06 juillet 2018

Le Nain de l'ombre - David Madsen

 

9782752905468FSQuatrième de couverture :

"Léon est un homme de grande taille, au teint bistré, un peu gras (bouffi, disent les mauvaises langues). Il marche en se dandinant et monte à cheval en amazone à cause des ulcères de son cul". C'est ainsi que Peppe, nain bossu et chambellan de Sa Majesté, présente dans ses mémoires sulfureux son maître bien-aimé, le pape Léon X. Ce prince de l'église, qui protégea Raphaël et Michel-Ange mais condamna Luther, courait aussi les ruelles pour lever des michetons.

Autant dire que les hommages rendus n'obéissaient pas, loin s'en faut, à ce que l'histoire officielle vanta de la Renaissance italienne. Léon était certes un ami des arts, mais aussi un être de chair ( et de quelle trempe ! - dont le désir, dans sa grande sagesse, n'était autre, en attendant mieux, que d'atteindre le ciel sur la terre.

 

Editions : Phébus - ISBN : 9 782752 905468 - Poche 377 pages - Prix : 10 euros

Mon avis : Volodia

A travers les mémoires de Giuseppe Amadonelli dit pepe, nous découvrons toute une période de la Renaissance Italienne, dans tout ce qu’elle a d’exubérant, de décadant et de violent.

Nain contrefait et difforme, né en 1478, dans le quartier du Transtévère, quartier populeux, malfamé et miséreux de Rome, il nous raconte sa vie : Né d’un viol, détesté et maltraité par sa mère alcoolique et incestueuse, illettré et souffrant mille maux en raison de son infirmité, sa vie n’est qu’un nœud de douleurs et son avenir ne s’annonce guère brillant.

Sa rencontre avec une jeune fille qui l’initiera à la Gnose, doctrine religieuse par laquelle l’homme appréhende le divin, lui permettra de s‘élever intellectuellement, et d'arriver par son intelligence jusqu’au plus hautes fonctions en devenant le Chambellan et confident du Pape Léon X.

Nous suivons histoire et son ascension auprès de Léon X, au goût prononcé pour les jeunes gens bien pourvus par la nature et dont les assauts ne sont pas sans conséquence pour son postérieur. Il nous le dépeint comme un amoureux des arts et des lettres, avec toutefois des choix artistiques tributaires de son penchant particulier.

C’est avec une grande intelligence qui n’a d’égale que sa sensibilité, que Pépé nous relate sa rencontre avec Raphaël qui ne peut faire son portrait car il ne peut peindre que la beauté et c’est dans un langage coloré et cru que Pépé nous narre les colères de Léon X aux provocations de Luther, ses démêlés avec tous les Grands de cette époque : Alexandre Borgia, Jules II, Louix XII, François 1er, Henri VIII, Maximilien 1er, Charles Quint.

David Madsenn, nous livre un récit haut en couleur et d’une grande érudition. Son roman mélange allégrement, histoire d’amour, faits historiques, intrigues, lucidité et humanisme. 

A propos de l'auteur :

Derrière le pseudonyme de David Madsen se cache un philosophe de langue anglaise, féru de théologie, qui vit à Copenhague et qui pour l'intant refuse de tomber le masque.

Le Nain de l'ombre qui est son premier roman a été couronné livre de l'année 1995 par le très remuant Gay Times. Ce livre a fait scandale en Grande-Bretagne, où la vision érudite et provocante qu'il donne de la Renaissance lienne en a choqué plus d'un.

 

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13 juillet 2016

Contes d'amour des samouraï - Saïkakou Ebara

9782915842951

Quatrième de couverture :

Ces contes d'amour rédigés par le grand écrivain Saîkakou Ebara sont la peinture des moeurs de ces chevaliers féodaux, prompts à s'aimer entre eux afin de ne pas tomber dans les rets d'amours féminines jalonnées d'artifices. Car la relation avec une femme passait, dans le milieu des guerriers, pour rendre un homme faible, lâche et.... efféminé.

pourtant, la voie de l'amour mâle n'épargne pas ses adeptes, même lorsqu'ils sont d'insignes combattants. Les affres de passions parfois douloureuses - au point qu'un certain nombre d'entre-elles se soldent par le suicide.

