07 avril 2016

Un tango au bord de la mer - Philippe Besson

Un tango en bord de mer

Quatrième de couverture : 

« On a été heureux ensemble…

- Toi et ta nostalgie…

- Et puis, un jour, ç’a été terminé…

- C’est comme ça. On n’y peut rien.

Peut-être qu’on n’a pas assez essayé.

Peut-être qu’on n’y a pas assez cru.

- Je croyais que tu détestais les couples.

La durée. Ces choses-là. Bourgeoises. » 

Lui est un écrivain célèbre, la quarantaine. L’autre est un jeune homme qui cherche encore sa voie. Quelques années auparavant, ils se sont follement aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d’un grand hôtel en bord de mer. Une atmosphère irréelle, propice au souvenir et à la confidence…

Mais la magie d’un décor peut-elle suffire à faire renaître la vérité des êtres et des sentiments ?

 

Edition : Julliard – isbn / 9 782260 022015 – Poche : 76 pages – Prix : 9 euros 

 

Mon ressenti : Indiangay 

Cette pièce est l’autopsie d’une rupture, ses causes et les stigmates qui en résultent. Il met exergue les intermittences du cœur, la difficulté d’aimer. 

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, qui est en réalité une pièce de théâtre. Dans le livre, les personnes sont nommés : Lui pour Stéphane, l’autre pour Vincent, ce qui oblige dans les premières pages à un fréquent retour à la préface pour se rappeler qui est qui. 

Bien que son utilité soit nécessaire aux acteurs, je pense qu’une pièce de théâtre n’est pas faite pour être destinée à des lecteurs. Elle prend toute sa dimension à être jouer sur scène. Ce qui donne une plus de force au texte. Permets aux acteurs le jeu des questions-réponses et une gestuelle, des attitudes, des expressions de visages montrant l’intensité de leurs sentiments.

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Le vrai est au coffre - Denis Lachaud

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Quatrième de couverture : 

Un enfant de cinq ans vit avec ses parents en banlieue parisienne, dans la Cité des Fleurs, un immeuble isolé au milieu des rails d’une gare de triage. La nuit, Tom entend le hurlement des trains aux abords de son lit. Au matin, il joue seul dans les escaliers car il est rejeté par les enfants de l’école qui l’appellent « tapette ». 

Au fil des années, Tom se réfugie dans l’imaginaire. Auprès de son amie Véronique, il se sent en sécurité, mais à huit ans sa vie bascule. Lors d’un voyage scolaire les garçons de sa classe parviennent enfin à lui faire payer sa différence… 

Jouant du vrai et du faux, Denis Lachaud aborde le thème du choix identitaire dans ce qu’il peut avoir de plus ambigu. Entre fiction et réalité, désir et résistance, ce roman construit en puzzle réserve bien des surprises. 

Editions : Babel – ISBN : 9 782742 780976 – Poche :158 pages – Prix : 7 €

Mon avis : Indiangay 

Je ne sais comment classifier ce livre : policier ? en raison de l’intrigue qui se joue au détriment de Tom, alias Thomas. Trans-identitaire ? Véronique l’amie d’enfance se substituant peu à peu à Tom puis devenant son porte-parole ? Mais Tom et Véronique sont-elles deux personnes distinctes ou bien l’une cachait-elle l’autre ?   

Je n’ai pas su apprécier ce livre. Car si dans un premier temps, il se présentait comme d’agréables souvenirs d’enfance,  il se termine dans une confusion difficile à interpréter. Bref, j’ai trouvé ce livre fastidieux à lire et à comprendre ! 

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26 mars 2016

Riches, Cruels et Fardés - Hervé Claude

Riches cruels et fardés

Quatrième de couverture :

Luxe, sable et volupté... A la limite de la jungle australienne, face à la barrière de corail et à des centaines de kilomètres de la première ville, se trouve un hôtel quatre étoiles... Un lieu pour touristes fortunés triés sur le volet, qui savent ce qu'ils viennent chercher et qui veulent avoir la paix.

L'isolement pourtant, privilège ultime des riches, peut devenir l'enfer. Un ouragan se déchaîne et les voilà coupés du monde. Les comportements changent. Des crocodiles sortent de l'eau devenue boue. La pluie tombe comme les arbres et un premier cadavre est découvert. Il n'en faut pas plus pour que les solidarités se délardent. Personne, finalement ne connaît sont voisin... Personne ne sait s'il pourra s'en sortir ni qui sera la prochane victime.

