18 juillet 2012

Folles de France - Repenser l’homosexualité masculine - Jean-Yves le Talec

Folles de France

De Zaza Napoli à Priscilla, dans les bars du Marais ou à la Gay Pride, la folle fait partie de notre paysage culturel. Exubérante, provocante, flamboyante, cette figure hyper visible se tient pourtant dans l’ombre de l’homosexualité masculine française et brille par son absence dans le discours des sciences sociales françaises. Seul affleure l’archétype folklorique de l’homme efféminé marqué du double stigmate de l’inversion et de l’extravagance.

L’ambition du livre de Jean-Yves Le Talec est d’ouvrir ces oubliettes. Refusant de considérer les folles comme les accessoires d’une homosexualité prétendument « sérieuse », il a choisi de les replacer au centre d’une histoire des représentations de l’homosexualité en France. Il montre ainsi que les folles occupent depuis longtemps un espace sociale à travers une sous-culture spécifique, le camp. Cet art de l’apparence est en pratique une forme de lien et de langage social, de résistance et de stratégie politique. L’émergence du mouvement homosexuel, puis son implication dans la lutte contre le sida, apparaissent dès lors comme une succession d’appropriations et de transformations de cette figure de la folle : un zazou sous l’occupation, une folle de Saint Germain des Prés, une Gazoline du Front homosexuel d’action révolutionnaire ou une Pom Pm Girl d’Ac Up s’inscrivent ainsi dans une même histoire de la follie.

Ce parcours, depuis les année 1930 jusqu’à nos jours, redonne aux folles une vraie place au sein du mouvement homosexuel, de son histoire mais aussi de son actualité, et permet de penser sous un nouveau jour les liens entre sexe, genre et sexualité.

Editions : La Découverte - ISBN : 978 2 7071 5257 2 - Broché 314 pages - Prix : 22 euros.

Le talec

A propos de l’auteur :

Né en 1958, Jean-Yves Le Talec est sociologue,. Journaliste de 1984 à 1992, rédacteur en chef de Gay Pied Hebdo en 1992, il fut responsable des éditions à Aides de 1993 à 1995. Chargé de cours et chercheur à l’université de Toulouse Le Mirail, il poursuit des travaux sur la sexualité et la santé depuis une dizaine d’années. Il a également cofondé en 1990 le mouvement des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en France. 

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Mauvais genre ? Une histoire des représentations de l’homosexualité - Florence Tamagne

 9782846750059

L’histoire de l’homosexualité est traversée de non-dits, censures, tabous et autres détournements. Taire et cacher ont longtemps été les maîtres mots d’une sexualités honteuse et condamnée. D’où l’intérêt de relater cette histoire en la montrant, en convoquant les images et les représentations qui l’ont accompagnée, nourrie, modifiée, interrogée. Mais comme toujours, l’histoire n’est pas d’un seul tenant et les différentes périodes donnent lieu à des figurations contrastées.

Ainsi par exemple, la fin du XIXème siècle s’impose-t-elle comme un tournant majeur, avec des caricatures auxquelles les homosexuels contre toute attente, s’identifient. C’est aussi à cette époque-là que l’art symboliste et décadent crée de nouvelles postures. Non loin de là, les points de vue changent ; l’invisible accède à la visibilité ; les homosexuels ne se contentent plus de recevoir les images qu’on se fait d’eux mais les produisent.

Florence Tamagne entreprend cette vaste et inédite exploration du XVème siècle à nos jours en revisitant la peinture - de Jérôme Bosch à Dereck Jarman en passant par Albert Moore et David Hockney - la photo, la presse et le cinéma. Eruditions, pertinence et vivacité : telles sont les qualités d’un ouvrage qui passionnera tous les publics.

Editions : Ed-LM - ISBN : 9 782846 750059 - Broché 255 pages - Prix 22,71 euros. 

