faut y ajouter, les interdits de sa caste, les fêtes religieuses, le rôle traditionnel de l'homme dans la société... Bref toute une succession de choses à connaître, voir de compromis à faire pour l'un comme pour l'autre pour une vie de couple harmonieuse. . 

 

Alors bien évidemment ce livre m'a intéressé, histoire de "voir" si nous faisions plus ou moins à l'identique ou si nous étions en marge. Il s'avère que comme de nombreux couples homosexuels, n'ayant pas de modèle de couple du même sexe, nous reproduisons ce que nous voyons ou avons vécu, dans nos propres familles, nous nous inspirons des couples hétérosexuels piochant ici, et là ce qui nous semble bien pour notre couple. Est-ce bien ou pas ??? Il n'y a pas de vérité, à partir du moment ou cela fonctionne pour nous.

 

Donc même si cette étude date un peu, elle reste intéressante par les questions qu'elle soulève et le témoignage des couples qui ont bien voulu y répondre.

 

 

 

 

 

 

21 août 2020

Une bibliothèque gay idéale - Thierry Goguel d'Allondans et Michaêl Choffat

Une bibliothèque gay idéale

Quatrième de couverture :

Pour tous publics, plusieurs amoureux des belles lettres ont, en près de deux années de 2017 à 2019, construit ce Dictionnaire critique et quasi exhaustif de la littérature gay disponible en langue française, titré : une bibliothèque gay idéale. Ce titre - clin d'oeil à la Bibliothèque Idéale présentée par Bernard Pivot - indique déjà un objectif : permettre à chaque lectrice ou chaque lecteur de se constituer, à partir de ses goûts personnels et de sa sensibilité, non pas "la" mais bien plutôt "une" bibliothèque gay idéale, la sienne.

La littérature gay englobe, ici, tout écrit évoquant, de manière non secondaire ou non anecdotique, les amours masculines, quels que soient l'âge ou l'origine socioculturelle des protagonistes, quelles qu'en soient les formes ou les manifestations (imaginaires, sublimées, philosophiques, politiques, romantiques, poêtiques, érotiques, pornographiques, etc...).

Il s'agit bien, en premier lieu, d'un dictionnaire avec, loi du genre oblige, un classement par ordre alphabétique des 2564 auteurs recensés, des débuts de l'écriture à nos jours. Tous ont fait l'objet, à minima, d'une note biographique succincte et de résumés indicatifs de leurs ouvrages. Mais près de 260 ont eu droit à une biographie plus détaillée, voire commentée, et/ou des recensions critiques d'un ou plusieurs de leurs ouvrages.

Genre par genre, non seulement les auteurs incontournables, les plus lus, les plus remarqués, les plus cités, sont, ici, présents et présentés, mais de nombreux auteurs plus méconnus, moins médiatiques, moins visibles sur les étals des libraires, se trouvent sortis de l'oubli. Le spectre très élargi de ce travail dessine donc un paysage assez complet de la littérature à thématique gay de 2 000 ans avant Jésus-Christ (avec le ou les poètes anonymes relatant les amours de Gilgamesh et Enkidu) à notre XXIème siècle débutant et déjà prolifique en littérature gay.

Editions : L'Harmattan - ISBN : 978 2 343 20050 7 - Broché : 1043 pages - Prix : 39 €

A propos des Auteurs :

Thierry Goguel d'Allondans : éducateur spécialisé et anthropologue. Il est chargé de recherche et responsable de formations à l'Ecole supérieure européenne de l'intervention sociale (ESEIS, Strasbourg) et professeur associé à l'Institue national supérieur du professorat et d l'éducation (INSPE, Université de Strasbourg). Docteur en sciences sociales, il est également chercheur associé au laboratoire Dynamiques européennes (UMR 7367, CNRS, UDS) et a été, de 2007 à 2017, rédacteur en chef de la revue Cultures et Sociétés, Sciences de l'Homme.

Michaël Choffat : Technicien en gestion administrative à l'Université de Strasbourg et étudiant en psychologie. Il est un ancien administrateur de la Station (Centre LGBTI de Strasbourg)

Mon avis : ChezVolodia

Je trouve très bonne cette idée de constituer un dictionnaire de littérature gay. En effet, jusqu'ici nous n'avions la possibilité de constituer notre bibliothèque qu'en fonction des oeuvres que nous connaissions ou dont nous avions entendu parler. En premier lieu, les classiques de l'antiquité, puis ceux du XVIIIIème siècles pour finir par les contemporains et ce, au petit bonheur la chance puisqu'il n'existait pas de listes exhaustives de ces écrivains et/ou auteurs. 

