20 août 2017

Histoire de la violence - Edouard Louis

Histoire de la violence

Quatrième de couverture :

J'ai rencontré Reda un soir de Noêl. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter chez moi. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble on discutait, on riait.

Vers six heures, il a sorti un révilver et il a dit qu'il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Editions : Points - ISBN : 9 9782757 864814 - Poche 225 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

J’ai attendu que le battage médiatique fait à la parution de ce livre et le procès qui s’en est suivi s’estompent avant de le lire, ne voulant pas avoir l’esprit parasité par les avis des uns et des autres qu’ils soient bons et/ou mauvais.

Lorsque j’ai eu ce livre en main et l’ai compulsé pour la première fois, je dois avouer l’avoir reposé direct tellement j’ai été dérouté par le style et le langage employé, le tout me semblait au premier abord tellement désagréable et ardu à déchiffrer.

Comme il fallait s’y attendre, mon métier et surtout ma curiosité m’ont fait dépasser cette barrière et bien m’en a pris, car même si j’y ai pris un plaisir mitigé, il en ressort un traumatisme important pour l’auteur  qu’il lui fallait exorciser et qu'il nous relate sans fausse pudeur.

Ce livre c’est l’histoire d’un viol, celui qu’a subi Edouard Louis, que nous apprenons à travers le récit que fait par téléphone, sa sœur à son mari, alors que l’auteur est caché derrière un rideau, et se fait fort d’apporter des précisions ou de rectifier les dire de sa sœur à l’attention du lecteur qui tient lui le rôle de « voyeur » ( et, qu'il suppose sans doute, n’aurait peut être pas compris le contexte dans lequel il s’est déroulé ou celui dans lequel sa famille évolue et la place qu’il occupe dans celle-ci)….

C’est en cela que le récit est dérangeant, je ne vois pas l’intérêt de faire jouer le rôle de « rapporteur » à sa sœur, à moins que ce ne soit plus facile pour lui de raconter cette histoire par l’intermédiaire d’un tiers et de se distancier ainsi des évènements traumatiques qui se sont produits et dont il a été la malheureuse victime.

Ce qui me chagrine également c’est de mettre, dans la bouche de sa soeur, un langage très populaire au risque de la faire passer pour « analphabète ». On sait, il nous l’a suffisamment répété qu’il vient d’un milieu modeste de Picardie. Une région minée par le chômage, dont les natifs du cru ont un quotient intellectuel "assez médiocre", et au parlé franc, accompagné d’un accent à couper au couteau. On a compris que lui s’était sorti de cette crasse ignorance, en faisant des études et en reniant son milieu social d’origine. Mais là, c’est trop, ça sonne comme une marque de fabrique, comme la stigmatisation d’une région et de ses habitants dont il a exagéré les particularités  à dessein, et sur lesquelles il a fabriqué sa renommée. Je trouve ça moche, de se servir des défauts vrais ou présumés de quelques uns pour faire rire et/ou pitié au détriment de ceux-ci, afin de s’assurer un certain type de lecteurs voire de s’assurer du succès.

Il va s’en dire également que je ne doute absolument pas de la véracité de son récit quant aux évènements qui ont eu lieu, son ressenti, ses craintes, ses réactions la plupart légitimes bien que certaines, à mon sens, soient sujettes à caution. En effet, que ce soient ses amis à qui il a raconté l’affaire qui l’ont poussé à porter plainte, les excuses qu’il se trouve et accorde à son agresseur en raison de ses origines, ses atermoiements une fois la plainte déposée tout cela donne, à mon sens, une certaine discordance au récit eu égard à la gravité des faits.   

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13 juin 2017

Guillaume Dustan - Frédéric Huet

31-132-largeQuatrième de couverture :

"A l'appartement qu'un ami bijoutier lui avait prêté, le sujet de la sodomie s'est insinué entre nous. Il était en train de boire un verre de rouge assis contre la gazinière dans la cuisine et revenait sans cesse à l'attaque avec son désir de me prendre.