Florence Tamagne

A propos de l'auteure :

Florence Tamagne est née en 1970. Elle est historienne, spécialiste culturelle du genre, de l'homosexualité et de ses représentations. Diplomée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Maître de conférence à l'Université de Lille III Charles de Gaulle. Sa thèse de doctorat, une étude comparative sur l’homosexualité féminine et masculine durant l’entre-deux guerres a été la première thèse française d’histoire contemporaine sur l’homosexualité. (wikipédia)

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13 juillet 2012

Tricks - Renaud Camus

9782867441332

Quatrième de couverture :

Ceci n'est pas un livre pornographique. Ni exploitation commerciale du sexe, ni tentative de titillation du lecteur : ratages et demi-fiascos, contingences et ridicules sont relatés au même titre que les plaisirs les plus heureusement partagés. Nulle prouesse.

Ceci n'est pas un livre érotique. L'art du narrateur, si art il y a, ne consiste pas en un effort pour rendre plus poétique le récit, plus culturel, plus relevé ni, partant, plus acceptable socialement. Pas d'esthétisme.

Ceci n'est pas un livre scientifique, certes, pas même un document sociologique. Les épisodes rapportés ne doivent leur agencement qu'au hasard, ou aux déterminations les plus subjectives.

Ce livre essaie de dire la sexualité, en l'occurrence l'homosexualité comme si ce combat-là était déjà gagné, et résolu les problèmes que pose un tel projet : tranquillement.

Editions : P.O.L. - ISBN : 2 86744 133 1 - Broché 474 pages - Prix : 140 Frs (à l'époque).

 

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12 juillet 2012

Sida 2.0 - Didier Lestrade & Gilles Pialoux

9782265094529FSQuatrième de couverture : 

Le Sida a eu 30 ans en 2011. Mais le sida a changé. L'épidémie a changé. Depuis son évocation dans les journaux en 1981, la pandémie que l'on a commencé par appeler "le cancer gay" est devenue l'objet de tous les fantasmes, de toutes les craintes mais aussi de toutes les luttes de part le monde, qu'elles soient homo ou hétérosexuelles, scientifiques, amoureuses ou militantes.

Il est déjà difficile de réaliser que trois décennies se sont écoulées depuis les premiers cas d'une maladie alors inconnue. Malgré les nouvelles découvertes à son sujet, de nombreux clichés subsistent, parfois même parmi ceux qui sont les mieux informés, ceux qui sont directement concernés. En 30 ans, le sida a su provoquer une révolution médicale sans précédent dans les relations entre la recherche et les malades, entre les médecins et les patients, entre les médias et le bénévolat associatif.

Il est temps de raconter son histoire. Ses histoires. A travers leurs témoignages croisés, les auteurs questionnent notre responsabilité, individuelle et étatique et nous invitent à nous servir au mieux des nouveaux outils mis à notre disposition pour enrayer la maladie.

Editions : Fleuvenoir - ISBN : 978 2 265 09452 9 - Broché - Prix : 19,20 euros

  lestrade et pialoux

 A propos des auteurs :

Didier Lestrade (à gauche) est militant, journaliste et écrivain.

Gilles Pialoux (à droite) est clinicien-chercheur et chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris

 

 

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17 juin 2012

Un garçon parfait - Alain-Claude Sulzer

Un_gar_on_parfait Quatrième de couverture :

Ernest travaille dans le restaurant d'un palace à Giessbach en Suisse. C'est un garçon parfait, aussi strict dans le travail que dans la vie. Mais cette dignité imperturbarble cache la blessure jamais guérie de la violente passion qu'il a connue pour Jacob, un garçon parfait comme lui, Jacob qui l'a abandonné pour suivre en Amérique Julius Klinger. Le grand écrivain allemand.

C'était après 1933, dans ces années troublées où beaucoup de clients, fuyant l'Allemagne nazie, venaient trouver refuge, avant les rigueurs de l'exil, dans ce luxeux hôtel qui avait si souvent abrité leurs insouciantes villégiatures. Mais rien n'était plus pareil, une peur obscure hantait désormais ces salons trop rassurants. Il faudra la fin de la guerre et le retour d'exil de Klinger pour que s'affrontent deux mémoires dans l'ultime combat d'une rivalité amoureuse.

Tissant avec une subtile retenue les fils des drames intimes et ceux de la tragédie historique, orchestrant crescendo la tension dramatique, Sulzer a composé un roman bouleversant sur l'amour bafoué, la trahison et l'impossibilité de l'oubli.

