23 juin 2013

Verlaine emprisonné - Jean-Pierre Guéno et Gérard Lhéritier

VERLAI~1Quatrième de couverture :

Cet ouvrage, fruit de l'exposition du même nom, propose d'appréhender l'un des chefs-d'oeuvre de Verlaine, Cellulairement, sous un prisme nouveau. Il aborde la question des quatre principales "prisons" de Paul Verlaine.

Son physique, qu'il ressent disgracieux, ajouté au véritable traumatisme fondateur d'une fratrie "en bocaux" ! Sa cage existentielle, qui le montre écartelé entre la fascination de l'enfer et l'appel de la grâce ; son abyssale dépendance à l'absinthe et son emprisonnement en Belgique, à Mons, consécutifà sa tentative d'homicide sur Arthur Rimbaud.

En miroir, ce livre offre une parfaite réflexion sur l'acte créatif et ses ressorts, son origine, sa complexité également.

Fac-simillés, photographies rares, dessins et tableaux d'époque, dont certains inédits, complètent un voyage en compagnie du pauvre Lélian.

Puis, il y a le texte de Jean-Pierre Guéno, tout de sensibilité, de proximité, d'affection, empreint d'une douce empahie, ode à nos frères damnés, à tous les poètes maudits que la terre a portés.

 

Editions : Gallimard Musée des Lettres et des Manuscrits - ISBN : 978 2 07 013957 6 - Broché 239 pages - Prix : 29  €.

 

Mon avis : Volodia

Très belle facture pour ce livre, tout en papier glacé, qui se lit facilement en raison de courts articles faisant face à des photographies d'époque, des dessins et caricatures, des actualités, des textes de Verlaine, des poêmes, ainsi qu'une correspondance suivie avec Rimbaud.. 

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Le coeur éclaté - Michel Tremblay

Le coeur éclatéQuatrième de couverture :

Ici, le couple du Coeur Découvert, roman des amours heureuses, éclate : Mathieu après dix ans de vie commune, déménage et met un terme à une relation qui s'était étiolée.

Jean-Marc, entre effondrement et désespoir donne corps au seul proet possible : il par pour Key West, et là, dans la capitale des artistes et des prix Pulitzer peu à peu devenue le mouroir de l'Amérique, il apprend à accepter la douleur et tente d'affronter le sentiment de culpabilité qui l'assaille.

 

Editions : Babel - ISBN : 2 7427 9576 7 - Poche 313 pages - Prix : 7,70 €

 

Mon avis : Volodia

Bien que le premier livre puisse se lire indépendamment du second, je me suis pris de passion pour l'histoire de Jean-Marc et Mathieu. Il m'était impensable de ne pas connaître ce qu'il advenait de leur amour.

Ce second livre est plus sombre. Mathieu déménage avec son fils Sébastien. Ne reste plus à Jean-Marc que les souvenirs d'une liaison qui fut heureuse. Une rupture étant par essence douloureuse, Jean-Marc a du mal à s'en remettre et fait crise d'angoisse sur crise d'angoisse.

Malgré l'affection presque maternelle de ses voisines, et pour tenter d'oublier, Jean-Marc décide de partir pour Key West, non sans culpabilité, car un de ces ex-amants dont il est pratiquement seul à se soucier;  se meurt du sida à l'hôpital.

Logé chez un couple d'homosexuels, extravertis et fêtard, qui tente maladroitement de lui faire reprendre goût à la vie et parmi la luxuriance des paysages de key west, il arrive peu à peu à surmonter sa douleur. Professeur de français et écrivain, pour gagner sa vie, il arrive malgré tout à réécrire, et entame une liaison avec un "natif" de l'île. Liaison sans lendemain, mais qui aura pour but de l'apaiser et lui redonner confiance en lui.

A son retour, Luc l'ancien ami qu'il visitait à l'hôpital est à l'article de la mort. Suite à sa demande et malgré ses réticences, il accédera à son désir de l'aider à mourir, dans la dignité, et pour lui éviter des souffrances supplémentaires.

J'ai adoré ce livre, et le style d'écriture de cet auteur, comme s'il parlait. Moi qui n'aimait pas l'accent canadien, je me suis surpris à lire ces livres avec cet accent, ces mots et ces expressions si particulières de façon tout à fait naturelle, je lisais intérieurement et m'entendais parler, mais ce n'était plus moi, Volodia, mais Jean-marc qui s'était substitué à moi.  

 

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19 juin 2013

Le coeur découvert - Michel Tremblay

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Quatrième de couverture :

Evocations d'amours multiples et - au bout du compte - heureuses, ce roman est celui d'un couple d'hommes, Jean-Marc et Mathieu, dont la relation d'abord hésitante - Ils ont quarante et vingt ans - s'affirme peu à peu, compliuée mais nourrie par une parternité exercée à deux.

Dans le Montréal des années 1980, Michel Tremblay décline, entre introspection et tolérance un boheur possible, et rappelle, avec force et talent que "l'amour est rare".

 

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7427 8863 7 - Poche : 412 pages - Prix : 8,50 €

 

Mon avis : Volodia

L’histoire se déroule au Canada dans les années 80 et met en scène l’amour que se porte deux hommes, Jean-Marc presque 40 ans et Mathieu 24 ans.  Le récit retrace les différentes étapes que tout nouveau couple peut avoir à franchir : le doute, la peur, la passion, la jalousie, la confiance et finalement le bien être dans une relation stable mais pleine d’inconnue.

