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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT
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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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25 mai 2015

La piscine-bibliothèque - Alan Hollinghurst

 

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Quatrième de couverture :

Véritable bombe littéraire qui suscita les passions lors de sa parution en Angleterre. La piscine-bibliothèque est le premier roman d'Alan Hollinghurst. Lauréat  du Man Boocker Prize pour La ligne de beauté et prix du Meilleur Livre Etranger pour L'enfant de l'étranger, il est depuis considéré comme l'un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Introuvable en France depuis plus de dix ans, cette oeuvre majeure reparaît dans une nouvelle et magistrale traduction établie en collaboration avec l'auteur.  Elle nous plonge dans l'atmosphère  débridée du Londres des années 1980, avant que le sida ne décime la communauté homosexuelle.

Au bord de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, un jeune dandy extraverti rencontre un homme plus âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d'écrire sa biographie.

Editions : Albin Michel - ISBN : 9 782226 314581 - Broché 534 pages - Prix : 26 €.

 

Divers avis :

"Certainement le meilleur roman jamais écrit par un auteur anglais sur l'homosexualité"

Edmund White, Sunday Time

"Le premier roman en Angleterre à avoir abordé l'homosexualité dans un contexte moderne... Un roman historique et précurseur"

The Guardian

 

 Mon avis : Volodia

Ce roman est un récit exubérant de l'homosexualité telle qu'elle était vécue en 1983 et réflète l'hédonisme du dernier été du genre avant que la crise du sida ne se déclenche réellement. Ce roman, assez trash, se complait dans la compagnie d'hommes et dans le sexe homosexuel.

Deux vies sont opposées, celle de Lord Nantwich, ancien administrateur colonial en Afrique et celle de William Beckwith, jeune homosexuel indépendant.

Après avoir sauvé la vie de son ainé, William accepte d'écrire sa biographie et prend possession de ses journaux. Ceux-ci offrent un récit parallèle et les ressemblances dérangeantes qui unissent la vie des deux hommes, malgré la différence de génération, deviennent de plus en plus évidentes. Le racisme et les insultes persistent. Quinze ans après la légalisation de l'homosexualité, les homosexuels sont toujours persécutés et l'arrestation d'un ami de William par un policier en mission clandestine, lui-même gay, fait écho aux circonstances qui ont valu à Nantwich un séjour en prison en 1950.

Malgré une liberté licencieuse, l'oppression n'est jamais très loin dans ce roman, et le soupçon de nostalgie vis-à-vis de cette dimension érotique qu'offre l'illégalité met en évidence la complexité du désir. Le bémol mis à la libération homosexuelle contemporaine par les dangers de pratiques homosexuelles illicites nous rappelle que loin de sombrer dans l'autosatisfaction, nous devons tant aux défaites passées qu'aux victoires présentes.

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6 août 2017

Pride Chroniques de la révolution gay - Erik Rémès

 

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Quatrième de couverture :

Il restait à écrire une histoire ordinaire de l'homosexualité, qui rend compte des réalités que taisent les livres d'histoire et les films documentaires. Erik Rémès le fait brillamment en livrant un témoignage exceptionnel sur la vie des homosexuels français dans les dernières années du XXème siècle. Après la dépénalisation en 1982, il décrit entre humour et gravité des années pleine de contrastes : années de la fête malgré la stigmatisation, affirmation de la fierté dans les affres du sida, progression des droits sur fond d'homophobie.

Pride, chroniques de la révolution gay est un recueil d'articles, éditoriaux, billets d'humeurs, coups de gueule, et témoignages, dans leurs versions intégrales non censurées, parus entre 1992 et 2005 dans la presse gay et généraliste : Libération,Nova magazine, Gai Pied Hebdo, Illico, etc... En douze chapitres : Visibilité, Mariae, Homoparentalité, Homophobie, Hétérophobie, Politique, Homonormativité, Subversion, Voyage, Drogues, Sexualité, Prévention, Années sida. 

Editions : La Musardine - ISBN : 9 78242717766 - Broché : 368 pages - Prix 18 euros 

Mon avis : Volodia

Comme certainement beaucoup, à l'annonce d'un nouvel écrit d'Erik Rémès, je trépigne d'impatience jusqu'à sa parution et, dès l'ouvrage entre mes mains, je le compulse de manière fébrile et frénétique, ne doutant pas que celui-ci va provoquer en moi nombre de réactions, bonnes et/ou mauvaises. Et là, je ne suis pas déçu par ce livre qui regroupe diverses chroniques relatives aux débats et avancées de la cause homosexuelle dans la Société. Celles-ci ne sont pas classées par date mais par thème et ont été publiées dans la presse généraliste et LGBT.

Je tiens dans un premier temps à remercier l'auteur d'avoir récapitulé pour nous, nés en 1980 et après, l'histoire et les évènements qui ont marqué l'avancée de nos droits en France et ce, avec une précision toute journalistique. Ce livre est une mine d'informations que nous n'arrivions pas à obtenir en totalité, la plupart nous arrivant tronquées et/ou déformées pour diverses raisons, voulues ou pas ? la question reste ouverte.

Il fallait s'y attendre, Erik Rémès en bon provocateur aborde des sujets qui fâchent, voire trash. Mais on ne peut lui en vouloir, car c'est sa marque de fabrique, le grain de sable dans la mécanique bien huilée et lisse voulue par la communauté homosexuelle. Peu lui chaut de donner une mauvaise image de la communauté gay, qu'il connaît mieux que tout autre - traînant ses guêtres là ou le commun des mortels n'a pas forcément ses entrées, ni l'envie de s'y rendre lorsque par hasard il en a entendu parler, à moins de faire preuve d'une curiosité à toute épreuve - Erik Rémès est un révèlateur de conscience et peu importe si ladite communauté est égratignée; Il nous rapporte des comportements, des situations complexes, voire choquantes, mais sans jamais s'ériger en juge sur ce qu'il voit et/ou sur ces auteurs. Il nous explique les différents moyens, de s'exprimer, d'aimer, de sociabilité, d'exister enfin des divers groupes gays auxquels il s'est "frotté".

Il ose tout et peut se le permettre, rien ne le retient. Lorsqu'il ouvre la bouche ou laisse courir sa plume ce n'est pas pour débiter des fadaises en voulant nous faire croire qu'elles sont d'importances comme certains le baille. Il a des choses à dire et fait mouche à tous les coups, c'est ce qui fait l'intérêt de ses livres. Il écrit bien, même si ce n'est pas de la littérature à proprement parler ! 

Il existe aussi, des pages ou le masque du provocateur tombe pour laisser place à un homme extrémement humain dans ses réactions, ses coups de gueule, mais également dans sa sensibilité et qui, quoi que l'on puisse en penser, laisse paraître son respect de l'autre, de l'amant du moment.

Les dernières pages de Pride qui regroupent les pensées, les réflexions de l'auteur, ses questionnements, sont particulièrement belles et bouleversantes de sincérité et de profondeur. Elles nous sont balancées avec humour et citronnées en diable, mais au travers de celles-ci on sent  que l'intéressé a pour objectif de vivre avec intensité et s'est fait un compagnon de son virus. Ce virus qui a détruit une partie de sa vie, mais qui lui a permis de vivre l'autre en transformant sa personnalité, de devenir "quelqu'un", un écrivain du sida ! Virus mortel à l'origine et qui s'est transformé en maladie chronique. Le sida générateur de célébrité et source de revenus, qui l'aurait cru, il y a quelques années !

Reste que si j'ai aimé ce livre, cela ne m'empêchera pas de publier un droit de réponse sur certains points évoqués par Erik Rémès qui ont provoqué mon ire et ne l'ont pas fait retomber.......

27 novembre 2018

Une folle à sa fenêtre - Michel Cressole

Une folle à sa fenetre

Quatrième de couverture : 

Pour sa nouvelle formule de l’Autre Journal, Michel Butel invitait Michel Cressole, journaliste à Libération et militant homosexuel, à alimenter librement une chronique. 

Ce sera la naissance d’ « Une Folle à sa fenêtre ». Elle « apparaîtra » régulièrement du premier numéro de mai 1990 à celui de Janvier 1992, pour apporter, à un moment  où le mot gay commençait à devenir prononçable, un regard « folle » (ou camp) sur les actualités. 

Depuis la parution de ces chroniques, bien des choses ont changé : Michel aurait pu être sauvé par les nouveaux antirétroviraux ; il aurait pu se marier avec des étrangers. Mais faudrait-il reconstituer le monde autour de son Hibernatus qu’on retrouverait les mêmes assassinats politiques, les mêmes homophobes impudiques, la même méfiance envers les minorisés, les mêmes violences policières, les mêmes violations de sépultures. 

Cette nouvelle édition des chroniques de Michel Cressole devenait donc une évidence. Elle a été enrichie des contributions d’Hélène Hazera, sa collègue et amie ainsi que de Tom de Pékin (couverture) 

Comme l’écrivait Butel, fin 2012, pour le premier numéro de L’impossible, forcément sous-titré L’Autre Journal : « Nous avons inventé ce petit objet pour les nuits blanches et pour les jours sans fête… Lisez-le, donnez-le, dispersez-le, faites de la politique ! » 

Editions : Bibliothèque GayKitchCamp – ISBN : 978 2 908050 00 6 – Broché : 76 pages – Prix : 12 € 

Mon avis : ChezVolodia 

Il est toujours intéressant tout autant qu’agréable de lire les écrits d’un des moteurs de la libération homosexuelle. 

Je ne connaissais l’auteur que de nom et de réputation et je dois avouer que ses chroniques sont savoureuses, et citronnées à souhaits. Michel Cressole tape ou ça fait mal. Lucide, provocateur et irrévérencieux pour l’ordre établi, il défend les folles, flamboyantes, incontrôlables qui se moquent éperdument d’une quelconque reconnaissance sociale et qui renvoie l’homosexuel basique à une forme de subversivité abandonnée pour rentrer dans le « moule » d’une gaypédétude acceptable par le commun des mortels, à savoir sans vague, plate et fade. Vives les Folles crient de concert Michel Cressole et Patrick Cardon ! 

Si ces deux personnes parlent des folles avec nostalgie et vouent aux gémonies les homosexuels ou gais actuels, il faut reconnaître que tous ne peuvent se permettre le luxe de la transgression. De plus, l’avancé des droits des LGBT (grâce aux leaders de la première heure, je le reconnais bien volontiers) ont progressé et de fait, certains gays souhaitent vivre tranquillement, leur homosexualité. 

Où est-il écrit qu’être homosexuel devait se vivre comme le parcours du combattant, entre rébellion, provocation, militantisme à tous crins ? Comme dans le monde hétérosexuel, il existe plusieurs représentations de la communauté homosexuelle. On ne peut revendiquer et se battre pour l’égalité des droits, ne plus accepter d’être assimilés à des malades mentaux, être intégrés dans la société, tout en voulant par ailleurs s’en différencier par des outrances ! A un moment donné, il faut faire des choix ! Rentrer dans le système ou rester en dehors avec tout ce que cela implique. 

Au risque d’être vilipendé, je fais partie de ces gays intégrationnistes (et non ce n’est pas une grossièreté). Ce qui ne m’empêche pas lorsqu’il le faut, de manifester pour soutenir une cause ou revendiquer l’obtention de nouveaux droits permettant une égalité citoyenne avec nos chers hétéros. Mais, parallèlement à cela,  je souhaite vivre paisiblement ma différence, avec mon compagnon. Exercer ma profession n’ayant pas la possibilité sinon le luxe de l’abandonner. Et si je ne suis pas « dans le placard », je ne vois pas l’utilité d’asséner à qui veut l’entendre ce que je suis et avec qui je m’envoie en l’air ! Contrairement à certains homosexuels/gays, surtout pour les plus âgés, je n’ai pas construit ma vie sur ou autour de mon orientation sexuelle, qui elle est accessoire et relève, de l'intime. De même, à contrario des années 80/90, il ne me viendrait pas à l'idée d'employer le féminin pour parler à des ou/d'hommes gays, amis ou non !

Dans ce livre, nous avons également quelques belles pages de souvenirs égrenés par Hélène Hazera, grande amie de l’auteur et militante de la première heure. Ce livre fort plaisant recense, bien qu’avec peu de pages, les principaux évènements d’une époque.

