Dans cette catégorie figureront les oeuvres d'écrivains défiant toute morale, les maudits en somme de l'homosexualité
12 novembre 2018

Retour à Duvert - Gilles Sebhan

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Pas de quatrième de couverture.

Editions : Le Dilettante - ISBN : 978 2 84263 833 7 - Broché : 286 pages - Prix : 21 €

Mon Avis : Volodia

En août 2008, l'écrivain français Tony Duvert, auteur subversif dont les essais pédophiles lui vaudront de rejoindre l'enfer des bibliothèques, était retrouvé mort dans une maison de Thoré-La- Rochette en Touraine, 

Le moins que l'on puisse dire c'est que Gilles Sheban n'a pas choisi la facilité en décidant de publier non seulement une, mais deux biographies : La première en 2010 s'intitulait : Tony Duvert l'enfant silencieux, un récit évoquant sa vie à partir de quelques témoignages.

Après la sortie de son livre de nombreuses personnes se sont manifestées. Des proches, dont son frère ont accepté de témoigner. Des correspondances et des nombreux clichés qu'il a reçu et la conscience qu'il s'était peut être censuré l'ont poussé à rouvrir le dossier de cet auteur sulfureux.

L'homme, sulfureux et maudit, peu sympathique au demeurant, mais talentueux, et qui pour ma part ne m'inspire aucune empathie pour la mort sordide qu'il a eue - il vivait dans une quasi réclusion et était mort depuis plusieurs semaines lorsque la police l'a découvert. Personne dans le village ne s'était inquiété de ne plus le voir -.

Arrogant, provocateur, sûr de lui, belliqueux, ayant les femmes en détestation, pédophile et fier de l'être, défrayant la chronique, provocant scandale et bagarres, crééant des polémiques à la moindre occasion. Il a fini par se fâcher avec tout le monde y compris avec ses meilleurs amis.Toujours fauché et comptant sans retenue sur ses amis, sa famille pour subvenir à ses besoins tout en étant jamais satisfait. 

Pédophile et fier de l'être, il n'hésitait pas, dans ses livres, à afficher ses goûts et à les mettre en scène. Prix Médicis en 1973 pour "Paysage de Fantaisie", il a publié entre autres : l'Ile Atlantique, Un anneau d'argent à l'oreille, l'enfant au masculin, et bien d'autres encore tous tournant autour de la pédophilie.

Gilles Sheban tout en prenant de la distance, et en maintenant une certaine réserve dans ce livre est allé au bout des secrets entourant la vie et la mort de cet auteur.

 

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09 février 2018

Paname Underground - Zarca

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Quatrième de couverture :

Où s'arrête le réel, où commence la fiction ? Zarca raconte les coulisses du guide des bas-fonds parisiens qu'il rédige depuis 2016. Love  Hotel de la rue Saint Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, La Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à Porte d'Aubervilliers...

Alors que l'auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d'une tentative de meurtre. La virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

 

Repéré grâce à son blog Le Mec de l'Underground, Zarca publie aux Editions Don Quichotte ses deux premiers romans : Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015). En 2017 est paru P'tit Monstre aux Editions Le Tango. L'auteur expérimente une littérature radicale, marquée par un style oral.

 

Editions : Goutte d'Or - ISBN : 979 10 96906 04 8 - Broché : 247 pages - Prix 17 €

Mon avis : Volodia

Décidément je ne comprends pas le choix du Jury qui s'est porté sur ce livre, qu'on ne peut considérer raisonnablement comme de la littérature, même de la mauvaise. L'auteur le dit lui-même, il a écrit ce texte dans l'espoir que les ventes lui permettront de, je cite : tenir deux ans à Paname et dix à Pattaya. "j'ai de quoi pondre une pure dinguerie et me faire des burnes en platine" Faut croire qu'il avait raison puisqu'il a réussi à décrocher un prix et que des curieux et ou des voyeurs dont je fais partie on eu envie de lire de quoi il retournait.

Seigneur, qu'elle déception. Les trafics pseudos dévoilés, les quartiers évoqués dans ce guide et ce qui s'y passe sont connus par la grande majorité des "vrais parisiens". Malheureusement, comme beaucoup de banlieusards bien nés (car c'est le cas de l'auteur, si on lit un peu sa biographie) qui veulent nous faire croire et ou qui s'imaginent nous faire découvrir un Paris parallèle composé de paumés, racaille, drogués et rebuts de la société cela ne peut fonctionner qu'auprès de provinciaux, de banlieusards de la zone Sud et de faux parisiens issus de milieux aisés qui ne quittent pas leurs quartiers de prédilection et, franchissent encore moins le  périphérique de peur d'être agressés. 

Loin de rivaliser avec le langage argotique fleuri employé par Carco, d'Audiard, Chabrol et bien d'autres. Le texte nous est balancé en verlant, en gloubiglouba racailles de banlieues nord et language à la mord moi le noeud inventé par l'auteur. Fastidieux à lire, inintéressant sauf pour nous conforter qu'il existe bien un Paris parallèle, un Paris subversif grand mot à la mode depuis quelques temps, un Paris en marge de la Société bien pensante et bien séante ou on passe son temps à "trafiquer", s'en mettre plein le nez, se bastonner  pour une raison ou pour une autre. Bref ne rien faire de sa vie sinon la détruire d'une façon ou d'une autre.

