La castration à travers les âges

Le_monde_des_eunuquesQuatrième de couverture :

Castration, émasculation, éviration, les mots ne manquent pas pour désigner une opération universellement attestée et encore pratiquée de nos jours. De la Chine à la Russie, de la Turquie à l'Inde, de l'Italie à l'Egypte, puissants ou serviteurs, les eunuques sont présents depuis des siècles.

Agissant dans l'ombre ou brillant à la cou, ils jouèrent très souvent une rôle primordial dans la conduite desempires, prenant même parfois la tête des armées. Mais tenus pour être des domestiques idéals en raison de leur "innocence", ils furent particulièrement recherchés par les marchands d'esclaves qui tiraient de bien meilleurs profits dans le trafic de ces hommes "doux et serviles".

Aujourd'hui - depuis 1923 seulement -, les castrats de la chorale de la Chapelle Sixtine, de la Cité Interdite ou des palais ottomans ont disparu. Pourtant, on trouve encore des eunuques en Inde, appelés Hijras - communauté estimée à près de quatre millions de personnes, qui vit de mendicité ou de prostitution et à laquelle on attribue des pouvoirs sacrés - et jusque très récemment en Russie, avec la secte des dernier Skoptzy, qui espéraient "acheter le ciel" en s'automutilant.

Dans cette passionnante enquête, Olivier de Marliave nous dévoile l'histoire tragique de ce "troisième genre" qui, selon les époques et les lieux, fut - est - méprisé, craint ou vénéré.

 Editions : Imago - ISBN 9 782849 521243 - Broché 223 page - Prix : 20 €

 

Mon avis  : Indiangay

C'est avec une  attention particulière que j'ai lu ce livre, qui marquait l'intérêt d'un européen pour des coutûmes qualifiées souvent d'un autre âge mais, qui à l'époque trouvait leur utilité.

L'auteur met en évidence ces mutilations sur le compte essentiellement de la religion. Que cette mutilation ait été faite pour motif religieux et de plein gré pour les hijras/aravani, et la secte chrétienne des Kopotzy. Il n'en est guère de même avec les Castrats, qui subissaient cet acte, encore enfants, aux fins de garder la pureté de leur timbre de voix. Quant en Orient et au Moyen Orient, les mobiles en étaient plus utilitaires et mercantiles. Et s'ils étaient dociles envers leur maitre, ils se montraient intraitables avec les femmes dont ils avaient la garde n'hésitant pas à appliquer les punitions quelles qu'elles fussent avec la plus grande sévérité pour ne pas parler de cruauté. Ce qui faisaient de ces êtres mutilés et incomplets des êtres craints, moqués, méprisés non seulement dans les harems mais également, dans les rues et ce malgré la puissance qu'ils pouvaient acquérir s'ils se montraient habiles à servir leur maître.

Ce livre m'a fait découvrir l'histoire des castras de l'église, à la recherche du fameux contre-ut mais également les raisons qui ont poussé des gens d'églises à transformer de jeunes garçons en eunuchs puisqu'il était interdit aux femmes de se produire sur des scène de spectacles.

160px_SkoptzyPour ce qui est de la secte chrétienne des Koptzy, en Russie, je n'en avais jamais entendu parlé et de ce fait, je suis fort content d'en connaître un peu plus à leur sujet et surtout sur leurs motivations à la castration. Je tiens tout de même à préciser que les Kopotzy sont eux aussi émasculés en totalité et que comme les Hijras/Aravanis, ils n'entreprennent aucune intervention chirurgicale pour une reconstruction génitale ou vaginale. En raison les motifs religieux de cette mutilation (Les Koptzy pensent atteindre par ce moyen la perfection et par là-même Dieu. Les Hijras/Aravanis commémorent le sacrifice d'Aravan en prenant la forme féminine de Krishna).

D'autre part, le fait d'être castrés, émasculés pour certains, ne veut pas dire obligatoirement homosexualité. Nombre d'Euneuchs eurent des harems, des épouses et adoptèrent des enfants, que ce soit en Europe, Au moyen-Orien et en Orient et en Asie (chine). Le continent indien y a malheureusement fait exception, puisque depuis la fermeture des zénanas (appartements des femmes), l'accent est mis sur l'aspect  religieux, le magique et la supertition. Leur reste, pour survivre, dans un monde  révolu mais qui résiste malgré tout à toute évolution, des moyens aussi peu nobles que respectables.

 olivier_de_marliave_prix_guide_pyreneenA propos de l'auteur :

Ecrivain voyageur, Olivier de Marliave a publié de nombreux ouvrages consacrés à la mythologie populaire et aux enquêtes ethnologiques.