05 octobre 2015

La Nuit des Princes Charmants - Michel Tremblay

 

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Quatrième de couverture :

Une soirée d’opéra - au programme, Roméo et Juliette - qui se transforme en odyssée nocurne au cœur de Montréal, et voilà Jean-Marc, le narrateur de cette histoire, cynique Candida, courant à la perte de sa virginité.

Du café El Cortijo au cabaret des Quatre Coins du Monde, Michel Tremblay nous propose le parcours initiatique d’un jeune « beatnik » qui découvre un monde burlesque, de folie et de transgression, où les passions se déchaînent, où partout éclatent le mensonge et la vérité dans l’urgence du désir.

Editions : Babel - ISBN : 9 782742 726196 - Poche 242 pages - Prix : 7,70 €

Mon avis : Volodia

Jean-Marc 18 ans est amateur d’opéra. Bien que fréquentant les parcs publics pour des rencontres furtives, il est toujours le seul homosexuel de « sa gang » et surtout puceau. Toutefois, timide, il ne sait pas comment en rencontrer d’autres. C’est à l’occasion d’une sortie à l’Opéra, sans ses parents qu’il décide de jeter sa gourme. Issu d’une famille pauvre de Montréalais francophones, il lui faut d’abord obtenir l’argent de sa mère pour réserver sa place à l’unique représentation de « Roméo et Juliette de Gounod » chantée par la grande vedette Pierrette Alarie, voire repérer les éventuels princes charmants possibles. 

Le grand soir arrive et Jean-Marc après « s’être fait beau » avec son « petit pantalon serré » et son « os de veau » en pendentif, s’y rend plein d’espoir, persuadé d’être « fun ». Après un spectacle catastrophique tant par la mise en scène, les décors que le jeu des acteurs (ce qui nous vaudra un récit de critiques citronnées de sa part, d’autant qu’il se sent en décalage avec les m’as-tu vu assistant au spectacle). Il rencontrera François Villeneuve, un jeune acteur amateur et chansonnier de talent en qui il voit déjà l’élu. Mais, il est attiré également par Alan Montréalais Anglophone, qu’il n’a pu draguer à l’opéra en raison de la présence de sa mère, et qui fait l’effort de parler français. François ou Alan, son cœur balance… 

S’ensuit un inénarrable périple effectué clopin-clopant (Jean-Marc s’est cassé la figure sur la glace, en courant après François) à travers Montréal : de l’opéra, à un cabaret de chansonniers, d’un bar gays, à un cabaret de travesties. Le tout raconté dans le phrasé si particulier et jouissif des Canadiens francophones, Jean-Marc qui n’a pas la langue dans sa poche, enchaine les réparties et les commentaires qu’il se fait à lui-même sur ce qu’il voit, ce qu’il ressent, quant à son attitude, au fil des évènements. La sexualité y est exprimée sans fard, sans toutefois verser dans la pornographie. 

Le retour à la maison après cette nuit de folie (malgré les innombrables atermoiements et excuses envisagées) pose également problème pour Jean-Marc qui n’a jamais découché et a peur d’affronter sa mère, maîtresse femme, qui le considère encore comme « son petit garçon. 

Ce roman sous le ton de l’humour, nous dévoile également que l’homosexualité peut ne pas se vivre cachée, sans honte, car François dans ses chansons, n’hésite pas à exprimer son orientation sexuelle ce que ses amis hétéros acceptent. Il nous dévoile également les rivalités linguistique et sociale entre Canadiens francophones et les Canadiens anglophones, les premiers ne souhaitant pas utiliser l’anglais pour se faire comprendre et les seconds s’estimant « supérieurs », avec un niveau de vie semble-t-il plus aisé. 

A lire impérativement, peut être un des meilleurs romans de Michel Tremblay. 

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25 mai 2015

La piscine-bibliothèque - Alan Hollinghurst

 

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Quatrième de couverture :

Véritable bombe littéraire qui suscita les passions lors de sa parution en Angleterre. La piscine-bibliothèque est le premier roman d'Alan Hollinghurst. Lauréat  du Man Boocker Prize pour La ligne de beauté et prix du Meilleur Livre Etranger pour L'enfant de l'étranger, il est depuis considéré comme l'un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Introuvable en France depuis plus de dix ans, cette oeuvre majeure reparaît dans une nouvelle et magistrale traduction établie en collaboration avec l'auteur.  Elle nous plonge dans l'atmosphère  débridée du Londres des années 1980, avant que le sida ne décime la communauté homosexuelle.

Au bord de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, un jeune dandy extraverti rencontre un homme plus âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d'écrire sa biographie.

Editions : Albin Michel - ISBN : 9 782226 314581 - Broché 534 pages - Prix : 26 €.

 

Divers avis :

"Certainement le meilleur roman jamais écrit par un auteur anglais sur l'homosexualité"

Edmund White, Sunday Time

"Le premier roman en Angleterre à avoir abordé l'homosexualité dans un contexte moderne... Un roman historique et précurseur"

The Guardian

 

 Mon avis : Volodia

Ce roman est un récit exubérant de l'homosexualité telle qu'elle était vécue en 1983 et réflète l'hédonisme du dernier été du genre avant que la crise du sida ne se déclenche réellement. Ce roman, assez tras, se complait dans la compagnie d'hommes et dans le sexe homosexuel.

