12 mars 2017

Retour à Reims - Didier Eribon

 

Retour-a-Reims

Quatrième de couverture :

Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims sa ville Natale, et retrouve son milieu d'origine avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Evoquant le monde ouvrier de son enfance, restitutant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie.

Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistante. 

Un grand livre de la sociologie et de théorie critique.

 

Editions : Flammarion catégorie : Champs Essais - ISBN : 978 2 0812 4483 2 - Poche : 2148 pages - Prix : 8,20 €

 

Mon avis : Volodia

Contrairement à ce que j’ai pu croire au premier abord, ce livre n’est pas une biographie à proprement parler, ni même un livre de philosophie politique, ni encore un livre de sociologie, mais un mix des trois.

Dans ce livre Didier Eribon revient sur une partie de sa vie, qu’il a occultée durant de longues années. La mort de son père et son enterrement auquel  il n’a pas voulu assister, et son retour à Reims, ville où il est né et où ont vécu ses parents, est l’occasion pour lui de se remémorer son passé, et d’analyser les causes qui l’ont éloigné de sa famille pendant plus de 30 ans.

Issu d’un milieu modeste (père ouvrier ayant gagné à force de ténacité, le statut d’agent de maîtrise, mère femme de ménage dont les espoirs déçus de n’avoir pu faire des études et d’accéder à une autre condition sociale ont laissé les traces de quelques rancoeurs). Didier Eribon a longtemps eu honte de ses origines préférant être identifié comme homosexuel - ce qui à son époque n’était pas aussi bien toléré qu’aujourd’hui - catégorie sociale qu’il estimait plus valorisante car teinté d’intellectualité, et dans laquelle il s’est beaucoup investit à défendre la cause, plutôt que fils de prolétaire, délaissant ainsi la question de domination sociale...

Il revient notamment sur la sélection quasi systématique qui s’opérait dans les années 1968-1970 en France. Dès la scolarité, où un fils d’ouvrier était souvent dirigé vers des filières techniques passé le certificat d’études, alors, qu’un fils de « bourgeois » poursuivait ses études naturellement au lycée, voire pouvait effectuer des études supérieures, ou une prépa dans des Grandes Ecoles. Il en résultait que les ouvriers étaient condamnés à rester dans leur milieu social sans réelle possibilité d’évolution. Ce fût le cas de ses frères - avec lesquels il n’avait aucun point commun et avec qui il a rompu tout contact - qui entrèrent en apprentissage avant d’occuper un métier plus en rapport avec leur milieu d’origine.

Il se penche également sur le parcours politique de sa famille grands-parents et parents votant communiste dans les premiers temps par affiliation naturelle, fidélité, à un parti censé défendre les droits des ouvriers, puis en 1980, lorsque celui-ci participera au gouvernement et sa stratégie à nier ou diminuer la thématique de la lutte des classes, ceux-ci se tourneront vers le Front National, qui lui, met en façade la déception des classes populaires et leurs revendications.

Il y a une forte contradiction chez l’auteur, la haine de sa famille liée à tout ce que comporte ce milieu ouvrier - à mon sens, véritable caricature du monde à la Zola – et sa volonté de lutter contre la domination sociale, de loin, c'est-à-dire sans être assimilé ou reconnu comme venant dudit milieu. Il se rend compte qu’il reproduit les jugements et les catégories de pensées des classes dominantes.

Le livre de Didier Eribon, peut être lu, comme je l’ai indiqué précédemment, sous différentes facettes, comme une auto-socio-analyse. Ecrit dans un langage très accessible, car il ne manquerait plus que ce livre se montre excluant dans son écriture ce qui serait un véritable contre-sens eu égard aux thèses défendues !

Je n’avais, honte à moi rien lu de Didier Eribon, mais ce premier essai m’a énormément intéressé. Je vais donc poursuivre la lecture de ses écrits ! 

Posté par chezVolodia à 13:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


08 avril 2016

Salon de beauté - Mario Bellatin

thLO0IAXWG

Quatrième de couverture : 

« Il y a quelques années, mon intérêt pour les aquariums me conduisit à décorer mon salon de beauté avec des poissons de différentes couleurs. Maintenant que le salon est converti en un mouroir où vont terminer leurs jours ceux qui n’ont aucun autre endroit pour le faire, il m’est très difficile de constater que les poissons ont peu à peu disparu ». 

Editions : Christophe Lucquin – ISBN : 9 782366 260 700 – Broché 76 pages – Prix 12 euros. 

Mon avis : Volodia 

Je, est celui qui raconte son histoire. Il n’a pas de nom, il est seulement Je,  un travesti,  coiffeur et propriétaire d’un salon de coiffure. Bien que celui-ci soit mixte, ce sont essentiellement des femmes qui viennent s’y faire coiffer, car elles semblent « indifférentes au fait d’être soignées par des stylistes portant presque toujours des vêtements féminins ». 