 

20 juillet 2012

The End - Didier Lestrade

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Quatrième de couverture :

Le sida ne fait plus peur.

Ce constat peut sembler incroyable pourtant, depuis l'arrivée des multithérapies en 1996, la prise de risque dans les relations sexuelles s'est imposée jusqu'à devenir un style de vie : le bareback. Une sexualité libérée passe désormais par le sida. le préservatif est devenu un repoussoir. Résultat : une nouvelle vague de l'épidémie touche les pays riches. La présentation en direction des homosexuels est en train d'échouer, à la faveur notamment du développement du business du sexe et de la multiplication des rencontres sur le web.

Cet abandon de l'orthodoxie d'une sexualité protégée est l'un des symptômes les plus significatifs de la perte de repère qui affecte les gays. Consumérisme forcené, individualisme aliénant, futilité permanente ne sont que des échappatoires au désespoir et au repli où les homosexuels sont acculés. Au-delà des atteintes du sida, ce dépérissement touche également à l'essence de l'homosexualité. La pornographie, la house-music, l'esprit communautaire, la draque, les sentiments amoureux sont pollués par un état d'esprit délétère qui valorise la dépression.

Les associations de lutte contre le sida semblent désarmées face à l'apologie de la contamination. Bien qu'elles aient pris conscience avec retard des problèmes posés par le bareback, elles seules sont susceptibles de pallier la démission des pouvoirs publics sur le sujet. L'espoir est mince. La place des gays au sein de la société est donc menacée. Une fin éventuelle qui aurait des conséquences désastreuses pour une communauté déjà fragilisée par l'épidémie depuis plus de vingt ans.

Jusqu'à présent, pratiquement personne n'a osé s'élever contre les dérives mortifères à l'oeuvre dans l'homosexualité au nom d'une prétendie liberté d'écrire et d'agir. Ce livre est une défense des valeurs qui devraient fonder les relations entre les gays. Alors que les contaminations reprennent, un débat doit s'ouvrir au plus vite. Il en va du futur des homosexuels. Avec le bareback, l'amour, le sexe et l'épidémiologie sont à nouveaux liés. 

Editions : Denoël - ISBN : 9 782207 25424 0 - Broché 384 pages - Prix 23 euros.

 

Mon avis : Volodia

Il le dit lui-même : «…Ce livre est autant un témoignage de colère sur les homosexuels qui se ne protègent plus, qu’il est une réflexion sur les difficultés amoureuses des homos en général …»

Et ce coup de gueule il le pousse avec raison, à mon sens, car après toutes ces années de lutte pour la prévention en vue d’enrayer la progression du sida, il reste encore des personnes qui ne se protègent pas, par méconnaissance de leur séropositivité, mais également par relapse (abandon du préservatif) alors qu’elles multiplient les expériences et donc les partenaires.

D’autres encore, qui se disent conscients et responsables font l’apologie du barebacking, au nom d’une soi-disant liberté, prévenant ou pas de leur sérologie et n‘hésitant pas à sacrifier sur l‘hôtel de leur plaisir, leurs partenaires successifs qu’ils soient déjà séropositifs (alors que le risque de risque de surinfection existe bien) ou séronégatifs. Prétextant que la prise de risque fait partie du plaisir et de la sexualité homosexuelle.

Mais, il n’y a pas que cela d’évoqué dans ce livre, la difficulté des gays à trouver un «mari» y est aussi décryptée. Comment un homme qui fréquente régulièrement les lieux de drague (bars, boites) et plus glauque, les saunas, les back room, ou le choix d’un partenaire se fait uniquement en fonction de ses pectoraux, de son sexe «avantageux», et ou pratiquement aucune parole n’est échangée, ou la consommation se fait sur place devant un nombre x de voyeurs, comment trouver dans un tel contexte l’homme de sa vie ?

Pourquoi, le SM qui était une pratique marginale des homos-cuir, se trouve-t-il tout d’un coup au pinacle des relations gays et queer ? Le sex hard s’est banalisé, et on assiste à une recrudescence de sida, mais également de maladies vénériennes particulièrement contagieuses et dangereuses telles la syphilliis, et quand je vois de petites fiottes, qui pour faire «à la mode» en arborent, sans en connaître véritablement le sens, une partie des tenues vestimentaires, ça me met hors de moi avant de me faire rire.

Le grand fantasme des gays fréquentant se genre d’endroit, c’est la baise, violente, dans un sous-sol, un parking, un souterrain, le tout puant la pisse et la merde et si pour couronner le tout on a un beur comme partenaire et qu’on a droit à une tournante c’est le pied. Plus c’est profond, plus c’est crade, mieux c’est. Comment en sommes-nous arrivés là. La perversité est-elle notre apanage ?

Tout ses comportements à risques sont dénoncés dans ce livre. Ils sont malheureusement réels et ne sont pas prêts de s’arrêter, les trithérapies ayant fait reculer la mortalité des personnes contaminées et le cinéma pornographique ayant fait son lit dans la fange.

Et je suis d'accord avec lui. Quand à l'heure actuelle, un jeune qui attrape le sida dit : je ne savais pas...Le préservatif c'est dur à mettre... Non, je n'y crois pas avec toutes les campagnes de prévention, les préservatifs gratuits mis à disposition à l'entrée des bars, des boites, des saunas, (pas toujours des back room), etc...Et puis si tu sais pas mettre ton préservatif demande à ton copain, ça renforcera votre intimité et ça peut être synonyme d'un préliminaire procurant beaucoup de plaisirs, si si, puisque je te le dis.

Didier Lestrade, scrute au microscope toute la communauté homosexuelle. Tout y passe, le consumérisme des gays, les relations amoureuses, sexuelles, le barebacking (qui reste son cheval de bataille), les règlements de compte avec les diverses associations, et surtout avec Guillaume Dustan et Erik Rémès ferveurs défenseurs du barebacking qui lui on fait une publicité d’enfer, au point que baiser safe fait s’arrondir en point d’interrogation les yeux de beaucoup de mecs dans les bars. Didier Lestrade, appui là ou ça fait mal et on comprends mieux pourquoi il gêne, malgré tout ce qu’il a fait pour la communauté gay

9 juin 2021

Wish - Christ Verhoest

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Quatrième de couverture :

« Ce n’était qu’un souhait… Le destin qu’on se forge n’est-il pas plus réel et puissant ? »Leiland est un solitaire, fan d’urbex. Il vit à Santa Amalia, station balnéaire entre L.A et San Diego, en Californie.

Son bourreau, Jett, est populaire auprès des filles, tandis que les garçons reconnaissent son autorité. Au début de la dernière année de lycée, Leiland souhaite que le karma rattrape Jett et que les filles qu’il trompe se retrouvent au courant. Le bal de promo est une catastrophe pour Jett. Les deux garçons partagent un moment d’intimité, qui fait prendre conscience à Leiland que Jett est dans le placard. En dépit de ses airs de dur et de séducteur invétéré.

Quelques mois plus tard, Leiland a réalisé son rêve : il a intégré UCLA pour devenir photographe professionnel. Il découvre alors qu’un de ses voisins, à la résidence universitaire, n’est autre que Jett.Cependant, il a changé. Renfermé et sombre, il semble ne s’intéresser qu’à ses études de scénariste et à sa moto. De plus, il n’a aucun compagnon de chambre. Pourquoi une telle faveur ? Que s’est-il passé durant l’été ? Peu à peu, Leiland est convaincu que Jett détient un secret dévastateur…

Editions Kindle - ce livre exist en broché sur Amazon

Mon avis : Indiangay

Deux ados dont l'un est le souffre douleur de l'autre, ayant en l'occurrence comme seul point commun : des parents absents en raison de leur profession, qui les oblige à voyager aux quatre coins du pays, voire du monde : avocats pour Jett et architectes pour Leiland.

Leiland a du mal à comprendre l'attitude de Jett qui lorsqu'il est seul se montre sympathique, et déplaisant lorsqu'il est avec sa bande de copains. Ses doutes sur leur attirance se confirment lors de la soirée du bal de promotion. Toutefois, jett ayant du mal à accepter sa réelle nature s'étourdit dans la fête, les paradis artificiels et les conquêtes féminines, jusqu'au moment ou...

Ils se retrouvent à l'université dans le même département d'études. L'un souhaitant devenir un professionnel de la photo, le second scénariste voire metteur en scène. Les retrouvailles sont difficiles, Jett soufflant le chaud et le froid en même temps. Leiland est à mille lieux de soupçonner les sombres pensées et les difficultés rencontrées par son camarade. Il va tout faire pour se rapprocher de lui afin de l'aider. Lorsque Jett lui dévoile son secret et sa nouvelle situation familiale, Leiland décide de s'investir dans cette relation qu'il n'a jamais oubliée et qu'il espère retrouver.

Pour ou en raison de cela, ils affronteront ensemble avec l'aide d'une bande d'amis, et d'une association LGBTQI du département des Arts de l'université UCLA, la discrimination raciale, l'homophobie, la sérophobie, le rejet qu'il soit familial ou de la société, et enfin le procès qui lui permettra en obtenant justice de se reconstruire.

L'auteure a su mettre en exergue les atermoiements de Jett, sa dépression résultant de l'annonce de sa maladie, de son rejet de la cellulle familiale, de la société, du harcèlement et la vengeance injuste dont il fait l'objet. De ses sentiments constradictoires bien qu'amoureux envers Leiland.

Contrairement au premier livre lu de cette auteure (La recrue : Baie Sanglante), dont j'avais un avis mitigé, celui-ci m'a beaucoup plu, l'histoire, le déroulement des faits, le suspens. Bref que du bonheur d'autant que l'histoire se finit bien.

Attention ce livre s'adresse aux personnes averties : ce livre comporte des scènes explicites et torides....

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14 janvier 2021

Un dîner à Montréal - Philippe Besson

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Quatrième de couverture :

Ils se sont aimés, à l'âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication.

Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Que sont-ils devenus ? Qu'ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd'hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?

Le temps d'un dîner de retrouvailles - à quatre - chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l'espérance et les fantômes du désir.

A leurs risques et périls.

 

Editions : Julliard - ISBN : 9 782260 053170 - Broché : 191 pages - Publication : Juillet 2019 - Prix : 19 €

 

Mon avis : ChezVolodia 

Philippe Besson a élevé en art, sa faculté de décrypter les pensées, les émotions et les sentiments de ses semblables, de même qu'un autre auteur qui m'est cher : René de Ceccatty, et ces auteurs sont suffisamment rares pour que je me permette de les nommer.

Dans ce huit clos étouffant par les non-dits, les questions qui étaient restées sans réponse, les ressentiments plus ou moins exprimés et/ou actés, les interrogations voilées ou non sont d'un silence assourdissant pour finir murmurés dans d'éventuels regrets réprimés par la raison.

L'incompréhension à peine voilée pour la jeunesse du nouveau venu  - considéré par Paul un peu comme un intrus, dans l'évocation d'un passé ou il n'a pas sa place - envers un quadragénaire qui n'est plus coté sur le marché de la gaypédétude. Serait-il attiré par la réussite de l'auteur, sa renommée, son aisance matérielle ? Mais ce dernier n'est guère dupe, il connait les humiliations que peuvent engendrer sa situation et est préparé à y faire face. L'inquiétude exprimée quant à l'hécatombe due à l'épidémie de sida en 1990 et dont le visage de leur ami se juxtaposait en raison de sa sexualité.

L'humiliation de l'épouse bafouée, sa revanche et la peur d'un éventuel retour de situation envers un ancien amant qu'elle ne peut combattre à armes égales, même si son mari a fini par la choisir, elle ! Quant à cet époux, versatile dans ses choix mais ne voulant pas céder à sa véritable nature, il a choisi la raison plutôt que l'amour n'ayant pas le goût ou le courage d'assumer une vie sans une reconnaissance morale de la société et, sans descendance.

Il aura la franchise d'avouer que s'il s'agissait pour lui d'une manipulation, au début de leur relation, il a fini par succomber à l'amour vrai et rassurera son ancien amant en lui faisant comprendre qu'il n'a jamais joué le rôle de la "maitresse", mais celui d'un "ami". 