A travers ces treize récits, c'est toute la beauté et la complexité du Japon du XVIIème siècle qui prend corps sous la plume libertine et chevaleresque de Saïkakou.

Editions : Cartouches - ISBN : 9 782915 842951 - Broché 125 pages - Prix : 10,20 euros.

 Mon avis : Volodia

Ce livre est un petit bijou. Il dépeint les moeurs féodales chez les samouraï ou semble-t-il la pédérastie (et non pédophilie je le précise) était chose tout à faire courante et normale vu leur haute opinion des femmes. Celles-ci n'étant considérées que pour leur rôle de reproductrice.

C'est beau, doux, délicat, raffiné, poétique. Sans phrase indécente et/ou obscène.  L'adulte y tenant le rôle d'initiateur, de maître de la connaissance comme aux temps des grecs et des romains, alors que les pages (apprentis et/ou jeunes samouraïs) y faisaient office d'élèves, le favori étant élevé au rang d'amant.

Dans ce livre, il est question d'amour sincère (du samouraï) envers le page (favori) qui l'accepte et lui rend au centuple, de traitrises (par un serviteur ou un autre page jaloux), de bravoure face à l'adversité et surtout d'honneur porté jusqu'au boutisme (donc la mort par hara-kiri). Quelques femmes y font leur apparition, réduites à l'état d'empêcheuses de tourner en rond, souvent haïes quand elles ne sont pas tout simplement ignorées.

Un livre à offrir sans modération à votre aimé...

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10 novembre 2013

Les larmes de Machiavel - Raphaël Cardetti

 

9782714439673

Quatrième de couverture :

En ce début d'année 1498, les brumes hivernales pèsent plus que de raison sur le gigantesque dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore, plongeant Florence dans l'humidité glaciale. Mais, pour l'heure, les habitants ont d'autres préoccupations : depuis la chute des Médicis, la vindicte populaire gronde, avivée par les sermons du charismatique moine Savonarole, et la découverte de cadavres atrocement mutilés échauffe davantage encore les esprits.

Témoin d'un des meurtres, Niccolô Machiavel, jeune secrétaire de la chancellerie, met à profit sa connaissance des rouages politiques pour mener son enquête et se trouver bientôt plonté au coeur du plus grand scandale de l'époque. Sous nos yeux se dessine alors une comédie macabre qui pourrait bien réduire en cendres la fragile paix d'une ville où les hommes sont tour à tout pions, fous ou cavaliers.

 

Editions : Belfond - ISBN : 978 2 714 43967 3 - Broché (existe en poche)  297 pages - Prix 21 €

 

 Mon avis : Volodia

J'ai aimé ce livre, même si j'en ai été un peu déçu par ailleurs. En effet, je m'attendais à une page d'histoire, bien que ce livre soit positionné dans la catégorie roman, relatant un épisode historique dans l'Italie de la Renaissance, que ce soit par rapport aux arts ou à la politique. Or, il s'agit en réalité d'une intrigue policière, très bonne du reste, dont l'auteur joue de façon ambigûe avec le nom de Machiavel.

Le climat de l'époque est assez bien rendu. Les Français aux portes de l'Italie, Pise révoltée contre la mainmise de Florence avec les autres villes prêtent à se soulever également contre l'allégeance due à la toute puissance Florence. Elle-même épuisée par 10 ans de guerre, et devant se garder des agitateurs publics comme le Cardinal de Saint Malo, représentant du Pape venu proposer au Gonfalonier Soderini une alliance avec la France contre monnaire sonnante et trébuchante, un moine dominicain en rupture de ban avec Romme à qui il reproche la corruption et une dégradation des moeurs et entraînant par la flamme de ses sermons toute une foule de petites gens et en particulier une jeunesse toujours prompte à balayer l'ancien régime pour en adopter un nouveau plus conforme à ses aspirations.

Les premières pages de ce récit commencent par un enlèvement et une description de scènes de torture difficilement soutenable. Bien que sachant l'époque cruelle, je ne vois pas vraiment l'utilité de détailler les sévices suvis par les supliciés et c'est ainsi tout le long du livre. A croire que l'auteur s'en délecte, ce qui met à mon sens un peu en retrait l'intrigue du livre. Ceci dit, j'ai été également un peu frustré de ne pas avoir plus de détails sur les fastes de cette époque, l'action décrite se passant principalement dans un grenier contenant des archives, un atelier crasseux, des tavernes et des maisons closes, des caves et des souterrains sordides.

