Canalblog Tous les blogs Top blogs LGBT
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
Publicité
Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

71242249

Archives
20 août 2017

Histoire de la violence - Edouard Louis

Histoire de la violence

Quatrième de couverture :

J'ai rencontré Reda un soir de Noêl. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter chez moi. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble on discutait, on riait.

Vers six heures, il a sorti un révilver et il a dit qu'il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Editions : Points - ISBN : 9 9782757 864814 - Poche 225 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

J’ai attendu que le battage médiatique fait à la parution de ce livre et le procès qui s’en est suivi s’estompent avant de le lire, ne voulant pas avoir l’esprit parasité par les avis des uns et des autres qu’ils soient bons et/ou mauvais.

Lorsque j’ai eu ce livre en main et l’ai compulsé pour la première fois, je dois avouer l’avoir reposé direct tellement j’ai été dérouté par le style et le langage employé, le tout me semblait au premier abord tellement désagréable et ardu à déchiffrer.

Comme il fallait s’y attendre, mon métier et surtout ma curiosité m’ont fait dépasser cette barrière et bien m’en a pris, car même si j’y ai pris un plaisir mitigé, il en ressort un traumatisme important pour l’auteur  qu’il lui fallait exorciser et qu'il nous relate sans fausse pudeur.

Ce livre c’est l’histoire d’un viol, celui qu’a subi Edouard Louis, que nous apprenons à travers le récit que fait par téléphone, sa sœur à son mari, alors que l’auteur est caché derrière un rideau, et se fait fort d’apporter des précisions ou de rectifier les dire de sa sœur à l’attention du lecteur qui tient lui le rôle de « voyeur » ( et, qu'il suppose sans doute, n’aurait peut être pas compris le contexte dans lequel il s’est déroulé ou celui dans lequel sa famille évolue et la place qu’il occupe dans celle-ci)….

C’est en cela que le récit est dérangeant, je ne vois pas l’intérêt de faire jouer le rôle de « rapporteur » à sa sœur, à moins que ce ne soit plus facile pour lui de raconter cette histoire par l’intermédiaire d’un tiers et de se distancier ainsi des évènements traumatiques qui se sont produits et dont il a été la malheureuse victime.

Ce qui me chagrine également c’est de mettre, dans la bouche de sa soeur, un langage très populaire au risque de la faire passer pour « analphabète ». On sait, il nous l’a suffisamment répété qu’il vient d’un milieu modeste de Picardie. Une région minée par le chômage, dont les natifs du cru ont un quotient intellectuel "assez médiocre", et au parlé franc, accompagné d’un accent à couper au couteau. On a compris que lui s’était sorti de cette crasse ignorance, en faisant des études et en reniant son milieu social d’origine. Mais là, c’est trop, ça sonne comme une marque de fabrique, comme la stigmatisation d’une région et de ses habitants dont il a exagéré les particularités  à dessein, et sur lesquelles il a fabriqué sa renommée. Je trouve ça moche, de se servir des défauts vrais ou présumés de quelques uns pour faire rire et/ou pitié au détriment de ceux-ci, afin de s’assurer un certain type de lecteurs voire de s’assurer du succès.

Il va s’en dire également que je ne doute absolument pas de la véracité de son récit quant aux évènements qui ont eu lieu, son ressenti, ses craintes, ses réactions la plupart légitimes bien que certaines, à mon sens, soient sujettes à caution. En effet, que ce soient ses amis à qui il a raconté l’affaire qui l’ont poussé à porter plainte, les excuses qu’il se trouve et accorde à son agresseur en raison de ses origines, ses atermoiements une fois la plainte déposée tout cela donne, à mon sens, une certaine discordance au récit eu égard à la gravité des faits.   

Publicité
2 octobre 2009

Les Mémoires d'un Bardache - 1 - de philippe Guimet

Le Sceau de Kropotkine :   Réservé au +18 ans seulement car particulièrement scabreux

51MM9vFjvdL__SL500_AA240_Ce premier volume des Mémoires d'un bardache nous entraîne à la découverte de l'Europe débauchée des débuts du Siècle des Lumières et de ses principaux protagonistes. Vaste fresque historiquee où le précieux côtoie l'obscène, Le Sceau de Kropotkine brosse, de l'intérieur, un tableau fidèle de la vie secrète de l'aristocratie aux dernières lueurs du Roi Soleil.

L'histoire :

A l'aube du XVIIIè siècle, Henry, adolescent béarnais de petite noblesse au physique hors du commun, devient l'amant du riche compte d'Ystirac, qui l'emmène à Paris. Installé dans l'hôtel particulier de son bienfaiteur, il parfait son éducation, fortifie ses muscles et assouvit une insatiable lubricité. Le jeune homme découvre le monde caché des bardaches lors d'une orgie organisée chez l'intrigant prince Kropotkine, qu'il humilie en terrassant son champion au cours d'un combat singulier. Rejeté par son maître, le perdant - un Maure aux appas titanesques - est recueilli en l'hôtel d'Ystirac. Furieux, Kropotkine et ses complices n'aurant de cesse de se venger : ils feront payer cher à Henry son intimité avec les grands du toyaume et tenteront l'impossible pour freiner son irrésistible ascension.

Mon avis :

J'ai été fort surpris à la lecture de ce premier volume d'apprendre que le mot bardache voulait dire à cette époque hommosexuel et qu'il désignait ainsi les hommes qui étaient aux hommes, bien que ceux-ci aient été mariés avec famille à l'appui. Autre étonnement de ma part, de savoir que les intéressés étaient employés par le roi et son gouvernement pour défendre les intérêts de la France auprès des autres puissances et hommes par des moyens plus vénales que l'argent ou le pouvoir... Je me demande toutefois, s'il s'agit de faits véridiques de l'histoire ou bien romancés voire inventés et ce malgré ce que nous dit l'auteur ?

2 décembre 2009

Au bord du Gouffre - David Wojnarowicz

David Wojnowicz est né en 1954 dans le New Jersey. Peintre, sculpteur, photographe, vidéaste, peformer et écrivain, iQl s'impose au cours des années 80 comme un artiste incontournable de la scène new-yorkaise. Homosexuel militant, il meurt du sida en 1992.

Hujar_David_Wojnarowicz___LOOKING_AT_MUSIC_SIDE_2__at_the_MOMA_thumb_4_

Quatrième de couverture :

..."La nuit en songe je rampe sur des pelouses fraîchement tondues, je contourne les statues et les chiens et les voitures qui  surveillent votre geôle. Je m'introduis dans vos maisons par les plus infimes fissures des briques qui vous procurent un sentiment de confort et de sécurité. Je traverse vos salons et grimpe vos escaliers et pénètre dans vos chambres à coucher. Je vous réveille pour vous raconter ce qui m'est arrivé lorsque j'avais dix ans, un jour que je rôdais autour de times square à la recherche d'un homme qui se coucherait sur moi pour me prodiguer les câlins et les baisers dont ma mère et mon père me privaient. Je me suis fait accoster par un type qui m'a emmené dans un coin reculé le long des quais et m'a roué de coups tant il avait peur des pulsions ardentes enfouies dans ses entrailles. J'aurais aimé l'étrangler mais mes mains trop petites ne pouvaient faire le tour de son cou. Je vous réveillerai pour vous accueillir dans mon cauchemar.".....

Edition : Le Serpent à Plumes - ISBN : 2 84261 476 3 ou 9 782842 614768 - Broché 317 pages - Prix : 22 euros. 

Mon avis : Volodia

Au premier abord, surprise de taille. Pratiquement aucune ponctuation ne marque les 14 premières pages du livre hormis quelques point déposés ça et là après des phrases d'une incroyable longueur. Cela s'arrange bien heureusement par la suite d'où une plus grande facilité de lecture, de suivi et de compréhension du texte et des pensées de l'auteur.

Le texte de ce livre est éructé avec rage et violence avec le langage qu'aurait, tous les marginaux : vagabond, voleur, putain, tapin, micheton et gigolo. Ce genre de voix qu'on s'attend à entendre dans les faubourgs, les quartiers réservés, ou les dits cas sociaux.

David Wojnarowicz a eu une vie courte mais riche et dévastatrice...

16 mai 2010

"Lèvres Pêches" - Cui Zi'en

9782070128525Suite de monologues intérieurs, ce roman raconte la terrible histoire d'un père qui après avoir découvert l'homosexualité de son fils le châtre de sang-froid au bistouri.

Quand on sait que l'homosexualité en Chine est encore punie de 5 ans de prison, on a peu de peine à imaginer que ce livre n'a jamais été publié dans son pays. Texte sensible et puissant, entre conte initiatique et philosophique, un nouveau Pasolini à la mode orientale est né.

12 septembre 2009

"Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles" de Gyles Brandreth

9782264048554

Oscar Wilde en Sherlock Holmes et le narrateur en Docteur Watson, voilà ce que nous propose l'auteur de ce roman policier.

Wilde découvre le cadavre dans une maison à Londres d'un adolescent de sa connaissance. Celui-ci a été égorgé et déposé, nu, dans un cercles de bougies. S'agit-il d'un rituel ? Oscar décide donc de mener l'enquête.

Une intrigue surprenante qui respecte à la fois l'image de l'écrivain dandy, l'esprit victorien et les règles du genre?. on aurait apprécié un peu plus d'originalité.

