27 avril 2015

Queer - William Burroughs

 

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Quatrième de couverture :

"J'avais écrit Junkie dans une intention évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue.

Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexe et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer. J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive..."

Editions : Christian Bourgeois - ISBN : 978 2 267 02118 9 - Poche  202 pages - Prix 7,10 €.

Mon avis : Volodia

Je me suis ennuyé dans ce livre, déjà lors de l'introduction assez conséquente (une cinquantaine de pages) destinée à nous présenter l'oeuvre et dans quelle contexte elle avait été écrite, puis dans les nombreuses digressions faites par le personnage principal.

L'histoire se passe au Mexique. Bill Lee, Américain quarantenaire oisif erre sans but dans le pays, de bar gay en bar gay, sans en apprécier ni l'ambiance ni la clientèle trop efféminée à son goût. Drogué jusqu'à la moelle et homosexuel à tendance pédéraste, il jette son dévolu sur Allerton, jeune homme dont il s'éprend de manière obsessionnelle, qui dans un premier temps repousse ses avances, pour finir par y céder, selon son humeur du jour.

Lee ayant essayé nombre de drogues entend parler du yage, plante aux vertus hallucinogènes qui prodiguerait à ses consommateurs des dons de télépathie, que les soviétiques et les américains utiliseraient aux fins de recherches scientifiques.

Il propose donc à Allerton d'aller, tous frais payés et sous conditions que celui-ci accepte ses ardeurs deux nuits par semaine, à la recherche de ladite drogue. S'ensuivent des pérégrinations dans toute l'Amérique du Sud, l'Equateur avec pour paysage, les mêmes villes crasseuses peuplées de populations laides et pauvres. La brousse, la jungle, la chaleur moite, les bouges à putes et des gamins "roués" s'ébattant au bord du fleuve jaune, où sont amarrés pirogues, bateaux rouillés et parfois quelques voiliers luxueux. Après quelques jours de recherches infructueuses, les populations locales se montrant méfiantes, ils reviendront au Mexique et se sépareront.

Ce livre est triste, sans réel intérêt, nous dépeignant un pays ou allait se perdre tous ceux qui avaient maille à partir avec la justice dans leur pays d'origine, ou tout se vendait et pouvait s'acquérir (y compris les services de l'Etat) à partir du moment ou on y mettait le prix. C'est une mise en scène du désir inassouvi, du rejet - Allerton étant un amant peu enthousiaste - et de la dépendance à la drogue. On sent qu'il a été écrit par un auteur d'un certain âge. Par ailleurs, ce récit n'aurait pas eu lieu, me semble-t-il, si l'auteur n'avait pas fait de la prison aux USA pour avoir accidentellement tué son épouse. C'est à sa sortie qu'il choisit  d'oublier et de se faire oublier en partant au Mexique,

 

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19 mars 2010

Manifeste contrat-sexuel - Beatriz Préciado

manifeste_contraVoici le manifeste de la génération “queer”, une frange des communautés gay et lesbienne militant contre les " effets normatifs de l’identité sexuelle ". Beatriz Preciado, jeune philosophe barcelonaise, porte-parole de ce mouvement, revendique " la dissolution des sexes ". Elle invite à renoncer à la condition naturelle d’" homme " ou de " femme ", aux " liens de filiation assignés par la société hétérocentrée ", et à se reconnaître en tant que " corps ". Hard.

Le manifeste se veut une relecture de la sexualité, à la lumière des travaux de Deleuze, Foucault, mais aussi dans la lignée du féminisme matérialiste (Wittig) et des recherches sur le genre (Butler).
Un essai provocateur de la logique du trou à la pratique du gode qui fera du bruit.

Ce livre a été réédité et est donc à nouveau disponible

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Testo Junkie - Beatriz Preciado

Queer pour en finir avec la femme.

9782246732716Ni homme, ni femme, ni lesbienne, ni transsexuelle, Beatriz Preciado se définit comme un "consquitador sans bite". Cette disciple de Jacques Derrida, chercheuse à l'université de Princeton, a écrit l'un des libres les plus décapants de la dernière décennie.

Testo junkie relate son expérience philosophico-loléculaire ; pendant 236 jours et nuits, elle s'est administrée des doses de Testogel, médicament réservé aux hommes qui souffrent d'un déficit de testostérone " Je ne prends pas de la testostérone pour me tansformeren homme, ni pour transsexualiser mon corps, précise-t-elle, mais pour trahir ce que la société a voulu faire de moi, pour écrire, pour baiser, pour ressentir une forme de plaisir postpornographique."

Transgressive et troublante, elle philosophe avec son corps et ses hormones. Au passage, elle dynamite les catégories hommes/femmes ou Hoto/hétéro, construction sociales dont il faudrait faire le deuil. En lieu et place de ces identités assignées par la nature ou l'état civile, elle prône la reconnaissance d'une multiplicité de pratiques, de désirs et de sensibilités.

Sa "politique des multitudes queer" s'inscrit dans le cadre d'une analyse plus globale de la "société pharmaco-pornographique" actuelle, où déferlent simultanément images porno et substances chimiques (viagra, pilules contraceptives, prozac, etc...). Un monde où comencent à émerger de nouveaux corps, hommes sans pénis, femmes à testicules, "gouines-bouchères" et "pédé coiffeuses", cyborgs...

Comme Judith Butler, théoricienne des gender studies, Beatriz Preciado considère donc que le féminisme est dans l'impasse puisqu'il emprisonne les femmes dans une identité sexuée. Comme Virginie Despentes, l'auteure de Baise-moi ! et de  King Kong qui fut son amante, elle dévoile les coulisses d'une hypermodernité porno-punk et psychotropique. Complètement déjantée ou ultralucide, sordide ou exaltante, elle s'impose en tout cas comme une nouvelle maîtresse du genre.

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