Deux vies sont opposées, celle de Lord Nantwich, ancien administrateur colonial en Afrique et celle de William Beckwith, jeune homosexuel indépendant.

Après avoir sauvé la vie de son ainé, William accepte d'écrire sa biographie et prend possession de ses journaux. Ceux-ci offrent un récit parallèle et les ressemblances dérangeantes qui unissent la vie des deux hommes, malgré la différence de génération, deviennent de plus en plus évidentes. Le racisme et les insultes persistent. Quinze ans après la légalisation de l'homosexualité, les homosexuels sont toujours persécutés et l'arrestation d'un ami de William par un policier en mission clandestine, lui-même gay, fait écho aux circonstances qui ont valu à Nantwich un séjours en prison en 1950.

Malgré une liberté licencieuse, l'oppression n'est jamais très loin dans ce roman, et le soupçon de nostalgie vis-à-vis de cette dimension érotique qu'offre l'illégalité met en évidence la complexisté du désir. Le bémol mis à la libération homosexuelle contemporaine par les dangers de pratiques homosexuelles illicites nous rappelle que loin de sombrer dans l'autosatisfaction, nous devons tant aux défaites passées qu'aux victoires présentes.

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15 octobre 2014

Des nouvelles d'Edouard - Michel Tremblay

Des nouvelles d'Edouard

Quatrième de Couverture :

La grande Duchesse de Langeais ne régnera plus sur les nuits chaudes de la Main. La reine des travestis, qui a tout enseigné aux Créatures du célèbre cabaret Coconut Inn, trouve la mort en plein coeur du Red Light de Montréal. Mais Edouard, son alter égo diurne, laisse en héritage le précieux journal de son voyage à Paris en 1947.

La ville qui a nourri son imaginaire pendant si longtemps, par les romans de Zola et de Balzac, par les chansons de Lucienne Boyer, par les films de Pierre Fresnay, s'incarne dès son arrivée gare Saint Lazare.

C'est à sa belle-soeur, la Grosse femme, qu'il destine son journal, mais devant tant de beautés et d'émotions fortes, la solitude pèsera bien lourd sur les épaules de la Duchesse.

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7609 1836 6 - Poche : 321 pages - Prix : 8,70 €

 Mon avis : Volodia

Pour information  :

Ce livre est le quatrième tome des Chroniques du Plateau-Mont-Royal et fait suite à "La Duchesse et le Roturier", mais à mon avis, il peu se lire indépendamment des autres.

Le roman commence à la mort d’Edouard, assassiné dans un parking sordide, par Tooth Pic, homme de main de Maurice, Patron du Cabaret de travestis « Le Coconut  Inn » Travesti vieillissant, à la langue bien acérée et aux répliques citronnées, Edouard, homosexuel canadien d’origine modeste, vendeur de chaussures dans un quartier élégant le jour, est travesti la nuit sous le nom de la Duchesse de Langeais (nom choisi en raison de son amour pour la culture française). Personnage haut en couleur, auréolé de légendes, il régnait depuis longtemps sur les travestis de la rue Saint Laurent et s’était attiré les foudres de nombre d’hommes du milieu.

A la mort de la Duchesse de Langeais, terrorisée par une époque ou médecins et chirurgiens pouvaient créer d’un homme une presque femme qui reprendrait le flambeau de sa folie douce, le quartier de la « Main » à Montréal portera un certain temps le deuil de celle qui en disparaissant les laissait dans le désarroi, mais c’était sans compter le journal  qu’Edouard avait écrit lors de son voyage à Paris en 1947, qu’Hosanna et Cuirette découvriront, liront et feront connaître.

Edouard raconte son départ pour Paris, grâce à un héritage de sa mère. Ville qu’il ne connait que par les films et les acteurs, mais dont il rêve et où il espère bien trouver sa place.  Il y décrit sa traversée de 10 jours sur le bateau « Le Liberté », en première classe et ses différentes rencontres avec des passagers d’un milieu social plus élevé que le sien. Ce qui donne lieu à des situations cocasses. Son arrivée au Havre ville bombardée en reconstruction puis, Paris, encore sous tickets de rationnement. Tout est pour lui sujet d’étonnement, les noms de rues, qui ne sont pas des Saints de quelque chose…., les façades décrépites des immeubles, les restaurants où on ne peut dîner qu’à partir de 7 heures, le métro dont les effluves d’urine prennent à la gorge, les rues réservées avec les « guidounes » bien en vues, etc… le tout sur un ton très jubilatoire.

