19 septembre 2009

Le livre coup de poing d'un trans ftm

 

 


Par Marie Kirschen mardi 03 mars 2009, à 04h48 - article prue dans Têtu
Axel Léotard est née fille, il nous raconte dans son premier récit en partie autobiographique sa renaissance comme garçon. Dans quelques jours, vous le retrouverez en interview sur tetue.com.
Mauvais Genre, le premier livre d'Axel Léotard, vient de paraître. A travers ce récit, le photographe trans FTM (female to male) nous raconte l'histoire d'une femme qui ne s'est jamais reconnue dans le sexe féminin que la nature lui a attribué à sa naissance. C'est l'histoire de l'homme qu'elle deviendra, d'une longue gestation et d'une auto-naissance dans une société qui laisse peu de place aux différences.
Mauvais Genre d'Axel Léotard, publié aux éditions Hugo & Cie, 168 pages, 16 eurosPar Marie Kirschen mardi 10 mars 2009, à 16h20 - article paru dans le magazine Têtu.

 


Photographe, travailleur social, et auteur, Axel Léotard signe «Mauvais Genre», un premier roman réussi sur les questions trans. Et dresse un état des lieux accablant de la prise en charge française des transgenres et transsexuelles.

C'est l'histoire d'une femme qui ne s'est jamais sentie de sexe féminin, et qui deviendra homme. Mauvais Genre est le récit de sa renaissance : le choix de la transition, les hormones, les opérations, les structures associatives... Jusqu'à devenir Gabriel

A travers ce personnage-fil rouge, Axel Léotard nous offre un beau portrait de la communauté trans. Militant résolu, c'est à lui que l'on doit les trois minutes de silence de la Marche des fiertés qui, chaque année, rendent hommage aux malades du sida. Il réussit cette fois la prouesse de signer un texte qui se lit comme un roman. Mais qui nous donne à voir comme un très bon documentaire, dont on sortirait plus riche et plus instruit. On suit Gabriel à travers son univers sans une seule fois avoir envie de refermer le livre.

Mauvais genre est un récit, et non pas une autobiographie. Pourtant tu possèdes beaucoup de points communs avec Gabriel, le personnage principal : tu es trans, photographe, tu as commencé ta transition à 33 ans... Oui, dans une certaine mesure, c'est mon histoire. Fiction et réalité sont mêlées, mais tout n'est pas autobiographique. Je voulais avant tout présenter la communauté trans, le monde de la prostitution au bois de Boulogne, les trans françaises bien intégrées...

Qu'est-ce qui change quand on passe de femme à homme? Quand tu deviens un homme, d'un seul coup tout est plus facile! Obtenir un travail, un poste à responsabilité... Si tu affirmes quelque chose, ta légitimité est plus importante que si tu étais une femme. Y compris pour des femmes. Ce parcours m'a donc rendu encore plus féministe!

Pourquoi avoir écrit ce livre? J'ai lu tous les bouquins parus en France sur la question trans, mais il manquait certains éléments. Par exemple, je n'ai pas vu de livres qui parlent de la stérilisation forcée imposée aux trans. Pour obtenir son changement d'état civil, un homme qui devient femme doit obligatoirement subir une vaginoplastie, alors que tous ne veulent pas de cette opération. Dans le cas d'une fille qui transitionne vers le genre masculin, la phalloplastie n'est pas obligatoire -pour la simple et bonne raison que les chirurgiens français ne savent pas la faire! Mais on lui enlèvera l'utérus, les trompes et les ovaires. Environs 150 grammes d'organes. Je trouvais très important qu'un hétéro de base puisse lire ça.

Tu écris donc avant tout pour le grand public? Je crois qu'il faut tout dire et qu'il faut tout mettre à la portée du plus grand nombre. Ce qui m'intéresse c'est que monsieur et madame Tout-le-monde lisent ce livre, et pas comme quelque chose de spectaculaire ou de sulfureux. Je voulais qu'ils puissent s'imaginer que Gabriel soit leur voisin. Ou leur fils! Et si c'était leur fils, qu'ils se demandent s'ils auraient pu accepter que la société le traite de cette façon.

Tu abordes également la question du VIH dans la communauté trans. Les trans sont la catégorie de population la plus touchée par le VIH. Le taux de séroprévalence est de 1 sur 2 parmi les trans, et de 8 sur 10 dans la communauté des trans prostituées précaires. Paradoxalement, c'est une population pour laquelle il n'y a eu aucune campagne de prévention, et aucune étude épidémiologique. Tout est fait comme si nous n'existions pas. Par contre, il existe un protocole de prise en charge à l'hôpital public, qui est particulièrement violent.

