08 avril 2016

Salon de beauté - Mario Bellatin

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Quatrième de couverture : 

« Il y a quelques années, mon intérêt pour les aquariums me conduisit à décorer mon salon de beauté avec des poissons de différentes couleurs. Maintenant que le salon est converti en un mouroir où vont terminer leurs jours ceux qui n’ont aucun autre endroit pour le faire, il m’est très difficile de constater que les poissons ont peu à peu disparu ». 

Editions : Christophe Lucquin – ISBN : 9 782366 260 700 – Broché 76 pages – Prix 12 euros. 

Mon avis : Volodia 

Je, est celui qui raconte son histoire. Il n’a pas de nom, il est seulement Je,  un travesti,  coiffeur et propriétaire d’un salon de coiffure. Bien que celui-ci soit mixte, ce sont essentiellement des femmes qui viennent s’y faire coiffer, car elles semblent « indifférentes au fait d’être soignées par des stylistes portant presque toujours des vêtements féminins ». 

Pour se démarquer des autres salons du quartier, et lui donner un peu de luxe, Je, a choisi de l’équiper d’aquariums ou évolueront des poissons. Différentes sortes de poissons, non fragiles ne nécessitant pas de soins particuliers, dont la vue et les circonvolutions détendront ses clientes, « qu’elles aient pendant leurs soins l’impression d’être immergées dans une eau cristalline avant de réapparaître à la surface, belles et rajeunies ». 

Je, nous détaille ses choix sur les futurs occupants des aquariums, les soins prodigués, mais également leur mort somme toute assez tragique. Parallèlement, il se laisse aller à  des confidences sur son passé,  sa vie, et ses frasques avec les 3 autres coiffeurs. Sur le changement qui s’est opéré sur le salon et la tâche qu’il s’est donnée d’accomplir. 

Ce salon initialement destiné à la beauté, s’est transformé, un peu par hasard, en mouroir, non pas en un hôpital ou une clinique, mais seulement  en mouroir – le premier pensionnaire qu’il a accepté, l’a été à la demande d’un des compagnons qui travaillait avec lui. Le jeune homme avait été abandonné par son ami dès que celui-ci avait appris sa maladie, aucun hôpital,  ni sa famille ne voulaient l’accueil ni le prendre en charge. Privé de ressources, il ne lui restait qu’à mourir dans la rue -.

Les règles  sont très strictes. N’y sont admis que les malades en phase terminale, les dons d’argent en espèces, les confiseries, et le linge de lit. Pour faire face à cette nouvelle étape du salon, tout le matériel professionnel a été vendu, pour acheter, des lits métalliques, des matelas de paille, des ustensiles. Les miroirs ont été retirés pour éviter la vue de la multiplication de l’agonie des occupants. 

Je, s’active seul - Surtout pas d’associations, ni de sœurs de la charité, qui viendrait prier pour les malades, pas de femmes, aucun médicament.  - auprès de ses pensionnaires, ceux-ci ne manquent de rien. Il va jusqu’à affronter les habitants du quartier qui veulent faire brûler le mouroir mais qui s’arrêtent à la porte, rebutés par l’odeur qui y règne. Un jour, Je se sens plus faible. Il découvre des taches sur sa peau, et  comprend alors que son tour est venu, mais que lui sera seul, ses compagnons étant déjà morts. Il s’inquiète alors du devenir de son salon lorsqu’il sera trop faible pour se lever.  Je, pense qu’il fermera toutes les ouvertures, n’ouvrira à personne. Et peut -être que les institutions pour qui aider est une forme de vie, défonceront la porte.  On comptera parmi elles, « les Sœurs de la Charité » et les associations à but non lucratif.  Mais le plus probable est que quelques jours plus tard, ils défonceront la porte et « me trouveront mort, mais entouré de la splendeur d’autrefois ». 

Ce  n’est pas un livre larmoyant, ni même triste. L’auteur maintient une distance entre l’écriture et le tragique de la situation. Son personnage semble indifférent et résigné à l’inéluctable. C’est beau, c’est fort, ça vous prend au creux de l’estomac. J’ai adoré ce récit, bien qu'il m'ait bouleversé ! 

