20 janvier 2021

Plus vivant que jamais ! - Jean-Luc Romero-Michel

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Quatrième de couverture :

Le 29 mai 2018, Jean-Luc Romero-Michel, alors en déplacement est alerté par un ami : son mari Christophe, a disparu. Attendu au matin sur un salon dans le cadre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité dont il est le secrétaire-général, il ne s'est pas présenté et ne répond pas au téléphone. Ce n'est que quelques heures plus tard que, convoqué au commissariat, Jean-Luc apprendra sa mort.

Passé la brutalité et le choc inouïs de la nouvelle, il lui sera révélé les circonstances de son décès, survenu lors d'un eprise mortelle de drogues de synthèse. Pour Jean-Luc, c'est la stupeur, mêlée à un chagrin et une douleur sans nom.

Comment accepter et survivre à l'inacceptable ?

Adressé à Christophe, cette lettre rédigée sous forme de journal est d'abord une histoire d'amour - un amours non conventionnel, qui s'impose peu à peu comme une évidenc. Un amour fait de voyages, de passions, de combats communs et d'un mariage le 27 septembre 2013. Mais c'est aussi une histoire de deuil, de douleur et de résilience : l'histoire d'un homme confronté à l'horreur et à l'indignité, qui pousse un cri d'alerte face au mutisme des pouvoirs publics sur l'explosion de ces drogues qui causent des ravages parmi les jeunes et dans le milieu de la nuit.

Editions : Michalon/Massot éditions - ISBN : 9 782841 869466 - Broché : 292 pages - Publication : Juin 2020 - Prix : 19 €

Mon avis : ChezVolodia

Tout d’abord, je dois avouer avoir lu ce livre par curiosité, une curiosité malsaine de voyeur. Je ne connais pas personnellement Mr Jean-Luc Romero, sinon au travers de son combat pour le droit de mourir dans la dignité et dans sa lutte contre le sida. Je dirais même plus, honte à moi, d’en avoir entendu parler seulement depuis quelques années - alors qu’il est adjoint au maire du XIIème arrdt de Paris - et  m’y suis intéressé pour les raisons ci-dessus évoquées.

Ce livre est à la fois un journal intime, une lettre d’amour et un hommage à son défunt mari. J’ai eu quelques difficultés à y « entrer », justement, en raison de l’intimité de ces confidences, mais également en cause, une suite d’énumérations de réunions, de déplacements professionnels, de résidences hôtelières dans des pays dits paradisiaques dont j’ai eu du mal à comprendre l’utilité dans le récit. Mais en y réfléchissant, il s’avère qu’ils ont toutes les raisons d’y figurer, Christophe son époux étant lui-même un fervent militant, très actif dans les partis représentés par Mr Romero. Et puis, c’est bien cette activité de militant qui les a rapproché. Donc même si j’ai trouvé un peu fastidieux, et lu en diagonale cette suite d’énumérations je les ai comprises.

Mr Roméro est un homme gentil, profondément gentil, au point qu’il en dégouline de gentillesse par tous les pores de la peau et au fil de sa plume. Il est incapable, à moins qu’on ne lui montre preuve à l’appui (actes et lettres homophobes) la noirceur d’âme de certains. Son amour pour son époux a été et est toujours inconditionnel quels que soient les évènements qui aurait plus lui faire douter de la réciprocité.

En effet, après les circonstances sordides de son décès, on aurait pu croire qu’après la sidération, l’anéantissement, surviennent la colère et la rancœur pour un amour, pour une partie de jambes en l’air. Mais non, malgré ce coup du sort terrible, aucun reproche, juste l’incompréhension et ça « chapeau », j’admire !

Un reproche peut être, il aura fallu ce malheur touchant au plus profond de l’être pour qu’un homme politique ose parler en public de ces morts anonymes du Chemsex. Car si depuis un certain temps maintenant de grandes voix de la communauté gay, et de certains addictologues s’élèvent contre cette pratique du sexe sous drogues, on a l’impression qu’elles prêchent dans le désert. Jean-Luc Romero, nous explique en quelques pages seulement les dangers de ces drogues de synthèse tout en nous expliquant les difficultés à les faire disparaître, ce qui est bien, mais j’aurais préféré qu’il envisage une action plus « poussée » plus ouverte, plus politique pour lutter contre ce fléau qui décime pour la plupart du temps toute une jeunesse.

Le deuil peut se faire en retournant dans les endroits que l’on a parcouru à deux, en se remémorant les jours heureux, mais il peut également accroître le sentiment de solitude, chacun le fait de la façon dont il le ressent. Jean-Luc Romero a choisi d’atténuer sa douleur en gardant son époux à l’esprit et en le faisant revivre dans celui des autres.

J’ai trouvé que ce livre était un très bel hommage malgré des pages que pour ma part j’ai trouvé un peu ennuyeuses à lire (réunions, déplacements, etc…) hum oui, je ne suis pas militant donc...

