27 décembre 2011

Erotikos - Plutarque

arton414Dans ce Dialogue sur l'Amour, Plutarque examine sans pudibonderie les préférences qu'il s'agit d'établir entre amour et plaisir, compare les mérites et inconvénients de l'amour des garçons opposé à celui des femmes, s'interroge sur l'institution et la perennité du mariage.

Autant de questions que notre époque n'a pas résolues et, dont il n'est pas sûr qu'elle sache débattre avec la même finesse. Quant à la liberté du ton et du verbe, celle de Plutarque n'a pas grand-chose à envier à la nôtre.

Editions Arléa - ISBN : 9 782869 - poche 91 pages - Prix 7 euros.

 

Mon avis : Volodia

Que dire de ce fascicule, sinon qu'il est divin. Que je ne puis qu'approuver ce qui suit,  je cite  :

"... Il faut proscrire  à tout prix les amours déliquescentes et casanières qui se prélassent sur les couches molles des femmes, se cachent dans les plis de leur robe, en quête, toujours,  de plaisirs  indignes d'un homme, sans amitié, sans enthousiasme.

Solon pensait la même chose. Aux esclaves , il avait proscrit la pédérastie, l'entrée des gymnases, mais il ne les empêchait nullement de s'unir aux femmes.

" Car l'amitié est noble, c'est un sentiment élevé, tandis que les plaisirs du corps, eux,  ne sont que vulgaires et indignes d'un homme libre,  et il n'est pas concevable qu'un esclave puisse aimer de jeunes garçons puisqu'il ne les recherche que pour le sexe, tout comme on recherche les femmes...".

  

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08 juillet 2011

Dédé - Achille Essebac

51zD80R6vLL__SL500_AA300_Quatrième de couverture :

L'histoire d'amour entre deux adolescents que raconte "Dédé" est restée longtemps un point de repère culturel - La grande référence - de tous ceux qui partageaient ces sentiments. Près d'un demi-siècle après sa parution, de nouvelles générations en reprenaient encore la lecture avec ferveur. Ainsi Charles Welti :

C'est curieux. on se croît très moderne, on prétend même quelquefois pouvoir se moquer de certains livres qui firent, jadis, le délice de nos parents. Et puis un jour, par hasard ou par caprice, on daigne quand même ouvrir un de ces volumes jaunis. On commence, d'un air distrait d'abord, la lecteur et - bien souvent - on en est saisi malgré soi. C'est ainsi qu'il m'arriva avec Dédé.

Charles Welti écrivit ces lines dans la revue Suisse "Der Kreis", en avril 1948, alors que Roger Peyrefitte venait, quatre années auparavant, d'être récompensé pour "Les Amitiés Particulières". Mais c'est bien à propos de "Dédé" et non du prix Renaudot, que Charles Welti émit encore cette opinion :

Certains passages de ce récit d'amour de deux adolescents sont si vrais et si émouvants que l'on ne peut se soustraire à leur charme mélancolique. Le souvenir des premiers troubles amoureux de la jeunesse, qui restent si souvent les plus beaux de toute notre existence, se réveille à la lecture de ces pages et nous inonde d'une douce tristesse pour ces premières amitiés qui sont, pourtant, si loin.

Des extraits choisis de la première édition de Dédé ont été publiés en 2008 dans une étude consacrée à son auteur, Achille Essebac (1868 - 1936). En voici enfin, pour les lecteurs exigeants, le texte intégral, qui prend en compte les deux versions du romans.

Editions : Quintes-feuilles - ISBN : 978 2 9532885 2 0 - Broché 253 pages - Prix : 22 euros

 

Mon avis : Volodia

C'est avec un réel plaisir que j'ai lu ce livre. J'ai retrouvé l'espace d'un moment l'esprit des amitiés particulière livre que j'avais lu en premier alors que "Dédé" avait déjà été édité une première fois en 1901.

L'histoire se passe chez les "bons pères", dans un internat comme il se doit (ah ce monde clos ou fleurit les amitiés particulières...entre jeunes gens)  et Marcel nous dresse le portrait séduisant de son ami  André, appelé affectueusement "Dédé" par sa famille et ses amis. Plus jeune, mais au combien beau et séduisant, gentil, Dédé meurt en plein fleur d'un mal mystérieux et bien des années plus tard Marcel part à la recherche des traces laissées par Dédé......

Ce livre pourra paraître un peu mièvre à certains mais pour ma part je m'y suis plongé avec délice ! Un côté "fleur bleue" peut être ?

