06 avril 2018

L'effraction - Omar Benlaala

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Quatrième de couverture :

"Hédi et moi, j'ai bien vu qu'on était pas pareils. Pourquoi le nier, Jean-François ? Tout est fait pour pas se rencontrer."

Omar Benlaala déplace les personnages qu'Edouard Louis a mis en scène dans son Histoire de la Violence.

Un autre regard, Un regard, une autre voix : ceux d'un jeune Parisien d'origine kabyle. Ce dernier se livre au sociologue qui l'interroge après les évènements de Cologne, dans le cadre d'une enquête sur la sexualité des Français "issus de l'immigration". De confidence en confidence, il dévoile à cet homme ses frustrations, ses rêves, ses souvenirs, son secret - Une histoire que l'Histoire a trouée : celles des fils et petits-fils d'une société déchirée par son passé colonial. La littérature se transforme ici en arme politique. Edifiant.

Editions : L'aube - ISBN : 9 782815 919616 - Broché : 82 pages - Prix : 12 €

Mon avis : Volodia

Ce livre se veut une réponse à la violence subie par Edouard Louis une nuit d'hiver et qui a débouché sur "Histoire de la Violence" avec pour conséquence une plainte pour viol contre Reda le jeune homme qui l'avait dragué et avec qui il avait passé la nuit.

Dans ce récit Réda est plongeur dans un restaurant en attendant mieux, ce qui lui permet de subsister, et de garder la tête hors de l'eau. Dans l'espoir d'améliorer sa condition, il prend des cours de théâtre le dimanche, son seul jour de congé, avec une jeune fille qui lui donne la réplique et dont le père est sociologue. Celui-ci tient, dans ce récit le rôle de psychologue, confesseur, qui par ses questionnements fait prendre à l'intéressé, conscience, non de l'injustice sociale, ça il l'a connait déjà, mais à réfléchir au pourquoi de son comportement, aux causes réelles de ses accès de violence.

La nuit de Noël, Reda se fait aborder par Edouard Louis. Tout d'abord étonné, ayant plus l'habitude de se faire interpeller par la police que par un "ange tout blond qui sentait le printemps", celui que sa mère ramène de la Mecque. Afin de jouir encore de son odeur, il décide de le laisser approcher. Au fil de leur marche commune et de leur conversation, son intérêt pour la Kabylie, plus le parfum, l'incite à prolonger ce moment en l'invitant chez lui dans le 11ème arrondissement.

Toutefois, il y a maldonne, un énorme malentendu. Réda invite Edouard qu'il rebaptise Hédi, afin qu'il l'instruise, qu'il lui parle de la Kabylie, de la guerre d'Algérie qui a rendu son oncle, hospitalisé depuis de nombreuses années en psychiatrie. Or, à peine Edouard/Hédi est-il entré  dans l'appartement, qu'il se sent piégé, et pressent qu'Edouard-Hédi attend autre chose, tout en n'arrivant pas à définir quoi.  Celui-ci étant poli et respectueux, il est partagé entre l'envie de le mettre dehors tout en souhaitant voir comment la situation va évoluer. Un regard d'Edouard sur des photos de Reda et de ses cousins au bled et en maillots de bain, suffit à le classer parmi les pervers et générer un mouvement de colère.

L'histoire continue scindée en deux par les questionnements et échanges entre le sociologue et Reda ce qui permet à l'auteur de faire des digressions, religieuses, politique, sous couvert du pseudo Reda. Partagé entre deux cultures, le "cul entre deux chaises", qui aimerait tout en ne le voulant pas avoir une liberté de disposer de sa vie, de sa sexualité, sans toutes les contraintes et tabous dont il a été nourri par des parents immigrés de la première génération.

Et là ça ne fonctionne pas !. La transposition est erronée, on a bien compris que pour l'auteur l'homosexualité de Reda pose un problème. Mais elle est bien là, inutile de tourner autour du pot et d'inventer un motif à la mord moi le noeud pour justifier que Reda ait abordé, et accepté l'invitation d'Edouard. Ce qui est arrivé ensuite entre les deux hommes ne regardent qu'eux étant l'un et l'autre consentant.

Je réfute ce plaidoyer larmoyant pour justifier tout acte délictueux, toute violence quelle qu'elle soit. Je ne peux malheureusement que constater que ce sont toujours les mêmes qui sollicitent la compréhension, l'indulgence quand ce n'est pas le pardon à défaut d'oubli pour des actes répréhensibles commis en raison d'une culture différente. Ce que certains ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c'est que l'on juge un peuple sur la conduite de ses ressortissants.

Ces justifications contestables qu'il met dans la bouche de Réda sont en fait les siennes. Car si l'on prend ses remarques sur la guerre d'Algérie, son héros s'il a même âge qu'Edouard n'est pas la première génération d'émigrée mais plutôt la troisième vu, la démographie "galopante", alors que lui Omar Ben Laala....