J'ai beaucoup aimé ce livre qui explore "l'âme" humaine. 

23 mars 2017

Imre - – Edward I.Prime-Stevenson

Imre

Quatrième de couverture : 

L’Anglais Oswald, âgé d’une trentaine d’années, rencontre à Budapest, au cours d’une de se pérégrinations, Imre, jeune et bel officier austro-hongrois. Tous deux portent le masque imposé aux affinités amoureuses qui n’osent se dire. Mais la confession de l’un entraîne la confession de l’autre. 

L’auteur (1858-1942) de « The Intersexes » illustre, dans son roman, l’idéal incarné d’un bonheur possible entre deux hommes. 

Roman d’un temps suspendu. Le temps qu’il faut à deux hommes, au début des années 1900, pour se dire : « … le rêve est devenu réalité. Je t’aime, comme tu m’aimes. J’ai trouvé, comme toi aussi tu m’as trouvé  l’amitié qui est amour, l’amour qui est amitié. Viens, mon ami, mon frère ! Il est temps de nous reposer, ton cœur sur le mien, ton âme avec la mienne. Pour nous deux, oui c’est enfin le repos. » 

Editions : ErosOnix – ISBN : 9 782918 444312 – Broché : 129 pages – Prix : 17 € 

Mon avis : ChezVolodia

On sent à la lecture de ce livre qu’il a été écrit au début du siècle dernier. Le langage suranné, les tergiversations des deux protagonistes, les envolées mélodramatiques… Le style désuet de ce livre ne peut masquer les conditions de vie particulièrement difficiles des personnes gays (uraniennes)  à cette époque où le moindre soupçon de ce qui était considéré comme une anormalité, un vice, une perversion provoquait irrémédiablement l’opprobre de la société bien-pensante, des tracasseries à n’en plus finir dans la vie professionnelle, mondaine et privée. Sans oublier les risque de chantage à vie pour ceux ou celles qui auraient eu la malencontreuse idée de se trouver dans des endroits « suspects » ou de marivauder avec quelque inconnu (nue). 

A une époque où la médecine emploie des termes plus « barbares » les uns que les autres pour définir l’homosexualité, et s’interroge de savoir si elle est innée ou acquise, l’auteur nous raconte le récit de l’amitié qui devient amour et de l’amour amitié entre deux hommes virils, empreints d’idéalisme et de dignité morale. L’un, britannique disposant d’une fortune personnelle, voyage pour oublier sa condition d’uraniste et les contraintes qu’elle lui impose. L’autre, jeune officier hongrois, refusant l’évidence de sa nature et cherchant à s’en guérir, se mure dans des rapports amicaux distants et laissent courir des ragots quant à d’éventuelles relations féminines. 

Si l’histoire de ces deux hommes peut engendrer l’empathie du lecteur, il ne faut pas faire abstraction de l’homophobie de ceux-ci, justifiée en grande partie par l’ostracisation d’une société moralisatrice, prompte à clouer au pilori tous ceux par qui le désordre arrive ; Car comment qualifier la violence insupportable, le mépris teinté de dégoût avec lequel sont évoqués ces invertis ne faisant pas preuve d’une masculinité requise, identifiable de visu, tant par l’esprit que les manières. : « …ces hommes qui aiment les hommes, qui par milliers mènent une vie incapable de noble idéal. Ah, ces êtres ouvertement dépravés, nocifs, sans vigueurs, grossiers, efféminés, pervers et déficients  dans leur nature morale, jusque dans les tissus même de leur corps ! Ces légions homosexuelles qui sont comme débris, scories de la société ; bon à rien sinon pour le feu qui nettoie de monde de ses ordures et rebuts ! » et cela sur 2 pages…. Difficile avec tout cela de se sentir normal, de ne pas se haïr soi-même !

Imre est beau physiquement, « son visage exprime des expressions viriles. Des traits délicats, mais sans féminité aucune.  Il a des yeux virils et limpides. Une voix lente et basse ».  C’est un athlète accomplis en saut et en natation. Dans cette description on sent bien que ce qui attire  Oswald c’est la virilité sans faille d’Imre, qu’il met à dessein, en comparaison avec les stéréotypes  jusqu’alors prédominant de l’inverti efféminé.

Oswald s’est pris d’une amitié exaltée pour Imre et se décidera alors qu’il doit retourner en Angleterre pour affaires, à lui avouer sa nature profonde et ses sentiments. Quant à Imre après moult atermoiements, il choisira également de se dévoiler et de répondre à l’amitié-amour, l’amour-amitié d’Oswald. Leur rêve de trouver un être ayant les mêmes aspirations et valeurs morales étant devenu réalité.

Une chose appréciable dans ce livre, mais qui peut dérouter les lecteurs habitués aux livres lgbt, c’est le phrasé inusité de nos jours, la délicatesse dans les sentiments exprimés, le manque de scènes et/ou de descriptions de sexe. Tout est suggéré ou dit mais dans les limites de la bienséance. 

J’aime que cette histoire se termine bien, à savoir la communion de deux êtres du même sexe qui s’aiment réellement. Car il est au combien pénible de lire des récits ou les gays se retrouvent seuls quand ce n’est pas dans des situations affligeantes. Et également que ces deux hommes ne soient pas des marginaux au sens où l’on l’entend aujourd’hui : voyous, sdf, piliers de bars, prostitués et j’en passe … ! 

Reste ce goût amer due à l’imagerie populaire qu’avait et ont encore beaucoup de personnes sur les homosexuels : borderlines, efféminés, lâches, obsédés par leur cul et celui des autres, etc…! Ce qui n’a guère évolué de nos jours. Car c’est un fait, on parle souvent avec condescendance, moqueries et parfois agressivité des hommes-femmes (y compris dans le milieu lgbt), et la culture Queer, même si elle est reconnue, reste en marge de la « société traditionnelle » ! 

13 juillet 2016

Martyre précédé de Ken - Yukio Mishima

Martyre

Quatrième de couverture :

Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire.

L'équipe de Kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entre les membres de l'équipe s'exacerbent...

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 314553 - Poche 123 pages - Prix : 2 euros.

 

Mon avis : Volodia

Les récits de Mishima sont toujours très particuliers, ils évoluent entre étude psychologique, culture et valeurs traditionnelles japonaises avec au premier plan : honneur, pureté, courage, sacrifice, mais également avec des sentiments propres à l'auteur : tels qu'homosexualité refoulée, désir, une certaine forme de sadisme. Ce livre n'y fait pas exception. 

Ken se déroule dans un club de Kendo. Le jeune Mibu admire le capitaine de l'équipe Jirô pour sa maîtrise du sabre, son tempérament et sa force qui en font un adversaire hors du commun. 

Les autres membres de l'équipe profite d'un stage effectué au bord de la mer, pour remettre en cause l'autorité  de leur capitaine qu'ils jalousent. Tiraillé entre son admiration pour Jirô qui représente la perfection qu'il ne pourra jamais atteindre, et sa volonté de ne pas vouloir s'exclure de l'équipe, Mibu hésite,  

L'intérêt de ce récit résulte en la description précise de l'univers typiquement japonais des clubs de kendo, de leur discipline, de leur valeur et de la manière dont les élèves se doivent de les respecter. En plus d'une étude psychologique montrant comment par son talent Jirô cristallise peu à peu la jalousie et la rancoeur des autres kendokas.

Jirô qui porte au plus haut les valeurs de la cuture traditionnelle fussent-elles surannées ne peut supporter que celles-ci soient bafouées et remise en cause. Aussi, préfère-t-il mettre fin à ses jours dans une ultime et vaine protestation. 

Martyre  est le récit de deux jeunes gens : Watari et Hatakeyama, vivant dans un pensionnant et entretenant des rapports ambigus, entremêlés de haine, et de désir qui vont pousser Hatakeyama à tenter de tuer Watari.

Dans cette nouvelle Mishima dépeint des sentiments troubles qui évoluent entre désir et lutte pour dominer l'autre, sans possibilité pour le lecteur de n'être jamais fixé sur la vérité des relations qui unient ces deux enfants.

Ces deux récits portent sans équivoque l'empreinte de Mishima, mais ce ne sont pas ceux que je préfère car ils m'ont un peu laissé sur ma faim...! 

19 juin 2016

Les dandys de Manningham - (Le siècle des grandes aventures 2) - Jan Guillou

9782330027483

Quatrième de couverture :

A l'issue de ses études en génie civil à Drestde, Sverre, le frère d'Oscar et de Lauritz - dont on suivait les aventures dans les ingénieurs du bout du monde -, s'enfuit à Londres avec son jeune amant, Albert.

Ce dernier vient d'hériter du titre de Comte de Manningham et doit désormais veiller au bon fonctionnement de son grand domaine dans le Wiltshire. Au lendemain des oursuites à l'encontre d'Oscar Wilde, l'heure n'est pas à l'acceptation de l'homosexualité et les deux amoureux sont contraints de trompter les apparences au sein de l'aristocratie anglaise.

Heureusement pour échapper aux règles strictes de la bienséance, il y a les artistes libertins du Bloomsbury Group et la joyeuse effervescence intellecturelle et artistique qui les accompagne. Et si les nuages menaçant de la Grande Guerre obscurcissent déjà l'horizon, personne ne semble encore s'en soucier...

Le deuxième volet de la passionnante saga de Jan guillou sur l'histoire du XXème siècle, revisitée à travers le destin de personnages tous plus attachants et inoubliables les un que les autres.

 

Editions : Babel - ISBN : 9 782330 053260 - Poche : 411 pages - Prix ; 9,70 euros

 

Mon ressenti : Indiangay

Bien qu'il existe un tome 1 et qu'il existera vraisemblablement un tome 3, ce volume peut être lu avec toute la compréhension souhaitable, puisqu'il fait état d'une partie, d'une étape, dans la vie de Sverre, un des trois frères vikings norvégiens.

Dans ce volume : Après avoir été diplômé Ingénieur des chemins de fer, frais émoulus de Dresde (Allemagne), Sverre au lieu de rembourser comme, il s'y était engagé avec ses deux frères, la société de bienfaisance "La Bonne Intention" de Bergen (Norvège) qui leur avait à tous trois payée les études, décide de s'enfuir en Angleterre avec son ami Lord Albert Manningham, surnommé Albie, diplômé lui aussi de la même université.

Les deux hommes ont de grands projets pour améliorer le confort des passagers des chemins de fer tant niveau moteur, poussière, suspension des locomotives et des wagons. Toutefois, après quelques mois, il s'avère qu'ils sont l'un et l'autre plus passionnés d'art que de techniques. De part ses obligations de Lord implicant la gestion d'un domaine, Albie continue à s'investir dans son métier alors que Sverre se tourne de plus en plus vers la peinture. 

Au fur et à mesure du déroulement de leur vie, nous suivons non seulement les progrès techniques  du début du 20ème siècle, mais également le carcan qui régit les règles de cette fin du 19ème siècle, avec ces apparences qu'il convient de sauver à tout prix alors que personne n'est dupe. Ces dames, qui bien qu'éduquées selon l'étiquette, jouent les "cache-tapettes'" ou trouvent des moyens d'émancipation avec l'approbation de leur "mari de complaisance".

J'ai particulièrement aimé la façon dont s'insèrent dans le roman les évènements historiques, les raisons qui ont poussé des hommes d'un bout du monde à l'autre, à s'affronter sous prétexte d'apporter la civilisation en Afrique, en prétextant que c'était bien pour eux, que c'est ce que les africains voulaient, puis les répressions disproportionnées pour leur soulèvement et qui n'ont profité qu'aux propriétaires d'exploitations de caoutchouc, de minerai et autres...

La description des critiques sur les premières expositions des peintres impressionnistes français au travers des journaux britanniques de l'époque est effroyable, aussi bien par la virulence de leur propos, que par la violence antifrançaise qui s'y dégage, et le nationalisme triomphant d'un peuple replié sur lui-même, presque maître du monde par ses colonies, mais tellement imbu de sa supériorité et de son bon droit. 