 

Mon avis : Volodia

Un petit bijou du genre. J'ai trouvé ce livre très original dans l'idée de placer Oscar Wilde en détective. L'époque victorienne avec son ambiance hypocrite est très bien reconstituée quant à l'intrigue elle m'a tenu en haleine jusqu'au bout. Le dénouement en est particulièrement inattendu....

Publicité
13 octobre 2009

Mensonges, Mensonges - Stephen Fry

MensongesAdrian Healey est un menteur compulsif et invétéré. Il est jeune, beau, très intelligent, extêmement cynique, sans scrupule, spirituel et tricheur. Ses excentricités, son homosexualité tapageuse et ses provocations en font le héros scandaleux de son collège. Du moins, tant qu'il en fait encore partie. Des années plus tard, un de ses professeurs l'entraîne à son tour dans une aventure rocambolesque.

Avec un humour décaant, des dialogues caustiques pleins d'esprit, Stephen Fry fustige l'hypocrisie et bouscule la bonne société anglaise.

Critiques littéraires :

"La presse anglaise nexagère pas quand elle parle de Stephen Fry comme d'un génie comique" LIRE.

"Un roman virtuose et hilarant". CHRONICART.COM

 

5 octobre 2009

Jésus La Caille - Francis Carco

J_sus_la_caille

Quatrième de couverture :

Autour des deux héros principaux de Jésus-la-Caille – ledit «Jésus», mi-prostitué homosexuel, mi-proxénète, et Fernande qui, un temps, accompagna ce qu'on n'appelait pas encore une «galère» – le récit de Carco se développe avec une lenteur photographique, un usage précis du temps et des dialogues d'une grande densité. Rien de salace, encore moins d'obscène, dans ce livre qui fut son premier succès.

Le troisième héros du roman, le premier presque, est Paris. Le Paris d'avant 14, du côté de la Butte, de ses rues dégoulinantes, de ses passants vagues, des «clients» qui rasent les murs, des caboulots qu'à toute heure occupe une faune interlope. Mais aussi ce Paris magma confus que l'on voit de là-haut, mêlant indistinctement ses fumées dans un nuage où l'on ne distingue plus ce qui monte des cheminées des riches et de celles des pauvres. 

Mon avis : ChezVolodia

En lisant ce livre j'ai réellement eu l'impression de me trouver dans ce quartier qui à l'époque n'était certainement pas aussi cosmopolite, peuplé de rapins, de modèles en tout genre et de toute cette faune interlope.

Le ton du livre malgré une histoire d'amour non partagé et qui ne peut mener à rien sauf au drame qui s'ensuit, n'est pas larmoyant au contraire, c'est avec avidité que l'on suit ces héros, cette reconstitution d'un passé ou l'homosexualité et la prostitution se cotoyaient sans jamais se mélanger et dont les hommes maquillés mais non déguisés rappelaient le Londres ou Berlin du début du 19ème siècle et du milieu du 20ème.

14 novembre 2013

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? - Jeanette Winterson

 pourquoi-etre-heureux-peut-etre-normal-poche-L-ndcIOPQuatrième de couverture :

Depuis qu'elle a été adoptée par Mrs Winterson, Jeanette a toujours lutté. Contre sa mère et sa morale religieuse stricte, contre ceux qui l'empêchent d'aimer et de vivre comme elle l'entend. Heureusement, elle a rencontré les livres. Et les mots sont devenus ses alliés.

Jeanette écrit pour réinventer sa vie, s'extirper du gris, apprendre à aimer et être libre enfin. 

 

Editions : Points - ISBN : 9 782757 835951 - Poche 259 pages - Prix : 6,90 euros.

 

Mon avis : ChezVolodia

Livre autobiographique de Jeanette Winterson. Née en 1959, Jeanette nous conte son enfance et son adolescence dans les années 1970.

Adoptée par un couple de pentecôtistes, elle passe son enfance et son adolescence, dans une petite ville du Nord de l'Angleterre (près de Manchester, qui a eu son apogée au 19ème siècle avec les filatures), entre un père inexistant et une mère peu aimante, rigoriste jusqu'à l'écoeurement, où tout était sujet à "pécher".

Son enfance a été difficile, entrecoupée de sermons, de paires de claques, de longues heures et de nuits passées sur le perron de la maison d'où elle était régulièrement chassée en guise de punition. L'auteur nous dit du reste ne jamais s'être sentie chez elle, l'une des raisons étant qu'on ne lui a jamais donnée les clés de la maison, et qu'elle était tributaire d'un des membres de la famille pour y entrer.

Enfant peu ou mal aimée (sa mère adoptive, lui rabâche que le diable l'a orienté vers le mauvais berceau), elle est obligée pour ramener quelque argent à la maison, dont la famille à grand besoin, de passer ses soirées, après l'école, et ses week end à travailler au marché. Mais lucide, elle pressent très jeune que le moyen de s'élever dans la société se fera par la lecture.

Aussi pour fuir cette vie et cette petite ville pauvre et morne, elle s'y réfugie et ce, malgré l'interdiction maternelle. Elle fréquente assidument la bibliothèque municipale où elle entreprend de lire toute la littérature anglaise par ordre alphabétique. La lecture des grands auteurs tels  Shakespaere, Austen, Virginia Wolf, lui ouvrent des horizons insoupçonnés, lui permettant de toucher du doigt une certaine forme de liberté.

L'histoire prend une forme dramatique lorsque sa mère, qu'elle appelle par son nom de famille, (elle n'a jamais pu lui dire maman) découvre son homosexualité. Il s'ensuit une séance d'exorcisme particulièrement éprouvante où pour finir sa mère lui met en main l'ultimatum : de partir si elle refuse de se conformer aux règles en vigueur de leur petite communauté. Elle n'a alors que 16 ans.

Jeanette choisit alors la liberté malgré les nombreuses difficultés auxquelles elle doit faire face. Grâce à sa grande intelligence, sa volonté, et une bourse providentielle  elle parvient à étudier à Oxford. Trouver une stabilité amoureuse et sépanouit dans son métier d'écrivain. Tourmentée  par les causes de son abandon, elle entreprend de faire des démarches pour retrouver sa mère biologique et d'avoir enfin une réponse à ses interrogations. Mère qu'elle réussira à retrouver, après une quête minutieuse d'informations et des démarches administratives qui aurait rebuté quiconque n'a pas été abandonné. 

Pour ma part, j'ai trouvé ce passage un peu long et ennuyeux, sans doute parce que je n'ai pas été adopté et donc non concerné par cette quête du pourquoi et du comment. 

 

91501345

A propos de l'auteur :

Jeanette est née  à Manchester en 1959. Icône féministe, elle est l'auteur de nombreux romans irrévérencieux, dont Les oranges ne sont pas les seuls fruits, disponible en Points.

 

 

12 mars 2017

Retour à Reims - Didier Eribon

 

Retour-a-Reims

Quatrième de couverture :

Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims sa ville Natale, et retrouve son milieu d'origine avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Evoquant le monde ouvrier de son enfance, restitutant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie.

Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistante. 

Un grand livre de la sociologie et de théorie critique.

 

Editions : Flammarion catégorie : Champs Essais - ISBN : 978 2 0812 4483 2 - Poche : 2148 pages - Prix : 8,20 €

 

Mon avis : Volodia

Contrairement à ce que j’ai pu croire au premier abord, ce livre n’est pas une biographie à proprement parler, ni même un livre de philosophie politique, ni encore un livre de sociologie, mais un mix des trois.

Dans ce livre Didier Eribon revient sur une partie de sa vie, qu’il a occultée durant de longues années. La mort de son père et son enterrement auquel  il n’a pas voulu assister, et son retour à Reims, ville où il est né et où ont vécu ses parents, est l’occasion pour lui de se remémorer son passé, et d’analyser les causes qui l’ont éloigné de sa famille pendant plus de 30 ans.

Issu d’un milieu modeste (père ouvrier ayant gagné à force de ténacité, le statut d’agent de maîtrise, mère femme de ménage dont les espoirs déçus de n’avoir pu faire des études et d’accéder à une autre condition sociale ont laissé les traces de quelques rancoeurs). Didier Eribon a longtemps eu honte de ses origines préférant être identifié comme homosexuel - ce qui à son époque n’était pas aussi bien toléré qu’aujourd’hui - catégorie sociale qu’il estimait plus valorisante car teinté d’intellectualité, et dans laquelle il s’est beaucoup investit à défendre la cause, plutôt que fils de prolétaire, délaissant ainsi la question de domination sociale...

Il revient notamment sur la sélection quasi systématique qui s’opérait dans les années 1968-1970 en France. Dès la scolarité, où un fils d’ouvrier était souvent dirigé vers des filières techniques passé le certificat d’études, alors, qu’un fils de « bourgeois » poursuivait ses études naturellement au lycée, voire pouvait effectuer des études supérieures, ou une prépa dans des Grandes Ecoles. Il en résultait que les ouvriers étaient condamnés à rester dans leur milieu social sans réelle possibilité d’évolution. Ce fût le cas de ses frères - avec lesquels il n’avait aucun point commun et avec qui il a rompu tout contact - qui entrèrent en apprentissage avant d’occuper un métier plus en rapport avec leur milieu d’origine.