Editions : folio policier - ISBN: 978 2 07 035754 3 - Poche : 249 pages - Prix : 7,10 €

Mon avis : Volodia

Un complexe hôtelier destiné à des homosexuels fortunés, perdu au fin fond de nulle part, à la pointe de l'Australie ceinturé d'un côté par une forêt dense peuplée de serpents et de crocodiles, de l'autre, la mer remplie de méduses vénimeuses et mortelles avec au large la barrière de corail.

Les protagonistes sont le patron de l'hôtel, son associé, un gérant, un barman-employés à tout faire, et des clients : couples gays dont un lesbien. Suite à la disparition de son associé, Sean, Gordon le patron du complexe en vient aux mains avec Ken son gérant, pendant d'une tempête se prépare. C'est le point de départ de divers incidents mortels pendant ce huit clos - qui a des réminiscences du livre d'Agatha Christie "10 petits nègres" - dû au passage d'un ouragan. Les cadavres se succèdent à rythme régulier sans que l'on puisse savoir s'il s'agit d'accidents tragiques ou provoqués.

Au fur et à mesure du récit, raconté à la première personne du singulier" en premier lieu par Ashe pseudo écrivain - qui se place au niveau d'un détective - puis par chacun des protagonistes, il s'avère que tous ressentent un malaise indéfinissable annonçant l'éminence et leur angoisse des drames à venir. Se dévoilent peu à peu les caractères, les frustrations. L'occasion de faire un point sur leur couple, de s'interroger sur ce qui leur arrive et surtout pourquoi ? Car bien évidemment, aucun n'est réellement ce qu'il prétend et ne vient uniquement pour la détente et les loisirs...

L'histoire traîne un peu en longueur et l'intrigue n'est pas vraiment passionnante, même si la découverte des corps passés outre laisse planer le suspens sur l'intentionnalité ou non de ces morts. Quelques mots et situations un peu crus n'apportent rien au récit hormis le fait de nous conforter, s'il nous restait des doutes, sur les clichés homos.

Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais interrogé sur l'argent que draîne le mode de vie gay, sa culture et en particulier la Gay Pride : Tourisme, drogues, alcool, costumes et paillettes, music-hall, cabarets, back room, prostitution, etc... Ce roman a au moins eu le mérite de m'y faire réfléchir...! Sans être déplaisant à lire, ce roman ne ne me laissera pas grand souvenir....!

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16 mars 2016

La vie privée - Olivier Steiner

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Stristement réservé aux lecteurs avertis et aux plus de 18 ans

Quatrième de couverture :

Huis clos dans une maison du bord de mer. Tandis que la dépouille d’Emile repose dans une chambre à l’étage, le narrateur attend le dominateur. Une voiture se gare, c’est lui, le voilà dans l’embrasure de la porte, pile à l’heure, et sa ponctualité est déjà une forme de sévérité. Se joue alors la scène primitive, danse d’Eros et Thanatos, entre ombres et lumières « sexe et effroi ». Poussés aux derniers retranchements de la chair et de l’esprit, les corps exultent, souffrent et jouissent, livrent leur essence même.

Avec « la vie privée », Olivier Steiner signe une voyage sans retour, magnifique oraison funèbre, expérience de lecture rare où se dévoile notre humanité dans ce qu’elle a de plus noir et de plus cru.

Editions : L’Arpenteur  - ISBN : 9 782070 144860 – Broché : 145 pages – Prix : 13 €

Mon avis : Volodia


Emile vient de mourir, l’occasion pour Olivier de se pencher sur son passé et ce qui l’a amené à rencontrer ce vieil homme aussi solitaire que lui, son installation chez lui sans réelle invitation ni acceptation, avec en contrepartie des menus travaux à effectuer, puis les années venant à se dévouer à lui, à corps défendant.

Emile ne parle presque plus, Olivier fait les courses, le regarde « s’assoupir », le nourrit, le lave, le change, l’interroge, fait les réponses à ses propres questions. Il se regarde vivre, accomplir les gestes du commun, avec en filigranes des réminiscences de son passé.

