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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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Dobro Pojalovat - Littérature LGBT

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23 juin 2010

Hotel de Dream - Edmund White

9782264048936En 1900, à 28 ans à peine, l'écrivain américain Stephen Crane se meurt de la tuberculose au fin fond de la campagne anglaise. Sur son lit de mort, il souffle à sa dévouée compagne Cora, jadis tenancière du bordel "Hotel de Dream", en Floride, les lignes de son ultime récit. "Le Garçon Maquillé", ce roman dans le roman, retrace la relation d'un jeune prostitué rencontré quelques années plus tôt dans les bas-fonds new-yorkais avec Théodore, un banquier marié et petit bourgeois foudroyé par sa beauté. Jusqu'à ce que la passion commette ses ravages...

Entre l'Angleterre et une clinique de la Forêt-Noire, Crane vit sa dernière chance de renouer avec ce récit abandonné, jugé trop licencieux par ses pairs. L'occasion de se replonger dans les méandres de son existence et d'achever l'oeuvre d'une vie.

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23 juin 2010

Mémoires d'un eunuque dans la Cité Interdite - Dan SHI

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Quatrième de couverture :

Yu Chunhe, eunuque au palais de l'impératrice Xiaoding, l'épouse de l'empereur Guangxu de la dynastie des Qing nous livre ce témoignage exceptionnel sur la vie quotitidenne des castrats et sur celle de leurs maîtres.

Entré dans la Cité Interdite en 1898, à l'âge de 17ans, il y passera 18 années terribles, marquées par la guerre contre les étrangers, l'exil de la cour à Xian, le traité de paix, la révolution, l'avènement de la République et la chute de l'empire.

Ses mémoires, riches en intrigues et portraits acerbes des familiers de la cour, nous en aprennent plus qu'un livre d'histoire officielle. Description édifiante des moeurs d'une époque, de sa décadence et de sa corruption, les Mémoires d'un Eunuque dans la Cité Interdite constituent un document historique unique, mais sont avant tout le récit émouvant du destin tragique d'un adolescent vendu aux trafiquants d'enfants de Pékin qui fournissaient le palais impérial en eunuques.

Yu Chunhe révèle ce qui a souvent été occulté sur la vie privée de ces innocents, châtrés de force pour être ensuite emprisonnés entre les murs de la Cité Interdite où ils étaient traités en esclaves, insultés, battus, tués selon le caprice de leurs maîtres.

L'une de ces vies meurtries fut enregistré par Dan Shi, historien spécialiste de la dynastie des Qing, qui décida de le publier sous la forme d'un roman.

 

Mon avis : Indiangay

Je trouve bien que l'on distingue les eunuchs dont la castration a été forcée, des transexuelles, et autres homosexuels. En effet,  trop de ces personnes sont encore mises dans le fourre tout des trangenres qui comprend tout et n'importe quoi qu'on ne sait assigner distinctement.

Car on pouvait à cette époque comme dans une autre plus lointaine être un eunuch, sans pour autant être homosexuel. Prise de guerre, gardien des appartements des femmes et/ou attaché aux services des femmes de harems et de zénanas voire tout simplement être offert en cadeau pour satisfaire aux plaisirs du prince et/ou du seigneur en titre.

 

Mon avis Volodia :

La Chine est loin et ses coutumes complexes. J'ai découvert à travers ce livre magnifique et auto biographique des traditions dont certains aspects qui s'ils m'étaient connus, d'autres l'étaient beaucoup moins, car passé sous silence, par pudeur ? par honte de ceux-ci ?

Toujours est-il que le pouvoir exercé par les eunuques dans les cours royales et princières dans quelques pays que ce soit était considérable pour  peu qu'ils aient eu les faveurs de leur maitre ou maitresse. Ce que je savais, comme tout le monde, c'est qu'en Orient et en Asie ils étaient les gardiens de la "tranquillité" des femmes. Ce que je ne savais pas, c'est que malgré leur état et le mépris de la population dont il faisait l'objet, ils entretenaient également des harems constitués de leurs épouses et concubines, que des familles pauvres mariaient leur fille avec un eunuque, et que malheusement, il arrivait fréquemment qu'ils les éventraient, par accident, lors des rapports sexuels, leur libido étant non maitrisée et leur prothèse maniée trop vigoureusement.