 Mais ce récit nous confronte au portrait des divers milieux sociaux entre personnes ordinaires et parvenus. Malgré tous ses efforts, Edouard souffre de solitude. Il n’a personne avec qui partager ce qu’il voit. Seul au milieu d’une aventure trop grande pour lui, Mourant d’ennui de peur et de frustration, exclu d’une culture qu’il avait rêvée, en raison de son accent et de l’acculturation générale dont sont victime les Québécois à la fin des années 1947. Tout cela le pousse à rentrer en catastrophe au Canada après avoir passé seulement 36 heures à Paris.

 Toutefois n’étant pas prêt pour affronter sa famille suite à ce voyage raté et ne voulant pas passer pour un sans allure, un gaspilleur, il va s’enfermer dans une chambre d’hôtel le temps qu’aurait duré son séjour, pour s’inventer un voyage fantastique qu’il mettra « bien au point » pour le servir à tout le monde en rentrant en Montréal. Mais loin de choquer ses amies, la découverte de cette humble vérité qui contraste violemment avec celle qui était devenue l'âme de la Main, élève celle-ci au rang de légende.

J’ai adoré ce livre, la verve et l’humour d’Edouard son accent, qui m’a donné pour quelques heures, l’illusion de parler à mon tour le français comme un canadien. Mais j’ai aussi été peiné de ses déboires. Bref, Edouard alias la Duchesse de Langeais est un personnage au combien attachant. 

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17 août 2014

Un garçon près de la rivière - Gore Vidal

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Quatrième de couverture :

Deux adolescents, Jim Willard et Bob Ford, découvrent l’amour physique avant de se séparer à la fin de l’été. Pendant les années qui suivent, au cours d’un périple américain qui le mènera à vivre sur un cargo au large de l’Alaska, puis chez une star d’Hollywood dans les années 30, et à New york parmi les écrivains du Village, Jim Willard tentera de retrouver le moment de grâce qui a marqué la fin de son enfance.

Editions : Payot-Rivages – ISBN : 9 782743 604745 – Poche : 242 pages – Prix : 9,15 euros.

Mon avis : Volodia

Dans ce roman l'auteur met en scène de façon explicite des personnages homosexuels. Ce qui pour l’époque fit de ce livre un pionnier de la littérature lgbt et si le scandale provoqué par sa publication s’est depuis longtemps émoussé, reste que l’auteur a longtemps été mis à l’index.

Dans l’Américaine puritaine des années 1940 on ne pouvait concevoir qu’un homme viril soit homosexuel, ni qu’il tombe amoureux d’un homme viril lui-aussi.  La vision du gay (puisque déjà à l’époque ils se dénommaient ainsi) se résumait à la tapette, folle parmi les folles, maniérée, le verbe haut perché, voire, le travesti d’où le trouble et le malaise provoqués à la sortie de ce roman en 1948.

Bob et Jim sont étudiants, à la fin de l’année scolaire après la remise des diplômes, ils partent camper et par un concours de circonstances inattendu et involontaire, vont trouver « un état de grâce » dans les bras l’un de l’autre.

En fait, seul Jim est homosexuel et amoureux de Bob qui lui, inconscient et insouciant se « laisse aimer » par affection ce qui fait une différence.

Bob désirant voyager s’engage dans la marine marchande, Jim se donne un an avant de partir lui aussi découvrir le monde. Au fil de ses pérégrinations et de ses rencontres, il occupera divers emplois dont celui de professeur de tennis dans un hôtel de luxe avant de devenir le « petit ami » d’une star vieillissante d’Hollywood, puis d’un écrivain raté. Il rencontrera une croqueuse d’hommes Maria avec qui, malgré les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, se signera son impossibilité de l’amour hétéro.

Désirant toujours rejoindre Bob, il s’engagera dans l’armée d’où il sera réformé pour un problème de rhumatisme articulaires et échouera à New York pour gagner quelque argent afin de concrétiser un désir : ouvrir une école de tennis. Il y retrouvera ses anciens amants et amis, qui l’introduiront dans le monde des personnes en vue de la mode, et de la culture,  mais également celui interlope des homosexuels. – s’ensuit une description assez jouissive des conversations, des codes de reconnaissances entre homos (de nos jours, tout ça fait un peu clichés, mais pour l’époque 1930-1950) c’était nouveau pour les non initiés.

Mais toutes ces rencontres n’ont qu’un but, le rapprocher de Bob car c’est toujours lui qu’il recherchera à travers ses rencontres. Au bout de sept ans, d’errances, il finira par rentrer dans la ville de son enfance ou il apprendra que Bob revenu également chez lui s’est transmué en mari et père.

Espérant envers et contre tout retrouver une « connivence » longtemps rêvée et sublimée avec Bob, il tentera des avances qui seront repoussées par celui-ci horrifié. Submergé de rage et de désirs, Jim le violentera avant de refermer la porte sur son passé et de s’échouer dans un des nombreux bars ou les hommes viennent en chasse.