Il se penche également sur le parcours politique de sa famille grands-parents et parents votant communiste dans les premiers temps par affiliation naturelle, fidélité, à un parti censé défendre les droits des ouvriers, puis en 1980, lorsque celui-ci participera au gouvernement et sa stratégie à nier ou diminuer la thématique de la lutte des classes, ceux-ci se tourneront vers le Front National, qui lui, met en façade la déception des classes populaires et leurs revendications.

Il y a une forte contradiction chez l’auteur, la haine de sa famille liée à tout ce que comporte ce milieu ouvrier - à mon sens, véritable caricature du monde à la Zola – et sa volonté de lutter contre la domination sociale, de loin, c'est-à-dire sans être assimilé ou reconnu comme venant dudit milieu. Il se rend compte qu’il reproduit les jugements et les catégories de pensées des classes dominantes.

Le livre de Didier Eribon, peut être lu, comme je l’ai indiqué précédemment, sous différentes facettes, comme une auto-socio-analyse. Ecrit dans un langage très accessible, car il ne manquerait plus que ce livre se montre excluant dans son écriture ce qui serait un véritable contre-sens eu égard aux thèses défendues !

Je n’avais, honte à moi rien lu de Didier Eribon, mais ce premier essai m’a énormément intéressé. Je vais donc poursuivre la lecture de ses écrits ! 

15 mars 2018

Deux garçons sans histoire - Marc Desaubliaux

417r8tKC2GL

Quatrième de couverture :

Une petite ville de province dans les années 1970. 

Une famille de notables faussement aristocrates. 

Des parents chez qui le jeu des apparences permet de cacher bien des drames, père indifférent à ses enfants tant qu'ils ne créent pas de scandale, mère qui après l'échec de son mariage, à rejeté toute son affection sur son cadet, Sébastien, 15 ans, qui fréquente le meilleur collège catholique de garçons de la ville.

Tout est en ordre donc, jusqu'à cette messe de rentrée scolaire du collège de Sébastien à la cathédrale. 

Ce jour-là, sa vie bascule.

Ce jour-là, il rencontrera l'amour...

Mais pas celui pour lequel on le prédestinait.  

Que feriez-vous si l'on vous interdisait d'aimer ? 

 

Mot de l'auteur : 

"C'est ce drame que je me décide enfin à raconter, plus de quarante ans après les faits. Une tragédie à laquelle je n'ai été que le témoin souvent impuissant, parfois lâche, moi qui étais pourtant l'ami de toujours, celui qui a servi de modèle à Sébastien. Je m'étais juré de rendre hommage à sa mémoire et à celle du vrai Jean-Denis tous deux sacrifiés sur l'auteur des apparences sauves. Voilà qui est fait".   

                                                                                                                              Marc Desaubliaux

 

Editions :  Am Communication, des es auteurs, des livres - ISBN : 978 2 36497 040 3 - Broché :: 296 pages - Prix : 19 euros.

 

Mon avis : Volodia

L'auteur nous précise qu'il sagit d'une histoire vraie... Je ne peux toutefois m'empêcher de relever certaines similitudes avec un autre livre très célèbre : Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, écrit bien avant celui de Mr Desaubliaux, notamment  : que cette histoire se passe dans une école religieuse de garçons, que l'émoi provoqué par un garçon ait eu lieu au cours d'une cérémonie religieuse, que l'un des deux garçons en l'occurrence le plus âgé soit de petite noblesse (même si elle est contestable), que cette histoire se termine en tragédie pour l'un deux.

Mais la comparaison la ressemblance s'arrête ici, car dans le livre de Desaubliaux, le jeune Jean-Denis a le langage châtié des gamins de son temps, celui des années 70, et qu'il n'a pas l'innocence d'Alexandre jeune héros du livre de Peyrefitte, ni celui d'André Dalio, surnommé affectueusement Dédé, héros, lui, du livre d'Achille Essebac. La poésie, la délicatesse du récit s'en ressentent. Il le rend plus actuel, moins émouvant, enfin à mon sens.

Ce récit trouve un second souffle lorsque l'auteur nous raconte ce qu'il est advint du survivant plusieurs années après le drame : Devenu psychanalyste, faisant partie à son tour des notables de la même petite ville de province, marié, deux filles. Il doit s'accommoder de sa vie et composer avec son passé soigneusement dissimulé.  Arrivé à un certain âge, les réminiscences de celui-ci se font plus fortes au point qu'il n'est plus en mesure de jouer son rôle d'époux et de père.

La maison familiale de son ancien condisciple et ami étant à vendre, après plusieurs années d'abandon, il finira par l'acquérir et y vivra seul, seul avec ses souvenirs qu'il finira par apprivoiser, et lorsque ceux-ci se révèleront trop forts, il les tiendra à distance à coup d'antidépresseurs. La mort seule pouvant le délivrer du poids du passé et de son secret. 

J'ai pris plaisir à lire ce livre, mais ne pense pas à ce jour le relire, ayant été quelque peu déçu par les rapprochements effectués avec les deux livres précités.

24 décembre 2012

Le Ruban - Jean Feixas

Le rubanLe siècle extravagant de la prostitution de rue.

De 1850 à 1950, la prostitution de la rue (le ruban en argot, c'est le trottoir) connut un période étrangement sublimée. Les filles qui, jusque-là, s'étaient faites discrètes et les proxénètes, toujours furtifs,  revendiquèrent à grands cris leur état, en narguant effrontément la police.

Ils revêtirent un véritable uniforme du métier, avec des codes stricts. Ils se tatouèrent fièrement, portant en bandoulière profession de foi et casier judiciaire. Ils fréquentèrent les aquariums, des cafés et bals spécifiques, de hauts lieux où se risquaient le bourgeois admiratif et son épouse frissonnante. On leur accorda des vertus essentielles, de courage, de sens de l'honneur et même de fidélité !

Un courant qui inspira les artistes, et parmi les plus grands (peintres, poêtes et écrivains), emportant tout sens critique, charriant autant d'ordures que de pépites. Un surprenant témoignage social.

Editions :  Jean-Claude Jegawsewitch. ISBN : 9 782350 132891 - 361 pages - prix : 35 euros.

 

Mon avis : Volodia

Cet ouvrage est étonnamment documenté avec de nombreuses illustrations et photographies d'époque. Il est d'une lecture agréable chaque page s'ouvrant sur une illustration et/ou une photo. Nous faisons connaissance avec différents types de souteneurs et de prostituées. Nous y apprenons la signification des sobriquets, y perfectionnons ou y apprenons des mots d'argot, nous familiarisons avec les codes en vigueur et  nous remémorons les goualantes entendues ça et là et fredonnées par nos arrières-grands parents.

Mais par-delà une certaine "nostalgie" d'une époque révolue (du moins en partie) nous y voyons évoqué les causes réelles de la prostitution et surtout le cortège de maladies et de maux qu'elle engendre.

 

Jean feixasA propos de l'auteur :

Jean Feixas d'origine catalane, a été avocat au barreau de Toulouse, dessinateur de presse et commissaire divisionnaire. Il est depuis toujours collectionneur d'insolite et d'insolent

11 juin 2012

Pourquoi les gays sont passés à droite

9782021050370_mainQuatrième de couverture :

Les gays sont depuis longtemps comme une minorité engagée à gauche, tolérante et progressiste. 

Figure éminente et dérangeante de la communauté gay, Didier Lestrade affirme que ce n'est plus le cas. Il montre que le racisme gagne du terrain chez les gays, en France mais aussi en Europe. on oublie ainsi souvent de Pim Fortuyn le leader de l'extrême droite aux Pays-Bas, était ouvertement gay. Et à la différence de son père, Marine Le Pen s'est bien décidée à "draguer" les homosexuels qui, parfois, se laissent séduire par son discours.

Mais ce n'est pas tout. La France découvre l'égoïsme et l'absence de scrupules de certaines personnalités gays dont les "frasques" sont révélées à l'opinion publique. Pour Didier Lestrade, cette élite gay (souvent au "placard"), obsédée par ses privilèges, son prestige et son argent, témoigne aussi de la droitisation des gays, symptôme d'un individualisme et d'un consumérisme forcenés qui gagnent la communauté.

Editions : Seuil - ISBN : 9 78 2 02 105037 0 - Poche : 141 pages - prix : 14,50 euros.

Mon avis : Volodia

A la lecture de ce livre, on sent le militant pur et dur, qui ne transige pas avec ce qu'il pense être la réalité, sa réalité, même si parfois il en prend à son aise.

Didier Lestrade, est un homme de terrain, qui défend ses idées au-delà du boutisme et par conséquent son livre ne peut laisser indifférent. Il est "entier" et n'a pas peur des mots et de ce qu'il avance. Ces "haines" sont sincères même si parfois elles me semblent injustifiées, comme ces propos injustes et déplacés envers Frédéric Mitterrand, Mace-Scarron, Fourest, et bien d'autres).

J'ai du mal à lui pardonner son outing des homosexuels qui seraient encore "dans le placard"  mais qui de part leur position pourrait jouer un rôle positif en faveur de la communauté. Hum oui, quoi qu'il en dise, il n'hésite pas à les "dénoncer" publiquement au travers de ces livres et pour moi ça le discrédite un peu. Mais bon, malgré sa mauvaise foi, ses coups de gueule, son caractère tranché, il reste un pilier de la lutte pour les droits homosexuels et de la lutte contre le sida à qui nous devons tous beaucoup. Il ne faut pas l'oublier. De toute façon même si on le voulait, lui, ne nous laisserait pas l'oublier.