Editions : Babel - ISBN : 978 2 330 00660 0 - Poche 237 pages - prix : 7,70 euros

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre qui décrit sans trop appuyer la montée du nazisme en 36, l'afflux de régugiés, dans cet hôtel suisse, désuet mais resté luxueux, qui espèrent que les troubles cesseront mais qui dans leur fort intérieur savent que la guerre est proche. - la description des relations sociales et sexuelles.

Nous découvront au fur et à mesure de notre lecture, nous découvrons ce qu'est la vie d'Ernest : "un garçon parfait", efficace, discret, attentif, mesuré, faisant preuve d'empathie, prévenant avec les voyageurs, sachant entamer une conversation, mais également y mettre fin. On le sent seul, renfermé, personne ne connaît rien de sa vie et du reste n'oserait l'interroger. Celle-ci est parfois "écornée" par une étreinte derrière un buisson.

L'arrivée de Jacob, apprenti serveur, qu'Ernest va former en "garçon parfait" va bouleverser son existence. Ils vont vivre ensemble une relation passionnée jusqu'au moment ou, ambitieux et prêt à tout, Jacob va l'abandonner pour suivre un autre homme, beaucoup plus âgé, plus riche, aux Etats-Unis.

Ce n'est que 30 ans plus tard, en 1966, qu'Ernest reçoit un courrier de Jacob, qu'il suppose avec raison être une demande d'aide.et qui rouvrira ses blessures (soumission au désir, violence et mélancolie). voulant malgré toutes ses humiliations aider Jacob, Ernest trouvera la force de caractère pour trouver les réponses mettant ainsi une fin sur cette histoire....

 

sulzer

A propos de l'auteur :

Alain-Claude Sulzer  est né en 1953 à Riehen, près de Bâle, où il vit. Après une formation de bibliothécaire, il travaille comme Journaliste. Il commence à écrire en 1980.

Les Editions Jacqueline Chambon ont publié Un garçon parfait (2008, prix Schiller en Suisse, prix Médicis étranger, prix de la Radio suisse romande), Leçons particulières (2009) et Une autre époque (2011)).

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11 juin 2012

Elle ou lui ? - Une histoire des transsexuels en France - Maxime Foerster

9782842714000L'histoire des transsexuels en France est à la croisée de plusieurs chemins.

Celui, tout d'abord, d'hommes et de femmes ne se reconnaissant pas dans leur sexe de naissance et qui, grâce à l'activisme de certains chirurgiens et aux progrès de la médecine, purent choisir le corps qui correspondait à leur véritable identité. Celui aussi de personnalités issues de la société civile ou du monde de la nuit, ainsi que des politiques et des religieux qui, chacun à leur manière, ont contribué à sortir la transsexualité de la marginalité et à exiger son respect.

Tout au long du 20ème siècle, la question transsexuelle n'aura eu de cesse d'occuper l'espace public, remettant en cause la conception même de genre. Ce livre raconte le parcours des pionnières (Michel-Marie Poulain, Marie-André Schwidenhammer), la naissance d'une culture cabaret transgenre, sous l'égide de Coccinelle , et les débus du militantisme. L'auteur nous fait entendre la voix de celles et ceux qui sont allés au bout de leurs questionnements identitaires et ont offert un visage et une légitimité à leur cause.

Au-delà de son intérêt historique, ce texte, illustré de nombreux documents, permet de comprendre les enjeux du transsexualisme et de la lutte contre la transphobie.

Editions : La Musardine - ISBN : 978 2 842271 400 0 - 215 pages - Prix : 16 euros.

 Mon avis : Indiangay

Cette histoire de la transsexualité est complexe, car souvent confondue avec le travestissement et l’homosexualité et donc réprimée comme tels par la police, les politiques et le médical, qui ne voyant souvent là qu’un désordre psychologique.

Ce qui est intéressant à découvrir, pour ceux qui ne connaissent pas ce milieu, se sont les rapports productifs, mais parfois souvent conflictuels entre les gays, lesbiennes et les transsexuels (lles).

Comment un militantisme assez minoritaire a su et pu imposer ses revendications aux mouvements gays et lesbiens, et à présent, directement eux-mêmes ?

