Paname-underground

Quatrième de couverture :

Où s'arrête le réel, où commence la fiction ? Zarca raconte les coulisses du guide des bas-fonds parisiens qu'il rédige depuis 2016. Love  Hotel de la rue Saint Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, La Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à Porte d'Aubervilliers...

Alors que l'auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d'une tentative de meurtre. La virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

 

Repéré grâce à son blog Le Mec de l'Underground, Zarca publie aux Editions Don Quichotte ses deux premiers romans : Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015). En 2017 est paru P'tit Monstre aux Editions Le Tango. L'auteur expérimente une littérature radicale, marquée par un style oral.

 

Editions : Goutte d'Or - ISBN : 979 10 96906 04 8 - Broché : 247 pages - Prix 17 €

Mon avis : Volodia

Décidément je ne comprends pas le choix du Jury qui s'est porté sur ce livre, qu'on ne peut considérer raisonnablement comme de la littérature, même de la mauvaise. L'auteur le dit lui-même, il a écrit ce texte dans l'espoir que les ventes lui permettront de, je cite : tenir deux ans à Paname et dix à Pattaya. "j'ai de quoi pondre une pure dinguerie et me faire des burnes en platine" Faut croire qu'il avait raison puisqu'il a réussi à décrocher un prix et que des curieux et ou des voyeurs dont je fais partie on eu envie de lire de quoi il retournait.

Seigneur, qu'elle déception. Les trafics pseudos dévoilés, les quartiers évoqués dans ce guide et ce qui s'y passe sont connus par la grande majorité des "vrais parisiens". Malheureusement, comme beaucoup de banlieusards bien nés (car c'est le cas de l'auteur, si on lit un peu sa biographie) qui veulent nous faire croire et ou qui s'imaginent nous faire découvrir un Paris parallèle composé de paumés, racaille, drogués et rebuts de la société cela ne peut fonctionner qu'auprès de provinciaux, de banlieusards de la zone Sud et de faux parisiens issus de milieux aisés qui ne quittent pas leurs quartiers de prédilection et, franchissent encore moins le  périphérique de peur d'être agressés. 

Loin de rivaliser avec le langage argotique fleuri employé par Carco, d'Audiard, Chabrol et bien d'autres. Le texte nous est balancé en verlant, en gloubiglouba racailles de banlieues nord et language à la mord moi le noeud inventé par l'auteur. Fastidieux à lire, inintéressant sauf pour nous conforter qu'il existe bien un Paris parallèle, un Paris subversif grand mot à la mode depuis quelques temps, un Paris en marge de la Société bien pensante et bien séante ou on passe son temps à "trafiquer", s'en mettre plein le nez, se bastonner  pour une raison ou pour une autre. Bref ne rien faire de sa vie sinon la détruire d'une façon ou d'une autre.

Quant à à la chute du livre, elle s'inspire d'un mauvais polar noyée dans des flots d'hémoglobine, dans lequel Zarca boosté par toutes les substances qu'il sniff se prend pour un justicier invincible et met à mal tous ceux qui ont participé au décès de sa "rousse". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une imagination plus que féconde, je dirais même débordante....! 

Ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction est écrit pour faire frissonner ceux qui ne sortent jamais de leur zone de confort, qui ne voient, n'entendent et ne comprennent rien ! Il aurait eu quelque intérêt s'il avait été écrit par un véritable marginal et non par un fils de de bonne famille jouant, lui, au marginal. C'est curieux cette manie des fils de la bourgeoisie actuelle de vouloir écrire,  frayer voire se faire passer pour ceux qu'ils ne sont pas et  ne seront jamais ! une nouvelle mode peut être ?

Il est rare que je regrette l'achat d'un livre, mais là...!