 

Mon avis : Indiangay

Je ne connais que depuis peu Mr Lestrade et son implication active dans la communauté gay, mais je sais qu'il a beaucoup donné et peu reçu. Son livre m'a semblé écrit avec colère, pour ne pas dire rage, et avec une certaine rancoeur (de ne pas être reconnu à sa juste valeur ?).

Si j'aime les hommes qui ont du caractère, je dois avouer que certaines de "ses" vérités nous sont assénées de façon lapidaire et sans réel fondement. De plus, ses idées relatives à ce que les gays ayant un peu de pouvoir politique sortent obligatoirement "du placard" pour donner l'exemple à tous les jeunes qui n'osent pas le faire, c'est moyen. Et de les outer en les nommant dans son livre vraiment moche.

Même si son livre est intéressant, j'ai trouvé qu'il en profitait pour régler ses comptes. Tout le monde n'évolue pas dans le milieu homosexuel à son aise, et le problème de se dévoiler ne résulte pas seulement du fait de faire de la peine à sa famille mais bien d'affronter la pression sociale. Surtout pour un homme politique dont les moindres faits et gestes sont scrutés et dont on s'empresserait d'user de son homosexualité pour le prendre à défaut quelque soit les opinions qu'il pourrait avoir.

Malgré tout, même si certaines idées exprimées m'ont déplues voire, insupportées, j'ai bien aimé son livre.

 Lestrade Didier

A propos de l'auteur :

Journaliste, écrivain, militant, Didier Lestrade est une figure imortante de la communauté gay, et l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels Act Up, Une histoire (Delanoël, 2000) et, plus récemment, Cheikh, Journal de campagne (Flammarion, 2007).

Il  a quitté Paris en 2002 et vit actuellement en Normandie.

 

20 septembre 2015

Dans ma chambre - Guillaume Dustan

1497671_4622848

Quatrième de couverture : Néant

Mon Avis : Volodia

Il s'agit du premier roman de Guillaume Dustan. Essentiellement autobiographique qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie de l'auteur. Ses journées entières à pianoter sur minitel, pour rencontrer des "coups d'un soir". Des soirées et des nuits à se droguer, à s'envoyer en l'air avec des types qu'on drague et qu'on ramène chez soi comme des courses du supermarché.

C'est un livre cru, certains diront érotiques, d'autres dont je fais parti le jugeront pornographique, mais avec quelque chose d'autre que du cul et des performances sexuels, autre chose que la trivialité de l'auteur. Il est le reflet d'une époque en pleine période sida, une époque ou dans le milieu gay, tout le monde couche avec tout le monde, ou l'on ne s'étonne plus d'être séropositif et ou c'est la minorité qui est séronégatif. Une époque ou l'on commente la mort d'un tel avec une certaine indifférence. Une époque ou après l'étonnement, la peur et l'hécatombe des premiers cas de sida, un traitement vient de faire son apparition et l'on se reprend à espérer avoir encore quelques années à vivre, à profiter de tout ce qu'elle nous offre y compris ses excès. Car malgré la maladie, personne ne songe à changer ses habitudes, et l'on continue à draguer, à se shooter,  à "coucher" avec ou sans capotes, fréquenter les backroms du "Transfert" et du "Qg".  

Dustan, nous dévoile ses goûts à la limite de la violence dans le fantasme, les codes sado-maso et cette quête effrénée de mecs, de culs, de sperme et de drogues, toutes les drogues (poppers, esctasy, acide, cocaïne) qui circulent semble-t-il librement et que l'on offre ou s'offre comme on le ferait d'un verre.

Les descriptions torrides de scènes d'amour entre deux hommes, la description du "matériel" contenu dans ses placards, les initiations éprouvantes d'un partenaire. Nous assistons à une quête sans fin dans lequel Dustan semble se perdre à la recherche d'un amour impossible ?

Ce livre n'a pas les qualités littéraires que l'on s'attendrait à trouver chez n'importe quel auteur. Il n'a pas de style, pas de ponctuations, les phrases sont décousues, parfois incompréhensibles. Mais c'est un livre fort. Dustan a ce don de nous prendre aux tripes, de nous faire partager sa vie au point de s'oublier soi-même ce qui pour moi est assez est rare et,  j'ai aimé !

Editions : P.O.L. - ISBN : 9 782867 445255 - Broché 155 pages - Prix 14 euros

 

277192_192628567426080_4258714_nA propos de l'auteur:

Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès est né en 1965 à Paris. Il y est décédé en 2005 après avoir avalé par accident une surdose médicamenteuse (version officielle). Il a exercé la profession de Magistrat avant de se tourner vers l'écriture puis l'édition.

Il cré au Editions Balland, le Rayon Gay, qui deviendra par la suite "le Rayon" qui sera la première collection entièrement  LGBT éditée en France. Une cinquantaine de titres y seront publiés avant sa fermeture en 2003.

En 1999 il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Page". Sa renommée s'est accru en raison de sa position sur le barebacking, littérallement "monter à cru" ce qui lui vaudra les foudres de Didier Lestrade de l'association de lutte contre le sida Act Up.

18 juillet 2012

Folles de France - Repenser l’homosexualité masculine - Jean-Yves le Talec

Folles de France

De Zaza Napoli à Priscilla, dans les bars du Marais ou à la Gay Pride, la folle fait partie de notre paysage culturel. Exubérante, provocante, flamboyante, cette figure hyper visible se tient pourtant dans l’ombre de l’homosexualité masculine française et brille par son absence dans le discours des sciences sociales françaises. Seul affleure l’archétype folklorique de l’homme efféminé marqué du double stigmate de l’inversion et de l’extravagance.

L’ambition du livre de Jean-Yves Le Talec est d’ouvrir ces oubliettes. Refusant de considérer les folles comme les accessoires d’une homosexualité prétendument « sérieuse », il a choisi de les replacer au centre d’une histoire des représentations de l’homosexualité en France. Il montre ainsi que les folles occupent depuis longtemps un espace sociale à travers une sous-culture spécifique, le camp. Cet art de l’apparence est en pratique une forme de lien et de langage social, de résistance et de stratégie politique. L’émergence du mouvement homosexuel, puis son implication dans la lutte contre le sida, apparaissent dès lors comme une succession d’appropriations et de transformations de cette figure de la folle : un zazou sous l’occupation, une folle de Saint Germain des Prés, une Gazoline du Front homosexuel d’action révolutionnaire ou une Pom Pm Girl d’Ac Up s’inscrivent ainsi dans une même histoire de la follie.

Ce parcours, depuis les année 1930 jusqu’à nos jours, redonne aux folles une vraie place au sein du mouvement homosexuel, de son histoire mais aussi de son actualité, et permet de penser sous un nouveau jour les liens entre sexe, genre et sexualité.

Editions : La Découverte - ISBN : 978 2 7071 5257 2 - Broché 314 pages - Prix : 22 euros.

Le talec

A propos de l’auteur :

Né en 1958, Jean-Yves Le Talec est sociologue,. Journaliste de 1984 à 1992, rédacteur en chef de Gay Pied Hebdo en 1992, il fut responsable des éditions à Aides de 1993 à 1995. Chargé de cours et chercheur à l’université de Toulouse Le Mirail, il poursuit des travaux sur la sexualité et la santé depuis une dizaine d’années. Il a également cofondé en 1990 le mouvement des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en France. 

20 février 2012

Anomalies et perversions sexuelles - Magnus Hirschfeld

Magnus Hirschfels tient une place particulière au tournant des XIXè et XXè siècles, parmi leP1060327__2___302x500_s grands noms de la sexologie.

Simultanément scientifique et homme d'action, il créa en 1897 (soutenu par Tolstoï, Zola, Einstein, Buber, Rilke, Hess, Thomas Mann, Krafft-Ebing, Freud - qui le tenait en grande estime - et au total, plus de 6000 personnalités !) le Comité Humanitaire Scientifique pour l'abolition du "paragraphe" 175 du Code pénal. Ce dernier condamnait dans tout le Deutsch Reich, depuis Bismarck, les relations sexuelles entre hommes adultes consentants (Hirschfeld était lui-même homosexuel). Sa pétition fut rejetée par le Reichstag en 1898 (le paragraphe 175 ne fut définitivement aboli qu'en 1994).

En 1919, il fonda à Berlin un Institut de Sexologie qui servit de modèle mondial, visité par le nombreuses personnalités (dont Nehru), et qui lui valut, aux Etats-Unis, le titre journalistique d'"Einstein du Sexe" ! Humaniste militant, il lutta en faveur de la décriminalisation de l'avortement, de la protection maternelle et de l'autorisation du mariage des institutrices et des servantes.

L'acharnement des nazis (qui en firent l'emblème de "l'éternel juif criminel"), l'autodafé en 1933 de ses archives et de la grande bibliothèque de son Institut (qui contenait les oeuvres de Berthold Brecht, de Stefan Sweig, et de tant d'autres), les tentatives de meurtre dont il avait souvent fait l'objet, le contraignirent à l'exiler en France où il mourut subitement à Nice, le jour de son 67ème anniversaire. Il laissait partiellement inachevé son dernier livre dont lessentiel était prêt pour l'impression.