Pour se démarquer des autres salons du quartier, et lui donner un peu de luxe, Je, a choisi de l’équiper d’aquariums ou évolueront des poissons. Différentes sortes de poissons, non fragiles ne nécessitant pas de soins particuliers, dont la vue et les circonvolutions détendront ses clientes, « qu’elles aient pendant leurs soins l’impression d’être immergées dans une eau cristalline avant de réapparaître à la surface, belles et rajeunies ». 

Je, nous détaille ses choix sur les futurs occupants des aquariums, les soins prodigués, mais également leur mort somme toute assez tragique. Parallèlement, il se laisse aller à  des confidences sur son passé,  sa vie, et ses frasques avec les 3 autres coiffeurs. Sur le changement qui s’est opéré sur le salon et la tâche qu’il s’est donnée d’accomplir. 

Ce salon initialement destiné à la beauté, s’est transformé, un peu par hasard, en mouroir, non pas en un hôpital ou une clinique, mais seulement  en mouroir – le premier pensionnaire qu’il a accepté, l’a été à la demande d’un des compagnons qui travaillait avec lui. Le jeune homme avait été abandonné par son ami dès que celui-ci avait appris sa maladie, aucun hôpital,  ni sa famille ne voulaient l’accueil ni le prendre en charge. Privé de ressources, il ne lui restait qu’à mourir dans la rue -.

Les règles  sont très strictes. N’y sont admis que les malades en phase terminale, les dons d’argent en espèces, les confiseries, et le linge de lit. Pour faire face à cette nouvelle étape du salon, tout le matériel professionnel a été vendu, pour acheter, des lits métalliques, des matelas de paille, des ustensiles. Les miroirs ont été retirés pour éviter la vue de la multiplication de l’agonie des occupants. 

Je, s’active seul - Surtout pas d’associations, ni de sœurs de la charité, qui viendrait prier pour les malades, pas de femmes, aucun médicament.  - auprès de ses pensionnaires, ceux-ci ne manquent de rien. Il va jusqu’à affronter les habitants du quartier qui veulent faire brûler le mouroir mais qui s’arrêtent à la porte, rebutés par l’odeur qui y règne. Un jour, Je se sens plus faible. Il découvre des taches sur sa peau, et  comprend alors que son tour est venu, mais que lui sera seul, ses compagnons étant déjà morts. Il s’inquiète alors du devenir de son salon lorsqu’il sera trop faible pour se lever.  Je, pense qu’il fermera toutes les ouvertures, n’ouvrira à personne. Et peut -être que les institutions pour qui aider est une forme de vie, défonceront la porte.  On comptera parmi elles, « les Sœurs de la Charité » et les associations à but non lucratif.  Mais le plus probable est que quelques jours plus tard, ils défonceront la porte et « me trouveront mort, mais entouré de la splendeur d’autrefois ». 

Ce  n’est pas un livre larmoyant, ni même triste. L’auteur maintient une distance entre l’écriture et le tragique de la situation. Son personnage semble indifférent et résigné à l’inéluctable. C’est beau, c’est fort, ça vous prend au creux de l’estomac. J’ai adoré ce récit, bien qu'il m'ait bouleversé ! 

th6O2BSP8B

A propos de l’auteur :

Fils de parents péruviens, Mario Bellatin est né à Mexico. Il est né sans bras droit. Sa famille part pour le Pérou lorsqu’il a quatre ans. Il étudie la théologie pendant deux ans au séminaire Santo Toribio de Mogrovejo, puis les sciences de la communication à l’Université de Lima. C’est à Lima qu’il publie son premier livre en 1986 : Mujeres de sal.

En 1987, il part pour Cuba afin d’étudier le scénario de film à la Escuela Internacional de Cine y Televisión à San Antonio de los Baños. De retour au Pérou, il continue à y publier ses œuvres jusqu’en 1995 - date à laquelle il regagne le Mexique.

Bellatin a été directeur du Département de Lettres et Sciences Humaines de l'Université du Cloître de Sor Juana et membre du Système national des créateurs du Mexique de 1999 à 2005. Il est directeur de l’École dynamique des écrivains à Mexico, créée en 2001, qui propose des méthodes alternatives de création littéraire.

L’écriture de Bellatin est fortement influencée par sa formation académique, d’une part, mais aussi d’autre part par son expérience du cinéma. Il propose une réalité fragmentée dans le temps, non linéaire, et cherche à créer des sensations fortes, troublantes, déstabilisantes, chez le lecteur. Son œuvre, fortement expérimentale, est un jeu permanent entre réalité et fiction, entre récits apocryphes et biographies, qui crée des situations improbables, étranges et parfois drôles." 

Posté par chezVolodia à 20:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

25 mai 2015

Le baiser de la femme araignée - Manuel Puig

LE BAISER DE LA FEMME ARAIGNEE

Quatrième de couverture :

Molina, homosexuel arrêté pour attentat à la pudeur parle, et Valentin le militant de gauche en cheville avec des groupements politiques clandestins, écoute. Derrière les murs et les barreaux de la prison de Villa Devoto, le dialogue est leur seul échappatoire.

