29 mars 2015

Le journal du Sida - Chroniques 1994/2013

cover225x225

De 1994 à 2013, le journal du Sida a publié 124 chroniques de Didier Lestrade. C’est le seul témoignage de la vie d’une personne séropositive sur une si longue période, presque vingt ans, un document quasi puisque très peu de lecteurs ont eu accès à ces archives.

A travers ces textes très intimes, on découvre la lutte communautaire contre l’épidémie des années 90 tandis que les années 2000 sont celles de la renaissance au centre du grand débat sur la prévention.

Pour cette édition, chaque année comporte des références d’articles qui permettent de mieux comprendre le contexte de l’époque. Sans oublier des liens musicaux et autres archives qui enrichiront la lecture du dernier livre de l’auteur sur le thème du sida

 

Editions : Ce livre a été autoédité par Didier Lestrade. Vous pouvez le commander par internet et à la librairie « Les Mots à la Bouche » au prix de 19,99 euros la version papier et de 4,99 en version epub.

 

Mon avis : Volodia

Ces chroniques oscillent entre journal intime et retranscription d’évènements avant, pendant et après la virulente épidémie du sida.

Dans ce livre Didier Lestrade, nous rappelle, ou pour ceux comme nous qui étions trop jeunes ou pas nés, comment des hommes qui n’étaient pas médecins prirent leur destin en main en allant s’informer, travailler,   avec les chercheurs et les laboratoires, sur la recherche de traitement, jouer les cobayes pour les essais thérapeutiques à mener, en même temps qu’ils traduisaient en langage accessible aux profanes, les termes techniques, décrivant les symptômes de la maladie , tout en expliquant le rôle des médicaments et leurs effets secondaires, et ce malgré le ton supérieur des «grands spécialites.» 

Ils n’étaient plus des victimes résignées, spectateurs de leur propre mort, mais combattants et relayeurs de l’information. Pour nous permettre de suivre l’évolution de la maladie et des progrès dans sa prévention, le livre est répertorié de façon rigoureuse par année, en citant les évènements s’y rapportant ainsi que les liens nécessaires pour approfondir, ce qui rend sa lecture agréable tout en conservant son importance, mais en évitant une certaine lourdeur, eu égard à la complexité et à la sévérité du sujet.

Bien évidemment quand il s’agit de prévention, le bareback est largement pointé du doigt comme vecteur important de la contamination que ce soit au vih mais également à toutes autres maladies vénériennes. De même que sont cloués au piloris ceux qui non seulement le pratique mais en font l’apologie. Et là je dois bien reconnaître comme justifiée, la colère, de Didier Lestrade, militant de la première heure à s’être battu (et qui se bat encore)  envers et contre presque tous pour éviter que cette pratique ne s’étende, et ce malgré des adeptes qui l’encense et se justifient au motif que chacun est responsable de sa santé…  Il y a des coups de gueule compréhensifs, le dégoût, la démotivation puis l’indifférence quand on voit que tout ce qu’on a fait pendant x années est remis en cause et ne sert plus à grand-chose en 2015, alors qu’il y a une recrudescence du sida et que les maladies vénériennes courent et caracolent du fait de la relapse. Après, comme tout militant pur et dur, Didier Lestrade est souvent excessif surtout sur un sujet qui lui tient à cœur.

Dans ces chroniques, l’auteur fait également état des luttes intestines entre associations qui ont mis trop de temps avant de prendre des initiatives de prévention alors qu’elles percevaient des subventions à ce titre, plus préoccupées à se tirer dans les pattes que par la cohésion de leurs troupes.