 

Mon ressenti : Indiangay

Comme mon compagnon, ce qui m’a fait lire ce livre est qu’il a été écrit par un homme politique. Mais pas n’importe lequel, un qui ose dévoiler son homosexualité, sa séroposivité, sa prise de position et son militantisme pour une cause encore tabou en France,le mourir dans la dignité - en rejetant tout acharnement thérapeutique et en choisissant le moment de quand « partir » -, son amour pour un jeune homme de plus de la moitié de son âge et qui en plus à l’impertinence d’épouser. Cet homme peu banal a de quoi intéresser.

Je suis d’accord avec mon compagnon lorsqu’il dit que Jean-Luc Romero-Michel est gentil, c’est vrai et ça se vérifie tout au long de son livre, aucun mot de haine envers ceux qui se permettent des réflexions déplacées, aucune aigreur et/ou rancœur envers son compagnon qui le laisse dans l’incompréhension et le désarroi le plus total. Au contraire, il fait de son amour un autel ou il peut se recueillir à loisir, il continue seul, tout en étant deux, à se rendre dans les pays ou ils ont été heureux accomplissant ainsi un pèlerinage qui se veut tout sauf morbide.

Je ne parlerai pas de son militantisme qui était sans aucun doute sans faille et qui leurs ont occasionné de nombreux déplacements à travers toute la France pour ne pas dire le monde, mais que je ne connaissais que par oui dire, n’étant militant pour aucune cause hormis la cause tamile.

Ce qui m’a par contre gêné ce sont ces confessions intimes sur son couple. En Inde et dans notre famille, il est malséant de montrer ses émotions et d’autant plus se répandre au dehors. Mais il semble qu’en Occident cela ne choque personne donc je suppose qu’il s’agit de cette fameuse différence culturelle.

D’autre part, bien que marié il s’accordait l’un et l’autre une vie intime en dehors du mariage et là, ça coince réellement. Pourquoi se marier si chacun fait sa vie de son côté ou accepte que le conjoint fasse ainsi ??? Quant à cette tragédie due à du sexe sous drogues, il m’est impossible de comprendre que l’on puisse se droguer pour honorer son partenaire ou devrais je dire ses partenaires. Cette course du plaisir, de l’endurance et de la performance ne rime à rien sinon à s’enfoncer dans le glauque, le sordide.

Mais bon ce je n’ai pas à juger, simplement à  constater que malgré ce coup du sort qui l’a laissé anéanti, Jean-Luc Romero a su relever la tête en dévoilant l’innommable et ça pour un homme politique c'est fort courageux, surtout lorsque l’on sait les critiques et autres que ce choix de vie induit.

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29 juin 2020

Boy Erased - Garrard Conley

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Quatrième de couverture :

Arkansas 2004, Garrard a dix neuf ans lorsque ses parents apprennent son homosexualité. Pour ces baptistes conservateurs, la chose est inconcevable : leur fils doit être "guéri". Garrard  est alors conduit dans un centre de conversion, où tout est mis en oeuvre  pour le forcer à changer. Où la bible fait loi. Où Harry Potter est un livre pernicieux, où écouter Beethoven est interdit. Où on lui inflige une véritable torture mentale pour corriger sa prétendue déviance. Mais comment cesser d'être soi-même ?

Boy Erased est une immersion glaçante dans l'intégrisme religieux, le portrait d'un jeune gay en plein doute, mais aussi un message d'espoir et d'affirmation de soi.

 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 9 782290 206416 - Poche : 411 pages - Prix : 8,50 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Danc ce live autobiographique, Garrad Conley revient sur une période de sa vie d'adolescent et/ou de jeune adulte de 19ans.

Issu d'une famille Baptiste intégriste très conservatrice d'une petite ville du Sud des Etats Unis, Garrad est un jeune homme semble-t-il sans problème. Il aime et est aimé tendrement par ses parents, ainsi que par sa communauté auxquels il s'efforce de faire honneur. Depuis son enfance, il fréquente une jeune fille Chloé que tout le monde considère comme sa petite amie.  Et son père, prédicateur évangeliste est en passe de devenir le pasteur de leur congrégation.

Au cours de sa première année d'université, un de ses condisciples le viole. Pour se dédouaner et éviter les conséquence de son acte ignoble, il téléphone aux parents de Garrard leur révélant l'homosexualité de leur fils. Inacceptable pour cette famille pieuse à la limite de la bigoterie. La menace est claire, soit leur fils change, soit il quitte leur domicile et renonce à l'avenir professionnel ambitionné, le père refusant de payer ses études.

Bon gré, malgré, Garrad accepte de suivre une thérapie devant le remettre dans le "droit chemin". Pour ce faire, il doit passer deux semaines, en journée,  dans un centre privé spécialisé dans les addictions, quelles qu'elles soient. L'homosexualité menant à la pédophilie, la zoophilie, l'alcoolisme, la drogue et pour finir le sida, les méthodes employées pour "guérir" les patients, sont : l'humiliation, la haine et le dégoût de soi, pouvant aller jusqu'au suicide. Le tout mené tambour battant par des pseudos thérapeutes/coachs - sans diplôme de médecine, ni de psychiatrie - leur passé d'ex quelque chose faisant office de références.