Je lui ai alors déclaré que j'étais comme Jane Birkin dans le film Je t'aime moi non plus, que la sodomie c'était impossible pour moi. Il m'a répondu que tout était dans la tête. Bien sûr, j'ai pensé, il dit ça pour mieux arriver à ses fins. Je suis resté dubitatif. Il est allé se douche. Je l'ai rejoint dans la salle de bain. Derrière le rideau, je lui ai demandé ce qu'il pensait de moi, si j'étais ce qu'on appelle un "écrivain" c'est-à-dire quelqu'un essayant d'exprimer un monde à sa façon. Il a dit oui. Cela m'a rassuré, m'a fait plaisir. C'est à ce moment que nous avons parlé de sa mort. Je lui ai dit que j'écrirais un livre sur lui un jour. L'idée d'écrire sur lui, ça lui a plu.

Dans la chambre qui donnait sur le square du Temple, nous nous sommes ensuite embrassés, je lui ai mi un préservatif et il m'a pénétré. Il était arrivé à ses fins. Nous nous sommes endormis main dans la main".7

Editions : Les EDITIONS du Nouveau Livre - ISBN : 9 782919 000555 - 70 pages - Prix : 14 euros

Mon avis ; Volodia

Tout d'abord j'ai trouvé douteuse la mise en page par l'Editeur et/ou l'auteur du texte de quatrième de couverture. En effet, celui donne une piètre idée du contenu de l'oeuvre et laisse planer le doute de la pornographie. Ce qui peut laisser dubitatif ou au contraire favoriser l'achat.

Ceci dit, j'ai trouvé ce livre intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il a été écrit par l'auteur qui a été le compagnon, temporaire certes, de l'écrivain et qu'il a partagé son intimité enfin celle qu'il a accepté de lui dévoiler et que le public n'est pas sensée connaître.

Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte son approche de l'écrivain, en premier lieu par ses oeuvres, puis par l'envoi d'un manuscrit à sa maison d'édition ou là tout s'enchaine. Il en ressort qu'il a d'abord aimé les oeuvres avant de désirer l'homme. Toutefois, sa relation était elle dictée  plus par l'admiration du statut d'écrivain que par l'amour de l'homme ? Car à le lire, on voit qu'il agit et supporte les extravagances de caractère de Dustan, plus comme une groupie que comme un compagnon ou un ami.

Frédéric Huet ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il nous présente le portrait de Dustan. Drogué, séropositif, barbackeur sans complexe n'hésitant pas à le solliciter de façon insistante pour des rapports non protégés. Il laisse également planer en substance des problèmes psychiques justifiant ainsi les sautes d'humeur et expressions de violence de Dustan. Quant à sa pseudo jalousie lorsque leurs oeuvres sont mises en concurrence, hum, je veux bien y croire, les écrivains étant susceptibles et souvent imbus d'eux-même et de leurs oeuvres qu'ils considérèrent comme "géniales".

Quant à Frédéric Huet, son désir de devenir un écrivain reconnu, lui fait douter parfois de son amour pour Dustan, l'aime-t-il pour son statut d'écrivain et sa renommée, ou pour lui-même. Supporte-il certaines humiliations, d'être considéré comme un intermédiaire voire parfois comme quantité négligeable,  parcequ'il est l'ami de Dustan écrivain reconnu ? ou parcequ'il aime vraiment ?

Toujours est-il que ce livre nous en apprend beaucoup, à savoir l'origine du Pseudo de Dustan,  Son caractère torturé, ses origines juives, un peu trop mise en avant à mon goût ..., mais est-ce que parce que la particularité de caractère et de vie de Dustan est rare pour cette communauté ?

J'ai aimé ce livre et me permets de le recommander à tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur une grand figure du milieu gay des années 80 et du barebacking. Car même si l'auteur se donne un rôle compréhensif voire passif, en nous présentant un portrait rien de moins que sympathique, il en résulte un livre agréable à lire d'une traite.

imagesCAX31ODCA propos de l'Auteur:

Frédéric Huet est né enn 1973. Il a publié papa à tort chez Balland en 1999 (Collection de Guillaume Dustan), puis à,  Ma vie ratée d'Amélie Nothomb (en 2009) chez Anabet. Il habite Nantes et vit de petits boulots. LC publie son dernier roman Guillaume Dustan.

 

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27 avril 2015

Queer - William Burroughs

 

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Quatrième de couverture :

"J'avais écrit Junkie dans une intention évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue.

Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexe et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer. J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive..."

Editions : Christian Bourgeois - ISBN : 978 2 267 02118 9 - Poche  202 pages - Prix 7,10 €.