Quant à à la chute du livre, elle s'inspire d'un mauvais polar noyée dans des flots d'hémoglobine, dans lequel Zarca boosté par toutes les substances qu'il sniff se prend pour un justicier invincible et met à mal tous ceux qui ont participé au décès de sa "rousse". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une imagination plus que féconde, je dirais même débordante....! 

Ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction est écrit pour faire frissonner ceux qui ne sortent jamais de leur zone de confort, qui ne voient, n'entendent et ne comprennent rien ! Il aurait eu quelque intérêt s'il avait été écrit par un véritable marginal et non par un fils de de bonne famille jouant, lui, au marginal. C'est curieux cette manie des fils de la bourgeoisie actuelle de vouloir écrire,  frayer voire se faire passer pour ceux qu'ils ne sont pas et  ne seront jamais ! une nouvelle mode peut être ?

Il est rare que je regrette l'achat d'un livre, mais là...!

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06 août 2017

Pride Chroniques de la révolution gay - Erik Rémès

 

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Quatrième de couverture :

Il restait à écrire une histoire ordinaire de l'homosexualité, qui rend compte des réalités que taisent les livres d'histoire et les films documentaires. Erik Rémès le fait brillamment en livrant un témoignage exceptionnel sur la vie des homosexuels français dans les dernières années du XXème siècle. Après la dépénalisation en 1982, il décrit entre humour et gravité des années pleine de contrastes : années de la fête malgré la stigmatisation, affirmation de la fierté dans les affres du sida, progression des droits sur fond d'homophobie.

Pride, chroniques de la révolution gay est un recueil d'articles, éditoriaux, billets d'humeurs, coups de gueule, et témoignages, dans leurs versions intégrales non censurées, parus entre 1992 et 2005 dans la presse gay et généraliste : Libération,Nova magazine, Gai Pied Hebdo, Illico, etc... En douze chapitres : Visibilité, Mariae, Homoparentalité, Homophobie, Hétérophobie, Politique, Homonormativité, Subversion, Voyage, Drogues, Sexualité, Prévention, Années sida. 

Editions : La Musardine - ISBN : 9 78242717766 - Broché : 368 pages - Prix 18 euros 

Mon avis : Volodia

Comme certainement beaucoup, à l'annonce d'un nouvel écrit d'Erik Rémès, je trépigne d'impatience jusqu'à sa parution et, dès l'ouvrage entre mes mains, je le compulse de manière fébrile et frénétique, ne doutant pas que celui-ci va provoquer en moi nombre de réactions, bonnes et/ou mauvaises. Et là, je ne suis pas déçu par ce livre qui regroupe diverses chroniques relatives aux débats et avancées de la cause homosexuelle dans la Société. Celles-ci ne sont pas classées par date mais par thème et ont été publiées dans la presse généraliste et LGBT.

Je tiens dans un premier temps à remercier l'auteur d'avoir récapitulé pour nous, nés en 1980 et après, l'histoire et les évènements qui ont marqué l'avancée de nos droits en France et ce, avec une précision toute journalistique. Ce livre est une mine d'informations que nous n'arrivions pas à obtenir en totalité, la plupart nous arrivant tronquées et/ou déformées pour diverses raisons, voulues ou pas ? la question reste ouverte.

Il fallait s'y attendre, Erik Rémès en bon provocateur aborde des sujets qui fâchent, voire trash. Mais on ne peut lui en vouloir, car c'est sa marque de fabrique, le grain de sable dans la mécanique bien huilée et lisse voulue par la communauté homosexuelle. Peu lui chaut de donner une mauvaise image de la communauté gay, qu'il connaît mieux que tout autre - traînant ses guêtres là ou le commun des mortels n'a pas forcément ses entrées, ni l'envie de s'y rendre lorsque par hasard il en a entendu parler, à moins de faire preuve d'une curiosité à toute épreuve - Erik Rémès est un révèlateur de conscience et peu importe si ladite communauté est égratignée; Il nous rapporte des comportements, des situations complexes, voire choquantes, mais sans jamais s'ériger en juge sur ce qu'il voit et/ou sur ces auteurs. Il nous explique les différents moyens, de s'exprimer, d'aimer, de sociabilité, d'exister enfin des divers groupes gays auxquels il s'est "frotté".

Il ose tout et peut se le permettre, rien ne le retient. Lorsqu'il ouvre la bouche ou laisse courir sa plume ce n'est pas pour débiter des fadaises en voulant nous faire croire qu'elles sont d'importances comme certains le baille. Il a des choses à dire et fait mouche à tous les coups, c'est ce qui fait l'intérêt de ses livres. Il écrit bien, même si ce n'est pas de la littérature à proprement parler ! 