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A propos de l’auteur :

Fils de parents péruviens, Mario Bellatin est né à Mexico. Il est né sans bras droit. Sa famille part pour le Pérou lorsqu’il a quatre ans. Il étudie la théologie pendant deux ans au séminaire Santo Toribio de Mogrovejo, puis les sciences de la communication à l’Université de Lima. C’est à Lima qu’il publie son premier livre en 1986 : Mujeres de sal.

En 1987, il part pour Cuba afin d’étudier le scénario de film à la Escuela Internacional de Cine y Televisión à San Antonio de los Baños. De retour au Pérou, il continue à y publier ses œuvres jusqu’en 1995 - date à laquelle il regagne le Mexique.

Bellatin a été directeur du Département de Lettres et Sciences Humaines de l'Université du Cloître de Sor Juana et membre du Système national des créateurs du Mexique de 1999 à 2005. Il est directeur de l’École dynamique des écrivains à Mexico, créée en 2001, qui propose des méthodes alternatives de création littéraire.

L’écriture de Bellatin est fortement influencée par sa formation académique, d’une part, mais aussi d’autre part par son expérience du cinéma. Il propose une réalité fragmentée dans le temps, non linéaire, et cherche à créer des sensations fortes, troublantes, déstabilisantes, chez le lecteur. Son œuvre, fortement expérimentale, est un jeu permanent entre réalité et fiction, entre récits apocryphes et biographies, qui crée des situations improbables, étranges et parfois drôles." 

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25 mai 2015

La piscine-bibliothèque - Alan Hollinghurst

 

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Quatrième de couverture :

Véritable bombe littéraire qui suscita les passions lors de sa parution en Angleterre. La piscine-bibliothèque est le premier roman d'Alan Hollinghurst. Lauréat  du Man Boocker Prize pour La ligne de beauté et prix du Meilleur Livre Etranger pour L'enfant de l'étranger, il est depuis considéré comme l'un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Introuvable en France depuis plus de dix ans, cette oeuvre majeure reparaît dans une nouvelle et magistrale traduction établie en collaboration avec l'auteur.  Elle nous plonge dans l'atmosphère  débridée du Londres des années 1980, avant que le sida ne décime la communauté homosexuelle.

Au bord de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, un jeune dandy extraverti rencontre un homme plus âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d'écrire sa biographie.

Editions : Albin Michel - ISBN : 9 782226 314581 - Broché 534 pages - Prix : 26 €.

 

Divers avis :

"Certainement le meilleur roman jamais écrit par un auteur anglais sur l'homosexualité"

Edmund White, Sunday Time

"Le premier roman en Angleterre à avoir abordé l'homosexualité dans un contexte moderne... Un roman historique et précurseur"

The Guardian

 

 Mon avis : Volodia

Ce roman est un récit exubérant de l'homosexualité telle qu'elle était vécue en 1983 et réflète l'hédonisme du dernier été du genre avant que la crise du sida ne se déclenche réellement. Ce roman, assez tras, se complait dans la compagnie d'hommes et dans le sexe homosexuel.

Deux vies sont opposées, celle de Lord Nantwich, ancien administrateur colonial en Afrique et celle de William Beckwith, jeune homosexuel indépendant.

Après avoir sauvé la vie de son ainé, William accepte d'écrire sa biographie et prend possession de ses journaux. Ceux-ci offrent un récit parallèle et les ressemblances dérangeantes qui unissent la vie des deux hommes, malgré la différence de génération, deviennent de plus en plus évidentes. Le racisme et les insultes persistent. Quinze ans après la légalisation de l'homosexualité, les homosexuels sont toujours persécutés et l'arrestation d'un ami de William par un policier en mission clandestine, lui-même gay, fait écho aux circonstances qui ont valu à Nantwich un séjours en prison en 1950.

Malgré une liberté licencieuse, l'oppression n'est jamais très loin dans ce roman, et le soupçon de nostalgie vis-à-vis de cette dimension érotique qu'offre l'illégalité met en évidence la complexisté du désir. Le bémol mis à la libération homosexuelle contemporaine par les dangers de pratiques homosexuelles illicites nous rappelle que loin de sombrer dans l'autosatisfaction, nous devons tant aux défaites passées qu'aux victoires présentes.

