20 août 2017

Histoire de la violence - Edouard Louis

Histoire de la violence

Quatrième de couverture :

J'ai rencontré Reda un soir de Noêl. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter chez moi. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble on discutait, on riait.

Vers six heures, il a sorti un révilver et il a dit qu'il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Editions : Points - ISBN : 9 9782757 864814 - Poche 225 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

J’ai attendu que le battage médiatique fait à la parution de ce livre et le procès qui s’en est suivi s’estompent avant de le lire, ne voulant pas avoir l’esprit parasité par les avis des uns et des autres qu’ils soient bons et/ou mauvais.

Lorsque j’ai eu ce livre en main et l’ai compulsé pour la première fois, je dois avouer l’avoir reposé direct tellement j’ai été dérouté par le style et le langage employé, le tout me semblait au premier abord tellement désagréable et ardu à déchiffrer.

Comme il fallait s’y attendre, mon métier et surtout ma curiosité m’ont fait dépasser cette barrière et bien m’en a pris, car même si j’y ai pris un plaisir mitigé, il en ressort un traumatisme important pour l’auteur  qu’il lui fallait exorciser et qu'il nous relate sans fausse pudeur.

Ce livre c’est l’histoire d’un viol, celui qu’a subi Edouard Louis, que nous apprenons à travers le récit que fait par téléphone, sa sœur à son mari, alors que l’auteur est caché derrière un rideau, et se fait fort d’apporter des précisions ou de rectifier les dire de sa sœur à l’attention du lecteur qui tient lui le rôle de « voyeur » ( et, qu'il suppose sans doute, n’aurait peut être pas compris le contexte dans lequel il s’est déroulé ou celui dans lequel sa famille évolue et la place qu’il occupe dans celle-ci)….

C’est en cela que le récit est dérangeant, je ne vois pas l’intérêt de faire jouer le rôle de « rapporteur » à sa sœur, à moins que ce ne soit plus facile pour lui de raconter cette histoire par l’intermédiaire d’un tiers et de se distancier ainsi des évènements traumatiques qui se sont produits et dont il a été la malheureuse victime.

Ce qui me chagrine également c’est de mettre, dans la bouche de sa soeur, un langage très populaire au risque de la faire passer pour « analphabète ». On sait, il nous l’a suffisamment répété qu’il vient d’un milieu modeste de Picardie. Une région minée par le chômage, dont les natifs du cru ont un quotient intellectuel "assez médiocre", et au parlé franc, accompagné d’un accent à couper au couteau. On a compris que lui s’était sorti de cette crasse ignorance, en faisant des études et en reniant son milieu social d’origine. Mais là, c’est trop, ça sonne comme une marque de fabrique, comme la stigmatisation d’une région et de ses habitants dont il a exagéré les particularités  à dessein, et sur lesquelles il a fabriqué sa renommée. Je trouve ça moche, de se servir des défauts vrais ou présumés de quelques uns pour faire rire et/ou pitié au détriment de ceux-ci, afin de s’assurer un certain type de lecteurs voire de s’assurer du succès.

Il va s’en dire également que je ne doute absolument pas de la véracité de son récit quant aux évènements qui ont eu lieu, son ressenti, ses craintes, ses réactions la plupart légitimes bien que certaines, à mon sens, soient sujettes à caution. En effet, que ce soient ses amis à qui il a raconté l’affaire qui l’ont poussé à porter plainte, les excuses qu’il se trouve et accorde à son agresseur en raison de ses origines, ses atermoiements une fois la plainte déposée tout cela donne, à mon sens, une certaine discordance au récit eu égard à la gravité des faits.   

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17 août 2014

Un garçon près de la rivière - Gore Vidal

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Quatrième de couverture :

Deux adolescents, Jim Willard et Bob Ford, découvrent l’amour physique avant de se séparer à la fin de l’été. Pendant les années qui suivent, au cours d’un périple américain qui le mènera à vivre sur un cargo au large de l’Alaska, puis chez une star d’Hollywood dans les années 30, et à New york parmi les écrivains du Village, Jim Willard tentera de retrouver le moment de grâce qui a marqué la fin de son enfance.