Leur avidité de pouvoir, de richesses, de femmes était-elle la résultante de leur état ? une compensation de ce que leur avait fait subir la Société et surtout leur père par une castration forcée ?

Ce livre est particulièrement intéressant, car il nous dévoile un monde à part, composé de milliers d'hommes vivant enfermés dans la cité interdite, avec ses codes de soumission et dont l'espérance de vie étant dépendante du bon plaisir de leur maître, voire de la jalousie d'un concurrent.

 

 

21 juin 2010

La meilleure part des hommes - Tristan Garcia

Tristan_garciaDominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années 80 le premier grand mouvement homosexuel en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. Tous deux s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice, journaliste, et de son amant, un intellectuel médiatique.

Nous assistons avec eux à la naissance joyeuse et à la fin malade d'une période décisive de l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.

Mot de l'auteur :

Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida. C'est le récit fidèle et violent de trahisons, le portrait de la pire par des hommes et - en négatif - de la meilleurs.

T.G.

21 juin 2010

La mort du moine - Alon Hilu

9782020829878Damas 1840. Un jeune homme juif, Aslan Farhi, homosexuel, fils d'un notable de la communauté déclenche malgré lui une série de malheur qui sera connue dans l'histoire sous le nom de "l'affaire de Damas". Les juifs du monde entier se mobiliseront pour prendre la défense de leurs frères persécutés.

Mêlant fiction et documents, plongeant tour à tour dans les méandres de la personnalité tourmentée d'Aslan et dans ceux, sensuels et mystérieux, de Damas, restituant avec verve la vie quotidienne des juifs sous l'Empire Ottoman, Alon Jilu conduit ses lecteurs d'une main sûre, dans une langue baroque et souple, qui joue avec un égal brio du registre émotionnel et poétique jusqu'au final poignant.

Roman historique, histoire d'amour, conte cruel, La Mort du Moine met en scène des personnages hauts en couleur : le père Tommaso, vieux moine débauché, Raphaël Farhi, le père brutal, Jacob Antebi, le Grand Rabbin de Damas, doux et héroïque, Oum-Dijan la chanteuse des bas-fonds. Mahmoud Altali, le bel enquêteur chrétien aux yeux bleus. Ensemble, ils forment une fresque humaine qui donne à ce livre son rythme trépidant et sa vitalité.

16 mai 2010

"Les Condamnés" - Philippe Castetbon

9782845472099"Les condamnés : dans mon pays ma sexualité est un crime".

"Condamnés à la terreur, condamnés au mensonge et à l'humiliation, condamnés à l'exclusion, condamnés à la prison et aux violences, condamnés à la fuite ou à la mort". Recueil de portraits d'hommes obtenu uniquement par le biais d'internet, accompagnés de courts témoignages et de lois en vigueur dans un peu plus de 80 pays qui condamnent l'homosexualité.

Cet ouvrage est un vibrant hommage à toutes les personnes qui vivent leur sexualité dans la peur et la souffrance.

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16 mai 2010

"L'enfant Poisson" - Lucia Puenzo

lenfant_poissonPeu connue comme auteure (c'est son premier roman traduit en français) sa notoriété c'est plutôt bâtie sur le deuxième film qu'elle a réalisé : XXY traitant de l'hermaphrodisme et sur son dernier long métrage directement sorti de de livre.

Deux filles que tout sépare, la petite bourgeoise et sa bonne, s'aime  à la vie à la mort et c'est peut dire quand cela débouche sur un meurtre, la fuite et la prison. Histoire cruelle et sensuelle empreinte d'un certain réalisme-magique, propre à l'Amérique Latine, elle ne cesse de surprendre et l'on salue avec enthousiasme l'audace de cette jeune créatrice venue d'Argentine.