La discipline, ajoutée à la crainte de perdre l'amour de leurs parents et de celui de Dieu, sont telles qu'elles poussent les patients à s'autoflageller, remontant dans l'arbre généalogique de leur famille pour trouver les causes de cette homosexualité, s'inventant des péchés, lorsqu'ils n'ont plus rien à avouer sous l'insistance  disons le perverse desdits coachs, constituent une pression psychologique mortifère. Considérant que l'homosexualité est acquise et non innée, la véhémence de leurs propos l'isole, le font douter de sa santé mentale.

Au fil du récit, on ressent parfaitement le désarroi de Garrard, ses doutes, sa culpabilité, sa détresse et son désir de devenir "normal" afin de retrouver la fierté de ses parents, sa place dans la communauté. Mais également, son désir et son besoin d'affirmation de soi.

J'ai beaucoup aimé ce livre, et j'admire l'auteur de m'avoir tenu en haleine pendant toute sa lecture. Moi qui ne suis pas religieux ce n'était pas gagné, car tout le récit tourne autour de la foi, du péché. J'ai ressenti, cependant un décalage entre l'année ou se passe ces évènements 2004, et les images que je voyais défilés en lisant ce livre. En effet, j'avais l'impression que l'histoire se passait en 1950 tellement cette communauté me paraîssait arriérée.... 

Fille à pédés - Lola Mieseroff

Filles à pédés

Quatrième de couverture :

"Il y a des filles à matelots, il y a des filles à soldats, toi ma chérie tu es une fille à pédés !" Lola Miesseroff n'avait que 18 ans e, 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint rapidement une évidence : elle aimait se lier d'amitier avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien.

Une enfance "dégenrée", une éducation naturiste et libertaire, et un milieu familial socialement en marge où la liberté - y compris celle de l'amour et du sexe - était une valeur clé l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier.

Dès années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage et au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (FHAR) c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homos, hétéros et bisexuels, folles, garçonnes, travestis et transgenres.

Pour l'autrice, en lutte depuis sa jeunesse contre "le vieux monde", l'amour et l'exultation des sens sont aussi des armes de combat. Un combat qui ne vaut que s'il est vécu dans la dérision et la fantaisie, ce qu'avaient déjà pu constater les lectrices et lecteurs de son "Voyage en outre gauche" (Libertalia 2018).

Postface de Hélène Hazera.

Editions : Libertalia - ISBN : 9 782377 291144 - Poche : 145 pages - Prix : 10 euros.

Mon avis : ChezVolodia

Intéressante biographie de l'autrice sur sa jeunesse essentiellement en province, dans une famille ou la fantaisie et la débrouillardise faisaient loi, le travail lui n'étant qu'accessoire et pratiqué qu'avec la plus stricte modération.

De son enfance il ressort, que Lola a été élevée dans un mépris total des barrières sociales, mais dans le respect de l'identité humaine. Elle rencontre des hommes et des femmes, avec qui elle fera un bout de chemin, sans porter de jugement sur ce qu'ils/elles sont, mais dans le respect de ce qu'ils/elles sont. Elle traverse la vie avec le culot et l'arrogance de ceux qui n'ont rien à perdre, car ils n'ont rien. 

Electron libre à une époque encore marquée par les différences sociales et les traditions, mais où couve Mai 68, ou  une certaine jeunesse revendique un changement en profondeur, de tout ce qui faisait l'ancien monde, Elle est de toutes les causes, de tous les combats à partir du moment ou elle pense qu'ils vont changer, sinon le monde, la société. Il faut bien reconnaître que sans ces pionniers/pionnières de luttes revendicatives pour l'égalité des sexes et l'abolition de sanctions pénales pour l'homosexualité, nous n'en serions pas là de nos jours. 

Toutefois, ce qui me gêne dans cette vie racontée avec  une certaine nostalgie, c'est que la "valeur du travail" s'est perdue au profit de "débrouillardises"  - en réalité de minables petites rapines - pour continuer à vivre plus ou moins agréablement sans travailler beaucoup, faire la fête et semer le chaos envers une société exécrée. Qu'on "gueule fort", qu'on manifeste pour plus d'égalités, pour des opinions politiques ou non auxquelles on croit pourquoi pas, mais on ne peut exiger d'une société plus que ce qu'on lui donne ...! 

Livre plaisant à lire, mais que je ne relirais certainement pas.

 

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20 novembre 2018

Dustan Superstar - Raffaël Enault

Dustan

Quatrième de couverture : 

Guillaume Dustan, l'écrivain français le plus marginal et sulfureux de ce début de siècle, fut à sa manière une superstar de la littérature dont la notoriété dépassait le seul milieu des lettres. 

Écrivain transgressif, homosexuel radical, énarque, magistrat, éditeur, il ne cessa de se démultiplier et de brouiller les pistes sans jamais rien perdre de sa singularité. Avant Guillaume Dustan, il y eut William Baranès - son vrai nom. 