Par ailleurs, les parcours individuels de ceux et celles qui ont marqué la voie sont émouvants, et à bien des titres exceptionnels, par le courage tant psychologique que physique qu’ils/elles ont montré envers une société qui ne les comprenait pas et donc niait leur existence. 

moi_couv1A propos de l'auteur :

Maxime Foerster, docteur es lettres, est l'auteur de la Différence des sexes à l'épreuve de la République, Penser le désir. A propos de ené Schérer et l'Art d'être odieux nouveaux essais sur le dandysme (Vous pourrez retrouver les référence et notre avis sur ce dernier ouvrage sur notre blog littérature générale Adygha .http://adighee.canalblog.com/archives/2011/07/14/21605381.html

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Pourquoi les gays sont passés à droite

9782021050370_mainQuatrième de couverture :

Les gays sont depuis longtemps comme une minorité engagée à gauche, tolérante et progressiste. 

Figure éminante et dérangeante de la communauté gay, Didier Lestrade affirme que ce n'est plus le cas. Il montre que le racisme gagne du terrain chez les gays, en France mais aussi en Europe. on oublie ainsi souvent de Pim Fortuyn le leader de l'extrême droite aux Pays-Bas, était ouvertement gay. Et à la différence de son père, Marine Le Pen s'est bien décidée à "draguer" les homosexuels qui, parfois, se laissent séduire par son discours.

Mais ce n'est pas tout. La France découvre l'égoïsme et l'absence de scrupules de certaines personnalités gays dont les "frasques" sont révélées à l'opinion publique. Pour Didier Lestrade, cette élite gay (souvent au "placard"), obsédée par ses privilèges, son prestige et son argent, témoigne aussi de la droitisation des gays, symptôme d'un individualisme et d'un consumérisme forcenés qui gagnent la communauté.

Editions : Seuil - ISBN : 9 78 2 02 105037 0 - Poche : 141 pages - prix : 14,50 euros.

Mon avis : Volodia

A la lecture de ce livre, on sent le militant pur et dur, qui ne transige pas avec ce qu'il pense être la réalité, sa réalité, même si parfois il en prend à son aise.

Didier Lestrade, est un homme de terrain, qui défend ses idées au-delà du boutisme et par conséquent son livre ne peut laisser indifférent. Il est "entier" et n'a pas peur des mots et de ce qu'il avance. Ces "haines" sont sincères même si parfois elles me semblent injustifiées, comme ces propos injustes et déplacés envers Frédéric Mitterrand, Mace-Scarron, Fourrest, et bien d'autres).

J'ai du mal à lui pardonner son outing des homosexuels qui seraient encore "dans le placard"  mais qui de part leur position pourrait jouer un rôle positif en faveur de la communauté. Hum oui, quoi qu'il en dise, il n'hésite pas à les "dénoncer" publiquement au travers de ces livres et pour moi ça le discrédite un peu. Mais bon, malgré sa mauvaise foi, ses coups de gueule, son caractère tranché, il reste un pilier de la lutte pour les droits homosexuels et de la lutte contre le sida à qui nous devons tous beaucoup. Il faut pas l'oublier. De toute façon même si on le voulait, lui, ne nous laisserait pas l'oublier.

 

Mon avis : Indiangay

Je ne connais que depuis peu Mr Lestrade et son implication active dans la communauté gays, mais je sais qu'il a beaucoup donné et peu reçu. Son livre m'a semblé écrit avec colère, pour ne pas dire rage, et avec une certaine rancoeur (de ne pas être reconnu à sa juste valeur ?).

Si j'aime les hommes qui ont du caractère, je dois avouer que certaines de "ses" vérités nous sont assénées de façon lapidaire et sans réel fondement. De plus, ses idées relatives à ce que les gays ayant un peu de pouvoir politique sortent obligatoirement "du placard" pour donner l'exemple à tous les jeunes qui n'osent pas le faire, c'est moyen. Et de les outer en les nommant dans son livre vraiement moche.

Même si son livre est intéressant, j'ai trouvé qu'il en profitait pour régler ses comptes. Tout le monde n'évolue pas dans le milieu homosexuel à son aise, et le problème de se dévoiler ne résulte pas seulement du fait de faire de la peine à sa famille mais bien d'affronter la pression sociale. Surtout pour un homme politique dont les moindres faits et gestes sont scrutés et dont on s'empresserait d'user de son homosexualité pour le prendre à défaut quelque soit les opinions qu'il pourrait avoir.