En fermant ce livre je m’aperçois que peu de choses ont changé. Oh bien sûr l’homosexualité est plus facilement assumée à notre époque, nous avons des bars ouvertement gays et plus besoin de femmes pour jouer les cache-tapettes. La drague aussi a évolué, plus directe, pour certains inutiles de faire connaissance, un main « bien placée » et tu sais à qui tu as affaire et ce que l’autre est venu chercher. Tu es devenu comme tant d’autres choses un objet de convoitise et de consommation. Ce qui n’a pas bougé, malgré les années, c’est la « haine » de la vieille tante, le vieux beau qui s’accroche, qui ne comprends pas que son temps est passé, mais lucide il sait qu'il lui faudra payer pour avoir l'illusion d'être aimé, même pour quelques heures. Nous sommes sans pitié !

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22 juin 2014

Retour parmi les hommes - Philippe Besson

 

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Quatrième de couverture :

En 1923, après des années d’errance, Vincent retrouve à Paris la compagnie des hommes. Dans cette ambiance « années folles », difficile de reconnaître la vie de son enfance. Sa rencontre avec Raymond Radiguet, dandy génial et noctambule extravagant, donne à sa vie une tournure inattendue. Mais le malheur guette l’enfant du siècle et ne tarde pas à frapper de nouveau.

Editions : 10/18 - ISBN : 9 782264 0556849 - Poche 180 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

Ce livre fait suite au livre du même auteur « L’absence des Hommes » mais, à mon sens, ils peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

Dans ce volet, nous retrouvons notre jeune aristocrate, qui pour fuir la douleur provoquée par la mort au cours de la première guerre mondiale de son ami Arthur, va errer à travers le monde, de pays en pays, passant les frontières, sans arriver à trouver la paix, pour finir par se poser en Amérique ou il va accepter n’importe quel emploi pour survivre.

Sa famille qui n’a cessé de le chercher durant sept ans, va finir par le retrouver, grâce à son nom si français « Vincent de l’Etoile » qu’il n’a pas jugé bon de changer à son arrivée à Ellis Island. Il accepte donc de revenir chez lui, mais subit régulièrement les remarques acerbes de sa mère, qui le juge responsable du décès de son père, durant son absence.

Son retour en France coïncide à la période des années folles et lui fait découvrir un monde qui souhaite oublier la guerre, la boue, les morts en s’étourdissant dans un tourbillon de lumières et de fêtes. D’abord spectateur de ce qui se passe autour de lui, il devint acteur en faisant connaissance avec Raymond Radiguet, jeune écrivain prodige de 20 ans, dont le premier livre parut avec succès : Le diable au corps, suivi d’un second non moins prometteur : Le bal du comte d’Orgel, le tout parfumé de scandale, qui l'entraine à sa suite à la découverte des grandes figures de l'époque.

Il devient intime du jeune homme, hétérosexuel, aimé par ailleurs de Bronia, jeune modèle polonaise et de Jean Cocteau qui ne peut contenir sa jalousie vis-à-vis de la jeune fille. Vincent se reconstruit lentement auprès de Radiguet qui pour lui incarne l‘avenir, mais celui-ci tombe malade et meurt précocement d‘une fièvre typhoïde. Vincent n’ose pas se rendre à l’enterrement. A quel titre irait-il ?, il se contente de suivre de loin en pensée.

Entre interrogation et culpabilité, il note : «  les morts me rendent la vie ».

Même si dans ce volume il n’y a pas vraiment d’action, de surprise, l’auteur s’attache à nous dépeindre les sentiments éprouvés, les émotions ressenties par ses divers personnages. Différent du premier livre, mais absolument pas décevant. C‘est fin, délicat, plein de pudeur et de sensibilité. Bref j‘ai aimé.

Ci-dessous : lien du livre en "l'Absence des hommes "

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2014/03/18/29467275.html

 

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17 juin 2014

Aimer - René de Ceccatty

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Quatrième de couverture :

"Que reste-t-il d'un amour, en dehors du temps qui passe au moment où il passe, une fois que l'on a esquivé l'affrontement des amants, une fois que s'est dissipé le trouble de sa présence, la terreur de perdre l'autre ?

Maintenant que je sais que j'ai perdu Hervé, maintenant que je vois écrite la rupture et que rien ne peut renverser l'ordre du temps, je ne crains plus qu'un mot dangereux ne l'éloigne de moi. Je n'ai plus peur. Cela me donne une grande force. Je peux écrire au présent. J'ai perdu toute nostalgie parce que l'avenir m'a définitivement échappé".

 

Editions : Folio - ISBN : 2 07 040448 X - Poche 260 pages - Prix : 7,70 euros.

 

Mon avis : Volodia

Suite au décès d'une amie, écrivain britannique, Harriet Norman, qui a fait de lui son exécuteur littéraire, l'auteur se rend en Angleterre.

Dans le train qui l'emmène dans le Devon, l'auteur fait la connaissance de Ishmaël, qui intrigué par sa lecture du roman de Harriet Norman, engage la conversation. Marié, hétérosexuel, il s'avère qu'il est aussi l'avocat d'Harriet, qu'il se rend au même endroit que lui et lui propose donc de le déposer chez le notaire s'occupant de la succession de la romancière.