De même cette histoire d’archives lgbt qui traine en longueur et dont tout le monde et personne ne s’occupe alors qu’en son temps des subsides avaient été débloquées pour la création d’un centre de mémoire gay qui devait les regrouper et pour des raisons qui nous sont expliquées dans ce livre,  tout a capoté…

L’auteur, fait également beaucoup de digressions sur bien d’autres choses encore : la musique qui a tenu beaucoup de place dans sa vie, son exil à la campagne, sa découverte du philosophe Henri-David Thoreau et son retour aux sources du besoin, sa solitude qui fut d’abord choisie, puis les années passant, est devenue pesante…

J’ai trouvé ce livre très intéressant, même si je me doute de certains partis pris, il dévoile les dessous du pouvoir qu’on certains et certaines dans la communication, absolument indispensable pour mener à bien un tel combat. Ce que nous pauvres péquins  ne pouvons connaître si nous ne sommes pas militants (et encore)…Par ailleurs, contrairement à de précédents écrits, je l’ai trouvé «apaisé» et c‘est bien, j‘aime les livres de Didier Lestrade, mais certaines aigreurs étaient difficiles à supporter  et gâchaient mon plaisir de lire. 

Posté par chezVolodia à 18:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


20 octobre 2013

Cheikh - Journal de campagne - Didier Lestrade

CheikhQuatrième de couverture :

Un cheikh est souvent un chef de tribu ou un notable vers lequel le groupe se tourne pour recueillir des consels. Mais dans une société industrielle comme la nôtre, dans le milieu homosexuel où la crise identitaire est parvenue au sommet, peut-il en exister encore ?

Oui. A sa manière Didier Lestrade en est un. Après plus de 20 ans d'activisme, ce journaliste, homosexuel et séropositif, a quitté la capitale pour s'installer sur une colline où, depuis quatre ans, il accueille ses amis venus lui raconter la vie en train de continuer à Paris sans lui. Et observe le monde en suivant les traces du cultissime Walden d'Enry David Thoreau.

Isolement, autarcie, décroissance, slow culture, ébullition de l'Internet, pornographie, silence et contemplation de la nature pourraient être les mots clefs résumant les sujets abordés dans cet ouvrage. Poésie, trahison, rejet et émerveillement, soulagement et colère aussin tant ce "journal de campagne" offre des pistes amoureuses et morales permettant d'affronter l'évolution d'une génération qui manque singulièrement de sagesse.

Ce livre n'est donc pas seulemnt la révélation de la face cachée de l'homosecualité moder c'est un récit personnel et polémique qui prend à témoin la société. C'est le message d'un cheikh qui veut croire que son exprience peut servir. Un livre qui annonce une nouvelle vie. 

 

Editions : Flammarion - ISBN : 978 2 0806 8964 1 - Broché 346 pages - Prix 22,40 euros

 

Mon avis : Volodia

Niais que je suis, en voyant le titre de ce livre, je pensais innocemment que Didier Lestrade souhaitait nous faire partager ses combats de militant. Que nenni, mon esprit tortueux habitué à voir partout des doubles sens aux mots, s'emberlificotait les neuronnes là ou il n'y avait pas lieu. Mr Lestrade avait tout simplement envie de nous parler de sa fuite éperdue de la capitale pour s'installer à la campagne d'où il nous fait partager les joies de la solitude - toute relative à mon sens, puisque sa maison est toujours pleines d'amis, copains invités et/ou qui s'imposent - , le retour à la terre, non sans observer de plus ou moins loin ce qui se passe dans la capitale et en tirer matière à réfléchir.

A lire l'auteur, il ne trouve qu'avantages à son exil. Hum possible, en tant que militant archiconnu d'une cause comme la nôtre et en son temps fêtard invétéré, un peu de calme permet de se recentrer sur soi-même, et sur le sens de son existence. Faire le tri de ce qui est indispensable de ce qui ne l'est pas et pour cela, il nous fait part de sa découverte de la philosophie de Henri-David Thoreau. Sans toutefois pratiquer à la lettre les principes, de décroissance, d'isolement et d'autarcie, l'auteur nous informe avoir réduit ses ressources et ses dépenses au minimum, Afin de se sentir plus libre de se consacrer à l’essentiel.