Mon avis : Volodia

Je me suis ennuyé dans ce livre, déjà lors de l'introduction assez conséquente (une cinquantaine de pages) destinée à nous présenter l'oeuvre et dans quelle contexte elle avait été écrite, puis dans les nombreuses digressions faites par le personnage principal.

L'histoire se passe au Mexique. Bill Lee, Américain quarantenaire oisif erre sans but dans le pays, de bar gay en bar gay, sans en apprécier ni l'ambiance ni la clientèle trop efféminée à son goût. Drogué jusqu'à la moelle et homosexuel à tendance pédéraste, il jette son dévolu sur Allerton, jeune homme dont il s'éprend de manière obsessionnelle, qui dans un premier temps repousse ses avances, pour finir par y céder, selon son humeur du jour.

Lee ayant essayé nombre de drogues entend parler du yage, plante aux vertus hallucinogènes qui prodiguerait à ses consommateurs des dons de télépathie, que les soviétiques et les américains utiliseraient aux fins de recherches scientifiques.

Il propose donc à Allerton d'aller, tous frais payés et sous conditions que celui-ci accepte ses ardeurs deux nuits par semaine, à la recherche de ladite drogue. S'ensuivent des pérégrinations dans toute l'Amérique du Sud, l'Equateur avec pour paysage, les mêmes villes crasseuses peuplées de populations laides et pauvres. La brousse, la jungle, la chaleur moite, les bouges à putes et des gamins "roués" s'ébattant au bord du fleuve jaune, où sont amarrés pirogues, bateaux rouillés et parfois quelques voiliers luxueux. Après quelques jours de recherches infructueuses, les populations locales se montrant méfiantes, ils reviendront au Mexique et se sépareront.

Ce livre est triste, sans réel intérêt, nous dépeignant un pays ou allait se perdre tous ceux qui avaient maille à partir avec la justice dans leur pays d'origine, ou tout se vendait et pouvait s'acquérir (y compris les services de l'Etat) à partir du moment ou on y mettait le prix. C'est une mise en scène du désir inassouvi, du rejet - Allerton étant un amant peu enthousiaste - et de la dépendance à la drogue. On sent qu'il a été écrit par un auteur d'un certain âge. Par ailleurs, ce récit n'aurait pas eu lieu, me semble-t-il, si l'auteur n'avait pas fait de la prison aux USA pour avoir accidentellement tué son épouse. C'est à sa sortie qu'il choisit  d'oublier et de se faire oublier en partant au Mexique,

 

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29 mars 2015

Le journal du Sida - Chroniques 1994/2013

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De 1994 à 2013, le journal du Sida a publié 124 chroniques de Didier Lestrade. C’est le seul témoignage de la vie d’une personne séropositive sur une si longue période, presque vingt ans, un document quasi puisque très peu de lecteurs ont eu accès à ces archives.

A travers ces textes très intimes, on découvre la lutte communautaire contre l’épidémie des années 90 tandis que les années 2000 sont celles de la renaissance au centre du grand débat sur la prévention.

Pour cette édition, chaque année comporte des références d’articles qui permettent de mieux comprendre le contexte de l’époque. Sans oublier des liens musicaux et autres archives qui enrichiront la lecture du dernier livre de l’auteur sur le thème du sida

 

Editions : Ce livre a été autoédité par Didier Lestrade. Vous pouvez le commander par internet et à la librairie « Les Mots à la Bouche » au prix de 19,99 euros la version papier et de 4,99 en version epub.

 

Mon avis : Volodia

Ces chroniques oscillent entre journal intime et retranscription d’évènements avant, pendant et après la virulente épidémie du sida.

Dans ce livre Didier Lestrade, nous rappelle, ou pour ceux comme nous qui étions trop jeunes ou pas nés, comment des hommes qui n’étaient pas médecins prirent leur destin en main en allant s’informer, travailler,   avec les chercheurs et les laboratoires, sur la recherche de traitement, jouer les cobayes pour les essais thérapeutiques à mener, en même temps qu’ils traduisaient en langage accessible aux profanes, les termes techniques, décrivant les symptômes de la maladie , tout en expliquant le rôle des médicaments et leurs effets secondaires, et ce malgré le ton supérieur des «grands spécialites.» 