Il existe aussi, des pages ou le masque du provocateur tombe pour laisser place à un homme extrémement humain dans ses réactions, ses coups de gueule, mais également dans sa sensibilité et qui, quoi que l'on puisse en penser, laisse paraître son respect de l'autre, de l'amant du moment.

Les dernières pages de Pride qui regroupent les pensées, les réflexions de l'auteur, ses questionnements, sont particulièrement belles et bouleversantes de sincérité et de profondeur. Elles nous sont balancées avec humour et citronnées en diable, mais au travers de celles-ci on sent  que l'intéressé a pour objectif de vivre avec intensité et s'est fait un compagnon de son virus. Ce virus qui a détruit une partie de sa vie, mais qui lui a permis de vivre l'autre en transformant sa personnalité, de devenir "quelqu'un", un écrivain du sida ! Virus mortel à l'origine et qui s'est transformé en maladie chronique. Le sida générateur de célébrité et source de revenus, qui l'aurait cru, il y a quelques années !

Reste que si j'ai aimé ce livre, cela ne m'empêchera pas de publier un droit de réponse sur certains points évoqués par Erik Rémès qui ont provoqué mon ire et ne l'ont pas fait retomber.......

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20 septembre 2015

Dans ma chambre - Guillaume Dustan

1497671_4622848Il s'agit du premier roman de Guillaume Dustan. Essentiellement autobiographique qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie de l'auteur. Ses journées entières à pianoter sur minitel, pour rencontrer des "coups d'un soir". Des soirées et des nuits à se droguer, à s'envoyer en l'air avec des types qu'on drague et qu'on ramène chez soi comme des courses du supermarché.

C'est un livre cru, certains diront érotiques, d'autres dont je fais parti le jugeront pornographique, mais avec quelque chose d'autre que du cul et des performances sexuels, autre chose que la trivialité de l'auteur. Il est le reflet d'une époque en pleine période sida, une époque ou dans le milieu gay, tout le monde couche avec tout le monde, ou l'on ne s'étonne plus d'être séropositif et ou c'est la minorité qui est séronégatif. Une époque ou l'on commente la mort d'un tel avec une certaine indifférence. Une époque ou après l'étonnement, la peur et l'hécatombe des premiers cas de sida, un traitement vient de faire son apparition et l'on se reprend à espérer avoir encore quelques années à vivre, à profiter de tout ce qu'elle nous offre y compris ses excès. Car malgré la maladie, personne ne songe à changer ses habitudes, et l'on continue à draguer, à se shooter,  à "coucher" avec ou sans capotes, fréquenter les back rom du "Transfert" et du "Qg".  

Dustan, nous dévoile ses goûts à la limite de la violence dans le fantasme, les codes sado-maso et cette quête effrénée de mecs, de culs, de sperme et de drogues, toutes les drogues (popers, extasy, acide, cocaîne) qui circulent semble-t-il librement et que l'on offre ou s'offre comme on le ferait d'un verre.

Les descriptions torrides de scènes d'amour entre deux hommes, la description du "matériel" contenu dans ses placards, les initiations éprouvantes d'un partenaire. Nous assistons à une quête sans fin dans lequel Dustan semble se perdre à la recherche d'un amour impossible ?

Ce livre n'a pas les qualités littéraires que l'on s'attendrait à trouver chez n'importe quel auteur. Il n'a pas de style, pas de ponctuations, les phrases sont décousues, parfois incompréhensibles. Mais c'est un livre fort. Dustan a ce don de nous prendre aux tripes, de nous faire partager sa vie au point de s'oublier soi-même ce qui pour moi est assez est rare et,  j'ai aimé !

Editions : P.O.L. - ISBN : 9 782867 445255 - Broché 155 pages - Prix 14 euros

 

277192_192628567426080_4258714_nA propos de l'auteur:

Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès est né en 1965 à Paris. Il y est décédé en 2005 après avoir avalé par accident une surdose médicamenteuse (version officielle). Il a exercé la profession de Magistrat avant de se tourner vers l'écriture puis l'édition.

Il cré au Editions Balland, le Rayon Gay, qui deviendra par la suite "le Rayon" qui sera la première collection entièrement  LGBT éditée en France. Une cinquantaine de titres y seront publiés avant sa fermeture en 2003.

En 1999 il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Page". Sa renommée s'est accru en raison de sa position sur le barebacking, littérallement "monter à cru" ce qui lui vaudra les foudres de Didier Lestrade de l'association de lutte contre le sida Act Up.

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15 septembre 2015

21e SEX - Erik Rémès

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Quatrième de couverture :

Le 21e Sex est un roman porno-philosophique, un ouvrage politique qui tache bien les draps, parce qu'à travers la sexualité, et notamment une homosexualité dépravée, toxicomane et juteuse, ce sont tous les rapports de pouvoir qui se mettent en branle dans nos sociétés dépressives et anxiogènes sur le déclin.