Malgré tout, même si certaines idées exprimées m'ont déplues voire, insupportées, j'ai bien aimé son livre.

 Lestrade Didier

A propos de l'auteur :

Journaliste, écrivain, militant, Didier Lestrade est une figure imortante de la communauté gay, et l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels Act Up, Une histoire (Delanoël, 2000) et, plus récemment, Cheikh, Journal de campagne (Flammarion, 2007).

Il  a quitté Paris en 2002 et vit actuellement en Normandie.

 

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30 avril 2012

Albert Nobbs - George Moore

Albert Nobbs

Quatrième de couverture :

Quel singulier destin que celui d'Albnert Nobbs ! Majordome à l'hôtel Morrison, il y est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Mais pour pouvoir travailler, Albert doit dissimuler un singulier secret. Sous ses vêtements masculins se cache depuis trente ans une femme travestie en homme.

Alors qu'un ouvrier  découvre l'imposture, Albert choisit pour la première fois de sa vie de réaliser un de ses rêves...

Confusion de sentiments et questionnement sur l'identité, l'histoire d'Albert Nobbs dans le Dublin de la fin du XIXème siècle se révêle d'un étonnante modernité.

 Editions : Pocket - ISBN : 978 - 2 -266 - 22780 3 - Poche 93 pages - Prix 1,50 euros

 Mon avis :  Volodia

Il s’agit de l’histoire d’une femme, qui à la fin du XIXème siècle en Irlande (Dublin), revêt le costume de majordome depuis trente ans afin de gagner sa vie dans un hôtel.

J’ai entrepris la lecture de ce livre suite à la conséquente publicité relayée par les médias gays et lesbiens qui en faisait des gorges chaudes. Ne connaissant pas cette nouvelle, j’ai décidé de voir par moi-même ce qu’il en était.

Déjà, J’ai moyennement aimé ce livre dont l’histoire si intéressante soit elle ne fait que confirmer ce qui n’est plus à démontrer : à savoir les difficultés des femmes de cette époque à accéder à plus de liberté et à un salaire sinon équivalent, du moins décent, avec les hommes pour un travail égal. De plus, le thème du travestissement féminin pour accéder à plus de droits et de libertés à déjà été évoqué dans divers livres tels : yentl ou Barbara Streisand se travestissait en jeune homme pour intégrer une yeshiwa et acquérir le droit à l’éducation et au savoir. Dans Victor et Victoria le travestissement avait pour objet un emploi de chanteuse dans un cabaret, en pleine crise économique.. Mais il est vrai que cette nouvelle est parue en parue en 1918 et ce thème était, je le suppose pour l’époque, résolument nouveau et sulfureux.

Ce qui l’est, à mon sens, c’est qu’une fois son identité féminine malencontreusement découverte lorsque Nobbs se voit contraint par sa patronne de partager, pour une nuit, sa chambre, avec le peintre qui fait des travaux régulièrement dans l’hôtel, et qui contre toute attente, se révèle aussi être une femme qui plus est mariée à une autre femme ; C’est l’émergence de l’idée pour Albert, d’épouser lui aussi une femme, pour mettre fin à cette solitude qui l’étreint, et réaliser enfin ce rêve qui lui tient à cœur : ouvrir un commerce avec partie tabac qui serait tenue par lui et partie mercerie qui serait tenue par sa future épouse. Ses interrogations sur ce que pourrait être la vie sexuelle de deux femmes et comment y faire face sont survolées.

Albert finit par jeter son dévolu sur une servante de l’hôtel, elle-même en couple avec un homme intéressé par les revenus d’Albert et qui la pousse dans les bras du majordome, de cet homme qui ne «tente rien», ne «l’embrasse pas, comme l’aurait fait n’importe quel homme au bout de quelques sorties». Cette servante, totalement rouée, sous l‘emprise de son amant lui fera dépenser un maximun d’argent et finira par couper les ponts avec Nobbs qui ne peut rien lui apporter sexuellement, pour retourner avec son amant de qui elle aura un enfant hors mariage, et qui sera destiné à lui être retiré.