Un jeune homme qui se destinait à une carrière exemplaire de haut fonctionnaire tout en rêvant de consacrer son existence à l'écriture. Mais sa vie bascule lorsqu'il se découvre, à vingt-cinq ans, infecté par le VIH. Il se pense alors condamné à mort, du moins en sursis, et rompt progressivement avec tout désir de normalité. Multipliant les rencontres et les expériences, adepte des pratiques les plus hard, il fait de sa vie la matière première et la trame essentielle de son oeuvre. Plus encore que ses écrits, c'est son personnage qui fait sensation. 

Dès son premier livre, Dans ma chambre, paru en 1996 chez POL, Guillaume Dustan devient une sorte d'icône médiatique. Il se présente à la télévision affublé d'une perruque pailletée et tient un discours libertaire tout aussi provocateur. Dustan fait d'autant plus parler de lui qu'il s'érige en défenseur du bareback face à l'association Act Up et à son fondateur Didier Lestrade, devenant objet de controverses et de réprobation jusqu'au sein de la communauté homosexuelle. 

De plus en plus discuté et de moins en moins audible à force de prises de position jugées scandaleuses, Dustan s'isole et sombre dans le désespoir. Considéré comme fou, il fait un séjour en hôpital psychiatrique avant de mourir à quarante ans, en octobre 2005, seul, victime d'une probable intoxication médicamenteuse. 

EDITIONS : Robert Laffont – ISBN : 2221193377 – Pages  314  - Prix : 21 €

Mon avis : ChezVolodia 

Dustan fait partie de la cohorte de ces écrivains maudits qui au contraire d’autres ne seront jamais réhabilités après leur mort.  Ses textes crus, parfois violents, ses prises de position vis-à-vis du bareback et son goût pour la mise en scène avec ces apparitions flamboyantes chez Thierry Ardisson sont loin de l’avoir réconcilié avec les médias et le commun des mortels. De fait, Dustan sent toujours le souffre. 

Dans les année 1980, Dustan pourtant eu son heure de gloire jusqu’à être considéré comme un écrivain majeur de la communauté homosexuelle. Il ne sera pas seulement représentatif d’une époque, ni  ne se réduira à une revendication (le bareback entre séropos). Il initiera chez « Balland » la première collection de livres gays.  Il inventera une écriture, nerveuse, d’où était absente toute afféterie littéraire, qui lui conférera son caractère unique. 

Dans ce livre, il est avant tout question de faire connaître le parcours d’un surdoué, aujourd’hui oublié et/ou réduit à une caricature médiatique plus qu’une biographie. 

Le récit nous dévoile le parcours de William  Baranès,  jeune garçon bien sous tous rapports, lauréat de plusieurs concours généraux, qui après avoir fait Sciences-Po puis, l’Ena, a occupé les fonctions de Juge Administratif. 

Sa contamination par le virus du Sida change la donne, il « jette aux orties » sa vie toute tracée pour assumer pleinement son homosexualité et vivre intensément les années qu’il lui reste (à l’époque les traitements contre le hiv en était à ses balbutiements. 

En à peine dix ans, l’auteur de « Dans ma chambre » publié chez POL, connaîtra une relative lumière, puis une ombre aux plus vastes contours. Ses excès effraient et ses propos scandalisent. L’écrivain s’enfonce dans un rôle de trublion en même temps que ses publications s’enchainent. Son livre « Nicolas Pages », fut du reste récompensé par le Prix de Flore. 

Pendant sa période d’ombre, il s’exile à Douai, bien loin du Paris littéraire, redevenant Juge Administratif. Dépressif, il s’isole et ses deux derniers textes publiés chez Flammarion sont purement et simplement ignorés des médias. Il s’éteint par intoxication médicamenteuse accidentelle… ? la question reste en suspend !

J’ai senti dans le livre de Enault un admirateur, sans faille, qui tenait à réhabiliter un Dustan, méconnu, pudique dans ses émotions, timide, qui s’était fait une carapace de son image sulfureuse, et en jouait pour éviter d’avoir à se dévoiler. L’auteur, nous livre un récit émaillé de textes de Dustan, de références culturelles, de lettres et d’histoires qui étaient confidentielles jusqu’alors.

J'ai apprécié ce livre que j'ai trouvé intéressant et très bien documenté pour moi qui n'ai connu Dustan qu'au travers de quelques uns de ses livres et  par les "on dit", cette biographie a été la bienvenue pour me permettre de me faire ma propre idée.  

 

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20 août 2017

Histoire de la violence - Edouard Louis

Histoire de la violence

Quatrième de couverture :

J'ai rencontré Reda un soir de Noêl. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter chez moi. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble on discutait, on riait.

Vers six heures, il a sorti un révilver et il a dit qu'il allait me tuer. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Editions : Points - ISBN : 9 9782757 864814 - Poche 225 pages - Prix : 7,10 euros.