Editions : Payot-Rivages – ISBN : 9 782743 604745 – Poche : 242 pages – Prix : 9,15 euros.

Mon avis : Volodia

Dans ce roman l'auteur met en scène de façon explicite des personnages homosexuels. Ce qui pour l’époque fit de ce livre un pionnier de la littérature lgbt et si le scandale provoqué par sa publication s’est depuis longtemps émoussé, reste que l’auteur a longtemps été mis à l’index.

Dans l’Américaine puritaine des années 1940 on ne pouvait concevoir qu’un homme viril soit homosexuel, ni qu’il tombe amoureux d’un homme viril lui-aussi.  La vision du gay (puisque déjà à l’époque ils se dénommaient ainsi) se résumait à la tapette, folle parmi les folles, maniérée, le verbe haut perché, voire, le travesti d’où le trouble et le malaise provoqués à la sortie de ce roman en 1948.

Bob et Jim sont étudiants, à la fin de l’année scolaire après la remise des diplômes, ils partent camper et par un concours de circonstances inattendu et involontaire, vont trouver « un état de grâce » dans les bras l’un de l’autre.

En fait, seul Jim est homosexuel et amoureux de Bob qui lui, inconscient et insouciant se « laisse aimer » par affection ce qui fait une différence.

Bob désirant voyager s’engage dans la marine marchande, Jim se donne un an avant de partir lui aussi découvrir le monde. Au fil de ses pérégrinations et de ses rencontres, il occupera divers emplois dont celui de professeur de tennis dans un hôtel de luxe avant de devenir le « petit ami » d’une star vieillissante d’Hollywood, puis d’un écrivain raté. Il rencontrera une croqueuse d’hommes Maria avec qui, malgré les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, se signera son impossibilité de l’amour hétéro.

Désirant toujours rejoindre Bob, il s’engagera dans l’armée d’où il sera réformé pour un problème de rhumatisme articulaires et échouera à New York pour gagner quelque argent afin de concrétiser un désir : ouvrir une école de tennis. Il y retrouvera ses anciens amants et amis, qui l’introduiront dans le monde des personnes en vue de la mode, et de la culture,  mais également celui interlope des homosexuels. – s’ensuit une description assez jouissive des conversations, des codes de reconnaissances entre homos (de nos jours, tout ça fait un peu clichés, mais pour l’époque 1930-1950) c’était nouveau pour les non initiés.

Mais toutes ces rencontres n’ont qu’un but, le rapprocher de Bob car c’est toujours lui qu’il recherchera à travers ses rencontres. Au bout de sept ans, d’errances, il finira par rentrer dans la ville de son enfance ou il apprendra que Bob revenu également chez lui s’est transmué en mari et père.

Espérant envers et contre tout retrouver une « connivence » longtemps rêvée et sublimée avec Bob, il tentera des avances qui seront repoussées par celui-ci horrifié. Submergé de rage et de désirs, Jim le violentera avant de refermer la porte sur son passé et de s’échouer dans un des nombreux bars ou les hommes viennent en chasse.

En fermant ce livre je m’aperçois que peu de choses ont changé. Oh bien sûr l’homosexualité est plus facilement assumée à notre époque, nous avons des bars ouvertement gays et plus besoin de femmes pour jouer les cache-tapettes. La drague aussi a évolué, plus directe, pour certains inutiles de faire connaissance, un main « bien placée » et tu sais à qui tu as affaire et ce que l’autre est venu chercher. Tu es devenu comme tant d’autres choses un objet de convoitise et de consommation. Ce qui n’a pas bougé, malgré les années, c’est la « haine » de la vieille tante, le vieux beau qui s’accroche, qui ne comprends pas que son temps est passé, mais lucide sait qu'il lui faudra payer pour avoir l'illusion d'être aimé, même pour quelques heures. Nous sommes sans pitié !

Posté par chezVolodia à 13:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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