20 septembre 2015

Dans ma chambre - Guillaume Dustan

1497671_4622848Il s'agit du premier roman de Guillaume Dustan. Essentiellement autobiographique qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie de l'auteur. Ses journées entières à pianoter sur minitel, pour rencontrer des "coups d'un soir". Des soirées et des nuits à se droguer, à s'envoyer en l'air avec des types qu'on drague et qu'on ramène chez soi comme des courses du supermarché.

C'est un livre cru, certains diront érotiques, d'autres dont je fais parti le jugeront pornographique, mais avec quelque chose d'autre que du cul et des performances sexuels, autre chose que la trivialité de l'auteur. Il est le reflet d'une époque en pleine période sida, une époque ou dans le milieu gay, tout le monde couche avec tout le monde, ou l'on ne s'étonne plus d'être séropositif et ou c'est la minorité qui est séronégatif. Une époque ou l'on commente la mort d'un tel avec une certaine indifférence. Une époque ou après l'étonnement, la peur et l'hécatombe des premiers cas de sida, un traitement vient de faire son apparition et l'on se reprend à espérer avoir encore quelques années à vivre, à profiter de tout ce qu'elle nous offre y compris ses excès. Car malgré la maladie, personne ne songe à changer ses habitudes, et l'on continue à draguer, à se shooter,  à "coucher" avec ou sans capotes, fréquenter les back rom du "Transfert" et du "Qg".  

Dustan, nous dévoile ses goûts à la limite de la violence dans le fantasme, les codes sado-maso et cette quête effrénée de mecs, de culs, de sperme et de drogues, toutes les drogues (popers, extasy, acide, cocaîne) qui circulent semble-t-il librement et que l'on offre ou s'offre comme on le ferait d'un verre.

Les descriptions torrides de scènes d'amour entre deux hommes, la description du "matériel" contenu dans ses placards, les initiations éprouvantes d'un partenaire. Nous assistons à une quête sans fin dans lequel Dustan semble se perdre à la recherche d'un amour impossible ?

Ce livre n'a pas les qualités littéraires que l'on s'attendrait à trouver chez n'importe quel auteur. Il n'a pas de style, pas de ponctuations, les phrases sont décousues, parfois incompréhensibles. Mais c'est un livre fort. Dustan a ce don de nous prendre aux tripes, de nous faire partager sa vie au point de s'oublier soi-même ce qui pour moi est assez est rare et,  j'ai aimé !

Editions : P.O.L. - ISBN : 9 782867 445255 - Broché 155 pages - Prix 14 euros

 

277192_192628567426080_4258714_nA propos de l'auteur:

Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès est né en 1965 à Paris. Il y est décédé en 2005 après avoir avalé par accident une surdose médicamenteuse (version officielle). Il a exercé la profession de Magistrat avant de se tourner vers l'écriture puis l'édition.

Il cré au Editions Balland, le Rayon Gay, qui deviendra par la suite "le Rayon" qui sera la première collection entièrement  LGBT éditée en France. Une cinquantaine de titres y seront publiés avant sa fermeture en 2003.

En 1999 il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Page". Sa renommée s'est accru en raison de sa position sur le barebacking, littérallement "monter à cru" ce qui lui vaudra les foudres de Didier Lestrade de l'association de lutte contre le sida Act Up.

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15 février 2014

Lettres à Yves - Pierre Bergé

 

Lettres à yves

Quatrième de couverture  :

" Au fond ces lettres n'avaient qu'un but : faire un bilan, celui de notre vie. Dire à ceux qui les liront qui tu étais, qui nous étions".

Mot de l'éditeur :

Pierre Bergé a partagé la vie d'Yves Saint Laurent pendant cinquante ans. En adressant au gran couturier ces lettres par-delà la mort, il ressuscite les jours de gloire et d'insouciance, ceux aussi, entre poignard et poison, marqués par la drogue et la dépression. C'est un dernier adieu, au milieu des oeuvres d'art longtemps collectionnées, un hommage à une vie de passions, de combat et de rencontres.