Le 21e Sex est tout à la fois un roman gay, une histoire d'amour passionnelle et poétique sur fonds de drogues et d'orgies, ainsi qu'un pamphlet sur l'homosexualité et la place qu'elle tient dans la société.

 

Editeurs : Textes Gays - ISBN : 9 79102940073 - Broché : 192 pages - Prix 14 €.

 

Mon avis : Volodia 

C’est un livre trash, un dégueuloir jeté à la face des bien-pensants, éructé avec force, rage et colère mais également émaillé d’un humour acide, de celui qu’on redoute, mais qui a les accents de la vérité.

Que l’on aime ou pas Erik Rémès on n’en attendait pas moins de lui. Fidèle à son image d’auteur sulfureux qui n’hésite pas à mettre le doigt là où ça fait mal, sans souci du politiquement correct. Il en aurait été autrement, nous aurions été déçus. Mais force est de convenir qu’il a raison sur bien des points. Pas sur tout bien sûr, mais sur une grande partie de ce qu’il énonce dans son livre, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il connait parfaitement son sujet et le milieu homosexuel, ses pratiques y compris les plus inavouables.

 Toutefois, comme toutes ces grandes figures de la scène homosexuelle qui ont connu la répression, qui ont milité pour la libération sexuelle, pour enfin de nos jours accéder à une reconnaissance, sinon à une acceptation (loin d’être totale, mais du moins partielle) d’une sexualité que l’on dit particulière, il  n’exprime par sa voix que les résultats d’une analyse de la société vue que par une certaine communauté d’homosexuels. Erik Rémès est resté bloqué dans les années 80. 

Je lui reproche un peu d’avoir une opinion toute faite et méprisante sur une partie de la communauté homosexuelle, celle qu’il qualifie d’intégrationniste, qui se suffit des droits obtenus et n’aspire qu’à vivre comme les hétéros, des petits bourgeois. Le monde évolue, les gays aussi, et le fait de vouloir se fondre dans la société fait partie de cette évolution, et puis tous les gays ne pense pas cul. Tous les gays ne fréquentent pas le milieu, spécial et assez glauque, il faut bien l’avouer, des hardeurs, des slameurs. Tous ne pratiquent pas le sexe pour le sexe. Tous n’ont pas l'ambition d’être des performers, des bêtes de sexe (pour ma part, je préfère jouer les jardiniers que les maquignons), de se droguer au risque de friser la folie pour atteindre une extase sexuelle ou plus simplement pour oublier leur solitude. Et enfin, ce n’est pas parce qu’on est homosexuel qu’on doit pratiquer la sodomie. A y est le mot est lâché ! Hum oui d’après Erik Rémès un hétérosexuel est un gay qui ne pratique pas la pénétration ??? Ah bon ! Faut-il entendre qu’un homosexuel qui ne la pratique pas est hétéro ? Je le rassure, on peut aimer son compagnon, se donner, être à lui  corps et âme sans cette pratique, si si puisque je vous le dis ! Hum on peut être sexologue et n'avoir pas toutes les réponses, l'amour est complexe .... 

Dans ce livre, Erik Rémès aborde tous les sujets de ce qu’on pourrait appeler la culture LGBT, y compris le plus important à mon sens, la santé.  Quand on parle santé on parle prévention et là les sujets qui fâchent ne manquent pas. Des campagnes de prévention inadaptées aux nouvelles pratiques, et à la recrudescence des maladies qu’on croyait disparues telles la syphilis, l’hépatite C, et autres maladies vénériennes. Le bareback abordé de façon ligth où j’ai bien compris qu’il s’agissait de donner au partenaire le libre choix de mettre ou non une capote, et surtout ne pas le déresponsabiliser quant au choix qu’il fera. Alors là même si je comprends sa pensée, je n’approuve pas. Beaucoup sont inconscients, pour diverses raisons : alcool, drogues, amour, confiance. Il faut le reconnaître car malheureusement, ça existe, des salopes qui ont attrapé une cochonnerie  et se fichent de la refiler si ne n’est par égoïsme de leur propre plaisir, par inconscience ou bien par vengeance. Donc là contrairement à Erik Rémès je suis pour traîner ces personnes en justice. Quand aux nouveaux traitements permettant à un séropositif de ne plus être contaminant petit bémol, ils ne préservent pas des autres maladies vénériennes donc… ! 

Ce livre est intitulé roman, j’ai toutefois la nette impression que la fiction et la réalité s’entrecroisent voire se confondent, car on ne peut nier la réalité des évènements historiques et manquer de faire des rapprochements, que l’auteur laisse échapper intentionnellement ? 

Certains passages sont non seulement difficiles à lire, mais à comprendre, notamment l’intimité de son couple dévoilée, ses violences dues à la consommation de drogues, ses plans culs, d’autant que l’auteur est titulaire d’une maitrise de psychologie…Mais j’ai aimé ce livre, malgré son manque de style, ses redites, ses outrances, sa violence, sa part d’exhibitionnisme, son indécence, mais également et surtout pour sa sincérité. 