Ceci mis à part, l'histoire est passionnante et vous tient en haleine du début à la fin et si vers la fin du livre j'ai cru entrevoir la machination et reconnaître le ou les coupables, reste que le dénouement m'a laissé pantois.

De fait, j'ai passé un très bon moment avec ce livre à partir de l'instant ou j'ai cessé de le voir comme un livre historique et que je l'ai lu comme un polar.

J'ai mis ce livre dans ce log littérature lgbt, au motif que le personnage de Soderini avait une préférence pour la "plastique" masculine et "... que rien ne lui plaisait temps que de tenir dans les bras, le corps délicat d'un  damoiseau tout juste sorti de l'adolescence ou celui, plus solidement charpenté d'un homme déjà mûr". Mais la description des préférences et des moeurs du Gonfalonier Soderini s'arrête là. De fait, je vais également parler de ce livre en littérature générale.

 

Raphaël Cardetti

A propos de l'auteur :

Raphaël Cardetti est né en 1973. Spécialiste de la Renaissance florentine, il vit à Paris et enseigne la littérature italienne à l'université.

"Les Larmes de Machiavel" est son premier roman.

 

 

 

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18 juillet 2012

Bougres et Tribades - L'homosexualité au XVIIIème siècle - Nicole Masson - Patrick Cardon

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Quatrième de couverture :

Au XVIIIème siècle, les homosexuels, hommes et femmes, vivent des expériences pour le moins contrastées. "Vice à la mode" à la cour et dans l'aristrocratie, orientation sexuelle liée à la débauche la plus infâme dans l'opinion commune, crime social puni de mort, il est bien difficile aujourd'hui d'imaginer la vie des bougres (homosexuels) et des tribades (homosexuelles).

Bougres et tribades mêle tous les genres que se disputaient les libertins pour évoquer le règne du "péché philisophique", comme l'appelle Voltaire. On trouve ici parfois des propos grossiers et insidieux que l'on qualifierait aujourd'hui d'homophobes, mais qui démontrent l'intensité de la vie homosexuelle avec ses lieux, ses modes de vie, ses expressions et l'on peut lire de véritables manifestes en faveur de lajouissance, sous toutes ses formes. Les problèmes sont déjà posés d'une manière très moderne : affirmation de soi face à un discours moral, judiciaire, religieux ou médical, souffle de liberté revendiquée, enjeux politiques.

Editions : Au Chêne - ISBN : 978 2 81230 588 7 - Prix : 15,50 euros.

 

Mon avis : Volodia

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Ce livre est non seulement instructif mais également très plaisant et distrayant à lire. Il se présente comme un "écrin", en format "missel" que l'on peut glisser très aisément dans une poche, son édition en est soignée et de qualité (papier, tranches des feuilles dorées, gravures).

Les textes répertoriés sont des extraits de procès judiciaires, de journaux, de lettres personnelles, voire de traité et d'encyclopédie, et sont assez "croustillants" non pas leur érotisme, mais dans la façon de l'exprimer : P1100304

"un garçon, il faut qu'il soit bien nu,

 Souvent on trouve, c'est connu,

 Superbe tête et vilain cul !"

Et on y constate que l'homosexualité pourtant si fortement décriée et cruellement punie, était somme toute chose assez commune. On y parle aussi d'hermaphrodisme mais non en tant qu'individu, qui plus est souffrant, mais plutôt en terme de curiosité, les ramenant tout simplement à des "cas".Nous y découvrons également, l'origine, non dénuée d'intérêt, du nom de "bougres". 

NICOLE MASSON

A propos des auteurs :

Nicole Masson, spécialiste du XVIIIème siècle et  professeur d'Université à la faculté des Lettres et Langues de Poitiers et membre de l'équipe FoReLL (EA 3816).