Cet ouvrage - ici réédité - fut complété (d'après les notes qu'il avait laissées) par des collaborateurs dévoués de l'Institut, partageant son exil mais restés anonymes, estimant qu'ils ne faisaient que sauvegarder son oeuvre.

D'abord facile, par son style clair et dénué d'artifices, ce livre n'appartient pas qu'à  l'histoire. Il reste actuel, tant pour les spécialistes des Sciences Humaines et de la Psychiatrie que pour le grand public.

MagnusHirschf (Kolberg 1868 - Nice 1935), Docteur en Médecine, Expert auprès des tribunaux, Membre important du S.D. (parti social démocrate) fut un écrivain prolixe. on lui doit un Sapho et Socrate, les lois naturelles de l'amour, l'homosexualité, le transvestime (terme qu'il créa), la Pathologie de la sexualité, l'Abrégé de la sexualité, etc...)

 Mon avis : Volodia

L'intérêt de ce livre est qu'il est intemporel. Il fait tomber tous les tabous, met à mal tous les  "a priori" et "certitudes" véhiculés depuis des  générations avec des mots, des termes que tout un chacun est susceptible de comprendre sans pour autant être médecin ou faire partie du corps médical.

Les explications données quant aux causes du transexualisme et bien d'autres sujets sont particulièrement claires et précises. Tous les sujets évoqués dans ce livre ont fait l'objet d'études approfondies, fouillées, disséquées, mais jamais au  titre de voyeurisme en aucun cas dans le but d'un jugement négatif, mais toujours dans le souci d'éclairer ses contemporains sur des sujets dits "tabou" dans le but de faciliter la compréhension de ces particularités et si possible l'acceptation et non le rejet pur et simple et/ou l'indignation.

L'audace des théories développées dans ses écrits a du être, pour l'époque le pavé jeté dans la mare.

9 décembre 2011

Journal d'un travesti - Edi Oliveira

9782828912413Quatrième de couverture :

Un jeune Brésilien arrive en Europe, la vingtaine, hétéro et naïf. Il veut juste échapper à la misère de son pays, travailler pour aider sa famille. Entraîné dans la prostitution, il finit par trouver son indépendance dans le milieu et devenir un professionnel expérimenté.

Il nous dit tout sur les très nombreux clients rencontrés, les pratiques, les amours. Il donne réponse aux questions que l'on peut se poser sur un offre sexuelle très répandue, sans éluder les dangers d'agression et la perversité de certains adeptes, ni les plans sordides et les déceptions sentimentales. Tout ce qui a fait de lui une autre personne.

Un récit cru et tendre à la fois, qui touche par sa candeur, constrastant avec l'univers parfois brutal du désir. Une plongée au coeur de l'intimité humaine et du fantasme.

Mot de l'auteur :

"C'est une histoire vraie, sans enjolivures. C'est mon histoire de travesti et d'escort. Comment je le suis devenu, pourquoi je le suis resté, qu'elle vie j'ai menée, qui sont les clients et comment ils agissent. Ce livre est mon bilan après sept années dans le métier, pour que les gens sachent ce qu'il y a comme risues, comme hontes, mais aussi comme fiertés et comme plaisirs. Car ce témoignage n'est pas amer : j'ai vécu des choses difficiles mais j'ai aussi aimé cette vie. C'est peut être là qu'est la véritable provocation, pas dans les descriptions."

Editions : Favre - ISBN : 9 782828 912413 - Broché 125 pages - Prix : 15 euros

 

Mon avis : Volodia

 Livre abandonné en cours de lecture

13 juin 2017

Guillaume Dustan - Frédéric Huet

31-132-largeQuatrième de couverture :

"A l'appartement qu'un ami bijoutier lui avait prêté, le sujet de la sodomie s'est insinué entre nous. Il était en train de boire un verre de rouge assis contre la gazinière dans la cuisine et revenait sans cesse à l'attaque avec son désir de me prendre.

Je lui ai alors déclaré que j'étais comme Jane Birkin dans le film Je t'aime moi non plus, que la sodomie c'était impossible pour moi. Il m'a répondu que tout était dans la tête. Bien sûr, j'ai pensé, il dit ça pour mieux arriver à ses fins. Je suis resté dubitatif. Il est allé se douche. Je l'ai rejoint dans la salle de bain. Derrière le rideau, je lui ai demandé ce qu'il pensait de moi, si j'étais ce qu'on appelle un "écrivain" c'est-à-dire quelqu'un essayant d'exprimer un monde à sa façon. Il a dit oui. Cela m'a rassuré, m'a fait plaisir. C'est à ce moment que nous avons parlé de sa mort. Je lui ai dit que j'écrirais un livre sur lui un jour. L'idée d'écrire sur lui, ça lui a plu.

Dans la chambre qui donnait sur le square du Temple, nous nous sommes ensuite embrassés, je lui ai mi un préservatif et il m'a pénétré. Il était arrivé à ses fins. Nous nous sommes endormis main dans la main".7

Editions : Les EDITIONS du Nouveau Livre - ISBN : 9 782919 000555 - 70 pages - Prix : 14 euros

Mon avis ; Volodia

Tout d'abord j'ai trouvé douteuse la mise en page par l'Editeur et/ou l'auteur du texte de quatrième de couverture. En effet, celui donne une piètre idée du contenu de l'oeuvre et laisse planer le doute de la pornographie. Ce qui peut laisser dubitatif ou au contraire favoriser l'achat.

Ceci dit, j'ai trouvé ce livre intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il a été écrit par l'auteur qui a été le compagnon, temporaire certes, de l'écrivain et qu'il a partagé son intimité enfin celle qu'il a accepté de lui dévoiler et que le public n'est pas sensée connaître.

Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte son approche de l'écrivain, en premier lieu par ses oeuvres, puis par l'envoi d'un manuscrit à sa maison d'édition ou là tout s'enchaine. Il en ressort qu'il a d'abord aimé les oeuvres avant de désirer l'homme. Toutefois, sa relation était elle dictée  plus par l'admiration du statut d'écrivain que par l'amour de l'homme ? Car à le lire, on voit qu'il agit et supporte les extravagances de caractère de Dustan, plus comme une groupie que comme un compagnon ou un ami.

Frédéric Huet ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il nous présente le portrait de Dustan. Drogué, séropositif, barbackeur sans complexe n'hésitant pas à le solliciter de façon insistante pour des rapports non protégés. Il laisse également planer en substance des problèmes psychiques justifiant ainsi les sautes d'humeur et expressions de violence de Dustan. Quant à sa pseudo jalousie lorsque leurs oeuvres sont mises en concurrence, hum, je veux bien y croire, les écrivains étant susceptibles et souvent imbus d'eux-même et de leurs oeuvres qu'ils considérèrent comme "géniales".

Quant à Frédéric Huet, son désir de devenir un écrivain reconnu, lui fait douter parfois de son amour pour Dustan, l'aime-t-il pour son statut d'écrivain et sa renommée, ou pour lui-même. Supporte-il certaines humiliations, d'être considéré comme un intermédiaire voire parfois comme quantité négligeable,  parce qu'il est l'ami de Dustan écrivain reconnu ? ou parcequ'il aime vraiment ?

Toujours est-il que ce livre nous en apprend beaucoup, à savoir l'origine du Pseudo de Dustan,  Son caractère torturé, ses origines juives, un peu trop mise en avant à mon goût ..., mais est-ce que parce que la particularité de caractère et de vie de Dustan est rare pour cette communauté ?

J'ai aimé ce livre et me permets de le recommander à tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur une grand figure du milieu gay des années 80 et du barebacking. Car même si l'auteur se donne un rôle compréhensif voire passif, en nous présentant un portrait rien de moins que sympathique, il en résulte un livre agréable à lire d'une traite.

imagesCAX31ODCA propos de l'Auteur:

Frédéric Huet est né enn 1973. Il a publié papa à tort chez Balland en 1999 (Collection de Guillaume Dustan), puis à,  Ma vie ratée d'Amélie Nothomb (en 2009) chez Anabet. Il habite Nantes et vit de petits boulots. LC publie son dernier roman Guillaume Dustan.

 

1 juillet 2011

Tom of finland (Livre II)

2486_3_v_Tom_of_FinlandLivre strictement destiné à un public adulte et très averti

Un nouveau livre des histoires de Tom Finland vient de paraître. Les bandes dessinées sont au nombre de 14 et sont toujours aussi, drôles et d'une pornographie sans borne. Toujours les mêmes hommes surbodybuldés, au membre hypertrophié. Pas de "précieuses" mais des bûcherons, des routiers, des militaires et surtout des "cuirs".

Tom Finland affiche son amour des hommes. Il affiche ses fantasmes sans complexe à travers ses dessins à une époque ou, il faut bien le reconnaître, être gay n'était pas encore à la mode. Ces dessins sont superbes et à travers ce qu'ils expriment on peut voir défiler la vie des back room, des urinoirs, des endroits boisés, et même nous retrouver dans des contrés exotiques avec des tribus sauvages (gays bien évidemment) et être sauvé par Tarzan...

Editions : Taschen - ISBN : 9 783836 524865 - Broché - Prix : 9,99 euros.