Molina raconte à Valentin les films qu'il a vus, quand la liberté n'était pas un mirage lointain, et de tous les détails dont il se souvient. Les récits merveilleux, les histoires étranges, le suspense, les stars aux visages d'ange.

L'imagination dans la nuit poussiéreuse de leur cellule est comme un avant-goût de liberté qui les attend peut être. Mais malgré la complicité qui lie les deux hommes, Molina n'a pas encore fait tomber le masque...

Editions : Points - ISBN : 978 2757 8317 86 - Broché 50 pages - Prix : 8,70 euros

 

Mon avis : Volodia

Deux prisonniers partagent un cellule dans l'Argentine de la dictature militaire : Molina, étalagiste homosexuel, personnage frivole et égocentrique, emprisonné pour corruption de mineur, et Valentin, accusé de subversion et obsédé par la femme qu'il a abandonné pour s'engager dans la lutte révolutionnaire.

Pour oublier les séances de torture auxquelles ils sont régulièrement soumis, Molina commence à raconter à Valentin les intrigues des vieux films romantiques qu'il adore. Réticent au départ, Valentin rejoint Molina à l'intérieur de cet univers glamour et sentimental, attendant la prochaine histoire avec impatience. Molina, lui, finit par embrasser la cause de Valentin.

Le face à face des acteurs avec la violence de Valentin mis en parallèle avec la "fluidité" de Molina est parfois insoutenable. La situation des personnages des scénarios de Molina reflétent la relation entre les deux hommes, qui passe de l'indifférence à l'amitié, de la compassion à l'amour.

Une rencontre fascinante entre la question du "compromis" essentielle aux débats politiques et les prérogatives de la fantaisie et de l'imagination.

Posté par chezVolodia à 19:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 mars 2015

Minorités - Didier Lestrade

41I+hV2-BbL__SY344_BO1,204,203,200_

Quatrième de couverture :

Le site Minorités, créé en 2008 par Didier Lestrade, Laurent chambon, et Mehmet Koksal avait l'ambition de créer une base d'expression la plus libre possible, pour tout le monde. Ce fût un OVNI dans le paysage éditorial - un petit think tank sur les marges et les intersectionnalités. Des textes puissants, des interviews complètes, des appels au secours énervés, des litanies personnelles, des tergiversations intimes, des manifestes et de l'humour...

L'idée initiale était de rendre compte de l'extrémement petit pour intervenir dans le champ politique plus large. Apparu avec la première année de la crise économique, il était évident que de nombreuses personnes, connues ou pas, auraient à s'exprimer à un moment où les injustices et les haines se développaient à cause d'une disparité de plus en plus révoltante entre les riches de ce monde. et nous, les autres. Dans la préface, Didier Lestrade explique :

"Et en tant que gays dans une époque marquée par le 11 septembre, et les émeutes de 2005 en France, notre rôle était d'ouvrir un média entièrement consacré à ce pont entre les communautés. Dans notre  joli pays, cela se résume souvent à parler des Arabes et des Noirs et de l'Islam. Et pour établir que ces sujets minoritaires n'étaient pas sans lien avec d'autres sujets en retard dans la Société, il fallait s'exprimer librement sur les séropos (ou pas), les transgenres, les autistes, les voguers, les clubbers, les jeunes, les putes, les Basques, les immigrants, les Asiats et les Africains, les vieux gays, le chomdu, la colonisation, l'outing, etc..."

Minorités aura pensé les contours du monde qu'il nous appartient maintenant de réinventer. Mais avant ça, relire ce qu'ils/elles en disaient...

Editions : Des ailes sur un tracteur - ISBN : 978 1 291 78027 76 - Broché : 264 pages - Prix : 18 €

 

Mon avis : Volodia

Le projet était ambitieux, mais avait le mérite d'attirer notre attention non seulement là où ça fait mal, mais encore de faire connaitre et d'aborder des sujets encore tabou relatifs à la communauté  gay.

Ce livre est une prolongation de ce site qui, malheureusement pour nous, a été fermé par décision de son créateur, et reprend certains articles spécifiques à un problème de société particulier. Ces articles ont été réalisés par des personnes  : Journalistes, Universitaires, Transsexuelles, Prostitué (e), Cinéaste, Médecins, de différentes nationalités, toutes impliquées à divers degrés dans un des probèmes soulevés.

Alors bien évidemment on ne peut être d'accord sur tout et encore moins de la manière dont les évènements sont présentés, qui relèvent également de la façon dont ils ont été vus et compris avant d'être retranscrits, mais ils ont tout en commun le mérite de nous faire nous interpeller, nous faire réfléchir, la solution ne pouvant appartenir qu'à nous. Je pense notamment aux articles : Gays et la crise, "Juif-arabe", une identité confisquée. Gays du slam à revendre.