Seule l’arrivée du Dominateur ( rencontré sur un site spécialisé) interrompt ses pensées qu’il troque contre d’autres plus émotionnelles, plus brutales, plus crues, conjuguées à la douleur physique et aux humiliations souhaitées, désirées, et encouragées.

Ce livre parle de corps, et de sensations abstraites. J’y ai oscillé entre fascination et dégoût. Car si l’ode offerte aux souvenirs d’Emile est superbe, le récit de ses plans culs et turpitudes avec le Dominateur m’a quelque peu révulsé.

Pour finir, je n’ai pas aimé ce livre malgré quelques beaux passages. Je n’arriverai jamais à comprendre ce qui pousse certaine personne à conjuguer amour avec domination, violence, humiliation tant verbales que physiques…. !

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Les Feux de Saint-Elme - Daniel Cordier

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Quatrième de couverture :

Adolescent dans un internat religieux d’Arcachon, Daniel Cordier y découvre son attirance pour les garçons et pour David en particulier. Cette passion interrompue par son renvoi du collège, ne cessera de le hanter tout au long de sa vie.

On connaît Daniel Cordier pour sa vie exceptionnelle : Secrétaire de Jean Moulin, Compagnon de la Libération, grand collectionneur d’art, historien de la Résistance. Il nous livre avec « les Feux de Saint-Elme » une récit autobiographique à la fois émouvant et inattendu.

Editions : folio – ISBN : 9 782070 468225 – Poche : 210 pages – Prix : 7 euros.

 

Mon avis : Volodia

Nous sommes loin des désirs discrets, inavoués qu’on garde jalousement par devers soi. Dans ce récit, l’auteur nous relate en termes crus ses émois partagés avec d’autres élèves, donnant l’impression que ceux-ci et lui-même ne sont que mus par leur instinct, leurs pulsions les plus primitives. Bon d’accord, l‘adolescence se vit différemment d’une personne à l’autre, on découvre son corps et celui des autres, on se compare et on s’adonne à des jeux qui ne sont plus innocents en toute connaissance de cause, mais bon…. !

L’auteur fait bien de larges parenthèses à la religion, à la pureté, collège religieux oblige, mais cela ne dure guère au regard de son amour pour Bob, puis David.

Bien des années plus tard, il retrouvera David, mais celui qui avait enchanté ses jeunes années ne sera plus qu’un homme petit, gros, marié, père d’un fils et au passé douteux de collabo, qui refusera de se remémorer son passé d’écolier.

J’ai été un peu déçu par ce livre. Je m’attendais à un récit aussi fin et délicat que les Amitiés Particulières de Roger Peyrefitte. Que nenni, ici nous sommes dans de l’autobiographie, dans la vie réelle, et non dans un roman, le style et l’écriture en témoignent. Et moi qui croyais que les jeunes d'antan surtout ceux de bonne famille moins délurés, quelle claque !

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Objet de toutes les convoitises - Jeanne Bourdin

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D’où vient cet attrait irrésistible que le jeune lord Donagh exerce sur son entourage ?

A trente-cinq ans, unique héritier d’une immense fortune, c’est un des hommes les plus convoités de Londres. Brillant avocat, charmeur à l’élégance rare, ce modèle de flegme dissimule une nature passionnée.

Son idylle avec Dimitri, un danseur étoile, nourrit les pages people des magazines. Mais en secret Alexander s’éprend de Mark, son associé, qu’il sait pourtant parfaitement heureux avec sa femme, Joyce…

Editions : Pocket – ISBN : 978 2 266 14698 2 – Poche - pages : 250 – Prix : 6,80 €

Mon avis : Volodia

Le moins que l’on puisse dire est que l’’auteur ne ménage pas sa peine pour nous dépeindre son personnage principal, Alexander, lord Donagh, illustre descendant d’une des plus grandes familles aristocratiques britanniques, héritier de l’immense fortune familiale, hautain, froid, manipulateur et homosexuel vivant en couple avec Dimitri, un danseur russe. Peut- être même en fait-elle un peu trop. En effet, il me paraît inutile qu’à chaque entrée en scène d’un nouveau personnage, l’auteur nous rappelle la position sociale d’Alexander et nous décrive les avantages qui en découlent.

