30 octobre 2011

Le monde des Eunuques - Olivier de Marliave

La castration à travers les âges

Le_monde_des_eunuquesQuatrième de couverture :

Castration, émasculation, éviration, les mots ne manquent pas pour désigner une opération universellement attestée et encore pratiquée de nos jours. De la Chine à la Russie, de la Turquie à l'Inde, de l'Italie à l'Egypte, puissants ou serviteurs, les eunuques sont présents depuis des siècles.

Agissant dans l'ombre ou brillant à la cou, ils jouèrent très souvent une rôle primordial dans la conduite desempires, prenant même parfois la tête des armées. Mais tenus pour être des domestiques idéals en raison de leur "innocence", ils furent particulièrement recherchés par les marchands d'esclaves qui tiraient de bien meilleurs profits dans le trafic de ces hommes "doux et serviles".

Aujourd'hui - depuis 1923 seulement -, les castrats de la chorale de la Chapelle Sixtine, de la Cité Interdite ou des palais ottomans ont disparu. Pourtant, on trouve encore des eunuques en Inde, appelés Hijras - communauté estimée à près de quatre millions de personnes, qui vit de mendicité ou de prostitution et à laquelle on attribue des pouvoirs sacrés - et jusque très récemment en Russie, avec la secte des dernier Skoptzy, qui espéraient "acheter le ciel" en s'automutilant.

Dans cette passionnante enquête, Olivier de Marliave nous dévoile l'histoire tragique de ce "troisième genre" qui, selon les époques et les lieux, fut - est - méprisé, craint ou vénéré.

 Editions : Imago - ISBN 9 782849 521243 - Broché 223 page - Prix : 20 €

 

Mon avis  : Indiangay

C'est avec une  attention particulière que j'ai lu ce livre, qui marquait l'intérêt d'un européen pour des coutûmes qualifiées souvent d'un autre âge mais, qui à l'époque trouvait leur utilité.

L'auteur met en évidence ces mutilations sur le compte essentiellement de la religion. Que cette mutilation ait été faite pour motif religieux et de plein gré pour les hijras/aravani, et la secte chrétienne des Kopotzy. Il n'en est guère de même avec les Castrats, qui subissaient cet acte, encore enfants, aux fins de garder la pureté de leur timbre de voix. Quant en Orient et au Moyen Orient, les mobiles en étaient plus utilitaires et mercantiles. Et s'ils étaient dociles envers leur maitre, ils se montraient intraitables avec les femmes dont ils avaient la garde n'hésitant pas à appliquer les punitions quelles qu'elles fussent avec la plus grande sévérité pour ne pas parler de cruauté. Ce qui faisaient de ces êtres mutilés et incomplets des êtres craints, moqués, méprisés non seulement dans les harems mais également, dans les rues et ce malgré la puissance qu'ils pouvaient acquérir s'ils se montraient habiles à servir leur maître.

Ce livre m'a fait découvrir l'histoire des castras de l'église, à la recherche du fameux contre-ut mais également les raisons qui ont poussé des gens d'églises à transformer de jeunes garçons en eunuchs puisqu'il était interdit aux femmes de se produire sur des scène de spectacles.

160px_SkoptzyPour ce qui est de la secte chrétienne des Koptzy, en Russie, je n'en avais jamais entendu parlé et de ce fait, je suis fort content d'en connaître un peu plus à leur sujet et surtout sur leurs motivations à la castration. Je tiens tout de même à préciser que les Kopotzy sont eux aussi émasculés en totalité et que comme les Hijras/Aravanis, ils n'entreprennent aucune intervention chirurgicale pour une reconstruction génitale ou vaginale. En raison les motifs religieux de cette mutilation (Les Koptzy pensent atteindre par ce moyen la perfection et par là-même Dieu. Les Hijras/Aravanis commémorent le sacrifice d'Aravan en prenant la forme féminine de Krishna).

