07 avril 2016

Le vrai est au coffre - Denis Lachaud

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Quatrième de couverture : 

Un enfant de cinq ans vit avec ses parents en banlieue parisienne, dans la Cité des Fleurs, un immeuble isolé au milieu des rails d’une gare de triage. La nuit, Tom entend le hurlement des trains aux abords de son lit. Au matin, il joue seul dans les escaliers car il est rejeté par les enfants de l’école qui l’appellent « tapette ». 

Au fil des années, Tom se réfugie dans l’imaginaire. Auprès de son amie Véronique, il se sent en sécurité, mais à huit ans sa vie bascule. Lors d’un voyage scolaire les garçons de sa classe parviennent enfin à lui faire payer sa différence… 

Jouant du vrai et du faux, Denis Lachaud aborde le thème du choix identitaire dans ce qu’il peut avoir de plus ambigu. Entre fiction et réalité, désir et résistance, ce roman construit en puzzle réserve bien des surprises. 

Editions : Babel – ISBN : 9 782742 780976 – Poche :158 pages – Prix : 7 €

Mon avis : Indiangay 

Je ne sais comment classifier ce livre : policier ? en raison de l’intrigue qui se joue au détriment de Tom, alias Thomas. Trans-identitaire ? Véronique l’amie d’enfance se substituant peu à peu à Tom puis devenant son porte-parole ? Mais Tom et Véronique sont-elles deux personnes distinctes ou bien l’une cachait-elle l’autre ?   

Je n’ai pas su apprécier ce livre. Car si dans un premier temps, il se présentait comme d’agréables souvenirs d’enfance,  il se termine dans une confusion difficile à interpréter. Bref, j’ai trouvé ce livre fastidieux à lire et à comprendre ! 

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30 mars 2015

Travesti - David Dumortier

Travesti

Quatrième de couverture :

Néant.

 

Editions : La Dilettante - ISBN : 978 2 84263 700 2 6 Broché 254 pages - Prix : 17 euros

 

 

Mon avis : Volodia 

Hum, voilà, voilà, j’ai mis un temps certain temps à lire et finir ce livre dont je ne sais quoi penser !

Amoral, ce livre l’est incontestablement, mais pas que, de ces écrits se dégage une certaine forme de poésie. Lui faudrait-il comme le lotus, la boue pour pouvoir éclore et s'épanouir ???

Dans cette autobiographie, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère dans ses révélations. Poète écrivain le jour, il devient travesti prostituée la nuit, pour subvenir à ses besoins, mais surtout financer son activité de poète qu’il souhaiterait exercer à plein temps. Il lit du reste ses poèmes dans les écoles avec l’accréditation de l’Education Nationale.

Maîtresse Sophia lève ses clients par internet, dans la rue. Ce ne sont pas des hommes riches mais des employés modestes : livreurs de pizzas, coursiers, vendeurs de téléphone, et autres …essentiellement maghrébins ou africains, qui trouvent en venant chez elle une compréhension, la possibilité d’être eux-mêmes sans engagement, sans être jugés,  ce qui leur est refusé par la société extérieure en raison de la pression sociale liée à leur origines, leur religion. Il lui arrive également d’être généreuse avec eux s’ils n’ont pas de quoi payer la prestation et c'est selon, si le Monsieur concerné lui plait vraiment...

Salope au lit (c’est elle qui le dit) elle soigne son apparence à grand renfort de rouge à lèvres, de perruque,  ne lésinant pas sur les strings et les guêpières affriolantes. N’hésitant pas à se refuser si elle en a décidé ainsi, ou si elle perçoit un attachement d’un de ses clients, car Maîtresse Sophia se veut libre !

Ce livre est une claque à la bienséance. David Dumortier est féroce, salace, mais lyrique en diable.  Nous sommes loin de la (du) pauvre prostituée (é) accidentel accablé de maux. Il a choisi librement ses métiers, tous ses métiers. Il assume tout.

 

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08 avril 2013

Bacha Posh - Charlotte Erlih

41TBSzhf7sL__SL500_AA300_Quatrième de couverture :

"Je ne veux pas me morfondre dans mon coin en maudissant le sort. Je n'aime pas ce rôle. Je vais continuer à me battre. Voilà mon identité : lutter.

Mon identité, c'est de préserver, non pas d'être un garçon ou une fille. Je suis moi. Et mois, je me bats. Ca ne me gêne pas de mourir, mais seuement quand j'aurai tout tenté".