D'autres peuples (ex-colonies) de notre pays et autres sont confrontés aux mêmes problématiques, qu'elles soient religieuses, économiques et sociales, parfois pire lorsqu'il faut rajouter des séquelles psychologique et physique de guerre , la barrière linguistique, etc... et qui ne deviennent pas pour autant des délinquants et des criminels...!!! Heureusement car il y aurait de quoi désespérer  !

 

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11 juin 2012

Pourquoi les gays sont passés à droite

9782021050370_mainQuatrième de couverture :

Les gays sont depuis longtemps comme une minorité engagée à gauche, tolérante et progressiste. 

Figure éminante et dérangeante de la communauté gay, Didier Lestrade affirme que ce n'est plus le cas. Il montre que le racisme gagne du terrain chez les gays, en France mais aussi en Europe. on oublie ainsi souvent de Pim Fortuyn le leader de l'extrême droite aux Pays-Bas, était ouvertement gay. Et à la différence de son père, Marine Le Pen s'est bien décidée à "draguer" les homosexuels qui, parfois, se laissent séduire par son discours.

Mais ce n'est pas tout. La France découvre l'égoïsme et l'absence de scrupules de certaines personnalités gays dont les "frasques" sont révélées à l'opinion publique. Pour Didier Lestrade, cette élite gay (souvent au "placard"), obsédée par ses privilèges, son prestige et son argent, témoigne aussi de la droitisation des gays, symptôme d'un individualisme et d'un consumérisme forcenés qui gagnent la communauté.

Editions : Seuil - ISBN : 9 78 2 02 105037 0 - Poche : 141 pages - prix : 14,50 euros.

Mon avis : Volodia

A la lecture de ce livre, on sent le militant pur et dur, qui ne transige pas avec ce qu'il pense être la réalité, sa réalité, même si parfois il en prend à son aise.

Didier Lestrade, est un homme de terrain, qui défend ses idées au-delà du boutisme et par conséquent son livre ne peut laisser indifférent. Il est "entier" et n'a pas peur des mots et de ce qu'il avance. Ces "haines" sont sincères même si parfois elles me semblent injustifiées, comme ces propos injustes et déplacés envers Frédéric Mitterrand, Mace-Scarron, Fourrest, et bien d'autres).

J'ai du mal à lui pardonner son outing des homosexuels qui seraient encore "dans le placard"  mais qui de part leur position pourrait jouer un rôle positif en faveur de la communauté. Hum oui, quoi qu'il en dise, il n'hésite pas à les "dénoncer" publiquement au travers de ces livres et pour moi ça le discrédite un peu. Mais bon, malgré sa mauvaise foi, ses coups de gueule, son caractère tranché, il reste un pilier de la lutte pour les droits homosexuels et de la lutte contre le sida à qui nous devons tous beaucoup. Il faut pas l'oublier. De toute façon même si on le voulait, lui, ne nous laisserait pas l'oublier.

 

Mon avis : Indiangay

Je ne connais que depuis peu Mr Lestrade et son implication active dans la communauté gays, mais je sais qu'il a beaucoup donné et peu reçu. Son livre m'a semblé écrit avec colère, pour ne pas dire rage, et avec une certaine rancoeur (de ne pas être reconnu à sa juste valeur ?).

Si j'aime les hommes qui ont du caractère, je dois avouer que certaines de "ses" vérités nous sont assénées de façon lapidaire et sans réel fondement. De plus, ses idées relatives à ce que les gays ayant un peu de pouvoir politique sortent obligatoirement "du placard" pour donner l'exemple à tous les jeunes qui n'osent pas le faire, c'est moyen. Et de les outer en les nommant dans son livre vraiement moche.

Même si son livre est intéressant, j'ai trouvé qu'il en profitait pour régler ses comptes. Tout le monde n'évolue pas dans le milieu homosexuel à son aise, et le problème de se dévoiler ne résulte pas seulement du fait de faire de la peine à sa famille mais bien d'affronter la pression sociale. Surtout pour un homme politique dont les moindres faits et gestes sont scrutés et dont on s'empresserait d'user de son homosexualité pour le prendre à défaut quelque soit les opinions qu'il pourrait avoir.

Malgré tout, même si certaines idées exprimées m'ont déplues voire, insupportées, j'ai bien aimé son livre.

 Lestrade Didier

A propos de l'auteur :

Journaliste, écrivain, militant, Didier Lestrade est une figure imortante de la communauté gay, et l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels Act Up, Une histoire (Delanoël, 2000) et, plus récemment, Cheikh, Journal de campagne (Flammarion, 2007).

Il  a quitté Paris en 2002 et vit actuellement en Normandie.

 

Posté par chezVolodia à 19:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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