Ce qui est également intéressant c'est que les auteurs de ce livre ne se sont pas contentés de recenser les écrivains et/ou auteurs spécifiquement gays, ils y ont aussi intégrés ceux et celles qui ne le sont pas, mais ont écrit de manière suivie sur le thème de l'homosexualité (féminine ou masculine) dans n'importe quelles catégories : poésie, romance, policier, philosophie, biographie, fantaisie, etc....

Toutefois, en compulsant ledit livre, je constate que des écrivains et non des moindres manquent à l'appel, tels :

. Natalie Clifford Barney (américaine) - femme de lettres et poêtesse du XVIIIIème siècle,

. Djuna Barnes (américaine) - Romancière du XVIIIIème siècle

. François Xavier David Fourrage  (Français) - Romancier contemporain, auteur d'une dizaine de livres.

Peut être constaterai-je d'autres absents au fur et à mesure de ma lecture, mais je dois avouer que l'oubli de ces écrivains et auteurs de talent, alors qu'un Jérémy Gisclon est cité me laisse perplexe et surtout pantois, mais bon, j'espère qu'un additif ou une mise à jour se fera dans les années à venir !

3 octobre 2021

Le Mystérieux Correspondant et autres nouvelles inédites - Marcel Proust

 

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Quatrième de couverture :

 

C'est un exceptionnel ensemble d'inédits de Marcel Proust qui apparaît aujourd'hui, car il s'agit pour l'essentiel d'oeuvres littéraires, d'oeuvres de fiction : une série de nouvelles diversement achevées, écrites dans l'environnement des "Plaisirs et les Jours, durant les années 1890. Certaines ont figuré un temps au sommaire du volume, puis l'auteur les a écartées

 

Proust a une vingtaine d'années, et la plupart de ces textes évoquent la prise de conscience de son homosexualité, sur un mode sombrement tragique, celui de la malédiction. Sous des formes diverses : conte de fées, récit fantastique, dialogue des morts, nouvelle à énigme, le jeune écrivain transpose, parfois à peine, le journal intime qu'il n'a pas écrit. Point de voyeurisme dans ces récits, seulement mis en scène un drame psychologique intense.

 

Ces nouvelles ont été identifiées et répertoriées, dans les années 1950 par Bernard de Fallois, dont l'essai Proust avant Proust, paru au Belles-Lettres, interprète les données. Nous trouvons dans le même fonds les documents placés en fin de volume, contenant des révélations aux souces d'A la recherche du temps perdu. L'ensemble est transcrit avec toutes les variantes et annoté par Luc Fraisse, professeur à l'Université de Strasbourg, qui réédite actuellement la Recherche aux Classiques Garnier.

 

Editions : De Fallois PARIS - ISBN : 979 10 321 0229 9 - Broché : 172 pages - Parution ; septembre 2019 - Prix : 18,50 €

 

Mon avis : ChezVolodia 

 

Je ne peux que déplorer, tout en en comprenant les raisons, que ces nouvelles n'aient pas été achevées ni publiées par Proust. Ces textes laissent transparaître la sensibilité de l'auteur, sa délicatesse dans Jacques Lefelde, mais également sa "coquetterie" lorsqu'un homme a l'air de lui plaire comme dans "Souvenir d'un Capitaine".

 

Dans Aux Enfers, nous sommes les témoins d'un dialogue entre deux orateurs sur l'homosexualité, et dans la Conscience de l'aimer, nous assistons à la souffrance amoureuse d'un jeune homme souffrant de solitude, rejeté par l'aimée. Le Don des fées,  conte à demi inversé relate ce que disent les bonnes fées sur le berceau de celui dont la destinées est de souffrir par excès de sensibilité. 

 

Le thème dominant de ces oeuvres est l'analyse de l'amour physique en des termes qui préfigurent Sodome et Gomorrhe et c'est sous le voile d'une fiction transparente, le journal intime de l'écrivain. La prise de conscience de l'homosexualité y est vécue tragiquement, comme une malédiction. 

 

A une époque ou l'ordre moral régnait en maître et ou le moindre écart équivalait à être mis au ban de la société, je comprends pourquoi Proust dit à Gide qui envisageait de publier ses mémoires : "....vous pouvez tout raconter, mais à condition de ne jamais dire : Je...." De nos jours les valeurs sont complètement inversées plus il y a de scandales autour de votre nom et/ou de votre personne, plus vous êtes célèbres, publiés. Peu importe ce qui se dit à partir du moment ou on parle de vous (c'est que vous êtes intéressant).

 

J'ai bien aimé ce livre, ainsi que les annotations de Monsieur Luc Fraisse qui permettent de mieux comprendre et cerner les pensées et les angoisses de l'auteur.