Le scandale des premières suffragettes. Le profilage au loin de cette guerre avec l'Allemagne, dont les anglais estimait qu'elle ne pouvait avoir lieu, tellement ces deux nations étaient amies, se complètaient, et dont personne ne voulait sauf la France pour récupérer des territoires perdues par la guerre de 1870. Les sentiments nationalistes exacerbés lorsque celle-ci éclate, la chasse aux hommes en âge d'être sous les drapeaux, et qui pour une raison ou une autre ne le sont pas, avec en toile de fond la lâcheté pour les homosexuels, la traitrise pour les pacifistes, avec passage à tabac sous les yeux d'une foule déchainée et de policiers complices, avec pour parfaire cette mise en scène la remise d'une plume blanche symbole par excellence de couardise...

Ce livre à tout pour plaire, une histoire de progrès technologique, une histoire d'amour, des évènements historiques et une fin intéressante. Je me permets de le recommander à la lecture.

 

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A propos de l'Auteur :

Né en 1944 d'un père français et d'une mère norvégienne, Jan Oscar Sverre Guillou est l'un des plus célèbres écrivains et journaliste suédois. Ses oeuvres se sont vendues à plus de dix millions d'exemplaires en Suède et son traduits en une vingtaine de langues.

 

8 avril 2013

Bacha Posh - Charlotte Erlih

41TBSzhf7sL__SL500_AA300_Quatrième de couverture :

"Je ne veux pas me morfondre dans mon coin en maudissant le sort. Je n'aime pas ce rôle. Je vais continuer à me battre. Voilà mon identité : lutter.

Mon identité, c'est de préserver, non pas d'être un garçon ou une fille. Je suis moi. Et mois, je me bats. Ca ne me gêne pas de mourir, mais seuement quand j'aurai tout tenté".

Elle vit comme un garçon, s'habille comme un garçon et passe, aux yeux de tous, pour un garçon. C'est une Bacha Posh : une de ces filles élevées comme des fils dans les familles afghanes qui n'en ont pas. A la puberté, elle doit redevenir une jeune femme. Mais quand on a goûté à l'action et à la liberté, comment y renoncer ?

 

Editions : Acte Sud Junior - ISBN : 9 782330 018184 - Broché 181 pages - Prix : 13,50 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

L'histoire  :

Farrukh 15 ans a créé seul un club d'aviron dans son pays l'Afghanistan. Barreur de son équipe formée par huit rameurs, il rêve de défendre l'honneur de son pays aux jeux olympiques, et pour ce faire ils s'entraînent, chaque jour, avec acharnement sur un lac qu'il on réussi à "dégoter".

Sous son aspect physique délicat, Farrukh a de l'énergie à revendre et est animé d'une volonté farouche, ce qui lui a permis avec l'aide de son père de faire venir de France un bateau de compétition en fibre de verre. Tous reconnaissent ses qualités, y compris son père qui lui a appris le français et l'a initié à la littérature et à la culture française.

Farrukh entretien par ailleurs, une amitié sincère avec Sonrhab un jeune homme faisant parti de son club, alors que pour celui-ci cette amitié semble plutôt amoureuse ?

Tout serait parfait, si Farrukh ne s'appelait en réalité Farrukhzad et n'était une jeune fille travestie en garçon, par la seule volonté de son père, et en accord avec le reste de la famille, afin d'éviter à ses parents le déshonneur de n'avoir pu engendrer un fils (qui comme on le sait en pays musulman est le sésame pour accompagner les femmes hors de leur foyer, travailler, etc...)

Farrukh ayant eu ses premières règles se doit de réintéger sa condition de femme ainsi que les tâches qui leur sont dévolues. Ne pouvant se résigner à perdre tout ce pourquoi elle s'est battue et faisant jouer la fibre patriotique de son père, elle lui propose de l'emmener en Iran aux J.O contre la promesse, que quoi qu'il advienne à l'issue de ces jeux, elle reprendra sa place en qualité de femme dans la maison paternelle.

Toutefois, au retour des J.O et malgré ses promesses, elle s'enfuit de chez elle ne pouvant renoncer à ses rêves.

non non non vous ne saurez pas tout du livre, je vous en ai déjà raconté beaucoup.

L'intérêt de ce roman réside dans le fait qu'il  met en exergue la condition des femmes en pays musulman. Sans entrer plus avant dans le débat qui fera l'objet d'un article plus spécifique sur mon blog général, l'histoire de Farrukh est attachante, ses émotions traitées avec pudeur mais de façon lucide. Ce livre est bien écrit, et se lit en quelques heures. 

4 avril 2014

En finir avec Eddy Bellegueule

Eddy bellegueuleQuatrième de couverture :

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je ne n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait.

Je suis allé dans les champs, j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraicheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici".

En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite, j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

 

Editions : du Seuil - ISBN : 9 782021 117707 - Broché 220 pages - Prix 17 euros.

 

 

Mon avis : Volodia

Ce livre soit on l'aime, soit on le déteste. Mais en aucun cas, il ne peut laisser indifférent ou faire place à un sentiment mitigé. Pour ma part je l'ai aimé.

L'auteur indique sur la couverture "roman" mais à mon sens, il s'agirait plus d'une autobiographie romancée ce qui n'est pas tout à fait la même chose, car si certains faits peuvent paraître "exagérés", il n'en reste pas moins que le fonds sonne juste.

Edouard Louis nous envoie, en pleine figure, son enfance et son adolescence, passées dans un village de province, en l'occurence la Picardie, marqué par la misère sociale : la pauvreté matérielle bien sûr, mais surtout intellectuelle et morale.

Sa manière d'être qui dès l'enfance le démarque de sa famille et des autres garçons du village. Maniéré sans le vouloir,  faisant de grands gestes pour accompagner ses paroles, un déhanchement significatif lorsqu'il se meut le fait qualifier de "bizarre" avant d'être identifié comme "PD" par des camarades d'écoles.

Les parents complètement dépassés par leur fils et ne sachant comme s'y prendre lui font souvent des "remarques",  idem les copains, amis et relations dans le village. Seuls deux gamins de son école osent l'insulter et le maltraiter. Ce qu'il accepte comme un fatalité. Il attend du reste tous les jours, dans un couloir peu fréquenté de cette école, l'humiliation suprême, des coups, d'un crachat sur la manche de sa veste qu'il se devra de ravaler.

Ce livre écrit avec ses tripes a déchainé les passions, bonnes ou mauvaises, car il s'en dégage une force inattendue. C'est la révolte d'un jeune homme de 20 ans éructée avec toute la honte et la violence des humbles et des humiliés. Pas de temps de ménager la dignité des uns et des autres. Il fallait que cela sorte pour ne pas sombrer ni continuer à se mépriser.

Je pense toutefois que si Edouard avait écrit son livre quelques années plus tard, l'impact n'aurait pas été le même, car l'écriture aurait été toute autre. Il aurait eu le temps du recul, relativisé ses séances de tortures morales infligées par ses camarades. Il n'aurait pas eu l'audace, certainement par pudeur, de détailler ce "milieu" d'où il vient, ou l'ambition des hommes se résument à entrer à l'usine, comme leur père avant eux, celles des filles à être caissière au supermarché du coin. C'est également parce qu'il s'en est "sorti" en faisant des études qu'il s'est rendu compte de ce à quoi il avait échappé, et qu'il peut se permettre lui et pas un autre de le raconter.

Nous savons tous qu'il existe un monde à deux vitesses, fait de différences sociales plus ou moins importantes selon que l'on est de la ville, de la banlieue et/ou de la campagne, selon le bagage intellectuel et/ou l'éducation reçue. La différence sociale a toujours existé et existera toujours. Nous aimons en lire les descriptions, comme pour nous conforter dans nos opinions voire nos certitudes (notre côté voyeur sans doute),  mais ne voulons surtout pas la voir et encore moins la côtoyer de peur qu'elle nous contamine. Il est tellement plus facile de juger.

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce récit pouvait être appliqué partout dans le monde et dans n'importe qu'elle province.  Ici, Eddy était pris à partie car supposé homosexuel, mais il aurait pu être noir, juif, handicapé, le résultat aurait été identique, car malheureusement plus on vit dans un milieu bas intellectuellement (je ne dis pas pauvre financièrement, car cela n'a rien à voir) plus les gens sont primaires, méchants, à croire qu'ils font payer à plus malheureux qu'eux leur détresse personnelle.

Une remarque positive pourtant sur cette province, Eddy est entré lycée dans une ville de province où il a été de suite intégré, s'il avait vécu à Paris  ou était entré dans un lycée parisien, je ne suis pas convaincu qu'il aurait été accepté, non en raison de son homosexualité présumée, mais par mépris de la classe sociale d'où il venait.

 

15 juin 2013

L'infortunée - Wesley Stace

l-infortunee-wesley-stace-9782290355664Quatrième de couverture :

Londres 1823. Fille de Lord Loveall, l'homme le plus riche d'Angleterre, la jeune Rose fait le bonheur de son père. Elle vit dans un magnifique manoir, entourée de domestiques dévoués. Rose à une enfance comme toutes les petites filles rèvent d'en avoir. Mais voilà, Rose n'est pas une fille. Rose est un garçon. Ses parents ne sont pas ses vrais parents. Et la révélation de cette vérité va bouleverser la vie de Rose et de toute la maison.

Best seller dans de nombreux pays, "L'infortunée" est une fresque victorienne passionnante qui se lit déjà comme un classique.

 

Editions : J'ai Lu - Collection Par ailleurs - ISBN : 978 2 290 35566 4 - Poche 603 pages - Prix : 8,20 €

 

Mon avis : Volodia

L'histoire :

A Londres en 1820, Lord Geofroy Loveall recueille un nourrisson. En l’adoptant sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leurs cousins qui souhaitent hériter du domaine familial.

Avant de mourir, Lady Loveall s’aperçoit que le nouveau-né est un garçon, mais sir Geoffroy persiste dans son « erreur » et le fait élever comme Rose la future Lady Loveall. A l’adolescence le scandale éclate et Rose s’exile.

 

Développement :

Dès les premières pages du livre nous sommes plongés dans le Londres sordide du XIXème siècle (Dickens). Un bébé vient au monde chez une faiseuse d’anges dans un des plus bas quartiers de la Cité et est abandonné sur un tas d’ordures.

Recueilli et sauvé par une des plus  grandes  fortunes  d’Angleterre,  Lord  Loveall, fragile, malheureux et perturbé  depuis  le décès de Dolorès, sa jeune sœur à qui  il vouait un amour sans limite. Cloîtré depuis des années, incapable de nouer des liens sociaux et voué à n’avoir aucune  descendance, il voit dans ce nourrisson un « signe du ciel ». Enfin une petite fille, une adorable petite fille sur laquelle reporter  tout l’amour qu’il portait à Dolorès et qui depuis son décès était resté en attente.

Mais voilà, le nourrisson est un garçon ! Incapable d’accepter cette réalité, Lord Loveall  persiste dans erreur et l’élèvera comme une petite fille qui sera prénommée Rose. Durant  toute son enfance, Rose ne manquera de rien, ni attention, ni affection, ni aisance matérielle. A l’adolescence tout  se complique lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est « différente » de sa meilleure amie Sarah à qui elle voue de tendres sentiments.

A la mort de son père, le scandale éclate. Il s’ensuit une sombre histoire d’héritage et des intrigues menées par des cousins jaloux et envieux qui ont dilapidé leur propre fortune et souhaitent s’installer dans le domaine familial. Désespéré d’avoir été trompée et surtout ne comprenant pas pourquoi, Rose s’exile afin de se trouver  elle-même. Elle  parcours  le monde à la recherche de son identité.

L’histoire est  difficile à suivre en raison de nombreuses digressions. Toutefois, ce qui a retenu mon attention s’est surtout le questionnement sur l’identité. Comment un garçon peut-il être persuadé d’être une fille ? Comment  dissocier le sexe de l’individu et son éducation ? Quelle séparation entre l’inné et l’acquis ? Quel regard portons nous sur un homme habillé en femme ? 

Dans ce livre, la féminité de Rose ne colle pas à l’éthique homosexualité, au contraire des clichés courant mais plutôt  à une métrosexualité  d‘époque.  Une envie d’être selon ses choix, ses besoins, accepter sa masculinité et/ou sa féminité sans entrer dans le clivage.