Elle vit comme un garçon, s'habille comme un garçon et passe, aux yeux de tous, pour un garçon. C'est une Bacha Posh : une de ces filles élevées comme des fils dans les familles afghanes qui n'en ont pas. A la puberté, elle doit redevenir une jeune femme. Mais quand on a goûté à l'action et à la liberté, comment y renoncer ?

 

Editions : Acte Sud Junior - ISBN : 9 782330 018184 - Broché 181 pages - Prix : 13,50 euros

 

Mon avis : Volodia

L'histoire  :

Farrukh 15 ans a créé seul un club d'aviron dans son pays l'Afghanistan. Barreur de son équipe formée par huit rameurs, il rêve de défendre l'honneur de son pays aux jeux olympiques, et pour ce faire ils s'entraînent, chaque jour, avec acharnement sur un lac qu'il on réussi à "dégoter".

Sous son aspect physique délicat, Farrukh a de l'énergie à revendre et est animé d'une volonté farouche, ce qui lui a permis avec l'aide de son père de faire venir de France un bateau de compétition en fibre de verre. Tous reconnaissent ses qualités, y compris son père qui lui a appris le français et l'a initié à la littérature et à la culture française.

Farrukh entretien par ailleurs, une amitié sincère avec Sonrhab un jeune homme faisant parti de son club, alors que pour celui-ci cette amitié semble plutôt amoureuse ?

Tout serait parfait, si Farrukh ne s'appelait en réalité Farrukhzad et n'était une jeune fille travestie en garçon, par la seule volonté de son père, et en accord avec le reste de la famille, afin d'éviter à ses parents le déshonneur de n'avoir pu engendrer un fils (qui comme on le sait en pays musulman est le sésame pour accompagner les femmes hors de leur foyer, travailler, etc...)

Farrukh ayant eu ses premières règles se doit de réintéger sa condition de femme ainsi que les tâches qui leur sont dévolues. Ne pouvant se résigner à perdre tout ce pourquoi elle s'est battue et faisant jouer la fibre patriotique de son père, elle lui propose de l'emmener en Iran aux J.O contre la promesse, que quoi qu'il advienne à l'issue de ces jeux, elle reprendra sa place en qualité de femme dans la maison paternelle.

Toutefois, au retour des J.O et malgré ses promesses, elle s'enfuit de chez elle ne pouvant renoncer à ses rêves.

non non non vous ne saurez pas tout du livre, je vous en ai déjà raconté beaucoup.

L'intérêt de ce roman réside dans le fait qu'il  met en exergue la condition des femmes en pays musulman. Sans entrer plus avant dans le débat qui fera l'objet d'un article plus spécifique sur mon blog général, l'histoire de Farrukh est attachante, ses émotions traitées avec pudeur mais de façon lucide. Ce livre est bien écrit, et se lit en quelques heures. 

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02 février 2013

La femme et le Travesti - Chantal Aubry

La femme et le travestiQuatrième de couverture :

L'acteur travesti vient du fonds des âges. Il apparaît très tôt, dans toutes les cultures. Parce que l'homme a interdit l'espace public à la femme, il a été amené historiquement, en Occident comme en Orient, à prendre sa place.

Chantal Aubry puise à des exemples particulièrement représentatifs au fil des siècles et des continents pour interroger les mécanismes de cette éviction et de ctte sublimation, jusqu'à son renversement par une revendication transgenre généralisée dont le monde du spectacle vivant est, avec celui de la mode, l'une des pointes avancées.

Du travesti contraint au travesti émancipateur, sur une riche iconographie rassemblée par Eve Zheim, c'est la condition des femmes dans des sociétés d'hommes faites pour les hommes qui est ici en question.

 

Editions : du ROUERGUE - ISBN : 978 2 8126 0405 8 - Broché 191 pages - Prix : 39,90 €

 

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre dont la facture est de qualité, tant au niveau de la jacquette, que des photos et bien entendu, le plus important, les articles très complets.

Chantal Aubry, met en évidence les éléments conduisant les différents pays à utiliser des hommes plutôt que des femmes sur la scène publique. Que ce soit pour des questions religieuses, de société ou par tradition. Mais également comment c'est fait le renversement des rôles, et comment la femme a gagné son émancipation en prenant sa place sur la scène vers le milieu du XVIème siècle pour ne plus la quitter.

Ce livre est pour tous publics et à offrir sans modération.