D'autres, m'ont semblé de parti pris avec des idées, des raccourcis et des réflexions toutes faites, telles celles de Didier Lestrade sur : Le porno gay au secours de la propagande israélienne, l'Islamophoblie, et j'en passe et des meilleurs, mais quand Didier Lestrade dit lui-même dans un de ces livres qu'il aimerait un jour baiser avec un noir (ce qui manque semble"t-il à son palmarès) on ne doute pas qu'il est un grand ami de ceux-ci, et des musulmans blancs, n'est-il pas né en Algérie, une certaine nostalgie pour un passé révolu, et ou on pouvait faire ce qu'on voulait des et ou avec des fellahs?

Certain article m'ont un peu saoulé par leur récurrence tel  celui : d'Hélène Hazera sur "Basta" avec vos fantasmes sur les Trans. Hum on connait son histoire et son parcours  par coeur, de même son combat et les revendications des trans. Au point d'en être écoeuré comme d'une chose que l'on a trop consommée.

Reste que ce livre est à lire en témoignagne de ce qui a été accompli, de ce qui est actuellement et resterait à changer pour faire de notre monde sinon une société idéale, une société plus juste. 

 

Posté par chezVolodia à 14:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

04 avril 2014

En finir avec Eddy Bellegueule

Eddy bellegueuleQuatrième de couverture :

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temp d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je ne n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait.

Je suis allé dans les champs, j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraicheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici".

En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite, j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

 

Editions : du Seuil - ISBN : 9 782021 117707 - Broché 220 pages - Prix 17 euros.

 

 

Mon avis : Volodia

Ce livre soit on l'aime, soit on le déteste. Mais en aucun cas, il ne peut laisser indifférent ou faire place à un sentiment mitigé. Pour ma part je l'ai aimé.

L'auteur indique sur la couverture "roman" mais à mon sens, il s'agirait plus d'une autobiographie romancée ce qui n'est pas tout à fait la même chose, car si certains faits peuvent paraître "exagérés", il n'en reste pas moins que le fonds sonne juste.

Edouard Louis nous envoie, en pleine figure, son enfance et son adolescence, passées dans un village de province, en l'occurrence la Picardie, marqué par la misère sociale : la pauvreté matérielle bien sûr, mais surtout intellectuelle et morale.

Sa manière d'être qui dès l'enfance le démarque de sa famille et des autres garçons du village. Maniéré sans le vouloir,  faisant de grands gestes pour accompagner ses paroles, un déhanchement significatif lorsqu'il se meut le fait qualifier de "bizarre" avant d'être identifié comme "pd" par des camarades d'écoles.

Les parents complètement dépassés par leur fils et ne sachant comme s'y prendre lui font souvent des "remarques",  idem les copains, amis et relations dans le village. Seuls deux gamins de son école osent l'insulter et le maltraiter. Ce qu'il accepte comme un fatalité. Il attend du reste tous les jours, dans un couloir peu fréquenté de cette école, l'humiliation suprême, des coups, d'un crachat sur la manche de sa veste qu'il se devra de ravaler.

Ce livre écrit avec ses tripes a déchainé les passions, bonnes ou mauvaises, car il s'en dégage une force inattendue. C'est la révolte d'un jeune homme de 20 ans éructée avec toute la honte et la violence des humbles et des humiliés. Pas de temps de ménager la dignité des uns et des autres. Il fallait que cela sorte pour ne pas sombrer ni continuer à se mépriser.

Je pense toutefois que si Edouard avait écrit son livre quelques années plus tard, l'impact n'aurait pas été le même, car l'écriture aurait été toute autre. Il aurait eu le temps du recul, relativisé ses séances de tortures morales infligées par ses camarades. Il n'aurait pas eu l'audace, certainement par pudeur, de détailler ce "milieu" d'où il vient, ou l'ambition des hommes se résument à entrer à l'usine, comme leur père avant eux, celles des filles à être caissière au supermarché du coin. C'est également parce qu'il s'en est "sorti" en faisant des études qu'il s'est rendu compte de ce à quoi il avait échappé, et qu'il peut se permettre lui et pas un autre de le raconter.

Nous savons tous qu'il existe un monde à deux vitesses, fait de différences sociales plus ou moins importantes selon que l'on est de la ville, de la banlieue et/ou de la campagne, selon le bagage intellectuel et/ou l'éducation reçue. La différence sociale a toujours existé et existera toujours. Nous aimons en lire les descriptions, comme pour nous conforter dans nos opinions voire nos certitudes (notre côté voyeur sans doute),  mais ne voulons surtout pas la voir et encore moins la côtoyer de peur qu'elle nous contamine. Il est tellement plus facile de juger.

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de penser que ce récit pouvait être appliqué partout dans le monde et dans n'importe qu'elle province.  Ici, Eddy était pris à partie car supposé homosexuel, mais il aurait pu être noir, juif, handicapé, le résultat aurait été identique, car malheureusement plus on vit dans un milieu bas intellectuellement (je ne dis pas pauvre financièrement, car cela n'a rien à voir) plus les gens sont primaires, méchants, à croire qu'ils font payer à plus malheureux qu'eux leur détresse personnelle.