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17 juin 2011

"Une autre époque" Alain-Claude Sulzer

une_autre__poqueUn père suicidé juste après votre naissance, voilà qui a de quoi vous laisser  avec de nombreuses  questions, surtout  si votre famille a toujours  gardé cette histoire  dans le secret. A 17 ans le narrateur de ce remarquable roman , part en quête du mystère de cette mort précoce et découvrira que l'homosexualité de son père aura eu raison de sa vie.

En effet, quoi de pire que les hôpitaux  psychiatriques et les compromis quand on aime passionnément les hommes ? A-C Sulzer, écrivain Suisse-Allemand , très remarqué en 2008 pour son livre un garçon ! parfait  continue doc son exploration des destins brisés, sobrement et avec un talent certain.

 

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23 juin 2010

Hotel de Dream - Edmund White

9782264048936En 1900, à 28 ans à peine, l'écrivain américain Stephen Crane se meurt de la tuberculose au fin fond de la campagne anglaise. Sur son lit de mort, il souffle à sa dévouée compagne Cora, jadis tenancière du bordel "Hotel de Dream", en Floride, les lignes de son ultime récit. "Le Garçon Maquillé", ce roman dans le roman, retrace la relation d'un jeune prostitué rencontré quelques années plus tôt dans les bas-fonds new-yorkais avec Théodore, un banquier marié et petit bourgeois foudroyé par sa beauté. Jusqu'à ce que la passion commette ses ravages...

Entre l'Angleterre et une clinique de la Forêt-Noire, Crane vit sa dernière chance de renouer avec ce récit abandonné, jugé trop licencieux par ses pairs. L'occasion de se replonger dans les méandres de son existence et d'achever l'oeuvre d'une vie.

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21 juin 2010

City Boy - Edmund White

9782259211383Les années 70 : au seuil de la banqueroute, en plein chaos urbain, jamais New york n'a abrité plus de dangers, d'audaces et de talents. En pleine ébullition intellectuelle et artistique, la ville de Susan Sontag, Truman Capote et Jasper John voit défiler les scandales et éclore les génies.

C'est là que le jeune Edmund White fait ses débuts d'écrivain, là qu'il croise William Burroughs ou Vladimir Nabokov, là que s'insinuent en lui cet esprit à la fois transgressif et désinvolte, cette mondaine subtilité et ce charme ambigu. Là encore que s'expriment tous ses appétits, ceux d'un lecteur boulimique, d'un curieux jamais rassasié, d'un sensuel en quête d'hommes, sans fard ni fausse pudeur, d'errances érotiques en interdits assouvis.

Parcours itiniatique traversé d'icônes et de passions, ce texte brosse le portrait d'une époque et d'une ville mythiques, sous la plume sulfureuse d'un écrivain en devenir, porte-drapeau d'une génération d'artistes gays.

 

Mon avis : Volodia

J'aime particulièrement Edmund White. Ses récits se coupent avec d'autres de ses oeuvres, ce qui en fait un livre autobiographique. Riche descriptif d'une époque ou foisonnait écrivains et artistes cherchant à devenir célèbre, commençant à le devenir ou l'étant déja.

Il décrit New York telle qu'elle était à l'époque, pauvre, salle, bruyante et surtout "noire" la population aisée blanche s'exilant en banlieue ou ailleurs, mais où l'on pouvait vivre avec peu d'argent et ou tout rêve était encore possible et accessible.

Cette époque a vu l'éclosion d'une liberté sexuelle ou les gays apprirent à ne plus avoir honte, osèrent s'exprimer et s'afficher. Faire l'amour dans d'autres endroits que les chiottes publiques, les camions et les docks. Ils rénovèrent des quartiers entiers, ouvrirent des bars, des boîtes, ou l'on pouvait consommer de tout et tous (poppers et mecs). Assouvirent tous les fantasmes longtemps réprimés par la création de backroom et de sling, sans se rendre compte qu'ils s'enchainaient eux-mêmes dans un ghetto ou ils finiraient par se décimer.

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La meilleure part des hommes - Tristan Garcia

Tristan_garciaDominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années 80 le premier grand mouvement homosexuel en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. Tous deux s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice, journaliste, et de son amant, un intellectuel médiatique.

Nous assistons avec eux à la naissance joyeuse et à la fin malade d'une période décisive de l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.