Spécialiste de Voltaire, d'histoire du livre et de poésie au XVIIIe siècle, elle est l'auteur, notamment, de La Poésie fugitive au XVIIIe s., Champion, 2002 et elle préside la Société Rétif de La Bretonne

 

Patrick Cardon

Patrick Cardon est titulaire d'un diplôme de sciences politiques et d'un doctorat de lettres. Militant de la cause homosexuelle il est éditeur chez Gaykitchcamp de textes aujourd'hui introuvables.

Nicole Masson et Patrick Cardon ont coopéré pour choisir des déclarations époustouflantes, des anecdotes cocasses, mais aussi des récits touchants, troublants et étonnants.

 

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20 février 2012

Anomalies et perversions sexuelles - Magnus Hirschfeld

Magnus Hirschfels tient une place particulière au tournant des XIXè et XXè siècles, parmi leP1060327__2___302x500_s grands noms de la sexologie.

Simultanément scientifique et homme d'action, il créa en 1897 (soutenu par Tolstoï, Zola, Einstein, Buber, Rilke, Hess, Thomas Mann, Krafft-Ebing, Freud - qui le tenait en grande estime - et au total, plus de 6000 personnalités !) le Comité Humanitaire Scientifique pour l'abolition du "paragraphe" 175 du Code pénal. Ce dernier condamnait dans tout le Deutsch Reich, depuis Bismarck, les relations sexuelles entre hommes adultes consentants (Hirschfeld était lui-même homosexuel). Sa pétition fut rejetée par le Reichstag en 1898 (le paragraphe 175 ne fut définitivement aboli qu'en 1994).

En 1919, il fonda à Berlin un Institut de Sexologie qui servit de modèle mondial, visité par le nombreuses personnalités (dont Nehru), et qui lui valut, aux Etats-Unis, le titre journalistique d'"Einstein du Sexe" ! Humaniste militant, il lutta en faveur de la décriminalisation de l'avortement, de la protection maternelle et de l'autorisation du mariage des institutrices et des servantes.

L'acharnement des nazis (qui en firent l'emblème de "l'éternel juif criminel"), l'autodafé en 1933 de ses archives et de la grande bibliothèque de son Institut (qui contenait les oeuvres de Berthold Brecht, de Stefan Sweig, et de tant d'autres), les tentatives de meurtre dont il avait souvent fait l'objet, le contraignirent à l'exiler en France où il mourut subitement à Nice, le jour de son 67ème anniversaire. Il laissait partiellement inachevé sont dernier livre dont lessentiel était prêt pour l'impression.

Cet ouvrage - ici réédité - fut complété (d'après les notes qu'il avait laissées) par des collaborateurs dévoués de l'Institut, partageant son exil mais restés anonymes, estimant qu'ils ne faisaient que sauvegarder son oeuvre.

D'abord facile, par son style clair et dénué d'artifices, ce livre n'appartient pas qu'à  l'histoire. Il reste actuel, tant pour les spécialistes des Sciences Humaines et de la Psychiatrie que pour le grand public.

MagnusHirschf (Kolberg 1868 - Nice 1935), Docteur en Médecine, Expert auprès des tribunaux, Membre important du S.D. (parti social démocrate) fut un écrivain prolixe. on lui doit un Sapho et Socrate, les lois naturelles de l'amour, l'homosexualité, le transvestime (terme qu'il créa), la Pathologie de la sexualité, l'Abrégé de la sexualité, etc...)

 Mon avis : Volodia

L'intérêt de ce livre est qu'il est intemporel. Il fait tomber tous les tabous, met à mal tous les  "a priori" et "certitudes" véhiculés depuis des  générations avec des mots, des termes que tout un chacun est susceptible de comprendre sans pour autant être médecin ou faire partie du corps médical. Les explications données quant aux causes du transexualisme et bien d'autres sujets sont particulièrement claires et précises. Tous les sujets évoqués dans ce livre ont fait l'objet d'études approfondies, fouillées, disséquées , mais jamais au  titre de voyeurisme en aucun cas dans le but d'un jugement négatif, mais toujours dans le souci d'éclairer ses contemporains sur des sujets dits "tabou" dans le but de faciliter la compréhension de ces particularités et si possible l'acceptation et non le rejet pur et simple et/ou l'indignation. L'audace des théories développées dans ses écrits a du être, pour l'époque le pavé jeté dans la mare.