Une remarque positive pourtant sur cette province, Eddy est entré lycée dans une ville de province où il a été de suite intégré, s'il avait vécu à Paris  ou était entré dans un lycée parisien, je ne suis pas convaincu qu'il aurait été accepté, non en raison de son homosexualité présumée, mais par mépris de la classe sociale d'où il venait.

 

Posté par chezVolodia à 20:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


09 octobre 2013

L'accompagnement - René de Ceccatty

41FF7A53PKLQuatrième de couverture :

"Dans les derniers jours, il m'a dit, lui qui était écrivain, qu'il n'avais pas eu la force de décrire ce qu'il vivait et que personne encore n'avait pu décrire cette lutte contre la mort à l'hôpital. Il m'a dit qu'un autre ami écrivain - lui aussi très présent à ses côtés pendant toute la maladie - et moi, nous en savions désormais assez pour décrire ce que nous avions vu. C'était un appel".

 

Editions : Folio - ISBN 2 97 0400092 1 - Poche : 153 pages - Prix  6 euros.

 

Mon avis Volodia

Le récit est  discret, délicat, plein de pudeur mais fort. La maladie nous est dévoilée  au fil des pages, pas de titre à sensation. Le malade lui-même ne veut pas dramatiser sa situation et n’informe ses amis qu’au compte goutte de son état. Lorsque celui-ci s’aggrave, et le rend de plus en plus faible, son caractère d’un naturel déjà difficile, devient despotique, que ce soit envers ses amis ou le personnel soignant, parce que la maladie l‘emporte sur tout, sensible à chaque bruit, chaque respiration.

L’auteur supportera tout, avec abnégation, considérant qu’être près de son ami est normal, important pour son moral. Il le soutiendra, dans ses moments d’angoisse, le soulageant du mieux qu’il peut, par sa présence, attentif et obéissant au moindre de ses désirs.

L’auteur, se fait voyeur puis rapporteur, de l’état physique et des émotions de son ami, mais également du personnel hospitalier, les médecins et les infirmières qui ne jugent pas, qui essayent par leurs qualités humaines et leur empathie, ainsi  qu’avec leurs pauvres moyens de rendre sa vie, puis sa fin de vie la moins pénible possible.  - le médecin attentif,  et les femmes, ces infirmières qui se dévouent pour tous ces hommes qui n’ont aimés que des hommes mais, qui aux derniers instants de leur vie recherchent ou acceptent leur présence - Mais également d’autres membres du personnel soignant et femmes de service qui s’en moquent, imperméables à toute souffrance et qui n’hésitent pas à lui faire comprendre que s’il est là, c’est bien de sa faute et qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.  Déjà bien beau qu’on s’occupe de lui…

Il est le témoin presque muet de la déchéance physique de son ami, un corps qui pourrit, les odeurs, sa cécité, son angoisse de se souiller au point de lui demander d’acheter des couches qu’il demandera à la pharmacienne totalement indifférente, de mettre dans un second sac par discrétion et pour éviter au malade,  son ami une humiliation de plus. Les sanglots et les larmes de celui qui à la fin de sa vie ne supporte plus la mesquinerie des uns et des autres, qui se tord de douleur, les côtes brisées par le kiné tellement ses os sont devenus friables.

Ce livre est très beau et je l’ai beaucoup aimé. Là on parle du sida, mais ce qui est décrit dans ce livre peut être le récit de toute personne en fin de vie, après une longue et douloureuse maladie.


René de CeccattyA propos de l'auteur :

René de Ceccatty est né le 01/01/2952 à Tunis. Romancier, traducteur, critique littéraire et éditeur. Il a fait des études de philosophie. A vécu au Japon et en Angleterre. Il collabore régulièrement au "Monde des Livres" et fait partie du Comité de Lecture des Editions du Seuil.

Il collabore également à de nombreuses revues telles : la NRF, la Quinzaine Littéraire, le Magazine Littéraire, Europe, Nuovi Argomenti, II Messaggeroe, etc...Il est critique littéraire au journal "Le Monde" depuis décembre 1988.

 

Posté par chezVolodia à 07:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

14 avril 2013

Gay Paris - François Buot

9782213676777FSQuatrième de couverture :

Une histoire du Paris interlope entre 1900 e 1940

Dans ce récit mêlant plaisirs et destinées tragiques. François Buot bouscule l'idée d'un "gay Paris" dominé de 1900 à 1940 par une communauté discrète , repliée sur elle-même - hormis quelques vedettes sur le devant de la scène.

Pendant quarante ans, profitant  d'une législation particulièrement tolérante, le "gay Paris" s'affiche jour et nuit. Invertis, lesbiennes ou travestis investissent les music-halls et les dancings, racolent dans les jardins publics, animent de nombreux bals de quartier et se retrouvent dans les promenoirs de théâtres, les bains publics ou les maisons closes...

