01 octobre 2009

A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie de Hervé Guibert

A_l_ami__2___282x475_J'ai eu le sida pendant trois mois. Plus exactement, j'ai cru pendant trois mois que j'étais condamné par cette maladie mortelle qu'on appelle le sida. Or je ne me faisais pas d'idée, j'étais réellement atteint, le test qui s'était avéré positif en témoignait, ainsi que des analyses qui avaient démontré que mon sang amorçait un processus de faillite.

Mais, au bout de trois mois, un hasard extraordinaire me fit croire, et me donna quasiment l'assurance que je pourrais échapper à cette maladie que tout le monde donnait encore pour incurable. De même que je n'avais avoué à personne, sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main, que j'étais condamné, je n'avouai à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorale.

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26 septembre 2009

Hervé Guibert - Le jeune homme et la mort

P1040156Quand Hervé Guibert meurt le 27 décembre 1991, à l'âge de trente six ans, il est déjà une légende.

Sait-on qui se cache sous l'homme au chapeau rouge ? Sous le masque de l'enfant terrible qui met en scène les plus inavouables de ses fantasmes ? est-il seulement un autobiographe qui utilise sans complaisance ses amis et leurs secrets, le sida comme la peur de mourir ?

De La Rochelle, où il fut élevé, à l'Ile dElbe, de l'exotisme des voyages à la fièvre des années-Palace, Francois Buot reconstitue un destin. On découvre Hervé Guibert, journaliste, photographe, voyageur, séducteur, hommme marié, ami de Michel Foucault, de Roland Barthe, de Zouc, d'Isabelle Adjani, d'Henri Cartier Bresson, scénariste de Patrice Chéreau. On le suit, au plus près, des premiers textes érotiques comme Les Chiens, jusqu'aux livres pudiques et impudiques, impitoyables de lucidité, où il s'expose en pleine lumière.

La première biographie d'Hervé Guibert en révèle toutes les contradictions. Son envie de vivre. Sa course à la mort. Sa passion de la vérité.

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24 septembre 2009

La Symphonie des adieux de Edmund White

La_symphonie_des_adieuxLa Symphonie des adieux est l'histoire d'un homme qui a vu la plupart de ses amis quitter avant lui la scène de sa vie. Le jour où il célèbre le sixième mois anniversaire de la mort de son amant, il effectue le voyage du souvenir qui le ramène vers ses difficultés d'autrefois à devenir écrivain et la découverte du sens de son homosexualité;

Sa narration pleine d'esprit, menée sur le ton de la conversation, nous transporte des années soixante jusqu'à nos jours, des scènes érotiques les plus crues dans les back-rooms des clubs new-yorkais jusqu'à des épisodes d'une franche hilarité dans certains salons parisiens ou, encore des moments intenses de vérité familiales dans le Midwest américain.

L'incroyable variété des amis et relations qui rencontrent ou accompagnent le narrateur constitue peu à peu le ciment du récit et lui insuffle une force inouîe, emportée par les sentiments vrais que sont l'amitié, l'amour et la perte de l'être aimé.

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19 septembre 2009

Dorian de Wil Self

 

 

 



Histoire :

Henry Wotton est un dandy qui use et abuse de tous les plaisirs illicites : sexe, drogue, alcool, et bons mots. Dans le studio de son ami (et ex-amant) Basil Hallward, vidéaste très en vogue, il rencontre Dorian Gray, un jeune homme d'une grande beauté. Il se propose de l'initier à toute une vie de débauche...
Dorian se laisse tenter, tout en faisant le voeu de garder la fraîcheur et l'innocence de la jeunesse. Mais il y a le sida et ses ravages...

Dorian est le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde transposé une siècle plus tard. Wil racontait la déchéance du XIX siècle finissant, Will Self, lui, raconte la lente dérive du Londres décadent des années 80 et 90. Dans ces variations sur un mythe, il dépeint, avec le cynisme et l'humour qu'on lui connaît, une fin de siècle désormais révolue.