Mot de l'auteur :

Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida. C'est le récit fidèle et violent de trahisons, le portrait de la pire par des hommes et - en négatif - de la meilleurs.

T.G.

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16 mai 2010

"Les Condamnés" - Philippe Castetbon

9782845472099"Les condamnés : dans mon pays ma sexualité est un crime".

"Condamnés à la terreur, condamnés au mensonge et à l'humiliation, condamnés à l'exclusion, condamnés à la prison et aux violences, condamnés à la fuite ou à la mort". Recueil de portraits d'hommes obtenu uniquement par le biais d'internet, accompagnés de courts témoignages et de lois en vigueur dans un peu plus de 80 pays qui condamnent l'homosexualité.

Cet ouvrage est un vibrant hommage à toutes les personnes qui vivent leur sexualité dans la peur et la souffrance.

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"Lèvres Pêches" - Cui Zi'en

9782070128525Suite de monologues intérieurs, ce roman raconte la terrible histoire d'un père qui après avoir découvert l'homosexualité de son fils le châtre de sang-froid au bistouri.

Quand on sait que l'homosexualité en Chine est encore punie de 5 ans de prision, on a peu de peine à imaginer que ce livre n'a jamais été publié dans son pays. Texte sensible et puissant, entre conte initiatique et philosophique, un nouveau Pasolini à la mode orientale est né.

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08 février 2010

Le vieillard et l'enfant - François AUGERIAS

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Relation, amour, haine entre un adolescent arabe et un vieil officier français dont on apprit par la suite qu’il était l’oncle de l’auteur.

 Rien ne nous est caché de leurs pratiques sexuelles, empreintes d’un certain sadisme, ni des aventures du garçon avec des petits bergers du désert, actes accomplis au grand air, sous un ciel étoilé, dans la plus parfaite innocence d’un instinct qui mêle, comme par miracle, la violence et la douceur, car François AUGERIAS conserve une confiance absolue dans les forces secrètes de la nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2009

L'homosexualité de Platon à Foucault

de Daniel Borillo et Dominique Colas

Anthologie critique :

2259197655"Vice", "péché", "crime", "maladie", "fléau social", : l'homosexualité - le mot est né au XIXè siècle - a toujours été stigmatisée et souvent persécutée. Cependant des thèses se sont affrontées, avec une intensité qui révèle l'importance des enjeux de la sexualité, de la normalité et de l'altérité : Platon parle sans la critiquer de la relation entre Alcibiade et Socrate, mais Aristote la juge "contre nature" .

Reprise par Saint Thomas et toujours défendue par l'Eglise de Benoît XVI, cette opinion se retrouve chez Kant, au siècle des Lumières. Une époque où; dénoncée par Voltaire , l'homosexualité, acceptée par les libertins comme Mirabeau, est valorisée par Sade.

Rompant avec les discours médicaux du XIXè siècle qui rangent "l'inversion" parmi les "dégénérescences", Freud , tout en classant l'homosexualité dans les "perversions", développe l'idée d'une bisexualité humaine. Une théorie adoptée par Lacan au XXè siècle, alors que Simone de Beauvoir ou Foucault contribuent à un profond changement des représentations et légitiment la revendication de leurs droits par les homosexuels.

Accompagnés d'une introduction et de notices, les textes de cet ouvrage sont signés e plus de cinquante auteurs. Ils relèvent de la philosophie (Christine de Pisan, Montigne, Rousseau, Sartre), du droit (Bentham), de la théologie (Saint Augustin), des sciences sociales (Malinowski, Krafft-Ebing, Dolto).

Cette anthologie sans équivalent est un apport à la réflexion sur les libertés individuelles.

Daniel Borillo, juriste, maître de conférences à l'université de Paris X-Nanterre,  rattché au Cersa-CNRS. Il a publié l'homophobie (PUFn 2001) et codirigé plusieurs ouvrages.

Dominique Colas est professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris, rattaché au Ceri (FNSP-CNRS). Il a publié plus de dix livres, dont Races et Racismes de Platon à Derrida (Plon, 2004).

 

Mon avis : par Volodia

J'ai été agréablement surpris en lisant ce livre qu'au départ, je lisais plus par obligation que par réel plaisir, et que je considérais comme un "pavé" monstrueux et passablement ennuyeux évoquant pour la énième fois les pseudos causes et les éternelles justifications de l'homosexualité et de ses plaisirs, "tare", entre toute de la société, quelque soit les époques.

 

 

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