Ils inventent un mode de vie, une nouvelle culture, tout en restant vigilants face à l'homophobie toujours vivace. Ce monde interlope n'a pas de réflexe "communautariste", mais paraît au contraire bien intégré dans le Paris populaire et festif. Les écrivains de Carco à Genet s'en inspirent pour leurs romans et les intellectuels d'avant-garde s'affrontent sur l'homosexualité.

Exploitant de nombreux documents souvent inédits comme les rapports de la brigade mondaine, les lettres anonymes, la presse à sensation et la littérature populaire, François Buot retrace avec talent l'histoire de Paris interlope avec ses lieux et ses codes, à une époque qui contraste singulièrement avec la répression des décennies suivantes.

Editions : Fayard - ISBN : 978 2 213 65418 8 - Broché : 285 pages - Prix : 22 euros.

 

Mon avis : Volodia

J'ai trouvé ce livre intéressant, même s'il ne donne pas une bonne image de l'homosexualité. En effet, il semblerait qu'aux époques concernées, comme de nos jours, l'assouvissement des sens était une priorité et ce peut importe l'endroit ou l'on se trouvait (trouve) et avec qui on se trouvait (trouve). Le Dieu Phallus et sa Sainte Semence...

J'ai toujours eu du mal, et encore aujourd'hui,à comprendre que"certains d'entre nous" soient prêts à s'avilir, ravaler toute fierté, toute dignité, au point de fréquenter des back rooms, hanter les urinoirs, rechercher les humiliations et les coups pour quelques instants de plaisir qualifiés par eux d'intenses. (et s'ils ne l'étaient pas ?)

Mouais chacun ses goûts, mais difficile après cela de combattre l'homophobie et de passer pour sain d'esprit.

 

Posté par chezVolodia à 20:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 juillet 2012

The End - Didier Lestrade

9782207254240_1_75

Quatrième de couverture :

Le sida ne fait plus peur.

Ce constat peut sembler incroyable pourtant, depuis l'arrivée des multithérapies en 1996, la prise de risque dans les relations sexuelles s'est imposée jusqu'à devenir un style de vie : le bareback. Une sexualité libérée passe désormais par le sida. le Préservatif est devenu un repoussoir. Résultat : une nouvelle vague de l'épidémie touche les pays riches. La présention en direction des homosexuels est en train d'échouer, à la faveur notamment du développement du business du sexe et de la multiplication des rencontres sur le web.

 Cet abandon de l'orthodoxie d'une sexualité protégée est l'un des symptômes les plus significatifs de la perte de repère qui affecte les gays. Consumérisme forcené, individualisme aliénant, futilité permanente ne sont que des échappatoires au désespoir et au repli où les homosexuels sont acculés. Au-delà des atteintes du sida, ce dépérissement touche également à l'essence de l'homosexualité. La pornographie, la house-music, l'esprit communautaire, la draque, les sentiments amoureux sont pollués par un état d'esprit délétère qui valorise la dépression.

Les associations de lutte contre le sida semblent désarmées face à l'apologie de la contamination. Bien qu'elles aient pris conscience avec retard des problèmes posés par le bareback, elles seules sont susceptibles de pallier la démission des pouvoirs publics sur le sujet. L'espoir est mince. La place des gays au sein de la société est donc menacée. Une fin éventuelle qui aurait des conséquences désastreuses pour une communauté déjà fragilisée par l'épidémie depuis plus de vingt ans.

Jusqu'à présent, pratiquement personne n'a osé s'élever contre les dérives mortifères à l'oeuvre dans l'homosexualité au nom d'une prétendie liberté d'écrire et d'agir. Ce livre est une défense des valeurs qui devraient fonder les relations entre les gays. Alors que les contaminations reprennent, un débat doit s'ouvrir au plus vite. Il en va du futur des homosexuels. Avec le bareback, l'amour, le sexe et l'épidémiologie sont à nouveaux liés. 

Editions : Denoël - ISBN : 9 782207 25424 0 - Broché 384 pages - Prix 23 euros.

 

Mon avis : Volodia

Il le dit lui-même : «…Ce livre est autant un témoignage de colère sur les homosexuels qui se ne protègent plus, qu’il est une réflexion sur les difficultés amoureuses des homos en général …»

Et ce coup de gueule il le pousse avec raison, à mon sens, car après toutes ces années de lutte pour la prévention en vue d’enrayer la progression du sida, il reste encore des personnes qui ne se protègent pas, par méconnaissance de leur séropositivité, mais également par relapse (abandon du préservatif) alors qu’elles multiplient les expériences et donc les partenaires.

D’autres encore, qui se disent conscients et responsables font l’apologie du barebacking, au nom d’une soi-disant liberté, prévenant ou pas de leur sérologie et n‘hésitant pas à sacrifier sur l‘auteur de leur plaisir, leurs partenaires successifs qu’ils soient déjà séropositifs (alors que le risque de risque de surinfection existe bien) ou séronégatifs. Prétextant que a prise de risque fait partie du plaisir et de la sexualité homosexuelle.