Je trouve Mark un peu « mou ». Ses atermoiements conviennent plus à un jeune homme qu’à un homme fait, qui plus est marié et avocat de surcroît, surtout lorsqu’on sait ce que ce métier implique de rigueur et de dureté de sentiments. Habitués aux roueries des affaires, il semble bien naïf face aux avances d’ Alexander. De plus, j’ai beaucoup de mal à concevoir qu’un homme qui n’est pas bisexuel puisse être attiré par un autre homme. Or d’après le récit qu’en fait Jeanne Bourdin, ce ne serait pas le cas. Il aurait, donc dû, en toute logique, soit rompre tout contact avec Alexander et démissionner de son poste, soit se ficher en colère et mettre son poing dans la figure de l’odieux personnage qui se permettait des privautés.

Joyce, joue le rôle de la ravissante idiote, pour ne pas dire dinde, journaliste dans un magazine people, sûre d’elle-même, d’être aimée pour sa féminité par un époux avec qui elle se complaît à jouer les coquètes, tout en faisant du charme et en papillonnant auprès d’Alexander.

Quant à Dimitri l’amant russe d’Alexander, il réunit tous les clichés : danseur étoile, homosexuel haut en couleur, aimant les vêtements et les boîtes à la mode… Ses pensées intimes dévoilées par l’auteur lors de ce récit ne correspondent pas au caractère slave, De plus, il fait preuve d’un certain don divinatoire quant aux sentiments que portent Lord Donagh à Mark, et d’un certain « flegme » lorsque ceux-ci se confirment à son détriment.

Ce qui m’a semblé le plus réaliste, ce sont les réactions de Joyce lorsqu’elle s’aperçoit que son mari lui échappe et qu'il n'est guère possible pour elle de rivaliser. Idem celles des parents de Mark qui ne peuvent concevoir qu’il abandonne son épouse pour un homme. La fin du roman ressemble, à mon sens, un peu à de la littérature à l’eau de rose...

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24 février 2016

Un pays pour mourir - Abdellah Taïa

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Quatrième de couverture : 

Paris, été 2010. Zahira, une prostituée marocaine en fin de carrière, est une femme généreuse malgré les humiliations et la misère. Son ami Aziz, sur le point de changer de sexe, est dans le doute. Motjaba, un révolutionnaire iranien homosexuel qui a fui son pays, loge chez elle durant le mois du ramadan. Jusqu’au jour où Allal, son premier amour venu à Paris pour la retrouver, frappe à sa porte. 

Editions : Points – ISBN : 9 782757 856949 – Poche :       pages – Prix : 5,90 € 

Mon avis : Indiangay 

Dans ce livre l’auteur donne la parole à des exclus de la société,  tant dans leurs pays d’origine, que dans celui dans lequel ils se sont échoués, et où ils n’arrivent pas à trouver, ni à faire leur place. 

Tout d’abord c’est Zahia qui se raconte. Venue du Maroc il y a dix sept  ans, elle  habite le quartier Barbès à Paris et se prostitue pour faire vivre le reste de sa famille restée au pays. Toutefois,  n’étant plus de la première jeunesse, elle en est arrivée à pratiquer des tarifs défiants toute concurrence, et fait dans le « social » pour des clients peu fortunés.  Son ultime espoir de sortir de cette fange - et elle est prête à tout pour cela -  est d’épouser un de ses clients réguliers sri-lankais musulman propriétaire de plusieurs commerces. 

Elle a pour ami Aziz, algérien transsexuel, prostitué également, en attente d’effectuer une réassignation d’identité afin de devenir la femme qu’il s’est toujours  senti  être. Tous les deux rêvent, s’inventent des histoires et s’identifient aux héros des films indiens,  qu’ils se passent en boucle à longueur de soirée. 

Il y a aussi, Mojtaba, iranien  et réfugié politique errant dans  Paris,  qui suite à un malaise dû à l’épuisement est secouru par Zahia, qui  l’accueille chez elle, l’entretien, et en tombe amoureuse. Bonheur éphémère.  Leur histoire prends fin brutalement lorsque Mojtaba disparaît sans prévenir vers un autre pays d’asile ou un avenir serait possible. 