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17 mars 2014

Rachid O

plusieurs vies RACHID OQuatrième de couverture :

"L'été 1990, je suis allé Suisse chez Vincent dont j'étais tombé amoureux. C'était la première fois que je prenais l'avion. J'étais fou de joie, d'une part de prendre un avion, et d'autre part parce que pour la première fois je sortais du Maroc pour aller en Europe.

Je ne connaissais pas très bien Vincent, je l'avais connu pendant quatre heures à peine, marchant sur la plage à Rabat. C'était au mois de mai, nous étions tous les deux à marcher sur la plage. Il visitait le Maroc avec des amis à lui. La seule chose qu'il faisait tout seul et qui lui faisait plaisir, c'était de se balader sur cette place, il en avait assez de tout faire avec eux.

On avait parlé pendant très longtemps sur cette plage, trois heures, et ensuite on était allé prendre un verre et je l'avais trouvé très agréable. Il avait des dents très belles qui m'avaient frappé. Je lui avais dit, d'ailleurs. Il m'avait répondu qu'il était dentiste. Je trouvais qu'il n'y avait pas de raison d'avoir de belles dents parce qu'on était dentiste, et le lui ai dit : "Elles sont fausses alors ?" Ca l'avait fait rire.

 

Editions : Folio -  ISBN : 9 782070 404537 - Poche :  152 pages - Prix 5,50 euros.

 

Mon avis : Indiangay

C'est le deuxième livre biographique de l'auteur, mais bon, il aurait pu s'abstenir. Il aime les hommes on le sait et n'est guère farouche.

Dans ce livre, il nous fait part de sa rencontre avec divers hommes qui l'ont emmené en Europe en l'occurrence en Suisse, mais qui nous dit-il n'éprouvait rien pour lui ??? aussi a-t-il choisi de partir à l'aventure. Au gré de ses rencontres nous avons une vision de ce que peut être l'homosexualité pour un jeune marocain, décomplexé et n'ayant aucun crainte de son avenir, ni même à vivre son homosexualité dans son pays ou ailleurs du reste.

Je l'ai terminé difficilement, et m'y suis ennuyé profondément. Mais peut être ne l'ais-je pas compris !

 

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09 octobre 2013

L'accompagnement - René de Ceccatty

41FF7A53PKLQuatrième de couverture :

"Dans les derniers jours, il m'a dit, lui qui était écrivain, qu'il n'avais pas eu la force de décrire ce qu'il vivait et que personne encore n'avait pu décrire cette lutte contre la mort à l'hôpital. Il m'a dit qu'un autre ami écrivain - lui aussi très présent à ses côtés pendant toute la maladie - et moi, nous en savions désormais assez pour décrire ce que nous avions vu. C'était un appel".

 

Editions : Folio - ISBN 2 97 0400092 1 - Poche : 153 pages - Prix  6 euros.

 

Mon avis Volodia

Le récit est  discret, délicat, plein de pudeur mais fort. La maladie nous est dévoilée  au fil des pages, pas de titre à sensation. Le malade lui-même ne veut pas dramatiser sa situation et n’informe ses amis qu’au compte goutte de son état. Lorsque celui-ci s’aggrave, et le rend de plus en plus faible, son caractère d’un naturel déjà difficile, devient despotique, que ce soit envers ses amis ou le personnel soignant, parce que la maladie l‘emporte sur tout, sensible à chaque bruit, chaque respiration.

L’auteur supportera tout, avec abnégation, considérant qu’être près de son ami est normal, important pour son moral. Il le soutiendra, dans ses moments d’angoisse, le soulageant du mieux qu’il peut, par sa présence, attentif et obéissant au moindre de ses désirs.

