30 novembre 2015

Ce sont amis que vent emporte - Yves Navarre

21270379_1406150Quatrième de couverture :

"Ce n'est pas ici l'histoire d'une mort mais celle de notre vie, une histoire comme toutes les autres histoires, jamais la même, toujours la même histoire d'amour et de son cours, flux et flonflons.Il y avait du régal dans mon regard et dans le sien, également, à égalité, quand agrippé à la rampe il a difficilement emprunté l'escalier.

Autrefois il aurait dit, en arrivant en bas, comme une meneuse de revue couverte de strass, "l'ai-je bien descendu ?" Là, il vient de plonger dans mes bras, étais-ce un cri ou un rire, que voulait-il dire ?, un mot s'était bloqué dans sa gorge. Il a répété, "ça va, laisse-moi". Petit à petit il s'est détaché de moi, assurant chacun de ses pas, levant douloureusement les bras pour l'équilibre du funambule. Ma musique le tenait debout".

S'il est question de perte, de maladie et de mort, Ce sont amis que vent emporte ne peut être réduit à cette seule dimension, tant la force de l'amour et le pouvoir de l'art y occupent aussi une place de choix. Ce clair-obscur inattndu dans un texte consacré à la mort fait de de ce roman l'un des plus beaux et certainement l'un des plus émouvants qu'yves Navarre ait écrits. 

Editions : H&O - ISBN : 978 2 84547 191 7 - Poche - Prix 6,90 EUROS. 

Mon avis : Volodia

Dans ce livre Yves Navarre restitue avec toute la délicatesse et la sensibilité qui étaient siennes une histoire d’amour de 20 ans, interrompue par la maladie puis, par la mort.

 Il met en scène deux hommes, un couple homosexuel, dont l’un Roch est sculpteur, l’autre David est danseur. Tous les deux sont malades, le nom de la maladie n’est jamais nommée, c'est au fil des des pages qu'on devine de laquelle il s’agit.

Les deux hommes vivent cloîtrés dans leur appartement. Depuis que David est entré en phase terminale. Ils se sont isolés de leurs collègues, relations, amis et familles et ce, bien que ceux-ci se soient montrés compréhensifs. Ils ont décidé d’arrêter les traitements médicaux et dans ce huit clos Roch va se consacrer totalement à David. Pendant les sept jours qui vont précéder sa mort, Roch décrira dans son journal, la longue agonie de son ami. Il le lave, le couche, l’enlace, lui brosse les dent, met en place un ingénieux système pour lui éviter de tomber dans les toilettes et lui épargner  l’humiliation de la déchéance physique.

 Les deux hommes ne travaillant plus, s’ajoute à la difficulté de leur existence, les soucis financiers. Tout ce qui est bien, va à David, lui il se débrouillera. Roch meurt 3 mois après David et c’est son médecin qui reprendra son journal.

La maladie vient à sublimer l’amour que se porte ces deux hommes.  Une magnifique ode à l’amour et à la vie. Je recommande ce livre à tous ceux pour qui l'amour entre deux hommes ne se résume pas qu'à une histoire de culs et contrairement à ce que l'on pourrait penser au regard du récit, ce n'est pas un livre triste. 

 

YVES NAVARRE

A propos de l'auteur :

Yves Navarre est né à Condom  dans le Gers, en 1940. Il est mort à Paris le 24.01.1994.

Ecrivain et homosexuel il s'est toujours défendu d'être d'abord écrivain et ensuite homosexuel et non pas un écrivain homosexuel.

On lui doit de nombreux romans et pièces de théâtre, dont le petit galopin de nos corps, le jardin d'acclimatation (Prix Goncourt 1980) ou Kurwenal ou la part des êtres, tous trois récemment réédités par H&0. 

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15 février 2014

Lettres à Yves - Pierre Bergé

 

Lettres à yves

Quatrième de couverture  :

" Au fond ces lettres n'avaient qu'un but : faire un bilan, celui de notre vie. Dire à ceux qui les liront qui tu étais, qui nous étions".

Mot de l'éditeur :

Pierre Bergé a partagé la vie d'Yves Saint Laurent pendant cinquante ans. En adressant au gran couturier ces lettres par-delà la mort, il ressuscite les jours de gloire et d'insouciance, ceux aussi, entre poignard et poison, marqués par la drogue et la dépression. C'est un dernier adieu, au milieu des oeuvres d'art longtemps collectionnées, un hommage à une vie de passions, de combat et de rencontres.

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 443284  - Poche  : 93 pages - Prix : 5,60 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Ce livre est une véritable ode à une personne que l'on a aimé presque plus que sa vie. Mais il démystifie ces grands personnages que sont Yves St Laurent et Pierre Bergé. On s'aperçoit que malgré l'amour qui les liaient, de nombreuses difficultés et non des moindres ont plus ou moins été surmontées, la drogue, l'alcool, la dépression au point que pour se protéger psychiquement, Pierre Bergé s'est pris un appartement indépendant (même s'il était non loin) de Yves St Laurent.