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27 avril 2014

L'enfant criminel de Jean Genet

l'enfant criminelQuatrième de couverture :

"Que l'on veuille bien comprendre , et l'excuser, mon évotion, quand je dois exposer une aventure qui fut aussi la mienne. Au mystère que vous êtes il me faut opposer, et le dévoiler, le mystère des bagnes d'enfants.

Epars dans la campagne française, souvent dans la plus élégante, il est quelques lieux qui n'ont pas fini de me fasciner. Ce sont les maisons de correction dont le titre officiel et trop poli est maintenant : "Patronage de relèvement moral centre de rééducation, maison de redressement de l'enfance délinquante, etc.".

 

Mot de l'éditeur :

Interdit de diffusion à la Radio française, L'enfant criminel appartient à la première période de l'oeuvre de Jean Genet, celle pendant laquelle il écrivit ses quatre romans, ses poèmes et ses premières pièces de théâtre. Nous le rééditons avec les deux photographies qui figuraient dans l'édition originale de 1949 et une note retraçant le contexte dans lequel il fut écrit, puis censuré et enfin publié.

 

Editions : L'arbalète gallimard - ISBN : 978-2-07-014485-3 - Poche : 49 pages - Prix 7,90€

 

Mon avis : Volodia

Je n'ai pas aimé à ce livre, qui sous couvert de dénoncer l'hypocrisie de la société et sa morale bourgeoise, exalte le mal, la perversion, l'homosexualité, un certain érotisme pour ne pas parler de pornographie, à travers la célébration de personnages ambivalents au sein d'un monde interlope.

Dans ce livre Jean Genet se veut choquant. Il piétine toute morale et défit la société qui croit-il l'a rejeté mais dont il s'est exclu lui-même. Fugueur, puis voleur, prostitué travesti, puis mendiant, il connait toutes les prisons d'Europe.

Jean Genet n'a jamais surmonté le traumatisme d'avoir été abandonné et il n'aura pour cela de cesse de le faire payer la société. Pourtant l'Assistance Publique fait tout pour éviter l'exclusion sociale de ses pupilles. Son objectif est de leur donner des bases d'éducation, de les enraciner dans un région, un village par le biais d'un apprentissage professionnel dans l'agriculture, l'artisanat. Et Jean Genet a été plutôt privilégié en ce sens puisqu'il a pu faire de bonnes études primaires. Puis a été placé dans un lycée professionnel dont il a fugué aussitôt. 

Diagnostiqué, suite à cette fugue, par des psychiatres de l'hôpital Saint Anne, comme débile,  avec une instabilité mentale nécessitant une surveillance spéciale, il est envoyé dans la colonie agricole péintentiaire de Mettray pour cause de vagabondage. A partir de là commence réellement l'exclusion sociale. Il se retrouve immergé dans un univers de violence. Il s'engage dans l'armée, puis déserte, puis après des années d'errance se clochardise, vols et prison dès 1930.

L'assistance publique et la colonie agricole conçue par la Troisième République pour intégrer les enfants en déshérence, à fabriquer d'honnêtes citoyens ont montré un tout autre visage : la stigmatisation.  Car la France de 1930, cette mère secourable considère le vagabondage comme un délit, la pauvreté un crime l'homosexualité une perversion, l'illégitimité une tare de naissance.

Si son enfance a été difficile, elle n'a pas été dramatique au regard de ce que d'autres enfants abandonnés ont subi (le faim, le froid, le placement très jeunes comme valet de ferme, ect...) . Il a choisi la facilité du crime et s'en est glorifié.....Plus encore que son choix, je ne peux adhérer à sa vision des choses, et ce malgré tout son talent d'écrivain basé sur ces expériences vécues et revendiquées.

 

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25 octobre 2012

Serial Fucker journal d'un barebacker - Erik Remès

Serial fuckerErik Rémès n'imaginait pas que la publication de Serial Fucker, journal d'un barebacker, déclencherait d'aussi violentes réactions au sein de la communauté gay. C'est ainsi que les bureaux de son éditeur furent dévastés et que Thierry Ardisson fut violemment pris à parti car il avait "osé"  inviter Erik Remès.

Mais quel crime avait donc commis Erik Rémès ?

Pour la première fois dans un roman underground, il avait révélé une pratique courante du monde gay, mais méconnue, "le barebacking" qui désigne les rapports non protégés entre séropositifs. Il inclut également le culte du sperme et les rapports sexuels impersonnels avec des partenaires multiples.

Pour les barebackers, les capotes empêcheraient de bander. Elles seraient un indice de honte de soi et de haine du sexe. Ce mouvement correspondrait également au "ras-le-bol" du "safe-sex" après vingt ans d'épidémie du sida.

En faisant de cette pratique à risque le centre de son roman, Erik Rémès brise, selon ses ennemis, la vitrine de respectabilité et d'honorabilité que s'efforcent de donner les représentants de la communauté. Mais taire ou feindre d'ignorer le barebacking n'évitera pas la réalité de cette pratique qui se développe.