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 443284  - Poche  : 93 pages - Prix : 5,60 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Ce livre est une véritable ode à une personne que l'on a aimé presque plus que sa vie. Mais il démystifie ces grands personnages que sont Yves St Laurent et Pierre Bergé. On s'aperçoit que malgré l'amour qui les liaient, de nombreuses difficultés et non des moindres ont plus ou moins été surmontées, la drogue, l'alcool, la dépression au point que pour se protéger psychiquement, Pierre Bergé s'est pris un appartement indépendant (même s'il était non loin) de Yves St Laurent.

Ce couple quasi mythique que nous étions beaucoup à envier, avait également sa part d'ombre, car les coups de canifs dans le contrat  n'ont pas manqué, même s'ils se sont toujours retrouvés. Nous y apprenons du reste quelques indiscrétions sur la vulgarité d' Yves St Laurent dans certaines circonstances et les lettres particulièrement crues voire salaces qu'il adressait à des gigolos et qu'il demandait à Pierre Bergé de récupérer pour lui...

Indiscrétions certainement voulues, mais  honnêtes et sincères de ce dernier, qui a voulu montrer que même si leur amour était "fort" il n'était pas uniquement charnel, mais qu'également les unissaient une même passion pour le beau, pour l'art quel qu'il fut, ce qui a sans doute permis à leur couple de perdurer dans le temps.

Ils n'étaient pas que qu'on appelle des "monstres sacrés" mais tout simplement humains avec toutes leurs imperfections.  

 

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19 septembre 2009

Dorian de Wil Self

 

 

 



Histoire :

Henry Wotton est un dandy qui use et abuse de tous les plaisirs illicites : sexe, drogue, alcool, et bons mots. Dans le studio de son ami (et ex-amant) Basil Hallward, vidéaste très en vogue, il rencontre Dorian Gray, un jeune homme d'une grande beauté. Il se propose de l'initier à toute une vie de débauche...
Dorian se laisse tenter, tout en faisant le voeu de garder la fraîcheur et l'innocence de la jeunesse. Mais il y a le sida et ses ravages...

Dorian est le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde transposé une siècle plus tard. Wil racontait la déchéance du XIX siècle finissant, Will Self, lui, raconte la lente dérive du Londres décadent des années 80 et 90. Dans ces variations sur un mythe, il dépeint, avec le cynisme et l'humour qu'on lui connaît, une fin de siècle désormais révolue.

Mon Avis :

C'est bien particulier, mais c'est un très bon livre. Pour les personnes qui ne connaissent pas le milieu gay et en particulier cuir et autres, hum ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Mais il reflète bien une époque pas si lointaine et qui refait surface. Car les drogues sont devenues plus courantes, moins chères, certains sont avides de nouvelles sensations et prêts à toutes les folies d'autant que de nouveaux traitements contre le VIH ont vu le jour avec un certain succès.

Pour ce qui est des boites cuirs et des backs room, la France à ce qu'il faut même si en 80 certaines boites ont été fermées pour diverses causes : drogues, mineurs, débauches en tout genre. Exemple les boites de la rue Saint Anne dont la plupart appartenaient à Roger Peyrefitte, oui oui celui-là même, l'écrivain. D'autres comme La Mendigotte ou il y a eu des accidents décès par overdoses ...

Ce genre de boites est très particulier ainsi que ceux qui les fréquentent. Beaucoup prennent sciemment le risque de ne pas porter de préservatif, ça fait partie du risque lié à chaque rencontre, ça lui rajoute du piment. A l'inverse de la femme, l'homme peut avoir du sexe pour du sexe, sans avoir besoin d'aimer la personne.

Ce livre est intéressant car il met en scène une fiction avec des éléments d'histoires réelles.

 

 

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