Toutefois, le manuscrit posthume que celle-ci souhaitait voir publier, s'il le jugeait nécessaire, était inspiré d'une période douloureuse de sa vie qu'il avait eu la faiblesse de lui confier à travers de nombreuses lettres.

A la lecture de celles-ci des réminiscences de sa liaison avec Hervé, médecin homosexuel refoulé, ayant un besoin maladif d'être aimé mais incapable de donner en retour, obnubilé par le paraître et dans un déni perpétuel, qui lui envoyait des lettres enflammées dès qu'il faisait mine de s'éloigner et l'humiliait en se refusant à lui et en le "cachant" à ses connaissances ; Il décide de brûler le manuscrit tout en éprouvant la nécessité de donner à l'histoire qu'il a vécu ses propres mots et son vrai sens. Il l'a raconte donc à Ishmaël.

Y a-t-il douleur amoureuse plus profonde et plus radicale que celle de vouloir s'obstiner à être aimé par quelqu'un qui vit cet amour comme une aliénation, un malheur ?

J'admire l'auteur pour l'instrospection de ses sentiments ; D'avoir eu assez de finesse pour analyser également ceux de son compagnon : Pour son courage à mettre fin à une liaison qui s'étiolait dans une longue litanie de récriminations et de rancoeurs de sa part et qui n'était qu'une succession d'humiliations ; De son effacement en faisant croire à "l'autre" qu'il avait cessé de l'aimer, et ce afin de le dédouaner d'une quelconque culpabilité. 

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18 mars 2014

En l'absence des hommes - Philippe Besson

En l'absence des hommesQuatrième de couverture :

Eté 1916, Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain Marcel Poust.

Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.

 

Editions  : 10/18 - ISBN : 978 2 264 05685 6 - Poche : 215 pages - Prix 7,10 euros.

 

Mon ressenti : Volodia

Cette histoire nous est contée par le biais d'un journal tenu par le jeune intéressé et des lettres qu'ils adressent et lui sont adressées par ses ami et amant.

Né au début du siècle,  Vincent de l'Etoile à 16 ans lors de la grande guerre. Trop jeune pour être appelé sous les drapeaux, ce jeune homme de 16 ans, aux yeux vert, aux cheveux noirs et au teint de fille, rencontre dans un salon, un écrivain célèbre dont il suscite l'attention, sans avoir rien fait. Une amitié se noue, non charnelle, simplement parce que le grand écrivain subodore en Vincent un jeune homme exceptionnel. Ils se comprennent au travers des silences de Vincent.

Parallèlement, Vincent fait la connaissance d'Arthur, le fils de la bonne. Ce jeune homme a qui il n'a jamais adressé la parole, âgé de 20 ans est engagé dans la guerre et amoureux depuis de nombreuses années du jeune homme. C'est au cours d'une permission de sept jours qu'il osera avouer son amour. Celui-ci trouvera une réciprocité dans les bras de Vincent, mais avec toujours en filigrane : la guerre, les tranchées, les gaz, la boue et la mort mettant fin à cette boucherie inutile et absurde.

Vincent tient secrètes ses amitiés tant envers l'un qu'envers l'autre. Ce n'est qu'au moment ou se raréfient les lettres venant du front, et ou son inquiétude est à son comble,   qu'il dévoilera à Marcel son amitié intime pour Arthur, et à Arthur le réconfort moral que lui procure l'amitié platonique et affectueuse sinon amoureuse de Marcel.

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui est admirablement bien écrit, avec une certaine forme de sensualité, plein de pudeur, de délicatesse. Son originalité, d'imaginer une rencontre entre Marcel Proust, écrivain reconnu et vieillissant de 45 ans avec un jeune homme doté d'un nom à particule et âgé de 16 ans. Considéré comme suffisamment jeune pour échapper à la guerre, mais déjà adulte pour assumer ses choix, sans s'occuper, des autres, ni de leur morale.

La fin du livre est inattendue, à rebondissements ....A lire impérativement !

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20 décembre 2013

Nous irons ensemble - François-Xavier DAVID

1461139_10201711529403776_1001120385_nQuatrième de couverture :

"Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien."

Editions : Sté des Ecrivains : ISBN  : 9782342016109 - Prix livre papier broché ; 25,95 euros, 518 pages - Prix ebook 12,99 euros. ISBN numérique : 978234016116

Critique journalistique

Un roman épistolaire très riche, couvrant une période de l'histoire prolifique en événements historiques. Cet aspect, auquel il faut ajouter la sexualité et l'identité des deux protagonistes, donne tout son intérêt au récit. Le choix, surprenant au début, du format de la correspondance, permet ici l'expression directe des sentiments et de l'émotion, qui affleure alors de façon presque palpable à chaque page. Au final, "Nous irons ensemble" déborde d'un humanisme héroïque, et on se laisse très vite prendre par l'émouvante histoire de ces deux jeunes hommes.

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L'auteur :

François-Xavier  DAVID (avec le pull orange) lors d'une séance de dédicace au Salon du Livre de Bruxelles - mars 2014.