Mais Didier Lestrade ne serait pas lui-même s’il ne nous faisait part de quelques digressions, qui font mal, mais dont on ne peut  que constater le bien fondé, concernant les membres de la communauté gays, leur recherche de la performance sexuelle, leur consumérisme déjà évoqué dans d‘autres livres, mais également cet enfoncement dans des relations crades, sordides (ce qui semble nouveau aux dires de l'auteur c'est cette propension qu'on les gays actuels à aimer se rouler dans la fange - ce en quoi je ne peux lui donner tort, il suffit de surfer sur les sites de rencontres ou visionner quelques vidéos pour en avoir un aperçu ), leurs difficultés à trouver l’âme sœur, leur solitude voulue ou pour la plupart du temps subie.et bien évidemment le sida objet de tous ses combats, même si ce n’est pas l’objet principal de ce livre, et tout cela entre jardinage et travail de journaliste et/ou d'écrivain c'est selon...

Ce livre est plaisant à lire, l’auteur semblant apaisé eu égard à ses œuvres précédentes, il semble plus serein. Mais toujours, cet humour citronné, grinçant, qui égratigne furieusement et n’épargne personne, ni les les gays, ni les trans, ni les folles, mais si drôle dans ses réflexions, et empreint d’une telle sincérité, d'une telle vérité qu’on ne peut que lui pardonner, voire comme moi, l’apprécier à sa juste valeur.  Les conseils qu’il donne, et/ou sa vision des choses font qu’il peut paraître, parfois, comme un donneur de leçons, mais il ne faut pas oublier non plus que son expérience parle pour lui...

Si dans d’autres de ses œuvres je n’avais  pas  apprécié l’image qu’il me  renvoyait, à savoir celle d’un homme aigri, plein de rancoeurs, imbu de lui-même, réfractaire à tout changement, bloqué dans les années 80, et ce même si certains des sujets qu’il traitait, étaient empreints d'une certaine vérité, mais d'un avis tranché, ce livre me réconcilie avec lui. Enfin un auteur qui a des choses à dire et des messages plus qu'utiles à faire passer...

Intéressant donc !  

Posté par chezVolodia à 09:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

20 juillet 2012

The End - Didier Lestrade

9782207254240_1_75

Quatrième de couverture :

Le sida ne fait plus peur.

Ce constat peut sembler incroyable pourtant, depuis l'arrivée des multithérapies en 1996, la prise de risque dans les relations sexuelles s'est imposée jusqu'à devenir un style de vie : le bareback. Une sexualité libérée passe désormais par le sida. le Préservatif est devenu un repoussoir. Résultat : une nouvelle vague de l'épidémie touche les pays riches. La présention en direction des homosexuels est en train d'échouer, à la faveur notamment du développement du business du sexe et de la multiplication des rencontres sur le web.

 Cet abandon de l'orthodoxie d'une sexualité protégée est l'un des symptômes les plus significatifs de la perte de repère qui affecte les gays. Consumérisme forcené, individualisme aliénant, futilité permanente ne sont que des échappatoires au désespoir et au repli où les homosexuels sont acculés. Au-delà des atteintes du sida, ce dépérissement touche également à l'essence de l'homosexualité. La pornographie, la house-music, l'esprit communautaire, la draque, les sentiments amoureux sont pollués par un état d'esprit délétère qui valorise la dépression.

Les associations de lutte contre le sida semblent désarmées face à l'apologie de la contamination. Bien qu'elles aient pris conscience avec retard des problèmes posés par le bareback, elles seules sont susceptibles de pallier la démission des pouvoirs publics sur le sujet. L'espoir est mince. La place des gays au sein de la société est donc menacée. Une fin éventuelle qui aurait des conséquences désastreuses pour une communauté déjà fragilisée par l'épidémie depuis plus de vingt ans.

Jusqu'à présent, pratiquement personne n'a osé s'élever contre les dérives mortifères à l'oeuvre dans l'homosexualité au nom d'une prétendie liberté d'écrire et d'agir. Ce livre est une défense des valeurs qui devraient fonder les relations entre les gays. Alors que les contaminations reprennent, un débat doit s'ouvrir au plus vite. Il en va du futur des homosexuels. Avec le bareback, l'amour, le sexe et l'épidémiologie sont à nouveaux liés. 

Editions : Denoël - ISBN : 9 782207 25424 0 - Broché 384 pages - Prix 23 euros.