Ils n’étaient plus des victimes résignées, spectateurs de leur propre mort, mais combattants et relayeurs de l’information. Pour nous permettre de suivre l’évolution de la maladie et des progrès dans sa prévention, le livre est répertorié de façon rigoureuse par année, en citant les évènements s’y rapportant ainsi que les liens nécessaires pour approfondir, ce qui rend sa lecture agréable tout en conservant son importance, mais en évitant une certaine lourdeur, eu égard à la complexité et à la sévérité du sujet.

Bien évidemment quand il s’agit de prévention, le bareback est largement pointé du doigt comme vecteur important de la contamination que ce soit au vih mais également à toutes autres maladies vénériennes. De même que sont cloués au piloris ceux qui non seulement le pratique mais en font l’apologie. Et là je dois bien reconnaître comme justifiée, la colère, de Didier Lestrade, militant de la première heure à s’être battu (et qui se bat encore)  envers et contre presque tous pour éviter que cette pratique ne s’étende, et ce malgré des adeptes qui l’encense et se justifient au motif que chacun est responsable de sa santé…  Il y a des coups de gueule compréhensifs, le dégoût, la démotivation puis l’indifférence quand on voit que tout ce qu’on a fait pendant x années est remis en cause et ne sert plus à grand-chose en 2015, alors qu’il y a une recrudescence du sida et que les maladies vénériennes courent et caracolent du fait de la relapse. Après, comme tout militant pur et dur, Didier Lestrade est souvent excessif surtout sur un sujet qui lui tient à cœur.

Dans ces chroniques, l’auteur fait également état des luttes intestines entre associations qui ont mis trop de temps avant de prendre des initiatives de prévention alors qu’elles percevaient des subventions à ce titre, plus préoccupées à se tirer dans les pattes que par la cohésion de leurs troupes.

De même cette histoire d’archives lgbt qui traine en longueur et dont tout le monde et personne ne s’occupe alors qu’en son temps des subsides avaient été débloquées pour la création d’un centre de mémoire gay qui devait les regrouper et pour des raisons qui nous sont expliquées dans ce livre,  tout a capoté…

L’auteur, fait également beaucoup de digressions sur bien d’autres choses encore : la musique qui a tenu beaucoup de place dans sa vie, son exil à la campagne, sa découverte du philosophe Henri-David Thoreau et son retour aux sources du besoin, sa solitude qui fut d’abord choisie, puis les années passant, est devenue pesante…

J’ai trouvé ce livre très intéressant, même si je me doute de certains partis pris, il dévoile les dessous du pouvoir qu’on certains et certaines dans la communication, absolument indispensable pour mener à bien un tel combat. Ce que nous pauvres péquins  ne pouvons connaître si nous ne sommes pas militants (et encore)…Par ailleurs, contrairement à de précédents écrits, je l’ai trouvé «apaisé» et c‘est bien, j‘aime les livres de Didier Lestrade, mais certaines aigreurs étaient difficiles à supporter  et gâchaient mon plaisir de lire. 

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22 juin 2014

Deux garçons - Philippe Mezescaze

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Quatrième de couverture :

Le narrateur a dix-sept ans et vit à la Rochelle chez sa grand-mère lorsqu’il croise le jeune Hervé Guibert, quatorze ans, un cours de théâre. L’attirance est immédiate et réciproque. Dans une scène de Caligula toute en intensité et en fureur, leur entourage subjugué découvre l’évidence en même temps queux : la rage et la passion dépassent largement la scène. Les deux garçons viennent de se reconnaître, comme si leur rencontre était programmée de toute éternité.

Dans ce récit au jour le jour d’un premier amour, Philippe Mezescaze évoque avec beaucoup de sincérité la passion naissante entre deux adolescents qui ne doutent jamais de leurs désirs.

Editions : Mercure de France - ISBN : 9 782715 234802 - Broché 119 pages - Prix : 13,80 euros

Mon avis : Volodia

Je n’ai pas aimé ce livre dans lequel Philippe Mezescaze, n’est pas très honnête en racontant cet épisode de sa vie, et se donne le beau rôle en faisant passer Hervé Guibert pour un gamin capricieux, tyrannique.

En effet, s’il est vrai que le coup de foudre a été réciproque, il reste que l’auteur plus âgé au moment de la rencontre a profité de l’amour inconditionnel de son jeune ami tant physiquement que moralement.