Dans Mauvais genre, tu montres ce protocole à l'hôpital, mais aussi un parcours de prise en charge d'une personne trans dans le secteur privé. Le système médical est-il à deux vitesses?
Oui, on a un système privé qui essaye grosso modo de se coller aux standards actuels de la WPATH, l'Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres, qui demande 3 mois de suivi psy maximum. Et un hôpital public qui est une véritable boucherie, et dont beaucoup de trans sortent broyés. Là, il y a deux ans de suivi psychiatrique. Et c'est seulement au bout de cette très longue période que le psy va essayer de déterminer si le patient est bien trans, pour lui donner une hormonothérapie. Pourtant, quand un crime est commis, l'expertise psy ne prend que de 1 à 3 mois...

Alors, que faudrait-il changer? Dans l'idéal, la consultation psychiatrique ne devrait pas durer plus de 3 mois. L'hormonothérapie devrait être possible avec, au cours de celle-ci, un changement d'état civil. Et il faut arrêter les stérilisations, ou les réassignations sexuelles obligatoires. Ce sont des pratiques dignes des camps de la Seconde Guerre mondiale.

 

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Mon corps en procès de Ludwig Trovato

 

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Quatrième de couverture :

Ludwig Trovato est transgenre: né fille, mais vivant en homme depuis plus de vingt ans. En 1999, à Reims, il est accusé de viol et d'agressions sexuelles par un jeune homme avec lequel il a vécu une relation amoureuse. Au terme de trois ans de procédure, il est relaxé en 2002 à l'issue d'un procès en correctionnelle. «Il est important pour moi de tout dire parce que, pour échapper à l'injustice, il faut se montrer tout entier.» Dans ce récit introspectif qui mêle l'autobiographie à un regard intime sur l'identité sociale et sexuelle, Ludwig Trovato retrace le parcours d'un étonnant imbroglio judiciaire où, au nom du retour à un certain ordre moral, la société s'est choisi un bouc émissaire au «profil» dérangeant. Une mise à nu sans fard.

Editions : Flammarion - ISBN : 978 208  21029 95 - Broché 240 pages. Prix : 17,30 euros

Mon avis : Volodia

Pour ma part, J'ai bien aimé ce livre car il démontre bien l'absurdité d'une situation et du système. Il était évident des les premières pages qu'il sagissait d'une vengeance du déposeur de la plainte. Ce que je trouve sidérant c'est que la justice ait mis tout ce temps à s'en apercevoir et qu'elle a tenu a faire un procès allant par là jusqu'au bout du ridicule.

D'un autre côté, je n'ai pas accroché à sa façon d'écrire. Beaucoup de redite. Il n'est pas non plus indispensable, à mon avis, de vouloir à toute force prouver à qui ? aux lecteurs ? sa bonne foi et surtout le fait qu'il soit bien inséré socialement et qu'il est apprécié dans ce qu'il est et ce qu'il fait.

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12 septembre 2009

Les derniers eunuques de Zia Jaffrey

 

9782228898027_1_75Quatrième de couverture :

En Inde avec les hijras

C'est à l'occasion d'un mariage à New Delhi que Zia Jaffrey, Américaine d'origine indienne, fait la connaissance des hijras.Elle se lance alors à la recherche de mes mystérieux personnages dont le non signifie "ni homme ni femme".


La plupart sont d'authentiques eunuques qui, répartis dans toutes les grandes villes de l'Inde, se comptent encore par centaines de milliers. Ils occupent dans la société des castes une position ambiguîe qui les fait tout à la fois craindre et mépriser : s'ils portent chance aux nouveaux-né et aux jeunes mariés, on raconte aussi qu'ils volent et se prostituent, voire qu'ils kidnappent des adolescents afin de leur infliger la castration.


Zia Jaffray devra mener une longue enquête pour explorer autant de sujets tabous et s'introduire auprès des hijras

 

Mon avis : Volodia

C'est mon compagnon qui m'a fait découvrir ce qu'était les hijras/aravanis. Comme beaucoup je n'en avais jamais entendu parler et lorsque qu'on en a parlé j'ai cru moi aussi que c'était des homosexuels et/ou des transexuelles, comme on pouvait en voir partout. J'avais juste oublié qu'en Inde la moindre des choses a toujours un double sens.

Ce livre passionnant nous fait pénétrer un peu dans ce monde en dehors du temps. Il raconte leur histoire passée et présente, décrit leur organisation sociale, leur difficulté d'être dans une Inde en pleine évolution mais toujours attachée à sa religion et ses traditions, leur rôle dans société. Il nous fait bien comprendre qu'ils ne sont ni homosexuels, ni transexuelles, ni de simples eunuques, mais bien du troisième genre avec un statut religieux et social. 

Posté par chezVolodia à 17:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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