Rose s’arrange très bien de cette dualité. Elle/il porte la moustache, mais également des robes, des tenues féminines et cache son visage sous une voilette pour sortir. Il est amoureux de Sarah à qui il fera un enfant. A noter toutefois, qu’il s’agit bien d’une histoire qui n’aurait pu avoir lieu dans la réalité à l’époque où elle se situe, car je doute que Rose aurait pu faire quelques mètres en dehors de chez lui, en costume féminin sans qu’un policier ne l’interpelle.

Sans pour autant être enthousiasmé par ce livre, je l’ai apprécié dans tout ce qu’il avait de questionnement,  de dérangeant. C’est un récit plaisant et le style en est délicat.

 

 

17 juin 2012

Un garçon parfait - Alain-Claude Sulzer

Un_gar_on_parfait Quatrième de couverture :

Ernest travaille dans le restaurant d'un palace à Giessbach en Suisse. C'est un garçon parfait, aussi strict dans le travail que dans la vie. Mais cette dignité imperturbarble cache la blessure jamais guérie de la violente passion qu'il a connue pour Jacob, un garçon parfait comme lui, Jacob qui l'a abandonné pour suivre en Amérique Julius Klinger. Le grand écrivain allemand.

C'était après 1933, dans ces années troublées où beaucoup de clients, fuyant l'Allemagne nazie, venaient trouver refuge, avant les rigueurs de l'exil, dans ce luxeux hôtel qui avait si souvent abrité leurs insouciantes villégiatures. Mais rien n'était plus pareil, une peur obscure hantait désormais ces salons trop rassurants. Il faudra la fin de la guerre et le retour d'exil de Klinger pour que s'affrontent deux mémoires dans l'ultime combat d'une rivalité amoureuse.

Tissant avec une subtile retenue les fils des drames intimes et ceux de la tragédie historique, orchestrant crescendo la tension dramatique, Sulzer a composé un roman bouleversant sur l'amour bafoué, la trahison et l'impossibilité de l'oubli.

Editions : Babel - ISBN : 978 2 330 00660 0 - Poche 237 pages - prix : 7,70 euros

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre qui décrit sans trop appuyer la montée du nazisme en 36, l'afflux de régugiés, dans cet hôtel suisse, désuet mais resté luxueux, qui espèrent que les troubles cesseront mais qui dans leur fort intérieur savent que la guerre est proche. - la description des relations sociales et sexuelles.

Nous découvront au fur et à mesure de notre lecture, nous découvrons ce qu'est la vie d'Ernest : "un garçon parfait", efficace, discret, attentif, mesuré, faisant preuve d'empathie, prévenant avec les voyageurs, sachant entamer une conversation, mais également y mettre fin. On le sent seul, renfermé, personne ne connaît rien de sa vie et du reste n'oserait l'interroger. Celle-ci est parfois "écornée" par une étreinte derrière un buisson.

L'arrivée de Jacob, apprenti serveur, qu'Ernest va former en "garçon parfait" va bouleverser son existence. Ils vont vivre ensemble une relation passionnée jusqu'au moment ou, ambitieux et prêt à tout, Jacob va l'abandonner pour suivre un autre homme, beaucoup plus âgé, plus riche, aux Etats-Unis.

Ce n'est que 30 ans plus tard, en 1966, qu'Ernest reçoit un courrier de Jacob, qu'il suppose avec raison être une demande d'aide.et qui rouvrira ses blessures (soumission au désir, violence et mélancolie). voulant malgré toutes ses humiliations aider Jacob, Ernest trouvera la force de caractère pour trouver les réponses mettant ainsi une fin sur cette histoire....

 

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A propos de l'auteur :

Alain-Claude Sulzer  est né en 1953 à Riehen, près de Bâle, où il vit. Après une formation de bibliothécaire, il travaille comme Journaliste. Il commence à écrire en 1980.

Les Editions Jacqueline Chambon ont publié Un garçon parfait (2008, prix Schiller en Suisse, prix Médicis étranger, prix de la Radio suisse romande), Leçons particulières (2009) et Une autre époque (2011)).

13 juillet 2016

Contes d'amour des samouraïs- Saïkakou Ebara

9782915842951

Quatrième de couverture :

Ces contes d'amour rédigés par le grand écrivain Saîkakou Ebara sont la peinture des moeurs de ces chevaliers féodaux, prompts à s'aimer entre eux afin de ne pas tomber dans les rets d'amours féminines jalonnées d'artifices. Car la relation avec une femme passait, dans le milieu des guerriers, pour rendre un homme faible, lâche et.... efféminé.

pourtant, la voie de l'amour mâle n'épargne pas ses adeptes, même lorsqu'ils sont d'insignes combattants. Les affres de passions parfois douloureuses - au point qu'un certain nombre d'entre-elles se soldent par le suicide.

A travers ces treize récits, c'est toute la beauté et la complexité du Japon du XVIIème siècle qui prend corps sous la plume libertine et chevaleresque de Saïkakou.

Editions : Cartouches - ISBN : 9 782915 842951 - Broché 125 pages - Prix : 10,20 euros.

 Mon avis : Volodia

Ce livre est un petit bijou. Il dépeint les moeurs féodales chez les samouraï ou semble-t-il la pédérastie (et non pédophilie je le précise) était chose tout à faire courante et normale vu leur haute opinion des femmes. Celles-ci n'étant considérées que pour leur rôle de reproductrice.

C'est beau, doux, délicat, raffiné, poétique. Sans phrase indécente et/ou obscène.  L'adulte y tenant le rôle d'initiateur, de maître de la connaissance comme aux temps des grecs et des romains, alors que les pages (apprentis et/ou jeunes samouraïs) y faisaient office d'élèves, le favori étant élevé au rang d'amant.

Dans ce livre, il est question d'amour sincère (du samouraï) envers le page (favori) qui l'accepte et lui rend au centuple, de traitrises (par un serviteur ou un autre page jaloux), de bravoure face à l'adversité et surtout d'honneur porté jusqu'au boutisme (donc la mort par hara-kiri). Quelques femmes y font leur apparition, réduites à l'état d'empêcheuses de tourner en rond, souvent haïes quand elles ne sont pas tout simplement ignorées.

Un livre à offrir sans modération à votre aimé...

19 juillet 2012

HOMOS-GHETTO - Franck Chaumont

Gays et lesbiennes dans les cités - les clandestins de la répubublique.Homos-ghetto

Quatrième de couverture :

Ils s’appellent Nadir, Sébastien, Dialo, Nadia… Ils sont black, blancs ou beurs. Certains rasent les murs, le regard fuyant. D’autres se la jouent viril et vont même jusqu’à casser du pédé à l’occasion. Mais tous ont en commun le mensonge et la schizophrénie liés à leur double vie et à la peur d’être démasqués.

Pour obtenir leurs témoignages, il a fallu deux années d’enquête à Franck Chaumont. Deux ans de rendez-vous manqués, de téléphone raccroché au nez, d’attentes vaines dans des bars ou des gare… Car en parlant ils risquaient tout, leur honneur, bien sûr. Mais aussi leur vie.

Si certains ont osé, c’est dans l’espoir que nous sachions… Que les politiques, les citoyens , les notabilités homosexuelles dans les centres-villes sachent qu’à deux ou trois stations de RER, la République Française a abandonné certains de ces enfants ; être un garçon ou une fille homo dans les cités de France est un crime passible des pires châtiments.

Les gays et lesbiennes des cités ghettos de France sont aujourd’hui les clandestins de notre République !

Au-delà du cri de détresse d’une population souvent exclue, victime du chômage et des discriminations, ce livre dresse un portrait terrifiant de nos banlieues gangrenées par la misère sociale, éducative, affective et sexuelle.

Editions : Le Cherche-midi - ISBN : 978 2 7491 - 0943 - 5 - Broché 199 pages - prix : 15 euros

 

Mon avis : Volodia

J'ai apprécié à sa juste valeur le travail fourni pour écrire ce livre et l'abnégation de son auteur. Toutefois, je n'éprouve aucune empathie pour les situations évoquées lors du recueil des témoignages qui relèvent plus de cas sociaux que du réel problème de l'homosexualité.

Nadia : "...43 ans, lesbienne, seule dans un 2 pièces ayant 7 chiens dont 3 rotweillers, en procédure d'expulsion pour des loyers impayés..."

Majid: "... Tu vois, j'aime pas les pd qui s'assument, qui tordent le cul à casser les murs..."

et  j'en passe et des meilleurs...

L'auteur a mené son enquête exclusivement dans les banlieues ghetto comme il le dit lui-même, ce qui veux dire, les banlieues regroupant le plus de cas sociaux et par la même occasion de diversités ethniques au m2. Banlieues ravagées par les gangs, la drogue et les trafics en tout genre. Vu le parcours professionnel de l'auteur je comprends mieux son choix et ses motivations à vouloir nous faire partager le quotidien de personnes qui au travers de leurs témoignages se montrent sous un jour aussi peu intéressantes que sympathiques, mais qui font montre, tout de même, de lucidité quant à leur situation.

"...T'es rebeu, t'es une pute...". Le portier m'a dit : "... Les putes rentrent pas ici !..."

Aussi, bien qu'il nous démontre parfaitement comment ces banlieues se sont refermées sur elles-mêmes, il n'en reste pas moins que ce sont les habitants eux-mêmes qui les ont ainsi transformées, qui ont institué des codes qu'ils soient vestimentaires, de langage, et qui refusent d'en changer. Ils le disent, eux-mêmes, ce sont des ghettos ouverts dont ils pourraient en sortir s'ils le voulaient et avec suffisamment de volonté, mais bien peu le souhaitent, famille, copains, repères et trafics en tous genres. C'est trop facile d'accuser la société, la République de les avoir abandonnés. 

Il y a toujours eu des pauvres, et des immigrés en France, et ce à n'importe qu'elle époque, de toutes races et de religions et il y en aura toujours, mais chaque communauté a réussi à force de courage et de volongé à trouver sa place et à y vivre convenablement. Mais cela parce qu'elles l'ont voulu avec force et courage, contrairement à d'autres qui veulent tout mais ne donnent rien de bon en échange.

Pauvreté ne veut pas dire, "racaille" et c'est sur cela que l'auteur aurait du insister. Car les témoignages cités dans ce livre ne font que conforter l'opinion de ceux qui les méprisent.

Je vais d'ailleurs créer une page sur ce blog relative à ce livre

 Franck Chaumont :

A propos de l'auteur :

Franck Chaumont a été journaliste à Beur FM puis RFI avant de diriger la communication du mouvement Ni putes ni soumises jusqu’en 2007. Homo-Ghetto est son premier livre.

 

17 octobre 2012

Millesime - Daniel Fazan

 

fazan-livre-600pxQuatrième de couverture :

Deux hommes s'aiment. Délaissant leurs épouses, ils sont dès lors confrontés aux quolibets de leur milieu conformiste et terrien : le viticulture. Loin des villes, ce microcosme étriqué et peu parlant s'évertue à leur faire payer cet écart de la norme.

Dans l'un des plus beaux décors du monde, la quête d'identité et le souffle de la mort traversent ce roman entre cie, terre et eau. La rudesse des caractères, de la pente et du travail infiniment recommencé sous l'assaut des saisons s'oppose au désir de tendresse.

Un roman qui convoque C.F.Ramuz en ses terres, mais au XXIème siècle. Avec pertinence. -

 

Editeur : Oliver Morattel - Isbn : 978 2 9700701 8 4 - Broché 149 pages - Prix : 17 euros

 

Mon avis : Volodia

J’ai aimé ce livre pour diverses raisons, mais en particulier par l’originalité de l’endroit ou se situe l’histoire : le milieu des viticulteurs-vignerons. Ensuite par la façon dont nous en prenons connaissance. Nous sommes dans un monde exclusivement masculin.

Tout d’abord, il y a Paul, «garçon au cœur de fille», Roberte, sa femme aigrie après des années de vie commune et qui ne lui inspire plus qu’indifférence sinon haine : "matrone aigre qui sabote mes jours". Sa rencontre avec Roger, son "amoureux", vigneron également,  qui vit dans un autre village plus haut..

