18 mars 2014

En l'absence des hommes - Philippe Besson

En l'absence des hommesQuatrième de couverture :

Eté 1916, Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain Marcel Poust.

Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.

 

Editions  : 10/18 - ISBN : 978 2 264 05685 6 - Poche : 215 pages - Prix 7,10 euros.

 

Mon ressenti : Volodia

Cette histoire nous est contée par le biais d'un journal tenu par le jeune intéressé et des lettres qu'ils adressent et lui sont adressées par ses ami et amant.

Né au début du siècle,  Vincent de l'Etoile à 16 ans lors de la grande guerre. Trop jeune pour être appelé sous les drapeaux, ce jeune homme de 16 ans, aux yeux vert, aux cheveux noirs et au teint de fille, rencontre dans un salon, un écrivain célèbre dont il suscite l'attention, sans avoir rien fait. Une amitié se noue, non charnelle, simplement parce que le grand écrivain subodore en Vincent un jeune homme exceptionnel. Ils se comprennent au travers des silences de Vincent.

Parallèlement, Vincent fait la connaissance d'Arthur, le fils de la bonne. Ce jeune homme a qui il n'a jamais adressé la parole, âgé de 20 ans est engagé dans la guerre et amoureux depuis de nombreuses années du jeune homme. C'est au cours d'une permission de sept jours qu'il osera avouer son amour. Celui-ci trouvera une réciprocité dans les bras de Vincent, mais avec toujours en filigrane : la guerre, les tranchées, les gaz, la boue et la mort mettant fin à cette boucherie inutile et absurde.

Vincent tient secrètes ses amitiés tant envers l'un qu'envers l'autre. Ce n'est qu'au moment ou se raréfient les lettres venant du front, et ou son inquiétude est à son comble,   qu'il dévoilera à Marcel son amitié intime pour Arthur, et à Arthur le réconfort moral que lui procure l'amitié platonique et affectueuse sinon amoureuse de Marcel.

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui est admirablement bien écrit, avec une certaine forme de sensualité, plein de pudeur, de délicatesse. Son originalité, d'imaginer une rencontre entre Marcel Proust, écrivain reconnu et vieillissant de 45 ans avec un jeune homme doté d'un nom à particule et âgé de 16 ans. Considéré comme suffisamment jeune pour échapper à la guerre, mais déjà adulte pour assumer ses choix, sans s'occuper, des autres, ni de leur morale.

La fin du livre est inattendue, à rebondissements ....A lire impérativement !

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09 octobre 2013

L'accompagnement - René de Ceccatty

41FF7A53PKLQuatrième de couverture :

"Dans les derniers jours, il m'a dit, lui qui était écrivain, qu'il n'avais pas eu la force de décrire ce qu'il vivait et que personne encore n'avait pu décrire cette lutte contre la mort à l'hôpital. Il m'a dit qu'un autre ami écrivain - lui aussi très présent à ses côtés pendant toute la maladie - et moi, nous en savions désormais assez pour décrire ce que nous avions vu. C'était un appel".

 

Editions : Folio - ISBN 2 97 0400092 1 - Poche : 153 pages - Prix  6 euros.

 

Mon avis Volodia

Le récit est  discret, délicat, plein de pudeur mais fort. La maladie nous est dévoilée  au fil des pages, pas de titre à sensation. Le malade lui-même ne veut pas dramatiser sa situation et n’informe ses amis qu’au compte goutte de son état. Lorsque celui-ci s’aggrave, et le rend de plus en plus faible, son caractère d’un naturel déjà difficile, devient despotique, que ce soit envers ses amis ou le personnel soignant, parce que la maladie l‘emporte sur tout, sensible à chaque bruit, chaque respiration.

L’auteur supportera tout, avec abnégation, considérant qu’être près de son ami est normal, important pour son moral. Il le soutiendra, dans ses moments d’angoisse, le soulageant du mieux qu’il peut, par sa présence, attentif et obéissant au moindre de ses désirs.

L’auteur, se fait voyeur puis rapporteur, de l’état physique et des émotions de son ami, mais également du personnel hospitalier, les médecins et les infirmières qui ne jugent pas, qui essayent par leurs qualités humaines et leur empathie, ainsi  qu’avec leurs pauvres moyens de rendre sa vie, puis sa fin de vie la moins pénible possible.  - le médecin attentif,  et les femmes, ces infirmières qui se dévouent pour tous ces hommes qui n’ont aimés que des hommes mais, qui aux derniers instants de leur vie recherchent ou acceptent leur présence - Mais également d’autres membres du personnel soignant et femmes de service qui s’en moquent, imperméables à toute souffrance et qui n’hésitent pas à lui faire comprendre que s’il est là, c’est bien de sa faute et qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.  Déjà bien beau qu’on s’occupe de lui…

Il est le témoin presque muet de la déchéance physique de son ami, un corps qui pourrit, les odeurs, sa cécité, son angoisse de se souiller au point de lui demander d’acheter des couches qu’il demandera à la pharmacienne totalement indifférente, de mettre dans un second sac par discrétion et pour éviter au malade,  son ami une humiliation de plus. Les sanglots et les larmes de celui qui à la fin de sa vie ne supporte plus la mesquinerie des uns et des autres, qui se tord de douleur, les côtes brisées par le kiné tellement ses os sont devenus friables.

Ce livre est très beau et je l’ai beaucoup aimé. Là on parle du sida, mais ce qui est décrit dans ce livre peut être le récit de toute personne en fin de vie, après une longue et douloureuse maladie.


René de CeccattyA propos de l'auteur :

René de Ceccatty est né le 01/01/2952 à Tunis. Romancier, traducteur, critique littéraire et éditeur. Il a fait des études de philosophie. A vécu au Japon et en Angleterre. Il collabore régulièrement au "Monde des Livres" et fait partie du Comité de Lecture des Editions du Seuil.

Il collabore également à de nombreuses revues telles : la NRF, la Quinzaine Littéraire, le Magazine Littéraire, Europe, Nuovi Argomenti, II Messaggeroe, etc...Il est critique littéraire au journal "Le Monde" depuis décembre 1988.

 

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20 novembre 2009

Djuna Barnes - Andrew Field

DjunaBarnesDjuna Barnes est l'un des écrivains majeurs de la première moitié du XXè siècle. Son oeuvre difficile et rare qui culmine avec la publication en 1936 en Angleterre du Bois de la Nuit, un roman où se devinait la trace du génie, a ouvert la voie à un véritable culte. T.S. Eliot, qui fut son éditeur anglais, Dylan Thomas, Eugene O'Neill, Beckett, Lawrence Durrell : tous admiraires Djuna Barnes. D'autres comme Anaïs Nin, Carson Mac Cullers et même Faulkner reconnaîtront l'influence de cette oeuvre unique sur la leur.

Née en 1892 dans l'Etat de New Yord, d'une mère anglaise et d'un père américain, au milieu d'une colonie d'artistes libres penseurs et anticonformistes, Djuna Bar,es sera d'abord dessinatrice puis journaliste et fréquentera les milieux bohèmes de Greenwich Village avant de rejoindre, au début des années vingt à Paris, la cohorte des grands expatriés américains. A la suite d'une passion malheureuse pour Thelma Wood, qui servira de modèle au personnage de Robin Vote dans le Bois de la nuit, Djuna Barnes rejoindra l'Angleterre et Peggy Guggenheim puis l'Amérique et New York où elle connaîtra les jours difficiles "d'une inconnue célèbre" (son expression), jusqu'à sa mort en 1982.

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