 

A propos de l'auteur:

aubryJournaliste et écrivain, Chantal Aubry a exercé plusieurs fonctions dans l'édition et dans la presse. Responsable d'un service culturel puis grand reporter dans un quotidien national, elle a mené parallèlement une activité de critique de danse de 1981 à 2001, ce qui l'a amené à publier dans divers supports (Libération, l'Evènement du jeudi) ainsi que dans la presse spécialisée (Pour la danse), diverses revues d'art, et plus récemment dans Danser et dans UBU.  

Parmi ses publications, Dominique Bagouet, une biographie (éd. Bernard Coutaz, 1989) et Yano, un artiste japonais à Paris (Centre Nationale de la Danse, 2008).

 

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11 novembre 2012

Danish girl - David Ebershoff

001975231A Copenhague en 1925 Einar Wegener et Greta Waud, son épouse, forment un couple étonnant. Lui, peintre paysagiste reconnu, petit, délicat est discret jusqu'à l'effacement. Elle, peintre également, est grande, américaine, blonde et issue d'une famille riche.

Tous deux s'harmonisent étrangement jusqu'au jour où Greta, en l'absence de son modèle féminin, demande à son mari d'enfiler une paire de bas. De cette demande et du trouble qu'il en advient va naître Lili, qui petit à petit prendra le dessus sur celui qui l'a engendrée comme par inadvertance. Einar se sent femme. Il ne se déguise pas, il ne joue pas. Il est celle qui peut tomber amoureuse et désire donner la vie.

Il sera le premier hommme, en pleine montée du nazisme, à changer physiquement de sexe. Une histoire vraie, celle du premier transsexel connu, que David Ebershoff retrace ici avec une délicatesse et une force remarquable. 

 

Editions : Libretto - ISBN : 978 2 7529 9767 7 - Poche : 383 pages - Prix : 10,80 euros

 

Mon avis : Volodia

J'ai été agréablement surpris  par la manière délicate et sensible, dont nous est présenté l'histoire de ce couple hors du commun, de leur amour qui fait accepter à Einart sur la demande de son épouse et pour la "dépanner" de revêtir une tenue féminine, et qui suite à cela y prendra goût au point de devenir double. Lily" s'immisce alors dans le couple prenant petit à petit possession de Einart jusqu'à l'absorber en totalité.

L'amour de Greta, qui depuis plusieurs mois sent que son mari lui échappe, se refuse à elle, dissimulant son mal être sous divers motifs.  Leur amour mutuel enfin qui fera que Greta acceptera l'innommable, prendra rendez-vous avec des spécialites pour savoir comment aider son époux à se sentir mieux. Taxé d'homosexuel, de travesti, de schizophrène. Considéré comme dangereux pour lui même et pour les autres, il risque l'enfermement d'office au Danemark.

Le couple se réfugie en France ou "Lili" s'épanouie et se démène pour faire reconnaître son âme féminine afin d'avoir une vie à part entière. Suite à sa rencontre avec le professeur Bolk, qui pouvait le transformer en ce qu'il aspirait le plus, il le suivit en Allemagne en pleine montée du nazisme, afin de devenir  Lili pour l'éternité.  Il subit cinq interventions chirurgicales et c'est suite à des complications survenues lors de la dernière qu'il trouva la mort. 

 

David EbershoffA propos de l'auteur :

Né en 1969, à Pasadena en Californie, diplômé de Brown University et de l'université de Chigago, David Ebershoff a également étudié au Japon. Il vit à New York, est éditeur chez Randon House. The Danish Girl, publié en 2000 est son premier roman.

 


30 avril 2012

Albert Nobbs - George Moore

Albert Nobbs

Quatrième de couverture :

Quel singulier destin que celui d'Albnert Nobbs ! Majordome à l'hôtel Morrison, il y est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Mais pour pouvoir travailler, Albert doit dissimuler un singulier secret. Sous ses vêtements masculins se cache depuis trente ans une femme travestie en homme.

Alors qu'un ouvrier  découvre l'imposture, Albert choisit pour la première fois de sa vie de réaliser un de ses rêves...

Confusion de sentiments et questionnement sur l'identité, l'histoire d'Albert Nobbs dans le Dublin de la fin du XIXème siècle se révêle d'un étonnante modernité.

 Editions : Pocket - ISBN : 978 - 2 -266 - 22780 3 - Poche 93 pages - Prix 1,50 euros

 Mon avis :  Volodia

Il s’agit de l’histoire d’une femme, qui à la fin du XIXème siècle en Irlande (Dublin), revêt le costume de majordome depuis trente ans afin de gagner sa vie dans un hôtel.