De par son hérédité et l’exercice de son métier, Paul est devenu alcoolique. Pour tenter d’y remédier et sur les conseils de Roger sur qui le sevrage a bien fonctionné, il entreprend de voir régulièrement une psy qu’il appelle Madame. Ce qui lui permet de lui  raconter sa vie, ses manques, ses demandes névrotiques et dépendantes et de se remémorer ses réflexions et ses émotions.

Nous partageons, son quotidien, rythmé par les saisons et l’entretien des cépages, la récolte du raisin, la fabrication du vin et ses aller-retour réguliers à la cave pour les dégustations, les visites de touristes, clients potentiels et une vie de couple pleine de rancœurs et de non dit. Nous  assistons à la rivalité des maisons voisines toutes concurrentes entre-elles.

"Sait-on quand on visite un village typique du bout du monde et sympathique et chaleureux, architecturalement irréprochable qu’il est un guépier, un dépotoir muet de rancunes ancestrales, de chapelles et de clans opposés"

Dans ce village ou il ne se passe jamais rien, sa relation avec Roger, provoque des sous-entendus, des regards en coin, des sourires narquois, harcelés par une «corneille» qui on le saura plus tard n‘est autre que l‘épouse du pasteur et subissant les tags provocateurs des ados du village. "On" s’interroge sur ce que peut penser l’épouse et son rôle dans ce ménage à trois :

"car si les regards sont indifférents, les pensées, elles, ne le sont pas".

Paul aime Roger, dont « le visage a cette noblesse terrienne des aristocrates de la terre penchée », avare de paroles, bourru physiquement et de caractère : "sa timidité subit l’érosion de ma tendresse".

dont les gestes rares font qu’ils se comprennent sans avoir besoin de parler, et avec qui il peut laisser libre court à ce qui fait sa féminité : douceur, sensibilité et  sensualité. 

Pendant que Roberte l’épouse de Paul s’est absentée pour rendre visite à sa fille installée en Afrique, Paul et Roger surnommés les deux cousines par un voisinage puritain et malveillant essaient de vivre, discrètement mais plus ou moins au grand jour, leur relation.

"Quel est l’avenir de deux vignerons gays, dans la sclérose d’un pays de traditions, d’esprits le plus souvent moralistes. Combien de décennies pour rattraper ce que nous avons vu dans la capitale proche ?  Dépravation qui sans nous choquer ne nous plait pas. Débauches vues ou racontées, vulgarité ordinaire et guidée seulement par les sens les plus primaires".

Nous n’en demandons pas temps. Qu’on ne nous fuie pas, qu’on évite de nous ignorer en face tout en se retournant après s’être croisés près de la fontaine. Voir des amoureux comme des assassins me paraît gougnafier".

Ils profitent de l'absence de Roberte et d’un mois calme en vigne pour se faire plaisir et  se rendre à la Scala, à bord d’un car plein de gays, puisque l’agence organisatrice ne fait que des gaystours. (Petit étonnement de ma part quand même, car pour des personnes découvrant leur homosexualité réciproque au fin fond de la Suisse Romande… mais bon, on va pas chipoter)

Roberte revient après quelques mois passés en Afrique ou elle était allée visiter sa fille, et ou subir quelques transformations esthétiques. A partir de là, fini la tranquillité :

"Roberte n’a plus qu’une mission, vitale pour elle : me faire payer la note de la honte, son ulcération morale".

l’enfer quotidien reprend ses droits et pour le fuir, Paul part vivre chez Roger. La mort accidentelle de Roberte le lendemain de son retour d‘Afrique, laisse la place libre à Roger. Aucun regret ne viendra attrister Paul qui feindra la tristesse non par conviction mais par convenances.

Ce livre est bon et beau. D’une lecture agréable. On sent que l‘auteur connaît parfaitement son sujet. les termes, les expressions sont choisies avec soin. Contrairement à beaucoup de livres traitant d’homosexualité, nul besoin d’écrits imagés. La vulgarité n’a pas sa place

 

A propos de l'Auteur :

Daniel FazanHomme de radio francophone, Daniel Fazan poursuit une longue carrière riche en rencontres fortes.Son humanisme et sa manière peu conformiste de questionner sont sa marque de fabrique.

Auteur déjà de trois ouvrages, dont le très remarqué "Vacarme d'Automne", il se soucie, dans son écriture, de la concision qu'exige la radio ainsi que du charisme des protagoniste de ses romans. Son regard exigeant et malicieux éclaire ses livres d'une lumière très particulière.

 

11 novembre 2012

Danish girl - David Ebershoff

001975231A Copenhague en 1925 Einar Wegener et Greta Waud, son épouse, forment un couple étonnant. Lui, peintre paysagiste reconnu, petit, délicat est discret jusqu'à l'effacement. Elle, peintre également, est grande, américaine, blonde et issue d'une famille riche.

Tous deux s'harmonisent étrangement jusqu'au jour où Greta, en l'absence de son modèle féminin, demande à son mari d'enfiler une paire de bas. De cette demande et du trouble qu'il en advient va naître Lili, qui petit à petit prendra le dessus sur celui qui l'a engendrée comme par inadvertance. Einar se sent femme. Il ne se déguise pas, il ne joue pas. Il est celle qui peut tomber amoureuse et désire donner la vie.

Il sera le premier hommme, en pleine montée du nazisme, à changer physiquement de sexe. Une histoire vraie, celle du premier transexel connu, que David Ebershoff retrace ici avec une délicatesse et une force remarquable. 

 

Editions : Libretto - ISBN : 978 2 7529 9767 7 - Poche : 383 pages - Prix : 10,80 euros

 

Mon avis : Volodia

J'ai été agréablement surpris  par la manière délicate et sensible, dont nous est présenté l'histoire de ce couple hors du commun, de leur amour qui fait accepter à Einart sur la demande de son épouse et pour la "dépanner" de revêtir une tenue féminine, et qui suite à cela y prendra goût au point de devenir double. Lily" s'immisce alors dans le couple prenant petit à petit possession d'Einart jusqu'à l'absorber en totalité.

L'amour de Greta, qui depuis plusieurs mois sent que son mari lui échappe, se refuse à elle, dissimulant son mal être sous divers motifs.  Leur amour mutuel enfin qui fera que Greta acceptera l'innommable, prendra rendez-vous avec des spécialites pour savoir comment aider son époux à se sentir mieux. Taxé d'homosexuel, de travesti, de schizophrène. Considéré comme dangereux pour lui même et pour les autres, il risque l'enfermement d'office au Danemark.

Le couple se réfugie en France ou "Lili" s'épanouie et se démène pour faire reconnaître son âme féminine afin d'avoir une vie à part entière. Suite à sa rencontre avec le professeur Bolk, qui pouvait le transformer en ce qu'il aspirait le plus, il le suivit en Allemagne en pleine montée du nazisme, afin de devenir  Lili pour l'éternité.  Il subit cinq interventions chirurgicales et c'est suite à des complications survenues lors de la dernière qu'il trouva la mort. 

 

David EbershoffA propos de l'auteur :

Né en 1969, à Pasadena en Californie, diplômé de Brown University et de l'université de Chigago, David Ebershoff a également étudié au Japon. Il vit à New York, est éditeur chez Randon House. The Danish Girl, publié en 2000 est son premier roman.

 

6 juillet 2018

Le Nain de l'ombre - David Madsen

 

9782752905468FSQuatrième de couverture :

"Léon est un homme de grande taille, au teint bistré, un peu gras (bouffi, disent les mauvaises langues). Il marche en se dandinant et monte à cheval en amazone à cause des ulcères de son cul". C'est ainsi que Peppe, nain bossu et chambellan de Sa Majesté, présente dans ses mémoires sulfureux son maître bien-aimé, le pape Léon X. Ce prince de l'église, qui protégea Raphaël et Michel-Ange mais condamna Luther, courait aussi les ruelles pour lever des michetons.

Autant dire que les hommages rendus n'obéissaient pas, loin s'en faut, à ce que l'histoire officielle vanta de la Renaissance italienne. Léon était certes un ami des arts, mais aussi un être de chair ( et de quelle trempe ! - dont le désir, dans sa grande sagesse, n'était autre, en attendant mieux, que d'atteindre le ciel sur la terre.

 

Editions : Phébus - ISBN : 9 782752 905468 - Poche 377 pages - Prix : 10 euros

Mon avis : Volodia

A travers les mémoires de Giuseppe Amadonelli dit pepe, nous découvrons toute une période de la Renaissance Italienne, dans tout ce qu’elle a d’exubérant, de décadant et de violent.

Nain contrefait et difforme, né en 1478, dans le quartier du Transtévère, quartier populeux, malfamé et miséreux de Rome, il nous raconte sa vie : Né d’un viol, détesté et maltraité par sa mère alcoolique et incestueuse, illettré et souffrant mille maux en raison de son infirmité, sa vie n’est qu’un nœud de douleurs et son avenir ne s’annonce guère brillant.

Sa rencontre avec une jeune fille qui l’initiera à la Gnose, doctrine religieuse par laquelle l’homme appréhende le divin, lui permettra de s‘élever intellectuellement, et d'arriver par son intelligence jusqu’au plus hautes fonctions en devenant le Chambellan et confident du Pape Léon X.

Nous suivons histoire et son ascension auprès de Léon X, au goût prononcé pour les jeunes gens bien pourvus par la nature et dont les assauts ne sont pas sans conséquence pour son postérieur. Il nous le dépeint comme un amoureux des arts et des lettres, avec toutefois des choix artistiques tributaires de son penchant particulier.

C’est avec une grande intelligence qui n’a d’égale que sa sensibilité, que Pépé nous relate sa rencontre avec Raphaël qui ne peut faire son portrait car il ne peut peindre que la beauté et c’est dans un langage coloré et cru que Pépé nous narre les colères de Léon X aux provocations de Luther, ses démêlés avec tous les Grands de cette époque : Alexandre Borgia, Jules II, Louix XII, François 1er, Henri VIII, Maximilien 1er, Charles Quint.

David Madsenn, nous livre un récit haut en couleur et d’une grande érudition. Son roman mélange allégrement, histoire d’amour, faits historiques, intrigues, lucidité et humanisme. 

A propos de l'auteur :

Derrière le pseudonyme de David Madsen se cache un philosophe de langue anglaise, féru de théologie, qui vit à Copenhague et qui pour l'intant refuse de tomber le masque.

Le Nain de l'ombre qui est son premier roman a été couronné livre de l'année 1995 par le très remuant Gay Times. Ce livre a fait scandale en Grande-Bretagne, où la vision érudite et provocante qu'il donne de la Renaissance lienne en a choqué plus d'un.

 

25 octobre 2012

Je bande donc je suis - Erik Remès

jE BANDE DONC JE SUISJe bande donc je suis est un de ces romans qui marque son époque. Récit d'une décennie, il se place d'emblée dans la texture des années 90, tant il évoque l'urgence, la quête individuelle de sens et la fragmentation du réel.

Mais s'agit-il vraiment d'un roman sur "la manière dont les pédés baisent entre eux" ? Assurément oui, de prime abord, mais très vite le lecteur se rend compte que le propos n'est pas si simple, ou du moins ne peut se réduire à la scrupuleuse comptabilité des milles et une façons dont un jeune gay aujourd'hui peut user et abuser de son corps.

L'auteur sait aussi qu'il ne fera pas l'économie de devoir se justifier sur la manière dont son héros aborde la sexualité au temps du sida. On le traitera d'irresponsable pour avoir mis en avant un personnage séropositif qui non seulement a des relations sexuelles non protégées, mais revendique même le désir du sexe sans précaution, en toute connaissance de ses conséquences.

Par-delà la mise en avant d'un certain mode de vie, l'auteur nous invite surtout à partager une recherche exigeante, celle de la connaissance de soi.

 

Editions : La musardine - ISBN : 978 2 84271 453 6 - Poche 245 pages - Prix : 8,70 €

 

Mon avis : Volodia

Le titre déjà fait scandale au point que je me suis demandé si j’allais lire ce livre ou bien le classer d’office dans les non « fréquentables ». Erik Rémès se veut choquant, et ne s’embarrasse pas de faux semblants et de fioritures. Les termes sont crus et efficaces, et le titre de son livre peut attirer les amateurs de livre de culs, soit en dégoûter les autres.