 

 

 

 

 

 

 

Mon avis : Volodia

C’est avec bien du retard que je me décide à mettre mon ressenti sur ce livre qui pour cet auteur est le premier et qui en attend des retours avec anxiété.

Au premier abord, je me suis demandé si j’aurais le courage de l’ouvrir et surtout de le lire en entier compte tenu du pavé : + de 500 pages quand même, doublé de la crainte d’avoir à me  farcir lire dont on ne dit rien, non qu'il soit mauvais, mais plus simplement médiocre et sans intérêt. De plus, une fois lu, je me suis posé la question de savoir comment mettre mes impressions de façon honnête. Sans me laisser influencer par ma sympathie, mon amitié (même virtuelle) vis-à-vis de l’auteur. Sans l’encenser, ni pour autant livrer son livre aux gémonies s’il ne m’a pas plus. Le peiné, le froissé, voire le blessé par un avis (et non, je le précise une critique, car qui suis-je, moi ? pour juger du travail intellectuel et imaginatif d’un auteur), marquant une éventuelle déception. Rendre compte sincèrement d’un premier travail d’écrivain pour lequel il a « planché dur ».

Comment rendre compte d’un livre sans en dévoiler, même partiellement le contenu ? Désolé mais je me sens obligé d’en passer par là. Ce roman, s’étend sur une période allant de la première guerre mondiale à un peu plus loin que la fin de la seconde guerre mondiale.

François-Xavier David nous conte en premier lieu, l’histoire de deux hommes : L’un juif d’origine allemande : Lior, l’autre français et catholique : Julien. Ils se rencontrent sur un champ de bataille pendant la 1ère guerre mondiale. Lior combattant dans l’armée française est blessé et Julien séminariste est infirmier. Un attachement se crée sans que Lior dévoile le sentiment plus profond qu’il ressent pour Julien. A la fin de la guerre nos deux héros qui ont tissé des liens d’une sympathie assez poussée restent en contact et c’est tout « naturellement » que celle-ci se transforme en amitié, puis en amour. Donc ce livre mérite d’être placé dans le rayon  sentimental « gay ».  Bien que ce ne soit pas que cela.

Dès ces premières pages j’ai un peu tiqué. En effet, s’il  est tout à fait concevable qu’un juif et un séminariste se retrouvent sur le  champs de bataille, il l’est un peu moins quant à leur amitié. En effet, compte tenu de l’époque et de l’éducation de l’un comme de l’autre (les juifs étant élevés dans la méfiance des goys et les séminaristes dans celle des juifs; N’oublions pas qu’à l’époque on enseignait que les juifs avaient tué le Christ et donc se justifiait la notion de peuple traite et honni). De plus, au début du siècle flottait encore dans l’air des relents d’antisémitisme non seulement de principe mais dus également à l’affaire Dreyfus (1894 – 1906) même si celui-ci avait été innocenté.

Par ailleurs, il m’a été assez difficile de dissocier la façon de parler de Lior et de Jullien tant leurs expressions paraissaient semblables. Dans les premières pages, c’est surtout Lior qui parle et ce qu’il dit, je l’aurais plutôt mis dans la bouche de Jullien. Mais bon …L’idée de nous présenter l’histoire et ses protagonistes par des échanges de lettres, adressées aux uns et aux autres est originale et permet une lecture aérée, et plus qu’agréable du récit tout en séparant distinctement les évènements.

Au fil des pages nous faisons connaissances avec les familles respectives, et les amis de ces jeunes gens, qui là, se montrent plus que tolérantes envers une amitié qui les faisaient qualifier à l’époque et par la Société d’infâmes. Ce qui en 1929 me paraît hautement improbable surtout dans les milieux ou ils ont grandi. Déjà qu’à notre époque mariage mixte, plus homosexualité ça pose problème alors à l’époque, je n’ose l’imaginer.

Toujours est-il que c’est la vie de ses deux hommes entre les deux guerres et à travers eux, de leur famille qui nous est contée avec beaucoup de péripéties, d’évènement heureux mais le plus souvent malheureux (hum peut être un peu trop de mélo qui font douter, que dans une vie même très dense, une telle sucession d’évènements funestes soient possibles), mais avec beaucoup de sensibilité, de profondeur de sentiments : qu’ils soient amoureux ou simplement de tendresse, de gentillesse envers les uns comme avec les autres. De prise en compte de l’opinion et du ressenti d’autrui parfaitement évoqués, dans une écriture déliée, magnifique de simplicité, mais oh combien, riche en émotions.

Alors bien sûr il y a de petites erreurs, la rue Cambon se trouve dans le 1er arrondissement et ne fait absolument pas le prolongement de la rue du Bac qui elle, se situe dans le 7ème arrondissement de Paris. Mais l’auteur n’étant pas Parisien est tout à fait excusable.

En 1923 il n’existait pas à Paris d’école, et encore moins de cours du soir gratuits pour les étrangers qui souhaitaient apprendre le français, surtout pour les juifs qui même si cela avait existé, arrivaient chassés de l’Est par les pogroms avec femme et enfants et dont les préoccupations premières étaient surtout trouver de quoi se loger et du travail pour se nourrir. Difficile également pour eux de posséder un magasin de tissu rue du bac qui déjà à cette époque était une rue résidentielle en plein quartier goy et catholique.