L’auteur, se fait voyeur puis rapporteur, de l’état physique et des émotions de son ami, mais également du personnel hospitalier, les médecins et les infirmières qui ne jugent pas, qui essayent par leurs qualités humaines et leur empathie, ainsi  qu’avec leurs pauvres moyens de rendre sa vie, puis sa fin de vie la moins pénible possible.  - le médecin attentif,  et les femmes, ces infirmières qui se dévouent pour tous ces hommes qui n’ont aimés que des hommes mais, qui aux derniers instants de leur vie recherchent ou acceptent leur présence - Mais également d’autres membres du personnel soignant et femmes de service qui s’en moquent, imperméables à toute souffrance et qui n’hésitent pas à lui faire comprendre que s’il est là, c’est bien de sa faute et qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.  Déjà bien beau qu’on s’occupe de lui…

Il est le témoin presque muet de la déchéance physique de son ami, un corps qui pourrit, les odeurs, sa cécité, son angoisse de se souiller au point de lui demander d’acheter des couches qu’il demandera à la pharmacienne totalement indifférente, de mettre dans un second sac par discrétion et pour éviter au malade,  son ami une humiliation de plus. Les sanglots et les larmes de celui qui à la fin de sa vie ne supporte plus la mesquinerie des uns et des autres, qui se tord de douleur, les côtes brisées par le kiné tellement ses os sont devenus friables.

Ce livre est très beau et je l’ai beaucoup aimé. Là on parle du sida, mais ce qui est décrit dans ce livre peut être le récit de toute personne en fin de vie, après une longue et douloureuse maladie.


René de CeccattyA propos de l'auteur :

René de Ceccatty est né le 01/01/2952 à Tunis. Romancier, traducteur, critique littéraire et éditeur. Il a fait des études de philosophie. A vécu au Japon et en Angleterre. Il collabore régulièrement au "Monde des Livres" et fait partie du Comité de Lecture des Editions du Seuil.

Il collabore également à de nombreuses revues telles : la NRF, la Quinzaine Littéraire, le Magazine Littéraire, Europe, Nuovi Argomenti, II Messaggeroe, etc...Il est critique littéraire au journal "Le Monde" depuis décembre 1988.

 

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23 juin 2013

Le coeur éclaté - Michel Tremblay

Le coeur éclatéQuatrième de couverture :

Ici, le couple du Coeur Découvert, roman des amours heureuses, éclate : Mathieu après dix ans de vie commune, déménage et met un terme à une relation qui s'était étiolée.

Jean-Marc, entre effondrement et désespoir donne corps au seul proet possible : il par pour Key West, et là, dans la capitale des artistes et des prix Pulitzer peu à peu devenue le mouroir de l'Amérique, il apprend à accepter la douleur et tente d'affronter le sentiment de culpabilité qui l'assaille.

 

Editions : Babel - ISBN : 2 7427 9576 7 - Poche 313 pages - Prix : 7,70 €

 

Mon avis : Volodia

Bien que le premier livre puisse se lire indépendamment du second, je me suis pris de passion pour l'histoire de Jean-Marc et Mathieu. Il m'était impensable de ne pas connaître ce qu'il advenait de leur amour.

Ce second livre est plus sombre. Mathieu déménage avec son fils Sébastien. Ne reste plus à Jean-Marc que les souvenirs d'une liaison qui fut heureuse. Une rupture étant par essence douloureuse, Jean-Marc a du mal à s'en remettre et fait crise d'angoisse sur crise d'angoisse.

Malgré l'affection presque maternelle de ses voisines, et pour tenter d'oublier, Jean-Marc décide de partir pour Key West, non sans culpabilité, car un de ces ex-amants dont il est pratiquement seul à se soucier;  se meurt du sida à l'hôpital.

Logé chez un couple d'homosexuels, extravertis et fêtard, qui tente maladroitement de lui faire reprendre goût à la vie et parmi la luxuriance des paysages de key west, il arrive peu à peu à surmonter sa douleur. Professeur de français et écrivain, pour gagner sa vie, il arrive malgré tout à réécrire, et entame une liaison avec un "natif" de l'île. Liaison sans lendemain, mais qui aura pour but de l'apaiser et lui redonner confiance en lui.

A son retour, Luc l'ancien ami qu'il visitait à l'hôpital est à l'article de la mort. Suite à sa demande et malgré ses réticences, il accédera à son désir de l'aider à mourir, dans la dignitié, et pour lui éviter des souffrances supplémentaires.