Jean-Marc qui s’il a eu beaucoup d’aventures, n’a presque rien vécu, et  Mathieu, qui lui a été marié, a fait un enfant, a divorcé lorsqu’il a découvert son homosexualité. Jean-Marc arrive avec ses peurs, ses doutes, Mathieu lui arrive avec un enfant. Très responsable vis-à-vis de son fils il se demande s’il doit l’emmener dans le nouveau couple qu’il forme avec Jean-Marc. Pour finir, ils l’élèveront ensemble. 

Ce récit, de deux hommes qui s’aiment, font des concessions, s‘avouent leur amour est intemporel, il peut se transposer à tous les couples qu’ils soient gays et/ou hétérosexels. Par ailleurs, il est rare,  sauf erreur de ma part, que dans un couple homosexuel,  on parle et introduise un enfant dans le récit. Dans ce livre, Sébastien, l’enfant de Mathieu est élevé par deux hommes et une femme. Tout le monde est de bonne foi et cherche à travailler au bonheur de l’enfant. C’est ce qui à mon sens fait l’intérêt de ce roman.

 

J’ai beaucoup aimé ce livre et l’univers de Michel Tremblay.

 

A noter :

Ce roman est suivi par le "Coeur éclaté". Mais il peut être lu indépendamment de ce dernier.

 

 

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15 juin 2013

L'infortunée - Wesley Stace

l-infortunee-wesley-stace-9782290355664Quatrième de couverture :

Londres 1823. Fille de Lord Loveall, l'homme le plus riche d'Angleterre, la jeune Rose fait le bonheur de son père. Elle vit dans un magnifique manoir, entourée de domestiques dévoués. Rose à une enfance comme toutes les petites filles rèvent d'en avoir. Mais voilà, Rose n'est pas une fille. Rose est un garçon. Ses parents ne sont pas ses vrais parents. Et la révélation de cette vérité va bouleverser la vie de Rose et de toute la maison.

Best seller dans de nombreux pays, "L'infortunée" est une fresque victorienne passionnante qui se lit déjà comme un classique.

 

Editions : J'ai Lu - Collection Par ailleurs - ISBN : 978 2 290 35566 4 - Poche 603 pages - Prix : 8,20 €

 

Mon avis : Volodia

L'histoire :

A Londres en 1820, Lord Geofroy Loveall recueille un nourrisson. En l’adoptant sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leurs cousins qui souhaitent hériter du domaine familial.

Avant de mourir, Lady Loveall s’aperçoit que le nouveau-né est un garçon, mais sir Geoffroy persiste dans son « erreur » et le fait élever comme Rose la future Lady Loveall. A l’adolescence le scandale éclate et Rose s’exile.

 

Développement :

Dès les premières pages du livre nous sommes plongés dans le Londres sordide du XIXème siècle (Dickens). Un bébé vient au monde chez une faiseuse d’anges dans un des plus bas quartiers de la Cité et est abandonné sur un tas d’ordures.

Recueilli et sauvé par une des plus  grandes  fortunes  d’Angleterre,  Lord  Loveall, fragile, malheureux et perturbé  depuis  le décès de Dolorès, sa jeune sœur à qui  il vouait un amour sans limite. Cloîtré depuis des années, incapable de nouer des liens sociaux et voué à n’avoir aucune  descendance, il voit dans ce nourrisson un « signe du ciel ». Enfin une petite fille, une adorable petite fille sur laquelle reporter  tout l’amour qu’il portait à Dolorès et qui depuis son décès était resté en attente.

Mais voilà, le nourrisson est un garçon ! Incapable d’accepter cette réalité, Lord Loveall  persiste dans erreur et l’élèvera comme une petite fille qui sera prénommée Rose. Durant  toute son enfance, Rose ne manquera de rien, ni attention, ni affection, ni aisance matérielle. A l’adolescence tout  se complique lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est « différente » de sa meilleure amie Sarah à qui elle voue de tendres sentiments.

A la mort de son père, le scandale éclate. Il s’ensuit une sombre histoire d’héritage et des intrigues menées par des cousins jaloux et envieux qui ont dilapidé leur propre fortune et souhaitent s’installer dans le domaine familial. Désespéré d’avoir été trompée et surtout ne comprenant pas pourquoi, Rose s’exile afin de se trouver  elle-même. Elle  parcours  le monde à la recherche de son identité.

L’histoire est  difficile à suivre en raison de nombreuses digressions. Toutefois, ce qui a retenu mon attention s’est surtout le questionnement sur l’identité. Comment un garçon peut-il être persuadé d’être une fille ? Comment  dissocier le sexe de l’individu et son éducation ? Quelle séparation entre l’inné et l’acquis ? Quel regard portons nous sur un homme habillé en femme ? 

Dans ce livre, la féminité de Rose ne colle pas à l’éthique homosexualité, au contraire des clichés courant mais plutôt  à une métrosexualité  d‘époque.  Une envie d’être selon ses choix, ses besoins, accepter sa masculinité et/ou sa féminité sans entrer dans le clivage.

Rose s’arrange très bien de cette dualité. Elle/il porte la moustache, mais également des robes, des tenues féminines et cache son visage sous une voilette pour sortir. Il est amoureux de Sarah à qui il fera un enfant. A noter toutefois, qu’il s’agit bien d’une histoire qui n’aurait pu avoir lieu dans la réalité à l’époque où elle se situe, car je doute que Rose aurait pu faire quelques mètres en dehors de chez lui, en costume féminin sans qu’un policier ne l’interpelle.

Sans pour autant être enthousiasmé par ce livre, je l’ai apprécié dans tout ce qu’il avait de questionnement,  de dérangeant. C’est un récit plaisant et le style en est délicat.