Mais, il n’y a pas que cela d’évoqué dans ce livre, la difficulté des gays à trouver un « mari » y est aussi décryptée. Comment un homme qui fréquente régulièrement les lieux de drague (bars, boites) et plus glauque, les saunas, les back room, ou le choix d’un partenaire se fait uniquement en fonction de ses pectoraux, de son sexe « avantageux », et ou pratiquement aucune parole n’est échangée, ou la consommation se fait sur place devant un nombre x de voyeurs, comment trouver dans un tel contexte l’homme de sa vie ?

Pourquoi, le SM qui était une pratique marginale des homos cuir, se trouve-t-il tout d’un coup au pinacle des relations gays et queer. Le sex hard s’est banalisé, et on assiste à une recrudescence de sida, mais pas également de maladies vénériennes particulièrement contagieuses et dangereuses telles la syphilliis, et quand je vois de petites fiottes, qui pour faire «à la mode» en arborent, sans en connaître véritablement le sens, une partie des tenues vestimentaires, ça me met hors de moi avant de me faire rire.

Le grand fantasme des gays fréquentant se genre d’endroit, c’est la baise, violente, dans sous-sol, un parking, un souterrain, le tout puant la pisse et la merde et si pour couronner le tout on a un beur comme partenaire et qu’on a droit à une tournante c’est le pied. Plus c’est profond, plus c’est crade, mieux c’est. Comment en sommes-nous arrivés là. La perversité est-elle notre apanage ?

Tout ses comportements à risques sont dénoncés dans ce livre. Ils sont malheureusement réels et ne sont pas prêts de s’arrêter, les trithérapies ayant fait reculer la mortalité des personnes contaminées et le cinéma pornographique ayant fait son lit dans la fange.

Et je suis d'accord avec lui. Quand à l'heure actuelle, un jeune qui attrape le sida dit : je ne savais pas...Le préservatif c'est dur à mettre... Non, je n'y crois pas avec toutes les campagnes de prévention, les préservatifs gratuits mis à disposition à l'entrée des bars, des boites, des saunas, (pas toujours des back room), etc...Et puis si tu sais pas mettre ton préservatif demande à ton copain, ça renforcera votre intimité et ça peut être synonyme d'un préliminaire procurant beaucoup de plaisirs, si si, puisque je te le dis.

Didier Lestrade, scrute au microscope toute la communauté homosexuelle. Tout y passe, le consumérisme des gays, les relations amoureuses, sexuelles, le barebacking (qui reste son cheval de bataille), les règlements de compte avec les diverses associations, et surtout avec Guillaume Dustan et Erik Rémès ferveurs défenseurs du barebacking qui lui on fait un publicité d’enfer, au point que baiser safe fait s’arrondir en point d’interrogation les yeux de beaucoup de mecs dans les bars. Didier Lestrade, appui là ou ça fait mal et on comprends mieux pourquoi il gêne, malgré tout ce qu’il a fait pour la communauté gay

Posté par chezVolodia à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 juillet 2012

HOMOS-GHETTO - Franck Chaumont

Gays et lesbiennes dans les cités - les clandestins de la répubublique.Homos-ghetto

Quatrième de couverture :

Ils s’appellent Nadir, Sébastien, Dialo, Nadia… Ils sont black, blancs ou beurs. Certains rasent les murs, le regard fuyant. D’autres se la jouent viril et vont même jusqu’à casser du pédé à l’occasion. Mais tous ont en commun le mensonge et la schizophrénie liés à leur double vie et à la peur d’être démasqués.

Pour obtenir leurs témoignages, il a fallu deux années d’enquête à Franck Chaumont. Deux ans de rendez-vous manqués, de téléphone raccroché au nez, d’attentes vaines dans des bars ou des gare… Car en parlant ils risquaient tout, leur honneur, bien sûr. Mais aussi leur vie.

Si certains ont osé, c’est dans l’espoir que nous sachions… Que les politiques, les citoyens , les notabilités homosexuelles dans les centres-villes sachent qu’à deux ou trois stations de RER, la République Française a abandonné certains de ces enfants ; être un garçon ou une fille homo dans les cités de France est un crime passible des pires châtiments.

Les gays et lesbiennes des cités ghettos de France sont aujourd’hui les clandestins de notre République !

Au-delà du cri de détresse d’une population souvent exclue, victime du chômage et des discriminations, ce livre dresse un portrait terrifiant de nos banlieues gangrenées par la misère sociale, éducative, affective et sexuelle.

Editions : Le Cherche-midi - ISBN : 978 2 7491 - 0943 - 5 - Broché 199 pages - prix : 15 euros

 

Mon avis : Volodia

J'ai apprécié à sa juste valeur le travail fourni pour écrire ce livre et l'abnégation de son auteur. Toutefois, je n'éprouve aucune empathie pour les situations évoquées lors du recueil des témoignages qui relèvent plus de cas sociaux que du réel problème de l'homosexualité.