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08 novembre 2011

Les Ondes de la Tourmente - Marc Devirnoy

Préambule : Le 16 octobre nous avons reçu un mail de Mr Philippe R..... de Mémoire Collective attirant notre attention sur la parution du livre écrit par Marc Devirnoy intitulé : Les Ondes de la Tourmente. Dans ce mail, fort aimable au demeurant, Mr Philippe Revost nous remerciait du relais que nous voudrions bien donner à cet ouvrage sur notre site et nous indiquait les adresses ou les lecteurs pourraient se procurer ce livre. Aussi et compte tenu de la grande courtoisie formulée dans ce mail, nous ne pouvions qu'accéder à cette demande :

. mémoire_collective@orange.fr

. Site Internet du livre : http://ondesdelatourmente.free.fr

En vente : à la Librairie les Mots à la Bouche  : 6 rue Ste Croix de la Bretonnerie 75004 Paris,

les_ondes_de_la_tourmente_262525_250_400Le livre :

Quatrième de couverture :

Ce roman historique observe la montée du nazisme dans les années 30 à travers la vie d'un jeune Lorrain. Ernest Klein. Passionné par l'écoute des grandes radios internationales qui commencent à émettre en Europe. Il va avoir la chance de faire partie de l'équipe fondatrice de Radio Strasbourg. En 1930, le gouvernement français décide de lancer cette grande station régionale pour couvrir toute l'actualité artistique d'Alsace et de Lorraine mais surtout pour être la vitrine de la culture française en Allemagne et devenir un outils de réconciliation entre les deux pays.

Malheureusement, les bruits de bottes venus d'Allemagne vont, peu à peu, transformer la station en radio de propagande. L'Alsace et la Lorraine, avec leur double culture, deviennent le réceptacle mais aussi le miroir grossissant des tensions entre la France et l'Allemagne. Ernest Klein va être au premier rang pour observer une Europe à la dérive où chacun va devoir choisir son combat et comprendre que la neutralité est un exercice impossible.

Si le tourbillon des ondes de la tourmente va peu à peu emporter Ernest Klein sans qu'il puisse le maîtriser, il va néanmoins se battre pour préserver sa vie intime et sentimentale. Et à cette époque, tomber amoureux d'un garçon de son âge n'est pas sans poser de problèmes de conscience mais aussi d'insertion sociale.

Si les religions dominantes condamnent l'homosexualité, la science la considère comme une maladie mentale et la société comme un fléau social, voire un comportement criminel. Ernest et son ami Paul vont tenter de garder leur secret. Ensemble, ils vont partir à la découverte d'une Lorraine et d'une Alsace secrètes où leurs semblables ont réussi à tisser une toile fragile pour survivre dans un environnement hostile. Toujours partagés entre leur double culure franco-germanique, ils vont également s'imerger dans un Berlin ou un Paris interlopes, om intellectuels et artistes homosexuels commencent peu à peu à imposer leur différence créative. Mais dans ce milieu aussi, la montée du nazisme n'est pas sans susciter les interrogations.

Avec la guerre, l'occupation de la France, l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, la vie de Ernest et de Paul va être bouleversée. Mais parviendront-ils à préserver leur amour ?

Editions : Mémoire Collective - ISBN : 978-2-9540127-0-4 - Broché 187 pages - Prix : 16,95 euros.

 

Mon avis : Volodia

J'ai toujours eu une certaine réticence à lire et à donner mon avis sur le rôle des homosexuels durant l'occupation et sur le sort qui leur était réservé. Car, la plupart des livres évoquant ce sujet sont présentés par des mouvements militants, des magazines et/ou sites militants bien souvent partials. Toutefois, je dois reconnaitre que j'ai apprécié ce livre, qu'il m'a touché à plus d'un titre : 1) en qualité de juif - 2) en tant qu'homosexuel, ce que je suis et que j'assume en totalité, sans gloriole ni honte. 

Ma première surprise a été de constater que ce livre fait moins de 200 pages, ce qui pour le sujet évoqué mérite d'être souligné et implique un récit concis. La présentation en est soignée et agréable, malgré une ou deux coquilles relevées ça et là.  Chaque période importante fait l'objet d'une nouvelle page à l'intérieur de laquelle chaque évènement fait l'objet d'un paragraphe. Ce qui donne une bonne aération du texte, en rend la lecture aisée et donne plus de force au récit.