 

 

16 mai 2010

La Princesse - Emmanuelle Bayamack-Tam

livre_la_princesse_deHéroïnomane, ex-anorexique, fétichiste, princesse de nuit... à 25 ans, Daniel a déjà une sérieuse propension aux "vices" en tout genre. Et daniel a beau être un homme, il est femme depuis toujours.

Emmanuelle Bayamack-Tam esquisse ici, le portrait d'un jeune homme conscient de son inaptitude à vivre comme tout le monde et fatigué de jouer au jeu de la duplicité, surtout face à une mère pour laquelle il voue une adoration sans borne.

D'une somme de clichés, l'auteure donne corps au mtf (male-to-female) le plus authentique qui soit. L'âpreté de sa plume, la brutalité des mots et le réalisme des descriptions font de ce roman un récit quelque peu incisif, mais dans lequel le trivialité ambiante donne naissance à une déconcernante poésie.

16 mai 2010

"Lèvres Pêches" - Cui Zi'en

9782070128525Suite de monologues intérieurs, ce roman raconte la terrible histoire d'un père qui après avoir découvert l'homosexualité de son fils le châtre de sang-froid au bistouri.

Quand on sait que l'homosexualité en Chine est encore punie de 5 ans de prison, on a peu de peine à imaginer que ce livre n'a jamais été publié dans son pays. Texte sensible et puissant, entre conte initiatique et philosophique, un nouveau Pasolini à la mode orientale est né.

4 avril 2010

La bâtarde - Violette Leduc

untitled"Mon cas n'est pas unique : j'ai peur de mourir et je suis navrée d'être au monde. Je n'ai pas travaillé, je n'ai pas étudié. J'ai pleuré, j'ai crié. Les larmes et les cris m'ont pris beaucoup de temps...

Le passé ne nourrit pas. Je m'en irai comme je suis arrivée. intacte, chargée de mes défauts qui m'ont torturée. J'aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier".

Ces mots-là, en incipit de La Bâtarde (premier volume de son autobiographie en 1964), que ne les a-t-elle haîs, mâchés, criés, ruminés, couchés sur papier, habités ; marque indélébile d'une enfant née "naturelle" - qui ne l'oubliera jamais -, d'une mère ancienne domestique, et d'un fils de grande famille bourgeoise, qui ne la reconnaîtra pas, née, douloureusement, de deux mondes oposés, insatiable de littérature, d'amour, de femmes, d'hommes de reconnaissance, attirée par le luxe, les milieux différents, narcissique, obsessionnelle, se vivant "laide" et "déchue", telle "une limace sous son fumier" et bâtarde en somme.

Violette Leduc (1907-1972) naît a Arras et grandit à Valenciennes, élevée dans un milieu de femmes ; sa mère, sa grand-mère maternelle, à laquelle elle s'est attachée et qui meurt trop tôt, pour une enfant, sa marraine. Elle est interne au collège, elle y fait la découverte de ses premières amours féminines, Isabelle, puis Denise, de ses premières passions littéraires, Les Nourritures Terrestres et Gide et puis aussi tout un univers livresque, éclectique, salvateur, elle est bonne élève et si on lui demandait à quoi elle rêve, elle répondrait "de devenir écrivain". Sa mère s'est remariée, elle a bientôt un demi-frère. Sa liaison avec Denise, scandalise le collège, elles sont renvoyées.

La famille déménage à Paris. Elle abandonne ses études, ayant raté son bac, et décide de gagner sa vie. Elle entre chez Plon où elle rédige des échos publicitaires, croise nombre d'écrivains, décide d'écrire. Immédiatement, ce qu'elle a à dire se fait intense, violent, résolument impudique, provocateur. Elle se marie en 1939, sur un coup de tête, se sépare trois ans plus tard. Dans la société Synops, où elle est chargée d'écrire des scénarios, elle rencontre Maurice Sachs - amitié amoureuse , qui comptera beaucoup dans sa vie -. Il l'incite à écire ses souvenirs d'enfance. Cela donnera l'Asphyxie. Elle est critique littéraire pour la Nouvelle Revue Critique.