J’ai entrepris la lecture de ce livre suite à la conséquente publicité relayée par les médias gays et lesbiens qui en faisait des gorges chaudes. Ne connaissant pas cette nouvelle, j’ai décidé de voir par moi-même ce qu’il en était.

Déjà, J’ai moyennement aimé ce livre dont l’histoire si intéressante soit elle ne fait que confirmer ce qui n’est plus à démontrer : à savoir les difficultés des femmes de cette époque à accéder à plus de liberté et à un salaire sinon équivalent, du moins décent, avec les hommes pour un travail égal. De plus, le thème du travestissement féminin pour accéder à plus de droits et de libertés à déjà été évoqué dans divers livres tels : yentl ou Barbara Streisand se travestissait en jeune homme pour intégrer une yeshiwa et acquérir le droit à l’éducation et au savoir. Dans Victor et Victoria le travestissement avait pour objet un emploi de chanteuse dans un cabaret, en pleine crise économique.. Mais il est vrai que cette nouvelle est parue en parue en 1918 et ce thème était, je le suppose pour l’époque, résolument nouveau et sulfureux.

Ce qui l’est, à mon sens, c’est qu’une fois son identité féminine malencontreusement découverte lorsque Nobbs se voit contraint par sa patronne de partager, pour une nuit, sa chambre, avec le peintre qui fait des travaux régulièrement dans l’hôtel, et qui contre toute attente, se révèle aussi être une femme qui plus est mariée à une autre femme ; C’est l’émergence de l’idée pour Albert, d’épouser lui aussi une femme, pour mettre fin à cette solitude qui l’étreint, et réaliser enfin ce rêve qui lui tient à cœur : ouvrir un commerce avec partie tabac qui serait tenue par lui et partie mercerie qui serait tenue par sa future épouse. Ses interrogations sur ce que pourrait être la vie sexuelle de deux femmes et comment y faire face sont survolées.

Albert finit par jeter son dévolu sur une servante de l’hôtel, elle-même en couple avec un homme intéressé par les revenus d’Albert et qui la pousse dans les bras du majordome, de cet homme qui ne «tente rien», ne «l’embrasse pas, comme l’aurait fait n’importe quel homme au bout de quelques sorties». Cette servante, totalement rouée, sous l‘emprise de son amant lui fera dépenser un maximun d’argent et finira par couper les ponts avec Nobbs qui ne peut rien lui apporter sexuellement, pour retourner avec son amant de qui elle aura un enfant hors mariage, et qui sera destiné à lui être retiré.

La nouvelle s’achève sur le décès, on ne sait trop pourquoi - lassitude ? Épuisement physique - de Nobbs. Après son décès quelques remarques des personnes qui l’ont connu avant de retomber dans l’anonymat et dans l’oubli. Un majordome est une personne que l’on ne voit pas, qui n’existe pas pour toute une catégorie de la société.

Toutefois, malgré le fait du travestissement féminin et de couples de femmes, ce livre ne peut me semble-t-il être vu comme lesbien, les questionnements identitaires et la sexualité lesbienne ayant été éludées, refoulées, au profit d’une critique des rapports sociaux et de leurs imbrications. Je copie donc les éléments de ce livre notre blog littérature générale.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est l’audace, pour l’auteur d’avoir écrit et fait publier une telle nouvelle en 1918, ainsi que sa vision réaliste de la société (bourgeoisie/petit peuple-homme/femme) qu’il dépeint sans concession.

Ce que j’ai moins aimé, le refoulement des questions identitaires et de la sexualité lesbienne qui pouvaient en découler et qu'il aurait été intéressant d'explorer, la fin du livre qui m'a laissé sur" ma faim".

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11 juin 2011

Le Mouvement Transgenre - changer de sexe - Pat Califia

arton3417_0d74cQuatrième de Couverture, mot de l'auteur :

"Briser les préjugés est le travail de toute une vie. Récemment, j'ai eu une expérience très instructive. J'ai découvert qu'une de ces femmes que je côtoyais depuis longtemps était transgenre. Cette découverte me fit de la peine car j'aime croire que mon système "radar" repère aussi bien les trans que les gays.

Elle n'avait pas l'intention de me mentir : Elle pensait que je le savais déjà. Etant donné que cela ne ferait pas beaucoup de différence. Mais je me suis surprise à la regarder différemment. Tout à coup, ses mains paraissaient trop grandes, son nez était bizarre et que dire de sa pomme d'Adam ? N'avait-elle pas une voix un peu grave pour une femme ? N'était-elle pas terriblement autoritaire, exactement comme un homme ? Et, mon Dieux, que ses avant-bras étaient poilus !