En toile de fond, il y a Zineb la sœur de Zahia disparu à l’âge de 16 ans au Maroc, sans laisser de trace. On apprendra à la fin du récit, qu’arrêtée par la police française lorsque le Maroc était encore sous Protectorat,  elle a été envoyée dans le quartier réservé du Bousbir, où elle est devenue « fille de réconfort» pour la soldatesque,  avant de s’engager auprès des autorités françaises,  pour suivre un soldat en Indochine ou la guerre faisait rage. 

Allal, ouvrier maçon marocain,  mais noir de peau,  amoureux transi  de Zahia  lorsque celle-ci  était encore une enfant ,  et dont la mère lui a refusé la main par haine de ces descendants d’esclaves  -  qui ayant appris ce que faisait pour vivre son ancien amour, décide de la retrouver à Paris pour lui faire payer ce déshonneur. 

Tous ces destins de pauvres, sont liés directement ou indirectement à l’histoire de France et à Paris - ville fantasmée,  de liberté, qui cristallise tous les espoirs des ressortissants des anciennes colonies ou Protectorat – nous sont livrés en vrac, avec un peu d’amertume, voire de ressentiments, me semble-t-il par Abdellah Taïa, qui en profite pour aborder divers problèmes, immigration, exploitation, islamisme, prostitution. 

Pour ma part, même si je comprends le message qu’a voulu faire passer l’auteur,  je n’y suis pas réellement sensible. Ces personnes sont  déjà marginales dans leur pays de par  leur pauvreté. Leur manière de vivre ne fait qu’accentuer cette marginalité.  De plus, le  racisme envers les noirs est bien réel dans les pays musulmans où l’esclavage perdure. La prostitution a toujours été un déshonneur peu importe le pays d’où l’on vient. Les transgenres ne sont tolérés (es) que dans un pays musulman (Iran) sauf erreur.  Les travailleurs quels qu’ils soient sont encore et malheureusement  souvent exploités (peu importe leur pays). Quant aux divergences politiques, elles affectent tous les pays où sévit une dictature. 

On ne peut toujours se retrancher sur le colonialisme ou l’après  colonialisme pour justifier le retard d’évolution d’un pays et justifier l’exil et la misère de ses ressortissants.  Si la non intégration provient  souvent du racisme, et là je suis d’accord. L’intégration vient, elle, d’une certaine force de caractère et de  la volonté de vouloir faire partie de la Société dans laquelle on évolue en se conformant à ses valeurs… ! 

Ceci dit j’aime beaucoup les écrits d’Abdellah Taïa qui sait donner la voix à une « minorité » magrhébine et souvent pauvre  que nous croisons avec une certaine indifférence, tous les jours,  et ce, autrement que pour des affaires d’intégrisme religieux

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14 février 2016

Le Silence des rails - Franck Balandier

 

le-silence-des-rails-644062-d256Quatrième de couverture :

Alsace 1942.

Parce qu'il est homosexuel, le jeune Etienne est envoyé dans l'unique camp de la mort installé en territoire français annexé.

Parce qu'il est homosexuel, il porte le triangle rose, insigne de son infamie, sur son pyjama de prisonnier.

S'il sort vivant et libre de cet enfer, personne ne le croira, c'est sûr.

 

Editions : Flamarion - ISBN : 978 2 9813 3053 5 - Broché : 212 pages, Prix : 12 euros

 

Mon avis : Volodia

Tout commence dans une gare, par une guerre qui finit, celle qu'on nommera la Grande Guerre, celle de 14-18 dont on espérera qu'elle sera la dernière des dernières, et des soldats qui reviennent du Front.

Puis, à l'intérieure de cette gare, une femme qui attend, et qui attendra un qui ne reviendra jamais. Enceinte, elle mourra dans la gare en mettant son bébé au monde, au milieu d'inconnus, un petit garçon.

L'enfant passera d'orphelinat en orphelinat. Puis viendront les premiers émois, solitaire, incestueux puisque qu'ils ne peuvent s'accomplir qu'en pensant à sa mère. Jusqu'au jour ou surpris par un surveillant pervers qui prendra cette jouissance à son compte.