Je suis certainement partial, mais il me reste en mémoire le livre d’Hervé Guibert intitulé : Mes Parents, dans lequel il raconte ses premiers émois avec Philippe Mezescaze et les souvenirs qu’il lui en reste ne sont guère à l’honneur de celui-ci, qui se montre parfois cruel sans raison, en lui disant qu‘il a brûlé ses lettres, qu‘il a connu un jeune garçon à Fez au Maroc et le rabrouant méchamment par ce que sexuellement il ne sait rien faire. Mais Guibert a pour excuse son jeune âge, et la nature n’est pas impartiale lorsque elle accorde ses faveurs. Il aurait fallu a Mezescaze un peu de patience, ce dont il manquait visiblement.

Ci-dessous le lien sur le livre "Mes parents" de Hervé Guibert

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2010/02/21/16988638.html

 

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15 février 2014

Lettres à Yves - Pierre Bergé

 

Lettres à yves

Quatrième de couverture  :

" Au fond ces lettres n'avaient qu'un but : faire un bilan, celui de notre vie. Dire à ceux qui les liront qui tu étais, qui nous étions".

Mot de l'éditeur :

Pierre Bergé a partagé la vie d'Yves Saint Laurent pendant cinquante ans. En adressant au gran couturier ces lettres par-delà la mort, il ressuscite les jours de gloire et d'insouciance, ceux aussi, entre poignard et poison, marqués par la drogue et la dépression. C'est un dernier adieu, au milieu des oeuvres d'art longtemps collectionnées, un hommage à une vie de passions, de combat et de rencontres.

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 443284  - Poche  : 93 pages - Prix : 5,60 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Ce livre est une véritable ode à une personne que l'on a aimé presque plus que sa vie. Mais il démystifie ces grands personnages que sont Yves St Laurent et Pierre Bergé. On s'aperçoit que malgré l'amour qui les liaient, de nombreuses difficultés et non des moindres ont plus ou moins été surmontées, la drogue, l'alcool, la dépression au point que pour se protéger psychiquement, Pierre Bergé s'est pris un appartement indépendant (même s'il était non loin) de Yves St Laurent.

Ce couple quasi mythique que nous étions beaucoup à envier, avait également sa part d'ombre, car les coups de canifs dans le contrat  n'ont pas manqué, même s'ils se sont toujours retrouvés. Nous y apprenons du reste quelques indiscrétions sur la vulgarité d' Yves St Laurent dans certaines circonstances et les lettres particulièrement crues voire salaces qu'il adressait à des gigolos et qu'il demandait à Pierre Bergé de récupérer pour lui...

Indiscrétions certainement voulues, mais  honnêtes et sincères de ce dernier, qui a voulu montrer que même si leur amour était "fort" il n'était pas uniquement charnel, mais qu'également les unissaient une même passion pour le beau, pour l'art quel qu'il fut, ce qui a sans doute permis à leur couple de perdurer dans le temps.

Ils n'étaient pas que qu'on appelle des "monstres sacrés" mais tout simplement humains avec toutes leurs imperfections.  

 

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14 novembre 2013

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? - Jeanette Winterson

 

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Depuis qu'elle a été adoptée par Mrs Winterson, Jeanette a toujours lutté. Contre sa mère et sa morale religieuse stricte, contre ceux qui l'empêchent d'aimer et de vivre comme elle l'entend. Heureusement, elle a rencontré les livres. Et les mots sont devenus ses alliés.

Jeanette écrit pour réinventer sa vie, s'extirper du gris, apprendre à aimer et être libre enfin.

 

Editions : Points - ISBN : 9 782757 835951 - Poche 259 pages - Prix : 6,90 euros.

 


Mon avis : Volodia

Livre autobiographique de Jeanette Winterson. Née en 1959, Jeanette nous conte son enfance et son adolescence dans les années 1970.

Adoptée par un couple de pentecôtistes, elle passe son enfance et son adolescence, dans une petite ville du Nord de l'Angleterre (près de Manchester, qui a eu son apogée au 19ème siècle avec les filatures), entre un père inexistant et une mère peu aimante, rigoriste jusqu'à l'écoeurement, où tout était sujet à "pécher".

Son enfance a été difficile, entrecoupée de sermons, de paires de claques, de longues heures et de nuits passées sur le perron de la maison d'où elle était régulièrement chassée en guise de punition. L'auteur nous dit du reste ne jamais s'être sentie chez elle, l'une des raisons étant qu'on ne lui a jamais donnée les clés de la maison, et qu'elle était tributaire d'un des membres de la famille pour y entrer.