Quand je me suis surprise à penser cela, j'ai ri, même s'il y avait un peu de tristesse dans mon rire. Il est très difficile d'éradiquer la transphobie.

Le genre n'est pas seulement un problème théorique ou politique. De tous les sujets "personnels donc politiques", celui-ci est le plus personnel de tous. La peur des transsexuels est chez chacun directement liée à la peur de son "moi" du sexe opposé".   Pat Califia

Changer de sexe est une étude transversale de la transsexualité, de la dysphorie de genre et du transgendérisme au XXe siècle. L’ouvrage propose un historique détaillé du transgendérisme ; l’auteur fait aussi état d’entretiens, développe une analyse culturelle et ajoute des anecdotes personnelles, afin de mieux comprendre les problèmes médicaux, sexuels, politiques et sociaux rencontrés par les personnes dysphoriques de genre. Il évoque la vie de quelques transsexuels dont l’histoire personnelle a fait événement, comme Christine Jorgensen, Jan Morris ou Mario Martino.

Après une présentation de la première génération de littérature transsexuelle, le livre relève les changements intervenus avec une deuxième vague d’autobiographies. Sont analysés : les travaux des premiers « experts » du genre tels H. Benjamin, J. Money ou R. Stoller ; la question de la réaction féministe à l’encontre de la dysphorie de genre et de la réassignation sexuelle ; les recherches d’intellectuels gays (Katz, Roscoe...) sur les berdaches d’Amérique du Nord, les hijras d’Inde et les passing women, ces femmes qui s’habillent et vivent comme des hommes ; l’histoire des combats politiques d’activistes transsexuels. Califia a écrit ce livre pour dire son refus de la discrimination et de la haine dirigées contre les personnes différentes de genre.

Editions : Epel, les Grands Classiques de l'Erotodologie Moderne - ISBN : 2 782908 855753 - Prix 24 euros - broché 382 p.

 

Mon avis : Volodia

Bien que j'ai trouvé intéressantes les théories développées dans ce livre, j'y ai recensé également beaucoup de clichés et non des moindres, entre autres et difficilement reconnus par eux qu'ils sont eux/elles-mêmes également hétérophobes et/ou homophobes.... Et que cette catégorie de personnes se complait dans le rôle de victimes . C'est tellement plus facile pour faire accepter des aberrations et pour certains faire passer des comportements et des perversités, pour d'autres façons de concevoir  une "certaine forme" de sexualité et la façon de la satisfaire...!p

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01 mars 2011

Gigola - Laure Charpentier

9782213612812"Je faisais l'amour aux femmes depuis l'âge de 15 ans..."

Gigola, c'est le récit, net et rapide, d'une jeune garçonne à qui les femmes seules, permettent d'exprimer sa "virilité". Elle veut séduire, elle veut exploiter aussi, comme le plus âpre des proxénètes, comme le plus équivoque des gigolos. Gigola vit la nuit, s'habille en smoking, traite avec les souteneurs, se fait entretenir par des femmes riches et des prostituées. L'argent et l'alcool coulent à flots. Mais la rencontre d'Alice, la distante, qui lui résiste pour mieux la dominer, annonce son terrible déclin.

Imprimé en 1972, Gigola ne paraîtra pas. Ainsi en a décidé la censure... La scène violemment érotique du "pommeau de canne à tête de serpent" a-t-elle effrayé les autorités ? Trente ans plus tard, Gigola reste l'un des personnages les plus fascinants - ou dérangeants - du Pigalle des années 60.

Mon avis: Volodia

Ce livre se veut un roman autobiographique, je le considère moi plutôt comme une éventuelle biographie romancée, très romancée.

En effet, comment croire, à cette débauche de caricatures du casseur habillé comme un mac qui dévoile son passé et ses petites magouilles à un parfait inconnu et surtout une femme ? comme croire, à cette figure caricaturale de la prostituée au grand coeur faisant le trottoir non pour un homme mais, pour une femme, se traînant à ses pieds et acceptant d'être battue, par elle, par amour ? Hum, je veux bien jouer les candides, mais mon imagination à ses limites. Quant aux scènes soi-disant érotiques, elles sont pour le moins écoeurantes dans tous les sens du terme, au point d'en rendre tripes et boyaux. Son élégance équivoque n'est que tapageuse et  sa liaison avec une femme d'un âge avancée, qui lui procure la richesse tant convoitée ne peut prêter qu'à se gausser.  Ce roman est fait de clichés sur des personnes et des situations...  Mais ce qui m'a vraiment dérangé, c'est le mépris affiché, et sa suffisance affirmée, pour toutes les personnes qu'elle aurait côtoyées. Je me suis demandé un moment si elle ne prenait pas les lecteurs pour des imbéciles !