Serial fucker est un livre obsédant, fort et dérangeant qui interroge. Que sont la vie, l'amour, la mort et le respectde l'autre dans une société individualiste enquête, au mieux d'une nouvelle éthique, au pire, du néant ?

 

Editions : Blanche - ISBN : 2 84628 111 4 - Poche 310 pages - Prix : 10 €

Lien de la vidéo de Erik Rmès chez Ardisson :  http://www.youtube.com/watch?v=9NA_Ky35NVM

Pour personnes très très averties - Absolument interdit aux mineurs


 

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Je bande donc je suis - Erik Remès

jE BANDE DONC JE SUISJe bande donc je suis est un de ces romans qui marque son époque. Récit d'une décennie, il se place d'emblée dans la texture des années 90, tant il évoque l'urgence, la quête individuelle de sens et la fragmentation du réel.

Mais s'agit-il vraiment d'un roman sur "la manière dont les pédés baisent entre eux" ? Assurément oui, de prime abord, mais très vite le lecteur se rend compte que le propos n'est pas si simple, ou du moins ne peut se réduire à la scrupuleuse comptabilité des milles et une façons dont un jeune gay aujourd'hui peut user et abuser de son corps.

L'auteur sait aussi qu'il ne fera pas l'économie de devoir se justifier sur la manière dont son héros aborde la sexualité au temps du sida. On le traitera d'irresponsable pour avoir mis en avant un personnage séropositif qui non seulement a des relations sexuelles non protégées, mais revendique même le désir du sexe sans précaution, en toute connaissance de ses conséquences.

Par-delà la mise en avant d'un certain mode de vie, l'auteur nous invite surtout à partager une recherche exigeante, celle de la connaissance de soi.

 

Editions : La musardine - ISBN : 978 2 84271 453 6 - Poche 245 pages - Prix : 8,70 €

 

Mon avis : Volodia

Le titre déjà fait scandale au point que je me suis demandé si j’allais lire ce livre ou bien le classer d’office dans les non « fréquentables ». Erik Rémès se veut choquant, et ne s’embarrasse pas de faux semblants et de fioritures. Les termes sont crus et efficaces, et le titre de son livre peut attirer les amateurs de livre de culs, soit en dégoûter les autres.

Dans ce livre, l’auteur met en scène l’histoire de Berlin Tintin, et Berlin Tintin se raconte, son enfance, son abandon, ses problèmes de genre, sa relation déjà bien affirmée au sexe, malgré son jeune âge (11 ans), et ses relations d’enfant déjà adulte avec des ouvriers maghrébins . Sa séroposité à 18 ans qui découle d’une trahison et sa tentative de suicide..; 

« A 19 ans alors que 15 000 cas de sida ont été recensés en France, et estimant qu’il n’a plus rien à perdre , il fonce, ailes déployées prêt à se consumer. Conscient d’être porteur VIH, mais voulant se sentir léger, recherchant comme tout jeune de 20 ans le plaisir, le plaisir de la chair, l’oubli, se vouloir « heureux coûte que coûte, être positif avant d’être séro-machin quelque chose », il hante les parcs, les toilettes publiques de la ville, s’enfonce dans les back rooms à la « recherche de sexes et de trous torrides ». Il se libère de cette honte d’être un pd, un enculé. Vivant dans le Marais, il n’a aucun problème pour draguer et trouver des partenaires; 

Il s’initie à toutes les pratiques et se livre à tous les excès pour oublier sa solitude pour se prouver à lui comme aux autres séronégatifs qu’il vit, pleinement conscient, mais affranchi de toutes les barrières morales. Il est libre d‘être différent. Il n‘est pas une statistique. Lui il est vivant. 

Ce qui choque dans son livre, à part le le titre, c’est qu’il ne met aucun tabou a décrire le « milieu gay » pas celui des gentilles folles dont la passion résident uniquement dans le paraître, mais également les endroits plus sombres de l’esprit et de la perversion humaine, dans les plaisirs Sado-maso avec tout ce que cela comporte de pratiques, et pour certains d’aversions. De risques assumés et acceptés pour beaucoup, la sécurité-santé étant sacrifiée sur l’autel des plaisirs physiques. 

Lorsqu’Erik Rémès a présenté son livre dans une émission télévisée d’Ardisson ou était également invité Didier Lestrade, et que ce dernier lui reprochait son apologie du bareback, et entre-autres, d’avoir contaminé sciemment ses partenaires, Rémès a répondu qu’il s’agissait d’un roman, et qu’il s’agissait pour lui de décrire la réalité du terrain afin de mieux s‘en préserver... Hum, je dois avouer qu’à la lecture de son livre, il m’est arrivé de douter, de me demander si je lisais une fiction ou une autobiographie romancée de la vie de l’auteur. 

Connaissant par leurs textes les deux auteurs et ayant rencontré physiquement et lui ayant parlé Didier Lestrade, il faut convenir que c’est un militant pur et dur, à grande gueule, qui ne fait aucune concession, à raison sans doute, puisque lui aussi séropositif. Je ne connais Erik Rémès pour l’instant que par deux trois livres que j’ai lu de lui, et par quelques contacts internet en tant qu’admirateur de ses peintures, et je dois avouer que j’ai été agréablement surpris. 

