08 décembre 2011

Escaladeuses de braguettes - Agnès Pierron

9782353151004Pour tout savoir sur le lexique foisonnant de la prostitution.

Ce petit livre exquis nous fait découvrir une centaine d'expressions, de noms et autres trouvailles de ces travailleuses(eurs) du sexe (femmes et/ou hommes). L'auteure dévoile avec un plaisir évident l'univers des maisons closes, des femmes galantes, des demi-mondaines, et des prostituées (és) d'aujourd'huis à travers leur argot du trottoir.

Si vous êtes curieuse (ieux) de savoir d'où viennent ces expressions si couramment usité et si elles le sont à bon escient, ce livre est fait pour vous. Une langue crue, provocante, pittoresque et poétique, si si !

L'appel du large : façon de désigner un client, de la part d'une (un) prostitué, qui a le goût de la sodomisation profonde à l'aide d'un "ustensile" de gros calibre.

Se faire faire l'arrière boutique : pour une (un) prostitué, accepter de se faire sodomiser (XIXème siècle)

Paillasson : (Glisser sous le paillasson) : Pour une prostituée, devenir lesbienne. Glisser sous entend se laisser aller. La plupart des prostituées trouvent dans les moeurs saphiques, la douceur, un semblant d'amour, qui manqueent aux rapports rapides et parfois brutaux des clients. Ce n'est pas pour autant qu'elles "virent leur cuti" et passent à d'autres pratiques. Mais l'exclusivité n'est pas le fort de la prostituée.

Et ainsi de suite....

Editions : Les Dicos d'Agnès Balland - ISBN : 978 2 35315 - 100 4 - Poche 127 pages - Prix : 8,90 euros

Agn_s_pierronA propos de l'Auteure :

Agnès Pierron, linguiste et historienne du théâtre, est l'auteure de plusieurs ouvrages de référence dont Le Dictionnaire de la langue du théâtre (Le Robert. 2002) qui lui a valu le prix de la critique. Le Grand Guignol. Le Théâtre des peurs de la Belle Epoque (Robbert Lafont. "Bouquins" 1995) et Le Dictionnaire des mots du sexe (Balland 2010).

 

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21 octobre 2009

Prostitué - David von Grafenberg

1009521_LIVRES_820891_1"Je suis entré en prostitution comme on entre en religion. Par dévotion, Sans doute aussi par désespoir. Je suis entré en prostitution comme on entre en religion. Mais c'est avec le diable que d'aucuns diront que j'ai signé."

David Von Graffenberg à 29 ans et c'est son premier roman

 

Mon avis

J'ai trouvé ce livre merveilleusement bien écrit. Et cette incursion dans le monde de la prostitution qui s'est faite par hasard et surtout par ennui pour ce garçon qui n'évoluait au départ ni dans le monde de la nuit, ni n'avait les fréquentations douteuses que ce milieu laisserait supposer est très inhabituelle. J'ai eu l'impression en lisant ce livre qui du reste se lit comme un roman qu'il se regardait vivre, comme s'il était deux, un qui comme une marionnette faisait ce qu'on lui demandait  sans penser, sans état d'âme. L'autre qui regardait en spectateur, essayait de comprendre le pourquoi du comment, jugeait parfois et avec une grande lucidité ce qui l'entourait avec pour point commun l'indifférence de ce qui pouvait ou aurait pu leur arriver.

Sa rupture avec ce milieu s'est faite également de même que son entrée par lassitude, par ennui, d'autant qu'il n'était pas attaché à l'argent mais plutôt qu'il recherchait des sentiments qu'il n'a pu trouver. J'ai bien aimé ce livre

 

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12 septembre 2009

Querelle de Brest de Jean Genet

 

268378Le héros du livre, Georges Querelle a déjà tué plusieurs fois sans être inquiété. Matelot ("mataf" comme il le dit lui-même), il provoque par sa beauté virile le désir des hommes qu'il rencontre.


Le lieutenant Seblon, dont il est l'ordonnance, l'aime en secret. Le "Vengeur", son bateau, est à quai à Brest, "ville dure, solide". Il y rencontre Robert, son frère, qui est l'amant de Madame Lysiane, la patronne de "La Féria", bordel brestois célèbre à travers le monde. Il se donne à Norbert, le tenancier, à Mario, inspecteur de police, et se prend d'une amitié amoureuse pour Gil, un jeune meurtrier aux abois.

« Toute sa jeunesse il avait fréquenté les dockers et les marins de la marine marchande. Il était à son aise dans leur jeu. »

Pouvoir de sa sensualité qu'il sait mettre au profit de ses intérêts. Georges Querelle, violence et tendresse intimement liées, attire vers lui ces hommes que l'homosexualité horrifie. Au-delà des étiquettes que la société impose à la sexualité, il investit la pureté dans ses rapports avec ces hommes rudes mais fragiles, et jusque dans le meurtre, rituel artistique et cynique.

« Ce regard sévère parfois presque soupçonneux, de justicier même, que le pédéraste attarde sur un beau jeune homme qu'il rencontre, c'est une brève mais intense méditation sur sa propre solitude ».

Jeu qu'il assume avec nonchalance mais non sans gravité, le rapport sexuel (d'où tout sentiment est banni) est pour Georges Querelle le moyen de s'élever à une noblesse intime. Personnage solitaire comparable à l'ange de l'Apocalypse dont les pieds reposent sur la mer, il atteint à une beauté secrète, qui fait fi du jugement commun.

Avec lyrisme, Jean Genet développe, dans Querelle de Brest (publié pour la première fois en 1947), un thème majeur de son œuvre : la dialectique, sinon la poétique, du péché et de la grâce. Il le fait ici, dans cet univers viril des marins qui lui est familier - l'idée de meurtre évoque souvent l'idée de mer, de marins -, avec une force et un talent transfigurés par la beauté de son écriture.

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