15 juin 2013

L'infortunée - Wesley Stace

l-infortunee-wesley-stace-9782290355664Quatrième de couverture :

Londres 1823. Fille de Lord Loveall, l'homme le plus riche d'Angleterre, la jeune Rose fait le bonheur de son père. Elle vit dans un magnifique manoir, entourée de domestiques dévoués. Rose à une enfance comme toutes les petites filles rèvent d'en avoir. Mais voilà, Rose n'est pas une fille. Rose est un garçon. Ses parents ne sont pas ses vrais parents. Et la révélation de cette vérité va bouleverser la vie de Rose et de toute la maison.

Best seller dans de nombreux pays, "L'infortunée" est une fresque victorienne passionnante qui se lit déjà comme un classique.

 

Editions : J'ai Lu - Collection Par ailleurs - ISBN : 978 2 290 35566 4 - Poche 603 pages - Prix : 8,20 €

 

Mon avis : Volodia

L'histoire :

A Londres en 1820, Lord Geofroy Loveall recueille un nourrisson. En l’adoptant sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leurs cousins qui souhaitent hériter du domaine familial.

Avant de mourir, Lady Loveall s’aperçoit que le nouveau-né est un garçon, mais sir Geoffroy persiste dans son « erreur » et le fait élever comme Rose la future Lady Loveall. A l’adolescence le scandale éclate et Rose s’exile.

 

Développement :

Dès les premières pages du livre nous sommes plongés dans le Londres sordide du XIXème siècle (Dickens). Un bébé vient au monde chez une faiseuse d’anges dans un des plus bas quartiers de la Cité et est abandonné sur un tas d’ordures.

Recueilli et sauvé par une des plus  grandes  fortunes  d’Angleterre,  Lord  Loveall, fragile, malheureux et perturbé  depuis  le décès de Dolorès, sa jeune sœur à qui  il vouait un amour sans limite. Cloîtré depuis des années, incapable de nouer des liens sociaux et voué à n’avoir aucune  descendance, il voit dans ce nourrisson un « signe du ciel ». Enfin une petite fille, une adorable petite fille sur laquelle reporter  tout l’amour qu’il portait à Dolorès et qui depuis son décès était resté en attente.

Mais voilà, le nourrisson est un garçon ! Incapable d’accepter cette réalité, Lord Loveall  persiste dans erreur et l’élèvera comme une petite fille qui sera prénommée Rose. Durant  toute son enfance, Rose ne manquera de rien, ni attention, ni affection, ni aisance matérielle. A l’adolescence tout  se complique lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est « différente » de sa meilleure amie Sarah à qui elle voue de tendres sentiments.

A la mort de son père, le scandale éclate. Il s’ensuit une sombre histoire d’héritage et des intrigues menées par des cousins jaloux et envieux qui ont dilapidé leur propre fortune et souhaitent s’installer dans le domaine familial. Désespéré d’avoir été trompée et surtout ne comprenant pas pourquoi, Rose s’exile afin de se trouver  elle-même. Elle  parcours  le monde à la recherche de son identité.

L’histoire est  difficile à suivre en raison de nombreuses digressions. Toutefois, ce qui a retenu mon attention s’est surtout le questionnement sur l’identité. Comment un garçon peut-il être persuadé d’être une fille ? Comment  dissocier le sexe de l’individu et son éducation ? Quelle séparation entre l’inné et l’acquis ? Quel regard portons nous sur un homme habillé en femme ? 

Dans ce livre, la féminité de Rose ne colle pas à l’éthique homosexualité, au contraire des clichés courant mais plutôt  à une métrosexualité  d‘époque.  Une envie d’être selon ses choix, ses besoins, accepter sa masculinité et/ou sa féminité sans entrer dans le clivage.

Rose s’arrange très bien de cette dualité. Elle/il porte la moustache, mais également des robes, des tenues féminines et cache son visage sous une voilette pour sortir. Il est amoureux de Sarah à qui il fera un enfant. A noter toutefois, qu’il s’agit bien d’une histoire qui n’aurait pu avoir lieu dans la réalité à l’époque où elle se situe, car je doute que Rose aurait pu faire quelques mètres en dehors de chez lui, en costume féminin sans qu’un policier ne l’interpelle.

Sans pour autant être enthousiasmé par ce livre, je l’ai apprécié dans tout ce qu’il avait de questionnement,  de dérangeant. C’est un récit plaisant et le style en est délicat.