Mon avis : Volodia

J’ai attendu que le battage médiatique fait à la parution de ce livre et le procès qui s’en est suivi s’estompent avant de le lire, ne voulant pas avoir l’esprit parasité par les avis des uns et des autres qu’ils soient bons et/ou mauvais.

Lorsque j’ai eu ce livre en main et l’ai compulsé pour la première fois, je dois avouer l’avoir reposé direct tellement j’ai été dérouté par le style et le langage employé, le tout me semblait au premier abord tellement désagréable et ardu à déchiffrer.

Comme il fallait s’y attendre, mon métier et surtout ma curiosité m’ont fait dépasser cette barrière et bien m’en a pris, car même si j’y ai pris un plaisir mitigé, il en ressort un traumatisme important pour l’auteur  qu’il lui fallait exorciser et qu'il nous relate sans fausse pudeur.

Ce livre c’est l’histoire d’un viol, celui qu’a subi Edouard Louis, que nous apprenons à travers le récit que fait par téléphone, sa sœur à son mari, alors que l’auteur est caché derrière un rideau, et se fait fort d’apporter des précisions ou de rectifier les dire de sa sœur à l’attention du lecteur qui tient lui le rôle de « voyeur » ( et, qu'il suppose sans doute, n’aurait peut être pas compris le contexte dans lequel il s’est déroulé ou celui dans lequel sa famille évolue et la place qu’il occupe dans celle-ci)….

C’est en cela que le récit est dérangeant, je ne vois pas l’intérêt de faire jouer le rôle de « rapporteur » à sa sœur, à moins que ce ne soit plus facile pour lui de raconter cette histoire par l’intermédiaire d’un tiers et de se distancier ainsi des évènements traumatiques qui se sont produits et dont il a été la malheureuse victime.

Ce qui me chagrine également c’est de mettre, dans la bouche de sa soeur, un langage très populaire au risque de la faire passer pour « analphabète ». On sait, il nous l’a suffisamment répété qu’il vient d’un milieu modeste de Picardie. Une région minée par le chômage, dont les natifs du cru ont un quotient intellectuel "assez médiocre", et au parlé franc, accompagné d’un accent à couper au couteau. On a compris que lui s’était sorti de cette crasse ignorance, en faisant des études et en reniant son milieu social d’origine. Mais là, c’est trop, ça sonne comme une marque de fabrique, comme la stigmatisation d’une région et de ses habitants dont il a exagéré les particularités  à dessein, et sur lesquelles il a fabriqué sa renommée. Je trouve ça moche, de se servir des défauts vrais ou présumés de quelques uns pour faire rire et/ou pitié au détriment de ceux-ci, afin de s’assurer un certain type de lecteurs voire de s’assurer du succès.

Il va s’en dire également que je ne doute absolument pas de la véracité de son récit quant aux évènements qui ont eu lieu, son ressenti, ses craintes, ses réactions la plupart légitimes bien que certaines, à mon sens, soient sujettes à caution. En effet, que ce soient ses amis à qui il a raconté l’affaire qui l’ont poussé à porter plainte, les excuses qu’il se trouve et accorde à son agresseur en raison de ses origines, ses atermoiements une fois la plainte déposée tout cela donne, à mon sens, une certaine discordance au récit eu égard à la gravité des faits.   

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13 juin 2017

Guillaume Dustan - Frédéric Huet

31-132-largeQuatrième de couverture :

"A l'appartement qu'un ami bijoutier lui avait prêté, le sujet de la sodomie s'est insinué entre nous. Il était en train de boire un verre de rouge assis contre la gazinière dans la cuisine et revenait sans cesse à l'attaque avec son désir de me prendre.

Je lui ai alors déclaré que j'étais comme Jane Birkin dans le film Je t'aime moi non plus, que la sodomie c'était impossible pour moi. Il m'a répondu que tout était dans la tête. Bien sûr, j'ai pensé, il dit ça pour mieux arriver à ses fins. Je suis resté dubitatif. Il est allé se douche. Je l'ai rejoint dans la salle de bain. Derrière le rideau, je lui ai demandé ce qu'il pensait de moi, si j'étais ce qu'on appelle un "écrivain" c'est-à-dire quelqu'un essayant d'exprimer un monde à sa façon. Il a dit oui. Cela m'a rassuré, m'a fait plaisir. C'est à ce moment que nous avons parlé de sa mort. Je lui ai dit que j'écrirais un livre sur lui un jour. L'idée d'écrire sur lui, ça lui a plu.

Dans la chambre qui donnait sur le square du Temple, nous nous sommes ensuite embrassés, je lui ai mi un préservatif et il m'a pénétré. Il était arrivé à ses fins. Nous nous sommes endormis main dans la main".7

Editions : Les EDITIONS du Nouveau Livre - ISBN : 9 782919 000555 - 70 pages - Prix : 14 euros

Mon avis ; Volodia

Tout d'abord j'ai trouvé douteuse la mise en page par l'Editeur et/ou l'auteur du texte de quatrième de couverture. En effet, celui donne une piètre idée du contenu de l'oeuvre et laisse planer le doute de la pornographie. Ce qui peut laisser dubitatif ou au contraire favoriser l'achat.