Mon avis : Indiangay

Contrairement au premier livre (qui figure sur ce blog) la couverture de ce volume est rigide et la jaquette est reversible. Côté face deux magnifiques apollon dans une pose très suggestive. Côté pile, la couverture est vert imitant celle d'un livre ancien, ce qui permet de le regarder n'importe où (enfin presque). Attention quand même quand vous l'ouvrez, vous risquez d'offusquez les personnes se trouvant à porter.

23 septembre 2010

Le fils de Loth - François Paul Alibert

9782842712419Ce livre est réservé au + de 18 ans et aux personnes très averties

  

Histoire :

Deux jeunes hommes s'ébattent sur le sable. Ils sont beaux, ils s'aiment. L'un deux pose à l'autre une question : « Qui t'a initié à l'amour ? » La réponse vient malaisément : « Mon père ! ».

Suit alors un récit murmuré dans une langue magnifique, celui de l'initiation sexuelle d'un jeune garçon par son père. La découverte du corps de son père, la fascination pour le sexe de son père, son amour pour son père, et, enfin, une relation sexuelle ô combien émouvante et subversive.

Editions : La musardine - ISBN : 978-2842712419 - Poche : 127 pages - Prix : 8,95 €

 

 Mon avis :  ChezVolodia

Je n'ai pas aimé ce livre qui sous le couvert d'une confession que je juge peu crédible et fortement improbable, relate de long en large et en détail une relation pédophile et incestueuse.

Cette histoire révèle-t-elle les fantasmes de son auteur ? et si oui jusqu'où peut on les exprimer en littérature ?

Par ailleurs, j'aime lorsque je lis un livre y entrer, m'y fondre. Or là, je suis resté "à la porte". Je suis resté un lecteur qui lisait une histoire et qui s'y est ennuyé au bout de quelques pages ; Ou peut être, aux yeux de personnes plus avisées, qui n'y a rien compris.

 

 Le Fils de Loth, demeuré à l'état de manuscrit depuis sa rédaction dans les années trente. Dans l'histoire littéraire, jalonnée de livres interdits, on comprendra aisément que celui-ci soit resté caché : si le roman s'ouvre de façon lyrique sur les ébats amoureux de deux beaux adolescents (André et Roland), il glisse rapidement vers la confession d'un jeune homme, André, initié à l'amour par son père, "un splendide colosse". Rien de moins ! Le style de la phrase est classique, mais tranche volontiers avec un récit fortement imagé et sans ambiguïté, d'une sodomie l'autre. Dans la Bible, il est dit que Loth, à défaut de sa femme (métamorphosée en statue de sel pour s'être retournée contrairement à la défense divine) et à défaut d'autres créatures féminines, aurait abusé de ses propres filles. C'est précisément cette légende que reprend et détourne François-Paul Alibert, jusqu'à lui donner le titre de cet ouvrage sulfureux. D'autant plus sulfureux qu'ici, le père n'abuse pas mais initie son fils aux jeux de l'amour.

26 mars 2016

Riches, Cruels et Fardés - Hervé Claude

Riches cruels et fardés

Quatrième de couverture :

Luxe, sable et volupté... A la limite de la jungle australienne, face à la barrière de corail et à des centaines de kilomètres de la première ville, se trouve un hôtel quatre étoiles... Un lieu pour touristes fortunés triés sur le volet, qui savent ce qu'ils viennent chercher et qui veulent avoir la paix.

L'isolement pourtant, privilège ultime des riches, peut devenir l'enfer. Un ouragan se déchaîne et les voilà coupés du monde. Les comportements changent. Des crocodiles sortent de l'eau devenue boue. La pluie tombe comme les arbres et un premier cadavre est découvert. Il n'en faut pas plus pour que les solidarités se délardent. Personne, finalement ne connaît sont voisin... Personne ne sait s'il pourra s'en sortir ni qui sera la prochane victime.

Editions : folio policier - ISBN: 978 2 07 035754 3 - Poche : 249 pages - Prix : 7,10 €

Mon avis : Volodia

Un complexe hôtelier destiné à des homosexuels fortunés, perdu au fin fond de nulle part, à la pointe de l'Australie ceinturé d'un côté par une forêt dense peuplée de serpents et de crocodiles, de l'autre, la mer remplie de méduses vénimeuses et mortelles avec au large la barrière de corail.

Les protagonistes sont le patron de l'hôtel, son associé, un gérant, un barman-employés à tout faire, et des clients : couples gays dont un lesbien. Suite à la disparition de son associé, Sean, Gordon le patron du complexe en vient aux mains avec Ken son gérant, pendant d'une tempête se prépare. C'est le point de départ de divers incidents mortels pendant ce huit clos - qui a des réminiscences du livre d'Agatha Christie "10 petits nègres" - dû au passage d'un ouragan. Les cadavres se succèdent à rythme régulier sans que l'on puisse savoir s'il s'agit d'accidents tragiques ou provoqués.

Au fur et à mesure du récit, raconté à la première personne du singulier" en premier lieu par Ashe pseudo écrivain - qui se place au niveau d'un détective - puis par chacun des protagonistes, il s'avère que tous ressentent un malaise indéfinissable annonçant l'éminence et leur angoisse des drames à venir. Se dévoilent peu à peu les caractères, les frustrations. L'occasion de faire un point sur leur couple, de s'interroger sur ce qui leur arrive et surtout pourquoi ? Car bien évidemment, aucun n'est réellement ce qu'il prétend et ne vient uniquement pour la détente et les loisirs...

L'histoire traîne un peu en longueur et l'intrigue n'est pas vraiment passionnante, même si la découverte des corps passés outre laisse planer le suspens sur l'intentionnalité ou non de ces morts. Quelques mots et situations un peu crus n'apportent rien au récit hormis le fait de nous conforter, s'il nous restait des doutes, sur les clichés homos.

Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais interrogé sur l'argent que draine le mode de vie gay, sa culture et en particulier la Gay Pride : Tourisme, drogues, alcool, costumes et paillettes, music-hall, cabarets, back room, prostitution, etc... Ce roman a au moins eu le mérite de m'y faire réfléchir...! Sans être déplaisant à lire, ce roman ne ne me laissera pas grand souvenir....!

31 janvier 2016

Innocent Le Bastar - François-Xavier David

1048443609

Quatrième de couverture : 

« Le premier crime, celui de Marseille, était malheureusement passé comme presque tous les crimes. Un fait divers comme un autre. On ne parlait pas de crime homophobe. Pas encore, en tous les cas. Moi-même je ne l’avais pas trop remarqué, si ce n’était cette étrange réaction qui m’avait conduit à l’hôpital. 

La seconde fois, c’était l’étonnement d’un second crime commis dans les mêmes conditions, mais il passait également comme un crime odieux, ou plutôt comme un réplique faite par une personne qui avait certainement lu le premier petit article dans une colonne de la presse locale lyonnaise. Un abominable recommencement.

 Ce n’était qu’au moment du crime de Sochaux que les choses changeaient, non seulement pour nous, mais je pense aussi pour tout le monde. Il y avait beaucoup trop de similitudes. Ce qui mettait un point en évidence, c’était ces kilomètres entre les villes touchées, toujours dans les trois cents kilomètres ».

L'histoire :

Après un attentat en zone de guerre, un militaire français gay s’installe à Dontreix dans la Creuse. Un meurtre sordide survenu à Marseille le fait réagit, une indéfinissable intuition le persuade que le tueur figure sur la photo d’un journal.

Alors qu’il essayait de reconstruire sa vie, le voilà bientôt lancé aux trousses d’un insatiable tueur en série…Une enquête originale qui vient combattre l’homophobie, des préjugés quotidiens à la haine la plus féroce. Un mélange des genres surprenant et efficace.

Editions : Société des Ecrivains  - ISBN : 9 782342 042962 – Broché 299 pages  - Prix : 20,95 €

Mon ressenti : Indiangay

A la lecture d’un livre on sent tout de suite s’il va nous plaire ou pas.  Celui-ci m’a été fort agréable à lire. Fort bien écrit. L’auteur y a mis beaucoup de sa personne, et a également pensé au confort du lecteur en faisant figurer en bas de page des explications sur les termes employés, sur les régions évoquées, et en mentionnant en fin de livre, un récapitulatif des personnages avec leur qualité. 

Tous les personnages du livre sont fort attachants et mènent la vie du commun des mortels. Aucune exubérance  et l’auteur bien qu’évoquant des crimes ayant tous pour victimes des homosexuels, nous épargne les clichés et les turpitudes liés à cette sensibilité, idem les répétitions des supplices infligés aux malheureux. 

François-Xavier David se livre peut être plus qu’il n’aurait voulu, on y retrouve sa passion pour la généalogie familiale, le  rejet de la société  pour tout ce qui est différent avec un plaidoyer  du vivre et laisser vivre, le harcèlement dans le travail avec son rejet de l’injustice, et bien évidemment l’amour, mais pas l’amour que l’on qualifie de guimauve, non, l’amour sincère, honnête et droit, qui donne envie de faire des projets d’avenir. 

Petit bémol, au début du livre je n’ai pas réellement compris en quoi tous ces crimes, même atroces, pouvaient si sérieusement inquiéter nos deux amis, Innocent et Pier. Mais cette interrogation trouve son aboutissement au dénouement de l’intrigue, fort bien menée et qui nous tient en haleine du début à la fin. Tous les acteurs et les éléments de ce roman s’imbriquent sans fausse note dans le récit. 