Le style est net et précis, sans disgression, mais très instructif : Les différences culturelles et le parler entre Lorrains, Messins et Strasbourgeois. Idem quant à la naissance et le pourquoi d'une radio spécifique dans l'Est de la France. Car, oui c'est là que l'intérêt réside en grande partie. Si l'on connaît plus ou moins le rôle des intellectuels en cette époque troublée, on fait surtout allusion aux rôles des journalistes et des écrivains. Là Marc Devirnoy nous fait entrer dans un monde pas très connu celui des radios et de ceux qui les animent.

J'ai trouvé moins d'intérêt en milieu de livre puisque faisant état d'évènements plus généraux relatés sous diverses formes dans de nombreux livres traitant de ce thème. Il n'empêche que j'ai trouvé émouvant l'ardeur que met l'auteur à défendre sa région, à protéger son amour puis, à essayer de le retrouver envers et contre tout et tous.  Je ne connaissais pas le paragraphe 334 des Lois de Vichy et si je trouve injuste le fait que les homosexuels déportés n'aient pas eu droit à la carte de déporté qui leur aurait permis de bénéficier de quelques aides à leur retour des camps,  je peux comprendre le rejet des autres déportés lorsque les triangles rose ont voulu participer eux-aussi aux cérémonies commémorative, en raison du rôle que certains ont tenu que ce soit à l'extérieur, comme à l'intérieur des camps.(Cf: article que je vais rédiger sur mon blog principal). 

Je me permets de vous recommander la lecture de cet ouvrage au combien intéressant, qui relate des faits dramatiques mais  n'en fait par pour autant un récit larmoyant. 

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30 octobre 2011

Le monde des Eunuques - Olivier de Marliave

La castration à travers les âges

Le_monde_des_eunuquesQuatrième de couverture :

Castration, émasculation, éviration, les mots ne manquent pas pour désigner une opération universellement attestée et encore pratiquée de nos jours. De la Chine à la Russie, de la Turquie à l'Inde, de l'Italie à l'Egypte, puissants ou serviteurs, les eunuques sont présents depuis des siècles.

Agissant dans l'ombre ou brillant à la cou, ils jouèrent très souvent une rôle primordial dans la conduite desempires, prenant même parfois la tête des armées. Mais tenus pour être des domestiques idéals en raison de leur "innocence", ils furent particulièrement recherchés par les marchands d'esclaves qui tiraient de bien meilleurs profits dans le trafic de ces hommes "doux et serviles".

Aujourd'hui - depuis 1923 seulement -, les castrats de la chorale de la Chapelle Sixtine, de la Cité Interdite ou des palais ottomans ont disparu. Pourtant, on trouve encore des eunuques en Inde, appelés Hijras - communauté estimée à près de quatre millions de personnes, qui vit de mendicité ou de prostitution et à laquelle on attribue des pouvoirs sacrés - et jusque très récemment en Russie, avec la secte des dernier Skoptzy, qui espéraient "acheter le ciel" en s'automutilant.

Dans cette passionnante enquête, Olivier de Marliave nous dévoile l'histoire tragique de ce "troisième genre" qui, selon les époques et les lieux, fut - est - méprisé, craint ou vénéré.

 Editions : Imago - ISBN 9 782849 521243 - Broché 223 page - Prix : 20 €

 

Mon avis  : Indiangay

C'est avec une  attention particulière que j'ai lu ce livre, qui marquait l'intérêt d'un européen pour des coutûmes qualifiées souvent d'un autre âge mais, qui à l'époque trouvait leur utilité.

L'auteur met en évidence ces mutilations sur le compte essentiellement de la religion. Que cette mutilation ait été faite pour motif religieux et de plein gré pour les hijras/aravani, et la secte chrétienne des Kopotzy. Il n'en est guère de même avec les Castrats, qui subissaient cet acte, encore enfants, aux fins de garder la pureté de leur timbre de voix. Quant en Orient et au Moyen Orient, les mobiles en étaient plus utilitaires et mercantiles. Et s'ils étaient dociles envers leur maitre, ils se montraient intraitables avec les femmes dont ils avaient la garde n'hésitant pas à appliquer les punitions quelles qu'elles fussent avec la plus grande sévérité pour ne pas parler de cruauté. Ce qui faisaient de ces êtres mutilés et incomplets des êtres craints, moqués, méprisés non seulement dans les harems mais également, dans les rues et ce malgré la puissance qu'ils pouvaient acquérir s'ils se montraient habiles à servir leur maître.