Ce couple quasi mythique que nous étions beaucoup à envier, avait également sa part d'ombre, car les coups de canifs dans le contrat  n'ont pas manqué, même s'ils se sont toujours retrouvés. Nous y apprenons du reste quelques indiscrétions sur la vulgarité d' Yves St Laurent dans certaines circonstances et les lettres particulièrement crues voire salaces qu'il adressait à des gigolos et qu'il demandait à Pierre Bergé de récupérer pour lui...

Indiscrétions certainement voulues, mais  honnêtes et sincères de ce dernier, qui a voulu montrer que même si leur amour était "fort" il n'était pas uniquement charnel, mais qu'également les unissaient une même passion pour le beau, pour l'art quel qu'il fut, ce qui a sans doute permis à leur couple de perdurer dans le temps.

Ils n'étaient pas que qu'on appelle des "monstres sacrés" mais tout simplement humains avec toutes leurs imperfections.  

 

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17 juin 2012

Un garçon parfait - Alain-Claude Sulzer

Un_gar_on_parfait Quatrième de couverture :

Ernest travaille dans le restaurant d'un palace à Giessbach en Suisse. C'est un garçon parfait, aussi strict dans le travail que dans la vie. Mais cette dignité imperturbarble cache la blessure jamais guérie de la violente passion qu'il a connue pour Jacob, un garçon parfait comme lui, Jacob qui l'a abandonné pour suivre en Amérique Julius Klinger. Le grand écrivain allemand.

C'était après 1933, dans ces années troublées où beaucoup de clients, fuyant l'Allemagne nazie, venaient trouver refuge, avant les rigueurs de l'exil, dans ce luxeux hôtel qui avait si souvent abrité leurs insouciantes villégiatures. Mais rien n'était plus pareil, une peur obscure hantait désormais ces salons trop rassurants. Il faudra la fin de la guerre et le retour d'exil de Klinger pour que s'affrontent deux mémoires dans l'ultime combat d'une rivalité amoureuse.

Tissant avec une subtile retenue les fils des drames intimes et ceux de la tragédie historique, orchestrant crescendo la tension dramatique, Sulzer a composé un roman bouleversant sur l'amour bafoué, la trahison et l'impossibilité de l'oubli.

Editions : Babel - ISBN : 978 2 330 00660 0 - Poche 237 pages - prix : 7,70 euros

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre qui décrit sans trop appuyer la montée du nazisme en 36, l'afflux de régugiés, dans cet hôtel suisse, désuet mais resté luxueux, qui espèrent que les troubles cesseront mais qui dans leur fort intérieur savent que la guerre est proche. - la description des relations sociales et sexuelles.

Nous découvront au fur et à mesure de notre lecture, nous découvrons ce qu'est la vie d'Ernest : "un garçon parfait", efficace, discret, attentif, mesuré, faisant preuve d'empathie, prévenant avec les voyageurs, sachant entamer une conversation, mais également y mettre fin. On le sent seul, renfermé, personne ne connaît rien de sa vie et du reste n'oserait l'interroger. Celle-ci est parfois "écornée" par une étreinte derrière un buisson.

L'arrivée de Jacob, apprenti serveur, qu'Ernest va former en "garçon parfait" va bouleverser son existence. Ils vont vivre ensemble une relation passionnée jusqu'au moment ou, ambitieux et prêt à tout, Jacob va l'abandonner pour suivre un autre homme, beaucoup plus âgé, plus riche, aux Etats-Unis.

Ce n'est que 30 ans plus tard, en 1966, qu'Ernest reçoit un courrier de Jacob, qu'il suppose avec raison être une demande d'aide.et qui rouvrira ses blessures (soumission au désir, violence et mélancolie). voulant malgré toutes ses humiliations aider Jacob, Ernest trouvera la force de caractère pour trouver les réponses mettant ainsi une fin sur cette histoire....

 

sulzer

A propos de l'auteur :

Alain-Claude Sulzer  est né en 1953 à Riehen, près de Bâle, où il vit. Après une formation de bibliothécaire, il travaille comme Journaliste. Il commence à écrire en 1980.

Les Editions Jacqueline Chambon ont publié Un garçon parfait (2008, prix Schiller en Suisse, prix Médicis étranger, prix de la Radio suisse romande), Leçons particulières (2009) et Une autre époque (2011)).

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21 février 2010

Le protocole compassionnel - Hervé Guibert

753191_2879525"C'est tout bonnement la suite de A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie : exactement ce que j'avais dit que je ne ferais jamais".

Un an et demi a séparé ces deux livres. Le temps de la renonciation à l'écriture, celui de l'expérience. On retrouve les mêmes personnages : Hervé Guibert, écrivain malade du sida, ses proches, la communauté des malades et de leurs soignants. Claudette Dumouchel, un jeune médecin de vingt huit ans, entre en Scène. Une étrange relation va s'inventer à chaque examen entre cette femme très belle et le narrateur. Une relation peut être proche de l'amour, on ne sait Jamais.