J'ai adoré ce livre, et le style d'écriture de cet auteur, comme s'il parlait. Moi qui n'aimait pas l'accent canadien, je me suis surpris à lire ces livres avec cet accent, ces mots et ces expressions si particulières de façon tout à fait naturelle, je lisais intérieurement et m'entendais parler, mais ce n'était plus moi, Volodia, mais Jean-marc qui s'était substitué à moi.  

 

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25 octobre 2012

Serial Fucker journal d'un barebacker - Erik Remès

Serial fuckerErik Rémès n'imaginait pas que la publication de Serial Fucker, journal d'un barebacker, déclencherait d'aussi violentes réactions au sein de la communauté gay. C'est ainsi que les bureaux de son éditeur furent dévastés et que Thierry Ardisson fut violemment pris à parti car il avait "osé"  inviter Erik Remès.

Mais quel crime avait donc commis Erik Rémès ?

Pour la première fois dans un roman underground, il avait révélé une pratique courante du monde gay, mais méconnue, "le barebacking" qui désigne les rapports non protégés entre séropositifs. Il inclut également le culte du sperme et les rapports sexuels impersonnels avec des partenaires multiples.

Pour les barebackers, les capotes empêcheraient de bander. Elles seraient un indice de honte de soi et de haine du sexe. Ce mouvement correspondrait également au "ras-le-bol" du "safe-sex" après vingt ans d'épidémie du sida.

En faisant de cette pratique à risque le centre de son roman, Erik Rémès brise, selon ses ennemis, la vitrine de respectabilité et d'honorabilité que s'efforcent de donner les représentants de la communauté. Mais taire ou feindre d'ignorer le barebacking n'évitera pas la réalité de cette pratique qui se développe.

Serial fucker est un livre obsédant, fort et dérangeant qui interroge. Que sont la vie, l'amour, la mort et le respectde l'autre dans une société individualiste enquête, au mieux d'une nouvelle éthique, au pire, du néant ?

 

Editions : Blanche - ISBN : 2 84628 111 4 - Poche 310 pages - Prix : 10 €

Lien de la vidéo de Erik Rmès chez Ardisson :  http://www.youtube.com/watch?v=9NA_Ky35NVM

Pour personnes très très averties - Absolument interdit aux mineurs


 

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20 juillet 2012

The End - Didier Lestrade

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Quatrième de couverture :

Le sida ne fait plus peur.

Ce constat peut sembler incroyable pourtant, depuis l'arrivée des multithérapies en 1996, la prise de risque dans les relations sexuelles s'est imposée jusqu'à devenir un style de vie : le bareback. Une sexualité libérée passe désormais par le sida. le Préservatif est devenu un repoussoir. Résultat : une nouvelle vague de l'épidémie touche les pays riches. La présention en direction des homosexuels est en train d'échouer, à la faveur notamment du développement du business du sexe et de la multiplication des rencontres sur le web.

 Cet abandon de l'orthodoxie d'une sexualité protégée est l'un des symptômes les plus significatifs de la perte de repère qui affecte les gays. Consumérisme forcené, individualisme aliénant, futilité permanente ne sont que des échappatoires au désespoir et au repli où les homosexuels sont acculés. Au-delà des atteintes du sida, ce dépérissement touche également à l'essence de l'homosexualité. La pornographie, la house-music, l'esprit communautaire, la draque, les sentiments amoureux sont pollués par un état d'esprit délétère qui valorise la dépression.

Les associations de lutte contre le sida semblent désarmées face à l'apologie de la contamination. Bien qu'elles aient pris conscience avec retard des problèmes posés par le bareback, elles seules sont susceptibles de pallier la démission des pouvoirs publics sur le sujet. L'espoir est mince. La place des gays au sein de la société est donc menacée. Une fin éventuelle qui aurait des conséquences désastreuses pour une communauté déjà fragilisée par l'épidémie depuis plus de vingt ans.

Jusqu'à présent, pratiquement personne n'a osé s'élever contre les dérives mortifères à l'oeuvre dans l'homosexualité au nom d'une prétendie liberté d'écrire et d'agir. Ce livre est une défense des valeurs qui devraient fonder les relations entre les gays. Alors que les contaminations reprennent, un débat doit s'ouvrir au plus vite. Il en va du futur des homosexuels. Avec le bareback, l'amour, le sexe et l'épidémiologie sont à nouveaux liés. 