Nadia : "...43 ans, lesbienne, seule dans un 2 pièces ayant 7 chiens dont 3 rotweillers, en procédure d'expulsion pour des loyers impayés..."

Majid: "... Tu vois, j'aime pas les pd qui s'assument, qui tordent le cul à casser les murs..."

et  j'en passe et des meilleurs...

L'auteur a mené son enquête exclusivement dans les banlieues ghetto comme il le dit lui-même, ce qui veux dire, les banlieues regroupant le plus de cas sociaux et par la même occasion de diversités ethniques au m2. Banlieues ravagées par les gangs, la drogue et les trafics en tout genre. Vu le parcours professionnel de l'auteur je comprends mieux son choix et ses motivations à vouloir nous faire partager le quotidien de personnes qui au travers de leurs témoignages se montrent sous un jour aussi peu intéressantes que sympathiques, mais qui font montre, tout de même, de lucidité quant à leur situation.

"...T'es rebeu, t'es une pute...". Le portier m'a dit : "... Les putes rentrent pas ici !..."

Aussi, bien qu'il nous démontre parfaitement comment ces banlieues se sont refermées sur elles-mêmes, il n'en reste pas moins que ce sont les habitants eux-mêmes qui les ont ainsi transformées, qui ont institué des codes qu'ils soient vestimentaires, de langage, et qui refusent d'en changer. Ils le disent, eux-mêmes, ce sont des ghettos ouverts dont ils pourraient en sortir s'ils le voulaient et avec suffisamment de volonté, mais bien peu le souhaitent, famille, copains, repères et trafics en tous genres. C'est trop facile d'accuser la société, la République de les avoir abandonnés. 

Il y a toujours eu des pauvres, et des immigrés en France, et ce à n'importe qu'elle époque, de toutes races et de religions et il y en aura toujours, mais chaque communauté a réussi à force de courage et de volongé à trouver sa place et à y vivre convenablement. Mais cela parce qu'elles l'ont voulu avec force et courage, contrairement à d'autres qui veulent tout mais ne donnent rien de bon en échange.

Pauvreté ne veut pas dire, "racaille" et c'est sur cela que l'auteur aurait du insister. Car les témoignages cités dans ce livre ne font que conforter l'opinion de ceux qui les méprisent.

Je vais d'ailleurs créer une page sur ce blog relative à ce livre

 Franck Chaumont :

A propos de l'auteur :

Franck Chaumont a été journaliste à Beur FM puis RFI avant de diriger la communication du mouvement Ni putes ni soumises jusqu’en 2007. Homo-Ghetto est son premier livre.

 

Posté par chezVolodia à 20:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18 juillet 2012

Folles de France - Repenser l’homosexualité masculine - Jean-Yves le Talec

Folles de France

De Zaza Napoli à Priscilla, dans les bars du Marais ou à la Gay Pride, la folle fait partie de notre paysage culturel. Exubérante, provocante, flamboyante, cette figure hyper visible se tient pourtant dans l’ombre de l’homosexualité masculine française et brille par son absence dans le discours des sciences sociales françaises. Seul affleure l’archétype folklorique de l’homme efféminé marqué du double stigmate de l’inversion et de l’extravagance.

L’ambition du livre de Jean-Yves Le Talec est d’ouvrir ces oubliettes. Refusant de considérer les folles comme les accessoires d’une homosexualité prétendument « sérieuse », il a choisi de les replacer au centre d’une histoire des représentations de l’homosexualité en France. Il montre ainsi que les folles occupent depuis longtemps un espace sociale à travers une sous-culture spécifique, le camp. Cet art de l’apparence est en pratique une forme de lien et de langage social, de résistance et de stratégie politique. L’émergence du mouvement homosexuel, puis son implication dans la lutte contre le sida, apparaissent dès lors comme une succession d’appropriations et de transformations de cette figure de la folle : un zazou sous l’occupation, une folle de Saint Germain des Prés, une Gazoline du Front homosexuel d’action révolutionnaire ou une Pom Pm Girl d’Ac Up s’inscrivent ainsi dans une même histoire de la follie.

Ce parcours, depuis les année 1930 jusqu’à nos jours, redonne aux folles une vraie place au sein du mouvement homosexuel, de son histoire mais aussi de son actualité, et permet de penser sous un nouveau jour les liens entre sexe, genre et sexualité.

Editions : La Découverte - ISBN : 978 2 7071 5257 2 - Broché 314 pages - Prix : 22 euros.

Le talec

A propos de l’auteur :

Né en 1958, Jean-Yves Le Talec est sociologue,. Journaliste de 1984 à 1992, rédacteur en chef de Gay Pied Hebdo en 1992, il fut responsable des éditions à Aides de 1993 à 1995. Chargé de cours et chercheur à l’université de Toulouse Le Mirail, il poursuit des travaux sur la sexualité et la santé depuis une dizaine d’années. Il a également cofondé en 1990 le mouvement des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en France. 

Posté par chezVolodia à 10:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,