Ceci dit, j'ai trouvé ce livre intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il a été écrit par l'auteur qui a été le compagnon, temporaire certes, de l'écrivain et qu'il a partagé son intimité enfin celle qu'il a accepté de lui dévoiler et que le public n'est pas sensée connaître.

Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte son approche de l'écrivain, en premier lieu par ses oeuvres, puis par l'envoi d'un manuscrit à sa maison d'édition ou là tout s'enchaine. Il en ressort qu'il a d'abord aimé les oeuvres avant de désirer l'homme. Toutefois, sa relation était elle dictée  plus par l'admiration du statut d'écrivain que par l'amour de l'homme ? Car à le lire, on voit qu'il agit et supporte les extravagances de caractère de Dustan, plus comme une groupie que comme un compagnon ou un ami.

Frédéric Huet ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il nous présente le portrait de Dustan. Drogué, séropositif, barbackeur sans complexe n'hésitant pas à le solliciter de façon insistante pour des rapports non protégés. Il laisse également planer en substance des problèmes psychiques justifiant ainsi les sautes d'humeur et expressions de violence de Dustan. Quant à sa pseudo jalousie lorsque leurs oeuvres sont mises en concurrence, hum, je veux bien y croire, les écrivains étant susceptibles et souvent imbus d'eux-même et de leurs oeuvres qu'ils considérèrent comme "géniales".

Quant à Frédéric Huet, son désir de devenir un écrivain reconnu, lui fait douter parfois de son amour pour Dustan, l'aime-t-il pour son statut d'écrivain et sa renommée, ou pour lui-même. Supporte-il certaines humiliations, d'être considéré comme un intermédiaire voire parfois comme quantité négligeable,  parce qu'il est l'ami de Dustan écrivain reconnu ? ou parcequ'il aime vraiment ?

Toujours est-il que ce livre nous en apprend beaucoup, à savoir l'origine du Pseudo de Dustan,  Son caractère torturé, ses origines juives, un peu trop mise en avant à mon goût ..., mais est-ce que parce que la particularité de caractère et de vie de Dustan est rare pour cette communauté ?

J'ai aimé ce livre et me permets de le recommander à tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur une grand figure du milieu gay des années 80 et du barebacking. Car même si l'auteur se donne un rôle compréhensif voire passif, en nous présentant un portrait rien de moins que sympathique, il en résulte un livre agréable à lire d'une traite.

imagesCAX31ODCA propos de l'Auteur:

Frédéric Huet est né enn 1973. Il a publié papa à tort chez Balland en 1999 (Collection de Guillaume Dustan), puis à,  Ma vie ratée d'Amélie Nothomb (en 2009) chez Anabet. Il habite Nantes et vit de petits boulots. LC publie son dernier roman Guillaume Dustan.

 

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27 avril 2015

Queer - William Burroughs

 

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Quatrième de couverture :

"J'avais écrit Junkie dans une intention évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue.

Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexe et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer. J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive..."

Editions : Christian Bourgeois - ISBN : 978 2 267 02118 9 - Poche  202 pages - Prix 7,10 €.

Mon avis : Volodia

Je me suis ennuyé dans ce livre, déjà lors de l'introduction assez conséquente (une cinquantaine de pages) destinée à nous présenter l'oeuvre et dans quelle contexte elle avait été écrite, puis dans les nombreuses digressions faites par le personnage principal.

L'histoire se passe au Mexique. Bill Lee, Américain quarantenaire oisif erre sans but dans le pays, de bar gay en bar gay, sans en apprécier ni l'ambiance ni la clientèle trop efféminée à son goût. Drogué jusqu'à la moelle et homosexuel à tendance pédéraste, il jette son dévolu sur Allerton, jeune homme dont il s'éprend de manière obsessionnelle, qui dans un premier temps repousse ses avances, pour finir par y céder, selon son humeur du jour.

Lee ayant essayé nombre de drogues entend parler du yage, plante aux vertus hallucinogènes qui prodiguerait à ses consommateurs des dons de télépathie, que les soviétiques et les américains utiliseraient aux fins de recherches scientifiques.

Il propose donc à Allerton d'aller, tous frais payés et sous conditions que celui-ci accepte ses ardeurs deux nuits par semaine, à la recherche de ladite drogue. S'ensuivent des pérégrinations dans toute l'Amérique du Sud, l'Equateur avec pour paysage, les mêmes villes crasseuses peuplées de populations laides et pauvres. La brousse, la jungle, la chaleur moite, les bouges à putes et des gamins "roués" s'ébattant au bord du fleuve jaune, où sont amarrés pirogues, bateaux rouillés et parfois quelques voiliers luxueux. Après quelques jours de recherches infructueuses, les populations locales se montrant méfiantes, ils reviendront au Mexique et se sépareront.