Mon Avis :

C'est bien particulier, mais c'est un très bon livre. Pour les personnes qui ne connaissent pas le milieu gay et en particulier cuir et autres, hum ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Mais il reflète bien une époque pas si lointaine et qui refait surface. Car les drogues sont devenues plus courantes, moins chères, certains sont avides de nouvelles sensations et prêts à toutes les folies d'autant que de nouveaux traitements contre le VIH ont vu le jour avec un certain succès.

Pour ce qui est des boites cuirs et des backs room, la France à ce qu'il faut même si en 80 certaines boites ont été fermées pour diverses causes : drogues, mineurs, débauches en tout genre. Exemple les boites de la rue Saint Anne dont la plupart appartenaient à Roger Peyrefitte, oui oui celui-là même, l'écrivain. D'autres comme La Mendigotte ou il y a eu des accidents décès par overdoses ...

Ce genre de boites est très particulier ainsi que ceux qui les fréquentent. Beaucoup prennent sciemment le risque de ne pas porter de préservatif, ça fait partie du risque lié à chaque rencontre, ça lui rajoute du piment. A l'inverse de la femme, l'homme peut avoir du sexe pour du sexe, sans avoir besoin d'aimer la personne.

Ce livre est intéressant car il met en scène une fiction avec des éléments d'histoires réelles.

 

 

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Les mauvais anges de Eric Jourdan

 

 



Publié en 1955, interdit très vite, les Mauvais Anges traîneront pendant de longues années (30ans !), la malédiction d'une décision prise à l'époque par la fameuse Commission du Livre, entraînée par l'abbé Pihan, naturellement très averti, sans doute, de ces "amours particulières".

Ce que nous soulignerons surtout, c'est à quel point ce court roman de la folle passion de deux très jeunes hommes garde, aujourd'hui que la "littérature homosexuelle" se perd dans le réalisme le plus plat, le plus répétitif, le plus gratuit, une aura de trouble infini qui va droit au coeur, même de ceux qui sont le plus étrangers à cet entraînement amoureux.

 

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Lettre à Missy - Colette

 

 

Texte établi et présenté pr Samia Bordji et Frédéric Maget.

elles se sont tant aimées : Missy, marquise
 de Morny, qui se fait appeler oncle Max et scandalise la Belle Epoque pr ses amours féminines et ses tenues d'homme ; et Colette, son "enfant insupportable", résolue à vivre au grand jour une liaison qui défraie la chronique. Les succès à la scène, les longues tournées en province, les moments de découragement, l'ininimité grandissante vec Willy - le mari de Colette -, les scandales, les difficultés d'argent : pendant six ans, leur amour leur permet de tout vivre, tout affronter, tout partager. De cette intimité, de cet abandon si singulier dans la vie de Colette, leur extraordinaire correspondance, publiée ici pour la première fois se fait l'écho, montrant une Colette inquiète, rieuse, vulnérable et tendre, corps et âme attachée à celle dont elle disait : "Quand on a rencontré une amie comme la mienne, on a atteint le bout de sa vie, le bout d'une impasse bienheureuse et fermée où l'on se couche posée jusqu'à la mort".

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The complete kake comics Tom Finland chez Taschen



Attention : Livre interdit au moins de 18 ans et à ne mettre dans les mains que de personnes averties.

Tom Finland de son vrai nom Touko Laaksonen est né en 1920 en Finlande. Très tôt, il a pris conscience de son attirance pour les hommes. Obligé de dissimuler car à l'époque l'homosexualité était passible d'emprisonnement, Il trouva dans le dessin une échappatoire capitale. Il réalisait des bandes dessinées qui exprimaient ses goûts personnels, phantasmes d'une sexualité virile entre hommes représentant de solides gaillards avec une préférence certaines pour des idéaux masculins : Ouvriers du bâtiment, bucherons, policiers, marins, motards avec une fascination pour les blousons, les jodhpurs et les
bottes de cuir.