La nouvelle s’achève sur le décès, on ne sait trop pourquoi - lassitude ? Épuisement physique - de Nobbs. Après son décès quelques remarques des personnes qui l’ont connu avant de retomber dans l’anonymat et dans l’oubli. Un majordome est une personne que l’on ne voit pas, qui n’existe pas pour toute une catégorie de la société.

Toutefois, malgré le fait du travestissement féminin et de couples de femmes, ce livre ne peut me semble-t-il être vu comme lesbien, les questionnements identitaires et la sexualité lesbienne ayant été éludées, refoulées, au profit d’une critique des rapports sociaux et de leurs imbrications. Je copie donc les éléments de ce livre notre blog littérature générale.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est l’audace, pour l’auteur d’avoir écrit et fait publier une telle nouvelle en 1918, ainsi que sa vision réaliste de la société (bourgeoisie/petit peuple-homme/femme) qu’il dépeint sans concession.

Ce que j’ai moins aimé, le refoulement des questions identitaires et de la sexualité lesbienne qui pouvaient en découler et qu'il aurait été intéressant d'explorer, la fin du livre qui m'a laissé sur" ma faim".

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02 avril 2012

Je sors ce soir - Guillaume Dustan

livre-je-sors-ce-soirQuatrième de couverture :

J'avais pris du bide. Maigri - Relâchement abdominal m'a dit le kiné que je suis allé voir au bout d'un an de mal au dos. J'ai fait des séances de rééducation. J'ai repris la gym. Quand je suis revenu en France, j'avais commencé à me récupérer. Mais je pensais toujours que j'étais vieux. Moche. Fini.

J'ai squatté à Paris. Je suis retourné dans les bars et dans les boîtes. La nuit tout est simple. La nuit est libre. on ne sait jamais ce qui va se passer. Mais il arrive toujours quelque chose.

Il suffit de tenir le coup.

Editions : P.O.L. - ISBN : 2 86744 579 5 07 2001 - Broché 130 pages - Prix : 13 euros

Mon avis : Volodia

Dans ce roman, Dustan nous parle d'un lieu qui n'existe plus, mais qui fût pendant des années le lieu préféré des fêtes gays. "Le palace", cette discothèque a été le premier grand rendez-vous de la population gay dans les années 80. Le palace était une boîte à la mode dans les années 70 où se mélangeait une population interlopes (gays, hétéros, lesbiennes, punks). Mais très vite le Palace attire tellement de monde que la majorité des gays décident de trouver un autre lieu.

Dustan nous plonge dans ce monde qui n'est plus, où les survivants se font rares et sont souvent considérés comme rescapés d'un holocauste. Le roman nous entraîne dans un premier temps dans la rue du Fbg Montmartre qui en semaine ressemble au Sentier, mais qui le dimanche devient un nouveau Marais en minuscule.

Le Palace est sur 3 niveaux et ressemble à un ancien théâtre avec un immense couloir qui sert de lieu de drague lorsqu'on s'arrête pour fumer une clope ou boire sa consommation. Dustan revient dans ce lieu  de la même façon qu'un travelling avant au cinéma. Il nous parle d'une fête qui a plus l'allure d'un grand enterrement.

Une sélection avait lieu à l'entrée, thee-shirt moulant pour faire ressortir les muscles, le 501, les docs étaient de rigueur si on voulait se faire remarquer sur la piste de danse. Le beau mâle exhibant toute sa virilité ne doit pas danser en remuant trop le bassin, ce qui pourrait faire croire aux autres qu'il s'agit en réalité d'une "folle".  - C'était l'époque ou tous gays qui se respectent avaient adopté la mode venue de Los Angelès muscles, tee-shirt moulant souvent blanc, jean 501, rangers et surtout moustache pour ne pas être confondu avec les efféminés -.