A 18 ans, il est emmené par son amie Georgette sur les barricades du Front Populaire où il fait la connaissance de Jules qui lui fait prendre conscience de son inversion. Entraîné par lui dans des amours clandestines, ses aventures s'avèreront multiples et fugitives dans des endroits assez glauques de la capitale. Ce qui devait advenir fini par arriver et il se retrouvera "fiché" aux moeurs. Il ne sera libéré que par l'intervention de son amie Georgette qui l'épousera pour faire taire les rumeurs.

Le trio part en vacances pour les premiers congés payés. Tout à son bonheur, Etienne ne veut rien savoir, ne rien voir,  ni la débacle ni l'exode. Dans la ville occupée il est convoqué à la Kommandantur . Son épouse ? non il ne la pas revue. De conversation en interrogatoire et malgré une histoire servie d'avance il est relâché, bien que les fiches transmises le concernant ne leurs laissent aucun doute.

Malgré les risques, ils sont quelques ombres à glisser le long des rues désertes, à roder autour des vespasiennes. Les étreintes se font à la va vite entre deux patrouilles, le retour se fait par des chemins détournés. Un soir, alors qu'il est dans sa chambre et que les caresses ont à peine commencé, il est surpris par deux hommes en civil et 2 en uniforme. Ils ne sont pas là pour lui mais pour le juif qu'ils filaient depuis le canal. A peine le temps de se rhabiller et les voilà à Fresnes.  Lui finit par être embarqué le 22/07/1942 en fourgon à bestiaux à Rethau en Alsace au camps de Natzweiler - Struthof dans les Vosges Alsaciennes.

Six mois qu'il est interné, privilégié ou non il est affecté au service général du camp, ce qui est moins difficile que de travailler à l'extérieur, aux carrières. Affecté à la collecte des déjections, il passe une partie de la journée à charier des sauts d'immondices pour les déverser plus bas dans une fosse à la limite des barbelés. A force de transporter les déjections des détenus, il finit par en évaluer la densité, en déduire la fréquence, en apprécier la qualité, la rareté. Pourquoi la légéreté des sauts  annonce la mort ? Pourquoi la mort est-elle sèche de toutes ses absences ?

Ernst, son gardien personnel, fait preuve d'un peu d'humanité et lui offre des cigarettes. Il lui permet également de s'asseoir hors de vue du mirador, jusqu'au moment ou Ernst est fusillé pour avoir essayé de lui donner un vieux dictionnaire allemand-français afin de communiquer avec une petite fille qui a jeté son ballon derrière les barbelés. Remplacé par une Aufseherin,  d'une vingtaine d'années, surnommée Madame, formée pour être gardienne en camps de concentration, les relations sont plus que difficiles, teintées de séduction et de cruauté. On raconte qu'il faut être volontaire pour obtenir une affectation au Struthof, ainsi la hiérarchie s'assure d'une sévérité exemplaire envers les déportés. Les soldats eux-mêmes punis, éloignés de leurs proches, reportant leur haine et leurs frustrations sur les déportés.

Etienne malgré le dramatique de sa situation ne peut s'empêcher d'y voir une certaine beauté, faire de la poésie avec l'horreur : la faim, "...le rêve éveillé de nos dents, l'horrible va et vient de nos mâchoires à vide, nous dormons au pas de nos estomacs,  nous parlons à nos gencives mortes, qu'avons nous donc à croquer avec tant d'urgence, sinon nos propres langues...". Le froid, les seaux entassés sur la carriole, qui ressemblent à du lait à cause du givre sur le bord, et "...toute cette pisse gelée. Tu ressembles à de l'or en paillettes. Un sorbet au citron...."

Et puis, "....le souvenir criant et hagard d'une sentinelle qui me prend au hasard... " J'ai conscience qu'il m'aime de presque rien, de mon anus, de mes hémorroïdes mal soignées..." Je conçois qu'il est des mots qu'on ne traduit jamais.

Alors que les alliés approchent, Etienne est affecté à l'infirmerie, il y verrra tout ce qu'il ne devrait pas voir et que les allemands tenteront de faire disparaître. Pour finir par y devenir, lui aussi cobaye d'expériences toutes aussi douloureuses qu'inutiles. Lorsque les alliés arrivent, la porte du camp est grande ouverte. "...Etienne Lotaal est libre, triangle rose oublié ..."