Dans ce livre, l’auteur met en scène l’histoire de Berlin Tintin, et Berlin Tintin se raconte, son enfance, son abandon, ses problèmes de genre, sa relation déjà bien affirmée au sexe, malgré son jeune âge (11 ans), et ses relations d’enfant déjà adulte avec des ouvriers maghrébins . Sa séroposité à 18 ans qui découle d’une trahison et sa tentative de suicide..; 

« A 19 ans alors que 15 000 cas de sida ont été recensés en France, et estimant qu’il n’a plus rien à perdre , il fonce, ailes déployées prêt à se consumer. Conscient d’être porteur VIH, mais voulant se sentir léger, recherchant comme tout jeune de 20 ans le plaisir, le plaisir de la chair, l’oubli, se vouloir « heureux coûte que coûte, être positif avant d’être séro-machin quelque chose », il hante les parcs, les toilettes publiques de la ville, s’enfonce dans les back rooms à la « recherche de sexes et de trous torrides ». Il se libère de cette honte d’être un pd, un enculé. Vivant dans le Marais, il n’a aucun problème pour draguer et trouver des partenaires; 

Il s’initie à toutes les pratiques et se livre à tous les excès pour oublier sa solitude pour se prouver à lui comme aux autres séronégatifs qu’il vit, pleinement conscient, mais affranchi de toutes les barrières morales. Il est libre d‘être différent. Il n‘est pas une statistique. Lui il est vivant. 

Ce qui choque dans son livre, à part le le titre, c’est qu’il ne met aucun tabou a décrire le « milieu gay » pas celui des gentilles folles dont la passion résident uniquement dans le paraître, mais également les endroits plus sombres de l’esprit et de la perversion humaine, dans les plaisirs Sado-maso avec tout ce que cela comporte de pratiques, et pour certains d’aversion. De risques assumés et acceptés pour beaucoup, la sécurité-santé étant sacrifiée sur l’autel des plaisirs physiques. 

Lorsqu’Erik Rémès a présenté son livre dans une émission télévisée d’Ardisson ou était également invité Didier Lestrade, et que ce dernier lui reprochait son apologie du bareback, et entre-autres, d’avoir contaminé sciemment ses partenaires, Rémès a répondu qu’il s’agissait d’un roman, et qu’il s’agissait pour lui de décrire la réalité du terrain afin de mieux s‘en préserver... Hum, je dois avouer qu’à la lecture de son livre, il m’est arrivé de douter, de me demander si je lisais une fiction ou une autobiographie romancée de la vie de l’auteur. 

Connaissant par leurs textes les deux auteurs et ayant rencontré physiquement et lui ayant parlé Didier Lestrade, il faut convenir que c’est un militant pur et dur, à grande gueule, qui ne fait aucune concession, à raison sans doute, puisque lui aussi séropositif. Je ne connais Erik Rémès pour l’instant que par deux trois livres que j’ai lu de lui, et par quelques contacts internet en tant qu’admirateur de ses peintures, et je dois avouer que j’ai été agréablement surpris. 

Sans m’attendre à un m’as-tu vu, je m’attendais à une personnalité plus marquée. Non qu’il n’en ait pas, j’ai juste été surpris par sa simplicité, sa discrétion, sa gentillesse et une certaine réserve sur sa vie privée que je n’imaginais pas. Tout cela fait que j’ai beaucoup de mal à l’imaginer percer des préservatifs pour contaminer sciemment ses partenaires. D’un autre côté, il dit fréquenter les endroits de dragues ou il « baise » sans préservatif…. Et de l’autre, il est marié et n’a pas contaminé son partenaire (même si depuis il a divorcé). Donc l’un serait-il un défouloir pour éviter de souiller l’autre ??? 

Bref, ce livre est intéressant à plus d’un titre, non seulement pour « naviguer » dans le monde de l’amour gay, mais également pour les interrogations qu’il soulève, à chacun de trouver les réponses à ce qu’il cherche. 

 

3 octobre 2012

Kannnibal - Erik Rémès

9782846281751Quatrième de couverture  :

J'ai commencé par les animaux. Eventrer - étriper - dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cette continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsqu'arrive la puberté, vers l'âge de 12 ans, pervers, un nouvel élément vient s'insinuer dans mon fantasme et l'idée de manger mon prochain finit par s'ajouter tout naturellement à mon rituel.

Le 10 mars 2011, l'Allemagne découvre, effarée, le plus atroce fait divers depuis l'après-guerre. Ralf M., un homme de 41 ans a émasculé, égorgé, dépecé et dévoré un ingénieur berlinois de 43 ans, Karl-Einz B. avec son consentement, à la suite d'une annonce passée sur internet.

C'est à ce faits divers hors norme que s'est intéressé Erik Rémès, remontant dans le passé du cannibal élevé par une mère castratrice, en proie aux risées des enfants de son âge. S'immergeant dans son personnage, il  nous en montre tous les contours pour tenter de comprendre ce qui pousse un homme à dépasser les bornes de l'horreur. Grâce aux éléments de l'enquête et à divers témoignages, Erik Rémès a reconstitué le drame et les semaines les précédant.

D'une écriture précise et envoutante, Erik Rémès nous fait vivre ces instants de folie où victime comme bourreau communient avec l'horreur.

Editions : Editions Blanche - ISBN : 9 782846 281751 - Broché 205 pages - Prix : 17 euros.

 

 Mon avis : Volodia

Je ne sais quoi penser et du livre et de son auteur. Ce livre est une monstruosité, de par les faits qui se sont déroulés et de la façon dont-ils sont relatés par Erik Rémès. Malgré que je ne sois pas parvenu à "entrer à l’intérieur" de l’histoire en me mettant dans la peau de l‘un ou de l‘autre des protagonistes, j’en ai ressenti les effets, malsains, dévastateurs. Je l’ai lu en 'spectateur" ce qui n’est déjà pas si mal ; Et nombre de fois le dégoût m’est venu aux lèvres au point d’avoir été dans l’obligation de faire des pauses, en fermant le livre, que j’ai réussi à finir par "épisodes".

Ce récit est, nous dit son auteur, un fait divers réel, largement interprété (là il s’est défoulé dans le nauséabond, dans tous les sens du terme) et la description de ce qui je suppose a été portée à la connaissance du public m’a remplit d’effroi. De même, j’ai du mal à saisir comment Erik Rémès a pu écrire un tel livre. Dans quel état d’esprit était-il ? car il semble mettre une certaine complaisance à décrire et à faire des redites sur les perversités de Ralf, l’auteur des faits, et les supplices endurés par sa victime, consentante peut être à mourir, mais certainement pas à être suppliciée d’une telle façon, faisant preuve parfois d’un humour noir plus que douteux dans les dialogues qu’il leur fait tenir ou qu’il leur impute. Et je ne parle pas des recettes de cuisine développées dans le livre à base des chairs et des abats du malheureux Karl-Heinz.

 Ralf (l’auteur des faits comme l’auteur du livre Erik Rémès, insistent sur cette mise à mort désirée, voulue, et donnée par amour. Hum, alors si c’était le cas, comment interpréter ses phases de lucidité dans lesquelles il reconnaît et dit la "puanteur" de telle partie du corps de son amant, les mots orduriers qu’ils lui lancent à la figure alors qu’il est en train d’agoniser..

Erik Rémès relate les faits en se plaçant parfois en spectateur, puis en se mettant en scène dans la peau du supplicié, le faisant parler, en lui prêtant des propos sortis tout droit de son imagination. Puis, il se place dans la tête du bourreau et essaye de nous entraîner dans son univers de perversion et de folie meurtrière.

C’est sans doute ce qu’il voulait démontrer en nous relatant cette sordide histoire. C’est un livre choquant par la cruauté des faits, mais également par la délectation que prend l’auteur à vouloir nous faire pénétrer le sens d’une folie meurtrière et dans sa description. Son parcours intellectuel et professionnel y sont certainement pour quelque chose.

erik remesA propos de l'Auteur :

Journaliste d'expérience, Erik Rémès est titulaire de maîtrises de psychologie clinique et de philosophie. Il a longuement enquêté sur ce qu'il qualifie "d'histoire d'amour hallucinée et psychotique".

8 février 2010

Un amour sans résistance - Gilles Rozier

51D7GJP0T3L__SL500_AA240_Quelque part en France, pendant la seconde guerre mondiale, un professeur d’allemand, amoureux de la langue de Heinrich Heine, cache dans sa cave les livres interdits par le régie nazi. Il n’est pas résistant, et accepte de traduire certains documents pour la Gestapo parce que sa sœur est maîtresse d’un SS.

 A la faveur d’une visite hebdomadaire à l’officine nazie, il aperçoit dans un couloir, au milieu d’un groupe de prisonniers, un jeune juif polonais dont il tombe immédiatement amoureux à cause de ses yeux couleur turquoise. Comme par enchantement, il le soustrait  aux griffes de ses futurs tortionnaires et le cache dans les ténèbres de sa bibliothèque clandestine. Chaque jour, il descend à la cave pour s’entretenir avec Hermann, son protégé, dont le corps l’obsède. Il découvre ainsi que l’amour physique, la langue allemande et la langue yiddish ont  chacun leur charme. Le professeur d’allemand, qui par ailleurs est marié, extorque, on l’a compris, le don de son corps au jeune juif en échange de la vie sauve.

 

5 octobre 2009

Le Gentilhomme Assassin - Philippe Guimet

A ne mettre que dans les mains d'un public très averti donc + 18 ans

le_gentilhomme_assassinArrivé à l'apogée de sa carrière au services de la Couronne de France, Henry de Mondétour exerce les talents d'ange exterminateur auprès du cardinal de Fleury, principal ministre du jeune Louis XV. Sous ses ordres, il embarque pour un périple licencieux à travers une Europe déchirée entre Ombres et Lumières. De Paris à Florence, de Londres à Saint-Pétersbourg, de Naples à Constatinople, ses rencontres avec l'impératrice de Russie, le roi de Prusse et le dernier des Médicis ne seront pas sans conséquences innatendues. Mais les amis frimassons d'Henry s'inquiètent : jusqu'où l'exigence de jouir le conduira-t-elle ? Parviendront-ils à le détourner des penchants criminels vers lesquels ses ennemis l'entraînent ?

 Toujours fidèle à la véracité historique. Philippe Gimet nous convie, avec le gentilhomme assassin, à une odyssée baroque où se mêlent hommes de Cour, artistes et assassins : une luxurieuse invitation au voyage

 Mon avis :

Suite et fin de l'histoire des bardaches ?  J'espère que non, j'ai dévoré ce volume au même titre que les deux précédents avec toutefois une préférence pour "l'élixir d'oubli". Dans ce dernier volume, notre bardache à vieilli mais n'a rien perdu de ce qui a fait son succès auprès de tous les débauchés du royaume et des Cours d'Europe. Il a même, malgré le changement annonçant à plus ou moins long terme la disparition des bardaches, pu conserver les accointances de la police et du clergé...

Cette trilogie racontant la vie des bardaches se lie comme un roman d'aventures avec l'érotisme en plus.

Philippe Gimet est né dans le Sud de la France en 1963. Après des études littéraires et artistiques, il a exploré, de Marseille à Montréal en passant par Istanbul et Bruxelles, tous les maillons de la chaîne graphique, puis s'est fixé à Paris pour y exercer le métier de journaliste spécialisé. Il a déja publié, chez H&O. Le Sceau de Kropotkine et l'élixir d'oubli.

20 janvier 2021

Plus vivant que jamais ! - Jean-Luc Romero-Michel

Romero-4-Plus-Vivant-que

Quatrième de couverture :

Le 29 mai 2018, Jean-Luc Romero-Michel, alors en déplacement est alerté par un ami : son mari Christophe, a disparu. Attendu au matin sur un salon dans le cadre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité dont il est le secrétaire-général, il ne s'est pas présenté et ne répond pas au téléphone. Ce n'est que quelques heures plus tard que, convoqué au commissariat, Jean-Luc apprendra sa mort.