De même, j’ai trouvé un peu « bisounours »  l’acceptation directe par les proches de l’homosexualité de nos deux héros, car dans la vie réelle, l’acceptation sinon la compréhension reste  assez aléatoire….mais bon, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre ! Il peut être mis dans toutes les mains. Pas de vulgarité, de pornographie, de propos scabreux, ni de violences gratuites. 

Du même auteur : « Nous irons ensemble » lien :

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2013/12/20/28706369.html

Il est regrettable que les œuvres de  François-Xavier DAVID ne soient pas mieux diffusées et/ou mises en valeur par les maisons d’éditions et les librairies lgbt….

15 juillet 2023

Ces Messieurs du Sens Interdit suivi de L'amour défendu - Marilli de Saint Yves

41aQqRmh-AL

Présentation et dossier par Jean-Marc Barféty Editeur (scientifique (ou intellectuel).

 

Quatrième de couverture :

 

1925-1930. Le Select vient d'ouvrir à Montparnasse. Il est rapidement "fréquenté par des androgynes se donnant une allure d'artistes". Jean Cocteau s'est converti et Maurice Sachs porte la soutane. Maryse Choisy a passé un mois "chez les fille". Le mondain Sacha Bernard, ami de Proust et de Montesquiou, a créé le cercle : Les Heures Littérires où se croisent quelques écrivains et homosexuels aujourd'hui oubliés. Dans ce Paris élégant et mondain, parfois littéraires, quelques "éphèbes" se cherchent, s'aiment, se détestent, se trouvent. Ils vont s'encanailler dans un bal de la rue de Lappe. Ils croisent des personnages d'Alec Scouffi au Clair de Lune à Pigalle. Ils fréquentent des bars ou des salons de thé à "la clientèle spéciale".

 

Marilly de Saint Yves, observatrice à l'oeil aiguisé, regarde mais surtout caricature cet univers dans ce roman à clés publié en 1933, bien informé, qui est aussi un plaidoyer chaleureux et attachant pour l'amour "au-dessus des préjugés et des chaînes".

 

Dans un dossier nourri et dense, cette édition s'est attachée à déchiffrer les nombreux pseudonymes et à faire revivre les personnes et les lieux qui se cachaient derrière. C'est une contribution à la connaissance de cette subculture homosexuelle parisienne des années 1925-1930 qui se trouve ainsi enrichie par l'écocation de nouveaux acteurs et de nouveaux lieux.

 

Editions : GKC (Gay Kitsch Camp) - ISBN : 978 2 490454 04 4 - Parution : 28/08/2021 - Broché : 366 pages - Prix : 25 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Ce livre est intéressant à plus d’un titre dans la mesure où il nous donne une vision de l’homosexualité qui, si à cette époque faisait encore scandale, n’empêchait nullement la création de lieux de socialisation visibles. Tels les cafés, brasseries, salons littéraires, bals. Les homosexuels n’étaient plus dans l’obligation de se rencontrer dans des lieux glauques, même s’il existait toujours des irréductibles des tasses, des bosquets des jardins publics ou des maisons closes pour hommes.

 

La première partie du livre nous conte le rencontre de Jean de Larbeau et l’énigmatique Lucien, très beau jeune homme,  que l‘on voit partout  dans les réunions mondaines  mais que personne ne connaît.  C’est l’occasion pour l’auteure de nous présenter différentes catégories d’homosexuels, évoluant dans des milieux sociaux divers et variés. Toutefois, tous ou presque ont des caractéristiques féminines que ce soit dans la gestuelle, dans le maquillage (oui certains de ces personnages m’ont fait penser au roman de Francis Carco : Jésus la Caille)

 

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2009/10/05/15314251.html

 

malgré un vestiaire masculin. Très peu sont réellement masculin ou viril, se contentant  d’être « neutre ». Je comprends que l’homosexualité masculine soit un mélange des deux sexes, mais il existe des hommes aimant leurs semblables, les plus semblables possible sans pour  autant avoir une allure féminine ou être efféminés - à moins qu’ils ne soient passés inaperçus, se fondant dans le commun des mortels ce qui expliquerait pourquoi on n’en parle pas ???

 

L’autre histoire, concerne l’amour défendu : historiette un peu mièvre, dont certains passages reprennent des phrases, des paragraphes et des acteurs (sous pseudonymes) de la première partie du livre (Ces Messieurs du Sens Interdit). Mais dans les deux parties, les femmes sont particulièrement choquées, agressives, envers ces hommes aux mœurs spéciales. Cela peut se comprendre dans la mesure où elles n’ont aucun point de rivalité possible et de fait, le dépit et la frustration prennent le pas sur toute autre considération.

 

Toutefois, ce qui à mon sens fait tout l’intérêt de ce livre c’est l’étude de mœurs, des milieux interlopes dans lesquels évoluent ces hommes qui se croisent – allant du milieu mondain, aux plus sordides  maisons de prostitution masculine, en passant par les milieux artistique et littéraire - ainsi que les personnes qui se cachent sous les pseudonymes cités (pour éviter toute poursuite judiciaire au cas où l’un deux se reconnaîtrait). Les recherches sont extrêmement poussées, précises, et ont dues être particulièrement difficiles pour retrouver les protagonistes de l’époque (puisque certains sont tombés dans l’oubli)  invisibilisés  souvent par des figures imposantes, comme Oscar Wilde, André Gide, Marcel Proust,  Jean Cocteau. De plus certains lieux notamment les bars, cafés, maisons de rendez-vous ont disparus.

 

Le vocabulaire utilisé à l’époque a également son importance puis les termes homosexualité, homosexuels sont bannis du langage au profit,  d’androgynes, d’éphèbes, pour les forces de l’ordre : pédérastes, invertis et que les relations intimes sont  évoquées de manière très discrète, voire par métaphores.

 

La description des personnages, des lieux qu’ils fréquentent et leurs spécificités ou chacun peut trouver ce qu’il est venu chercher prouvent qu’il existait déjà une société parallèle ou les homosexuels pouvaient « exister » affichant une certaine liberté en se moquant du quand dira-t-on

 

Pour les personnes intéressées je mets ci-dessous des liens en rapport avec ce livre :

. Homosexualité et prostitution masculine à Paris : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2011/06/04/21312348.html

. Anomalies et perversions sexuelles : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2012/02/20/20176377.html

 

. Dédé : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2011/07/08/21570290.html

 

. Wilhem Von Gloaten : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2011/07/08/21569923.htm

 

. Hôtels Garnis : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2013/01/06/26083828.html

 

. Jacques d'Addelsward Fersen : http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2018/04/22/36342655.html

 

  Il existait également des revues destinées à cette population particulière, telles :

 

 .  Der Eigene en Allemagne publiée depuis 1896 par Adolf Brand jusque 1932

 

.  Akademos créée par Fersen en Janvier 1909 et qui pris fin, sauf erreur en 1910. Mais a été rééditée par les éditions Gay       Kitch Camp

 

.  Uranus - Fondée en 1870 en Allemagne dont la publication pris fin en 1933 à l'avènement d'Hitler

 

.  Inversion pubiée en 1924-1925 

 

Digressions : 

 

Je suis tout de même étonné qu'il ne soit pas fait mention de l'homosexualité féminine. D'accord, le titre du livre est Ces messieurs du Sens Interdit, mais il englobe toute une époque ou le lesbianisme - on ne peut parler homosexualité sans évoquer le lesbianisme l'un n'allant pas sans l'autre - comptaient de grandes figures intellectuelles, telles :  Nathalie Clifford Barney, Romaine Brooks, Colette, Djuna Barnes, Gertrude Stein, Radclyffe Hall. Femmes libres, affranchies des contraintes sociales, artistes fortunées au un talent reconnu, évoluant dans un milieu mondain, vivant en couple ou non et  ne prêtant guère attention à l'opinion qu'on avait d'elles.

2 mars 2017

Celui qui est digne d'être aimé - Abdellah Taïa

celui-qui-est-digne-d-etre-aime-861426-264-432

Quatrième de couverture :

Ahmed, 40ans est marocain. Il vit à Paris.

Il écrit à sa mère, morte cinq ans auparavant, pour régler ses comptes avec elle et lui raconter enfin sa vie d'homosexuel.

- Il envoie une lettre de rupture à Emmanuel, l'homme qu'il a aimé passionnément et qui a changé son existence, pour le meilleur et pour le pire, en le ramenant en France.

Par ailleurs, Ahmed reçoit des lettres de Vincent et de Lahbib.

Un roman épistolaire pour remonter le temps jusqu'aux origines du mal. Un livre sur le colonialisme français qui perdure dans la vie amoureuse d'un jeune marocain homosexuel.

Editions : Seuil - ISBN : 978 2 02 134307 6 - broché : 136 pages - Prix : 15 €

 

Mon ressenti : Indiangay 

Abdellah Taïa n’en finit pas de ressasser son passé d’enfant pauvre dans un quartier populaire de Salé. De son homosexualité en marge dans un pays ou la religion est au cœur de la Société et la dirige, ou le seul espoir de d’améliorer sa vie est de s’exiler, en Europe !  