9 février 2018

Paname Underground - Zarca

Paname-underground

Quatrième de couverture :

Où s'arrête le réel, où commence la fiction ? Zarca raconte les coulisses du guide des bas-fonds parisiens qu'il rédige depuis 2016. Love  Hotel de la rue Saint Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, La Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à Porte d'Aubervilliers...

Alors que l'auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d'une tentative de meurtre. La virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

 

Repéré grâce à son blog Le Mec de l'Underground, Zarca publie aux Editions Don Quichotte ses deux premiers romans : Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015). En 2017 est paru P'tit Monstre aux Editions Le Tango. L'auteur expérimente une littérature radicale, marquée par un style oral.

 

Editions : Goutte d'Or - ISBN : 979 10 96906 04 8 - Broché : 247 pages - Prix 17 €

Mon avis : Volodia

Décidément je ne comprends pas le choix du Jury qui s'est porté sur ce livre, qu'on ne peut considérer raisonnablement comme de la littérature, même de la mauvaise. L'auteur le dit lui-même, il a écrit ce texte dans l'espoir que les ventes lui permettront de, je cite : tenir deux ans à Paname et dix à Pattaya. "j'ai de quoi pondre une pure dinguerie et me faire des burnes en platine" Faut croire qu'il avait raison puisqu'il a réussi à décrocher un prix et que des curieux et ou des voyeurs dont je fais partie on eu envie de lire de quoi il retournait.

Seigneur, qu'elle déception. Les trafics pseudos dévoilés, les quartiers évoqués dans ce guide et ce qui s'y passe sont connus par la grande majorité des "vrais parisiens". Malheureusement, comme beaucoup de banlieusards bien nés (car c'est le cas de l'auteur, si on lit un peu sa biographie) qui veulent nous faire croire et ou qui s'imaginent nous faire découvrir un Paris parallèle composé de paumés, racaille, drogués et rebuts de la société cela ne peut fonctionner qu'auprès de provinciaux, de banlieusards de la zone Sud et de faux parisiens issus de milieux aisés qui ne quittent pas leurs quartiers de prédilection et, franchissent encore moins le  périphérique de peur d'être agressés. 

Loin de rivaliser avec le langage argotique fleuri employé par Carco, d'Audiard, Chabrol et bien d'autres. Le texte nous est balancé en verlant, en gloubiglouba racailles de banlieues nord et language à la mord moi le noeud inventé par l'auteur. Fastidieux à lire, inintéressant sauf pour nous conforter qu'il existe bien un Paris parallèle, un Paris subversif grand mot à la mode depuis quelques temps, un Paris en marge de la Société bien pensante et bienséante ou on passe son temps à "trafiquer", s'en mettre plein le nez, se bastonner  pour une raison ou pour une autre. Bref ne rien faire de sa vie sinon la détruire d'une façon ou d'une autre.

Quant à à la chute du livre, elle s'inspire d'un mauvais polar noyée dans des flots d'hémoglobine, dans lequel Zarca boosté par toutes les substances qu'il sniff se prend pour un justicier invincible et met à mal tous ceux qui ont participé au décès de sa "rousse". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une imagination plus que féconde, je dirais même débordante....! 

Ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction est écrit pour faire frissonner ceux qui ne sortent jamais de leur zone de confort, qui ne voient, n'entendent et ne comprennent rien ! Il aurait eu quelque intérêt s'il avait été écrit par un véritable marginal et non par un fils de de bonne famille jouant, lui, au marginal. C'est curieux cette manie des fils de la bourgeoisie actuelle de vouloir écrire,  frayer voire se faire passer pour ceux qu'ils ne sont pas et  ne seront jamais ! une nouvelle mode peut être ?

Il est rare que je regrette l'achat d'un livre, mais là...!

7 avril 2016

Le vrai est au coffre - Denis Lachaud

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Quatrième de couverture : 

Un enfant de cinq ans vit avec ses parents en banlieue parisienne, dans la Cité des Fleurs, un immeuble isolé au milieu des rails d’une gare de triage. La nuit, Tom entend le hurlement des trains aux abords de son lit. Au matin, il joue seul dans les escaliers car il est rejeté par les enfants de l’école qui l’appellent « tapette ». 

Au fil des années, Tom se réfugie dans l’imaginaire. Auprès de son amie Véronique, il se sent en sécurité, mais à huit ans sa vie bascule. Lors d’un voyage scolaire les garçons de sa classe parviennent enfin à lui faire payer sa différence… 

Jouant du vrai et du faux, Denis Lachaud aborde le thème du choix identitaire dans ce qu’il peut avoir de plus ambigu. Entre fiction et réalité, désir et résistance, ce roman construit en puzzle réserve bien des surprises. 