Sans m’attendre à un m’as-tu vu, je m’attendais à une personnalité plus marquée. Non qu’il n’en ait pas, j’ai juste été surpris par sa simplicité, sa discrétion, sa gentillesse et une certaine réserve sur sa vie privée que je n’imaginais pas. Tout cela fait que j’ai beaucoup de mal à l’imaginer percer des préservatifs pour contaminer sciemment ses partenaires. D’un autre côté, il dit fréquenter les endroits de dragues ou il « baise » sans préservatif…. Et de l’autre, il est marié et n’a pas contaminé son partenaire (même si depuis il a divorcé). Donc l’un serait-il un défouloir pour éviter de souiller l’autre ??? 

Bref, ce livre est intéressant à plus d’un titre, non seulement pour « naviguer » dans le monde de l’amour gay, mais également pour les interrogations qu’ils soulèvent, à chacun de trouver les réponses à ce qu’il cherche. 

 

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03 octobre 2012

Kannnibal - Erik Rémès

9782846281751Quatrième de couverture  :

J'ai commencé par les animaux. Eventrer - étriper - dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cette continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsqu'arrive la puberté, vers l'âge de 12 ans, pervers, un nouvel élément vient s'insinuer dans mon fantasme et l'idée de manger mon prochan finit par s'ajouter tout naturellement à mon rituel.

Le 10 mars 2011, l'Allemagne découvre, effarée, le plus atroce fait divers depuis l'après-guerre. Ralf M., un homme de 41 ans a émasculé, égorgé, dépecé et dévoré un ingenieur berlinois de 43 ans, Karl-Einz B. avec son consentement, à la suite d'une annonce passée sur internet.

C'est à ce faits divers hors norme que s'est intéressé Erik Rémès, remontant dans le passé du cannibale élevé par une mère castratrice, enn proie aux risées des enfants de son âge. S'immergeant dans son personnage, il  nous en montre tous les contours pour tenter de comprendre ce qui pousse un homme à dépasser les bornes de l'horreur. Grâce aux éléments de l'enquête et à divers témoignages, Erik Rémès a reconstitué le drame et les semaines les précédant.

D'une écriture précise et envoutante, Erik Rémès nous fait vivre ces instants de folie où victime comme bourreau communient avec l'horreur.

Editions : Editions Blanche - ISBN : 9 782846 281751 - Broché 205 pages - Prix : 17 euros.

 

 Mon avis : Volodia

Je ne sais quoi penser et du livre et de son auteur. Ce livre est une monstruosité, de par les faits qui se sont déroulés et de la façon dont-ils sont relatés par Erik Rémès. Malgré que je ne sois pas parvenu à "entrer à l’intérieur" de l’histoire en me mettant dans la peau de l‘un ou de l‘autre des protagonistes, j’en ai ressenti les effets, malsains, dévastateurs. Je l’ai lu en 'spectateur" ce qui n’est déjà pas si mal ; Et nombre de fois le dégoût m’est venu aux lèvres au point d’avoir été dans l’obligation de faire des pauses, en fermant le livre, que j’ai réussi à finir par "épisodes".

Ce récit est, nous dit son auteur, un fait divers réel, largement interprété (là il s’est défoulé dans le nauséabond, dans tous les sens du terme) et la description de ce qui je suppose a été portée à la connaissance du public m’a remplit d’effroi. De même, j’ai du mal à saisir comment Erik Rémès a pu écrire un tel livre. Dans quel état d’esprit était-il ? car il semble mettre une certaine complaisance à décrire et à faire des redites sur les perversités de Ralf, l’auteur des faits, et les supplices endurés par sa victime, consentante peut être à mourir, mais certainement pas à être suppliciée d’une telle façon, faisant preuve parfois d’un humour noir plus que douteux dans les dialogues qu’il leur fait tenir ou qu’il leur impute. Et je ne parle pas des recettes de cuisine développées dans le livre à base des chairs et des abats du malheureux Karl-Heinz.

 Ralf (l’auteur des faits comme l’auteur du livre Erik Rémès, insistent sur cette mise à mort désirée, voulue, et donnée par amour. Hum, alors si c’était le cas, comment interpréter ses phases de lucidité dans lesquelles il reconnaît et dit la "puanteur" de telle partie du corps de son amant, les mots orduriers qu’ils lui lancent à la figure alors qu’il est en train d’agoniser..

Erik Rémès relate les faits en se plaçant parfois en spectateur, puis en se mettant en scène dans la peau du supplicié, le faisant parler, en lui prêtant des propos sortis tout droit de son imagination. Puis, il se place dans la tête du bourreau et essaye de nous entraîner dans son univers de perversion et de folie meurtrière.

