19 juin 2016

Les dandys de Manningham - (Le siècle des grandes aventures 2) - Jan Guillou

9782330027483

Quatrième de couverture :

A l'issue de ses études en génie civil à Drestde, Sverre, le frère d'Oscar et de Lauritz - dont on suivait les aventures dans les ingénieurs du bout du monde -, s'enfuit à Londres avec son jeune amant, Albert.

Ce dernier vient d'hériter du titre de Comte de Manningham et doit désormais veiller au bon fonctionnement de son grand domaine dans le Wiltshire. Au lendemain des oursuites à l'encontre d'Oscar Wilde, l'heure n'est pas à l'acceptation de l'homosexualité et les deux amoureux sont contraints de trompter les apparences au sein de l'aristocratie anglaise.

Heureusement pour échapper aux règles strictes de la bienséance, il y a les artistes libertins du Bloomsbury Group et la joyeuse effervescence intellecturelle et artistique qui les accompagne. Et si les nuages menaçant de la Grande Guerre obscurcissent déjà l'horizon, personne ne semble encore s'en soucier...

Le deuxième volet de la passionnante saga de Jan guillou sur l'histoire du XXème siècle, revisitée à travers le destin de personnages tous plus attachants et inoubliables les un que les autres.

 

Editions : Babel - ISBN : 9 782330 053260 - Poche : 411 pages - Prix ; 9,70 euros

 

Mon ressenti : Indiangay

Bien qu'il existe un tome 1 et qu'il existera vraisemblablement un tome 3, ce volume peut être lu avec toute la compréhension souhaitable, puisqu'il fait état d'une partie, d'une étape, dans la vie de Sverre, un des trois frères vikings norvégiens.

Dans ce volume : Après avoir été diplômé Ingénieur des chemins de fer, frais émoulus de Dresde (Allemagne), Sverre au lieu de rembourser comme, il s'y était engagé avec ses deux frères, la société de bienfaisance "La Bonne Intention" de Bergen (Norvège) qui leur avait à tous trois payée les études, décide de s'enfuir en Angleterre avec son ami Lord Albert Manningham, surnommé Albie, diplômé lui aussi de la même université.

Les deux hommes ont de grands projets pour améliorer le confort des passagers des chemins de fer tant niveau moteur, poussière, suspension des locomotives et des wagons. Toutefois, après quelques mois, il s'avère qu'ils sont l'un et l'autre plus passionnés d'art que de techniques. De part ses obligations de Lord implicant la gestion d'un domaine, Albie continue à s'investir dans son métier alors que Sverre se tourne de plus en plus vers la peinture. 

Au fur et à mesure du déroulement de leur vie, nous suivons non seulement les progrès techniques  du début du 20ème siècle, mais également le carcan qui régit les règles de cette fin du 19ème siècle, avec ces apparences qu'il convient de sauver à tout prix alors que personne n'est dupe. Ces dames, qui bien qu'éduquées selon l'étiquette, jouent les "cache-tapettes'" ou trouvent des moyens d'émancipation avec l'approbation de leur "mari de complaisance".

J'ai particulièrement aimé la façon dont s'insèrent dans le roman les évènements historiques, les raisons qui ont poussé des hommes d'un bout du monde à l'autre, à s'affronter sous prétexte d'apporter la civilisation en Afrique, en prétextant que c'était bien pour eux, que c'est ce que les africains voulaient, puis les répressions disproportionnées pour leur soulèvement et qui n'ont profité qu'aux propriétaires d'exploitations de caoutchouc, de minerai et autres...

La description des critiques sur les premières expositions des peintres impressionnistes français au travers des journaux britanniques de l'époque est effroyable, aussi bien par la virulence de leur propos, que par la violence antifrançaise qui s'y dégage, et le nationalisme triomphant d'un peuple replié sur lui-même, presque maître du monde par ses colonies, mais tellement imbu de sa supériorité et de son bon droit. 

Le scandale des premières suffragettes. Le profilage au loin de cette guerre avec l'Allemagne, dont les anglais estimait qu'elle ne pouvait avoir lieu, tellement ces deux nations étaient amies, se complètaient, et dont personne ne voulait sauf la France pour récupérer des territoires perdues par la guerre de 1870. Les sentiments nationalistes exacerbés lorsque celle-ci éclate, la chasse aux hommes en âge d'être sous les drapeaux, et qui pour une raison ou une autre ne le sont pas, avec en toile de fond la lâcheté pour les homosexuels, la traitrise pour les pacifistes, avec passage à tabac sous les yeux d'une foule déchainée et de policiers complices, avec pour parfaire cette mise en scène la remise d'une plume blanche symbole par excellence de couardise...