Editions : Babel – ISBN : 9 782742 780976 – Poche :158 pages – Prix : 7 €

Mon avis : Indiangay 

Je ne sais comment classifier ce livre : policier ? en raison de l’intrigue qui se joue au détriment de Tom, alias Thomas. Trans-identitaire ? Véronique l’amie d’enfance se substituant peu à peu à Tom puis devenant son porte-parole ? Mais Tom et Véronique sont-elles deux personnes distinctes ou bien l’une cachait-elle l’autre ?   

Je n’ai pas su apprécier ce livre. Car si dans un premier temps, il se présentait comme d’agréables souvenirs d’enfance,  il se termine dans une confusion difficile à interpréter. Bref, j’ai trouvé ce livre fastidieux à lire et à comprendre ! 

4 décembre 2009

Les Julottes - Françoise Dorin

36729_LIVRES_827557_1Elle ou lui ?

Aujourd'hui nous rencontrons de plus en plus souvent des êtres dont nous nous demandons s'il s'agit d'hommes ou de femmes... qu'ils soient de dos ou de face ! C'est ce que Françoise Dorin appelle le troisième sexe.

Notre héros est bisexuel... Il profite de ce bipartisme pour se livrer à des jeux et de mystifications qu'une hétérosexualité affirmée ne lui permettrait pas. D'ailleurs, n'écrit-il pas un livre sous pseudo : l'Escargot, du nom du seul animal bisexuel de la création ?

En fait, il s'amuse beaucoup à être un chevalier d'Eon moderne, se transformant tour à tour en Dominique Debeaumont, femme de lettres spécialisée dans les contes pour enfants et en Marie-Jean, gestionnaire avisée d'une boîte de travestis. Il s'amuse... jusqu'au jour où il est diablement troublé par l'androgynie et caractérielle de Julie, une "julotte" typique représentante du troisième sexe comme lui, mais elle, à son grand regret, hétéro irrémédiable.

L'Amour qui transgresse sans trop de difficultés les tabous de la morale, peut-il passer outre les diktats du corps? Après bien des hésitations, Julie et Marie-Jean répondent par l'affirmative à cette question... Mais pour combien de temps ?

26 janvier 2013

M.Antinoüs et Mme Sapho - Luis d'Herdy

COUVDHERDY2Quatrième de couverture :

Un mariage moderne.

Mystérieux écrivain fin de siècle que Louis Didier... Anagrammatiquement métamorphosé  en "Luis d'Herdy" en 1899, il publie alors, au tournant du siècle quelques talentueux  romans et recueils poétiques, fortement marqués  par l'homosexualité  et l'inspiration décadente. En témoigne  L'homme Sirène (1899), mais également Monsieur Antinoüs et Madame Sapho (1899), qui présente la particularité de mettre en scène, à parts égales, homosexualité féminine et masculine.

M.Antinoüs et Mme Sapho, écrit dans une langue orfévrée  et dans un style artistique , paraît, plus d'un siècle après sa publication, d'une rare modernité. Outre la liberté de moeurs érotiques  et sentimentales revendiquées par l'auteur, le projet de mariage qui s'y délivre conjugue audace et bon sens.

 

Editions : GayKitschCamp - ISBN : 978 2 908050 82 0 - Broché 94 pages - Prix : 14 euros

 

Mon avis : Volodia

Toujours en cours de lecture.... difficile à terminer, caractère trop petit, paragraphes inexistants.........patience !

 

 

23 juin 2013

Le coeur éclaté - Michel Tremblay

Le coeur éclatéQuatrième de couverture :

Ici, le couple du Coeur Découvert, roman des amours heureuses, éclate : Mathieu après dix ans de vie commune, déménage et met un terme à une relation qui s'était étiolée.

Jean-Marc, entre effondrement et désespoir donne corps au seul proet possible : il par pour Key West, et là, dans la capitale des artistes et des prix Pulitzer peu à peu devenue le mouroir de l'Amérique, il apprend à accepter la douleur et tente d'affronter le sentiment de culpabilité qui l'assaille.

 

Editions : Babel - ISBN : 2 7427 9576 7 - Poche 313 pages - Prix : 7,70 €

 

Mon avis : Volodia

Bien que le premier livre puisse se lire indépendamment du second, je me suis pris de passion pour l'histoire de Jean-Marc et Mathieu. Il m'était impensable de ne pas connaître ce qu'il advenait de leur amour.

Ce second livre est plus sombre. Mathieu déménage avec son fils Sébastien. Ne reste plus à Jean-Marc que les souvenirs d'une liaison qui fut heureuse. Une rupture étant par essence douloureuse, Jean-Marc a du mal à s'en remettre et fait crise d'angoisse sur crise d'angoisse.