C’est sans doute ce qu’il voulait démontrer en nous relatant cette sordide histoire. C’est un livre choquant par la cruauté des faits, mais également par la délectation que prend l’auteur à vouloir nous faire pénétrer le sens d’une folie meurtrière et dans sa description. Son parcours intellectuel et professionnel y sont certainement pour quelque chose.

erik remesA propos de l'Auteur :

Journaliste d'expérience, Erik Rémès est titulaire de maîtrises de psychologie clinique et de philosophie. Il a longuement enquêté sur ce qu'il qualifie "d'histoire d'amour hallucinée et psychotique".

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02 avril 2012

Je sors ce soir - Guillaume Dustan

livre-je-sors-ce-soirQuatrième de couverture :

J'avais pris du bide. Maigri - Relâchement abdominal m'a dit le kiné que je suis allé voir au bout d'un an de mal au dos. J'ai fait des séances de rééducation. J'ai repris la gym. Quand je suis revenu en France, j'avais commencé à me récupérer. Mais je pensais toujours que j'étais vieux. Moche. Fini.

J'ai squatté à Paris. Je suis retourné dans les bars et dans les boîtes. La nuit tout est simple. La nuit est libre. on ne sait jamais ce qui va se passer. Mais il arrive toujours quelque chose.

Il suffit de tenir le coup.

Editions : P.O.L. - ISBN : 2 86744 579 5 07 2001 - Broché 130 pages - Prix : 13 euros

Mon avis : Volodia

Dans ce roman, Dustan nous parle d'un lieu qui n'existe plus, mais qui fût pendant des années le lieu préféré des fêtes gays. "Le palace", cette discothèque a été le premier grand rendez-vous de la population gay dans les années 80. Le palace était une boîte à la mode dans les années 70 où se mélangeait une population interlopes (gays, hétéros, lesbiennes, punks). Mais très vite le Palace attire tellement de monde que la majorité des gays décident de trouver un autre lieu.

Dustan nous plonge dans ce monde qui n'est plus, où les survivants se font rares et sont souvent considérés comme rescapés d'un holocauste. Le roman nous entraîne dans un premier temps dans la rue du Fbg Montmartre qui en semaine ressemble au Sentier, mais qui le dimanche devient un nouveau Marais en minuscule.

Le Palace est sur 3 niveaux et ressemble à un ancien théâtre avec un immense couloir qui sert de lieu de drague lorsqu'on s'arrête pour fumer une clope ou boire sa consommation. Dustan revient dans ce lieu  de la même façon qu'un travelling avant au cinéma. Il nous parle d'une fête qui a plus l'allure d'un grand enterrement.

Une sélection avait lieu à l'entrée, thee-shirt moulant pour faire ressortir les muscles, le 501, les docs étaient de rigueur si on voulait se faire remarquer sur la piste de danse. Le beau mâle exhibant toute sa virilité ne doit pas danser en remuant trop le bassin, ce qui pourrait faire croire aux autres qu'il s'agit en réalité d'une "folle".  - C'était l'époque ou tous gays qui se respectent avaient adopté la mode venue de Los Angelès muscles, tee-shirt moulant souvent blanc, jean 501, rangers et surtout moustache pour ne pas être confondu avec les efféminés -.

Les mecs se saluent d'un sourire ou tout simplement d'un bonjour, sans trop s'arrêter sur un garçon. Ce n'est plus le temps du sexe dans les wc ou des glory hole. Ce n'est plus le temps de l'amour et du sexe le sida est passé par là.  Pendant tout le roman, l'auteur se lasse rapidement de ces hommes et de ces corps qu'il adore et qu'il vénère. Le Palace devient une bâtisse de la mort où personne n'attends plus rien de la vie. L'auteur s'accroche à une musique inconnue ou bien au regard du barman qui sert l'alcool et va attendre la fin de la soirée pour rentrer seul chez lui, guetter sa propre fin et continuer ce début d'agonie de fête seul en se masturbant. Seul plaisir que les hommes peuvent pratiquer sans avoir aucune peur. Même si elle peut être considérée comme un artifice du plaisir, la masturbation devient sans nul doute le seul élément de fête qui reste comme segment à tous un groupe qui a vécu la plénitude de la fête. Aujourd'hui ce même groupe a disparu. Le deuil devient une cérémonie pour se souvenir d'un passé qui n'est plus.

Au sujet du deuil Dustan écrit :

"Je sors ce soir est déjà un livre sur le deuil. C'est le deuil d'une époque et c'est un livre sur le deuil de moi-même, comme si j'étais mort. Je veux dire que j'aurais pu mourir et puis non. Mais ce n'est pas un livre sur la maladie. j'ai la chance de ne pas être malade à part quelques épisodes qui font que je ne me sens pas trop gêné vis à vis des autres...."

Le sujet de la fête est un prétexte pour raconter la fin d'une époque et d'une génération qui se croyait invulnérable et immortelle tout comme les soirées du Palace.

Les romans "Dans ma chambre" et "Je sors ce soir" nous présente la vie de Guillaume Dustan au milieu des années 80 - 90 dans le ghetto parisien. Terme employé par Dustan pour définir les lieux gays de Paris.

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