D’autres improbabilités également : En 1941, Lior écrit à sa sœur en lui racontant qu’un de ses amis est « résistant « . Allant même jusqu’à lui donner le nom du réseau. Déjà l’acheminement du courrier par la poste était aléatoire, celui-ci pouvant être ouvert par n’importe qui, autorité ou erreur de destinataire,  Il était plus que très dangereux et non recommandé de se confier ainsi. D’autant plus mentionner, le nom d’un réseau de résistance,  c’est une hérésie qui frise l’inconscience d’autant que les noms des fameux réseaux n’étaient connus que des participants et encore pas de tous, certains ne connaissaient que leur proche contact.

Pour Yaâquov le cousin de Lior, arrivé en France. Impossible de tenir un commerce pendant la guerre et même de circuler. Les juifs étrangers et d’autant plus allemand ont été internés dans des camps  d’apatrides d’abord en 1940 puis de concentration en 1941.

Par ailleurs, Jurguën tombé amoureux d’un juif allemand, engagé dans la gestapo, pour combattre le régime nazi de l’intérieur et sauver des personnes. Hum, difficile à croire, quand on sait que la quasi-totalité du peuple allemand était pour Hitler qui les avait sorti de la crise économique de 1922, en offrant du travail à ceux qui s’inscrivaient au parti, un logement et diverses aides sociales. Que les juifs étaient mis au ban de la société allemande depuis 1933 et que pour entrer dans la Gestapo qui était la police secrète allemande, il fallait déjà avoir fait ses preuves et montrer fidélité au régime.

Sur la situation des déportés au triangle rose, l’auteur s’est plus servi de ce qui se dit au niveau lgbt,  sans faire à mon sens un véritable travail de recherches personnelles. De plus lorsqu’une personne s’évadait d’un camp, après la torture utilisée pour faire avouer les complices, la mort par exécution publique s’ensuivait automatiquement. De même les grandes marches lors de la « l’évacuation des camps », personne n’était abandonné en arrière. Une balle dans la nuque réglait son compte au malheureux afin de ne pas laisser de témoin. Car l’objectif de ses marches de la mort était de ne pas laisser de trace, ne pas laisser de témoins des atrocités commises afin qu’on ne puisse rien reprocher au peuple allemand.

J’ai bien d’autres digressions  à formuler mais le but n’est pas là, rétablir des vérités dans ce livre qui se présente comme un roman est tout aussi déplacé que les incongruités qu’il soulève. Car oui, l’auteur le précise c’est un roman, même s’il n’est pas vraiment classable dans cette catégorie puisqu’on y trouve de l’amour, des rebondissements presque à suspens, des faits historiques rigoureusement exacts pour certains et d’autres qui le sont moins, de l’inceste et de la folie. Ce livre est passionnant, riche culturellement mais également dans sa vision d’autrui, d’espoir et de confiance en l’humain. La fin m’a fait penser à un film qui s’intitulait les eaux mêlées, tiré du livre de Roger Ikor… !

Ce livre est classé lgbt, mais peut être lu par tout un chacun, tellement ce livre est beau et bien écrit .il s’en dégage beaucoup de sensibilité, de délicatesse, loin de toutes allusions et descriptions scabreuses qui malheureusement alimentent la plupart des livres de cette catégorie. Je me suis plongé dans ce livre et n’ai pu relever mon nez qu’une fois achevé. Je souhaite à François Xavier une belle carrière d’écrivain, même si elle est difficile à mener.

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20 octobre 2013

Cheikh - Journal de campagne - Didier Lestrade

CheikhQuatrième de couverture :

Un cheikh est souvent un chef de tribu ou un notable vers lequel le groupe se tourne pour recueillir des consels. Mais dans une société industrielle comme la nôtre, dans le milieu homosexuel où la crise identitaire est parvenue au sommet, peut-il en exister encore ?

Oui. A sa manière Didier Lestrade en est un. Après plus de 20 ans d'activisme, ce journaliste, homosexuel et séropositif, a quitté la capitale pour s'installer sur une colline où, depuis quatre ans, il accueille ses amis venus lui raconter la vie en train de continuer à Paris sans lui. Et observe le monde en suivant les traces du cultissime Walden d'Enry David Thoreau.

Isolement, autarcie, décroissance, slow culture, ébullition de l'Internet, pornographie, silence et contemplation de la nature pourraient être les mots clefs résumant les sujets abordés dans cet ouvrage. Poésie, trahison, rejet et émerveillement, soulagement et colère aussin tant ce "journal de campagne" offre des pistes amoureuses et morales permettant d'affronter l'évolution d'une génération qui manque singulièrement de sagesse.

Ce livre n'est donc pas seulemnt la révélation de la face cachée de l'homosecualité moder c'est un récit personnel et polémique qui prend à témoin la société. C'est le message d'un cheikh qui veut croire que son exprience peut servir. Un livre qui annonce une nouvelle vie. 