Ce livre m'a fait découvrir l'histoire des castras de l'église, à la recherche du fameux contre-ut mais également les raisons qui ont poussé des gens d'églises à transformer de jeunes garçons en eunuchs puisqu'il était interdit aux femmes de se produire sur des scène de spectacles.

160px_SkoptzyPour ce qui est de la secte chrétienne des Koptzy, en Russie, je n'en avais jamais entendu parlé et de ce fait, je suis fort content d'en connaître un peu plus à leur sujet et surtout sur leurs motivations à la castration. Je tiens tout de même à préciser que les Kopotzy sont eux aussi émasculés en totalité et que comme les Hijras/Aravanis, ils n'entreprennent aucune intervention chirurgicale pour une reconstruction génitale ou vaginale. En raison les motifs religieux de cette mutilation (Les Koptzy pensent atteindre par ce moyen la perfection et par là-même Dieu. Les Hijras/Aravanis commémorent le sacrifice d'Aravan en prenant la forme féminine de Krishna).

D'autre part, le fait d'être castrés, émasculés pour certains, ne veut pas dire obligatoirement homosexualité. Nombre d'Euneuchs eurent des harems, des épouses et adoptèrent des enfants, que ce soit en Europe, Au moyen-Orien et en Orient et en Asie (chine). Le continent indien y a malheureusement fait exception, puisque depuis la fermeture des zénanas (appartements des femmes), l'accent est mis sur l'aspect  religieux, le magique et la supertition. Leur reste, pour survivre, dans un monde  révolu mais qui résiste malgré tout à toute évolution, des moyens aussi peu nobles que respectables.

 olivier_de_marliave_prix_guide_pyreneenA propos de l'auteur :

Ecrivain voyageur, Olivier de Marliave a publié de nombreux ouvrages consacrés à la mythologie populaire et aux enquêtes ethnologiques.

 

 

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04 juin 2011

Homosexualité et prostitution masculine à Paris (1870-1918) - Régis Revenin

R_gis_reveninLa Belle Epoque est une période méconnue dans l'histoire des homosexualités en France, excepté quelques grandes figures lesbiennes ou gays - littéraires le plus souvent. Pourtant, c'est à la fin du XIXème siècle qu'apparaît à Paris, une subculture homosexuelle, très visible, avec ses lieux de sociabilité propres dont une grande partie est spécifiquement homosexuelle. Ses lieux de rencontre en plein air, ses codes sociaux, ses moeurs sexuelles, ses moyens de résistance à l'ordre social et sexuel..

L'émergence d'un "monde" homosexuel parisiens (bains, bals, bars, "bordels", cafés, "drague" en plein air, prostitution masculine, restaurants...) coïncide avec le développement des discours médicaux fustigeant l'homosexualité en tant que perversion sexuelle, au motif de la soustraire à la répression policière et judiciaire.

Toutefois, cet essai montre combien la vie des gays parisiens n'est pas, à la Belle Epoque systématiquement marquée du sceau de la répression. Il met également en question de nombreux mythes qui entourent l'histoire des homosexualités en France (et ailleurs), notamment celui de l'homosexualité nécessairement cloisonnées dans les "classes" privilégiées de la société, jugées plus tolérantes, ou encore selon lequel les gays parisiens auraient vécu cacvhés, invisibles, isolés, honteux et malheureux jusqu'au années dites de "Libération Sexuelle" (après 1968).

A partir d'archives de police jusqu'alors inédites, d'articles de presse, d'écrits médicaux, de récits autobiographiques et de sources littéraires, Régis Revenin nous fait découvrir le vaste "monde" gay du Paris de la Belle Epoque.