Enfant peu ou mal aimée (sa mère adoptive, lui rabâche que le diable l'a orienté vers le mauvais berceau), elle est obligée pour ramener quelque argent à la maison, dont la famille à grand besoin, de passer ses soirées, après l'école, et ses week end à travailler au marché. Mais lucide, elle pressent très jeune que le moyen de s'élever dans la société se fera par la lecture.

Aussi pour fuir cette vie et cette petite ville pauvre et morne, elle s'y réfugie et ce, malgré l'interdiction maternelle. Elle fréquente assidument la bibliothèque municipale où elle entreprend de lire toute la littérature anglaise par ordre alphabétique. La lecture des grands auteurs tels  Shakespaere, Austen, Virginia Wolf, lui ouvrent des horizons insoupçonnés, lui permettant de toucher du doigt une certaine forme de liberté.

L'histoire prend une forme dramatique lorsque sa mère, qu'elle appelle par son nom de famille, (elle n'a jamais pu lui dire maman) découvre son homosexualité. Il s'ensuit une séance d'exorcisme particulièrement éprouvante où pour finir sa mère lui met en main l'ultimatum : de partir si elle refuse de se conformer aux règles en vigueur de leur petite communauté. Elle n'a alors que 16 ans.

Jeanette choisit alors la liberté malgré les nombreuses difficultés auxquelles elle doit faire face. Grâce à sa grande intelligence, sa volonté, et une bourse providentielle  elle parvient à étudier à Oxford. Trouver une stabilité amoureuse et sépanouit dans son métier d'écrivain. Tourmentée  par les causes de son abandon, elle entreprend de faire des démarches pour retrouver sa mère biologique et d'avoir enfin une réponse à ses interrogations. Mère qu'elle réussira à retrouver, après une quête minutieuse d'informations et des démarches administratives qui aurait rebuté quiconque n'a pas été abandonné. 

Pour ma part, j'ai trouvé ce passage un peu long et ennuyeux, sans doute parce que je n'ai pas été adopté et donc non concerné par cette quête du pourquoi et du comment. 

 

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A propos de l'auteur :

Jeanette est née  à Manchester en 1959. Icône féministe, elle est l'auteur de nombreux romans irrévérencieux, dont Les oranges ne sont pas les seuls fruits, disponible en Points.

 

 

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23 juin 2013

Verlaine emprisonné - Jean-Pierre Guéno et Gérard Lhéritier

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Cet ouvrage, fruit de l'exposition du même nom, propose d'appréhender l'un des chefs-d'oeuvre de Verlaine, Cellulairement, sous un prisme nouveau. Il aborde la question des quatre principales "prisons" de Paul Verlaine.

Son physique, qu'il ressent disgracieux, ajouté au véritable traumatisme fondateur d'une fratrie "en bocaux" ! Sa cage existentielle, qui le montre écartelé entre la fascination de l'enfer et l'appel de la grâce ; son abyssale dépendance à l'absinthe et son emprisonnement en Belgique, à Mons, consécutifà sa tentative d'homicide sur Arthur Rimbaud.

En miroir, ce livre offre une parfaite réflexion sur l'acte créatif et ses ressorts, son origine, sa complexité également.

Fac-simillés, photographies rares, dessins et tableaux d'époque, dont certains inédits, complètent un voyage en compagnie du pauvre Lélian.

Puis, il y a le texte de Jean-Pierre Guéno, tout de sensibilité, de proximité, d'affection, empreint d'une douce empahie, ode à nos frères damnés, à tous les poètes maudits que la terre a portés.

 

Editions : Gallimard Musée des Lettres et des Manuscrits - ISBN : 978 2 07 013957 6 - Broché 239 pages - Prix : 29  €.

 

Mon avis : Volodia

Très belle facture pour ce livre, tout en papier glacé, qui se lit facilement en raison de courts articles faisant face à des photographies d'époque, des dessins et caricatures, des actualités, des textes de Verlaine, des poêmes, ainsi qu'une correspondance suivie avec Rimbaud.. 