Editions : Denoël - ISBN : 9 782207 25424 0 - Broché 384 pages - Prix 23 euros.

 

Mon avis : Volodia

Il le dit lui-même : «…Ce livre est autant un témoignage de colère sur les homosexuels qui se ne protègent plus, qu’il est une réflexion sur les difficultés amoureuses des homos en général …»

Et ce coup de gueule il le pousse avec raison, à mon sens, car après toutes ces années de lutte pour la prévention en vue d’enrayer la progression du sida, il reste encore des personnes qui ne se protègent pas, par méconnaissance de leur séropositivité, mais également par relapse (abandon du préservatif) alors qu’elles multiplient les expériences et donc les partenaires.

D’autres encore, qui se disent conscients et responsables font l’apologie du barebacking, au nom d’une soi-disant liberté, prévenant ou pas de leur sérologie et n‘hésitant pas à sacrifier sur l‘auteur de leur plaisir, leurs partenaires successifs qu’ils soient déjà séropositifs (alors que le risque de risque de surinfection existe bien) ou séronégatifs. Prétextant que a prise de risque fait partie du plaisir et de la sexualité homosexuelle.

Mais, il n’y a pas que cela d’évoqué dans ce livre, la difficulté des gays à trouver un « mari » y est aussi décryptée. Comment un homme qui fréquente régulièrement les lieux de drague (bars, boites) et plus glauque, les saunas, les back room, ou le choix d’un partenaire se fait uniquement en fonction de ses pectoraux, de son sexe « avantageux », et ou pratiquement aucune parole n’est échangée, ou la consommation se fait sur place devant un nombre x de voyeurs, comment trouver dans un tel contexte l’homme de sa vie ?

Pourquoi, le SM qui était une pratique marginale des homos cuir, se trouve-t-il tout d’un coup au pinacle des relations gays et queer. Le sex hard s’est banalisé, et on assiste à une recrudescence de sida, mais pas également de maladies vénériennes particulièrement contagieuses et dangereuses telles la syphilliis, et quand je vois de petites fiottes, qui pour faire «à la mode» en arborent, sans en connaître véritablement le sens, une partie des tenues vestimentaires, ça me met hors de moi avant de me faire rire.

Le grand fantasme des gays fréquentant se genre d’endroit, c’est la baise, violente, dans sous-sol, un parking, un souterrain, le tout puant la pisse et la merde et si pour couronner le tout on a un beur comme partenaire et qu’on a droit à une tournante c’est le pied. Plus c’est profond, plus c’est crade, mieux c’est. Comment en sommes-nous arrivés là. La perversité est-elle notre apanage ?

Tout ses comportements à risques sont dénoncés dans ce livre. Ils sont malheureusement réels et ne sont pas prêts de s’arrêter, les trithérapies ayant fait reculer la mortalité des personnes contaminées et le cinéma pornographique ayant fait son lit dans la fange.

Et je suis d'accord avec lui. Quand à l'heure actuelle, un jeune qui attrape le sida dit : je ne savais pas...Le préservatif c'est dur à mettre... Non, je n'y crois pas avec toutes les campagnes de prévention, les préservatifs gratuits mis à disposition à l'entrée des bars, des boites, des saunas, (pas toujours des back room), etc...Et puis si tu sais pas mettre ton préservatif demande à ton copain, ça renforcera votre intimité et ça peut être synonyme d'un préliminaire procurant beaucoup de plaisirs, si si, puisque je te le dis.

Didier Lestrade, passe au microscope toute la communauté homosexuel. Tout y passe, le consumérisme des gays, les relations amoureuses, sexuelles, le barebacking (qui reste son cheval de bataille), les règlements de compte avec les diverses associations, et surtout avec Guillaume Dustan et Erik Rémès ferveurs défenseurs du barebacking qui lui on fait un publicité d’enfer, au point que baiser safe fait s’arrondir en point d’interrogation les yeux de beaucoup de mecs dans les bars. Didier Lestrade, appui là ou ça fait mal et on comprends mieux pourquoi il gêne, malgré tout ce qu’il a fait pour la communauté gay

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12 juillet 2012

Sida 2.0 - Didier Lestrade & Gilles Pialoux

9782265094529FSQuatrième de couverture : 

Le Sida a eu 30 ans en 2011. Mais le sida a changé. L'épidémie a changé. Depuis son évocation dans les journaux en 1981, la pandémie que l'on a commencé par appeler "le cancer gay" est devenue l'objet de tous les fantasmes, de toutes les craintes mais aussi de toutes les luttes de part le monde, qu'elles soient homo ou hétérosexuelles, scientifiques, amoureuses ou militantes.