 

Editions : Flammarion - ISBN : 978 2 0806 8964 1 - Broché 346 pages - Prix 22,40 euros

 

Mon avis : Volodia

Niais que je suis, en voyant le titre de ce livre, je pensais innocemment que Didier Lestrade souhaitait nous faire partager ses combats de militant. Que nenni, mon esprit tortueux habitué à voir partout des doubles sens aux mots, s'emberlificotait les neuronnes là ou il n'y avait pas lieu. Mr Lestrade avait tout simplement envie de nous parler de sa fuite éperdue de la capitale pour s'installer à la campagne d'où il nous fait partager les joies de la solitude - toute relative à mon sens, puisque sa maison est toujours pleine d'amis, copains invités et/ou qui s'imposent - , le retour à la terre, non sans observer de plus ou moins loin ce qui se passe dans la capitale et en tirer matière à réfléchir.

A lire l'auteur, il ne trouve qu'avantages à son exil. Hum possible, en tant que militant archiconnu d'une cause comme la nôtre et en son temps fêtard invétéré, un peu de calme permet de se recentrer sur soi-même, et sur le sens de son existence. Faire le tri de ce qui est indispensable de ce qui ne l'est pas et pour cela, il nous fait part de sa découverte de la philosophie de Henri-David Thoreau. Sans toutefois pratiquer à la lettre les principes, de décroissance, d'isolement et d'autarcie, l'auteur nous informe avoir réduit ses ressources et ses dépenses au minimum, Afin de se sentir plus libre de se consacrer à l’essentiel.

Mais Didier Lestrade ne serait pas lui-même s’il ne nous faisait part de quelques digressions, qui font mal, mais dont on ne peut  que constater le bien fondé, concernant les membres de la communauté gays, leur recherche de la performance sexuelle, leur consumérisme déjà évoqué dans d‘autres livres, mais également cet enfoncement dans des relations crades, sordides (ce qui semble nouveau aux dires de l'auteur c'est cette propension qu'on les gays actuels à aimer se rouler dans la fange - ce en quoi je ne peux lui donner tort, il suffit de surfer sur les sites de rencontres ou visionner quelques vidéos pour en avoir un aperçu ), leurs difficultés à trouver l’âme sœur, leur solitude voulue ou pour la plupart du temps subie.et bien évidemment le sida objet de tous ses combats, même si ce n’est pas l’objet principal de ce livre, et tout cela entre jardinage et travail de journaliste et/ou d'écrivain c'est selon...

Ce livre est plaisant à lire, l’auteur semblant apaisé eu égard à ses œuvres précédentes, il semble plus serein. Mais toujours, cet humour citronné, grinçant, qui égratigne furieusement et n’épargne personne, ni les les gays, ni les trans, ni les folles, mais si drôle dans ses réflexions, et empreint d’une telle sincérité, d'une telle vérité qu’on ne peut que lui pardonner, voire comme moi, l’apprécier à sa juste valeur.  Les conseils qu’il donne, et/ou sa vision des choses font qu’il peut paraître, parfois, comme un donneur de leçons, mais il ne faut pas oublier non plus que son expérience parle pour lui...

Si dans d’autres de ses œuvres je n’avais  pas  apprécié l’image qu’il me  renvoyait, à savoir celle d’un homme aigri, plein de rancoeurs, imbu de lui-même, réfractaire à tout changement, bloqué dans les années 80, et ce même si certains des sujets qu’il traitait, étaient empreints d'une certaine vérité, mais d'un avis tranché, ce livre me réconcilie avec lui. Enfin un auteur qui a des choses à dire et des messages plus qu'utiles à faire passer...

Intéressant donc !  

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31 août 2013

"Folles" - Textes de Philippe d'Aix - Illustrations d'Hippolyte Romain

follesUn petit opuscule plein d'humour qui marie l'écriture caustique et humoristique de Philippe d'Aix et les caricatures drôles et cruelles d'Hippolyte Romain.

Chaque texte à un thème différent (ex : faux skinhead, opéramaniaque, mondain ou encore clone) et décrit avec humour, tendresse et beaucoup de psychologie le comportement de folles que les gays du monde entier s'ingénient à perpétuer.

Editions Magliocca - ISBN : 2 000000 007224 - Prix : 9,91 euros.

Mon avis : Volodia

Ce petit livre est une pépite du genre. Délicieux et jouissif au possible. A prendre au second degré bien évidemment.

Certaines caricatures datent un peu, notamment, dans la description du "clone" en blue jean, blouson de cuir, casquette de base ball, moustache et chemise à carreaux... C'était la mode en vigueur chez les gays des années 80, quant aux "cuirettes", je ne suis pas sûr que ce soit seulement un "look".

Mais dans l'ensemble, les descriptions sont assez exactes. J'ai dévoré ce livre en deux  petites heures. La facture en est agréable, et chacun des textes est accompagné d'une caricature aussi vrai que nature

 

Posté par chezVolodia à 21:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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