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31 décembre 2012

Djuna Barnes - Andrew Feld

1Djuna Barnes est l'un des écrivains majeurs de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre difficile et rare qui culmine avec la publication en 1936 en Angleterre du Bois de la nuit, un roman où se devinait la trace du génie, a ouvert la voie à un véritable culte. T.S. Eliot, qui fut son éditeur anglais, Dylan Thomas, Eugene O'Neil, Beckett, Lawrence Durrell : tous admirèrent Djuna Barnes. D'autres comme Faulkner reconnaitront l'influence de cette oeuvre unique sur la leur.

Née en 1892 dans l'Etat de New York, d'une mère anglaise et d'un père américain, au milieu d'une colonie d'artistes libres penseurs et anticonformistes, Djuna Barnes sera d'abord dessinatrice puis journaliste et fréquentera les milieux bohèmes de Greenwich Village avant de rejoindre, au début des années vingt, à Paris, la cohorte des grands expatriés américains.

A la suite d'une passion malheureuse pour Thelma Wood, qui servira de modèle au personnage de Robin Vote dans "Le bois de la nuit", Djuna Barnes rejoindra l'Angleterre et Peggy Guggenheim puis l'Amérique et New York où elle connaitra les jours difficiles "d'une inconnue célèbre" (son expression), jusqu'à sa mort en 1982.

Editions : Rivages - ISBN : 9 782903 059866 - Broché 271 pages - Prix : 85 frs

 

Mon avis : Volodia

J'ai trouvé intéressante la biographie présentée ainsi, le récit est ponctué de textes de Djuna Barnes, et quelques photos de l'intéressée, des caricatures et des dessins nous permettent de mieux pénétrer son univers.

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24 décembre 2012

Rimbaud - Claude Jeancolas

imagesCA795G3YQuatrième de couverture :

Sa vie ? Le refus d'une existence médiocre et la quête lancinante du salut, du sens et de l'utilité au monde. Au service de cette exigence, une logique implacable, une résistance physique et morale à toute épreuve, une volonté rude et une énergie entreprenante qui lui viennent de son impatience et de la peur de l'ennui.

Claude Jeancolas a suivi pas à pas, au jour le jour, Arthur Rimbaud traquant et démontrant cette rigueur derrière chaque acte, jusque dans les excès de la débauche, de l'art, de l'amour et de la fuite définitive. La famille l'apprentissage, le labeur même, l'expérience humaine expliquent le interrogation d'Arthur et les choix que ses réponses engendrèrent, dont celui de la poésie, comme les rejets qu'elles provoquèrent.

Ce jeune homme dégingandé, si proche, lèvres serrées, si dur et parfois si sensibles, cheveux ébouriffés, regard fixe sur un horizon idéal, et qui arpente à grandes enjambées nos univers mesquins... C'est l'arrogance de la jeunesse et son intransigeance d'une "vraie vie".

Des brumes de la Meuse aux enfers des déserts dankalis, des poèmes du Voyant aux lettres désespérées d'Afrique, c'est une seule et même vie, cohérente, morale.

Editions : Flammarion Grandes Biographies - ISBN : 9 78 2 0812 8497 5 - Broché 728 pages - Prix : 25 euros

 

Mon avis : Volodia

Autre version de la vie Rimbaud,  "plus fouillée" et donc plus complète que celle présenté par Edmun White (ce qui je tiens à la préciser n'enlève rien à sa valeur) :

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2011/06/11/21370631.html

J'ai beaucoup aimé, mais je suis un fan de biographie surtout celles présentées par Flammarion.

Al'intérieur du livre quelques photos d'archives qui nous permettent de mieux suivre l'évolution et les pérégrinations de Rimbaud, mais également de ceux qui l'entourent famille, relations et amis ainsi que les conséquences de sa relation avec Verlaine sur l'entourage familiale de celui-ci, et ce que leur couple pu avoir de provocant pour l'époque.

En fin de livre de nombreuses notes et références ayant servi de support à cette oeuvre.

 

imagesCAR4Z2W7A propos de l'auteur :

Claude Jeancolas, écrivain, journaliste et historien d'art, a "rencontré" Rimbaud il y a une vingtaine d'années et ne l'a plus quitté. Il a publié de nombreux livres sur Rimbaud, parmi lesquels L'oeuvre intégrale manuscrite (Textuel, 1996, 2004), Passion imbaud : album d'une vie (Textuel 1998) ainsi qu'une biographie sur la mère du poète, Vitalie Rimbaud : pour l'amour d'un fils (Flammarion, 2004).

 

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