Mon avis :

J'ai offert ce livre à mon ami car J'étais sûr qu'il aimait le coup de crayon de cet artiste qui représentait ce que l'on pourrait appeler les canons de la beauté gay, en fait : des hommes caricaturés et bodybuldés, au sexe hypertrophié et mettant en scène des situations qui dans la vraie vie peuvent se révèler dramatiques et qui dans ce livre sont traitées de façon comique.

Les dessins sont superbes et pour pornographiques qu'ils soient on ne peut s'en choquer tellement ils sont beaux et qu'une invitation aux plaisirs de la chair et de la vie sont présents dans chacune de ces pages.  

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Dream Boy de Jim Grimley

 

 

 



Un premier amour est toujours une aventure merveilleuse et compliquée et, lorsqu'on vit dans le sud d'une Amérique rurale et religieuse et qu'on aime un autre garçon, les choses deviennent extrêmement difficiles.
Natan est un garçon intelligent, balloté par les constants déménagement d'une famille sur laquelle règne le despotisme d'un père alcoolique et religieux. Il cache le terrible secret de la terreur que lui inspire son père.
Nathan et Roy s'aiment mais ne savent pas encore tout dissimuler et ils se trouvent aux prises avec la bêtise et la violence impitoyables des autres garçons. Seule la fuite pourra les sauver

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Ainsi soient-ils de Neil Bartlett

 

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Quatrième de couverture :

A trois heures du matin, au son d'un slow joué au piano, sous un plafond scintillant d'étoiles artificielles, dans le coin le plus sombre d'un bar et sous le regard de tous, deux amants tombent dans les bras l'un de l'autre...
L'un est plus âgé et plus sage. L'autre n'a que 19 ans. Des premiers baisers à la proclamation des bans, du mariage
à l'axte d'amour et à la fondation d'une famille, tout dans cette histoire est à sa place habituelle. Sauf que ce mariage est un mariage entre hommes.

C'est dans une langue hypnotique et musicale, avec un goût rare pour le détail baroque, que Neil Bartlett conte cette fable érotique et morale peuplée de personages énigmatiques, cette histoire d'amour fou empreinte de crudité parfois, de romantisme souvent, mais aussi d'une compassion admirable.

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7427 7783 9 - Poche :388 pages - Prix : 9,50 € 

 

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Le livre coup de poing d'un trans ftm

 

 


Par Marie Kirschen mardi 03 mars 2009, à 04h48 - article prue dans Têtu
Axel Léotard est née fille, il nous raconte dans son premier récit en partie autobiographique sa renaissance comme garçon. Dans quelques jours, vous le retrouverez en interview sur tetue.com.
Mauvais Genre, le premier livre d'Axel Léotard, vient de paraître. A travers ce récit, le photographe trans FTM (female to male) nous raconte l'histoire d'une femme qui ne s'est jamais reconnue dans le sexe féminin que la nature lui a attribué à sa naissance. C'est l'histoire de l'homme qu'elle deviendra, d'une longue gestation et d'une auto-naissance dans une société qui laisse peu de place aux différences.
Mauvais Genre d'Axel Léotard, publié aux éditions Hugo & Cie, 168 pages, 16 eurosPar Marie Kirschen mardi 10 mars 2009, à 16h20 - article paru dans le magazine Têtu.

 


Photographe, travailleur social, et auteur, Axel Léotard signe «Mauvais Genre», un premier roman réussi sur les questions trans. Et dresse un état des lieux accablant de la prise en charge française des transgenres et transsexuelles.

C'est l'histoire d'une femme qui ne s'est jamais sentie de sexe féminin, et qui deviendra homme. Mauvais Genre est le récit de sa renaissance : le choix de la transition, les hormones, les opérations, les structures associatives... Jusqu'à devenir Gabriel

A travers ce personnage-fil rouge, Axel Léotard nous offre un beau portrait de la communauté trans. Militant résolu, c'est à lui que l'on doit les trois minutes de silence de la Marche des fiertés qui, chaque année, rendent hommage aux malades du sida. Il réussit cette fois la prouesse de signer un texte qui se lit comme un roman. Mais qui nous donne à voir comme un très bon documentaire, dont on sortirait plus riche et plus instruit. On suit Gabriel à travers son univers sans une seule fois avoir envie de refermer le livre.