Ce livre est triste, sans réel intérêt, nous dépeignant un pays ou allait se perdre tous ceux qui avaient maille à partir avec la justice dans leur pays d'origine, ou tout se vendait et pouvait s'acquérir (y compris les services de l'Etat) à partir du moment ou on y mettait le prix. C'est une mise en scène du désir inassouvi, du rejet - Allerton étant un amant peu enthousiaste - et de la dépendance à la drogue. On sent qu'il a été écrit par un auteur d'un certain âge. Par ailleurs, ce récit n'aurait pas eu lieu, me semble-t-il, si l'auteur n'avait pas fait de la prison aux USA pour avoir accidentellement tué son épouse. C'est à sa sortie qu'il choisit  d'oublier et de se faire oublier en partant au Mexique,

 

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29 mars 2015

Le journal du Sida - Chroniques 1994/2013

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Quatrième de couverture :

De 1994 à 2013, le journal du Sida a publié 124 chroniques de Didier Lestrade. C’est le seul témoignage de la vie d’une personne séropositive sur une si longue période, presque vingt ans, un document quasi puisque très peu de lecteurs ont eu accès à ces archives.

A travers ces textes très intimes, on découvre la lutte communautaire contre l’épidémie des années 90 tandis que les années 2000 sont celles de la renaissance au centre du grand débat sur la prévention.

Pour cette édition, chaque année comporte des références d’articles qui permettent de mieux comprendre le contexte de l’époque. Sans oublier des liens musicaux et autres archives qui enrichiront la lecture du dernier livre de l’auteur sur le thème du sida

 

Editions : Ce livre a été autoédité par Didier Lestrade. Vous pouvez le commander par internet et à la librairie « Les Mots à la Bouche » au prix de 19,99 euros la version papier et de 4,99 en version epub.

 

Mon avis : Volodia

Ces chroniques oscillent entre journal intime et retranscription d’événements avant, pendant et après la virulente épidémie du sida.

Dans ce livre Didier Lestrade, nous rappelle, ou pour ceux comme nous qui étions trop jeunes ou pas nés, comment des hommes qui n’étaient pas médecins prirent leur destin en main en allant s’informer, travailler,   avec les chercheurs et les laboratoires, sur la recherche de traitement, jouer les cobayes pour les essais thérapeutiques à mener, en même temps qu’ils traduisaient en langage accessible aux profanes, les termes techniques, décrivant les symptômes de la maladie , tout en expliquant le rôle des médicaments et leurs effets secondaires, et ce malgré le ton supérieur des «grands spécialites.» 

Ils n’étaient plus des victimes résignées, spectateurs de leur propre mort, mais combattants et relayeurs de l’information. Pour nous permettre de suivre l’évolution de la maladie et des progrès dans sa prévention, le livre est répertorié de façon rigoureuse par année, en citant les événements s’y rapportant ainsi que les liens nécessaires pour approfondir, ce qui rend sa lecture agréable tout en conservant son importance, mais en évitant une certaine lourdeur, eu égard à la complexité et à la sévérité du sujet.

Bien évidemment quand il s’agit de prévention, le bareback est largement pointé du doigt comme vecteur important de la contamination que ce soit au VIH mais également à toutes autres maladies vénériennes. De même que sont cloués au piloris ceux qui non seulement le pratique mais en font l’apologie. Et là je dois bien reconnaître comme justifiée, la colère, de Didier Lestrade, militant de la première heure à s’être battu (et qui se bat encore)  envers et contre presque tous pour éviter que cette pratique ne s’étende, et ce malgré des adeptes qui l’encense et se justifient au motif que chacun est responsable de sa santé…  Il y a des coups de gueule compréhensifs, le dégoût, la démotivation puis l’indifférence quand on voit que tout ce qu’on a fait pendant x années est remis en cause et ne sert plus à grand-chose en 2015, alors qu’il y a une recrudescence du sida et que les maladies vénériennes courent et caracolent du fait de la relapse. Après, comme tout militant pur et dur, Didier Lestrade est souvent excessif surtout sur un sujet qui lui tient à cœur.

Dans ces chroniques, l’auteur fait également état des luttes intestines entre associations qui ont mis trop de temps avant de prendre des initiatives de prévention alors qu’elles percevaient des subventions à ce titre, plus préoccupées à se tirer dans les pattes que par la cohésion de leurs troupes.

De même cette histoire d’archives lgbt qui traîne en longueur et dont tout le monde et personne ne s’occupe alors qu’en son temps des subsides avaient été débloquées pour la création d’un centre de mémoire gay qui devait les regrouper et pour des raisons qui nous sont expliquées dans ce livre,  tout a capoté…

L’auteur, fait également beaucoup de digressions sur bien d’autres choses encore : la musique qui a tenu beaucoup de place dans sa vie, son exil à la campagne, sa découverte du philosophe Henri-David Thoreau et son retour aux sources du besoin, sa solitude qui fut d’abord choisie, puis les années passant, est devenue pesante…

J’ai trouvé ce livre très intéressant, même si je me doute de certains partis pris, il dévoile les dessous du pouvoir qu’on certains et certaines dans la communication, absolument indispensable pour mener à bien un tel combat. Ce que nous pauvres péquins  ne pouvons connaître si nous ne sommes pas militants (et encore)…Par ailleurs, contrairement à de précédents écrits, je l’ai trouvé «apaisé» et c‘est bien, j‘aime les livres de Didier Lestrade, mais certaines aigreurs étaient difficiles à supporter  et gâchaient mon plaisir de lire. 

