13 juillet 2016

Contes d'amour des samouraï - Saïkakou Ebara

9782915842951

Quatrième de couverture :

Ces contes d'amour rédigés par le grand écrivain Saîkakou Ebara sont la peinture des moeurs de ces chevaliers féodaux, prompts à s'aimer entre eux afin de ne pas tomber dans les rets d'amours féminines jalonnées d'artifices. Car la relation avec une femme passait, dans le milieu des guerriers, pour rendre un homme faible, lâche et.... efféminé.

pourtant, la voie de l'amour mâle n'épargne pas ses adeptes, même lorsqu'ils sont d'insignes combattants. Les affres de passions parfois douloureuses - au point qu'un certain nombre d'entre-elles se soldent par le suicide.

A travers ces treize récits, c'est toute la beauté et la complexité du Japon du XVIIème siècle qui prend corps sous la plume libertine et chevaleresque de Saïkakou.

Editions : Cartouches - ISBN : 9 782915 842951 - Broché 125 pages - Prix : 10,20 euros.

 Mon avis : Volodia

Ce livre est un petit bijou. Il dépeint les moeurs féodales chez les samouraï ou semble-t-il la pédérastie (et non pédophilie je le précise) était chose tout à faire courante et normale vu leur haute opinion des femmes. Celles-ci n'étant considérées que pour leur rôle de reproductrice.

C'est beau, doux, délicat, raffiné, poétique. Sans phrase indécente et/ou obscène.  L'adulte y tenant le rôle d'initiateur, de maître de la connaissance comme aux temps des grecs et des romains, alors que les pages (apprentis et/ou jeunes samouraïs) y faisaient office d'élèves, le favori étant élevé au rang d'amant.

Dans ce livre, il est question d'amour sincère (du samouraï) envers le page (favori) qui l'accepte et lui rend au centuple, de traitrises (par un serviteur ou un autre page jaloux), de bravoure face à l'adversité et surtout d'honneur porté jusqu'au boutisme (donc la mort par hara-kiri). Quelques femmes y font leur apparition, réduites à l'état d'empêcheuses de tourner en rond, souvent haïes quand elles ne sont pas tout simplement ignorées.

Un livre à offrir sans modération à votre aimé...

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Martyre précédé de Ken - Yukio Mishima

Martyre

Quatrième de couverture :

Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire.

L'équipe de Kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entre les membres de l'équipe s'exacerbent...

 

Editions : Folio - ISBN : 9 782070 314553 - Poche 123 pages - Prix : 2 euros.

 

Mon avis : Volodia

Les récits de Mishima sont toujours très particuliers, ils évoluent entre étude psychologique, culture et valeurs traditionnelles japonaises avec au premier plan : honneur, pureté, courage, sacrifice, mais également avec des sentiments propres à l'auteur : tels qu'homosexualité refoulée, désir, une certaine forme de sadisme. Ce livre n'y fait pas exception. 

Ken se déroule dans un club de Kendo. Le jeune Mibu admire le capitaine de l'équipe Jirô pour sa maîtrise du sabre, son tempérament et sa force qui en font un adversaire hors du commun. 

Les autres membres de l'équipe profite d'un stage effectué au bord de la mer, pour remettre en cause l'autorité  de leur capitaine qu'ils jalousent. Tiraillé entre son admiration pour Jirô qui représente la perfection qu'il ne pourra jamais atteindre, et sa volonté de ne pas vouloir s'exclure de l'équipe, Mibu hésite,  

L'intérêt de ce récit résulte en la description précise de l'univers typiquement japonais des clubs de kendo, de leur discipline, de leur valeur et de la manière dont les élèves se doivent de les respecter. En plus d'une étude psychologique montrant comment par son talent Jirô cristallise peu à peu la jalousie et la rancoeur des autres kendokas.

Jirô qui porte au plus haut les valeurs de la cuture traditionnelle fussent-elles surannéesne peut supporter que celles-ci soient bafouées et remise en cause. Aussi, préfère-t-il mettre fin à ses jours dans une ultime et vaine protestation. 

Martyre  est le récit de deux jeunes gens : Watari et Hatakeyama, vivant dans un pensionnant et entretenant des rapports ambigus, entremêlés de haine, et de désir qui vont pousser Hatakeyama à tenter de tuer Watari.

Dans cette nouvelle Mishima dépeint des sentiments troubles qui évoluent entre désir et lutte pour dominer l'autre, sans possibilité pour le lecteur de n'être jamais fixé sur la vérité des relations qui unient ces deux enfants.

Ces deux récits portent sans équivoque l'empreinte de Mishima, mais ce ne sont pas ceux que je préfère car ils m'ont un peu laissé sur ma faim...! 

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