Mauvais genre est un récit, et non pas une autobiographie. Pourtant tu possèdes beaucoup de points communs avec Gabriel, le personnage principal : tu es trans, photographe, tu as commencé ta transition à 33 ans... Oui, dans une certaine mesure, c'est mon histoire. Fiction et réalité sont mêlées, mais tout n'est pas autobiographique. Je voulais avant tout présenter la communauté trans, le monde de la prostitution au bois de Boulogne, les trans françaises bien intégrées...

Qu'est-ce qui change quand on passe de femme à homme? Quand tu deviens un homme, d'un seul coup tout est plus facile! Obtenir un travail, un poste à responsabilité... Si tu affirmes quelque chose, ta légitimité est plus importante que si tu étais une femme. Y compris pour des femmes. Ce parcours m'a donc rendu encore plus féministe!

Pourquoi avoir écrit ce livre? J'ai lu tous les bouquins parus en France sur la question trans, mais il manquait certains éléments. Par exemple, je n'ai pas vu de livres qui parlent de la stérilisation forcée imposée aux trans. Pour obtenir son changement d'état civil, un homme qui devient femme doit obligatoirement subir une vaginoplastie, alors que tous ne veulent pas de cette opération. Dans le cas d'une fille qui transitionne vers le genre masculin, la phalloplastie n'est pas obligatoire -pour la simple et bonne raison que les chirurgiens français ne savent pas la faire! Mais on lui enlèvera l'utérus, les trompes et les ovaires. Environs 150 grammes d'organes. Je trouvais très important qu'un hétéro de base puisse lire ça.

Tu écris donc avant tout pour le grand public? Je crois qu'il faut tout dire et qu'il faut tout mettre à la portée du plus grand nombre. Ce qui m'intéresse c'est que monsieur et madame Tout-le-monde lisent ce livre, et pas comme quelque chose de spectaculaire ou de sulfureux. Je voulais qu'ils puissent s'imaginer que Gabriel soit leur voisin. Ou leur fils! Et si c'était leur fils, qu'ils se demandent s'ils auraient pu accepter que la société le traite de cette façon.

Tu abordes également la question du VIH dans la communauté trans. Les trans sont la catégorie de population la plus touchée par le VIH. Le taux de séroprévalence est de 1 sur 2 parmi les trans, et de 8 sur 10 dans la communauté des trans prostituées précaires. Paradoxalement, c'est une population pour laquelle il n'y a eu aucune campagne de prévention, et aucune étude épidémiologique. Tout est fait comme si nous n'existions pas. Par contre, il existe un protocole de prise en charge à l'hôpital public, qui est particulièrement violent.

Dans Mauvais genre, tu montres ce protocole à l'hôpital, mais aussi un parcours de prise en charge d'une personne trans dans le secteur privé. Le système médical est-il à deux vitesses?
Oui, on a un système privé qui essaye grosso modo de se coller aux standards actuels de la WPATH, l'Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres, qui demande 3 mois de suivi psy maximum. Et un hôpital public qui est une véritable boucherie, et dont beaucoup de trans sortent broyés. Là, il y a deux ans de suivi psychiatrique. Et c'est seulement au bout de cette très longue période que le psy va essayer de déterminer si le patient est bien trans, pour lui donner une hormonothérapie. Pourtant, quand un crime est commis, l'expertise psy ne prend que de 1 à 3 mois...

Alors, que faudrait-il changer? Dans l'idéal, la consultation psychiatrique ne devrait pas durer plus de 3 mois. L'hormonothérapie devrait être possible avec, au cours de celle-ci, un changement d'état civil. Et il faut arrêter les stérilisations, ou les réassignations sexuelles obligatoires. Ce sont des pratiques dignes des camps de la Seconde Guerre mondiale.

 

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