D'autre part, le fait d'être castrés, émasculés pour certains, ne veut pas dire obligatoirement homosexualité. Nombre d'Euneuchs eurent des harems, des épouses et adoptèrent des enfants, que ce soit en Europe, Au moyen-Orien et en Orient et en Asie (chine). Le continent indien y a malheureusement fait exception, puisque depuis la fermeture des zénanas (appartements des femmes), l'accent est mis sur l'aspect  religieux, le magique et la supertition. Leur reste, pour survivre, dans un monde  révolu mais qui résiste malgré tout à toute évolution, des moyens aussi peu nobles que respectables.

 olivier_de_marliave_prix_guide_pyreneenA propos de l'auteur :

Ecrivain voyageur, Olivier de Marliave a publié de nombreux ouvrages consacrés à la mythologie populaire et aux enquêtes ethnologiques.

 

 

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23 juin 2010

Mémoires d'un eunuque dans la Cité Interdite - Dan SHI

dan_shi_memoires_d_un_eunuque_dans_la_cite_interditeYu Chunhe, eunuque au palais de l'impératrice Xiaoding, l'épouse de l'empereur Guangxu de la dynastie des Qing nous livre ce témoignage exceptionnel sur la vie quotitidenne des castrats et sur celle de leurs maîtres.

Entré dans la Cité Interdite en 1898, à l'âge de 17ans, il y passera 18 années terribles, marqées par la guerre contre les étrangers, l'exil de la cour à Xian, le traité de paix, la révolution, l'avènement de la République et la chute de l'empire.

Ses mémoires, riches en intrigues et portraits acerbes des familiers de la cour, nous en aprennent plus qu'un livre d'histoire officielle. Description édifiante des moeurs d'une époque, de sa décadence et de sa corruption, les Mémoires d'un Eunuque dans la Cité Interdite constituent un document historique unique, mais sont avant tout le récit émouvant du destin tragique d'un adolescent vendu aux trafiquants d'enfants de Pékin qui fournissaient le palais impérial en eunuques.

Yu Chunhe révèle ce qui a souvent été occulté sur la vie privée de ces innocents, châtrés de force pour être ensuite emprisonnés entre les murs de la Cité Interdite où ils étaient traités en esclaves, insultés, battus, tués selon le caprice de leurs maîtres.

L'une de ces vies meurtries fut enregistré par Dan Shi, historien spécialiste de la dynastie des Qing, qui décida de le publier sous la forme d'un roman.

 

Mon avis : Indiangay

Je trouve bien que l'on distingue les eunuchs dont la castration a été forcée, des transexuelles, et autres homosexuels. En effet,  trop de ces personnes sont encore mises dans le fourre tout des trangenres qui comprend tout et n'importe quoi qu'on ne sait assigner distinctement.

Car on pouvait à cette époque comme dans une autre plus lointaine être un eunuch, sans pour autant être homosexuel. Prise de guerre, gardien des appartements des femmes et/ou attaché aux services des femmes de harems et de zénanas voire tout simplement être offert en cadeau pour satisfaire aux plaisirs du prince et/ou du seigneur en titre.

 

Mon avis Volodia :

La Chine est loin et ses coutumes complexes. J'ai découvert à travers ce livre magnifique et auto biographique des traditions dont certains aspects qui s'ils m'étaient connus, d'autres l'étaient beaucoup moins, car passé sous silence, par pudeur ? par honte de ceux-ci ?

Toujours est-il que le pouvoir exercé par les eunuques dans les cours royales et princières dans quelques pays que ce soit était considérable pour  peu qu'ils aient eu les faveurs de leur maitre ou maitresse. Ce que je savais, comme tout le monde, c'est qu'en Orient et en Asie ils étaient les gardiens de la "tranquillité" des femmes. Ce que je ne savais pas, c'est que malgré leur état et le mépris de la population dont il faisait l'objet, ils entretenaient également des harems constitués de leurs épouses et concubines, que des familles pauvres mariaient leur fille avec un eunuque, et que malheusement, il arrivait fréquemment qu'ils les éventraient, par accident, lors des rapports sexuels, leur libido étant non maitrisée et leur prothèse maniée trop vigoureusement.

Leur avidité de pouvoir, de richesses, de femmes était-elle la résultante de leur état ? une compensation de ce que leur avait fait subir la Société et surtout leur père par une castration forcée ?

Ce livre est particulièrement intéressant, car il nous dévoile un monde à part, composé de milliers d'hommes vivant enfermés dans la cité interdite, avec ses codes de soumission et dont l'espérance de vie étant dépendante du bon plaisir de leur maître, voire de la jalousie d'un concurrent.

 

 

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