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Quatrième de couverture :

Quand l'Allemand  Klaus Hirschkush débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c'est une ville détruite qu'il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu'il est homosexuel. A bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n'a pas fini d'expier.

Un garçon ordinaire, une différence ordinaire, une simple vie, un trajet : Klaus s'exile en France et y traverse une moitié de siècle - le travail, l'amitié, l'amour, l'espoir et les déceptions, les chagrins et les joies - pour s'entendre chasser, à l'aube des années 1990, d'une cérémonie du souvenir dans la province française aux cris de "les pédés aux fours" !.

Survivre : un miracle et une responsabilité dont la réalisation n'a pas à être spectaculaire mais qui relève d'un combat intime, tenace, insurmontable parfois, solitaire souvent, et toujours sans répit.

Le roman de Daniel Arsand invente la langue digne de ce combat à poursuivre, mélange rigoureux et explosif de sècheresse, de rage et de lumière. Je suis en vie et tu ne m'entends pas est un texte crucial, qu'on voudrait confier personnellement à chacun de ses lecteurs, comme un viatique, un talisman, à la fois miracle et responsabilité.

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2 330 06042 8 - Broché : 266 pages - Prix : 20 €

Mon avis : Volodia

Je n'ai pas su apprécier ce livre, qui comporte trop de clichés véhiculés sur la déportation des homosexuels. Daniel Arsand avait des choses à dire, je l'ai bien compris. Son livre s'est voulu militant, mais à mon sens il est passé à côté par trop d'incohérences dans son récit , mais surtout d'histoires de vie racontés dans d'autres livres par d'anciens prisonniers au triangle rose.

Lorsqu'il est libéré du camp et marche dans les rues de Leipzig, il a 23ans et a supporté 4 années de camp. Déporté à l'âge de 19 ans (précision donnée page9), Heinz son compagnon a préféré se jeter par la fenêtre à l'arrivée des soldats plutôt que de tomber entre leurs mains. C'est seul qu'il a du affronter la torture, le mépris, les insultes de ces compatriotes, mais également des autres déportés, eux pour autres motifs.

Mon souci vient de ce que l'auteur, veut tellement insister sur le martyr subit par Klaus, qu'il met en scène des viols commis à son encontre non seulement par les soldats, des kapos, mais également par les autres déportés eux-mêmes...

Ce qu'il faut savoir c'est que pour les Kapos à Buchenwal comme dans bien d'autres camps, la pédophilie régnait en maître et que les traffics d'enfants faisaient partis du quotidien. Dès l'arrivés des convois, les kapos choisissaient leur pilpul pour la plupart âgés de 12 ou 13ans. Dans la soupe des déportés était versé du bromure quand ce n'était pas les affres de la faim qui étaient suffisants pour calmer toutes les éventuelles ardeurs sexuelles de ceux-ci. Et, la moyenne de vie dans les camps étaient d'environ 1 an à 2 ans compte tenu des conditions de détention.

Ce qui est réaliste c'est le mépris envers les homosexuels par tous (soldats, kapos, déportés) et parfois à juste raison malheureusement. Car certains homosexuels ont été déportés après avoir été "amis" avec d'importants membres du Parti, et que lesdits amis tués (lors des purges dudit parti) ou voulant s'en débarrasser, les ont envoyés dans les camps. Pour d'autres, ce n'étaient pas le premier internement, déjà en 1933 ils avaient fait connaissance avec cette répression. Mais malgré cet avertissement et l'espionnage dont ils faisaient l'objet, ils avaient continué leurs pratiques ... 

Autres sujets de méfiance et de rancoeur des autres déportés, beaucoup d'homosexuels réussissaient à trouver à s'occuper dans des baraquements, alors que les autres déportés travaillaient à l'extérieur sous toutes les intempéries. Certains se pavanaient dans des blouses d'assistants auprès de médecins tortionnaires. D'autres ont réussi à devenir kapo et donc droit de vie et de mort sur les autres détenus. 

Bien évidemment, ce ne sont pas des généralités, mais des vérités suffisamment courantes pour qu'elles soient dénoncées et pour que les survivants (quelques qu'ils soient : Politiques, religieux, racial) refusent de les accueillir dans les cérémonies de commémoration. De là à crier "les PD au four" je n'y crois pas, surtout venant de rescapés. Par contre, d'autres participants et de manière très isolée, c'est possible !

Incohérent aussi, l'acceptation de Klaus par la société française - surtout après 4 ans d'occupation, de terreur, de prise d'otages, et d'horreurs commises lors de l'évacuation des villes occupées par l'armée allemande - j'en doute.... les Français avaient trop souffert pour être ouverts à l'intégration d'un Allemand, même si c'était un ancien déporté et encore plus homosexuel. 

Ce livre n'est pas mauvais, mais à vouloir chacun son martyr on finit par ne plus être objectif !