Dans ce livre nous découvrons la vie d’Ahmed au travers de quatre lettres s’échelonnant dans le temps : 

Une lettre écrite à sa mère avec qui il règle les comptes douloureux du passé, Une seconde de Vincent, un homme qu’il a dragué au point de le rendre fou amoureux de lui et, qui l’a attendu en vain durant toute une journée dans un café de Belleville, une troisième, mais celle-ci  de rupture,  à Emmanuel l’homme qu’il a aimé ? et qui a changé son existence en le ramenant en France, une dernière que lui adresse son ami d’enfance, son presque frère Lahib, juste avant de se suicider.  

J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je n’y ai pas forcément vu les mêmes choses que l’auteur quand il reproche à sa mère, sa dureté, sa mise à l’écart du père et sa prise de pouvoir à sa mort.  

Mais, n’est-ce pas une revanche sur une vie imposée par la société ou la religion est très présente, ou les lois sont faites par les hommes, pour les hommes ? Son seul pouvoir pour exister se situait dans la chambre à coucher conjugale, elle l’a utilisé dès que cela lui a été possible ! Quant à sa dureté, sans doute provenait-elle d’une vie qu’elle n’avait pas choisie : Un époux porté sur le sexe (c’est Ahmed qui le dit) qui lui fait neuf enfants, l’a fait vivre dans la pauvreté, dans un minuscule appartement d’un quartier populaire de Salé quel espoir avait-elle ? Comment ne pas être aigrie de tant d’injustices ? 

Quant à lui, Ahmed, avant dernier fils non désiré d’une fratrie dont seul l’ainé est choyé, homosexuel de surcroit, conscient avec toute sa sensibilité propre qu’il lui faut s’en sortir pour ne pas « mourir » et qui pour cela, est prêt à tout ! Son innocence il y a longtemps qu’il l’a perdu et lorsqu’un qu’un européen lui demande son chemin sous un prétexte fallacieux, il comprend. Il comprend et saisi sa chance pour sortir de cette pauvreté tant matérielle qu'intellectuelle. Nulle tromperie d’un côté ou de l’autre. L’Européen voulait un jeune homme pour satisfaire ses appétits, le jeune homme voulait l’Européen pour exister, fuir cette misère sociale. Chacun, un temps, y a trouvé son compte.  

Ahmed plus jeune a suivi les conseils d’un homme, plus mûr, pour évoluer dans la Société. Il s’est construit à son contact au point d’avoir à se renier. L’homme a fait ce qui fallait pour lui tant que leur histoire a durée, tant qu’Ahmed avait la jeunesse puis, l’un et l’autre se sont éloignés. Ahmed parce qu’il avait perdu son identité, l’homme parce qu’il avait déjà remplacé Ahmed en pensée par un autre marocain plus jeune.  

Quant à la rencontre de Ahmed avec Vincent, et ce qui en a suivi, je l’ai pris pour une revanche, la vengeance d’un humilié, envers un innocent qui avait pour seul tort d’être européen.  Symbole d’un pays colonisateur avec sa force économique et intellectuelle envers un pays qui a été colonisé et qui peine à panser ses plaies, et revanche de celui-ci qui a la jeunesse et la sensualité qui manque à l’autre. 

La relation d’Ahmed avec Lahib et sans doute la plus sincère, il est son ami, son frère, à qui il dit tout, avec qui il peut tout partager sans honte, celui qui lui raconte sa vie avec Gérard. Le pourquoi il ne pouvait revenir en arrière, le poids trop fort des traditions, cette pauvreté (et non misère) qui colle à la peau et le fait surtout d’avoir été pris et jeté comme on le ferait d’un objet trop usé et abusé. 

En substance comment se construire sans se déconstruire question ouverte ! L’homosexualité ne suffit pas pour faire de nous des égaux et ce quel que soit le pays d’où nous venons… 

 

7 août 2023

Bacchus à Sodome - Abû Nuwâs

BACCHUS A SODOME

Quatrième de couverture :

 

Abû Nuwâs, né vers 757, mort à Bagdad en 815 est l'un des plus grands poètes arabes. Courtisan, passé maître dans l'art de la satire, il doit sa renommée éternelle à ses poèmes érotiques (inspirés par l'amour des garçons) et bachiques. 

 

C'est un panel de ceux-ci, inédits en français, que ce recueils propose aux lecteurs, illustré de miniatures arabes, persanes, et turques et de calligraphies originales de Lassaâd Métoui. Traduction de l'arabe : Omar Merzoug - Docteur en philosophie et critique littéraire à L'express (1989-1995)

 

 

Editions : Paris-Méditerranée - ISBN : 789981 091092 - Relié : 153 pages - Parution : Octobre 2004 - Prix : 40,56 euros

 

 

Mon avis : Indiangay

 

C'est en écoutant une fort jolie chanson de Juliette Noureddine, qui a adapté les vers et la musique de ce poême tiré des Mille et Une Nuit que j'ai eu envie d'en savoir plus sur ce poète qui m'était totalement inconnu et qui pourtant est le précuseur d'Omar Khayyam, Hafez et Saadi.  Chanter l'amour du vin et des échansons n'étaient pas incompatibles avec l'Islam de cette époque.

 

Abû Nuwâs de son vrai nom Al-Hasan Ibn Hâni Al -Hakami poète de langue arabe du Califat Abasside est le plus brillant représentant de ce courant poétique des VIII et IXème siècles qui a cherché à s'écarter des codes et des thèmes de la poésie ancienne d'inspiration bédouine en mettant en avant une poésie d'amour, bachique et érotique inspirée de la vie citadine.

 

Il devint rapidement célèbre en raison de sa poésie pleine d'humour et d'esprit qui chante les joies du vin et l'amour des jeunes garçons avec un humour grivois.

 

Ce livre nous donne des informations sur sa biographie en plus des citations de divers poèmes. Pour les personnes intéressées - Je mets quelques photos dudit livre dans la rubrique beaux livres, ce qui permettra aux personnes intéressées d'en voir quelques photos -  Celui-ci est de fort bonne facture : grand format, papier glacé, bilingue arabe français, émaillé de miniatures et de calligraphies en rapport avec le poème présenté. 

 

Je remercie cette talentueuse chanteuse de m'avoir fait découvrir ce poète qui non seulement m'a ravi par ces vers, mais a enrichi ma culture. Je mets ci-dessous la vidéo relative à l'ivresse  d'Abû Nuwas.

 

16 juillet 2018

Play boy - Constance Debré

 

41TipQfoMaL

Quatrième de couverture :

 

"J'ai même pas osé mettre la langue la première fois que j'ai embrassé une fille. C'était après Laurent. Avant je savais mais c'était théorique. J'ai fait un effort pour la deuxième. Je lui ai roulé une vraie pelle. Ca m'avait flattée comme un mec qu'elle soit mannequin. On progressait. J'avais toujours peur, mais moins. Sauf qu'à chaque fois on en était restées là.  Ou plutôt elles en étaient restées là avec moi. Des hétéros qui se posaient vaguement la question et qui avaient calés. Des filles plus jeunes que moi, mais des filles comme moi".

 

Editions : Stock - ISBN : 978 2 234 98429 2 - Broché : 188 pages - Prix : 18 €

 

Mon avis : Volodia

Ce qui m'a attiré en premier lieu, c'est la photo : une femme garçonne puis, le nom de l'auteur. Malgré la quatrième de couverture qui se veut acrocheuse et provocatrice à l‘envi, j‘ai décidé de passer outre et d’assumer mon côté voyeur histoire de pouvoir me faire mon propre jugement. C’est donc l’esprit libre et ouvert à toutes émotions que je l’ai lu.

Ma curiosité a été quelque peu déçue par le style. Phrases courtes, volontairement crues,  le ton est donné. Ce livre n’a pas d’histoire ou plutôt si, celle d’un changement de vie, celui de l’auteure, avocate, descendante d’une  famille de grands bourgeois, comptant dans ses rangs d’anciens membres de la 5ème République et avec qui elle semble vouloir régler ses comptes. 

Constance Debré, se livre avec un détachement peu commun, sur sa vie de femme, et surtout sur sa décision d’assumer ce qu’elle a toujours su : être une lesbienne, qui par convention s’est mariée, a fait carrière, a eu un enfant, et qui fait tout voler en éclats par ennui ? Ras-le-bol ?  

Consciente d’être née dans une famille riche, elle reste lucide sur les failles de celle-ci : père drogué, mère évanescente, mais également sur les privilèges et l'arrogance que procurent l’argent. 

Mais abordons l’autre sujet du livre : les conquêtes féminines de l’auteur, qu‘elle nous relate froidement, sans réelle émotion, pour ces femmes qui attendent qu’elle se conduise en don juan, et qu’elle m'éprise, ne voyant que leurs défauts qu’ils soient morales ou physiques.  Constance Debré se conduit en « goujat », et non en play boy, et adopte tous les codes du « faux mec » en cumulant vulgarité, langage obscène, tatouages à profusion, attitudes et vestiaire masculin.  

Je n’ai pas apprécié ce livre. En fait, je n’aime pas les femmes qui se croient obligées d'avoir des comportements masculins, surtout les mauvais, pour exister...!

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
  • Vous trouverez dans cette partie du blog les livres Gays, Lesbiens, et Trans qui ont été lus et vus par mon compagnon et moi-même, ainsi que nos impressions qui valent ce qu'elles valent étant amateurs de bouquins et non critiques littéraires
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
TRADUCTEUR
Newsletter
18 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 34 426
Publicité