Editions : L'Harmatttan - ISBN : 2 7475 8639 1 - Prix 21,20 euros - Broché 225 pages

Jeune Chercheur en histoire du genre et des homosexualités à l'Université Paris VII - Denis Diderot, Régis Revenin est titulaire d'un DEA d'histoire contemporaine, et mène actuellement des recherches sur l'histoire des lesbiennes et des gays en Ile-de-France entre 1870  et 1945.

 

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02 juin 2011

Nos ancêtres les pervers - Pierre Hahn

Nos_anc_tres__les_perversLa vie des homosexuels sous le second empire -

"La passion de la pédérastie, surtout lorsqu'elle a été contractée dans le jeune âge, abâtardit les natures les plus vigoureuses, effémine les caractres les mieux trempés et enggendre la lâcheté. Elle éteint chez ceux qu'elle possède les sentiments les plus nobles, ceux du patriotisme et de la famille : elle fait d'eux des êtres inutiles à la société ".

Ainsi s'exprime Félix Carlier, chef de la police des moeurs à Paris dans les années 1850. Et le Dr Ambroise Tardieu, médecin-chef des hôpitaux, de surenchérir : "...Il est difficile de ne pas admettre chez les pédérastes une véritable perversion des facultés morales. A voi la dégradation profonde, la révoltante saleté des individus qui recherchent et qu'admettent près deux des hommes en apparence distinguée par l'éducation et par la fortune, on serait le plus souvent tenté de croire que leur sens et leur raison sont altérés...".

C'est que nous sommmes à l'apogée de l'empire de "Napoléon le petit". C'est le règne des grands bourgeois, des banquiers et d'un ordre morale strick sur lequel la Police, et bientôt la Médecine, sont chargées de veiller sans rel$ache. La répression de l'homosexualité devient alors l'obsession des autorités : incarcération internement en hôpitaux psychiatriques, suicide, chantage, tel est le lot du "pédéraste" sous le Second Empire.

Mon avis : Volodia

Hum très instructif, et révélateur de l'hypocrisie d'une époque. Le pervers étant le pédéraste nom donné sans discernement à partir du moment ou il englobe les amours "antiphysiques".

Le livre est  plus qu'intéressant car il montre l'opinion non seulement d'un commissaire de police face à ce problème qui tellement honteux, tellement réprimé, engendrait des lieux de rencontres clandestines, la prostitution et le chantage et de l'autre, la médecine pour qui se posait des problèmes d'hygiène, de maladies vénériennes, de remise en cause des grands principes moraux et physiques : un homme est fait pour une femme, auquel cas, son cerveau est malade...

A la fin de ce livre, vous saurez tout sur les codes qui régissaient cette société de l'ombre, sur les "tantes", les "jésus", les "petis jésus", les "insoumis", les "persilleuses", les "entretenus et les entreteneurs", y compris sur "l'anus infundibuliforme".

Editions : H & O - ISBN : 2 84547 108 4 - prix : 19 euros - Broché 216 pages

Avec Nos ancêtres les pervers, Pierre Hahn, historien et pionnier du militantism gay dans les années 1970, fait revivre pour nous cette époque charnière de l'histoire de l'homosexualité en France. 

 

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09 avril 2011

La péniche sanglante - Christian Gury

untitledA la Noêl 1937, sur sa luxueuse péniche amarrée au quai du Point du Jour, la championne Violette Morris recordwomab du lancer de poids et de javelot, lesbienne excentrique et future tortionnaire de la Gestapo, tue un légionnaire de plusieurs coups de feu.

En 1939, à son bord alors qu'elle vit avec la comédienne Yvonne de Bray (la mère dans Les Parents Terribles), elle héberge  Jean Cocteau, pour qu'il écrive Les Monstres Sacrés, et le conduit sur la ligne de front rejoindre Jean Marais.

L'ensemble de ces éléments, battus en salade, se retrouve dans l'oeuvre de Patrick Modiano, notamment dans La Ronde de nuit, Une jeunesse, Remise de Peine et De si braves garçons.t

A propos de l'auteur :

Avocat honoraire à la Cour d'Appel de Paris et essayiste, Christian Gury est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages de droit et d'histoires littéraires. Aux édtions Non Lieu : Proust et Lyautey : Exeiques et Années Folles : Lyautey-Charlus et, sous le pseudonyme de Luc Alderic : Un gentilhomme libraire.

  

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