Un nouveau médicament, aussi, est apparu, très difficile à obtenir et incertain, encore au stade de l'expérimentation, le DDI. Aux Etats-Unis, il a déjà tué tois cents personnes qui se l'étaient procuré au marché noir et l'avaient utilisé sans connaître les doses, sans surveillance médicale, aveuglément, désespérément. En France, pour l'instant, on le délivre aux malades qui sont à la dernière extrémité, dans un protocole qualifié de "compassionnel" par les médecins.

"C'est ce nouveau médicament qui m'a permis de surmonter mon épuisement, et d'écrire". Si A un ami qui ne m'a pas sauvé la vie raconte l'étonnement et la douleur, la rage et la tristesse d'une homme de trente-cinq ans dans lequel s'est greffé le corps d'une vieillard. Mais le bonheur d'une rémission fait une incursion dans le malheur.

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Le Mausolée des amants (journal de 1976 à 1991) - Hervé Guibert

9782070427574Le personnage principal a 22 et 35 ans. Il est journaliste, il aspire à l'écriture, il n'en finit pas de mettre en forme un roman raté avec un personnage à la troisième personne. Le roman s'appelle "Le récit de la mesquinerie" il ne voit pas le jour. Et il glisse : il devient un récit d'amour.

On repère, dans la trame de ce livre, plusieurs livres en un, et aussi plusieurs refus de livres : un livre qui s'appelerait Roman posthume, un autre qui s'appellerait  Mes parents, encore un autre qui s'appellerait Autobus et métro, une suite des Aventures Singulières, un "Journal de travail, mais c'est le Récit d'amour qui l'emporte : bâti comme un amusolée pour les corps des amants.

Apparaît alors, pardessus-tout, le refus de ficeler un roman pour en livrer la matière brute, la vie continuité de la vie, des rêves, des rencontres, des aventures.

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20 novembre 2009

Souvenirs indiscrets - Natalie Clifford Barney

001Dans le premier et le plus important des textes qui composent ces souvenirs indiscrets, Natalie Clifford Barney retrace l'histoire de l'amitié passionnée qui, autour des années 1900, la lia à la poêtesse Renée Vivien avec qui elle envisagea d'aller fonder, dans l'Ile de Lesbos, une colonie poêtique. L'oeuvre et la personnalité de Renée Vivien ont intrigué de nombreux critiques, à commencer par Charles Maurras qui, dans L'avenir de l'intelligence, lui consacra un important essai. Mais jamais sa figure n'avait été restituée avec une vie et une vérité comparables à celles qui caractérisent les pages émouvantes que Natalie Barney lui consacre ici.

La longue existence de Natalie Barney lui a permis d'évoquer en nous parlant d'écrivains qu'elle connut intimement, comme Remy e Gourmont (qui lui adressa ses fameuses lettres à l'Amazone), Colette, les ardrus, le climat littéraire et mondain de la fin du XIXè siècle et du début du XXè. Tous ces écrivains sont peints par elle d'un trait sûr et le plus souvent avec une ferveur admirative qui n'exclut ni la lucidité ni l'ironie.

Un essai sur L'amour défendu et un florilège de pensées d'une rare élégance de forme terminent ce précieux recueil, miroir d'une époque que sa singularité, un recl de quelques lustres t le talent de Natalie Barney revêtent à nos yeux d'un charme tout-puissant.

 

Mon avis :

Amateurs de secrets croustillants, n'achetez pas ce livre vous seriez déçus. Pour les autres, c'est un beau livre, plein de délicatesse et de sous entendus. C'est là qu'on fait réellement la différence entre l'amour lesbien et l'amour gay. Les femmes sont plus discrètes, plus raffinées dans leur propos.

Ce livre nous donne une idée de la véritable lesbienne au 19ème et début du 20ème siècle, fière d'être une femme rejetant toute idée de masculinité et qui malgré les "restrictions" dues à son sexe a su s'affirmer en ce faisant un nom par elle-même, sans peur du quand dira-t-on.

 

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19 septembre 2009

Les mauvais anges de Eric Jourdan

 

 



Publié en 1955, interdit très vite, les Mauvais Anges traîneront pendant de longues années (30ans !), la malédiction d'une décision prise à l'époque par la fameuse Commission du Livre, entraînée par l'abbé Pihan, naturellement très averti, sans doute, de ces "amours particulières".

Ce que nous soulignerons surtout, c'est à quel point ce court roman de la folle passion de deux très jeunes hommes garde, aujourd'hui que la "littérature homosexuelle" se perd dans le réalisme le plus plat, le plus répétitif, le plus gratuit, une aura de trouble infini qui va droit au coeur, même de ceux qui sont le plus étrangers à cet entraînement amoureux.

 

Posté par chezVolodia à 19:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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