Le 15 mai 1968, dans une autre gare,  il rencontre Arsène, jeune homme de 19 ans avec qui il fait connaissance puis, suite à son invite, le suit... Tout commence et tout finit dans une gare.

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui bien qu'une fiction s'inscrit dans un contexte historique réel.  Ce n'est pas un playdoyer larmoyant, ni militant, sur les déportés homosexuels. C'est la description d'une situation à une époque donnée. Contrairement à bien d'autres sur ce sujet, l'auteur de ce livre ne montre, ni ne dit directement l'horreur. Celle-ci est distillée parcimonieusement au fil des pages, et toujours avec une poésie qu'il semblait impossible à imaginer pour raconter l'indicible. A lire impérativement. 

 

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31 janvier 2016

Innocent Le Bartar - François-Xavier David

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Quatrième de couverture : 

« Le premier crime, celui de Marseille, était malheureusement passé comme presque tous les crimes. Un fait divers comme un autre. On ne parlait pas de crime homophobe. Pas encore, en tous les cas. Moi-m^me je ne l’avais pas trop remarqué, si ce n’était cette étrange réaction qui m’avait conduit à l’hôpital. 

La seconde fois, c’était l’étonnement d’un second crime commis dans les mêmes conditions, mais il passait également comme un crime odieux, ou plutôt comme un réplique faite par une personne qui avait certainement lu le premier petit article dans une colonne de la presse locale lyonnaise. Un abominable recommencement.

 Ce n’était qu’au moment du crime de Sochaux que les choses changeaient, non seulement pour nous, mais je pense aussi pour tout le monde. Il y avait beaucoup trop de similitudes. Ce qui mettait un point en évidence, c’était ces kilomètres entre les villes touchées, toujours dans les trois cents kilomètres ».

L'histoire :

Après un attentat en zone de guerre, un militaire français gay s’installe à Dontreix dans la Creuse. Un meurtre sordide survenu à Marseille le fait réagit, une indéfinissable intuition le persuade que le tueur figure sur la photo d’un journal.

Alors qu’il essayait de reconstruire sa vie, le voilà bientôt lancé aux trousses d’un insatiable tueur en série…Une enquête originale qui vient combattre l’homophobie, des préjugés quotidiens à la haine la plus féroce. Un mélange des genres surprenant et efficace.

Editions : Société des Ecrivains  - ISBN : 9 782342 042962 – Broché 299 pages  - Prix : 20,95 €

Mon ressenti : Indiangay

A la lecture d’un livre on sent tout de suite s’il va nous plaire ou pas.  Celui-ci m’a été fort agréable à lire. Fort bien écrit. L’auteur y a mis beaucoup de sa personne, et a également pensé au confort du lecteur en faisant figurer en bas de page des explications sur les termes employés, sur les régions évoquées, et en mentionnant en fin de livre, un récapitulatif des personnages avec leur qualité. 

Tous les personnages du livre sont fort attachants et mènent la vie du commun des mortels. Aucune exubérance  et l’auteur bien qu’évoquant des crimes ayant tous pour victimes des homosexuels, nous épargne les clichés et les turpitudes liés à cette sensibilité, idem les répétitions des supplices infligés aux malheureux. 

François-Xavier David se livre peut être plus qu’il n’aurait voulu, on y retrouve sa passion pour la généalogie familiale, le  rejet de la société  pour tout ce qui est différent avec un plaidoyer  du vivre et laisser vivre, le harcèlement dans le travail avec son rejet de l’injustice, et bien évidemment l’amour, mais pas l’amour que l’on qualifie de guimauve, non, l’amour sincère, honnête et droit, qui donne envie de faire des projets d’avenir. 

Petit bémol, au début du livre je n’ai pas réellement compris en quoi tous ces crimes, même atroces, pouvaient si sérieusement inquiéter nos deux amis, Innocent et Pier. Mais cette interrogation trouve son aboutissement au dénouement de l’intrigue, fort bien menée et qui nous tient en haleine du début à la fin. Tous les acteurs et les éléments de ce roman s’imbriquent sans fausse note dans le récit. 

