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Quatrième de couverture :  

« Il est des moments particuliers dans la transition entre deux saisons où le temps semble procéder à l’envers : ainsi, en automne, le ciel, au lieu de virer vers le gris blanc inexpressif de l’hiver, se teinte trompeusement d’un bleu d’été. Le matin brumeux annonce la pluie, puis laisse pace à un ciel clair, déchiré par la grêle, nappé par des bancs de nuages pâles. Le soir apporte de nouveau une douceur surprenante, et c’est la nuit, comme un goût d’hiver déjà ».  

Editions : Christophe Lucquin – ISBN : 978 2 36626 042 7 – Broché : 103 pages – Prix : 16 euros. 

Mon avis : Volodia 

Le contexte : un huit clos, 2 hommes, amis-amants, ne vivant pas ensemble. Un des deux, le plus jeune qui est étudiant, tombe malade. Le second, professeur d’université, l’installe chez lui aux Portes de Paris (Gentilly) pour plus de confort et devient son garde malade.   

Ce livre n’est pas un récit sur la fin de vie, non, c’est le récit d’une maladie et de ce qu’elle engendre comme questionnement dans un couple, le dévouement de l’un, l’acceptation de ce dévouement par l’autre (jusqu’à un certain point) et les traces qu’elle laisse !

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Dans un premier temps, une simple fatigue qui perdure puis, sournoisement, le mal arrive et le cloue au lit l’empêchant de faire tout effort. Après les premières interrogations, puis l’avis du médecin déclarant qu’il n’y a pas de traitement, qu’il guérira sur plusieurs mois, survient la dégradation du corps et l’angoisse d’une mort prochaine qui bien qu’éloignée peut quand même survenir. Le couple s’isole. Son compagnon le veille, fait les course  en fonction des maigres repas qu’il peut avaler.   

La maladie est rythmée par le fil des saisons qui passent. Le narrateur, obligé de sortir pour son activité professionnel, a l’esprit obsédé par le lit ou repose son compagnon, ce lit qui devait être celui du sommeil, celui de l’amour, dans lequel repose son ami fatigué, amaigrit, souvent fiévreux. Au dehors la vie continue, banale, pour  les autres, avec une sympathie de surface de ses collègues, et en mouvement de fond les bouleversements de la Société en l’occurrence le mariage homosexuel et son cortège de violence et de haine, qui fait qu’il se sent scruté, épié, jugé, ne cessant de surprendre des conversation hostiles. La maladie qui finit par guérir, reste son souvenir qui empêche l’oubli et la reprise de la vie d’ « avant ».

J'ai aimé ce livre car bien qu'il n'existe aucun suspens, aucun rebondissement, c'est un livre bien écrit, plein d'émotions et de sensations, qui se lit sans pathos !