Malgré l'affection presque maternelle de ses voisines, et pour tenter d'oublier, Jean-Marc décide de partir pour Key West, non sans culpabilité, car un de ces ex-amants dont il est pratiquement seul à se soucier;  se meurt du sida à l'hôpital.

Logé chez un couple d'homosexuels, extravertis et fêtard, qui tente maladroitement de lui faire reprendre goût à la vie et parmi la luxuriance des paysages de key west, il arrive peu à peu à surmonter sa douleur. Professeur de français et écrivain, pour gagner sa vie, il arrive malgré tout à réécrire, et entame une liaison avec un "natif" de l'île. Liaison sans lendemain, mais qui aura pour but de l'apaiser et lui redonner confiance en lui.

A son retour, Luc l'ancien ami qu'il visitait à l'hôpital est à l'article de la mort. Suite à sa demande et malgré ses réticences, il accédera à son désir de l'aider à mourir, dans la dignité, et pour lui éviter des souffrances supplémentaires.

J'ai adoré ce livre, et le style d'écriture de cet auteur, comme s'il parlait. Moi qui n'aimait pas l'accent canadien, je me suis surpris à lire ces livres avec cet accent, ces mots et ces expressions si particulières de façon tout à fait naturelle, je lisais intérieurement et m'entendais parler, mais ce n'était plus moi, Volodia, mais Jean-marc qui s'était substitué à moi.  

 

14 avril 2013

Gay Paris - François Buot

9782213676777FSQuatrième de couverture :

Une histoire du Paris interlope entre 1900 e 1940

Dans ce récit mêlant plaisirs et destinées tragiques. François Buot bouscule l'idée d'un "gay Paris" dominé de 1900 à 1940 par une communauté discrète , repliée sur elle-même - hormis quelques vedettes sur le devant de la scène.

Pendant quarante ans, profitant  d'une législation particulièrement tolérante, le "gay Paris" s'affiche jour et nuit. Invertis, lesbiennes ou travestis investissent les music-halls et les dancings, racolent dans les jardins publics, animent de nombreux bals de quartier et se retrouvent dans les promenoirs de théâtres, les bains publics ou les maisons closes...

Ils inventent un mode de vie, une nouvelle culture, tout en restant vigilants face à l'homophobie toujours vivace. Ce monde interlope n'a pas de réflexe "communautariste", mais paraît au contraire bien intégré dans le Paris populaire et festif. Les écrivains de Carco à Genet s'en inspirent pour leurs romans et les intellectuels d'avant-garde s'affrontent sur l'homosexualité.

Exploitant de nombreux documents souvent inédits comme les rapports de la brigade mondaine, les lettres anonymes, la presse à sensation et la littérature populaire, François Buot retrace avec talent l'histoire de Paris interlope avec ses lieux et ses codes, à une époque qui contraste singulièrement avec la répression des décennies suivantes.

Editions : Fayard - ISBN : 978 2 213 65418 8 - Broché : 285 pages - Prix : 22 euros.

 

Mon avis : Volodia

J'ai trouvé ce livre intéressant, même s'il ne donne pas une bonne image de l'homosexualité. En effet, il semblerait qu'aux époques concernées, comme de nos jours, l'assouvissement des sens était une priorité et ce peut importe l'endroit ou l'on se trouvait (trouve) et avec qui on se trouvait (trouve). Le Dieu Phallus et sa Sainte Semence...

J'ai toujours eu du mal, et encore aujourd'hui,à comprendre que"certains d'entre nous" soient prêts à s'avilir, ravaler toute fierté, toute dignité, au point de fréquenter des back rooms, hanter les urinoirs, rechercher les humiliations et les coups pour quelques instants de plaisir qualifiés par eux d'intenses. (et s'ils ne l'étaient pas ?)

Mouais chacun ses goûts, mais difficile après cela de combattre l'homophobie et de passer pour sain d'esprit.

 

24 décembre 2012

Rimbaud - Claude Jeancolas

imagesCA795G3YQuatrième de couverture :

Sa vie ? Le refus d'une existence médiocre et la quête lancinante du salut, du sens et de l'utilité au monde. Au service de cette exigence, une logique implacable, une résistance physique et morale à toute épreuve, une volonté rude et une énergie entreprenante qui lui viennent de son impatience et de la peur de l'ennui.

Claude Jeancolas a suivi pas à pas, au jour le jour, Arthur Rimbaud traquant et démontrant cette rigueur derrière chaque acte, jusque dans les excès de la débauche, de l'art, de l'amour et de la fuite définitive. La famille l'apprentissage, le labeur même, l'expérience humaine expliquent le interrogation d'Arthur et les choix que ses réponses engendrèrent, dont celui de la poésie, comme les rejets qu'elles provoquèrent.