1945 est une date essentielle dans sa vie, et sans doute la plus marquante, parce qu'elle rencontre Simone de Beauvoir. Elle lui apporte son manuscdrit, Beauvoir est saisie par un "corps élégant", un "visage d'une brutale laideur", convaincue d'un talent littéraire certain. Elle la prend en main, lui accorde des rendez-vous mensuels, pour corriger ses écrits, lui verse une aide matérielle, sous forme de pension.

Etrange relation faite de fascination réciproque, d'une fidélité réciproque et pour le moins étonnante, qui liera ces deux femmes que tout sépare ; le milieu social, le physique, le style littéraire, le sentiment ; chez Violette, un amour fou pour Simone de Beauvoir, envahissant, fervent, excessif toujours, parce que rien n'est banal pour cette femme qui veut aimer et toute au "bonheur d'adorer, d'admirer", que c'est pour sa lectrice privilégiée qu'elle écrit, et tout en elle l'exprime, dans une admiration sans bornes.  Chez Simone de Beauvoir qui ne partage pas cette passion, les sentiments restent ambivalents. "La femme laide a commencé un nouveau roman, bon, je crois. Elle y parlera de la sexualité féminine, comme aucune femme ne l'a jamais fait, avec vérité, avec poésie, et plus encore. Ravie que j'aime le début, elle avait l'air un peu moin malheureuse de vivre seule, éternellement seule, juste en écrivant", écrit-elle le 17 mars 1948 à NELSON ALGREN écrivain américain devenu son amant). Le 1er novembre de cette même année, elle lui écrit encore : "Soirée avec la femme laide. Le roman qu'elle prépare n'est pas trop bon et comme elle n'a rien d'autre dans la vie, je n'ose lui dire. Elle continue à se dévorer d'amour pour moi, cette entêtée".

 

 

4 avril 2010

Le puits de solitude - Marguerite Radclyffe Hall

LE PUIT DE SOLITUDE

Quatrième de couverture :

"On la jugeait singulière, ce qui dans ce milieu, équivalait à une réprobation. Troublée, malheureuse, comme un tout petit enfant, cette large créature musclée se sentait seule, elle n'avait pas encore appris cette dure leçon : elle n'avait pas encore appris que la place la plus solitaire en ce monde est réservée aux sans-patrie du sexe".

Le puits de solitude fit scandale lors de sa parution à Londres en 1928, où il fut interdit et les exemplaires imprimés jetés au feu. Marguerite Radclyffe Hall y dépeint l'amour de deux femmes, contrarié par une société hostile, et prend la défense de cette minorité incomprise et méprisée. Véritable plaidoyer de l'homosexualité. Le puits de solitude est aujourd'hui une référence littéraire reconnue par tous.

 

Editions : Gallimard l'Imaginaire - ISBN : 978 2 07 077436 4 -  Poche 572 pages - Prix 13,40 €

 

Mon avis : Volodia

Le roman raconte l'histoire de Stephen (baptisée ainsi par un père qui souhaitait désespérément un fils) douloureusement consciente de son homosexualité dès son jeune âge. A la suite de sa première aventure amoureuse, Stephen est chassée de la maison de famille adorée des Midlands, une région tranquille et riche, et rejoint Londres, puis Paris, pour y devenir un écrivain à succès.

Ambulancière sur le front durant la première guerre mondiale, Stephen rencontre une jeune femme, Mary, dont elle s'éprend - la dernière partie du roman traite de leur relation.

Pour les personnes qui choisissent des amants parmi leur propre sexe, les théories du 19ème siècle sur l'orientation sexuelle sont profondément pessimiste et le sujet traité de façon mélodramatique, avec des effets dévastateurs.

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