Il est déjà difficile de réaliser que trois décennies se sont écoulées depuis les premiers cas d'une maladie alors inconnue. Malgré les nouvelles découvertes à son sujet, de nombreux clichés subsistent, parfois même parmi ceux qui sont les mieux informés, ceux qui sont directement concernés. En 30 ans, le sida a su provoquer une révolution médicale sans précédent dans les relations entre la recherche et les malades, entre les médecins et les patients, entre les médias et le bénévolat associatif.

Il est temps de raconter son histoire. Ses histoires. A travers leurs témoignages croisés, les auteurs questionnent notre responsabilité, individuelle et étatique et nous invitent à nous servir au mieux des nouveaux outils mis à notre disposition pour enrayer la maladie.

Editions : Fleuvenoir - ISBN : 978 2 265 09452 9 - Broché - Prix : 19,20 euros

  lestrade et pialoux

 A propos des auteurs :

Didier Lestrade (à gauche) est militant, journaliste et écrivain.

Gilles Pialoux (à droite) est clinicien-chercheur et chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris

 

 

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20 janvier 2011

Cytomégalovirus - Hervé Guibert

guibertCe journal retrace 3 semaines de la vie du romancier, atteint du sida.

A l'hôpital, il s'interroge : comment rester digne lorsqu'on assiste à la lente dégradation de son corps ? Ecrire contre la souffrance, bien sûr. Mais aussi contre la logigue hospitalière : refusant d'être à demi-nu sous une blouse transparente, c'est en costume de ville que l'écrivain se rend au bloc opératoire.

Critique littéraire du journal "Le Monde"  :

"Dans ce journal de l'extrême fin, l'auteur a l'héroisme de conserver de la curiosité pour ce qui lui advient".

 

Mon avis : Volodia

J'admire l'homme plus que ses oeuvres (sauf les dernières écrites en partie sur sa maladie), pour la lucidité dont il a fait preuvre dès le début de la maladie et au travers des étapes de celle-ci.

Il écrit : "Jai peut être fait la connaissance aujourd'hui, de la chambre dans laquelle je vais mourir". Par delà ses souffrances physiques, il y a ce qui pour moi représente la plus grande : la souffrance morale. De voir non seulement son délabrement physique, mais de savoir ce qu'il adviendra plus tard, mais toujours à court terme : le délètement de ses facultés intellectuelles avant de sombrer dans la démence.

Sur son hospitalisation, il note tout, car tout lui parait important et nous constatons avec lui, l'indigence des services hospitaliers, l'indifférence des infirmières qui parlent aussi forts de jour comme de nuit, sans se rendre compte tellement elles sont habituées à la maladie et à la mort, que le patient aimerait bien lui aussi se reposer. Avec lui, nous entendons les cris de douleur de ceux pour lesquels il n'y a plus grand chose à faire. Et comme lui, J'aimerai avoir la volonté  de conserver ma dignité envers et contre tout et tous si un jour j'étais atteint d'un mal incurable.

 

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02 novembre 2010

Liberace - Amanda Sthers

9782259211154Liberace, pianiste de génie, star américaine des années 60, était-il fou ?

A travers une confession fictive, Amanda Sthers lui donne la parole.

Celui qui a bouleversé les Etats-Unis puritains, l'un des premiers morts du sida médiatisés, évoque son parcours, son amitié avec Elvis et Streisand, son enfance, sa mère etouffante, son jumeau mort-né, ce double qui a cherché toute sa vie, cet amant à qui il a fait remodeler le visage pour qu'il lui ressemble trait pour rait avec quarante années de moins et qu'il a fini par jeter à la rue avec un simple sac-poubelle.

Le roman d'une vie qui ressemble à une superproduction hollywoodienne.

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