Ce jeune homme dégingandé, si proche, lèvres serrées, si dur et parfois si sensibles, cheveux ébouriffés, regard fixe sur un horizon idéal, et qui arpente à grandes enjambées nos univers mesquins... C'est l'arrogance de la jeunesse et son intransigeance d'une "vraie vie".

Des brumes de la Meuse aux enfers des déserts dankalis, des poèmes du Voyant aux lettres désespérées d'Afrique, c'est une seule et même vie, cohérente, morale.

Editions : Flammarion Grandes Biographies - ISBN : 9 78 2 0812 8497 5 - Broché 728 pages - Prix : 25 euros

 

Mon avis : Volodia

Autre version de la vie Rimbaud,  "plus fouillée" et donc plus complète que celle présenté par Edmund White (ce qui je tiens à la préciser n'enlève rien à sa valeur) :

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2011/06/11/21370631.html

J'ai beaucoup aimé, mais je suis un fan de biographies surtout celles présentées par Flammarion.

Al'intérieur du livre quelques photos d'archives nous permettent de mieux suivre l'évolution et les pérégrinations de Rimbaud, mais également de ceux qui l'entourent famille, relations et amis ainsi que les conséquences de sa relation avec Verlaine sur l'entourage familiale de celui-ci, et ce que leur couple pu avoir de provocant pour l'époque.

En fin de livre de nombreuses notes et références ayant servi de support à cette oeuvre.

 

imagesCAR4Z2W7A propos de l'auteur :

Claude Jeancolas, écrivain, journaliste et historien d'art, a "rencontré" Rimbaud il y a une vingtaine d'années et ne l'a plus quitté. Il a publié de nombreux livres sur Rimbaud, parmi lesquels L'oeuvre intégrale manuscrite (Textuel, 1996, 2004), Passion imbaud : album d'une vie (Textuel 1998) ainsi qu'une biographie sur la mère du poète, Vitalie Rimbaud : pour l'amour d'un fils (Flammarion, 2004).

 

11 novembre 2012

Chronique joyeuse et scandaleuse - Maurice Sachs

9782752907325Quatrième de couverture : 

Pour Blaise Alias il n'y a qu'un but à atteindre dans cette vie : devenir riche et peu importent les moyens ! Après avoir réalisé quelques coups comme intermédiaire interlope de marchands d'art, après avoir vendu sa jeunesse autant que son bagout, le jeune homme, au mode de vie hors norme pour le Paris de l'entre-deux-guerres, va vivre des apprentissages qui ne seront pas sans lui poser quelques problèmes.

Maurice Scachs, bien loin d'être un enfant de choeur, appuyé par Max Jacob, Jean Cocteau ou André Gide, par ailleurs juif et homosexuel dans une Europe qui s'apprêtait à basculer dans l'horreur, adressa, avec cette Chronique, un pied de nez des plus féroces à la très conservatrice société Française.

Editions : Libretto - ISBN : 978 2 7529 0732 5 - Poche 168 pages - prix : 8,10 euros

Mon avis : Volodia

Moui, ce livre me laisse perplexe dans la mesure ou il s'avère être à notre époque dépassé. Et ce bien qu'il nous permette de pénétrer dans le monde complexe des marchands d'art, métier qu'il a exercé un temps.

A noter toutefois, certaines descriptions de personnages haut en couleur, aussi cruelles que jubilatoires, en vrac :

...la tête à la renverse, sur le tapis, les jambes allégrement butant l'air, on aurait dit un monstrueux bébé, un bébé poilu, posant pour sa première photographie...

... elle ouvrait bien trop la bouche sur une rangée de dents perlées qui étaient tout ce qu'elle avait à dire...

... une de ces bouches qui font peur aux hommes tant elles apparaissent comme un sexe denté...

... derrière ce tir de barrage de bulles de salive et de gin...

 

Maurice SchachsA propos de l'auteur :

La vie de Maurice Sachs, né à Paris en 1906, est un roman d'aventures. Abandonné par ses parents, ballotté de pensionnat en pensionnat, il naviguera toute sa vie entre escroqueries et littérature avant de s'engager fin 1942 dans le STO pour fuir ses créanciers.

Envoyé  dans un camp en 1943, pour ne pas avoir dénoncé un prêtre jésuite résistant - et cela alors qu'il avait vendu ses services à la Gestapo -, Maurice Sachs sera abattu en  1945, à 39 ans d'une balle dans la nuque. 