Passé la brutalité et le choc inouïs de la nouvelle, il lui sera révélé les circonstances de son décès, survenu lors d'un eprise mortelle de drogues de synthèse. Pour Jean-Luc, c'est la stupeur, mêlée à un chagrin et une douleur sans nom.

Comment accepter et survivre à l'inacceptable ?

Adressé à Christophe, cette lettre rédigée sous forme de journal est d'abord une histoire d'amour - un amours non conventionnel, qui s'impose peu à peu comme une évidenc. Un amour fait de voyages, de passions, de combats communs et d'un mariage le 27 septembre 2013. Mais c'est aussi une histoire de deuil, de douleur et de résilience : l'histoire d'un homme confronté à l'horreur et à l'indignité, qui pousse un cri d'alerte face au mutisme des pouvoirs publics sur l'explosion de ces drogues qui causent des ravages parmi les jeunes et dans le milieu de la nuit.

Editions : Michalon/Massot éditions - ISBN : 9 782841 869466 - Broché : 292 pages - Publication : Juin 2020 - Prix : 19 €

Mon avis : ChezVolodia

Tout d’abord, je dois avouer avoir lu ce livre par curiosité, une curiosité malsaine de voyeur. Je ne connais pas personnellement Mr Jean-Luc Romero, sinon au travers de son combat pour le droit de mourir dans la dignité et dans sa lutte contre le sida. Je dirais même plus, honte à moi, d’en avoir entendu parler seulement depuis quelques années - alors qu’il est adjoint au maire du XIIème arrdt de Paris - et  m’y suis intéressé pour les raisons ci-dessus évoquées.

Ce livre est à la fois un journal intime, une lettre d’amour et un hommage à son défunt mari. J’ai eu quelques difficultés à y « entrer », justement, en raison de l’intimité de ces confidences, mais également en cause, une suite d’énumérations de réunions, de déplacements professionnels, de résidences hôtelières dans des pays dits paradisiaques dont j’ai eu du mal à comprendre l’utilité dans le récit. Mais en y réfléchissant, il s’avère qu’ils ont toutes les raisons d’y figurer, Christophe son époux étant lui-même un fervent militant, très actif dans les partis représentés par Mr Romero. Et puis, c’est bien cette activité de militant qui les a rapproché. Donc même si j’ai trouvé un peu fastidieux, et lu en diagonale cette suite d’énumérations je les ai comprises.

Mr Roméro est un homme gentil, profondément gentil, au point qu’il en dégouline de gentillesse par tous les pores de la peau et au fil de sa plume. Il est incapable, à moins qu’on ne lui montre preuve à l’appui (actes et lettres homophobes) la noirceur d’âme de certains. Son amour pour son époux a été et est toujours inconditionnel quels que soient les évènements qui aurait plus lui faire douter de la réciprocité.

En effet, après les circonstances sordides de son décès, on aurait pu croire qu’après la sidération, l’anéantissement, surviennent la colère et la rancœur pour un amour, pour une partie de jambes en l’air. Mais non, malgré ce coup du sort terrible, aucun reproche, juste l’incompréhension et ça « chapeau », j’admire !

Un reproche peut être, il aura fallu ce malheur touchant au plus profond de l’être pour qu’un homme politique ose parler en public de ces morts anonymes du Chemsex. Car si depuis un certain temps maintenant de grandes voix de la communauté gay, et de certains addictologues s’élèvent contre cette pratique du sexe sous drogues, on a l’impression qu’elles prêchent dans le désert. Jean-Luc Romero, nous explique en quelques pages seulement les dangers de ces drogues de synthèse tout en nous expliquant les difficultés à les faire disparaître, ce qui est bien, mais j’aurais préféré qu’il envisage une action plus « poussée » plus ouverte, plus politique pour lutter contre ce fléau qui décime pour la plupart du temps toute une jeunesse.

Le deuil peut se faire en retournant dans les endroits que l’on a parcouru à deux, en se remémorant les jours heureux, mais il peut également accroître le sentiment de solitude, chacun le fait de la façon dont il le ressent. Jean-Luc Romero a choisi d’atténuer sa douleur en gardant son époux à l’esprit et en le faisant revivre dans celui des autres.

J’ai trouvé que ce livre était un très bel hommage malgré des pages que pour ma part j’ai trouvé un peu ennuyeuses à lire (réunions, déplacements, etc…) hum oui, je ne suis pas militant donc...

 

Mon ressenti : Indiangay

Comme mon compagnon, ce qui m’a fait lire ce livre est qu’il a été écrit par un homme politique. Mais pas n’importe lequel, un qui ose dévoiler son homosexualité, sa séroposivité, sa prise de position et son militantisme pour une cause encore tabou en France,le mourir dans la dignité - en rejetant tout acharnement thérapeutique et en choisissant le moment de quand « partir » -, son amour pour un jeune homme de plus de la moitié de son âge et qui en plus à l’impertinence d’épouser. Cet homme peu banal a de quoi intéresser.

Je suis d’accord avec mon compagnon lorsqu’il dit que Jean-Luc Romero-Michel est gentil, c’est vrai et ça se vérifie tout au long de son livre, aucun mot de haine envers ceux qui se permettent des réflexions déplacées, aucune aigreur et/ou rancœur envers son compagnon qui le laisse dans l’incompréhension et le désarroi le plus total. Au contraire, il fait de son amour un autel ou il peut se recueillir à loisir, il continue seul, tout en étant deux, à se rendre dans les pays ou ils ont été heureux accomplissant ainsi un pèlerinage qui se veut tout sauf morbide.

Je ne parlerai pas de son militantisme qui était sans aucun doute sans faille et qui leurs ont occasionné de nombreux déplacements à travers toute la France pour ne pas dire le monde, mais que je ne connaissais que par oui dire, n’étant militant pour aucune cause hormis la cause tamile.

Ce qui m’a par contre gêné ce sont ces confessions intimes sur son couple. En Inde et dans notre famille, il est malséant de montrer ses émotions et d’autant plus se répandre au dehors. Mais il semble qu’en Occident cela ne choque personne donc je suppose qu’il s’agit de cette fameuse différence culturelle.

D’autre part, bien que marié il s’accordait l’un et l’autre une vie intime en dehors du mariage et là, ça coince réellement. Pourquoi se marier si chacun fait sa vie de son côté ou accepte que le conjoint fasse ainsi ??? Quant à cette tragédie due à du sexe sous drogues, il m’est impossible de comprendre que l’on puisse se droguer pour honorer son partenaire ou devrais je dire ses partenaires. Cette course du plaisir, de l’endurance et de la performance ne rime à rien sinon à s’enfoncer dans le glauque, le sordide.

Mais bon ce je n’ai pas à juger, simplement à  constater que malgré ce coup du sort qui l’a laissé anéanti, Jean-Luc Romero a su relever la tête en dévoilant l’innommable et ça pour un homme politique c'est fort courageux, surtout lorsque l’on sait les critiques et autres que ce choix de vie induit.

12 novembre 2018

Retour à Duvert - Gilles Sebhan

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Pas de quatrième de couverture.

Editions : Le Dilettante - ISBN : 978 2 84263 833 7 - Broché : 286 pages - Prix : 21 €

Mon Avis : Volodia

En août 2008, l'écrivain français Tony Duvert, auteur subversif dont les essais pédophiles lui vaudront de rejoindre l'enfer des bibliothèques, était retrouvé mort dans une maison de Thoré-La- Rochette en Touraine, 

Le moins que l'on puisse dire c'est que Gilles Sheban n'a pas choisi la facilité en décidant de publier non seulement une, mais deux biographies : La première en 2010 s'intitulait : Tony Duvert l'enfant silencieux, un récit évoquant sa vie à partir de quelques témoignages.

Après la sortie de son livre de nombreuses personnes se sont manifestées. Des proches, dont son frère ont accepté de témoigner. Des correspondances et des nombreux clichés qu'il a reçu et la conscience qu'il s'était peut être censuré l'ont poussé à rouvrir le dossier de cet auteur sulfureux.

L'homme, sulfureux et maudit, peu sympathique au demeurant, mais talentueux, et qui pour ma part ne m'inspire aucune empathie pour la mort sordide qu'il a eue - il vivait dans une quasi réclusion et était mort depuis plusieurs semaines lorsque la police l'a découvert. Personne dans le village ne s'était inquiété de ne plus le voir -.

Arrogant, provocateur, sûr de lui, belliqueux, ayant les femmes en détestation, pédophile et fier de l'être, défrayant la chronique, provocant scandale et bagarres, créant des polémiques à la moindre occasion. Il a fini par se fâcher avec tout le monde y compris avec ses meilleurs amis.Toujours fauché et comptant sans retenue sur ses amis, sa famille pour subvenir à ses besoins tout en étant jamais satisfait. 

Pédophile et fier de l'être, il n'hésitait pas, dans ses livres, à afficher ses goûts et à les mettre en scène. Prix Médicis en 1973 pour "Paysage de Fantaisie", il a publié entre autres : l'Ile Atlantique, Un anneau d'argent à l'oreille, l'enfant au masculin, et bien d'autres encore tous tournant autour de la pédophilie.

Gilles Sheban tout en prenant de la distance, et en maintenant une certaine réserve dans ce livre est allé au bout des secrets entourant la vie et la mort de cet auteur.

 

22 juin 2014

Retour parmi les hommes - Philippe Besson

 

9782264056849FS

Quatrième de couverture :

En 1923, après des années d’errance, Vincent retrouve à Paris la compagnie des hommes. Dans cette ambiance « années folles », difficile de reconnaître la vie de son enfance. Sa rencontre avec Raymond Radiguet, dandy génial et noctambule extravagant, donne à sa vie une tournure inattendue. Mais le malheur guette l’enfant du siècle et ne tarde pas à frapper de nouveau.

Editions : 10/18 - ISBN : 9 782264 0556849 - Poche 180 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

Ce livre fait suite au livre du même auteur « L’absence des Hommes » mais, à mon sens, ils peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

Dans ce volet, nous retrouvons notre jeune aristocrate, qui pour fuir la douleur provoquée par la mort au cours de la première guerre mondiale de son ami Arthur, va errer à travers le monde, de pays en pays, passant les frontières, sans arriver à trouver la paix, pour finir par se poser en Amérique ou il va accepter n’importe quel emploi pour survivre.

Sa famille qui n’a cessé de le chercher durant sept ans, va finir par le retrouver, grâce à son nom si français « Vincent de l’Etoile » qu’il n’a pas jugé bon de changer à son arrivée à Ellis Island. Il accepte donc de revenir chez lui, mais subit régulièrement les remarques acerbes de sa mère, qui le juge responsable du décès de son père, durant son absence.

Son retour en France coïncide à la période des années folles et lui fait découvrir un monde qui souhaite oublier la guerre, la boue, les morts en s’étourdissant dans un tourbillon de lumières et de fêtes. D’abord spectateur de ce qui se passe autour de lui, il devint acteur en faisant connaissance avec Raymond Radiguet, jeune écrivain prodige de 20 ans, dont le premier livre parut avec succès : Le diable au corps, suivi d’un second non moins prometteur : Le bal du comte d’Orgel, le tout parfumé de scandale, qui l'entraine à sa suite à la découverte des grandes figures de l'époque.

Il devient intime du jeune homme, hétérosexuel, aimé par ailleurs de Bronia, jeune modèle polonaise et de Jean Cocteau qui ne peut contenir sa jalousie vis-à-vis de la jeune fille. Vincent se reconstruit lentement auprès de Radiguet qui pour lui incarne l‘avenir, mais celui-ci tombe malade et meurt précocement d‘une fièvre typhoïde. Vincent n’ose pas se rendre à l’enterrement. A quel titre irait-il ?, il se contente de suivre de loin en pensée.

Entre interrogation et culpabilité, il note : «  les morts me rendent la vie ».

Même si dans ce volume il n’y a pas vraiment d’action, de surprise, l’auteur s’attache à nous dépeindre les sentiments éprouvés, les émotions ressenties par ses divers personnages. Différent du premier livre, mais absolument pas décevant. C‘est fin, délicat, plein de pudeur et de sensibilité. Bref j‘ai aimé.

Ci-dessous : lien du livre en "l'Absence des hommes "

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2014/03/18/29467275.html

 

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