Les mecs se saluent d'un sourire ou tout simplement d'un bonjour, sans trop s'arrêter sur un garçon. Ce n'est plus le temps du sexe dans les wc ou des glory hole. Ce n'est plus le temps de l'amour et du sexe le sida est passé par là.  Pendant tout le roman, l'auteur se lasse rapidement de ces hommes et de ces corps qu'il adore et qu'il vénère. Le Palace devient une bâtisse de la mort où personne n'attends plus rien de la vie. L'auteur s'accroche à une musique inconnue ou bien au regard du barman qui sert l'alcool et va attendre la fin de la soirée pour rentrer seul chez lui, guetter sa propre fin et continuer ce début d'agonie de fête seul en se masturbant. Seul plaisir que les hommes peuvent pratiquer sans avoir aucune peur. Même si elle peut être considérée comme un artifice du plaisir, la masturbation devient sans nul doute le seul élément de fête qui reste comme segment à tous un groupe qui a vécu la plénitude de la fête. Aujourd'hui ce même groupe a disparu. Le deuil devient une cérémonie pour se souvenir d'un passé qui n'est plus.

Au sujet du deuil Dustan écrit :

"Je sors ce soir est déjà un livre sur le deuil. C'est le deuil d'une époque et c'est un livre sur le deuil de moi-même, comme si j'étais mort. Je veux dire que j'aurais pu mourir et puis non. Mais ce n'est pas un livre sur la maladie. j'ai la chance de ne pas être malade à part quelques épisodes qui font que je ne me sens pas trop gêné vis à vis des autres...."

Le sujet de la fête est un prétexte pour raconter la fin d'une époque et d'une génération qui se croyait invulnérable et immortelle tout comme les soirées du Palace.

Les romans "Dans ma chambre" et "Je sors ce soir" nous présente la vie de Guillaume Dustan au milieu des années 80 - 90 dans le ghetto parisien. Terme employé par Dustan pour définir les lieux gays de Paris.

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28 février 2012

Le Ramier - André Gide

9782070766918Quatrième de couverture :

Le 28 juillet 1907, André Gide, qui s'éjournait dans la propriété de son ami Eugène Rouart à Bagnols-de Grenade, non loin de Toulouse, fait la rencontre d'un jeune homme, Ferdinand, fils d'un valet de ferme.

Avec celui qu'il surnommera le "ramier", en raison d'une sorte de roucoulement qu'il produisait en faisant l'amour, l'écrivain presque quadragénaire va vivre une nuit d'extase dont il sortira "plus jeune de dix ans". A chaud, il écrira le récit lyrique et minutieux de cet épisode, et le fera lire à quelques proches, dont Jacques Copeau. Plusieurs fois, Gide reviendra à Bagnols, et se préoccupera du sort du jeune Ferdinand, qui mourra en 1910. Mais son Ramie, il ne le publiera jamais.

Près d'un siècle après qu'il a été écrit, voici donc, retrouvé récemment par Catherine Gide dans les dossiers de son père, ce Ramier totalement inédit que les lecteurs de l'écrivain découvriront avec bonheur : rarement Gide se sera montré aussi libre, aussi spontané.

Une étude sur Le Ramier, enrichie d'extraits inédits de la correspondance Gide-Rouard, complète ce volume.

Editions : NRF Gallimard - ISBN : 2 07 076691 8 - Broché 70 pages - Prix : 9 euros

Mon avis : Volodia

Ce livre n'a pas de qualité littéraire particulière, hormis qu'il n'avait pas vocation à être publié. Il s'agit d'une nouvelle érotique et autobiographique toute en élégance et en retenue" comme Gide sait le faire si naturellement. Son titre en est, s'il le fallait, la preuve : Le Ramier nom que Gide donne à son amant qui roucoule comme tel au moment de l'étreinte. Par ailleurs, ce qui pouvait passer pour une révélation sulfureuse pour l'époque, est pour la nôtre bien "sage".

Ceci dit, j'ai été beaucoup plus intéressé par la façon dont ont été découverts les feuillets narrant cette aventure, ainsi que par les relations Gide-Rouart. Les précautions d'usage, les codes de reconnaissance employés avant la revélation à l'un comme à l'autre de ce qu'ils sont et de ce et ceux qu'ils osent aimer... 

Je note également, la complaisance des épouses, filles de l'époque qui n'avait aucune illusion sur les goûts de leur époux, de leur père et qui si elles en avaient savaient fermer les yeux avec complaisance.

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