  

18 octobre 2012

R.W.FASSBINDER un cinéaste d'Allemagne - de Thomas Elsaesser

FASSBINDERRainer Werner Fassbinder est incontestablement l'un des auteurs les plus importants du cinéma européen de l'après-guerre. En quinze ans à peine, il a réalisé plus d'une quarantaine de films, dont b eaucoup ont accédé au rang de classiques, tels Le Marchand des quatre-saisons, Les Larmes de Petra Von Kant, Tous les autres s'appellent Ali, Le Mariage de Maria Braun et le monumental Berlin Alexanderplatz. La plupart des études sur Fassbinder insistent sur sa personnalité provocatrice et y trouvent les ressorts de sa productivité frénétique. Cherchant plutôt la "vérité" de Fassinder dans l'analyse approfondie des films.

  Elsaesser met en évidence l'extraordinaire richesse des personnages et des sentiments, la capacité du cinéaste à saisir milieux et classes sociales. Il révèle ainsi toute l'importance de cette oeuvre qui dessine un portrait complexe, mêlant compassion et cruauté, de l'âme" ouest-allemande pendant les premières décennies qui ont suivi le régime nazi.

Thomas Elsaesser tend à montrer que le regard unique de Fassbinder sur l'homme, la Société, la politique et l'idéologie, son sens aigu de l'Histoire parlent aussi de l'Allemagne d'aujourd'hui, de la nouvelle Europe et des défis culturels auxquels elle est confrontée.

Editions : Centre Pompidou - ISBN : 2 84426 273 2 - Broché 571 pages - Prix : 39,90 euros.

A propos de l'auteur :

Elsaesserhomas Eslaesser est  Professeur d'Etudes Cinématographiques et Audiovisuelles  l'Université d'Amsterdam. Il a notamment publié New German Cinema : A History (1989). A Second Life : German Cinema's First Decades (1996) . Weimar Cinema and After (2000), Metropolis (2001). Filmgeschichte und frühes kino (2002) et Harun Farocki-Working on the Slightlines (2004).

Il contribue régulièrement à plusieurs revues de cinéma à travers le monde dont "Trafic", "Iris", "Sight and Sound", "October", "Screen" et "New German Critique".

25 octobre 2010

Le polylogue du pénis - Adam Baradet

1989R

Quatrième de couverture : 

"Tout au long de cet ouvrage, je me livrerai soit à un satisfecit  outrancier aux yeux de certains, soit je me sentirai penaud à certains égards. Dans tous les cas, je trouverai toujours une multitude de mots pour aider le lecteur à une meilleure compréhension de mes actes : le polylogue, mot trouvé pour désigner ce double langage , sera reçu, je l'espère, comme la saine définition de situations qui ne le sont pas toujours aux yeux de tous"  Autobiographie d'un pénis.

Adam Baradet, par opposition aux fameux Monologue du vagin, a choisi de faire parler un pénis ! Pas n'importe lequel cependant, celui de Paul, homosexuel à la vie bien remplie. Le pénis raconte dont l'histoire de Paul, depuis son éveil à la sexualité jusqu'à sa mort, une vie de voyage, de rencontres, de cul et d'amour.

Editions : Publibook - ISBN : 9B782748 306330 - Broché : 147 pages - Prix : 16,50 €

 Avis : ChezVolodia

Original  !

12 juillet 2011

Une saison à Djibouti - Jean-Claude Quénet

2111100454377Quatrième de couverture :

Djibouti à la fin de l’époque coloniale : militaires désoeuvrés, diplomates inutiles relégués, oubliés, journalistes déconcertés, marins loufoques, explorateurs égarés, cascadeurs de passage, banquiers anglais homosexuels et sadomasochistes, aventuriers de tout poil traînant dans les bordels.

Jean entreprend un ultime pèlerinage dans le temps où l’hippocampe bleu d’Air France survolait « les pôles et les zones » de la planète et où toutes les sœurs de Martine Carol et de Sylvia Kristelle, de belles Emmanuelles…Après le départ de sa femme Marlène, qui fait de lui le bouc émissaire de toutes ses frustrations, il se retrouve seul et nous fait découvrir avec humour les figures et la faune interlope du lieu.

Il nous raconte la naissance de son amour insensé pour Arthur et l’émerveillement de son épanouissement, la douleur des premières fêlures insidieuses, puis la lutte pathétique des deux hommes pour tenter de sauver leur rêve maudit tout au long d’un été tropical accablant.

Une saison a Djibouti est le voyage d’un Don Quichotte au pays de la mer, des mirages, des volcans et de l’amour fou, dans le temps incertain des montres molles de Dali.