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22 juin 2014

Deux garçons - Philippe Mezescaze

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Quatrième de couverture :

Le narrateur a dix-sept ans et vit à la Rochelle chez sa grand-mère lorsqu’il croise le jeune Hervé Guibert, quatorze ans, un cours de théâre. L’attirance est immédiate et réciproque. Dans une scène de Caligula toute en intensité et en fureur, leur entourage subjugué découvre l’évidence en même temps queux : la rage et la passion dépassent largement la scène. Les deux garçons viennent de se reconnaître, comme si leur rencontre était programmée de toute éternité.

Dans ce récit au jour le jour d’un premier amour, Philippe Mezescaze évoque avec beaucoup de sincérité la passion naissante entre deux adolescents qui ne doutent jamais de leurs désirs.

Editions : Mercure de France - ISBN : 9 782715 234802 - Broché 119 pages - Prix : 13,80 euros

Mon avis : Volodia

Je n’ai pas aimé ce livre dans lequel Philippe Mezescaze, n’est pas très honnête en racontant cet épisode de sa vie, et se donne le beau rôle en faisant passer Hervé Guibert pour un gamin capricieux, tyrannique.

En effet, s’il est vrai que le coup de foudre a été réciproque, il reste que l’auteur plus âgé au moment de la rencontre a profité de l’amour inconditionnel de son jeune ami tant physiquement que moralement.

Je suis certainement partial, mais il me reste en mémoire le livre d’Hervé Guibert intitulé : Mes Parents, dans lequel il raconte ses premiers émois avec Philippe Mezescaze et les souvenirs qu’il lui en reste ne sont guère à l’honneur de celui-ci, qui se montre parfois cruel sans raison, en lui disant qu‘il a brûlé ses lettres, qu‘il a connu un jeune garçon à Fez au Maroc et le rabrouant méchamment parce que sexuellement il ne sait rien faire. Mais Guibert a pour excuse son jeune âge, et la nature n’est pas impartiale lorsque elle accorde ses faveurs. Il aurait fallu à Mezescaze un peu de patience, ce dont il manquait visiblement.

Ci-dessous le lien sur le livre "Mes parents" de Hervé Guibert

http://chezvolodia.canalblog.com/archives/2010/02/21/16988638.html

 

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15 février 2014

Lettres à Yves - Pierre Bergé

 

Lettres à yves

Quatrième de couverture  :

" Au fond ces lettres n'avaient qu'un but : faire un bilan, celui de notre vie. Dire à ceux qui les liront qui tu étais, qui nous étions".

Mot de l'éditeur :

Pierre Bergé a partagé la vie d'Yves Saint Laurent pendant cinquante ans. En adressant au gran couturier ces lettres par-delà la mort, il ressuscite les jours de gloire et d'insouciance, ceux aussi, entre poignard et poison, marqués par la drogue et la dépression. C'est un dernier adieu, au milieu des oeuvres d'art longtemps collectionnées, un hommage à une vie de passions, de combat et de rencontres.

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 443284  - Poche  : 93 pages - Prix : 5,60 euros

 

Mon avis : ChezVolodia

Ce livre est une véritable ode à une personne que l'on a aimé presque plus que sa vie. Mais il démystifie ces grands personnages que sont Yves St Laurent et Pierre Bergé. On s'aperçoit que malgré l'amour qui les liaient, de nombreuses difficultés et non des moindres ont plus ou moins été surmontées, la drogue, l'alcool, la dépression au point que pour se protéger psychiquement, Pierre Bergé s'est pris un appartement indépendant (même s'il était non loin) de Yves St Laurent.

Ce couple quasi mythique que nous étions beaucoup à envier, avait également sa part d'ombre, car les coups de canifs dans le contrat  n'ont pas manqué, même s'ils se sont toujours retrouvés. Nous y apprenons du reste quelques indiscrétions sur la vulgarité d' Yves St Laurent dans certaines circonstances et les lettres particulièrement crues voire salaces qu'il adressait à des gigolos et qu'il demandait à Pierre Bergé de récupérer pour lui...

Indiscrétions certainement voulues, mais  honnêtes et sincères de ce dernier, qui a voulu montrer que même si leur amour était "fort" il n'était pas uniquement charnel, mais qu'également les unissaient une même passion pour le beau, pour l'art quel qu'il fut, ce qui a sans doute permis à leur couple de perdurer dans le temps.

Ils n'étaient pas que qu'on appelle des "monstres sacrés" mais tout simplement humains avec toutes leurs imperfections.  

 

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