De même, j’ai trouvé un peu « bisounours »  l’acceptation directe par les proches de l’homosexualité de nos deux héros, car dans la vie réelle, l’acceptation sinon la compréhension reste  assez aléatoire….mais bon, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre ! Il peut être mis dans toutes les mains. Pas de vulgarité, de pornographie, de propos scabreux, ni de violences gratuites. 

Du même auteur : « Nous irons ensemble » lien :

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2013/12/20/28706369.html

Il est regrettable que les œuvres de  François-Xavier DAVID ne soient pas mieux diffusées et/ou mises en valeur par les maisons d’éditions et les librairies lgbt….

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30 novembre 2015

Ce sont amis que vent emporte - Yves Navarre

21270379_1406150Quatrième de couverture :

"Ce n'est pas ici l'histoire d'une mort mais celle de notre vie, une histoire comme toutes les autres histoires, jamais la même, toujours la même histoire d'amour et de son cours, flux et flonflons.Il y avait du régal dans mon regard et dans le sien, également, à égalité, quand agrippé à la rampe il a difficilement emprunté l'escalier.

Autrefois il aurait dit, en arrivant en bas, comme une meneuse de revue couverte de strass, "l'ai-je bien descendu ?" Là, il vient de plonger dans mes bras, étais-ce un cri ou un rire, que voulait-il dire ?, un mot s'était bloqué dans sa gorge. Il a répété, "ça va, laisse-moi". Petit à petit il s'est détaché de moi, assurant chacun de ses pas, levant douloureusement les bras pour l'équilibre du funambule. Ma musique le tenait debout".

S'il est question de perte, de maladie et de mort, Ce sont amis que vent emporte ne peut être réduit à cette seule dimension, tant la force de l'amour et le pouvoir de l'art y occupent aussi une place de choix. Ce clair-obscur inattndu dans un texte consacré à la mort fait de de ce roman l'un des plus beaux et certainement l'un des plus émouvants qu'yves Navarre ait écrits. 

Editions : H&O - ISBN : 978 2 84547 191 7 - Poche - Prix 6,90 EUROS. 

Mon avis : Volodia

Dans ce livre Yves Navarre restitue avec toute la délicatesse et la sensibilité qui étaient siennes une histoire d’amour de 20 ans, interrompue par la maladie puis, par la mort.

 Il met en scène deux hommes, un couple homosexuel, dont l’un Roch est sculpteur, l’autre David est danseur. Tous les deux sont malades, le nom de la maladie n’est jamais nommée, c'est au fil des des pages qu'on devine de laquelle il s’agit.

Les deux hommes vivent cloîtrés dans leur appartement. Depuis que David est entré en phase terminale. Ils se sont isolés de leurs collègues, relations, amis et familles et ce, bien que ceux-ci se soient montrés compréhensifs. Ils ont décidé d’arrêter les traitements médicaux et dans ce huit clos Roch va se consacrer totalement à David. Pendant les sept jours qui vont précéder sa mort, Roch décrira dans son journal, la longue agonie de son ami. Il le lave, le couche, l’enlace, lui brosse les dent, met en place un ingénieux système pour lui éviter de tomber dans les toilettes et lui épargner  l’humiliation de la déchéance physique.

 Les deux hommes ne travaillant plus, s’ajoute à la difficulté de leur existence, les soucis financiers. Tout ce qui est bien, va à David, lui il se débrouillera. Roch meurt 3 mois après David et c’est son médecin qui reprendra son journal.

La maladie vient à sublimer l’amour que se porte ces deux hommes.  Une magnifique ode à l’amour et à la vie. Je recommande ce livre à tous ceux pour qui l'amour entre deux hommes ne se résume pas qu'à une histoire de culs et contrairement à ce que l'on pourrait penser au regard du récit, ce n'est pas un livre triste. 

 

YVES NAVARRE

A propos de l'auteur :

Yves Navarre est né à Condom  dans le Gers, en 1940. Il est mort à Paris le 24.01.1994.

Ecrivain et homosexuel il s'est toujours défendu d'être d'abord écrivain et ensuite homosexuel et non pas un écrivain homosexuel.

On lui doit de nombreux romans et pièces de théâtre, dont le petit galopin de nos corps, le jardin d'acclimatation (Prix Goncourt 1980) ou Kurwenal ou la part des êtres, tous trois récemment réédités par H&0. 

Posté par chezVolodia à 20:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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