Il faut embarquer sans attendre sur le bateau ivre avec la vierge folle et chausser les semelles de vent du fantôme d’Arthur. Partir, partir d’urgence, pour voir là-bàs, du côté de l’Ile du Diable, au bord de la faille où s’arrachent deux continents « ce que l’homme a cru voir ».

Editions : du Sagittaire - ISBN : 9782917 202029 - Broché : 297 pages - Prix : 20 euros.

Attention toutefois, livre épuisé chez l'Editeur donc galère pour le commander. 10 jours de délai minimum à la FNAC. 2 jours à la Bibliothèque de l'Harmattan rue des Ecoles dans le 5ème arrdt de Paris.

 

Mon avis : Volodia

J’ai entrepris cette lecture sur les conseils de son auteur, qui après un mail adroitement tourné attirait mon attention sur son premier livre comme une invite au voyage sur les traces de Rimbaud ? et sur une parenthèse dans sa vie amoureuse.

Non seulement il y décrit l’ambiance coloniale et tout ce qui gravite autour mais, nous fait participer aux évènements politiques s’y rapportant ; ce qui n’a pu que m’intéresser n’étant pas né à l’époque, et cette partie du monde toujours en guerre à l’heure actuelle est royalement ignorée sauf, si quelques illustres inconnus, mais d’origine européenne, se font kidnapper et rançonner.

Ce qui peut paraître un peu long au premier abord, mais s’avère indispensable pour la compréhension du livre est l’histoire d’un couple dirons-nous ordinaire, qui au fil du temps part en déliquescence pour diverses raisons (le tout relaté avec un peu de misogynie et de rancœur). Et d’un autre moins conventionnel qui se forme de façon torride et tout à fait inattendu.

Cette dernière partie est à mon sens la plus intéressante, l’auteur nous montre comment deux personnes que tout oppose, sexualité, âge, culture, peuvent arriver à un épanouissement, une plénitude amoureuse, avant que ne surviennent les inéluctables fêlures. Puis la lutte désespérée des deux amis-amants pour sauver leur rêve insensé qui n’aura duré qu’un été et se terminera par la mort de l’un deux.

J'ai bien aimé ce livre, même si par moment certains mots ou termes crus voire, un peu vulgaires à mon sens, et mis dans la bouche d'Arthur ont un peu gâché mon plaisir de lecture et la "qualité" indéniable de ce livre. Il n'en reste pas moins que je l'ai dévoré en 3 soirées ne le posant qu'avec regret pour vaquer à mes occupations professionnelles. Dans l'attente d'un prochain livre par le même auteur,

Je viens de proposer à mon compagnon Indiangay de lire ce livre et de mettre ses impressions sur ce blog dès qu'il l'aura terminé donc, à suivre ...

 

Mon avis : Indiangay

En lisant ce livre, j'y a retrouvé l'ambiance coloniale qui, je le suppose reste un mode de vie internationale dans tous les pays ayant été assujettis à domination, tutorat, colonies et/ou comptoirs. Le petit cercle fermé des expatriés, les locaux faisant office de subalternes s'occupant de leur précieuse progéniture à la peau pâle et aux yeux clairs. Cette surenchère de matérialisme et de positions sociales au sein même d'un cercle restreint.  Une certaine mélancolie aussi pour le temp passé.

J'y ai également trouvé, l'intérêt d'un européen pour un garçon qui bien entendu compte tenu de sa culture et de l'époque se déclare non homosexuel, et qui pour le prouver, accumule les conquêtes féminines et n'hésite pas faire montre de sa grossiereté  en toute occasion. La description de l'amour qui lie ces deux hommes me parait sublimé par l'un, alors que factice pour l'autre.

J'ai aimé ce livre en ce sens qu'il dévoile une époque passée, mais non révolue. L'auteur y décrit sans faux semblant des façons d'être, de se conduire de personnes à des miliers de kilomètres de chez elles. Tous les sentiments y sont exacerbés, poussés au paroxysme.  J'admire également le courage de cet auteur d'oser écrire un livre relatant une partie de sa vie, même des années après le déroulement de ces évènements, parlant ouvertement de ses déboires amoureux et de sa relation homosexuelle (même si celle-ci était un accident de parcours) à une époque ou l'on ne s'en faisait pas encore gloire...

JA propos de l'auteur :

Jean-Claude Quénet a vécu une quinzaine d'années en Afrique, entre Madagascar et Djibouti, comme commerçant en contact avec les milieux diplomatiques. Il y fut témoin du démembrement de l'Empire français et de l'accession à l'indépendance du territoire des Afarrs et des Isas, puis des balbutiements de la République de Djibouti. Il nous fait revivre cette époque à travers une gresque picaresque, plus que réelle. 

 

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