 

Mon avis : Volodia

Il le dit lui-même : «…Ce livre est autant un témoignage de colère sur les homosexuels qui se ne protègent plus, qu’il est une réflexion sur les difficultés amoureuses des homos en général …»

Et ce coup de gueule il le pousse avec raison, à mon sens, car après toutes ces années de lutte pour la prévention en vue d’enrayer la progression du sida, il reste encore des personnes qui ne se protègent pas, par méconnaissance de leur séropositivité, mais également par relapse (abandon du préservatif) alors qu’elles multiplient les expériences et donc les partenaires.

D’autres encore, qui se disent conscients et responsables font l’apologie du barebacking, au nom d’une soi-disant liberté, prévenant ou pas de leur sérologie et n‘hésitant pas à sacrifier sur l‘auteur de leur plaisir, leurs partenaires successifs qu’ils soient déjà séropositifs (alors que le risque de risque de surinfection existe bien) ou séronégatifs. Prétextant que a prise de risque fait partie du plaisir et de la sexualité homosexuelle.

Mais, il n’y a pas que cela d’évoqué dans ce livre, la difficulté des gays à trouver un « mari » y est aussi décryptée. Comment un homme qui fréquente régulièrement les lieux de drague (bars, boites) et plus glauque, les saunas, les back room, ou le choix d’un partenaire se fait uniquement en fonction de ses pectoraux, de son sexe « avantageux », et ou pratiquement aucune parole n’est échangée, ou la consommation se fait sur place devant un nombre x de voyeurs, comment trouver dans un tel contexte l’homme de sa vie ?

Pourquoi, le SM qui était une pratique marginale des homos cuir, se trouve-t-il tout d’un coup au pinacle des relations gays et queer. Le sex hard s’est banalisé, et on assiste à une recrudescence de sida, mais pas également de maladies vénériennes particulièrement contagieuses et dangereuses telles la syphilliis, et quand je vois de petites fiottes, qui pour faire «à la mode» en arborent, sans en connaître véritablement le sens, une partie des tenues vestimentaires, ça me met hors de moi avant de me faire rire.

Le grand fantasme des gays fréquentant se genre d’endroit, c’est la baise, violente, dans sous-sol, un parking, un souterrain, le tout puant la pisse et la merde et si pour couronner le tout on a un beur comme partenaire et qu’on a droit à une tournante c’est le pied. Plus c’est profond, plus c’est crade, mieux c’est. Comment en sommes-nous arrivés là. La perversité est-elle notre apanage ?

Tout ses comportements à risques sont dénoncés dans ce livre. Ils sont malheureusement réels et ne sont pas prêts de s’arrêter, les trithérapies ayant fait reculer la mortalité des personnes contaminées et le cinéma pornographique ayant fait son lit dans la fange.

Et je suis d'accord avec lui. Quand à l'heure actuelle, un jeune qui attrape le sida dit : je ne savais pas...Le préservatif c'est dur à mettre... Non, je n'y crois pas avec toutes les campagnes de prévention, les préservatifs gratuits mis à disposition à l'entrée des bars, des boites, des saunas, (pas toujours des back room), etc...Et puis si tu sais pas mettre ton préservatif demande à ton copain, ça renforcera votre intimité et ça peut être synonyme d'un préliminaire procurant beaucoup de plaisirs, si si, puisque je te le dis.

Didier Lestrade, passe au microscope toute la communauté homosexuel. Tout y passe, le consumérisme des gays, les relations amoureuses, sexuelles, le barebacking (qui reste son cheval de bataille), les règlements de compte avec les diverses associations, et surtout avec Guillaume Dustan et Erik Rémès ferveurs défenseurs du barebacking qui lui on fait un publicité d’enfer, au point que baiser safe fait s’arrondir en point d’interrogation les yeux de beaucoup de mecs dans les bars. Didier Lestrade, appui là ou ça fait mal et on comprends mieux pourquoi il gêne, malgré tout ce qu’il a fait pour la communauté gay

Posté par chezVolodia à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,