Il faut toutefois reconnaître qu'elle écrit bien et qu'elle a le sens de la répartie. J'ai lu ce livre, car le film est sorti au cinéma avec Lou Doillon et n'a pas tenu (on se doute pourquoi) longtemps sur les écrans malgré le battage médiatique.

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28 août 2010

Queer Ink" en Inde

 

 

Portant le nom de "Queer Ink", cette nouvelle librairie sur internet a ouvert officiellement le 03.07.2010. Au programme: petits prix, livraison rapide, et surtout, plus de 200 titres destinés aux LGBT indiens.
Par Sarah Collin. Article relevé dans Têtu magazine

Il y a un an jour pour jour, le 2 juillet 2009, la Haute Cour de Justice de Delhi décriminalisait l'homosexualité en Inde. Aujourd'hui, la première librairie homo indienne est inaugurée sur le web, et, même s'il ne s'agit que d'un site internet, sa créatrice n'en est pas peu fière.
Shobna Kumar, une lesbienne de 42 ans, vit à Bombay. Elle qui milite depuis vingt ans pour les droits des gays et la lutte contre le SIDA, s'aventure avec enthousiasme dans ce nouveau projet. «J'avais une raison égoïste de démarrer ceci, car je ne parvenais pas à accéder à ces livres» explique-t-elle. «Amazon ne les livrait pas. Je crois qu'ils n'arrivaient pas à passer les douanes car ils choquaient les sensibilités indiennes (...). Je me suis dit que d'autres personnes devaient se trouver dans la même situation que moi».

Shobna raconte aussi que c'est un livre qui l'a aidée lorsqu'elle a découvert sa sexualité, quand elle n'osait pas en parler à ses amis et parents hétéros. Elle souhaite donc que "Queer Ink" s'adresse à tous les homosexuels du sous-continent.
Mais surtout, la librairie ne cible pas uniquement les Indiens favorisés qui lisent en anglais. Parmi les 200 titres à petits prix déjà disponibles, nombreux sont ceux rédigés en Bengali, Marathi, Gujarati, Tamoul, et bien sûr Hindi. Cette diversité devrait aider les MSM («Men who have sex with men»), qui ne font pas partie de la communauté homo, souvent urbaine, aisée et anglophone, à accéder à une culture gay dans leur langue maternelle.

Des histoires «non patriarcales».

"Queer Ink" commercialise donc des essais, de la fiction, de la poésie, des romans d'amour, des magazines, mais pas encore d'ouvrages érotiques. En revanche, le site comprend une section «famille» et une autre «enfants», avec des histoires «non patriarcales».
Shobna ajoute: «Les gays veulent voir leur vie reflétée dans des fictions. Mais je pense que les gens hésiteraient à acheter ces livres dans un magasin classique, c'est pourquoi je l'ai fait en ligne».

La nouvelle libraire songe déjà à s'improviser éditrice pour des auteurs indiens qui n'arrivent pas à publier leurs textes queer. Souhaitons-lui le même succès qu'Azaad Bazaar, une boutique online d'objets fun et gay-friendly lancée par un couple d'Indiennes en février 2009. 

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19 mars 2010

Manifeste contrat-sexuel - Beatriz Préciado

manifeste_contraVoici le manifeste de la génération “queer”, une frange des communautés gay et lesbienne militant contre les " effets normatifs de l’identité sexuelle ". Beatriz Preciado, jeune philosophe barcelonaise, porte-parole de ce mouvement, revendique " la dissolution des sexes ". Elle invite à renoncer à la condition naturelle d’" homme " ou de " femme ", aux " liens de filiation assignés par la société hétérocentrée ", et à se reconnaître en tant que " corps ". Hard.

Le manifeste se veut une relecture de la sexualité, à la lumière des travaux de Deleuze, Foucault, mais aussi dans la lignée du féminisme matérialiste (Wittig) et des recherches sur le genre (Butler).
Un essai provocateur de la logique du trou à la pratique du gode qui fera du bruit.

Ce livre a été réédité et est donc à nouveau disponible

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