Ce livre à tout pour plaire, une histoire de progrès technologique, une histoire d'amour, des évènements historiques et une fin intéressante. Je me permets de le recommander à la lecture.

 

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A propos de l'Auteur :

Né en 1944 d'un père français et d'une mère norvégienne, Jan Oscar Sverre Guillou est l'un des plus célèbres écrivains et journaliste suédois. Ses oeuvres se sont vendues à plus de dix millions d'exemplaires en Suède et son traduits en une vingtaine de langues.

 

Posté par Indiangay à 06:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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16 mars 2016

Objet de toutes les convoitises - Jeanne Bourdin

objet de toutes les convoitiises

D’où vient cet attrait irrésistible que le jeune lord Donagh exerce sur son entourage ?

A trente-cinq ans, unique héritier d’une immense fortune, c’est un des hommes les plus convoités de Londres. Brillant avocat, charmeur à l’élégance rare, ce modèle de flegme dissimule une nature passionnée.

Son idylle avec Dimitri, un danseur étoile, nourrit les pages people des magazines. Mais en secret Alexander s’éprend de Mark, son associé, qu’il sait pourtant parfaitement heureux avec sa femme, Joyce…

Editions : Pocket – ISBN : 978 2 266 14698 2 – Poche - pages : 250 – Prix : 6,80 €

Mon avis : Volodia

Le moins que l’on puisse dire est que l’auteure ne ménage pas sa peine pour nous dépeindre son personnage principal, Alexander, lord Donagh, illustre descendant d’une des plus grandes familles aristocratiques britanniques, héritier de l’immense fortune familiale, hautain, froid, manipulateur et homosexuel vivant en couple avec Dimitri, un danseur russe. Peut- être même en fait-elle un peu trop. En effet, il me paraît inutile qu’à chaque entrée en scène d’un nouveau personnage, l’auteur nous rappelle la position sociale d’Alexander et nous décrive les avantages qui en découlent.

Je trouve Mark un peu « mou ». Ses atermoiements conviennent plus à un jeune homme qu’à un homme fait, qui plus est marié et avocat de surcroît, surtout lorsqu’on sait ce que ce métier implique de rigueur et de dureté de sentiments. Habitués aux roueries des affaires, il semble bien naïf face aux avances d’Alexander. De plus, j’ai beaucoup de mal à concevoir qu’un homme qui n’est pas bisexuel puisse être attiré par un autre homme. Or d’après le récit qu’en fait Jeanne Bourdin, ce ne serait pas le cas. Il aurait, donc dû, en toute logique, soit rompre tout contact avec Alexander et démissionner de son poste, soit se ficher en colère et mettre son poing dans la figure de l’odieux personnage qui se permettait des privautés.

Joyce, joue le rôle de la ravissante idiote, pour ne pas dire dinde, journaliste dans un magazine people, sûre d’elle-même, d’être aimée pour sa féminité par un époux avec qui elle se complaît à jouer les coquètes, tout en faisant du charme et en papillonnant auprès d’Alexander.

Quant à Dimitri l’amant russe d’Alexander, il réunit tous les clichés : danseur étoile, homosexuel haut en couleur, aimant les vêtements et les boîtes à la mode… Ses pensées intimes dévoilées par l’auteur lors de ce récit ne correspondent pas au caractère slave, De plus, il fait preuve d’un certain don divinatoire quant aux sentiments que portent Lord Donagh à Mark, et d’un certain « flegme » lorsque ceux-ci se confirment à son détriment.

Ce qui m’a semblé le plus réaliste, ce sont les réactions de Joyce lorsqu’elle s’aperçoit que son mari lui échappe et qu'il n'est guère possible pour elle de rivaliser. Idem celles des parents de Mark qui ne peuvent concevoir qu’il abandonne son épouse pour un homme. La fin du roman ressemble, à mon sens, un peu à de la littérature à l’eau de rose...

Posté par chezVolodia à 09:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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